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ChroniqueLe Point· 28 août 2025 2 minPortrait personnelInstitutions & élections

« Le Cardinal », la toute première biographie de Bruno Retailleau

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Locuteur

Je publie aux éditions Robert Lafond la première biographie de Bruno Rota le cardinal. Alors pourquoi ce titre ? Et bien c'est un peu un piège qui renvoie à l'austérité monacale. Caricature dans laquelle Bruno Roto a toujours été enfermé. Le cardinal c'est le surnom que lui donnait l'ancien maire de Marseille Jean-Claude Godin comme lui croyant et qui partageait avec lui une discrète passion pour les 100 tons. Mais le cardinal c'est surtout la stratégie, le pouvoir l'ambition. Richelieu. Bruno Rotaillot, c'est un sénateur que personne n'a vu venir, un ancien viliste qui a vu pendant des années toutes les portes se ferm du parti de Matignon quand il soutenait son ami François Fillon.

Bref, un homme qui a connu une véritable résurrection au ministère de l'intérieur grâce à la folle dissolution décidée par Emmanuel Macron. Le cardinal, c'est aussi la malice cardinalis parce que loin de l'image d'épinale, de pur esprit, de grenouille, de bénitier, le vendéen est quelqu'un de facécieux, capable des blagues les plus potaches avec sa bande de copains de Saint-Malot du Bois. Pour le comprendre, je l'ai rencontré. J'ai interrogé ses amis, ses ennemis de hautes personnalités politiques comme Nicolas Sarkozy qui lui glisse des conseils comme celui d'être plus ouvert sur les questions de société et de montrer un peu son cœur. Il faut que tu souris Bruno.

La pomme le thé, le bouquin, ça va bien. Lui-même m'a raconté sa jeunesse grand petit brin à bouclette, il allait tuer le cochon avec son grand-père. C'est stratagème pour échapper au pire beuveries en faisant couler au sol ses verrs d'alcool. Son permis de conduire qu'il a raté trois fois. ses copains qu'il conduisaient à bord de sa petite Audi vert pomme en écoutant Véronique Sanson à fond et puis cavalier cascadeur, on le sait, prenant tous les risques au puit du fou.

Bref, c'est un homme plus subtil qu'on l'imagine, grand sensible, amateur d'art, gourmet, fou de musique baroque mais qui apprécie aussi Juliette Armanette à Stromae est capable de coup de colère aussi derrière ses manières affables. Mais que veut-il vraiment maintenant qu'il est le nouveau patron de la droite ? Il n'a jamais rêvé enfant de devenir président. Non, lui il voulait être préfet. Cette envie, cette soif d'Élysée, elle s'est cristallisée chez lui à l'hiver dernier.

Désormais, il est fin prêt et rien ne pourra arrêter ce libéral conservateur engagé dans une bataille culturelle pour ses idées, déterminé à siphonner l'électorat du RN et dont l'ennemi juré s'appelle Jean-Luc Mélenchon. Comme le dit un de ses proches, Bruno Retaillot, ses 30 ans d'ambition.

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Non speech

[Musique]