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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 1 septembre 2026 19 minContradictoirePortrait personnelInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Édouard Balladur : Retour sur la carrière d'un homme d'État

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Vous auriez faim à un bon président

  • 1:04ComplaisanteRéponse directe

    A bon entendeur, salut Jean-Luc Mélenchon

  • 2:13OuverteRéponse directe

    Ce désarroi profond de la France a mené Marine Le Pen jusqu'au deuxième tour

  • 4:48OuverteRéponse directe

    Vous avez craint que Marine Le Pen puisse accéder au pouvoir

  • 5:16OuverteRéponse partielle

    Emmanuel Macron, plus jeune président de la Ve République, bouscule les Français

  • 6:28OuverteRéponse directe

    La France est difficile à gouverner

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24Invité politiqueFait
    « elle est en déclin. »
  • 0:52Invité politiqueFait
    « la 5ème République a permis le redressement de la France il y a 50 ans »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « les élections présidentielles n'ont pas été organisées comme il le fallait. Je ne parle pas de celles-ci, mais aussi des précédentes. »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « avec les primaires, ça a duré un an, 18 mois, a généré une profonde lassitude dans l'opinion publique. »
  • 3:49Invité politiqueFait
    « Il y a trop de candidats. »
  • 6:41Invité politiqueFait
    « La France est allée tellement loin dans les voies de la redistribution, des droits acquis, des avantages sans cesse étendus aux dépens des finances et des possibilités économiques »
  • 9:36Invité politiqueFait
    « Le gouvernement français est prêt à apporter tout son concours à leur libération. »
  • 10:34Invité politiqueFait
    « J'espère avoir été, oui, meilleur ministre que candidat. En tout cas, plus mauvais candidat que ministre. »
  • 15:42Invité politiqueFait
    « sur le plan de la politique étrangère, il a mené une politique que pour l'essentiel, j'approuve. »

Temps de parole

  • Édouard Balladur39 %
  • Invité24 %
  • Présentateur11 %
  • ?8 %
  • Locuteur 27 %
  • Invité 23 %
  • Locuteur 63 %

≈ 60,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous auriez faim à un bon président

0:01
Locuteur

?

0:01
Édouard Balladur

Je ne sais pas, j'aurais espéré être un bon président si j'avais été élu.

0:07
Présentateur

Ce dialogue est passionnant, un dialogue qui couvre 60 ans de vie politique, bilan de la 4ème République, analyse des gouvernements successifs de la 5ème. Vous êtes tous les deux plutôt nuancés, modérés, et pourtant vous dressez un portrait sans concession d'une 5ème République en déclin

0:23
Locuteur

? Oui,

0:24
Édouard Balladur

elle est en déclin. D'abord, permettez-moi de vous dire, j'espère ne pas être modérée. Parce qu'il y a un parfum de fadeur dans la modération. J'espère être objectif.

0:35
Présentateur

Il n

0:35
Locuteur

'y a

0:35
Présentateur

pas de provocation, c'est ce que je voulais dire.

0:37
Édouard Balladur

Voilà. Pourquoi est

0:37
Locuteur

-ce

0:37
Édouard Balladur

que nous avons fait ce livre ? Enfin, pour ce qui me concerne, je tenais à dire les mérites de la 5ème République à un moment où il n'était question que de 6ème République, parce que tout allait mal à cause d'elle.

0:51
Locuteur

Et

0:52
Édouard Balladur

en effet, je crois que la 5ème République a permis le redressement de la France il

0:57
Locuteur

y

0:57
Édouard Balladur

a 50 ans

0:57
Locuteur

et

0:58
Édouard Balladur

qu'elle a des vertus qui sont indispensables, non seulement dans le présent, mais dans l'avenir.

1:04
Présentateur

A bon entendeur, salut Jean-Luc Mélenchon.

