Mathilde Panot : "Nous participerons à l'ensemble des mouvements pour faire tomber le gouvernement"
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France Inter, Hélène Philippe, le 6-9. Bonjour Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, députée du Val-de-Marne, invitée d'Inter ce matin alors que la rentrée politique se profile. J'attends vos questions, chers auditeurs, vos réactions au 01 45 24 7000 et via l'application Radio France. La rentrée politique Mathilde Panot, c'est vous qui ouvrez le bal des universités, demain jusqu'à dimanche à Châteauneuf-sur-Isère dans la Drôme. Les écologistes seront à Strasbourg demain, les communistes vendredi à Montpellier. Et où serez-vous le 10 septembre prochain ?
Eh bien le 10 septembre nous participons et nous appelons tous ceux qui sont en colère, à la fois contre la politique budgétaire injuste et dangereuse de ce gouvernement, qui sont en colère contre l'autoritarisme de ce gouvernement, qui sont en colère contre l'inaction écologique de ce gouvernement, à participer aux différentes actions qui auront lieu autour du 10 septembre. Les modes d'action seront décidés par le mouvement lui-même, un mouvement qui s'appelle « Bloquons tout ».
À ce stade encore très peu de choses, les modes d'action et même ce mouvement qui émane au départ de comptes souverainistes, proches de l'extrême droite. Vous êtes sûr de vouloir vous rallier à ce mouvement dont on connaît encore peu de choses ?
Alors d'abord, nous connaissons les revendications. Les revendications, quelles sont-elles ? Elles sont d'abord d'avoir une mobilisation populaire d'ampleur contre le budget, qui est le pire budget de la Ve République qu'on ait vu dans ce pays, avec notamment, alors on a beaucoup parlé de la suppression de deux jours fériés, après avoir volé deux ans de vie aux Français, et bien maintenant, on veut enlever deux jours fériés, dont le jour de commémoration contre le nazisme, à l'heure où ressurgissent partout des saluts nazis dans le monde.
On va revenir sur le budget de François Bayrou, Mathilde Panot, mais vous n'êtes pas capable de le mobiliser par vous-même ?
Il faut s'adosser à un mouvement dont on ne connaît rien ? Eh bien nous, nous participons à l'ensemble des mouvements qui permettront de faire tomber le gouvernement Bayrou et d'arrêter, de stopper la politique d'Emmanuel Macron, qui est en train de détruire le pays. Vous savez, sur la question de l'extrême droite, c'est exactement ce qu'on avait dit à l'époque sur le mouvement des Gilets jaunes.
Et nous, la France Insoumise, je rappelle la date du début du mouvement des Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, nous avions appelé dès le 12 novembre 2018 à participer au mouvement des Gilets jaunes, qui a été souvent sali et qui pourtant apportait une question de dignité des gens, des questions démocratiques, notamment sur le référendum d'initiative citoyenne. Et donc moi, j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent à participer à un mouvement de censure populaire parce qu'il faut arrêter la politique d'Emmanuel Macron d'urgence. Il faut accompagner la colère populaire.
C'est le message que vous voulez faire passer ce matin. Les partis n'ont pas le pouvoir de mobiliser par eux-mêmes.
Bien si, nous l'avons fait, je crois, à de nombreuses reprises lors de marches que nous avons nous-mêmes organisées. Mais vous savez, nous avons participé aux manifestations des Gilets jaunes, nous avons participé aux manifestations contre la retraite à 64 ans, qui est une autre des revendications, notamment de ce mouvement du 10 septembre, d'abroger cette réforme de la retraite qui a été battue aux élections dernières.
Donc nous participons à l'ensemble des mobilisations du peuple, qui rappellent que dans ce pays, ce n'est pas le roi Macron qui gouverne seul, mais que c'est bien le peuple qui est souverain, et lui seul qui est souverain, comme il l'a montré dans les urnes en juin et en juillet dernier, en décidant qu'il fallait tourner la page de la politique macroniste.
