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Podcast / conversationSous couverture· 25 avril 2026 24 minDivertissementDéfenseInstitutions & élections

Pourquoi Macron est mieux protégé qu’il n’en a l’air

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:12Fait
    « Le meilleur garde du corps du président, c'est celui qui fait en sorte que la menace n'arrive jamais jusqu'à lui. »
  • 7:49Fait
    « Comment est-ce que 20 hommes armés ont pu tendre une embuscade au président de la République sans que personne ne s'en aperçoive ? »
  • 10:20Fait
    « Le dispositif de sécurité le plus sophistiqué de France a été sauvé par un touriste. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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Donne-moi juste une seconde, faut absolument que je te montre un truc. Ça c'est Emmanuel Macron qui parcours l'est de la France pour commémorer le centenaire de l'armestice. On est alors en novembre 2018 et au programme c'est des bain de foule, des poignets de mains et des discours dans des petits villages. Le président apparaît accessible et proche des gens. Pourtant dans une voiture quelque part en Moselle, un homme attend. Jean-Pierre Bouillé, un retraité de 60 ans vivant dans l'Is qui a dans son coffre un poignard et dans sa tête un [musique] plan. Très simple, éliminer le président. Ce qu'il veut, c'est s'approcher d'Emmanuel Macron pendant qu'il sert des mains pour le poignarder à mort, sauf qu'il ne l'atteindra jamais. Parce que lorsqu'il démarre sa voiture

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ce matin-là, des dizaines de personnes savent déjà exactement qui il est, où il va et ce qu'il prépare. Et ce n'est ni le dernier ni le premier à avoir essayé. Officiellement, depuis 2017, c'est pas moins de 18 complots d'assassinat contre Emmanuel Macron qui ont été déjoués. Et ça c'est grâce à une poignée de fonctionnaires dont vous n'imaginez même pas l'existence qui ont mis au point le système de protection le plus infaillible au monde. Enfin ça c'est ce qu'on va voir en explorant ensemble les quadr remparts qui englobent la sécurité présidentielle. Et on est parti dans 3 2 1 mon visionnage. Bon disons que cet homme tu ne l'aimes vraiment pas. Le président de la République. Ses idées, ses discours, ses prises de position vraiment ça passe pas. Tu le détestes tellement qu'un

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soir, après une longue journée de travail dans ton quotidien que tu détestes, il te vient une idée farfelue, genre vraiment farfelu. Et si je le faisais disparaître ? Et si j'éliminais le président de la République française ? Tu commences donc à faire des recherches sur des moyens ou des modes opératoires pour arriver à tes fins. C'est là que tu tombes sur des groupes et des forums qui parlent des anciennes tentatives d'assassinat du président. La moindre minute de ton temps libre, tu l'as dédié à ta mission qui est devenue vitale. On parle quand même de sauver ton pays. Ta mission est de libérer la France. Vive la France. Mais vu la logistique monstrueuse de ta mission, tu comprends vite qu'éliminer le président de la 7e puissance mondiale, ça se planifie pas en un

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weekend. Tu vas donc commencer à t'entourer avec des gens qui sont aussi résolus que toi, des gens aux idées aussi tranchées et à la détermination aussi extrême que la tienne. Globalement, tu vas suivre les pas de Jean-Pierre Bouillet. C'est l'homme dont vous parlez dans l'intro de la vidéo. Jean-Pierre Bouillet n'a pas vraiment le profil d'un terroriste comme on l'entend, mais plus celui d'un sexagénère qui enchaîne les ricards et l'étiquet loto au PMU. La seule différence entre toi et lui, c'est qu'il est rattaché à des groupes d'ultradroite et complotistes qui sont persuadés que Macron est un danger pour la France. Au fil des discussions, il rejoint un groupe avec qui tu as pas forcément envie de faire un barbecue à la base. Il s'appelle les bargeoles.

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Ils sont tous réunis autour d'une seule et même idée, éliminer le président de la République. La planification de l'opération commence aussitôt. Des appels téléphoniques, des discussions, des idées qui circulent.