1:07
Édouard Balladur

Oui, si vous voulez. Entre

1:09
Locuteur

autres. C'était un thème très à la

1:10
Édouard Balladur

mode,

1:11
Locuteur

vous

1:11
Édouard Balladur

savez. Très à la mode. Et en fait, on a constaté que les institutions étaient peut-être bonnes,

1:18
Locuteur

pas

1:18
Édouard Balladur

peut-être sûrement,

1:19
Locuteur

mais que les hommes

1:20
Édouard Balladur

qui les utilisaient n'étaient pas toujours tout à fait adaptés.

1:23
Locuteur

Et

1:24
Édouard Balladur

dans ces conditions, je ne voudrais pas que la critique des politiques qui ont été menées rejaillisse sur la qualité des institutions,

1:32
Locuteur

qui

1:33
Édouard Balladur

à mon avis sont solides et méritent d'être maintenues.

1:36
Locuteur

Vous

1:36
Invité

partagez

1:37
Locuteur

ce qu'on a ?

1:37
Invité

Sur les institutions, je crois qu'on était assez en phase. Sur les conclusions en tirée, je crois aussi. Sur les événements et sur les

1:49
Locuteur

hommes. Il y a des divergences.

1:50
Invité

Chacun a son point de vue, comme c'est normal.

1:52
Locuteur

D

1:52
Invité

'ailleurs, c'était fait pour ça. Et je dirais que d'une certaine manière, le fait que sur les politiques menées à un moment donné, et sur les hommes qui les incarnaient, ou les femmes, on ne soit pas forcément d'accord, ça ne donne que plus de poids à la conclusion commune que la Ve République, c'est quand même le moins mauvais des régimes possibles en France.

2:13
Présentateur

Il n'empêche, Edouard Balladur, vous parlez d'un désarroi profond de la France. Ce sont les termes que vous utilisez, désarroi qui a, entre autres, mené Marine Le Pen jusqu'au deuxième tour de la présidentielle.

2:23
Locuteur

Je

2:24
Invité

suis la candidate du pouvoir d'achat. Vous êtes le candidat du pouvoir

2:27
Locuteur

d

2:28
Invité

'acheter. Vous êtes la coproduction du système que vous dénoncez, parce que vous en vivez. Vous êtes son parasite. À plat ventre. Mais Madame

2:35
Locuteur

Le Pen,

2:36
Invité

moi, je suis debout. Mais pour être debout, je n'ai pas besoin de salir. D'accord. Je, oui, d'accord,

2:43
Locuteur

d'accord.

2:44
Invité

De toute façon, la France sera dirigée

2:46
Locuteur

par

2:46
Invité

une femme, ce sera ou moi ou Madame Mère. Ce que vous proposez, comme d'habitude, c'est de la poudre de perlimpinpin.

2:51
Locuteur

Je vois que vous

2:52
Invité

cherchez à jouer avec moi à l'élève et au professeur, mais en ce qui me concerne, ce n'est pas particulièrement mon truc. La grande prêtresse de la peur, elle est en face de moi. Vous êtes jeune, jeune à l'extérieur, mais vieux à l'intérieur.

3:01
Locuteur

Parce

3:01
Invité

que vos arguments ont le double de votre âge, mais enfin... Mais elle

3:04
Locuteur

vous sérieuse.

3:05
Invité

La schlag.

3:05
Locuteur

Et

3:05
Invité

avec moi, pas la schlag. N'ayez pas ce genre de terme, Madame Le Pen, ça pourrait prêter à quelque ambiguïté venant de

3:10
Locuteur

vous.

3:11
Présentateur

Ce débat, il vous a tous les deux marqué par sa violence

3:14
Locuteur

?

3:15
Édouard Balladur

Marqué, non, surpris. Surpris. Surpris.

3:19
Locuteur

Et

3:19
Édouard Balladur

j'espère qu'on ne reverra pas trop souvent ce type d'exercice.

3:24
Locuteur

D

3:24
Édouard Balladur

'ailleurs, je pense de façon générale que les élections présidentielles n'ont

3:28
Locuteur

pas

3:29
Édouard Balladur

été organisées comme il le fallait. Je ne parle pas de celles-ci, mais aussi des précédentes.