Emmanuel Macron, ni même François Bayrou, n'ont le pouvoir de gouverner seul aujourd'hui. Le projet de budget que le Premier ministre a dévoilé mi-juillet, il est en cours de construction. Est-ce que vous êtes prêt à négocier avec François Bayrou ? Et sur quel point ?
Alors, vous avez raison de dire qu'ils ne peuvent pas gouverner seuls. Et si on a un gouvernement aujourd'hui qui est illégitime démocratiquement, c'est parce que le PS, pendant six motions de censure, et maintenant uniquement le Rassemblement National, donc l'extrême droite, permet à la politique macroniste de continuer. C'est pour cela, et c'est à cause de Marine Le Pen que nous avons ce budget-là, qui est un budget extrêmement austéritaire. Nous n'irons rien négocier. Nous, nous demandons une session extraordinaire du Parlement pour pouvoir déposer une motion de censure immédiatement.
Il ne vous a pas échappé qu'ils ont arrêté le Parlement le 11 juillet, et moi ça fait huit ans que je suis élue, je n'ai jamais vu une session du Parlement qui se termine aussitôt. Pourquoi l'ont-ils fait ? Parce qu'ils ont peur justement de se faire censurer. Eh bien, nous nous demandons à ce que le plus tôt possible, on arrête ce budget et qu'on puisse en proposer à un autre, ce que nous avions fait l'année dernière, en trouvant des milliards de recettes qui montraient que si on allait chercher l'argent dans des bonnes poches, dans la septième puissance économique au monde, il est possible de répondre aux besoins des Français et des Françaises.
En refusant la discussion aujourd'hui, vous laissez la porte ouverte aux négociations du gouvernement avec le Rassemblement national.
Vous savez, on a entendu beaucoup de leçons de morale sur le fait qu'il fallait être responsable, qu'il fallait avoir de la stabilité. J'ai même vu qu'Emmanuel Macron fait un chantage aux parlementaires dans son interview hier, en disant justement qu'il fallait faire très attention et qu'il y avait besoin de stabilité. Eh bien, je vais vous dire ce que montre notamment le mouvement du 10 septembre, mais aussi la colère des taxis, la colère des pharmaciens, la colère des centaines de milliers de salariés qui sont en train de perdre leur poste un peu partout dans le pays.
Les 650 000 personnes qui sont tombées sous le seuil de pauvreté en seulement une année, ce que montre toute cette colère qui s'accumule un peu partout, eh bien, c'est que les gens n'ont pas envie de stabilité, ils ont envie que ça change et c'est ce pourquoi ils ont voté l'année dernière.
Ça veut dire que vous êtes prêtes, effectivement, à aller à la censure, que vous croyez cette fois-ci, c'est ce que j'entendais entre les lignes de ce que vous venez de dire, que le PS vous suivrait sur cette question ?
Ça sera à eux de le dire, mais en tout cas, je note juste que le Parti Socialiste a déposé une motion de censure le 1er juillet suite à l'échec total du conclave, où on nous avait fait aussi... Le conclave sur les retraites. Sur les retraites, où on nous avait fait un peu la même leçon pour dire, regardez, c'est possible que des choses changent et à la fin, rien n'a changé. Donc, vouloir censurer et faire tomber un gouvernement le 1er juillet et le refuser en septembre serait assez absurde, je crois.
Pour expliquer, pour défendre son budget, François Bayrou parle de dernière chance pour le pays, de dernière station avant la falaise, a-t-il dit. Vous ne croyez pas à la situation si grave, Mathilde Panot ?
Je pense que c'est leur politique qui nous a mené à une situation aussi grave. Ce qui est incroyable dans ce qui est en train de se passer, c'est que vous avez Emmanuel Macron qui est responsable de 1 000 milliards de dettes, vous avez Emmanuel Macron qui a mené le pays au chaos, notamment, je parlais du nombre de gens qui sont tombés sous le seuil de pauvreté, nous n'avons jamais eu autant d'enfants à la rue, nous avons une personne sur trois qui ne mange pas à la faim dans ce pays.
