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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 1 septembre 2026 8 minComplaisantActualité / polémiqueBudget & impôtsTravail & emploiSanté

"Vouloir rapprocher le salaire net du salaire brut, c’est un énorme enfumage" (Sophie Binet)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Sophie BinetFait
    « Les augmentations de prix sont énormes. C'est 6 % sur les produits frais, 17 % sur les prix de l'énergie. »
  • 1:30Sophie BinetPromesse
    « Il faut taxer les super profits, la grande distribution. »
  • 2:30Sophie BinetFait
    « Le salaire brut, c'est pour la vie. Le salaire brut, c'est nos cotisations, retraite, chômage, maladie, famille, c'est tous nos droits en fait. »
  • 3:30Sophie BinetChiffre
    « Il y en a assez de ces gouvernements qui passent leur temps à nous faire les poches alors que nos poches sont de plus en plus vides. »

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Maya, bonjour à tous. Face au prix qui augmente, faut-il augmenter les salaires ? C'est l'un des débats de cette rentrée qui va durer jusqu'à l'élection présidentielle.

Mon invité aujourd'hui, c'est Sophie Binet. Bonjour Sophie Binet. Vous êtes secrétaire général de la CGT.

C'est surtout le gaz, l'électricité, les carburants qui augmentent et le gouvernement a dit qu'il allait prolonger les systèmes d'aide, que ce soit chèque énergie ou aide au carburant. Ça vous suffit ou vous demandez plus encore ? Non, c'est totalement insuffisant.

Je rappelle que les augmentations de prix sont énormes. C'est 6 % sur les produits frais, 17 % sur les prix de l'énergie. C'est pas seulement le carburant, c'est aussi le gaz et c'est l'ensemble des travailleurs et des travailleuses qui sont concernés.

Cette rentrée, c'est la rentrée du déclassement pour les travailleurs et les travailleuses. Nos salaires n'ont toujours pas retrouvé leur niveau de 2020. C'est la première fois.

Donc qu'est-ce qu'il faut faire face à l'augmentation des prix ? On va parler des salaires probablement, mais est-ce qu'il faut bloquer les prix par exemple comme certains le disent ? Mais lesquel ?

Sur quoi ? Est-ce que c'est sur les carburants ? Est-ce que c'est sur l'alimentation ?

Sur quoi ? Déjà les carburants, ça il faut les bloquer et ensuite sur l'alimentation il faut regarder parce qu'on sait que le problème c'est les marges arrières de la grande distribution et de l'industrie agroalimentaire. Évidemment, les prix des producteurs augmentent malheureusement face à la catastrophe climatique mais le problème c'est les profits entrent.

Et on l'a vu en en 2020 ce qui s'est passé c'est que la grande distribution et l'industrie agroalimentaire a fait énormément de profits indus et que c'est nous qui avons payé l'addition à la fin. Donc aujourd'hui vous dites, on avait parlé beaucoup des super profiteurs au monde de la quise pétrolière en taclant notamment Total. Aujourd'hui, vous dites les super profiteurs ce sont les gens de la grande distribution.

Je dis que c'est aussi Total puisque Total fait encore des bénéfices pharamineux et de l'industrie agroalimentaire. Il faut regarder, c'est là où il y a des marges. On l'avait vu en 2020 et je suis sûre qu'on va le voir là.

Donc il faut le regarder et puis évidemment il faut taxer les super profits, la grande distribution. C'est ce que je voulais dire. Oui, et il faut encadrer les prix pour que ces produits essentiels, indispensables de pouvoir se nourrir soient accessibles pour les travailleurs et les travailleuses.

On sait qu'il y a déjà beaucoup de françaises et de français qui ne mangent pas trois repas par jour et évidemment il faut augmenter les salaires. L'augmentation des salaires justement. Alors, c'est un débat partout y compris à droite et dans le bloc central où il y a une idée qui ressort qui n'est pas nouvelle mais qui ressort dans la campagne présidentielle qui est de rapprocher le salaire net du brut.