3:33
Locuteur

Et

3:34
Édouard Balladur

que ce trop-plein,

3:35
Locuteur

à

3:36
Édouard Balladur

la fois de campagne, parce qu'avec les primaires,

3:39
Locuteur

ça

3:39
Édouard Balladur

a duré un an, 18 mois, a généré une profonde lassitude dans l'opinion publique. Et d'autre part, je considère qu

3:47
Locuteur

'il

3:48
Édouard Balladur

y a... Trop de candidats. Enfin, comment le dire ? Il y a trop de candidats. Voilà.

3:52
Invité

J'ai trouvé que le duel de l'entre-deux-tours, qui restera quand même. Parce que jamais aucun duel de l'entre-deux-tours...

3:59
Locuteur

Oui, mais jamais aucun duel

4:01
Invité

de

4:01
Locuteur

ce genre

4:01
Invité

n'avait ressemblé à ça. Je pense qu'en même temps, il était, si j'ose dire, libérateur. C'est-à-dire qu'on voyait vraiment pour la première fois Marine Le Pen sous son jour véritable. Et je trouve que c'est une bénédiction que tous les Français aient pu l'avoir sous son jour véritable. Je pense qu'elle ne s'en relèvera jamais. Jamais.

4:19
Locuteur

Je

4:19
Invité

pense que son image présidentielle, enfin, ce qu'elle appelait ou ce qu'elle croyait de son image présidentielle, s'est désintégrée ce jour-là. Quant aux conclusions générales à en tirer, visiblement, les primaires ont mal fonctionné. Et en particulier des deux côtés,

4:33
Locuteur

on

4:33
Invité

a vu qu'elles avaient tendance à favoriser le candidat le plus extrême de chaque côté. Et d'autre part, évidemment, je suis tout à fait d'accord, 18 mois de campagne, c'est totalement déraisonnable. Cela dit, les améliorations ne sont pas non plus évidentes à trouver.

4:48
Locuteur

Vous

4:49
Présentateur

avez craint que Marine Le Pen puisse accéder au pouvoir

4:52
Locuteur

?

4:52
Édouard Balladur

Non, je crois... J'étais persuadé que ça ne serait pas le cas et que, dès lors qu'on assistait à

5:01
Locuteur

ce

5:02
Présentateur

débat,

5:03
Édouard Balladur

l'issue n'en faisait aucun doute.

5:07
Présentateur

Emmanuel Macron, plus jeune président de la Ve République, qui détroune peut-être Valéry Giscard d'Estaing dans la catégorie du président moderne, comme vous aimez à le portraitiser dans ce dialogue, un président qui n'hésite pas à bousculer les Français.

5:19
Locuteur

Les

5:19
Invité

Françaises et les Français détestent les réformes. Dès qu'on peut éviter les réformes, on ne les fait pas.

5:25
Locuteur

C

5:25
Invité

'est un peuple qui déteste cela.

5:27
Locuteur

Il

5:27
Invité

faut lui expliquer où on va,

5:29
Locuteur

et

5:30
Invité

il faut lui proposer

5:30
Locuteur

de

5:31
Invité

se transformer en profondeur.

5:34
Locuteur

Il

5:34
Présentateur

a raison quand il dit que les Français n'aiment pas

5:36
Locuteur

les

5:36
Présentateur

réformes

5:37
Locuteur

?

5:37
Édouard Balladur

Je

5:37
Locuteur

ne sais

5:37
Édouard Balladur

pas, je ne dois pas avoir l'esprit assez subtil, mais je n'ai pas très bien compris la différence entre les réformes et les transformations. Alors, une fois qu'on me l'aura expliqué, je pourrais peut-être vous répondre plus précisément.

5:49
Locuteur 6

Alain Duhamel, vous vous dites, ils aiment la nouveauté, mais ils n'aiment pas le changement.

