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interviewRMC — Face à Face· 6 octobre 2025 19 min

Face à Face : Jean-Philippe Tanguy - 06/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe.

0:10
Jean-Philippe Tanguy

Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy, vous êtes député RN de la Somme et vous êtes le monsieur économie du RN, président délégué du groupe RN à l'Assemblée. Folle soirée hier, après 26 jours d'attente, un gouvernement a été nommé, mais à peine nommé, il est critiqué de toutes parts, de votre côté, côté RN. Quelle est votre réaction ? Et pourriez-vous censurer ce gouvernement dès demain ?

0:36
Présentateur

C'est une évidence, puisque nous avions demandé, avec Jordan Bardella et Marine Le Pen, une rupture, une rupture dans la politique avant tout, et ça s'incarne aussi forcément dans une rupture avec les hommes, donc les personnes qui fondent et qui doivent mener cette politique. Donc visiblement, M. Lecornu avait beaucoup de temps à perdre pour annoncer la prolongation, mais sans aucune nuance, de ce qu'il faisait déjà, de ce qui a été condamné par les Françaises et les Français, qui ont voté à deux reprises aux européennes législatives contre cette politique, et cette politique qui est menée, mais je veux dire, au-delà de toute raison.

Ce qui est quand même impressionnant, Madame de Malherbe, c'est qu'hier, cette alliance de briquets de brocs s'effondre sur elle-même, avec des gens, M. Rotaillou, qui est membre d'un gouvernement, qui n'assume pas être membre d'un gouvernement depuis un an, et qui conteste un gouvernement qui est pourtant à l'image de, comment dire, des gens avec qui il a travaillé depuis un an, des gens que personne ne connaît, qui démissionnent avant d'être démissionnés. La scène d'hier est pitoyable, et en fait, résume ce qui s'est passé il y a un an.

En fait, aujourd'hui, le petit personnel politique qui s'est allié contre le Rassemblement National, et en fait contre la volonté des Français de changer, de faire une rupture, s'effondre sur lui-même, parce qu'à part se regarder dans le miroir, ils n'ont rien à proposer aux Français.

1:48
Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy, il y a beaucoup de choses dans ce que vous avez dit. Prenons étape par étape. D'abord, quand je vous dis, allez-vous censurer ce gouvernement dès demain ? Vous répondez, c'est une évidence.

1:58
Présentateur

Il n'y a pas de rupture, et donc, comme l'ont dit hier, Jordan Bardella et Marine Le Pen, dans des expressions très claires, on va se réunir aujourd'hui, ils vont décider, mais il n'y a pas de rupture. Donc, nous, on a pour habitude de faire ce qu'on dit, évidemment.

2:12
Jean-Philippe Tanguy

Donc, il n'y aurait pas d'autres options pour vous que de censurer dès demain ? Je reprécise les choses. Vous aviez initialement évoqué l'idée d'attendre au moins le discours de politique générale pour prendre votre décision. Sauf que là, la copie telle qu'elle a été rendue, avec ce gouvernement et ses nominations, pour vous, vous savez déjà que le contenu n'est pas ?

2:31
Présentateur

C'est la décision que doivent prendre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Il y a une réunion à 11h, de savoir sans doute, si on attend quand même le discours de politique générale. On n'essaie de ne pas prendre des décisions sur l'émotion. C'est vrai qu'hier aussi, je pense aux gens qui vont travailler ce matin, qui ont une vie compliquée et qui se disent qu'il y a des hommes et des femmes politiques qui envoient bouler un gouvernement auquel ils appartiennent cinq minutes après une annonce, sous le coup de l'émotion. Donc, nous, on va réfléchir, on va pondérer les choses, on va essayer de voir s'il faut attendre ce discours de politique générale ou si la situation est trop grave. On verra.

Mais c'est vrai que la nomination de Bruno Le Maire, ministre de l'économie de M. Macron, pendant sept ans, qui a ruiné les comptes publics, qui a menti sur la réindustrialisation du pays, qui a menti sur la baisse du chômage, qui a menti sur la baisse des impôts, et qui a menti sur sa morale personnelle, parce qu'il y a encore deux semaines, dans une interview à l'usine Nouvelle, il jurait au grand Dieu que, oh jamais, il ne reviendrait à ce gouvernement. Donc, si vous voulez, à la fois l'incompétence intellectuelle de M. Le Maire, mais aussi son incompétence, on ne peut pas dire son indigence morale, il y a un moment, on est au bout du tunnel, au bout du système. Bruno Le Maire ?