C'estàd qu'il y ait moins d'écart entre les deux. Est-ce que c'est une idée qui vaut d'être discutée ? Non, ça s'appelle un énorme enfumage.

Le salaire net, c'est pour le mois. Le salaire brut, c'est pour la vie. Le salaire brut, c'est nos cotisations, retraite, chômage, maladie, famille, c'est tous nos droits en fait.

Donc quand on baisse le salaire brut, on baisse les droits des salariés derrière. Ce qu'il faut, c'est augmenter les salaires bruts, donc pour avoir à la fois plus à la fin du mois, mais aussi plus de droits sociaux. On a besoin d'avoir plus de droits en matière de retraite, de chômage ou de maladie, par exemple.

Ce qui veut dire aussi que bon, vous parlez des cotisations sociales, on parle beaucoup des arrêts maladies en ce moment. Depuis aujourd'hui, ils sont plafonnés lors de la première prescription, pas plus d'un mois d'arrêt maladie avant éventuellement un renouvellement. Et le gouvernement dans son projet de budget à venir estime qu'il va falloir encore faire des économies et des efforts, c'est ces mots, sur les arrêts maladies, sur les dépenses publiques.

Est-ce que là aussi vous dites ça, il faut en discuter, il y a des économies à faire ou pas ? Non, mais il faut arrêter cet acharnement contre les malades. Ce qu'il faut, c'est regarder, il y a des choses à faire pour comprendre les causes.

Pourquoi est-ce que les arrêts maladies augmente ? C'est pas en cassant le thermomètre qu'on va euh résoudre les symptômes et résoudre la maladie. Nous euh ce qu'on note, c'est que un salarié sur deux présentent des signes de détresse psychologique au travail.

Ça n'a jamais été aussi élevé. Un/ers des salariés se dit au bord du burnout. Comment vous l'expliquez ?

Ben en fait le problème c'est qu'au quotidien, au travail, on nous demande toujours de faire plus avec moins. On a un travail qui correspond de moins en moins à notre éthique professionnelle avec des objectifs chiffrés qui ne correspondent pas au sens de notre travail. Il est là le problème et c'est là-dessus qu'il faut agir.

Et donc vous vous estimez que c'est pas assez pris en compte. Oui. Et puis ces nouveaux risques bien sûr.

Et le dernier problème c'est l'absence totale de reconnaissance au travail. C'est là-dessus dont il faut c'est de ça dont il faut parler. Stigmatiser les malades, ça ne sert à rien.

Ça n'a jamais fait reculer les ar. Lui, il doit faire un budget à la fin de l'année et dit il va falloir faire des économies. Donc tout le monde va y passer.

Peut-être les retraités les plus aisés. Je disais peut-être aussi certaines dépenses d'assurance sociale. La gauche menace de censurer.

Vous dites vous pas besoin de discuter là-dessus, c'est non. Donc il faut aller à la censure directement. Nous ce que nous disons au aux salariés, aux travailleurs et aux travailleuses, c'est que le seul moyen d'être entendu, c'est de se mobiliser.

Il y aura beaucoup d'initiatives de mobilisation en septembre. Le point d'org, c'est le 29 septembre. Grande grève pour nos salaires et nos services publics.

J'appelle tous les agents publics qui nous écoutent à se mettre en grève pour que toutes celles et ceux qui passent leur temps à stigmatiser les fonctionnaires, à dire que les fonctionnaires coûtent cher voi ce que c'est une journée noire sans service public. Mais politiquement, si ça doit passer par la censure, pour vous, ça ça c'est c'est une possibilité, c'est une option. Nous euh pensons qu'il faut tout faire pour empêcher un un budget régressif pour les travailleurs et les travailleuses.

Il y en a assez de ce cauchemar sans fin du macronisme. Ben nous, on va se mobiliser et après c'est au responsables politiques de prendre leur responsabilité. Ça n'est pas les nôtres.