Et maintenant, il ose venir nous dire que toutes ces politiques qui ont été un échec, tous les cadeaux qui ont été faits aux plus riches et aux multinationales, il ose venir présenter l'addition au peuple et expliquer qu'il faut en faire encore plus et en faire encore davantage, alors que les mêmes effets produiront les mêmes causes. Vous avez la responsabilité de l'avenir, Mathilde Panot.
On laisse la situation comme ça ? On est dans un moment où la France s'endette presque plus chère que la Grèce
ou que l'Italie ? Eh bien, c'est justement pour ça qu'il faut arrêter avec une politique qui ne cesse de nous endetter. Je vais vous dire, ce qui est grave dans le budget qui est en train de nous être présenté, en plus de faire souffrir l'immense majorité du peuple de France, ce qui est grave, c'est que vous allez vous retrouver dans une situation qui peut mener à une régression économique de la France. Il faut comprendre que l'économie française est basée énormément sur la consommation populaire.
Et donc, lorsque la consommation populaire chute, comme c'est le cas actuellement, avec des revenus qui ne cessent de baisser, eh bien, vous allez avoir derrière des effets de récession qui sont extrêmement graves. Vous avez quand même noté qu'il y a eu 66 000 défaillances d'entreprises, record l'année dernière, qu'il y a à peu près en moyenne 20 restaurants qui ferment chaque jour, que vous avez des prix de l'électricité qui ne cessent de grimper. Donc, à un moment, ça suffit. Il faut les arrêter et changer de logique économique. Voilà ce que nous proposons. Je vous entendais tout à l'heure parler de chantage d'Emmanuel Macron. Oui, c'est un chantage.
Parce que vous avez d'un côté un président de la République qui a demandé une dissolution sur demande du Rassemblement national. Pour clarifier la situation politique, je cite les mots qu'il utilisait à l'époque. Et lorsque le nouveau Front populaire arrive en tête de l'élection législative qui devait clarifier la situation, il refuse de nommer la force qui est arrivée en tête. Donc, je parle, oui, d'un chantage d'un président de la République qui tente coûte que coûte de maintenir une politique dont personne ne veut dans le pays et qui crée du malheur, dont là aussi, je pense que le peuple va largement se mobiliser pour le refuser le 10 septembre prochain.
Emmanuel Macron qui refuse, qui écarte toute nouvelle dissolution, c'est ce qu'il disait hier dans une interview après le sommet à Washington sur l'Ukraine au nom de la stabilité. Ça, c'est faire du chantage pour vous ?
Je parlais du chantage sur le fait de ne pas censurer le gouvernement. Mais je vais vous dire, moi, j'espère qu'il y ait une dissolution, en tout cas un nouveau vote parce que nous ne pouvons pas rester dans une telle situation. Vous comprenez que lorsque vous avez un président de la République
qui ne reste actif de plus... On écarte la dissolution parce que ça amènerait de l'instabilité et que dans ce moment, dans ce contexte international très fragile, très compliqué, ça ne serait pas une bonne image pour la France.
Vous savez, la démocratie, ce n'est ni une perte de temps, ni un problème de stabilité. Demander au peuple de choisir entre des grandes options, ce n'est pas un problème. Et vous savez, en 2022, il y a déjà eu une tentative de la part d'Emmanuel Macron d'éteindre l'élection présidentielle justement en instrumentalisant la situation qu'il y avait avec la guerre en Ukraine. Et je trouve ça déplorable qu'on utilise ainsi un contexte international où l'ordre international est en train de changer pour essayer d'éteindre la démocratie en France.
Vous parlez de la guerre en Ukraine. Ils font ce qu'il faut, les Européens, ces derniers jours pour tracer un processus vers la paix ?
