Glucksmann : la coquille vide ? J'analyse son premier meeting ! - Clément Viktorovitch
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59Invité politiqueFait
« Quand je parle d'Ukraine, quand je parle d'Ukraine, je parle de France, je parle de notre sécurité, je parle de la possibilité pour les Françaises et les Français de vivre en paix, de vivre libre. »
- 2:42Invité politiqueChiffre
« Je préfère prendre au sérieux nos services de renseignement, les services de renseignement européens qui tous sans exception alerte sur le risque d'une confrontation militaire directe avant 2029. »
- 5:50Invité politiqueFait
« La laisse, on la dénoue, on la coupe au scalpel, faut choisir. Raphaël, c'est notre dépendance technologique et numérique. »
- 8:45Invité politiqueChiffre
« Nous permettrons à plus d'un million de Français qui touchent moins de 2000 € par mois et qui doivent rouler plus de 30 km avec leur voiture. Nous permettrons à ces Français d'avoir accès à une voiture électrique contre un loyer de 100 € par mois. »
- 10:09Invité politiqueFait
« Nous engagerons une lutte féroce, la plus grande lutte politique, sociale, économique, culturel du 21e siècle contre cette nouvelle oligarchie mondiale qui concentre dans les mains de quelques-uns des fortunes et des pouvoirs inédits dans l'histoire humaine. »
- 11:34Invité politiqueFait
« Mon adversaire, c'est le monde de la finance. »
- 12:53Invité politiqueFait
« L'anticapitalisme c'est ça. Mais c'est pas que ça. »
- 15:01Invité politiqueFait
« Tu voles un concept à ton adversaire et tu en changes le sens pour pouvoir toi y insérer un sens qui t'arrange, qui te convient tout en privant l'autre d'une arme ou d'une proposition ou d'une valeur ou d'une conviction qui faisait sa singularité. »
Temps de parole
- Raphaël Glucksmann100 %
≈ 1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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peuple de YouTube, bonjour. Je sais que vous l'attendiez. Je sais que vous en rêviez. Raphaël Gluxman, incroyable mais vrai, a tenu son premier meeting. C'était ce samedi au Doc d'Auberville et regardez-moi ça, tout est jaune. On va essayer en tout cas de tirer la substantifique moelle de ce meeting et d'en retenir ce qu'il y avait à en retenir. C'est l'objectif de cette vidéo. Bien, qu'est-ce qu'il faut penser du discours en lui-même ? Et bien écoutez, ça n'est pas d'un point de vue technique, on va rentrer ensuite dans la politique, mais d'un point de vue technique, d'un point de vue discursif, rhthorique, je trouve que ça n'est pas la catastrophe annoncée. C'est pas bon. C'est pas bon.
Raphaël Gruxman n'est pas un bon orateur. Écouter le discours en fois 1 est parfois presque douloureux. Malgré cela, quand on prend la catastrophe qui a été Raphaël Gman ces derniers mois, ces dernières semaines et même ces dernières années, à chaque fois qu'il a pris la parole et qu'on compare à ce qu'il a fait dans ce meeting, je dirais que le meeting était correct. D'un point de vue technique, honnêtement, c'est pas un grand discours. C'est pas forcément c'est même pas franchement un bon discours, mais c'est un discours audible. Je vous dirai que la dernière phrase, on va le voir ensemble, c'était peut-être un peu plus improvisé, il fallait pas improviser.
Une fois qu'on a dit ça, évidemment, on en vient au fond du discours et c'est là où les c'est là où les ennuis commencent. Il n'a pas fait du Gabriel Atal au sens où il n'a pas ou du moins pas seulement enchaîné les concepts mobilisateurs. Certes, on les a aussi chez Raphaël Gluxman dans de nombreux endroits du texte. On les a sur toute la péroraison, c'estàd toute la conclusion du discours. En cela d'ailleurs, il y a des moments où ces accents rappellent irrésistiblement ceux d'Emmanuel Macron en 2017.
Il y a chez Raphaël Gluxman deux thèmes très forts qu'il a développé tout au long de son discours et qui me semble être des thèmes pleins, en tout cas des thèmes distinguants, signifiants par rapport à euh ses adversaires ou une partie de ses adversaires. Un le rejet de l'impérialisme chinois comme russe, comme américain. Ça c'est euh le le la le premier axe, je dirais distinguant de son discours, si il devait y en avoir un.