5:53
Locuteur

Oui,

5:53
Invité

mais moi, je suis

5:54
Locuteur

tout

5:55
Invité

à fait d'accord avec lui sur le fait qu'instinctivement, les Français n'aiment pas les réformes. Ça ne veut pas dire que les Français, que les réformes ne puissent pas se faire en France. D'ailleurs, le paradoxe d'Emmanuel Macron, il y en a beaucoup, mais enfin, notamment, le paradoxe d'Emmanuel Macron, est qu'il dit d'un côté, les Français n'aiment pas les réformes, et même, ce pays est irréformable, et d'un autre côté, il lance un programme de réformes gigantesque, en disant, mais moi, je vais réformer. Autrement dit, lui, il va réformer un pays qu'on ne peut pas réformer. C'est formidable, parce que ça prouve vraiment qu'on a un personnage inouï à l'Élysée.

6:28
Présentateur

La France est difficile à gouverner, Edouard Balladur

6:31
Locuteur

?

6:32
Édouard Balladur

Écoutez, non, je ne crois pas, je ne suis pas du tout de cet avis. Pour reprendre le débat sur les réformes, le problème, il est le suivant. La France est allée tellement loin dans les voies de la redistribution, des droits acquis, des avantages sans cesse étendus aux dépens des finances et des possibilités économiques,

6:53
Locuteur

que

6:53
Édouard Balladur

les réformes prennent un tour nécessairement désagréable en France.

6:57
Locuteur

Parce

6:57
Édouard Balladur

que ça consiste très souvent à retirer quelque chose à toute une catégorie de la population. Donc, ça n'est pas facile. Mais je pense

7:05
Locuteur

que

7:06
Édouard Balladur

quand on explique les choses, on peut y parvenir

7:08
Locuteur

et

7:09
Édouard Balladur

que c'est une question de volonté et de courage.

7:12
Locuteur 2

Un peu à partir de la moitié de votre ouvrage commun, vous avez des pages passionnantes, tous deux, et vous en particulier, M. Balladur, sur votre relation cohabitée avec François Mitterrand. Le président, note Alain Duhamel, disait beaucoup de bien de vous en privé sur votre culture, sur votre attitude vis-à-vis de sa maladie. Vous aviez connu une situation voisine avec Georges Pompidou. Et pourtant, il y

7:35
Locuteur

a

7:35
Locuteur 2

une certaine crispation qui va se matérialiser dès lors que s'avérera au grand jour votre rivalité naissante avec Jacques Chirac pour la future présidentielle. Ça se manifestait comment, cette crispation ? On a quelques scènes célèbres, mais vous, dans le quotidien, votre quotidien avec le président de la République.

7:55
Édouard Balladur

Il y a eu deux périodes. Je crois qu

7:57
Locuteur

'il

7:57
Édouard Balladur

y

7:57
Locuteur

a

7:57
Édouard Balladur

eu une première année qui s'est passée dans des conditions, je ne dirais pas faciles, mais enfin parfaitement normales et

8:03
Locuteur

même

8:04
Édouard Balladur

parfois agréables.

8:07
Locuteur

Et

8:07
Édouard Balladur

puis,

8:07
Locuteur

il

8:07
Édouard Balladur

y a eu une certaine tension qui est née à partir de

8:11
Locuteur

la

8:12
Édouard Balladur

mi... 95

8:13
Locuteur

? 95

8:14
Locuteur 3

?

8:15
Locuteur

Non, 94. 94. Oui,

8:17
Édouard Balladur

94.

8:18
Locuteur

Il

8:19
Édouard Balladur

y a plusieurs phénomènes qui ont sans doute joué. Les choses semblaient aller un peu trop bien pour lui. Pour moi,

8:25
Locuteur

pardon. Oui, ça sert à ses yeux.

8:26
Édouard Balladur

Pour moi. Et lui, il

8:28
Locuteur

y

8:28
Édouard Balladur

a même avait des ennuis de santé qui étaient importants.

8:32
Locuteur

Et

8:33
Édouard Balladur

même s'il reconnaissait que ma conduite n'avait rien de répréhensible envers lui à ce moment-là, ça suscitait en lui une certaine irritation. Puis peut-être ai-je commis une ou deux maladresse par inconscience d'ailleurs, et pas du tout parce que je l'ai voulu.