Nous ce que nous disons c'est si la gauche dit la gauche pas que la gauche hein, peut-être le RN aussi. Il faut censurer le budget. Vous dites bah oui, il faut censurer.

Ça passe par là. Bah bien sûr, nous nous pensons qu'il faut bloquer un budget régressif pour les travailleurs. Il y en a assez de ces gouvernements qui passent leur temps à nous faire les poches alors que nos poches sont de plus en plus vides.

Le problème, c'est que d'abord, c'est un scandale d'un point de vue social, mais c'est aussi une catastrophe économique. Aujourd'hui, le pays est au bord de la récession. Pourquoi ?

Bah, les professionnels du tourisme le dire le disent parce que quand les travailleurs et les travailleuses ont moins d'argent, ils consomment moins et ça met les entreprises en difficulté avec si le le gouvernement propose un budget avec des mesures d'austérité pour les travailleurs, il va accentuer la récession et mettre le pays en difficulté économique. Alors, il y a un autre sujet qui n'est pas clos et qui revient aussi dans cette ce début de campagne présidentielle, c'est celui et l'allongement ou pas de la durée de cotisation d'une part ou le retour à 60 ans ou pas. Jusqu'à maintenant, la gauche c'était retour à 60 ans.

C'était le programme du Nouveau Front populaire. Et vous avez vu au Parti socialistes, certains disent bah pourquoi pas 62 voire 63 ans ? Le fait que une partie de la gauche déserte l'idée de revenir à 60 ans, celle que vous défendez, est-ce que ça vous inquiète ?

Oui, parce que pour les travailleurs et les travailleuses, c'est clair quand on leur demande leur avis, euh ils sont évidemment d'abord favorables à abroger cette réforme des retraites inique qui a été imposée par la force par Emmanuel Macron et ensuite euh ils sont euh pour la retraite à 60 ans. Donc ça vous inquiète de voir une partie de la gauche qui ne défend plus ça ? Bien sûr, parce que pourquoi les travailleurs, les travailleuses vous le envoulez ?

Moi je n'ai de haine pour personne. C'est pas le sujet. Mais est-ce que vous leur en voulez de déserter ?

Moi ce que je dis aux candidats et aux candidates à l'élection présidentielle, c'est que c'est pas au grands patrons qu'il faut s'adresser, c'est aux 40 millions de travailleurs et travailleuses et de retraités. C'est à eux qu'il faut parler et c'est les travailleurs et travailleuses ont besoin que on leur dise qu'on va revaloriser leur travail et enfin les reconnaître. Le problème en France, c'est qu'on est dans une société de rentier.

On vit mieux de son capital que de son travail. C'est à ça qu'il faut répondre. Et puis l'immigration aussi qui revient dans le débat notamment par une phrase de Jean-Philippe Tangui du RN qui a estimé que le RN défendrait l'interdiction du port du voile dans l'espace public.

Est-ce que ça vous choque ? Bon, je pense que c'est absolument pas le sujet et que ça confirme le danger du Rassemblement national qui euh passe son temps à faire diversion des question sociale. On a une rentrée qui est marquée par une baisse de pouvoir d'achat inédite.

On a une rentrée qui est et un été qui a été marqué par euh une série de catastrophes qui montre le résultat de 10 ans de politique d'austérité et de l'abandon des services publics. Et le RN nous parle du voile dans la rue. Bon bah, c'est un hors sujet.

Sur le fond sur le fond sur le fond l'interdiction du voile pour les femmes. Est-ce que vous êtes pour ou contre ? Mais euh d'abord c'est inapplicable et ensuite je pense que ça ne correspond pas du tout à nos principes de laïcité française.

Je rappelle que la laïcité c'est une liberté. C'est la liberté de croire ou de ne pas croire. Et attention à ne pas instrumentaliser la laïcité pour stigmatiser une religion euh ou en faire une loi d'interdit alors que c'est une loi d'émancipation et de liberté qui est extrêmement importante.

Sophie Binet, merci d'avoir fait votre rentrée dans les cas de vérité sur France 2 qui revient demain. Aa.