Je crois que ce qu'on a vu ces derniers jours, notamment avec Trump, est assez déplorable puisque l'Europe puissance, qui est tant vantée, n'est absolument plus là. qui se sont imposés quand même
à Washington
auprès de Volodymyr Zelensky. Vous avez l'Union Européenne qui a été humiliée par un traité commercial qui est désastreux pour l'Union Européenne l'été dernier, les droits de douane et aussi les 600 milliards de dollars que nous devons acheter de produits américains, les 750 milliards de produits énergétiques que nous nous sommes engagés à acheter aux Etats-Unis, notamment gaz de schiste, pétrole, qui est une catastrophe. Donc nous nous faisons humilier par un accord commercial et nous accourons devant le président Trump en se réjouissant, je cite le président français, d'avoir peut-être une résolution d'un conflit en Europe, donc d'une guerre en Ukraine. Il ne fallait pas s'imposer.
Attendez, je termine juste ça et je réponds à votre question. D'une guerre en Ukraine, sans sa présence. Vous vous rendez compte que les Européens ne seront pas autour de la table. Donc c'est quand même extrêmement grave. Ensuite, sur la deuxième question que vous posez qui est une question intéressante. Moi, je me rappelle que depuis plus de trois ans que cette guerre a lieu contre le peuple ukrainien, nous n'avons eu de cesse de répéter qu'il n'y aurait pas de solution militaire, mais qu'il y aurait une solution diplomatique et politique.
Et nous n'avons eu de cesse d'appeler le président de la République à prendre des initiatives diplomatiques, notamment avec une conférence au sein de l'OSCE. Le président Emmanuel Macron n'a rien fait et il a réussi l'exploit de faire disparaître la France de la scène internationale. Donc, je dois dire que tous les va-t'en-guerre qui, pendant des mois et des mois, nous ont dit l'Ukraine va gagner la guerre, nous ont fait non seulement perdre du temps, perdre aussi des vies précieuses parce que je veux le dire, on parle d'un million de morts en Ukraine.
Emmanuel Macron et Friedrich Merce ont été deux déchets d'Etat à insister sur le cessez-le-feu hier à Washington.
Oui, mais l'Ukraine se trouve dans une situation aujourd'hui qui est extrêmement défavorable pour négocier. Donc, vous me permettez de ne pas applaudir Emmanuel Macron et l'Union européenne.
Extrêmement défavorable sur le plan militaire ou sur le plan politique ? À lire le dernier billet de bloc de Jean-Luc Mélenchon, rien ne se fera avec Volodymyr Zelensky au pouvoir. Pour quelles raisons ?
Mais parce que Jean-Luc Mélenchon fait une analyse. Une analyse, vous avez peut-être vu que nous étions dès le début sur le fait qu'il fallait une solution diplomatique négociée sur la guerre en Ukraine, que nous sommes les premiers à avoir parlé du danger des réacteurs nucléaires, nous avons parlé du fait qu'il fallait rétablir le traité de missiles à portée intermédiaire qui devait supprimer ces missiles-là et qui a été ensuite abrogé. Donc, nous avons été les premiers à parler d'un certain nombre de choses.
Là, on se retrouve dans une situation où en Ukraine, il n'y a pas eu d'élection du fait de la guerre avec des partis politiques qui sont interdits, avec des syndicats qui sont interdits. Et donc, Jean-Luc Mélenchon fait une analyse qui est que, très probablement, M. Zelensky ne pourra pas rester
qu'ils ne sont pas interdits. On ne peut pas organiser une élection en temps de guerre.
Comment faites-vous voter les populations sur des zones occupées ? Entendez que dans cette analyse, il est souhaitable, et je pense que tout le monde peut le souhaiter, qu'à un moment, le peuple ukrainien puisse reprendre son avenir démocratique. les mots qu'on peut dire
que Volodymyr Zelensky se maintient au pouvoir comme le dit Jean-Luc Mélenchon ?
Et qu'avec lui,
on ne négocie pas la paix ?
Non, il explique que Poutine n'acceptera pas de négocier avec Zelensky. C'est une analyse de la situation qui est faite. Écoutez, nous, nous sommes le seul mouvement politique en France qui avons non seulement sorti des opposants russes à Poutine et des opposants russes à la guerre, non seulement sorti, mais accueilli depuis plus de trois années des opposants russes. Donc, le procès qui nous est fait très régulièrement de dire que nous aurions des affinités avec Poutine est un procès absolument faux.