Et le deuxème qui pour le coup lui est euh singulier et euh dont il a fait toute la première partie de son discours et c'est la première chose qu'on va écouter ensemble, ça a été la mise en avant de la nécessité pour la France de se préparer à une guerre avec la Russie dans les années qui viennent. On va écouter ce passage. Quand je parle d'Ukraine, quand je parle d'Ukraine, je parle de France, je parle de notre sécurité, je parle de la possibilité pour les Françaises et les Français de vivre en paix, de vivre libre.
Alors alors plutôt que les communiquants politiques, moi je préfère prendre au sérieux nos services de renseignement, les services de renseignement européens qui tous sans exception alerte sur le risque d'une confrontation militaire directe avant 2029. Je préfère prendre au sérieux notre chef d'étatmajor lorsqu'il nous exhorte à nous préparer moralement, matériellement, mentalement à cette confrontation. Ce sont ces mots quand j'expliquais à nos dirigeants ou au commentateurs que Poutine allait enveillir l'Ukraine avant 2022, il souriait quand il ne riait pas. Il dit quelque chose qui n'est pas simplement tissé de concept mobilisateur. Ça n'est pas seulement un discours attrape tout.
C'est un vrai point de vue, le sien qui l'affirme sur l'espace public. Après, je me garderai bien d'émettre le moindre jugement de fond et surtout au-delà de ça, je pense que vous êtes nombreus et nombreux ici à vous être déjà forgé votre opinion sur cette question. Mais ce qui est sûr, c'est que là, il y a quelque chose qui est singulier. On en est là dans le débat politique en 2000 en 2026 euh avec les candidatures de Gabriel Atal, d'Edouard Philippe et autres euh qui euh se contentent de brasser du vent à longueur de discours. On est on en est simplement à se réjouir quand un homme politique dit quelque chose.
On va aller voir un deuxième extrait qui va illustrer une autre tendance de Raphaël Gluxman. Celle-ci, me semble-t-il un peu moins maîtrisée. La tendance de Raphaël Gman a apprécié les métaphores. Alors, il aime bien les métaphores. Il va nous filer une petite métaphore autour de la laisse et des addictions. Le problème, ce sont nos addictions. Ces addictions qui nous tiennent en laiss. Nous sommes tellement drogués aux énergies fossiles, aux produits industriels chinois, aux technologies américaines que nous ne sommes plus maîtres aujourd'hui de notre destin.
[applaudissements]
Nous couperons nous couperons au scalpel ces laisses qui nous le coup. Nous couperons au scalpel les laisses de nos addictions. Ça fait beaucoup de métaphores incongruentes les unes par rapport aux autres dans la même phrase : "Nous couperons laisse de nos addictions." C'est littéralement trois métaphores enchassées les unes dans les autres, toutes ramenant à des univers de sens différents. D'abord, on a la métaphore de des dépendances aux énergies fossiles et aux technologies américaines comme des addictions. Ensuite, on a la métaphore de la dépendance elle-même comme une laisse qui nous en serrerait le coût.
Et ensuite, on a la volonté de couper la laisse qui se triple d'une nouvelle métaphore puisqu'on va couper laisse au scalpel renvoyant là un univers de sens médical. On ne comprend plus. On ne comprend plus. C'est un peu le bazar. Ça va dans tous les sens, ça déborde. Il faut choisir. Il faut choisir Raphaël. Quand on veut se connecter à un univers métaphorique, généralement on en choisit un et on s'y tient. éventuellement on cherche deux sphères de sens qui ont justement des points de contact, qui ont des points de recouvrement et on va se servir de ces deux métaphores enchassé qu'on va faire dialoguer les unes avec les autres pour précisément créer quelque chose d'original.