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Sauf que voilà, Jean-Pierre Bouillet et ses petits camarades ne se rendent pas compte que dans leur groupe, il y a un profil qui s'est incrusté, un autre membre qui se frotte les mains en lisant leur conversation. C'est la DGSI, le renseignement intérieur français qui surveille le groupe depuis un moment. Et le 6 novembre 2018, plusieurs membres du groupe sont interpellés en Moselle. Dans la voiture de Bouiller, on retrouve un poignard. Chez lui, les perquisitions qui sont menées au même moment permettent de mettre la main sur des armes et les coordonnées des bargeoles restants. Fin du complot. Ce qui est frappant dans cette histoire, c'est que Jean-Pierre Bouillet n'a jamais vraiment eu l'occasion d'atteindre le président. Il a été stoppé bien avant, proprement et sans bruit.

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Et ce n'est pas un hasard, ni même de la chance. C'est le résultat de décennies de construction d'un rempart, celui sur qui la grande majorité des tentatives d'assassinat sur la personne du président échoue, le renseignement. Tu vois ce poste ? Disons que c'est toi qui l'a écrit. Là, sans le [musique] savoir, tu viens de déclencher l'algorithme de Facebook qui va faire un signalement dans les 2 heures à la plateforme Faros. En France, c'est un peu une sorte de gendarme d'internet. Aujourd'hui, la plateforme, elle tourne 24h sur 24, 7 jours sur 7 avec un algorithme boosté à qui traite un peu plus d'un million de signalements par an. Vu que ton poste ou ton commentaire parle de mettre en danger la sécurité du président, il va forcément tomber dans le filtre menace terroriste. Bon,

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j'espère que tu avais pas de projet d'avenir parce que là, autant te dire que ça va de vloir une inscription au fichier de signalement pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Oui, c'est long le FSPRT. Bon là, on parle seulement d'une inscription au fichier mais seulement de catégorie de niveau 1. Niveau 1, ça veut tout simplement dire que les autorités vont vérifier l'entièreté de ta vie sur internet depuis le moment où tu es né, ton casier judiciaire, tes antécédents et si oui ou non tu as la capacité de mettre en place les menaces que tu viens de faire. Si c'est non, tes données sont conservées pendant un temps puis archivées. Si c'est oui, tu passes au niveau 2. Et là, on commence à faire des repérages vers où tu vis. On surveille ton

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activité sur internet, tes recherches, tes discussions, ce que tu fais de ton temps. À ce stade-ci, des enquêtes vont être ouvertes sur toi. D'ailleurs, tes proches et ton entourage risque de recevoir des visites pas très courtoises d'agents du renseignement. Et si par exemple c'est prouvé que tu veux vraiment tuer le président de la République, que ton historique YouTube est rempli de vidéos tutos comment tuer le président, que tu likes beaucoup de gens qui ont des pensées extrémiste ou que tu traînes sur des groupes télégram, alors dans ce cas-là, tu deviens une menace et tu passes au niveau 3. Et là, frérot, bon courage. Très bonne analyse, on valide la note, on fait remonter l'information aux autorités parce que c'est inscrit au fichier S et signalement la DGSI et à tous les

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services de renseignement à échelle nationale. Ce qui veut dire mise sur écoute, filature, track, la totale. Tu es traité comme serait traité quelqu'un qui met en danger la sécurité de l'État. Le rembarque et le renseignement pour la sécurité du président, il est absolument essentiel. C'est là qu'échoue 99 % des tentatives d'assassinat. Des tentatives dont ni toi ni moi n'avons jamais entendu parler juste parce que ces tentatives n'ont jamais été mises à exécution. Elles sont tout simplement tuées dans l'œuf. Parce que dans la sécurité du président, la règle principale est simple. Le meilleur garde du corps du président, c'est celui qui fait en sorte que la menace n'arrive jamais jusqu'à lui. Mais il faut comprendre que ça n'a pas toujours été le cas et qu'un seul

