Budget 2025, situation en Martinique, régularisation des sans-papiers... Le "8h30 franceinfo" de Thomas Ménagé
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Bonjour Thomas Ménager. Bonjour, merci de votre invitation. La situation semble-t-il un petit peu plus calme cette nuit en Martinique, après des nuits assez violentes avec quatre morts, des centaines de voitures brûlées. La nouvelle table ronde qui est en train de se pencher sur le sujet de la vie chère est encore en cours. Les négociations sont en cours. Quelle solution vous vous proposeriez pour apaiser ce malaise ?
Déjà, on peut condamner les violences et appeler bien entendu au calme, mais derrière entend les préoccupations des martiniquais, qui n'est pas une préoccupation nouvelle vis-à-vis de la vie chère. Nous avions fait un certain nombre de propositions avec Marine Le Pen, notamment une réforme totale de l'octroi de mer, pour faire en sorte que l'octroi de mer, qui pèse énormément, puisqu'on sait qu'aujourd'hui le panier moyen pour un martiniquais est 60% supérieur à celui en méthode.
C'est une forme de taxe à l'importation, précision le point.
Une taxe à l'importation que nous, nous souhaiterions réformer pour qu'elle soit orientée uniquement sur les produits qui sont des produits extra-européens. Et puis une réforme de la fiscalité des collectivités, parce que l'octroi de mer finance les collectivités, vous le savez, en revenant avec une réforme vers une DGF, une dotation globale de fonctionnement, pour permettre d'alléger bien entendu le panier moyen des martiniquais, tout en permettant aux collectivités de se développer. Ça le ferait baisser de combien ça ? Alors ça, ça dépendra, il y a des départs parlementaires qui pourraient être faits.
Parce qu'il n'y a pas que ça, il y a le sujet aussi du transport maritime qui coûte cher, il y a aussi le sujet des marges des distributeurs, il y a aussi le sujet du manque de concurrence.
On sait qu'il y a aussi la question des intermédiaires qui doivent être réduits. Après, nous, toutes les mesures que nous proposons aussi pour la métropole, et donc pour l'outre-mer, pour tous les Français, c'est des mesures qui permettraient d'alléger le pouvoir d'achat. Par contre, on va partir dans quelques instants, je pense, sur la question du budget. L'outre-mer, et le budget de l'outre-mer, va être un des budgets qui va être le plus diminué dans ce budget barnier. Et donc c'est aussi un mauvais signal, au moment même où il y a ces manifestations, de voir que l'outre-mer va être encore abandonnée. C'est un sentiment et malheureusement une réalité.
Avant d'en venir au budget national, le président de l'exécutif local, que vous avez peut-être entendu sur France Info, Serge Leccemi, dit que le malaise sera toujours aussi profond tant que l'État ne reconnaîtra pas le besoin d'émancipation, d'autonomie et d'organisation de ces pays. Il faut ouvrir cette discussion-là, selon vous ?
Ce ne sont pas des pays. C'est la France. C'est ses mots. Mais non, je considère qu'il peut y avoir toujours, bien entendu, des discussions pour apporter, parce qu'il y a des spécificités liées à l'outre-mer, comme il y a parfois des débats qui peuvent exister sur la question de la Corse. Mais l'émancipation est par les deux pays. Non, c'est la France. Et c'est à la France de faire en sorte que ces territoires se sentent pleinement français. Mais je peux comprendre ce sentiment aujourd'hui.
Mais vous voyez la Nouvelle-Calédonie, vous voyez que le problème... La même question revient tout le temps. Comment situer, et on ne va pas le régler en une minute, mais votre sentiment là, ce matin ?
Est-ce qu'il faut ouvrir ces discussions-là ? Je vous dis, je pense qu'il n'y aurait pas de problème et d'amour de la France, de la métropole et de l'État, s'il n'y avait pas ce sentiment d'abandon, s'il y avait possibilité de vivre dans les mêmes conditions que la France. C'est la même chose à Mayotte. Si vous aviez un accès à l'eau, un accès aux services publics, un accès à la santé, un accès à l'école, qui était équivalent, et il y a la question pour Mayotte, mais c'est un autre sujet, de l'immigration, il n'y aurait pas ce désamour de la France et cette volonté d'émancipation.
Mais bien entendu, c'est bien entendu la base, c'est de pouvoir leur donner le sentiment d'être pleinement français. Or, ils ont le sentiment aujourd'hui d'être sous-citoyens, parce que vous ne vivez pas en Outre-mer, dans la plupart des territoires d'Outre-mer, de la même manière que vous vivez en France, métropolitaine.