On ne sait même plus quoi dire, qui ne confine pas à l'insulte, je suis bien désolé de le dire.

3:47
Jean-Philippe Tanguy

Bruno Le Maire, pour vous, c'était la ligne rouge ?

3:50
Présentateur

C'est pire qu'une ligne rouge, en fait, c'est un chiffon rouge, c'est comme agiter devant des taureaux, ce chiffon rouge, en espérant qu'on ne va pas vous foncer dessus. On nous a dit, depuis un an, les comptes publics, et c'est vrai, sont dans le rouge. On a eu M. Béroud, avec M. Macron, il ne faut pas l'oublier, qui est venu devant les Français en disant, il y a beaucoup d'argent qui ont été dépensé, maintenant, il va falloir payer la facture, et ce n'est pas la faute des gouvernements, c'est la faute des Français. C'était évidemment la faute des gouvernements, et M.

Le Maire, ce n'est pas le seul à avoir fait n'importe quoi avec les comptes publics, ce serait trop facile, mais il incarne à lui seul, il faut bien le dire, plus de 1000 milliards d'euros de dettes, et surtout un mensonge permanent. Il faut quand même se souvenir, il faut être précis dans ce qu'on dit, les accusations qu'on porte les uns contre les autres, parce qu'on parle au nom des Françaises et des Français qui nous ont fait confiance. M. Le Maire avait dit, je vais rendre un budget à l'euro près, et il manquait 60 milliards d'euros, Mme de Palerme. 60 milliards d'euros.

4:41
Jean-Philippe Tanguy

Alors, il dit que c'était aussi à partie que... Non. Mais il est chef de l'administration.

4:45
Présentateur

Je vous remercie de te faire cette remarque, parce que justement, vous êtes ministre, vous êtes à la tête d'une administration, c'est ça être ministre, c'est pas avoir une voiture avec un chauffeur et faire le tour des plateaux et de raconter n'importe quoi. Être ministre, c'est que vous êtes à la tête d'une administration, avec des hauts fonctionnaires, des fonctionnaires qui sont, à 99%, dévoués à l'intérêt public, qui vous obéissent. Et dire, au bout de 7 ans, c'est pas moi, c'est les fonctionnaires, c'est absolument lamentable. Parce que, c'est un certain nombre de hauts fonctionnaires qui sont responsables de ça, soit c'est faux, et c'est la faute du ministre, et il doit dégager.

5:16
Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy, je vous interrogerai dans un instant sur les promesses de Sébastien Lecornu, de lutter contre la fraude fiscale et sociale, de taxer les plus hauts patrimoines. Mais, si je tire le fil de ce que vous avez dit, selon toute vraisemblance, et pour vous, c'est une évidence, demain, vous ferez sauter le gouvernement. Quand je dis vous, c'est l'association autour d'une motion de censure. Si la motion de censure vient de LFI, ça ne change rien pour vous. Vous la votez quand même.

5:41
Présentateur

C'est d'avancer pour le pays après tout ce temps perdu.

5:43
Jean-Philippe Tanguy

Donc, en gros, ça veut dire que LFI, plus probablement l'EPS, plus vous, ainsi que les écologistes. Et peut-être même les LR, parce qu'on en est là. Et peut-être même les LR.

5:53
Présentateur

On a même à se demander si Gabriel Attal ne va pas censurer son propre gouvernement. Ça vous a étonné, la réaction de Gabriel Attal hier, qui part d'un spectacle affligeant ? Tout ça est pitoyable. Marine Le Pen...

6:02
Jean-Philippe Tanguy

Je crois que vous faites le même constat que lui, en même temps.

6:03
Présentateur

Oui, mais moi, je ne suis pas sur le radeau de la Méduse. Tous ces gens sont sur le radeau de la Méduse. Alors, ceci dit, il se trouve que chez vous, il y a un an, j'avais dit c'est dangereux le radeau de la Méduse parce qu'à la fin, les gens se dévorent entre eux. C'est comme ça que ça a fini, le radeau de la Méduse. Il y avait du cannibalisme. Donc voilà, ça y est, ils ont commencé à se dévorer entre eux. Les zombies se dévorent ce qu'il leur reste de cerveau pour passer une journée de plus. Donc, on se demande qui va se bouffer le dernier.

Et le problème, c'est que pendant qu'ils se bouffent sur le radeau de la Méduse, les industries fermes, dans ma circonscription, comme partout en France, il y a beaucoup d'industries en difficulté. On va avoir un déficit commercial sur l'agriculture française. Ça faisait, depuis la Seconde Guerre mondiale, l'agriculture était le joyau de la France qui nous apportait des devises. On venait en déficit.