Quand on arrive à faire ça, on est très fort, on est très heureux. Là, euh c'est ça fait un peu trop quoi. Je le scalpel était pas forcément nécessaire. Bon, on va tout de suite écouter le développement de sa métaphore. La troisième laisse que nous devrons dénouer. La laisse, on la dénoue, on la coupe au scalpel, faut choisir. Raphaël, c'est notre dépendance technologique et numérique. Si le pétrole est une sorte d'héroïne, chien une forme de craque, les grandes plateformes numériques américaines et chinoises sont du Fanil. Et nous ne laisserons pas la France devenir une colonie de la silicone vallée et du parti communiste chinois.
la métaphore de l'addiction qui est totalement totalement filée avec quelque chose qui n'est pas euh qui n'est pas heureux, hein, évidemment, c'est des choses sérieuses, c'est des situations dramatiques, c'est des vies brisées. Effectivement, pas sûr, pas sûr que c'était nécessaire comme métaphore et surtout mesdames messieurs la lourdeur du truc. En tout cas, comme je vous le disais là, on voit bien le la pétence rhthorique de Raphaël Gluxman pour des métaphores, des métaphores relativement lourdes, des métaphores parfois mal construites, souvent chassé les unes dans les autres avec pas mal de maladresse.
Au milieu de ces métaphores et de ces laisses qui nous tiennent enchaîné à nos addictions, Raphaël Gluxman va s'engager, s'affirmer comme étant favorable à une lutte massive contre le réchauffement climatique. Il a dans ce discours un engagement écologique très net dans lequel il appelle à des investissements massifs notamment dans les énergies renouvelables. D'ailleurs, il ne parle pas du nucléaire. C'est une question qu'il laisse sous le tapis. En revanche, ce qu'il dit, c'est notre la nécessité de déployer des investissements massifs dans l'adaptation énergétique de la République française pour sortir des dépendances au gaz et au pétrole.
Au milieu de de tout cela, de cette affirmation qui ne mange pas de pain, Raphaël Luxman a une formule forte et une proposition claire. On va écouter ça ensemble, vous allez voir, ça va peut-être vous rappeler des choses déjà entendues ailleurs auparavant. Alors, il m'arrive de lire de lire la presse, voire même d'aller sur les réseaux. Mais quand on m'accuse d'être le nouveau Macron, pourquoi je n'ai jamais cédé à leurs avances ? J'ai toujours su qu'Emmanuel Macron n'avait rien compris à l'écologie. J'ai toujours su [acclamation] qu'il n'allait rien faire d'autre que des discours creux avec des mesurettes ou des coup de com et qu'on allait perdre 10 années 10 années cruciales et précieuses.
Et bien nous avons perdu ces 10 années mais nous n'en perdrons pas une de plus. sur le fait que nous avons perdu 10 ans et que il ne faut pas en perdre une de plus et que la situation est dramatique et que la France n'est pas à la hauteur de ses engagements. Là sur tout cela euh ça ça rejoint totalement ce que moi je pense. Il ne peut pas se contenter de dire "Ma conviction c'est qu'il faut une action écologique vigoureuse. Il doit nous proposer ses solutions. Il va donner à cet endroit-là du discours la seule mesure concrète la seule mesure concrète de son programme écologiste.
Nous permettrons à plus d'un million de Français qui touchent moins de 2000 € par mois et qui doivent rouler plus de 30 km avec leur voiture. Nous permettrons à ces Français d'avoir accès à une voiture électrique contre un loyer de 100 € par mois. Alors, ils rouleront dans des voitures produites à dou à Dunker, à Cléon avec de l'électricité décarboné produite en France. Donc le leasing social, mesdames messieurs, le leasing social pour que les françaises et les Français les plus modestes puissent avoir accès à une voiture électrique. C'était littéralement la proposition de Macron en 2017 quoi.
Dans la bouche de celui qui disait "L'écologie appellera plus que des mesurettes." Peut-être, je dis bien peut-être, y a-t-il là un sacré contre son camp ? Avant même que nous ayons terminé, vous commencez à voir le problème de ce discours. Sur de nombreux sujets, Raphaël Gluxman dans le discours affirme des convictions qui sont des convictions louables. Par contre, quand la seule mesure concrète que tu as à proposer là-dessus, c'est le leasing social pour que les Françaises et les Français modestes puissent avoir une voiture électrique, c'est pas que c'est pas bien, c'est que c'est littéralement l'idée de Macron il y a 10 ans.