Ce que je suis en train de dire, c'est que pour avoir la paix, il faut mettre un certain nombre de conditions et pour avoir la paix, il faut pour cela avoir des initiatives diplomatiques et non se lancer dans des initiatives guerrières à tout va, comme l'ont fait un certain nombre des politiques ici en France.
Mathilde Pannot, à 8h36, Jean-Louis est avec nous au standard. Bonjour, Jean-Louis. Oui, bonjour. Merci de prendre ma question. Je voulais poser une question à Mathilde Pannot qui propose de faire tomber le gouvernement, ce qu'on peut comprendre. Mais si ce gouvernement tombe, nous aurons de nouvelles élections législatives avec de forts risques, et je dis bien risques, que le RN l'emporte et est une majorité. Et donc, nous aurions un gouvernement RN avec Bardella et Marine Le Pen. Donc, ma question, c'est, est-ce que c'est ça que souhaite Mathilde Pannot ? Car elle en a parfaitement conscience. LFI le sait parfaitement.
Et la question subsidiaire qui est, que ferons-nous, que feront le LFI et la gauche lorsque le RN sera au pouvoir ? Merci. Mathilde Pannot.
Alors, merci Jean-Louis pour cette question que je trouve un poil défaitiste. Je vais expliquer pourquoi. Cela fait des années et des années, et notamment l'année dernière, où on nous explique que le RN et le RN va arriver au pouvoir. Il se trouve que s'il y avait une nouvelle élection législative du fait des procès avec des tournements d'argent public dans lesquels Marine Le Pen et plusieurs d'ailleurs des membres du RN, elle ne pourra pas se représenter. Et ce qui a été démontré en juin et en juillet dernier, c'est que lorsque le peuple va aux urnes massivement, alors l'extrême droite est battue.
Donc, ce qu'il faut faire, c'est submerger dans les urnes à la fois les macronistes dont plus personne ne veut, mais surtout l'extrême droite. Et c'est comme ça que nous pouvons gagner les élections.
Je reviens à cet autre enjeu électoral de l'année, les municipales. 2026, Mathilde Panot, quel est votre objectif à la France Insoumise ?
Notre objectif, c'est de porter partout des programmes de rupture. Il y aura des listes partout ? Oui, alors dans des formes différentes à des endroits, mais oui, nous avons l'ambition de nous présenter partout. Et d'avoir des listes qui portent des programmes de rupture, qui déclinent localement, ce qui est notre programme national, qui permettent d'inventer à l'échelle des communes le monde nouveau auquel nous aspirons. Donc, les Insoumis seront présents en nombre dans ces élections municipales.
Et nous irons évidemment chercher là aussi celles et ceux qui trop souvent s'abstiennent et qu'on exclut de la politique, qu'on dégoûte de la politique en leur disant que justement, ce sont leurs affaires et que lorsque ils et elles s'expriment, nous arrivons à gagner et à faire basculer des politiques. Des listes insoumises,
pas d'union à gauche. Ça dépendra des listes. On entendait dans le journal de 7h, de 8h, un certain nombre de villes où les forces de gauche partent en ordre dispersé. Montpellier, Toulouse, Grenoble, pour ne citer qu'elles.
Eh bien, ça dépendra des endroits. Il y aura des endroits où il y aura des listes d'union, des endroits où il y aura des listes insoumises, des endroits, donc ce sera différent. Mais je vais vous dire, nous, la question n'est pas tellement de savoir si c'est l'union ou pas l'union. La question est de savoir pourquoi faire nous allons aux élections municipales. Et nous, nous voulons aller aux élections municipales non pas pour porter juste une politique de gestion, y compris de gestion de l'austérité, vu aujourd'hui le budget des communes, mais nous voulons faire en sorte qu'il y ait un programme de ruptures qui puissent s'appliquer et c'est ce à quoi nous aspirons.