Alors, cette semaine, vous avez sauvé le gouvernement Barnier, on peut le dire comme ça, en ne votant pas la motion de censure du nouveau Front populaire. Quand vous avez découvert le budget, dans la foulée, vous avez eu des regrets ?
Alors, si le budget, bien entendu, n'évolue pas, mais vous savez, ça c'est une feuille de route, un premier budget qui est proposé aujourd'hui par le gouvernement Barnier, il y a un travail parlementaire qui va être fait, et donc nous, nous allons essayer de l'améliorer. En l'état actuel des choses, ce budget n'est absolument pas acceptable, nous l'avons dit, et nous ne pourrons pas accepter un budget tel qu'il est, puisqu'il fait peser, au final, le poids sur les classes populaires et les classes moyennes, contrairement à ce qui avait été pour lui.
Vous saviez tout ça. Pourquoi vous continuez à soutenir, c'est-à-dire de ne pas vouloir censurer ce gouvernement Barnier, alors que tout, effectivement, dans ce budget, va à l'encontre du programme économique que vous avez présenté, notamment il y a un mois, aujourd'hui.
Ce ne sera pas le budget définitif. Ne présagez pas des débats parlementaires. Vous savez très bien que le poids du Rassemblement national, ces dernières semaines, dans un certain nombre de mesures qui sont prises par le gouvernement Barnier, ou d'annonces qui sont faites par M. Barnier, est important. On l'a vu, quand M. Armand prend des positions et qu'il revient après un coup de fil de M. Barnier, ça sera pareil sur ce budget. Qu'est-ce que vous avez envie de faire changer ? Il y a énormément de choses. Il y aura une conférence de presse très précise qui sera faite avec un contre-budget présenté par notre président délégué Jean-Philippe Tanguil la semaine prochaine.
Avec des économies ?
Non, mais avec, en fait, de respecter au moins le deal de base de M. Barnier. C'est-à-dire que l'on fera peser à 70% sur des baisses du train de vie de l'État sur des économies et à 30% sur des hausses d'impôts. Mais on a du mal, pardon, on a parfois du mal à vous suivre,
Thomas Ménagé, ce chiffre selon le concept. Parce que vous dites des économies, mais on n'a toujours pas compris où est-ce que vous les faites, les économies. Mais alors, vous verrez... Alors, c'est la fraude, c'est effectivement l'immigration. Bon, tout ça, ça ne va pas se faire en... S'il y a des économies, ça ne se fait pas en 5 milliards.
Vous verrez que les 60 milliards seront mis sur le papier et annoncés la semaine prochaine. Vous avez dit l'immigration, vous avez dit la fraude sociale et fiscale, la contribution à l'Union européenne, 4 milliards, la fin des subventions aux énergies intermittentes, 4 à 6 milliards, la diminution du train de vie de l'État, parce qu'aujourd'hui, tous les rapports de la Cour des comptes le prouvent, il y a des agences, des autorités administratives indépendantes, C'est combien ça ? C'est combien ça ? 10%, 10% de ce budget, ça fait 8 milliards environ.
Bon, ça c'est les rapports de la Cour des comptes, parce qu'on le sait très bien aujourd'hui, il faut être honnête, il y a tout un tas d'agences qui pourraient être mises dans les administrations centrales, qui sont créées pour recaser des copains, des anciens ministres, avec des fonctions qui n'apportent rien aux Français, des autorités que les Français ne connaissent pas, et qui pourraient être très bien regérées directement en administration centrale.
Ce que vous ne dites pas, c'est que dans votre programme, en face, vous mettez 100 milliards d'allègements de charges en tout genre, suppression de la cotisation foncière des entreprises, exonération d'impôts sur les créations de sociétés par les moins de 30 ans, suppression de l'impôt sur la fortune immobilière, je ne vais pas tout détailler. Donc, ce n'est pas seulement qu'il faut faire des économies, c'est que vous, vous reprévoyez aussi des baisses de rentrées, de recettes.
Mais il y a aussi des recettes supplémentaires, avec la taxation sur profit, avec les rachats d'actions où nous voulons aller encore plus loin que ce qui est proposé par le gouvernement, avec la mise en place d'un impôt sur la fortune financière. Il y a trois éléments, il y a bien entendu des dépenses supplémentaires, mais qui permettent d'améliorer le quotidien des Français, les services publics, leur pouvoir d'achat. Il y a des économies à réaliser, mais des économies profondes. Et puis, il y a des recettes supplémentaires. C'est un équilibre. Et nous, le budget, notre budget, le budget de la Rassemblea nationale est équilibré.