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événement a permis de déjouer des centaines de tentatives d'assassinat en France. On est le 22 août 1962 à 20h15. De Gaalisée avec sa famille Yvon direction Ville à Coublé où un avion les attend. La voiture est une déesse noire. Pas de convoi impressionnant ni de cortège blindé. En 1962, le protocole de sécurité présidentielle c'est deux voitures. Le général devant, ses gardes du corps derrière. C'est tout. Mais ce que De Gaul ne sait pas, c'est que depuis des semaines, un homme a minutieusement étudié chacun de ses trajets. Cet homme, c'est Jean-Marie Bastien Thierry, ancien lieutenant colonel de l'armée de l'air et polytechnicien décoré. Mais surtout, il fait partie du groupe qui a tout changé, l'oasmée secrète. Des anciens officiers, des vétérans d'Algérie et des gens qui savent

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exactement comment fonctionne un état. Et comment le fracturer ? Pourquoi ? Parce que pour eux de Gaulle est un traître et un lâche qui a abandonné l'Algérie. Ce qu'il doit faire pour conserver cette terre à la France. Et Jean-Marie Bassin Thierry combien lui faire payer au prix fort ? Alors il recrute 20 tireurs. Ouais, tu as bien entendu 20 tireurs. Il s'entraîne pendant des mois, planifie absolument tout et ce soir-là lui et ses hommes se cachent au niveau du carrefour du Petit Clamar. Réparti en deux groupes : des mitraillettes, des fusils et une voiture bélier pour bloquer le cortège. Le plan est simple. Stopper les deux voitures et arroser. 20h18. La déesse entre dans le carrefour, les tireurs ouvrent le feu et les claquements des balles pleuvent sur

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le président et ses hommes. Le chauffeur écrase alors la [ __ ] d'accélérateur de toutes ses forces et cramponne le volant pour s'extraire le plus vite possible. Les pneus arrières explosent, la voiture part en dérapant. Puis deux goals et Even se font plaquer au fond des sièges par leur garde. La DS criblé de balle réussit à s'extirper du carrefour et s'arrête 200 m plus loin. De Gaulle descend, regarde sa veste et secoue la tête avant de dire "Il tire comme des cochons." Bastien Thierry est alors arrêté quelques semaines plus tard et condamné à mort en mars 1963. Il sera le dernier français à être fusillé en France. Mais au-delà de l'anecdot historique, ce soir du 22 1962, pose une question à tout l'appareil d'État français. Comment est-ce que c'est possible ? Comment

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est-ce que 20 hommes armés ont pu tendre une embuscade au président de la République sans que personne ne s'en aperçoive ? Et la réponse et ben elle est assez embarrassante parce qu'en fait les services de renseignement savaient. Des taupes infiltrées dans les cercles de l'oas avaient fait remonter des brides d'informations acquiétantes. Le vrai problème c'est que les taupes étaient cloisonnées. Chacun était dans son couloir sans se parler et personne n'avait fait la synthèse. Et ça pour de Gaulle, c'est inacceptable. Alors dans les mois qui suivent, il leur donne une refonte totale. Les services sont restructurés et pour la première fois en France, on commence à construire une vraie doctrine du renseignement pour la protection présidentielle, celle qui

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aujourd'hui neutralise Jean-Pierre Boyer avant qu'il ne sorte son poignard de sa voiture. Mais bon, disons que par je ne sais quel enchaînement miraculeux d'évements eux-mêmes miraculeux, tu arrives à berner les services de renseignement français. Et dans ta préparation, tu dis que le moment où le dispositif de sécurité du président est le plus vulnérable, c'est lorsqu'il est au cœur d'une foule en plein événement public. Prendre des bains de foule, les présidents le font depuis au moins 1890. Être vu, accessible et proche du peuple, c'est le but de cette manœuvre qui a explosé depuis François Mitter. Sauf que pour les agents chargés de la protection du président, c'est un cauchemar. Contrôler une foule entière [grognement] de personnes dont le seul objectif est

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d'avoir le plus d'interactions possible avec le président. C'est compliqué, tellement compliqué que Sadic Arno et Paul Dumer, deux [musique] anciens présidents de la 3e République, ont tous les deux été assassinés dans ces conditions. Donc oui, le dispositif [musique] du président a déjà échoué par deux fois. Il a bien failli connaître un troisème échec lors de l'attentat du 14 juillet 2002. Il est presque 10h du matin sur les Champs-Élysées. 500000 personnes sont massées derrière des barrières métalliques. Le président Jacques Chirac qui débute son deuxème mandat est debout dans son commandc car. Ouvert, visible et surtout exposé. À 20 m de lui, un type de 25 ans, Maxime Bruneri. Les cheveux chatins, les traits tirés, il a vraiment l'air du français moyen.