6:44
Jean-Philippe Tanguy

C'est ce que nous exportions davantage que nous l'importions.

6:46
Présentateur

Exactement, merci de préciser. Donc voilà, c'est-à-dire, pendant que tout ce petit monde se regarde le nombril et se dévore entre eux, la situation pour les gens est catastrophique. Il faut donc dissoudre le plus vite possible ? Il faut dissoudre le plus vite possible absolument et avoir un vrai débat et les Français choisiront. Et cette fois, choisiront librement et pas avec des caricatures et en faisant croire que le sort du pays, c'est de savoir si la Rassemblement nationale est gentil ou méchant.

7:07
Jean-Philippe Tanguy

Ça veut dire que vous ne croyez plus au barrage républicain qui vous a empêché d'accéder clairement à la majorité à l'Assemblée nationale ?

7:14
Présentateur

Je pense que les Français n'étaient pas spécialement croyants. Pourquoi cette fois-ci ? Pourquoi les Français

7:18
Jean-Philippe Tanguy

ne le feraient pas cette fois-ci ?

7:20
Présentateur

Parce que là, je crois qu'ils ont vu que ces gens qui leur juraient une fois plus une dernière fois, en toute sincérité. Moi, je pense qu'il y a des Françaises et des Français qui en toute sincérité se sont dit « Bon, vu le message électoral qu'on a envoyé, cette fois, ils ont compris, ils vont changer de comportement. En tout cas, une partie va changer de comportement. Et c'est pire. Et c'est pire parce qu'en fait, ce barrage républicain, il n'était pas sincère. Vous assumez donc potentiellement de faire tomber

7:40
Jean-Philippe Tanguy

le gouvernement demain ?

7:41
Présentateur

Non, mais ça, on s'en fiche. Ce gouvernement n'existe pas. Donc, on fait tomber le néant. Non, la question, c'est maintenant, on part aux élections en disant aux Français « La France est dans une situation budgétaire catastrophique, une situation économique catastrophique. L'école s'est effondrée, le système de santé s'est effondré, les frontières ne sont pas contrôlées. Maintenant, il faut faire des grands choix. » Parce que de toute façon, là où ça, vous ne pouvez pas tenir, Madame de Malherbe, ces espèces d'accords d'appareils, de bout de ficelle, la France est au bout du chemin. Et donc, il y a des grandes décisions à prendre.

Je vais vous donner, je ne vais pas balancer de noms, mais il y a des gens avec une certaine autorité morale et compétence à l'Assemblée, assez âgée, qui avaient renoncé à un poste âgé au sens expérimenté, qui avaient renoncé à un poste de ministre des Finances. Pourquoi tu as renoncé à un poste de ministre des Finances ? Parce qu'il avait les compétences pour le coup pour faire quelque chose. Il me dit, même si j'étais nommé ministre, de toute façon, on n'a pas le poids politique, les députés, pour faire les réformes. Donc, en fait, les rats... C'était un membre de la Macronie ? Non, non, c'était une personne indépendante. C'est-à-dire que des personnes qualifiées... Vous lancez un petit...

Non, mais parce que je ne veux pas le manipuler. Un petit jeu de cache-cache ? Non, mais je ne veux pas manipuler cette personne. Mais ce qui était intéressant, c'est que c'est une personne qui est reconnue comme compétente par 90% de l'échiquier politique, y compris ses adversaires. Et qui ne va pas... Lui, il refuse une place, justement, alors qu'il est compétent. Ils sont nombreux,

8:52
Jean-Philippe Tanguy

visiblement, à avoir refusé des places.

8:53
Présentateur

Oui, oui, j'aimerais bien savoir le niveau de ce qu'ils ont refusé des places, à mon avis, vu le niveau de ceux qui l'ont accepté. On ne doit pas être loin de l'école maternelle. Donc, il renonce parce qu'il dit je n'ai pas la force politique de faire les réformes. Et d'ailleurs, c'était le message de Jordan Bardella à la dernière. Quand il disait nous avons besoin d'une majorité absolue pour gouverner, ce n'était pas un caprice. Peut-être on aurait dû collectivement mieux l'expliquer.