Là, le cap il est clair, mais pas sûr qu'il se donne les moyens d'y aller, quoi. Bon, je suis un peu mauvaise langue parce que il y a une autre proposition concrète qu'il a faite mais je vous la donne juste à la fin. Voilà, c'était au début du discours mais moi je vous la donne à la fin. Bon, en attendant, on avance dans le discours. Nous engagerons une lutte féroce, la plus grande lutte politique, sociale, économique, culturel du 21e siècle contre cette nouvelle oligarchie mondiale qui concentre dans les mains de quelques-uns des fortunes et des pouvoirs inédits dans l'histoire humaine. Notre ennemi a un visage et il a un nom. Il en a même plusieurs. Il s'appelle Elon Musk Altman Zanging.
Évidemment, c'est une référence assumée au discours de François Hollande au Bourget dans lequel François Hollande nous explique que son adversaire c'est le monde de la finance. Je trouve ça un peu curieux. Je trouve même ça assez malhabile de sa part, même si là en l'occurrence la tirade est reprise complètement différemment. Je trouve ça un peu curieux, voir totalement malhabile, de faire de lui-même une référence à une formule de François Hollande qui est restée dans les mémoires pour de mauvaises raisons. Mon adversaire, c'est le monde de la finance.
Ça n'est pas resté dans les mémoires comme seulement parce que c'est aussi ça comme seulement un grand passage rhétorique, une suspension bien maîtrisée, un moment de tension et de saillance du discours. C'est resté dans les mémoires comme un mensonge d'un candidat à la présidentielle qui prétend que son adversaire soit le monde de la finance, qui quelques jours plus tard part à la city à Londres pour faire allégance au monde de la finance qui en France derrière ne fera jamais rien pour réguler le monde de la finance. ce qu'il aurait évidemment fallu faire et fallu faire dans les grandes largeurs et vigoureusement.
L'autre moment marquant, on va le voir ensemble, c'est le moment où Raphaël Gluxman parle d'anticapitalisme. Nous nous attaquerons au cœur du business model de ces plateformes en interdisant la publicité ciblée. Nous nous ne laisserons pas cette nouvelle oligarchie prendre possession de nos vies et soumettre nos nations.
[applaudissements]
Mes amis, voilà le grand combat anticapitaliste de notre époque. Mon analyse est sous forme d'emojie. réguler les plateformes. Je pense qu'on est toutes et tous pour. Notez que ici Raphael Luxman parle d'interdire la publicité ciblée. C'est effectivement et probablement une proposition qui va dans le bon sens. Ça n'est pas une proposition en tout cas pas que je sache, peut-être me trompe-je, mais il me semble que ce n'est pas du tout une proposition qui relève de la France seule. Le problème intervient quand on explique que c'est cela l'anticapitalisme. Raphaël, l'anticapitalisme c'est ça. Mais c'est pas que ça.
Quand on sait que ces orientations économiques sont très largement libérales, entendre cet homme-là se réclamer de l'anticapitalisme, ça fait un peu sourire, voir si on est honnête, ça fait un peu froid dans le dos. Et ça c'est intéressant. On est dans une stratégie rhthorique qui est la triangulation des concepts qui consiste à aller reprendre les concepts de ses adversaires pour les faire sien mais en changeant le sens. Il ne reprend pas les positions par exemple du NPA euh ou de révolution permanente en matière d'anticapitalisme. Euh il ne vous aura pas échappé que Raphaël Glman ne propose pas l'expropriation des propriétaires des moyens de production.
loin de là, il ne propose pas la nationalisation de tous les secteurs de l'économie qui sont dans intérêt national. il propose de s'attaquer au gars femme et il nous dit ça c'est c'est ça être antiapitaliste. On vient voler un concept de l'adversaire, on le reprend à son compte mais on en change la définition et c'est une manière de priver l'autre non pas simplement d'une proposition mais de son identité politique. C'est une manière de dire "Mais moi aussi je suis anticapitaliste. Regardez la preuve je suis contre les gars femmes." Ou du moins la preuve je veux réguler les gars femmes.