Et qu'est-ce que vous portez ? Je reviens aux universités d'été demain dans la Drôme. Quel est le thème qui se dégage ? Eh bien,
il y a 250 intervenants qui viennent avec beaucoup d'associations, de syndicats. Il y a des débats contradictoires, il y a des événements culturels. Donc, ce qui se dégage, c'est que nous sommes déterminés et mobilisés pour la rentrée, évidemment, autour du 10 septembre. Je le dis aussi autour de Gaza.
Du 10 septembre, attendez, je vous coupe juste parce qu'on a Toulouse-Joséphine de Paris qui s'inquiète quand même de voir la gauche, la France insoumise en particulier, s'associer à un mouvement et défiler aux côtés de membres d'extrême droite.
Vous avez vu ce qu'a dit le Rassemblement National sur le 10 septembre qu'il n'y participerait pas. D'ailleurs, ce n'est pas très étonnant puisque vous avez vu que le Rassemblement National n'avait jamais participé ni à la bataille parlementaire ni à la bataille dans la rue contre la retraite à 64 ans et que la seule fois où ils ont défilé, c'était pour défendre leurs propres intérêts, c'est-à-dire contre l'inéligibilité de Marine Le Pen. Donc, ce sont sur leurs propres intérêts. Donc, non, nous ne défilerons pas avec des gens d'extrême droite, nous défilerons avec le peuple. Voilà. Et d'ailleurs, je ne sais pas exactement quelle forme d'action prendra le 10 septembre.
Tout cela est encore à construire avec des appels à bloquer tout qui vont prendre probablement des formes différentes selon les endroits. donc j'invite toutes celles et ceux qui le peuvent à se rapprocher des comités d'organisation.
Je le disais aussi pour la rentrée, évidemment, le thème de Gaza puisque nous avons toujours un génocide qui est en cours avec Netanyahou qui passe encore un seuil dans son entreprise génocidaire en annonçant l'annexion totale de Gaza, vous en parliez à l'instant, et qui continue d'affamer et de bombarder les Palestiniens avec, pour vos collègues journalistes, je le dis, un nombre de journalistes tués aujourd'hui à Gaza qui dépasse les journalistes tués lors de la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée, la guerre du Vietnam, la guerre de l'Afghanistan et la guerre d'Irak cumulées, tout ça pour qu'on ne puisse pas raconter ce qui est en train de se passer dans la bande de Gaza.
Et que dites-vous de cette lettre de Benyamin Netanyahou ce matin, le Premier ministre israélien adressée à Emmanuel Macron, le chef de l'État français, après qu'il ait dit qu'il porte la volonté désormais de la France de reconnaître un État de Palestine, Benyamin Netanyahou l'accuse d'alimenter, je cite, un feu antisémite.
Je pense que ce que Netanyahou n'a pas compris, c'est que c'est lui qui est en train de propager la haine partout dans le monde. Et instrumentaliser l'antisémitisme comme une arme diplomatique est absolument honteux. Non seulement parce que ça affaiblit la lutte nécessaire contre l'antisémitisme, mais surtout parce que cela vise à assimiler nos concitoyens juifs et les juifs dans le monde à une politique génocidaire d'un criminel qui est poursuivi par la Cour pénale internationale. Et je crois que c'est ça qui est particulièrement honteux. Mais je veux le dire aussi, cela montre aussi à Emmanuel Macron ce qui se passe lorsque la France ne cesse de condamner mais ne pose aucun acte.
Vous aurez peut-être remarqué que la France a un respect du droit international à géométrie et à géographie variable. Il y a eu 18 trains de sanctions contre Poutine pour avoir violé le droit international en Ukraine. Zéro contre Netanyahou. M. Macron permet encore à M. Netanyahou de survoler le territoire national. Il ne dit rien quand des parlementaires sont arrêtés dans des prisons israéliennes. Il continue de livrer des armes à Netanyahou
et à un régime génocidaire. Désormais diplomatiquement et j'imagine que vous vous en félicitez la reconnaissance de l'État de Palestine. Oui, oui, mais chaque heure compte.