8:47
Locuteur

Mais

8:47
Édouard Balladur

c'était un homme assez volontiers, soupçonneux.

8:52
Locuteur

Et

8:52
Édouard Balladur

puis, je pense qu'il s'est passé ce qui se passe. Nous nous sommes en quelque sorte un peu lassés l'un de l'autre.

8:58
Locuteur

Ah

8:59
Locuteur 6

oui ? Je pense

8:59
Édouard Balladur

qu

8:59
Locuteur

'il

8:59
Édouard Balladur

arrive.

9:00
Locuteur 6

Comme dans un couple.

9:01
Locuteur

Va

9:01
Locuteur 2

naître votre idée d'être candidat à la présidence. Et il y a notamment cette déclaration, le 25 décembre 1994. On vient d'apprendre la prise d'otages à bord d'un Airbus sur les pistes de l'aéroport d'Alger. Vous êtes à Chamonix. On vous voit en canadienne et en écharpe. Mais vous vous adressez très solennellement aux Français.

9:26
Locuteur

Nous

9:26
Locuteur 3

devons penser tout spécialement

9:29
Locuteur

aux

9:30
Locuteur 3

otages depuis hier sur l'aéroport d'Alger. Le gouvernement français

9:35
Locuteur

est

9:36
Édouard Balladur

prêt à apporter tout son concours à leur libération.

9:39
Locuteur

Mais

9:40
Édouard Balladur

il faut qu'on le lui demande. Car ça se passe sur le territoire d

9:43
Locuteur

'un pays

9:45
Édouard Balladur

étranger.

9:46
Locuteur

Mais

9:47
Édouard Balladur

nous devons penser à eux.

9:48
Locuteur

C

9:49
Édouard Balladur

'est cela une nation.

9:50
Locuteur

Une

9:51
Édouard Balladur

nation, c'est le contraire de l'égoïsme. Ça consiste à s'occuper

9:55
Locuteur

de

9:56
Édouard Balladur

ceux qui sont dans la difficulté et

9:58
Locuteur 2

dans le danger.

9:59
Locuteur

On

9:59
Locuteur 2

a le sentiment dans le livre que c'est entre autres au sortir de cette déclaration et de cet épisode que décidément

10:06
Locuteur

vous

10:07
Locuteur 2

décidez d'être candidat.

10:09
Édouard Balladur

J'avais quelques prémonitions, si je puis dire.

10:12
Locuteur

Il ne faut pas

10:12
Édouard Balladur

être hypocrite quand même.

10:14
Locuteur

C

10:14
Édouard Balladur

'est quelque chose qui

10:15
Locuteur

me

10:17
Édouard Balladur

venait à l'esprit. Mais il m'a semblé à ce moment-là que la presse a été tout à fait positive. Et

10:23
Locuteur

c

10:24
Édouard Balladur

'est ce qui a conduit au fait que j'ai pris ma décision.

10:27
Locuteur 6

Et vous pensez que vous avez été meilleur ministre que candidat

10:30
Locuteur

? C

10:32
Édouard Balladur

'est ce qu'on dit en général.

10:34
Locuteur

Et

10:34
Édouard Balladur

je crois, oui. J'espère avoir été, oui, meilleur ministre que candidat. En tout cas, plus mauvais candidat que ministre.

10:42
Locuteur

J

10:42
Locuteur 6

'aimerais qu'on regarde ensemble quelques images de l'époque qui ont marqué les esprits.

10:47
Locuteur 1

Au terme de son trajet, Edouard Balladur, qui a pris quelques fois le métro, a voulu livrer ses impressions de voyageurs.

10:53
Locuteur

Je

10:54
Locuteur 1

trouve qu'il fait chaud.

10:55
Locuteur 3

Non, ce n

10:55
Locuteur

'est

10:55
Locuteur 3

pas tellement le bruit. Il fait chaud.

10:56
Édouard Balladur

Mais enfin, il paraît qu'on va avoir des métros climatisés dans l'an 2000.