Et alors ce qui est intéressant c'est que la triangulation des concepts, il y en a un qui s'en est servi abondamment. Je l'ai cité déjà à plusieurs reprises, c'est Emmanuel Macron. En 2018, Emmanuel Macron dans son discours de présentation du plan pauvreté, dans ce discours, Emmanuel Macron se déclare soudain favorable au revenu universel. Alors, il dit c'est le revenu universel d'activité, mais c'est le revenu universel. Et d'ailleurs, il insiste auprès des journalistes en disant "Attention, ne l'appelez pas RUA, appelez-le bien revenu [grognement] universel d'activité." Et là tout le monde se dit waouh le le enfin je veux dire le revenu universel quoi.
C'est la proposition phare de Benoît Amont en 2017. Sauf qu'en fait quand on écoutait le discours, on se rendait compte que le revenu universel pour Emmanuel Macron c'était simplement ce que les économistes appellent l'allocation sociale unique, c'est-à-dire le fait de faire fusionner en une seule une bonne partie des allocations que touchent les individus. faire fusionner toutes les allocations en une seule et même allocation unique, c'est ce qu'il appelait le revenu universel d'activité qui évidemment n'avait rien à voir avec le revenu universel. Ça c'est précisément de la triangulation des concepts.
Tu voles un concept à ton adversaire et tu en changes le sens pour pouvoir toi y insérer un sens qui t'arrange, qui te convient tout en privant l'autre d'une arme ou d'une proposition ou d'une valeur ou d'une conviction qui faisait sa singularité. En rhtorique, ça porte un nom, ça s'appelle de la malhonnêteté. Emmanuel Macron est un récidiviste. Derrière, il se réappropriera l'héritage du Conseil national de la Résistance, le CNR, en intitulant en 2022 son nouveau machinel, son nouveau truc qui ne sert à rien. Il l'intitulera Conseil national de la refondation CNR.
Et il dira, je l'ai appelé comme cela parce que c'est bien l'héritage du Conseil national de la résistance, ce conseil national de la refondation. Et voilà comment Emmanuel Macron récupère à son profit l'héritage du CNR, le Conseil national de la Résistance, alors même que toute sa politique est une déconstruction de l'héritage du Conseil national de la Résistance. Ici ce que l'on voit chez Raphaël Gluxman quand il tente de récupérer à son profit le terme d'anticapitalisme en en changeant le sens pour en garder simplement une marge, une mesurette, simplement vouloir réguler les gafes.
Quand il fait ça, il fait ce que faisait Macron en 2017, puis en 2018, puis en 2022, il triangule le concept d'un de ses adversaires pour en subvertir le sens, ce qui est évidemment sans doute intéressant d'un point de vue de stratégie politique. Ça permet à Raphaël Gruxman de faire semblant d'être très à gauche. Par contre, du point de vue de la lisibilité du débat public, c'est malhonnête, c'est délétaire et c'est franchement condamnable, me semble-t-il. On arrive sur l'une des parties qui a fait couler beaucoup d'ancre. C'est le moment où Raphaël Guxman aborde le côté plus stratégique de la campagne électorale. Gabriel Atal et Édouard Philippe font aujourd'hui Non, non, non, non.
Gabriel Atal et Édouard Philippe font aujourd'hui semblant de ne pas connaître le président qui les a fait. Ils peuvent promettre de tout changer, tout changer quand ils ont eu toutes les manettes pendant 10 ans. Alors, il y a plusieurs choses. Déjà le move de non ne l'Uzit pas. Alors, c'est très classique, hein. C'était le move signature d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022 où il disait "Non, on ne eu pas, on ne eu personne, on n'en voit pas de passion triste, ça c'était l'Emmanuel Macron de euh 2017 puis de 2022." Alors, Raphael Gman, il le fait un peu moins bien quand même he font "jour aujourd'hui." Non, non, non, non.
Il y a un petit côté quand même prof de collège et grand respect évidemment pour pour les les professeurs de collège, mais là il y a quand même un petit côté genre je fais la discipline quoi. Ça posera un autre problème tout à l'heure, on verra. Mais en attendant, il y a quand même cette séquence derrière qui, pardon, mais me me semble être un léger contre son camp. Ils peuvent promettre de tout changer, tout changer quand ils ont eu toutes les manettes pendant 10 ans. La remarque est pertinente. Cependant, il est difficile d'ignorer que chez Raphaël Gluxman, vous avez un député, le premier député place publique, Aurélien Rousseau, ancien directeur de cabinet d'Élisabeth Born.