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Personne ne fait attention à lui. Personne ne trouve suspect ce jeune homme avec un nez tué à guitare parce qu'en 2002, la surveillance c'est uniquement des humains, des CRS dilués dans une foule de 500000 personnes. Avoir une vue à 360° du président est tout simplement impossible. Vu les moyens déployés, le dispositif ne peut pas couvrir l'ensemble des 500000 personnes présentes. Il y a forcément des angles morts et Brunerie, il ne le sait pas forcément, mais il est pile dans l'un d'entre eux. Il sort l'arme rangée dans son étu à guitare, vise la tête de Chiraak et tire. La balle quitte le canon de sa carabine. Elle a 20 m à parcourir et une fraction de seconde [musique] pour changer l'histoire de la République française. Pendant qu'un demi million de personnes

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regardent le défilé des chars ralentis, une balle fla l'air à 400 m par seconds. Une balle dont la trajectoire [acclamation] a été déviée au dernier moment par un certain Jacques Weber, un touriste qui n'avait strictement rien à voir là-dedans a dévier le canon au dernier moment. La balle part et termine sa course dans le vide. La foule plaque brunerie au sol. Le JSPR le neutralise en moins d'une minute. Shirak lui n'a rien entendu et a continué de saluer le défilé. Le rapport rédigé juste après par les agents du JSPR tient en quatre mots l'intervention des citoyens à sauver le président. Autrement dit, le dispositif de sécurité le plus sophistiqué de France a été sauvé par un touriste. Et dans ce même rapport, les agents, ils reconnaissent quelque chose

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d'encore plus intéressant et d'encore plus embarrassant. Bruner a réussi à se glisser dans la foule sans que personne ne s'inquiète parce que la coordination entre les services était inexistante. Personne ne savait exactement qui faisait quoi et c'est cette confusion qui a failli coûter la vie au président de la République. Et les conclusions tirées de ce 14 juillet 2002 ont été radicales. Les effectifs du JSPR passent de 50 à 60 agents du jour au lendemain. La gestion des bains de foule change complètement. Aujourd'hui, quand le président se déplace dans une foule, ses agents forment autour de lui ce qu'ils appellent un diamant. H parfois neuf agents, trois en pointe avant qui ouvre le chemin, trois au plus près du président collés à lui et un agent juste

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derrière dont la seule mission c'est de faire écran de son corps au cas où ça tourne mal et trois autres qui ferment l'arrière mais il y a aussi un agent que tu ne vois pas. Il est arrivé bien avant tout le monde. On l'appelle le recueil. C'est lui qui a parcouru l'itinéraire des heures à l'avance, qui connaît chaque sortie, chaque angle de rue et chaque point de vulnérabilité en liaison radio permanente avec le reste de l'équipe. Et pendant que tout ça se met en place au sol, le reste du dispositif se déploie au-dessus de ta tête.

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Bon, normalement là, tu as compris que déjouer le système de sécurité rapproché du précédent, c'est trop compliqué. trop de paramètres à prendre en compte et surtout trop peu de chances de succès. Pourtant, en réfléchissant, tu dis qu'il te reste une option, une fenêtre de tir, un angle d'attaque, une combinaison de scénario où l'aléatoire rend le président vulnérable. C'est lorsqu'il est en déplacement et ça se tient. En consultant l'agenda du président sur le site de l'Élysée, tu te rends compte que des opportunités d'agir, il y en a pas mal en fait. Après tout, en partant d'un point A vers un point B, il peut s'en passer des choses. Genre du poison dans le repas qu'on lui sert au restaurant de son hôtel ou une bombe qui accueille à son arrivée à l'aéroport. Et dis-toi que