11:00
Locuteur 3

Or, c'est demain, l'an 2000. C'est M. Jospin et M. Chirac qui seront au présent.

11:09
Locuteur

Je

11:10
Locuteur 3

vous demande de vous arrêter.

11:12
Locuteur

Je

11:12
Locuteur 3

vous demande de vous arrêter.

11:14
Locuteur

On

11:14
Locuteur 6

vous appelait le candidat des chapeaux à plumes. Est-ce que vous avez des regrets sur cette période de votre vie

11:20
Locuteur

? Est-ce que vous pensez ne pas

11:22
Locuteur 6

avoir été assez proche des Français

11:24
Locuteur

?

11:25
Édouard Balladur

Écoutez, c'était curieux qu'on m'ait appelé le chapeau à plumes. Je m'en explique, d'ailleurs,

11:29
Locuteur

parce

11:29
Édouard Balladur

que j'avais tout le monde contre moi. En

11:31
Locuteur

fait,

11:32
Édouard Balladur

le président de la République, les présidents des deux assemblées, les présidents des groupes parlementaires, les présidents de l'UDF et du RPR, tout le monde contre moi. Et comme je l'écris, que j'ai pu passer pour le candidat des chapeaux à plumes en pareille circonstance, prouve que vraiment, je ne

11:49
Locuteur

suis

11:49
Édouard Balladur

pas très doué pour la communication. Vous

11:51
Locuteur 6

trouvez ça injuste, Alain Duhamel, qu'il nous reste justement... On voyait Édouard Balladur qui regardait ces images et qui disait « Ah, en voyant le métro, qu'il nous reste ça ?

11:59
Locuteur

»

11:59
Invité

Bon, ça, c'est la règle des campagnes. En règle générale, les images qui reviennent et qui tournent ensuite sont rarement au bénéfice de ceux qui étaient candidats. Non, ce qui est... Moi, j'ai toujours considéré qu'Édouard Balladur avait été un bon Premier ministre et qu'Édouard Balladur avait été un moins bon candidat. C'est ce que je pensais à l'époque, c'est ce que je pense aujourd'hui. Ça n'est pas un monopole qu'il détient, d'ailleurs. Si vous vous rappelez, Raymond Barr avait gouverné du mieux qu'il pouvait et n'avait pas fait une campagne absolument idéale.

Et Lionel Jospin, qui avait également très bien gouverné et qui, en plus, avait fait preuve d'une grande autorité alors même qu'il disposait d'une majorité disparate et émiettée, néanmoins, a fait une campagne qui était extrêmement décevante. Mais ce

12:48
Locuteur

que

12:49
Invité

je conclue, tout ça, c'est d'une part que,

12:52
Locuteur

j

12:52
Invité

'allais dire modéré, que les candidats non-extrémistes sont toujours handicapés par nature parce qu'ils cherchent à dire des choses raisonnables et susceptibles d'être mis en œuvre et que c'est plus facile d'être Marine Le Pen ou Mélenchon ou Benoît Hamon que d'être Édouard Balladur, Raymond Barre ou Lionel Jospin. Bon, ça, c'est la première chose. Et la deuxième, c'est que, sans exception, tous ceux qui exercent le pouvoir déterminant à un moment, qu'il soit le président sortant ou qu'il soit le Premier ministre en période de cohabitation qui a eu l'essentiel du pouvoir intérieur, sont toujours désavantagés au moment du vote pour les raisons que je vous disais tout à l'heure.

Ils ont fait des réformes, ils ont mis leurs réformes en

13:34
Locuteur

œuvre.

13:34
Invité

On n'en a pas encore vu des effets positifs et ils sont sanctionnés.

13:38
Locuteur 6

De la même manière, vous dites que les bons candidats ne font pas forcément les bons gouvernants. Vous pensez à qui ?

13:43
Invité

Je pense à beaucoup de bons candidats. Je pense que...

13:46
Locuteur

Nicolas Sarkozy ? Emmanuel Macron

13:49
Invité

? Je pense que...