Il est derrière devenu ministre d'Emmanuel Macron, ministre de la santé. Il a il a adhéré au macronisme pendant cette année très tranquillement. Vous avez également Sachalier évidemment Sachaoulier macroniste historique aujourd'hui. Sachaoulier, il est membre de place publique et l'une des chevilles ouvrières de la campagne de Raphaël Luxman. Mais c'est pas tout. Vous avez aussi Marguerite Cazu. Évidemment, l'une des conseillères d'Emmanuel Macron. Elle a été derrière l'élaboration de la réforme des retraites de 2019-2020, puis derrière l'élaboration de la réforme des retraites de 2022-2023, elle a élaboré le programme de campagne d'Emmanuel Macron pour 2022.
Aujourd'hui, elle élabore le programme de campagne de Raphaël Husman pour 2027. Venir attirer l'attention sur le fait que les anciens macronistes qui aujourd'hui prétendent être tout sauf macroniste, c'est tout à fait incohérent, voire scandaleux, voire déloyal. Je suis d'accord avec lui, mais peut-être faut-il regarder la poutre dans son œil avant de s'attaquer à la paille dans celle du voisin. Peut-être faut-il balayer devant sa porte avant d'aller faire la leçon à son voisin de palier. Ça c'est pour la partie sur les macronistes qui ont dirigé pendant 10 ans évidemment et que lui-même accueille à bras ouverts dans son propre parti. Et puis alors on va écouter la suite.
Les Français ne veulent pas de la continuation des mêmes politiques avec les mêmes ministres, les mêmes visages, les mêmes méthodes, les mêmes coups de com, la même danse permanente autour du vide. Ils ne veulent pas non plus, j'en suis convaincu, ils ne veulent pas non plus de Jean-Luc Mélenchon à l'Élysée. [acclamation][applaudissements] Refuser que les macronistes ne soient sifflés et hués et laisser copieement copieusement huer Jean-Luc Mélenchon s'il voulait donner une preuve ou un indice supplémentaire du fait qu'il est carrément plus proche carrément plus proche de la droite libérale macroniste que de la gauche mélanchonniste, il aurait pas pu mieux faire.
Il veut ne pas faire huer l'ancienne Macronie pour tenter de parler quand même à une partie de son électorat très clairement et d'ailleurs la composition de son équipe de campagne ne laisse à ce sujet aucun doute tout en laissant huer Jean-Luc Mélenchon parce qu'il se dit que même au sein de la gauche, il y a plein de gens qui n'attendent que cela. C'est ça son calcul stratégique. Sera-t-il couronné de succès ou d'un suuccès ? Écoutez ça, nous verrons bien. Moi, je ne lis pas dans le mar de café.
Avant de voir la dernière partie du discours, mesdames, messieurs, j'aimerais, si vous le voulez bien, vous révéler quelle est la 2e grande proposition concrète que Raphaël Gluxman a avancé dans ce meeting ? On est au début de son discours et à ce moment-là, Raphaël Gluxman parlait de l'affaire Liana et du drame euh de la petite Liana. Il parlait des solutions élaborées sur un coin de table par Gérald Darmanin et brandi désormais et brandi depuis comme un totem d'immunité. Et en conclusion de cette partie de son discours, il avance lui une proposition forte pour euh lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
Mais il y en a une de solution qui est sur la table depuis 6 mois. faire adopter à l'Assemblée nationale la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Cette loi déposé [applaudissements] 120 associations et 120 parlementaires il y a déjà 6 mois. Adopter la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Proposition de loi sur la table depuis 6 mois élaborée par les parlementaires. Voilà, lui il a dit que s'il est président, ce sera adopté. On ne peut que souhaiter cela. Il a raison ici Raphaël Gluxman de proposer cela. Simplement c'est pas sa proposition quoi.
Les propositions concrètes qu'il a mise sur la table c'est adopter une loi présentée depuis 6 mois par des parlementaires. C'est le leasing social pour que les foyers les plus modestes puissent avoir une voiture électrique, c'est-à-dire la proposition d'Emmanuel Macron en 201722. et ensuite des propositions à l'échelle européenne qui n'engagent pas lui seulement mais évidemment une négociation européenne qu'il ne peut pas garantir de remporter. Je trouve que c'était nu quand même pour un meeting de lancement de campagne. Il y a quand même des priorités. Quand tuécoutes Raphaël Gluksman, il te dit notamment qu'il va falloir un grand plan d'investissement dans la transition énergétique.