C'est que pour faire les réformes dont la France a besoin, il faut une rupture telle dans les pratiques politiques et une force politique, une légitimité démocratique telle qu'il faut une majorité absolue pour faire ces réformes. Sinon, la France va sombrer. Moi, je suis désolé, c'est comme le message que je veux faire passer. Pourquoi on s'engage en politique ? C'est parce qu'on voit notre pays, on voit notre peuple, on le voit souffrir et on ne l'accepte pas. Donc oui, je sais que les personnels politiques ont déçu. Oui, il y a beaucoup d'hommes politiques et de femmes politiques qui ont déçu. Mais il y a encore de la sensibilité dans ce monde et on veut redresser le pays.

9:43
Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy, vous avez vu l'histoire des notes de frais ?

9:45
Présentateur

Oui, mais c'est épouvantable.

9:46
Jean-Philippe Tanguy

Les notes de frais des élus de la mairie de Paris, d'ailleurs de droite comme de gauche, qui ont acheté parfois jusqu'à 30 000 euros de vêtements.

9:54
Présentateur

Non, mais c'est consternant et quand vous avez Mme Hausser, maire du 8e arrondissement, qui a dépensé, je crois, 35 000 euros en robes mages et sacs, je ne sais pas quoi, Burberry, qui débarque sur votre antenne et qui est tellement perché dans un monde parallèle qu'elle remercie les Français d'avoir payé ses fringues et qu'elle dit « je suis content d'être bien sapé » dans le texte. Je cite le texte. C'est juste. Je cite de bien sapé. Je confirme. Mais moi, j'ai cru que c'était une caricature. Je vous jure, au début, j'ai cru que c'était l'intelligence artificielle. Maintenant, c'est tellement bien fait que le commandant... Vous n'arriviez pas à le croire. Je vous jure, je vous jure.

En plus, il y avait des petits dessins. Elle a effectivement affirmé. Il y avait des petits dessins. Je me suis dit « ce n'est pas possible ». Mais non, mais en fait, je n'ai même pas cru. Elle avait l'air très contente d'elle-même. Et je suis sûr que la mot de serre est rentrée dans son huitième arrondissement très conçu en se disant qu'elle avait fait un bon coup. Donc, tout ça est vraiment consternant. Et une fois plus, vous savez, nous, on est au service des gens. C'est le travail des Français qui nous payent. Et quand on voit ça, c'est vrai que... Y a-t-il, Jean-Philippe Tanguy,

10:50
Jean-Philippe Tanguy

y a-t-il une option qui ferait que vous ne censuriez pas ? Y a-t-il encore la possibilité que vous ne censuriez pas ? À l'instant, Olivier Faure menace de censurer mais n'annonce pas qu'il censurera. Il dit « Je promets la censure si on ne rouvre pas un débat sur les retraites. »

11:11
Présentateur

Écoutez, je découvre ses propos. Écoutez, nous, on va réfléchir une fois plus. Vous, est-ce que vous pourriez dire

11:15
Jean-Philippe Tanguy

« Nous, on ne censure pas si on ne rouvre pas ? »

11:19
Présentateur

Mais nous, c'est très clair. Mais nous, on n'a jamais varié. Nous, c'est toujours les mêmes tabous. Lutter contre l'immigration incontrôlée, baisser les armes impôts des classes moyennes et populaires, baisser cette dépense publique, mettre les comptes publics en ordre parce que si on ne peut faire aucune politique, lutter contre la fraude, nos lignes, elles sont connues. Elles n'ont jamais varié. Ce sont les promesses qu'on a faites aux Françaises et aux Français. Nous, on n'a pas besoin de négocier des postes. Moi, je pense que M.

Faure panique devant sa propre dame, si je puis dire, puisqu'il se rend compte qu'on va à la censure sans doute, qu'on va donc à la dissolution de manière encore plus certaine et que les socialistes, les sociotraitres, vont dégager aussi de ce petit monde parce que tous ces gens qui se sont alliés avec les insoumis et qui après leur ont craché dessus alors qu'ils sont capables de se réallier avec eux, on n'en peut plus. Moi, franchement, je ne peux plus ce personnel politique. Moi, ça fait 10 ans que je suis dans le monde politique. Je suis encore un peu frais, j'espère. Et quand je vois tous ces comportements pitoyats, pathétiques, qu'ils acceptent... Moi, je vais vous dire ce que je pense.