13:51
Locuteur

Emmanuel Macron, Emmanuel

13:52
Invité

Macron, ce serait parler un peu vite quand même.

13:56
Locuteur

Nicolas Sarkozy par exemple.

13:58
Invité

Clairement, Jacques Chirac a été un formidable candidat. Étonnant. Et à plusieurs reprises. Et moi, je l'ai vu je ne sais pas combien de fois faire des campagnes de tout genre. Et je pense que ça n'a pas été le meilleur de nos présidents.

14:09
Locuteur

Vous

14:10
Présentateur

confirmez, Edouard Balladieu

14:11
Locuteur

?

14:13
Édouard Balladur

Il y a eu trois premiers ministres de cohabitation. Tous les trois ont été candidats à

14:18
Locuteur

l

14:18
Édouard Balladur

'élection présidentielle. S'ils prouvent que c'est une sorte de...

14:21
Présentateur

Quand on est à matinée,

14:22
Locuteur

on plant le goût du pouvoir.

14:24
Édouard Balladur

Et tous les trois ont été battus. Vous voyez que ce n

14:27
Locuteur

'est

14:27
Édouard Balladur

pas une spécificité

14:29
Locuteur

qui

14:30
Édouard Balladur

me soit propre. Pourquoi ? Parce que, en fait, quand on exerce le pouvoir et qu'on est sortant, et un premier ministre de cohabitation est insortant plus que le président, qui n'est pas insortant puisqu'il n

14:42
Locuteur

'a

14:42
Édouard Balladur

pas eu le pouvoir dans ces cas-là,

14:44
Locuteur

a

14:45
Édouard Balladur

beaucoup de mal à faire autre chose que défendre son bilan.

14:48
Présentateur

Ce n'était pas tout à fait ma question,

14:49
Locuteur

Edouard Balladieu.

14:50
Présentateur

Oui,

14:50
Locuteur

j'ai compris. Vous

14:53
Présentateur

auriez fait un bon président

14:54
Locuteur

? Je

14:55
Édouard Balladur

ne sais pas. J'aurais espéré être un bon président s'il avait été élu. Mais

15:00
Locuteur

je ne

15:01
Édouard Balladur

peux pas le savoir.

15:02
Invité

Votre intuition ? Je ne

15:04
Locuteur

veux

15:04
Invité

pas faire de politique fiction, mais c'est un fait qu'on voit bien qu'elles sont parmi les gouvernants ceux qui ont, d'une part,

15:13
Locuteur

de

15:13
Invité

l'autorité et ceux qui ont une conception organisée de ce qu'ils souhaitent faire. Ils sont peu nombreux ceux-là. Malheureusement,

15:22
Locuteur

ils

15:22
Invité

sont peu nombreux et ils ne sont pas toujours au pouvoir.

15:25
Locuteur

Vous

15:25
Présentateur

n'êtes pas d'accord au sujet de Nicolas Sarkozy. Vous êtes plus indulgent qu'Alain Duhamel avec Nicolas Sarkozy. En revanche, vous êtes sévère avec François Hollande, Edouard Balladieu.

15:35
Édouard Balladur

Sévère ? Je reconne non. Je dis que sur le plan de la politique étrangère, il a mené une politique que pour l'essentiel, j'approuve.

15:42
Présentateur

Mais vous dites sur sa vie privée, il aurait dû renoncer à vivre sa vie quand il l'entendait.

15:48
Édouard Balladur

On vit sous le regard de l'opinion publique. Vous avez montré des images. Il suffit que je dise que j'ai chaud quand je sort du métro pour que ça soit réunieux à ma charge. Il faut faire très attention à tout ce qu'on dit.

15:59
Locuteur

N

15:59
Édouard Balladur

'est-ce pas

16:00
Locuteur

?

16:00
Édouard Balladur

Voilà, c'est tout. Je trouve surtout de façon plus fondamentale, c'est un homme très intelligent et

16:08
Locuteur

tout

16:09
Édouard Balladur

à fait capable, mais il me semble qu'il parlait trop

16:12
Locuteur

et

16:13
Édouard Balladur

de trop de sujets.

