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interviewEurope 1· 6 août 2025 3 min

Édouard Philippe en campagne mais pas comme les autres

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et les 8h-10. Merci d'avoir choisi au repinel. L'heure de l'édito politique avec Jean-Christophe Buisson.

Bonjour. Bonjour Thomas. Bonjour Marion.

Directeur Radi Figaro magazine. Alors ce matin Jean-Christophe, vous nous donnez des nouvelles d'Edouard Philippe. Oui parce que pour paraphraser un film de Jacques Bénard sorti il y a exactement 50 ans, ce n'est pas parce qu'on a beaucoup à dire qu'il faut ouvrir sa gueule.

Et de fait, le maire du Hav qui ne cache pas ses ambitions à la fois municipales et présidentielles ne passe pas son temps dans les médias à jouer sa petite musique ou à commenter quotidiennement chaque événement politique, social, économique ou international. Pour autant, il regorge d'idées, d'analysse et de réflexions qu'il compte bien faire connaître puisqu'il ambitionne d'être le candidat du bloc central en 2027. Alors pour diffuser ses idées et son programme et aussi se montrer en chair en os à ses potentiels électeurs, il adopte une stratégie plus discrète, moins spectaculaire mais qui peut s'avérer efficace.

Et quelle est cette stratégie ? Et bien c'est ce que Laoris Boichotud qui l'a suivi dans ses déplacements pour le Figaro a baptisé la stratégie des décorations. Durant les semaines qui ont précédé son départ en vacances, l'ancien premier ministre a multiplié les déplacements dans toute la France.

Non pas pour tenir un meeting, lancer une fête à la saucisse ou inaugurer une permanence de son parti horizon, mais pour remettre de jolies et prestigieuses médailles coloré. Pour les uns, ce fut l'ordre national du mérite et pour les autres, la Légion d'honneur. Celle-ci est bien sûr sa décoration préférée.

Sans doute parce qu'il peut en élever les récipient d'air tous ses grades jusqu'à celui de grand officier, lui-même ayant reçu cette haute distinction au titre de Premier ministre étant resté plus de 2 ans à Matignon, ce qui n'est pas le cas de plusieurs de ses concurrents potentiels en 2027, n'est-ce pas Ellisabeth Borne, Michel Barnier et Gabriel Atal. Mais Édouard Philippe ne se contente pas d'épingler aimablement rubans et breloques sur les robes et les vestes des heureux impétrants. Il fait de chaque cérémonie un mini événement politique.

Grâce à son réseau de 600 maires estampillés Horizon, il invite à ces occasions non seulement les édiles de la région à fili à son mouvement, mais aussi tous ces petits cadres locaux qui demain serviront de relais à sa campagne quand il l'aura véritablement lancé. Et comme dans le Morbiillant, les deux Sèvres ou la Haute Marne ces dernières semaines, il ne manque pas bien entendu de conviers, journaux, radio et télévision, ce qui lui garantit une couverture médiatique locale dont on sait depuis Jacques Chirac combien elle peut s'avérer décisive. Et puis j'imagine que les discours qu'il prononce à cette occasion fourmis de messages.

Et comment ? Par exemple, quand il élève le maire de Nior Jérôme Baloge au rang de chevalier de la Légion d'honneur, il insiste beaucoup sur le fait que celui-ci est un homme soucieux de discipline budgétaire et de sécurité quotidienne. Une autrefois, il glisse lors d'un discours bien senti que le Parlement et les administrations seraient bien inspirées de ne pas oublier qu'un peu de stabilité financière et fiscale ne nous ferait pas de mal.

Bref, comme il ne peut pas profiter d'une grande exposition naturelle comme ses rivaux Gérald Darmanain, ministre régalien en exercice et et ou Gabriel Atal, chef d'un grand groupe parlementaire au palais Bourbon et chef du parti présidentiel. Édouard Philippe trace son sillon politique à sa manière qui est originale et qui n'est peut-être pas la plus maladroite. Il espère en tout cas qu'elle lui permettra de remonter dans les sondages qui étaient plutôt à la baisse pour lui en début d'été, notamment en raison de la progression fulgurante de Bruno Rotaillot.

Le maire du Havre compte bien en tout cas poursuivre sur cette voie à la rentrée tout en s'accord séances de dédicaces de son livre paru en juin, le prix de nos mensonges. Mais là, écrire un livre au programme et le présenter dans les librairies de France et de Navar, on est dans un schéma plus classique dans le monde politique. La singularité de Philippe sera donc sans doute de suivre les deux stratégies en même temps, comme dirait son ancien mentor.

Merci pour votre édito politique Jean-Christophe Buisson.