Il faut que ces gens acceptent la défaite. Voilà. Ils se sont trompés intellectuellement. Ils sont tous gouvernés. Ils nous ont tous mis il faut que ces gens acceptent la défaite, acceptent le fait qu'ils ont échoué et qu'ils rendent le pouvoir à ceux qui veulent faire d'autres politiques et qu'ils arrêtent de magouiller, de triturer les élections pour toujours garder leur poste au-delà du réel parce que là, on est tellement au-delà du réel que, vous savez, c'est comme ces personnages de cartoon qui courent au-dessus d'un trou et qui ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de tomber.

12:45
Jean-Philippe Tanguy

Ils sont en dehors du réel.

Alors, je dois vous avouer qu'en préparant cette interview, je m'étais dit on va parler aussi de la lutte contre la fraude sociale et fiscale qui a été promise par Sébastien Lecornu de la question de la taxe au patrimoine et sur les holdings même si, évidemment, en vous posant ces questions-là, je sais bien que nous posons des questions sur un gouvernement dont on n'est toujours pas sûr de toute façon qu'il voit le jour donc on ne sait pas s'il y aura un Conseil des ministres à 16h, on ne sait pas s'il y aura demain un discours de politique générale et on est à peu près certain que demain soir il n'y aura plus de gouvernement si rien ne bouge parce que vous aurez les uns et les autres censurés avant même qu'ils ne puissent gouverner mais tout de même parmi les points qui avaient été évoqués par Sébastien Lecornu il y avait l'idée de lutter contre la fraude fiscale et sociale et d'en faire une priorité est-ce que ça c'est un point qui vous convainc ?

13:36
Présentateur

Oui, on le demande depuis des années mais M. Attal l'avait déjà fait moi je me souviens d'un rendez-vous ça s'appelait les dialogues de Bercy alors on a oublié on était tous réunis et M. Attal dit ça va être la priorité des priorités on va avoir des résultats tant mieux vous imaginez si un homme ou une femme politique venaient vous voir en disant moi je suis contre lutter la fraude sociale et la fraude fiscale tout ça n'est pas sérieux ça prouve qu'il ne le faisait pas avant mais quels sont les moyens

13:57
Jean-Philippe Tanguy

qui voulaient être nécessaires ?

13:59
Présentateur

il faut juste travailler vous savez il y a un moment tout n'est pas glamour tout n'est pas des annonces magiques il n'y a pas de baguette magique un ministre il y a un moment il faut que ce soit avec son administration on en parlait tout à l'heure d'ailleurs je voudrais leur rendre hommage il faut que le ministre soit à son poste donne des instructions et que ça obéisse vous savez M.

Breton c'est quand même pas ma famille politique Thierry Breton il explique comment il a fait pour être le seul ministre ça se remarque quand même en 30 ans qui a fait baisser le déficit public il dit j'étais à mon poste j'ai fait des arbitrages et chaque jour je refusais des dépenses qui n'avaient pas à être faites si le ministre n'est pas à son poste et pas à son travail bah oui c'est pas glamour d'être à son poste et à son travail c'est le quotidien des gens

14:34
Jean-Philippe Tanguy

vous avez des idées ? moi j'ai plein d'idées

14:35
Présentateur

pour baisser la dépense publique notamment la lutte contre la corruption moi je suis un des seuls qui essaie d'en parler moi je peux vous dire tous les marchés publics c'est entre 10 et 30% de surfacturation on en a un peu parlé c'est sur ces catalogues que les mairies sont obligées ou les lycées ou les établissements publics sont obligés d'utiliser pour commander ou on découvre des chaises qui valent 5 fois le prix des ampoules qui valent 20 fois le prix pour moi ça s'appelle de la corruption en gros français il faut arrêter de tourner autour du pot de dire oui on sait pas trop ce qui s'est passé c'est de la corruption c'est la but de position dominante c'est de l'entente c'est de la corruption moi j'ai auditionné des gens dans une commission d'enquête le directeur français de la lutte contre la corruption c'est quelqu'un d'intéressant quand même il expliquait que la corruption était enroulie dans l'ensemble des collectivités territoriales j'ai fait un signalement au ministre et au procureur j'ai pas eu de nouvelles voilà un truc tout bête ça demande un peu de courage de le dire oui la France aujourd'hui est dans un état de corruption corruption morale mais aussi corruption économique il y a des gros intérêts qui s'en sont mis plein les pauvres sur le dos des français les autoroutes les parkings des hôpitaux le démantèlement d'EDF la liste est longue donc vous savez l'argent il y en a il a été très mal utilisé

15:38
Jean-Philippe Tanguy

et c'est là que vous iriez le chercher

15:40
Présentateur

voilà

15:40
Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy la question de la taxe sur les hauts patrimoines ou les holdings est-ce que ça vous y êtes favorable ?