Et je vous le dis, il sera détaillé précisément, parce qu'on a eu le budget Barnier il y a deux jours, il fait 300 pages, la semaine prochaine, mercredi prochain, avec un contre-budget très précis. Et on attendra en fait de voir comment va réagir le gouvernement par rapport à nos propositions, et comment va réagir le Parlement, l'Assemblée nationale, vis-à-vis des amendements que nous allons déposer avec l'ensemble de nos commissaires aux finances. Est-ce qu'il y a des éléments à garder dans le budget présenté par Michel Barnier ? Il y a un certain nombre d'éléments qu'on a approuvés, qu'on a acceptés.
Comme par exemple, je vous disais, les rachats d'actions, c'est-à-dire la taxation des rachats d'actions. La question, nous sommes d'accord pour qu'il y ait un impôt, une augmentation d'impôt sur les sociétés pour les très gros groupes, mais dès lors qu'ils peuvent financer une baisse du poids fiscal et une redistribution fiscale pour les classes populaires et les classes moyennes. Mais par contre, il y a des lignes rouges très claires. La taxe sur l'électricité, la baisse du remboursement des consultations et donc la hausse des mutuelles, la hausse des billets d'avion avec cette taxation supplémentaire.
Tous ces éléments et le petit nouveau, la petite dernière, qui est celle de Mme Pannier-Runacher, qui est une taxe sur le gaz. C'est-à-dire en fait, on nous a dit, le budget est imparfait, attendez, on va l'améliorer. Et dès le lendemain, on nous apporte encore une taxe supplémentaire.
Et ce matin, Thomas Bénager, porte-parole du groupe RN à l'Assemblée nationale. Alors, votre gros dossier, vous, au Rassemblement national, c'est les retraites. Et vous tendez la main au syndicat, vous leur avez écrit il y a quelques jours, pour qu'ils vous soutiennent et qu'ils vous aident à faire abroger la réforme des retraites dans votre niche parlementaire, comme on l'appelle, le 31 octobre. Certains ont répondu ?
Oui, il y a déjà eu, et je ne vais pas trahir les échanges. Il y a déjà eu un, bien entendu, un président de syndicats représentatifs, dont j'aurai un rendez-vous dès lundi pour échanger.
On peut imaginer que c'est Force ouvrière, qui en gros... Les autres ont clairement appelé à voter contre le Rassemblement national.
Vous savez, l'objectif aussi de cette lettre, c'est de préparer un dialogue avec les partenaires sociaux, que nous souhaitons, au Rassemblement national. Préparer ce dialogue social, qui est au cœur aussi de notre projet, notamment en prévision de notre arrivée au pouvoir dans les prochaines années. Donc, je ne vais pas trahir les échanges que je peux avoir avec un certain nombre de dirigeants de syndicats.
Au-delà de savoir lequel, fondamentalement, la question, c'est qu'est-ce que vous espérez ? C'est-à-dire, ce sont des mouvements qui ont vu... La gauche, Marine Tondelier, par exemple, dit mais ils n'étaient pas là dans la contestation sociale au moment de la loi sur les retraites. Ils n'étaient pas là dans l'hémicycle, on ne les a pas entendus.
C'est un mensonge, parce que tous les Français et tous les sondages ont prouvé qu'on avait été les plus cohérents. Nous nous étions battus, nous avions empêché ce blocage avec ces multiples amendements, notamment dans les rues. Mais parce que notre rôle, Mme Bond, c'est d'être à l'Assemblée nationale, de se battre. Nous n'avons pas été élus pour faire des piquets de grève. Ça, c'est le rôle des partenaires sociaux, c'est le rôle des syndicats. Ce qui est certain aujourd'hui, c'est que nous attendons que tout le monde soit cohérent avec ses propos et ses engagements.
À la fois, les syndicats qui appellent à l'abrogation et qui devraient appeler à l'abrogation dès le 31 octobre dans la niche avec le texte que le Rassemblement national a déposé. Et puis, les partis politiques, les candidats, les députés, les députés notamment de gauche et d'extrême-gauche
qui sont engagés pour les Français. À propos de cohérence, Thomas Ménager, Éric Ciotti, il ne va pas voter votre proposition de loi ? Il est cohérent puisqu'il a toujours dit... C'est pas un souci d'avoir un allié avec qui on sera amené à gouverner,
avec qui on est diamétralement opposé sur ce sujet ? C'est un sujet qui est quand même important. C'est un sujet important, mais quand vous avez des alliés, ce n'est pas forcément des clones. Nous nous acceptons d'avoir... Je connais votre élément de langage, mais... Nous avons un corpus commun sur un grand nombre de sujets économiques, des sujets régaliens, des sujets qui sont attendus majoritairement par les Français. Sur la question... Vous voyez bien à gauche les désaccords,
combien ça peut créer des fois des frictions et des divisions.
Donc on peut imaginer que chez vous, là-dessus, c'est pas rien. Mais nous, nous avons toujours été cohérents et dans les échanges que nous avons pu avoir avec Éric Ciotti. Si, après, nous essaierons de convaincre Éric Ciotti dans les années à venir sur la nécessité que nous pouvons équilibrer notre système de retraite par d'autres vecteurs que sont la question de la démographie, de la productivité, de la croissance, qui sont aussi ce que nous allons peut-être dépenser vis-à-vis de ces retraites en donnant la possibilité aux Français de partir à 62 ans avec 42 annuités et 60 ans avec 40 annuités pour ceux qui ont commencé tôt.
Nous le regagnons sur d'autres branches de la sécurité sociale parce que je tiens juste à rappeler un chiffre pour ceux qui nous écoutent. C'est qu'il y a un Français sur deux qui arrive à la retraite en étant au chômage, en invalidité, en n'étant pas en activité. Et donc ça, ce sont des dépenses sociales qui existent de par ailleurs.
Vous dites 62 ans dans votre programme économique dont je parlais tout à l'heure. Départ possible à 60 ans pour les carrières longues et même 58, coût de la mesure 30 milliards d'euros.
Dans le contexte budgétaire. Le budget global des retraites, qui n'est pas l'abrogation que nous déposons là, parce que c'est un texte consensuel en fait, l'abrogation, pour pouvoir avoir une majorité...
C'est pas le programme d'un mois.
Le programme du Rassemblement National n'a pas changé. Il sera celui que nous appliquerons quand Jordan Bardella sera Premier ministre ou Marine Le Pen et où Marine Le Pen sera Présidente de la République. Là, c'est une niche parlementaire. On n'a qu'une journée. Donc c'est un texte qui revient sur les pires dispositions passées, qui est en fait en accord total avec une grande majorité de l'Assemblée Nationale. Et ce n'est pas le programme du Rassemblement National stricto sensu.
Mais ce budget, le budget global qui est dédié aux retraites pour le Rassemblement National, c'est 10 milliards, chiffré par l'IFRAP, chiffré par le Rassemblement National, et qui est, je vous le dis, en plus compensé par des gains qui existent sur l'ATMP, les accidents du travail et des maladies professionnelles, sur le RSA, sur l'AAH, sur le chômage. Parce que quand vous arrivez à 62, 63, 64 ans, vous êtes plus susceptibles d'être au chômage, d'être en RSA, d'être en invalidité, d'être en maladie. Et donc ça, il faut avoir une vision macroéconomique et pas avoir une vision de petit comptable de Bercy qui ne voit que le système de retraite. Nous, nous avons une vision globale.
Quel espoir vous avez de le faire passer, de le faire passer ce texte le 31 octobre ?
De grand espoir. Si je regarde les équilibres arithmétiques de l'Assemblée Nationale, s'ils sortent, pour certains notamment, de gauche, de leur posture, le Bloc Central, il y en a même quelques-uns du Bloc Central, comme M. Ramos de mon propre département, qui était modem, qui s'était exprimé comme des dizaines aussi au sein du Bloc Central. Il n'a pas voté votre proposition de loi, de m'aménager. Je leur demande d'être cohérents.
Ils ne peuvent pas, sur le terrain, dire que cette réforme est injuste, que les femmes en payent le prix, parce que vous savez que les femmes ont une augmentation qui est sensiblement supérieure du nombre d'années de travail par rapport aux hommes, que l'espérance de vie en bonne santé à la retraite est en diminution, et en même temps, accepter encore de maintenir ces dispositions qui font de la casse sociale et qui font que les Français souffrent chaque jour un peu plus au travail.
Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, annonce vouloir durcir les règles de régularisation des sans-papiers, en revenant notamment sur la circulaire VALS de 2012, ce qui va remettre mécaniquement en question la régularisation sur les métiers en tension dont on a beaucoup parlé, qui est un marqueur des mandats d'Emmanuel Macron. Tant pis pour les restaurateurs et les autres qui ont besoin de cette main-d'œuvre ?
Je m'en suis déjà à plusieurs reprises expliqué. Nous nous considérons que les augmentations de salaire et une réorientation des formations, alors même qu'il y a aujourd'hui 5,5 millions de chômeurs, et que 500 000 ordres d'emploi n'ont pourvu, nous nous sommes contre totalement la circulaire VALS. Et c'est en ça que M. Retailleau est une escroquerie. Une escroquerie ? Ah, une escroquerie. Là, l'escroquerie est révélée au grand jour. Il y a une semaine...
Régularisé au compte-gouttes ?
Il y a une semaine, M. Retailleau dit, je suis pour le délit de séjour irrégulier. C'est-à-dire, je suis pour qu'une personne qui rentre en France soit en situation délictuelle et donc soit considérée devant être expulsée. Et de l'autre côté, il dit, je maintiens la circulaire VALS qui fait une prime à la clandestinité en permettant, au final, à ceux qui sont en situation régulière, qui sont rentrés réguliers, de se maintenir. Mais il ne faut pas la revoir, il faut la supprimer.
C'est-à-dire, vous ne pouvez pas dire d'un côté que la personne est en situation délictuelle et qu'il y a un délit de séjour irrégulier et que vous le souhaitez, et que de l'autre, certains qui sont dans cette situation de délit de séjour irrégulier
puissent être réguliers. Alors attendez, M. Retailleau, il reprend votre programme, il laisse même votre porte-parole selon Laure Lavalette, mais en même temps, vous dites que c'est une escroquerie.
Il le reprend les premiers jours dans les propos, mais quand il fait un premier acte, c'est-à-dire qu'il maintient la circulaire VALS, il fait quelques petits ajustements qui pourront peut-être encadrer et réduire un tout petit peu, alors qu'il faut aller beaucoup plus loin. Il faut être totalement ferme à ce sujet. Quand vous rentrez en France, quand vous rentrez illégalement, sans avoir frappé à la porte et demandé à entrer, vous êtes en délit de séjour régulier et vous ne pouvez pas jamais être régularisé. C'est ça le programme du Rassemblement National.
Donc si c'est un porte-parole, c'est aujourd'hui un mauvais porte-parole et surtout, dans les traductions, dans les actes, malheureusement, il en est très loin.
Thomas Ménager, je ne sais pas si vous aimez le cinéma. Est-ce que vous avez vu le film qui s'appelle L'Histoire de Souleymane ? Non, je n'ai pas vu. Alors, c'est sorti mercredi en salle. C'est l'histoire d'un livreur à vélo qui travaille à Paris et qui travaille, qui est sans papier. Il se trouve qu'il est incarné par Abu Sangaré. Il a eu, cet acteur, un certain nombre de refus de régularisation. Elle va désormais être étudiée. Est-ce que ce genre de personne, ce genre de profil, doit être renvoyé de France ? Vous savez, vous pouvez toujours prendre des cas particuliers
et émouvoir. Non, mais c'est un cas concret. Voilà, c'est un cas concret. Mais ce que je veux dire, moi, désolé, déjà, la vision de l'uberisation, où on exploite des personnes issues de l'immigration à des boulots ultra mal payés... Je ne suis pas sûr que le film en fasse la promotion. Excusez-moi, mais souvent, on le voit, il suffit d'être à Paris pour voir que ceux qui font ces métiers, les métiers les plus pénibles, les plus durs, excusez-moi, mais cette vision quasi néocolonialiste qui dit qu'on va faire venir de la main-d'oeuvre pour faire tout le boulot que nous ne voulons pas faire... Mais ce n'est pas le sujet-là, c'est un acteur.
Est-ce qu'on la régularise ?
Est-ce que vous comprenez qu'il soit régularisé ? Mais ce n'est pas parce qu'on ne va pas faire des différences entre ceux qui sont... Est-ce qu'il est intégré ou pas ? Le milieu de la culture ne devrait pas avoir, excusez-moi, des droits différents. C'est-à-dire que s'il répond à un certain nombre de critères, mais je ne sais pas s'il était rentré illégalement, s'il aurait pu avoir un maintien de son titre de séjour.
Ce que je peux vous dire, c'est que s'il est rentré illégalement, ce n'est pas parce qu'il est peut-être très brillant et qu'il est, en matière de culture, un élément important, récent, qu'il doit être traité différemment de celui qui fait la plonge ou de celui qui a un autre métier. À un moment, la culture doit être dans les mêmes règles que tous les Français et que tous les étrangers. On vous a bien compris.
Merci Thomas Ménager, député Rassemblement National du Loiret.
Thomas Ménagé