Vous comprenez qu'il y a un risque que l'État, la reconnaissance de l'État de Palestine par la France arrive lorsqu'il n'y a plus de Palestiniens. Donc, la reconnaissance de l'État de Palestine est un préalable
évidemment très important. Il n'y aura pas d'effet immédiat ? Qu'est-ce que ça ne peut rien changer concrètement ?
Je veux le dire parce que nous le demandons depuis des années. Je veux le dire symboliquement, c'est très important pour que la France se place du côté du droit international, du côté de la solution à deux États. C'est très important. C'est un préalable qui est indispensable. Mais le fait qu'il n'y ait aucune sanction, toujours pas d'embargo sur les armes, toujours pas de suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël alors que l'Union européenne est le premier partenaire commercial d'Israël, je crois, montre que nous sommes dans une inaction qui est coupable au vu du premier génocide filmé en direct de l'histoire de l'humanité.
Cette reconnaissance, elle oblige à agir désormais ? Bien sûr, mais elle oblige à agir dès maintenant. Ce qui est incroyable, c'est que, rappelez-vous qu'Emmanuel Macron a déjà dit il y a plus d'un an que la reconnaissance de l'État de Palestine n'était pas un tabou, qu'il ferait la reconnaissance de l'État de Palestine lorsque ce serait utile. Je ne vois pas à quel autre moment ce serait plus utile que maintenant.
Donc, c'est ça qui est en jeu et je crois que nous sommes placés devant une étape de l'histoire de l'humanité qui nous oblige toutes et tous et je crois que les peuples du monde entier l'ont bien compris en manifestant partout avec Netanyahou et son gouvernement qui sont de plus en plus isolés.
Un dernier mot, Mathilde Panot, après les incendies dévastateurs en Espagne, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez annonce un plan, un pacte national face à l'urgence climatique. On n'a pas connu d'incendies aussi dévastateurs en France mais on en a quand même connu en 2022 et puis dans l'Aude quand même ça a été très virulent. Qu'est-ce que vous proposez Mathilde Panot ? Est-ce qu'il faut ce même pacte national ? Face à l'urgence de la situation et aux températures caniculaires qu'on vient de ressentir, quelle est la proposition de la France insoumise ?
Nous avons fait plusieurs propositions notamment sur la manière de faire bifurquer le système de production et de consommation. C'est cela devant lequel nous sommes placés avec le dérèglement climatique. Et la première des choses c'est d'arrêter d'enlever des moyens à la question écologique. D'arrêter pire que ça de faire des projets d'un autre siècle je pense notamment à la 69 qui va artificialiser des terres agricoles et des terres humides puisque nous savons que ça a un lien avec les incendies directement dont vous parlez. D'arrêter de détruire le service public forestier, l'ONF dont les effectifs ont été divisés par deux en quelques décennies.
Il faut arrêter par exemple d'avoir des projets de loi comme celui des propositions de loi comme celui de Duplon sur lequel fait jamais vu cet été plus de 2 millions de personnes se sont mobilisées à travers une pétition. Donc ce qu'on appelle des permis de tuer donné à des multinationales comme on l'a fait avec l'amiante comme on l'a fait avec le chlordécone comme on le fait avec le glyphosate. Donc nous devons faire une rupture dans le modèle de production et de consommation.
Nous n'avons eu de cesse de dire cela et vous verrez que dans le budget si nous n'arrivons pas à le faire tomber il y a notamment des coupes drastiques dans le budget de l'écologie ce qui est évidemment dramatique donc nous avons besoin juste de faire partir Emmanuel Macron et le gouvernement Bayrou.
Ce sera aussi un sujet de débat de vos universités d'été dans la Drôme aujourd'hui l'urgence climatique. Merci beaucoup Mathilde Panot députée du Val-de-Marne d'avoir été avec nous en direct ce matin présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. La France Insoumise
a l'Assemblée Nationale.
Mathilde Panot