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tu ne seras pas le premier à avoir eu l'idée. Cet après-midi, vous le savez sans doute, une bombe a explosé. Deux bombes même ont explosé dans l'aéroport d'Ajacio, juste avant que Valérie Giscardestan arrive. Le 16 avril 1981, le président de la 5e République, Valérie Juscardestin, se rend encore dans le cadre de sa campagne électorale. Au programme, quelques [musique] discours, quelques poigners de main, deux trois photos, on remballe tout, retour dans l'hexagone. Sauf qu'en 1981, des relations entre le gouvernement et la Corse sont tendues haut possible. Le gouvernement parle d'unité, la Corse crie à l'indépendance. Comme la manière douce n'a visiblement pas fonctionné, le Front de Libération nationale Corse a pris les choses en main et pas qu'un. Bonjour à tous. Un attentat sans

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précédent a été commis hier soir en Corse. Le préfet de cette région, c'est-à-dire le plus haut représentant de l'État dans cette île, a été abattu en pleine rue à Ajaacio. Rien qu' janvier et avril [musique] 1981, on compte pas moins de 240 attentats. L'un d'entre eux se passera à l'aéroport d'Ajacio [musique] et visera le président de la République. Le FLNC avait construit son plan en se basant sur l'agenda du président. Ils avaient placés dans une salle du terminal où devait passer Valérie Juscardestin deux bombes à retarder. Les bombes sont programmées pour exploser à 17h23. À 17h18, le président atterrit à l'aéroport d'Ajonction. 5 minutes plus tard, les bombes explosent. Le terminal est à moitié détruit. Pourtant Valé Régiscardestin respire encore. Il est à

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500 m du lot de l'explosion. Lorsque Valé Régiscardestin apparaît à la tribune, le visage est plutôt sombre. L'attaque aura causé non pas la mort du président mais celle d'une touriste suisse de 19 ans et h bl blessés graves. Pourquoi l'attaque a échoué alors que la destination et l'itinéra du président était connu ? C'est à cause d'un changement inextrémiste de chemin à l'aéroport. Jusqu'à aujourd'hui, on en ignore toujours la cause. Mais tout ce qui compte, c'est que le président respire encore. Sur le papier, au moins l'attentat est un échec. Mais pour son service de sécurité, on n'est pas passé très loin de la catastrophe. Donc, tu te doutes bien que 30 ans plus tard, les choses ont bien évolué. Déjà, si tu veux reprendre le même mode opératoire, c'est-à-dire viser le président durant

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ses déplacements, tu risques d'avoir de gros problèmes logistiques. Parce que aujourd'hui, même s'il est toujours possible de consulter l'agenda du président sur le site de l'Élysée, la grande majorité de ces déplacements n'indient l'heure où il est censé s'y rendre, ni comment il est censé s'y rendre. C'est juste vaguement écrit matin ou après-midi et tu vas devoir te débrouiller avec ça. Parce que la seule manière de connaître la localisation en temps réel du président lorsqu'il est en déplacement, c'est soit d'avoir une taupe au sein de sa sécurité, soit de consulter en continu la presse locale ou les réseaux sociaux. Pour la première option, à moins que ce ne soit une personne extrêmement preuve de la sécurité du président, il se peut que ta source ne te serve strictement à rien.

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Les itinéraires de voyage ou de déplacement du président sont décidés moins d'une heure à l'avance avec en plan B entre 3 et 6 alternatives pour qu'à tout instant le président puisse changer de voie s'il y a un problème. Pour la deuxième option, en te basant sur la presse, sous les réseaux pour savoir où se trouve le président, tu auras toujours un train de retard sur lui et très peu de temps pour planifier quoi que ce soit. Et malheureusement pour toi, l'impossibilité de prévoir les funéra du précédent n'est pas la seule difficulté que tu vas rencontrer. L'attentat de l'aéroport d'Ajco a permis de découvrir une autre faille majeure dans la sécurité du président, l'absence de reconnaissance sur place. Si Valérie Giscardestin avait été président aujourd'hui, cet attentat n'aurait