Ça coûte un pognon de dingue. C'est très cher. Il te dit qu'il va falloir un grand plan d'investissement sur l'école mais c'est extrêmement cher ça aussi. Ça demande énormément de budget. Il te dit qu'il va falloir investir massivement sur notre armée pour se préparer militairement à l'éventualité d'une guerre. Ça aussi, ça demande des milliards et des milliards d'euros. À aucun moment, il ne te dit comment il va financer ses priorités. Et c'est quand même embarrassant parce qu'il y a une chose dont il ne parle pas, c'est le modèle social français à aucun moment. Tu peux peut-être te dire que c'est là qui va aller chercher l'argent.
Et c'est à ce moment-là que tu te souviens que dans son équipe, il a des macronistes. Il a des macronistes qui ont été cherch qui ont été chercher l'argent pendant 10 ans où ? Chez les chômeurs, chez les travailleurs et notamment chez les travailleurs pauvres en les faisant travailler 2 ans de plus, chez les plus précaires, les plus fragiles, en s'attaquant par exemple aux apéales et cetera et cetera. Et donc quand on entend cet homme-là qui te fait des grandes déclarations d'intention sur ses priorités sans à aucun moment te dire comment il va financer, alors c'est vrai si quand même quand même il dit il glisse il glisse que il va s'attaquer aux grandes fortunes et aux grandes successions.
Mais là aussi il ne dit rien de précis par exemple il ne dit pas s'il veut reprendre à son compte la taxe Zucman. Pardon mais deux remarques un, on attendrait quand même aujourd'hui au moment où où on est un peu plus de propositions pour un homme qui prétend travailler depuis 2 ans, c'est maigre, pardon hein, mais c'est maigre quand même tout cela. On attendrait aujourd'hui un peu plus sur la table plutôt que des grandes déclarations d'attention. Deuxième remarque, euh si on s'en tient réellement aux priorités ébauché par Raphaël Gluxman, on peut commencer à voir quand même où il va chercher l'argent. On va aller écouter la toute fin du discours. J'ai gardé ça pour la fin.
On finit par la péroraison, la clôture, la conclusion si vous préférez du discours. Dans un discours électoral, bien évidemment, c'est le moment mobilisateur. C'est le moment où on soulève les foules. C'est le moment où on enchaîne les concepts mobilisateurs les uns après les autres pour créer une espèce de vague d'enthousiasme qui nous permet de conclure sous les ouras de la foule. Écouter Raphaël Gluxman. Au début ça marche et puis au bout d'un moment il se passe quelque chose. Je vous en dis rien. Nous lutterons ensemble tous les jours, toutes les heures sans relâche et sans répis. Oui. Nous lutterons ensemble jusqu'au bout. Jusqu'au bout. Ma détermination est sans faille.
Nous lutterons jusqu'au bout et nous gagnerons. Vive l'Europe [acclamation] vive l'écologie. Vive la démocratie. Vive la République [acclamation] et surtout vive ! Allez, tous ensemble ! Vive la France !
[applaudissements]
[acclamation] Aïe aïe aïe aïe a a C'est très dur. Vive la France ! [cri] [rires] Alors, pourquoi ça marche pas ? Un clap trap fonctionne comme je vous le disais s'il y a une saillance qui monte de plus en plus et qui derrière se referme par une clôture très nette. Or là, que fait Raphaël Glman ? Déjà ? Première erreur, il complexifie la formule "Vive la République, vive la France" qui est la formule classique de fin de meeting en France. Il la complexifie en rajoutant "Vive l'écologie, vive la démocratie, vive l'Europe". Donc déjà, c'est trop long. Derrière, il faudra que la clôture soit vraiment franche. Donc déjà un, il délaye sa formule de conclusion.