16:14
Présentateur

Il voulait être le président normal et vous dites le vrai président normal,

16:17
Locuteur

c

16:17
Présentateur

'était Georges Ponquidou.

16:19
Locuteur

C

16:19
Présentateur

'est la conclusion à laquelle vous arrivez.

16:21
Locuteur

Dans

16:21
Présentateur

le livre, vous évoquez également l'affaire Karachi. Quelques lignes y sont consacrées. Vous êtes mis en examen depuis la fin mai, soupçonné d'avoir financé une partie de votre campagne présidentielle de 14h30. grâce à des rétrocommissions sur des contrats d'armement. Une affaire qui, dites-vous, dure depuis 23 ans

16:37
Locuteur

et

16:37
Présentateur

vous déplorez une mise en cause incessante dans la presse au mépris des droits de la défense, de la présomption d'innocence et du secret de l'instruction. 23 ans,

16:46
Locuteur

ça

16:47
Présentateur

n'en finit plus ? C'est le sentiment que vous avez ?

16:49
Édouard Balladur

Oui, enfin, 23 ans, ce n

16:50
Locuteur

'est

16:50
Édouard Balladur

pas tellement le problème parce qu'après tout, si on a fait quelque chose de mal, que ce soit au bout de 23 ans ou pas, il est normal qu'on en parle. Ce n'était pas tout à fait dans mon sujet, mais j'ai tenu quand même à l'évoquer en quelques lignes.

17:03
Locuteur

Pourquoi

17:04
Édouard Balladur

est-ce que je l'ai fait ?

17:05
Locuteur

Parce

17:05
Édouard Balladur

que cela montre bien les risques

17:09
Locuteur

que

17:10
Édouard Balladur

l'on court quand on participe à la vie publique

17:12
Locuteur

et

17:13
Édouard Balladur

éventuellement les injustices que l'on en court. Or, je ne veux pas, à l'occasion de notre conversation d'aujourd'hui, évoquer ce problème en détail. Ce serait tout à fait déplacé. Une instruction est en cours, une procédure, laissons-la se dérouler.

17:28
Locuteur

J

17:29
Édouard Balladur

'ai toute confiance, je n'ai rien à me reprocher.

17:31
Locuteur

Ce

17:31
Édouard Balladur

qui m'a choqué ces deux choses,

17:33
Locuteur

c

17:34
Édouard Balladur

'est d'abord que ce soit évoqué dans l'opinion publique depuis six ans par des milliers d'articles

17:40
Locuteur

et

17:40
Édouard Balladur

que l'on met refusé à deux reprises la communication du dossier.

17:44
Locuteur

Et

17:45
Édouard Balladur

en second lieu, je constate une chose, que c'est ce qu'il y a, s'il y a une affaire Karachi,

17:50
Locuteur

c

17:50
Édouard Balladur

'est d'abord et avant tout l'assassinat de onze de nos compatriotes. 15 ans après, cet assassinat, cet attentat qui a eu lieu en 2002,

18:00
Locuteur

on

18:00
Édouard Balladur

ne sait toujours pas qui l'a commis et pourquoi il l'a commis. La vérité apporte le scandale, il est là. Pour le reste, je n'ai rien d'autre à dire que de laisser

18:09
Locuteur

se

18:10
Édouard Balladur

dérouler la procédure telle qu'elle doit se dérouler. J'ai confiance en la vérité.

18:15
Présentateur

Vous avez cette phrase pour conclure ces quelques lignes. J'ai le sentiment que ma candidature était peut-être un leurre dans cette affaire.

18:23
Locuteur

Pas

18:24
Édouard Balladur

ma candidature, la mise en cause de ma campagne.

18:26
Locuteur

La

18:27
Présentateur

mise en cause, un leurre

18:28
Locuteur

pour

18:28
Présentateur

cacher quoi

18:29
Locuteur

?

18:29
Édouard Balladur

Je n'en sais rien. J'ai dit si bien que j'en suis venu à ce sentiment-là. Voilà, c'est tout.