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jamais pu avoir lu. Aujourd'hui, le dispositif qui est déployé à chaque déplacement du précédent [musique] n'a presque aucune faille. 3 jours avant son arrivée sur les lieux, les agents de la DGSI de la police locale examinent, fouille, retourne l'intégralité des itinéraires possibles ainsi que le lieu de destination du président. 2 heures avant l'arrivée du président, le périmètre est bouclé. Selon la taille de l'endroit, par exemple, pour un petit aéroport, il est possible que le trafic soit entièrement gelé. Plus aucun accès possible pour les civils jusqu'à la fin de la manœuvre. Les 80 agents du GSPR arrivent sur les lieux. Des snipers sont postés sur les toits environnants, des barricades et des partiques de sécurité sont installées et 30 minutes avant l'arrivée

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du président, des hélicos de surveillance et des radarsont cadrer l'espace aérien. Et le protocole que je viens de te décrire, c'est le même à quelques différences près pour tous les endroits où le président doit se rendre. Quel que soit le déplacement, c'est le même protocole, le même niveau de sécurité. Peu importe où le président doit se rendre ou par quel endroit il doit transiter, ce rempart de son système de sécurité ne change jamais. Bon là, on vient d'explorer ensemble trois remparts, trois tentatives qui se sont toutes soldées par un échec et comme option, il va plus rester grand-chose à part l'infiltration. Là, on parle d'infiltrer directement le cœur du dispositif de sécurité, le GSPR, le groupe de sécurité de la présidence de la République. 80 agents dont la seule

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et unique mission est d'être l'ultime rempart entre le président et n'importe quelle menace. Si tu rentres dans ce groupe, tu as accès à tout, les itinéraires, les protocoles, les failles et surtout surtout surtout la confiance absolue du président. Sauf que pour rentrer dans ce groupe, il va falloir la mériter ta confiance qui veut dire passer par un processus de sélection qui a été précisément fait pour écarter les gens comme toi. La première étape, c'est d'appartenir au bon vivier. Concrètement, le GSPA n'est composé que de deux types d'agents, des gendarmes issus du GIGN ou des policiers issus du SDLP. Dans les deux cas, il te faut minimum 10 ans d'expérience en protection de haute personnalité. J'ai dit 10 ans sans le moindre écart sur ton dossier, ni le moindre antécédent parce

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que la DGSI a déjà épluché ton dossier bien avant ta candidature. Je te souviens du FSPRT dont on parlait au tout début de la vidéo. Tu sais ce fichier dans lequel tu t'es probablement retrouvé au moment où tu as commencé à chercher comment éliminer le président. Bah voilà, c'est terminé pour toi. Fin du complot. Mais bon, vu qu'on est en train de faire une simulation, admettons que par miracle ton dossier soit [musique] vierge, il te reste encore à passer les tests physiques et psychologiques. Là, je vais vraiment pas rentrer dans le détail. Tu sais très bien quel type d'épreuve ça va être. 8 km de course avec 15 kg sur le dos, des exercices de tir de haute précision avec des cibles à une distance aberrente. Un parcours du combattant à base d'escalade ta gueule

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R. En gros, tu traverses un câble suspendu avec les [musique] poignées attachées et pendant tout ce processus, on évalue comment tu penses, comment tu réagis à la pression [musique] et surtout ce que tu es prêt à sacrifier pour le succès de la mission. Le taux d'admission au stage de formation du GSPR, c'est environ une personne sur 10. On parle de la crème de la crème du nez plus ultra des agents de terrain de la nation. Si tu es arrivé jusqu'ici, tu es pas encore au bout de tes peines. Respire un bon coup. Il te reste plus qu'à affronter le stage de formation. Là, on parle de 8 à 12 semaines d'entraînement pour te conditionner pour les opérations spéciales. Deux mission de fin de stage qui illustrent parfaitement ce que le GSPR attend de toi. Là, je vais te montrer deux

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exemples de missions de fin de stage [musique] que j'ai trouvé durant mes recherches. Pour la promotion 1982 du GSPR, leur première mission était de poser une charge explosive dans les toilettes d'un avion d'Élil à Roassy. C'est quoi Ellaï ? Bah, c'est un avion israélien sous surveillance. Et alors que la sécurité aéroporture de l'État hébreu est réputée inviolable dans le monde entier, les stagiaires y arrivent quand même. Il y avait bien une faille et elle sera révélée plus tard aux équipes de sécurité de l'aéroport. Pour leur deuxième mission, il devaient pénétrer de nuit la base militaire anglaise de Monson dans le Ken, neutraliser une cible à l'intérieur et repartir sans se faire repérer. Là, on parle pas d'un exercice fictif dans un centre de formation. C'est une vraie base

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militaire britannique et les stagiaires du GSPR y rentrent quand même. Voilà les hommes que tu veux infiltré.

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Maintenant tu as accès à tout. Aux itinéraires du président, à son agenda, au protocole de sécurité. Tu es au cœur même du dispositif. Et à force de l'étudier, tu te rends compte d'un truc un peu bizarre. Il y a deux principales failles dans le système de sécurité du président. Son entourage est lui-même. Parce que depuis que la fonction existe, les présidents ont toujours eu une relation compliquée avec leur propre sécurité. Certains l'ignorent, d'autres la contournent ou tout simplement refusent de lui faire confiance. Par exemple, ce monsieur François Hollande, 24e président de la République française, décide un matin de sortir de l'Élysée pour aller voir sa maîtresse de l'époque. Un casque sur la tête, il démarre son scooter direction un appartement rue du cirque à quelques

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rues du palais. Sauf que le GSPR n'est pas prévenu et donc le dispositif qui entoure les escapades du président est bancal. Pas de cortège, pas de protocole. Le dispositif est tellement broubier qu'un journaliste du magazine Closer a pu tracer les allées et venues du président et révéler sa liaison au monde entier. À travers cette photo aujourd'hui bien célèbre. Une photo prise en pleine rue à quelques mètres du président sans que personne ne s'en aperçoive. Voilà le dispositif de sécurité le plus sophistiqué de France. court circuité par le président et son envie presse. Bon, ça c'est un exemple un peu drôle à part la femme du président à l'époque. On a un peu tous rigoler quand on a appris ça. Là, je vais te parler d'un autre cas où l'entêtement du président a bien failli

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lui coûter bien plus que sa réputation ou sa crédibilité. [musique] L'attentat du Pit Clamar, je t'en ai parlé dans le rempart zéro comme d'un échec du renseignement, mais il y a une autre façon de lire cette histoire parce que si les services ont failli ce soir-là, c'est aussi parce que de Gaul lui-même les avait ignoré pendant des mois. On est passé à rien de la mort du général parce qu'il a refusé pendant des mois et des mois d'écouter ses conseillers. Vu que les attentats de l'OAS devenaient de plus en plus fréquent et de plus en plus sophistiqué, ils avaient recommandé fortement au général d'investir dans sa sécurité. À chaque fois, le président écartait la question d'un revers de la mort. Pourtant, le soir du 22 août 1962, la vie du précédent n'a tenu qu'au

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blindage [musique] de la déesse présidentielle. Si de Gaul avait eu une voiture ordinaire ce soir-là, l'histoire de France s'écrirait différemment.

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Pour revenir à ton infiltration du GSPR, pour atteindre le président, tu devras exploiter toutes ces failles qui ne sont visibles [musique] que de l'intérieur sans déclencher les autres remparts. Seulement, sache que les stades jouent contre toi. Depuis la 3e République, soit presque 100 ans, plus aucun président français n'a été tué. Le dispositif de sécurité du président n'a plus jamais échoué. Avec [musique] 80 agents, là où les Américains en ont 3200, notre taux de réussite est bien meilleur [musique] parce que le vrai rempart, ce n'est pas le nombre d'hommes. C'est 100 ans de paranoï organisé, de protocoles affinés et d'erreurs qu'on ne peut plus se permettre de répéter. Chaque balle tirée, chaque complot des joué, chaque fois exploité a rendu le système un peu

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plus imperméable. Donc si un jour l'idée te prend vraiment en déliminer le président de la République, je te conseille de laisser ça à sa femme. sera bien plus efficace que toi.