Deuxième problème quand même et surtout vive la France, pardon mais sur le fond et surtout vive la France, c'est Eric Zemour. Éric Zemour ne disait jamais "Vive la République et vive la France". Comme dirait n'importe quel candidat, il disait "Vive la République et surtout et surtout vive la France." Manière de dire que la France est plus importante que la République. C'est signifiant hein quand même. C'est cette formule que reprend ici Raphaël Gluxman. Franchement, pas sûr. Vous je sais pas, mais moi en ce qui me concerne, vive la République et vive la France, ça me va bien. Vive la République et surtout vive la France, j'ai mets des doutes sur le fond. Bon, passons.
3è problème, il y a la manière dont il conclut. Il faut absolument une clôture nette. C'est cette clôture nette qui va venir refermer la période de saillance et te permettre de recueillir la frénésie de la foule. Cette clôture nette, elle est d'autant plus nécessaire quand tu as joué avec la frustration de la foule en rallongeant ta clôture de faim. et lui rallonge encore avec l'appel à la participation du public qui à cet endroit-là est totalement ringarde, hein. Là, on croit vraiment voir un animateur du club Med et surtout avec moi, avec moi. Donc là là, c'est le GO club Med, c'est pas c'est pas possible.
Enfin, je veux dire surtout qu'à ce moment-là justement il a construit un moment d'héroïation. Un moment d'héroisation dont il est le cœur, dont il est le centre. Tu ne peux pas à cet endroit-là faire revenir la foule. Tu peux pas parce que c'est mou. Tu peux pas parce que c'est ringar. Et tu peux pas parce que sur le fond ce que tu as construit, c'est un moment d'héroïation personnelle. Il y a rien de mal à ça. Mais par contre, il faut l'assumer, il faut aller jusqu'au bout. Sinon, rhtoriquement, c'est raté. Donc là, déjà, il délaye encore et il délaye avec pour le coup euh un ajout de participation directe du public qui est totalement maladroit.
Et là, c'est là, c'est là qu'arrive le cringe absolu. Vive la France ! Voilà, vous vous souvenez de la clôture nette dont je vous parlais ? Elle n'existe pas ici. Il l'a fait sa Macron, [rires] il nous l'a fait. La clôture de discours catastrophique. C'est moins pire que Macron porte de Versailles, mais c'est pas beaucoup mieux quoi. [rires] Si je devais résumer ce discours, je dirais c'est moins catastrophique. C'est moins catastrophique que ce qu'on aurait pu craindre, mais c'est vraiment moins bien que ce qu'il aurait fallu. La conclusion, ça ne va pas. Ça ne va pas du tout, hein. Ça vraiment c'est c'est c'est dommage parce que c'est ce dont on se souvient à la fin du discours.
Mais ça ça ne va pas. Et sur le fond, écoutez, je vous ai dit tout ce que je pensais de ce discours. Le discours en réalité est éloquent dans ses silences. Il est éloquent dans ce qu'il ne dit pas et quand on regarde les choses à la fin, il n'y a quasiment aucune proposition [musique] et les seules propositions concrètes qu'il y a soit des propositions à l'échelle européenne dont Raphaël Gman ne peut pas nous garantir qu'elles seront adoptées évidemment, soit des propositions qui ont déjà été émises auparavant. Et ça ça rappelle quand même très fortement Emmanuel Macron en 2016-207 qui lui aussi faisait des grandes déclarations d'intention sans jamais dire précisément ce qu'il allait faire.
Et puis par ailleurs, on a des priorités qui sont affichées, qui sont louables, mais sans jamais qu'il ne nous explique clairement comment il va les financer, il n'est absolument pas précis sur la taxation des hauts revenus et des grandes successions comme il en parle lui-même. Et donc, on est en droit de se demander s'il va aller au bout de ce qu'il faudrait faire ou du moins au bout de ce qui est sur la table à gauche, par exemple la taxe duman ou s'il va là aussi seulement prendre quelques mesurettes pour ne pas froisser les élites économiques. et le grand absent de ce discours. Alors même que ce discours se veut être un grand discours adressé au peuple de gauche.
Le grand absent évidemment c'est la question social. Me semble-t-il que dans dans un discours qui se voulait de gauche, ce silence est plus éloquent que ce qu'il dit. On ne sait toujours pas qui il est. On s'en doute, on n'est pas totalement dup mais officiellement on ne le sait pas encore. Il lui appartient désormais enfin de se dévoiler.
[musique]
Raphaël Glucksmann