15:47
Présentateur

tout ça c'était aussi dans le programme c'est-à-dire qu'en fait les holdings pas le problème des holdings c'est qu'il y en a qui utilisent les holdings pour frauder donc en fait on est sur le problème d'avant il y a de la fraude alors on appelle ça quand on est poli de la sur-optimisation fiscale bon la sur-optimisation fiscale c'est quand on joue avec la limite de la loi donc il faut arrêter de laisser des gens qui ont beaucoup d'argent jouer avec la limite de la loi il faut appliquer la loi pourquoi ? parce que quand les personnes qui doivent payer leur juste part d'impôt ne paient pas qui est-ce qui paye ?

c'est les classes moyennes et les classes populaires qui elles jouent le jeu sont des honnêtes gens donc le problème de la lutte contre la fraude fiscale c'est pas juste remplir les caisses de l'Etat c'est et c'est la logique de Marine Le Pen et Jordan Bardella on récupère l'argent là où il doit aller pour baisser l'impôt des gens qui paient trop aujourd'hui parce que les gens paient trop d'impôts ne consomment plus vous recevez souvent et je trouve que c'est comme une marque de fabrique de votre antenne la grande distribution les pratiques de la consommation on est en crise de déconsommation c'est-à-dire que les gens ne consomment même pas ce dont ils ont besoin notamment pour s'alimenter les produits d'hygiène de consommation ils préfèrent épargner tellement ils ont la peur du lendemain vous avez l'air un peu saoulé non je ne suis pas saoulé c'est qu'en fait j'ai du mal à ne pas être en colère c'est-à-dire que moi j'essaie de penser une fois plus aux françaises aux français je ne suis pas un saint mais je me dis d'un côté ils n'ont pas envie d'avoir un hystérique qui hurle et qui ne propose rien et d'un côté j'ai du mal à me retenir de ne pas être vraiment révolté par ce que je vois parce que je comprends que les gens soient en colère contre le personnel politique d'ailleurs si on s'est engagé c'est que moi-même on n'était pas content du personnel politique qu'on avait mais il y a encore de la sincérité moi je pense aussi aux 30 000 maires ruraux qui se lèvent le matin quand il y a une inondation ils sont là quand il y a une tempête ils sont là ils ne gagnent rien ils sont là ils sont salis par madame de Haute-Serre qui est maire du 8ème arrondissement avec ses 35 000 euros de coupeuse

17:25
Jean-Philippe Tanguy

si demain Sébastien Lecornu saute et que son gouvernement saute est-ce que le RN peut être appelé pour vous à Matignon ?

17:34
Présentateur

mais ce n'est pas possible parce que il faut une légitimité démocratique donc on ne va pas faire comme les autres et surtout une fois que vous êtes nommé il faut faire des choses parce que ce qu'on n'a pas l'air d'avoir compris tout ce petit monde qui se succède dans des ministères qui n'ont plus de sens on ne sait même plus qui est au gouvernement franchement moi j'ai fait un meeting dans le Loiret chez Thomas Ménager il y avait 450 personnes personne ne sait qui sont les ministres ça y est on ne peut même plus faire à la limite de dénonciation on ne peut même plus dénoncer une politique publique de toute façon la salle ne va pas réagir puisque plus personne ne sait qui est à quel ministère on n'est pas là pour prendre des places on est là pour faire quelque chose mais j'ai l'impression d'enfoncer une porte ouverte madame de Malherbe en vous le disant mais on est là pour mener une politique pour agir pour proposer des choses

18:15
Jean-Philippe Tanguy

une dissolution

18:16
Présentateur

et un vrai débat vous savez moi j'ai plein de défauts mille défauts mais enfin je crois que je n'ai pas peur du débat moi je suis toujours présent pour débattre avec mes adversaires politiques sur le fond c'est pour ça que j'aime bien venir à votre émission on a le temps de parler du fond il faut parler des vrais problèmes une fois plus moi je suis élu picard l'industrie, l'agriculture le système de santé là les gens ils nous attendent là les gens ils veulent des réponses vous savez que c'est quand les gens ils vous appellent dans vos émissions interactives c'est ça dont les gens parlent sur RMC

18:41
Jean-Philippe Tanguy

le 32-16 évidemment et le témoignage des français merci Jean-Philippe Tanguy député RN de la Somme d'avoir répondu à mes questions

Face à Face : Jean-Philippe Tanguy - 06/10 — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote