Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 8 octobre 2025 18 min

Gouvernement, PS, réforme des retraites, ...L'interview de Mathilde Panot en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Il est 8h29 sur RMC et BFM TV. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes la présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale. Vous êtes d'ailleurs vous-même députée LFI du Val-de-Marne. Et finalement, si tout dépendait de vous, parce que l'option d'un gouvernement de gauche est en train de revenir sur la table, est-ce que vous censureriez ou pas un gouvernement socialiste ?

0:28
Mathilde Panot

Alors je n'y crois pas, Madame Apolline de Malherbe, et je vais expliquer pourquoi. Tout le monde fait comme s'il ne s'était rien passé depuis un an. Si depuis un an, nous n'avions pas un président de la République qui avait non seulement violé le résultat des urnes, mais qui en plus de cela avait brutalisé la démocratie et le peuple français. Qui a nommé et a choisi de nommer comme ministre de l'Intérieur celui qui s'inspire de l'extrême droite et qui l'a laissé pendant plus d'un mois et demi faire les relations avec un pays étranger, l'Algérie. Vous parlez de Bruno Rotaillot. Mais attendez, là vous êtes en train de me dérouler Mathilde Panot.

0:58
Présentateur

Mathilde Panot, j'ai bien compris, vous n'y croyez pas. Mais il y en a beaucoup qui y croient. Et donc on va prendre le temps de comprendre ce que vous estimez d'Emmanuel Macron. Mais certains à gauche, et j'ai reçu ce matin l'un des députés socialistes, ils disent qu'on n'a jamais été aussi près d'y être. Marine Tondelier dit qu'on n'a jamais été aussi près d'un gouvernement de gauche.

1:19
Mathilde Panot

Est-ce que oui ou non, vous soutiendrez ce gouvernement de gauche ? Nous nous avons dit que nous censurons tout gouvernement qui continuerait une politique macroniste, qui obtiendrait quelques miettes par-ci par-là. Et que donc, du coup, puisque le Parti Socialiste dit qu'il ne veut pas gouverner avec nous, la question est, avec qui souhaite-t-il gouverner ? Moi je vais vous dire, je ne crois pas qu'Emmanuel Macron puisse nommer un gouvernement de gauche, en tout cas pas sur un programme de rupture. Et j'observe qu'en ce moment, M. Fort discute avec Gabriel Attal.

Donc, en ce moment, à ce stade, demander une cohabitation avec le président de la République, c'est non seulement sauver Emmanuel Macron alors qu'il est lâché de toutes parts, mais aussi faire perdre du temps au pays. Vous êtes en train de dire que les socialistes font ça pour sauver Emmanuel Macron ? Je crois que ceux qui ont peur du retour devant les urnes, et nous nous demandons le départ d'Emmanuel Macron, veulent continuer d'une manière ou d'une autre une politique macroniste. Et c'est ce qu'on observe ces derniers temps.

Et je crois que lorsque vous avez 73% des Français qui demandent le départ du président de la République, lorsque vous avez y compris des anciens premiers ministres macronistes qui eux aussi disent qu'Emmanuel Macron doit partir, je crois qu'Emmanuel Macron est un cas désespéré. Vous avez bien compris, Mathilde Panot,

2:30
Présentateur

et vous êtes évidemment plus au fait encore que moi des règles de l'Assemblée nationale, que ce que vous êtes en train de dire ce matin est en train de tuer dans l'œuf toute possibilité pour le Parti Socialiste d'obtenir éventuellement Matignon. Parce qu'en entendant, et si Emmanuel Macron est en train de nous écouter ce matin, ce qui est fort probable, en entendant vos mots, il comprend que vous censureriez un gouvernement socialiste parce qu'il bosserait éventuellement, parce qu'il travaillerait éventuellement, ou que vous ne vous interdisez pas de censurer un gouvernement socialiste. Mais écoutez, nous avons des convictions,

3:05
Mathilde Panot

nous avons été élus avec un mandat du peuple. En quelqu'un ne prendrait pas ce risque ? Et de ce fait, s'il y a une alliance de briques et de bras qui se ferait d'une quelconque manière pour continuer la politique macroniste, nous ne participerons pas à un sauvetage d'Emmanuel Macron. Est-ce que c'est clair ? Je n'ai pas dit que nous censurions un gouvernement qui serait uniquement composé des socialistes, des communistes et des écologistes. À ce moment-là, nous verrions ce qui se fait. Mais il n'y a qu'à voir les mathématiques. Il n'y a qu'à voir les mathématiques. C'est impossible.

Et d'ailleurs, ce dont nous parlons ce matin, qui est la suspension de la réforme des retraites, montre bien que nous ne sommes pas sur le programme du nouveau Front populaire qui est l'abrogation de la réforme de la retraite. Très précis. Très précis.

3:44
Présentateur

Mathilde Panot, vous venez de dire, en gros, s'il y a un gouvernement qui n'est composé que de socialistes, écologistes, communistes, on soutiendra.

3:54
Mathilde Panot

Enfin, en tout cas, on ne censurera pas. On ne censurera pas, a priori. Par contre, attendez, moi je veux savoir sur quel programme il va y gouverner.

3:59
Présentateur

Non, mais là, on va déjà les prochains jours.

4:00
Mathilde Panot

Si on commence à se projeter sur six mois, on a du mal. Oui, mais vous nous demandez de donner des chèques en blanc à des gens qui sont en train de discuter avec Gabriel Attal. Je vais vous dire, nous, nous sommes très clairs. Nous, nous respectons le mandat qui nous a été donné par nos électeurs et nos électrices. Et la question qui est posée aujourd'hui n'est pas à celui d'un énième gouvernement. Je rappelle que le dernier gouvernement, le Cornu, a duré moins de 14 heures. Et que nous ne pouvons pas continuer éternellement dans la même situation où les gouvernements tombent les uns après les autres et où nous réclamons des miettes à un camp qui est en décomposition.

Nous avons été élus pour faire une politique de rupture avec la Macronie. Je le rappelle. Et donc, ce qui se joue, c'est le départ du président de la République. Et c'est pourquoi nous demandons sa destitution qui sera examinée en bureau ce matin.

4:45
Présentateur

Je suis très attentive à chacun de vos mots. On va parler de cette motion de destitution que vous défendez ce matin. On va parler évidemment de la réforme des retraites. Vous avez dit deux choses. Plusieurs d'ailleurs. Mais au moins une. Nous censurerions tout gouvernement qui ne serait pas dans la rupture. Deux, vous avez dit, nous voulons le programme du nouveau Front populaire, tout le programme du nouveau Front populaire. Suspension ou abrogation, c'est évidemment pas la même chose. On y vient. Vous avez dit, s'il y avait un gouvernement avec uniquement socialiste, communiste, écologiste, nous ne censurerions pas a priori.

Ça veut dire que si un gouvernement se met en place avec malgré tout une partie de l'aile gauche des macronistes, dans ce cas-là, c'est non.

5:28
Mathilde Panot

Mais vous savez, la politique de science-fiction qui a été faite depuis des mois, où on nous expliquait que François Bayrou allait tenir jusqu'en 2027, où on nous expliquait que la solution Le Cornu était celle qui allait permettre, là aussi, à la Macronie de continuer une politique de malheur dont plus personne ne veut dans le pays. La réalité ne ressemble à rien de tout cela. Et donc, je vais vous dire, la Macronie est en train d'essayer de gagner du temps, car le compte à rebours pour le départ d'Emmanuel Macron est lancé.

Et quand vous voyez, à la fois dans son propre camp, mais aussi un peu partout, le mot d'ordre de départ du président de la République, et nous, nous sommes magnanimes, nous lui proposons soit de démissionner, soit d'être destitués. Et nous lui laissons le choix. Mais c'est ça qui est en question aujourd'hui. Car tout le monde comprend qu'on ne peut pas continuer dans cette situation où un homme seul décide contre tout un peuple. Olivier Faure, Premier ministre, vous ne dites pas ce matin « je ne censure pas ». Mais vous savez, Olivier Faure est en train de discuter avec la Macronie. C'est ce qui apparaît chez l'ensemble de vos collègues qui regardent la vie politique.

6:26
Présentateur

Il aurait discuté, effectivement, et engagé des discussions, Gabriel Attal.

6:28
Mathilde Panot

Donc, je vais vous dire, si le PS continue de céder à l'ère du temps qui est la détestation et la haine de la gauche radicale en espérant récolter les fruits, eh bien les fruits, nous les voyons par exemple dans le Tarn-et-Garonne. Dans le Tarn-et-Garonne, où il y a une législative anticipée, où M. Rotaillot appelle à faire barrage contre la candidate du Parti Socialiste. Il ne dit aucune voix pour la gauche. Oui, enfin, il dit même « allons voter à l'extrême droite ». Je rappelle que c'est un candidat UDR. Je crois qu'il n'a pas eu ça. Je veux que maintenant on soit tous très précis dans le chaos actuel.

Oui, mais du coup, ce que je suis en train de vous dire, c'est que la réalité, c'est que la droite radicalisée préfère l'extrême droite à la justice sociale. Et ce que nous avons vu depuis maintenant plus d'un an, c'est un président de la République qui préfère nommer trois fois des premiers ministres issus de formations politiques qui ont été défaites dans les urnes pour continuer sa politique coûte que coûte. Donc le problème, c'est Emmanuel Macron. Et Emmanuel Macron doit désormais partir. Est-ce que ce n'est pas mieux que rien ? C'est-à-dire, est-ce qu'avoir un Olivier Faure,

7:23
Présentateur

qui est quand même, je le rappelle, votre ancien partenaire, vous avez été aux élections législatives ensemble, vous vous êtes présenté devant les Français, unis avec les mêmes bannières, les mêmes affiches, les mêmes slogans. Un Olivier Faure, Premier ministre aujourd'hui, ça ne vous apparaît pas malgré tout comme une meilleure manière ?

7:42
Mathilde Panot

C'est-à-dire, vous ne vous dites pas « malgré tout, c'est mieux que rien » ? Mais écoutez, vous vous rendez compte que la Macronie a été sévèrement battue dans les urnes l'année dernière. Elle a d'ailleurs été battue trois fois dans les urnes par le peuple de France qui a dit qu'il n'en pouvait plus des politiques qui étaient menées avec un chaos qui est Emmanuel Macron aujourd'hui, qui a fermé des usines, qui a fermé des hôpitaux, qui a fermé des écoles et avec 11 millions de pauvres dans la septième puissance économique au monde. Donc maintenant, il s'agit d'arrêter Emmanuel Macron.

Ce n'est pas le moment de faire des petits arrangements ou des petites combines pour continuer un peu moins fort le macronisme.

8:14
Présentateur

Il s'agit maintenant de tourner la page. Elle parle d'une suspension de la réforme des retraites. Elisabeth Borne elle-même parle d'une suspension de la réforme des retraites. Et vous ne dites pas « allez chiche, c'est mieux que rien ».

8:25
Mathilde Panot

Mais je rappelle l'histoire. Cela fait maintenant trois ans que nous demandons l'abrogation de la réforme des retraites qui a été passée en force contre l'immense majorité du peuple français, contre l'ensemble des syndicats, y compris contre l'Assemblée nationale puisqu'elle a dû passer par 49-3. Donc le fait que cette réforme soit appliquée est déjà une anomalie démocratique. Et ce que nous disons, c'est que la suspension, qui voudrait dire, pour que tout le monde comprenne, la retraite à 63 ans n'est absolument pas envisageable. Nous voulons son abrogation. Et puisque les macroniers aiment parler...

8:58
Locuteur non identifié

Pas envisageable, vous dites que ça n'est pas envisageable. La suspension, ce n'est pas envisageable.

9:01
Mathilde Panot

Mais non, nous voulons l'abrogation. Et même ce que nous avons gagné dans notre programme du Nouveau Front Populaire, c'est la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Donc c'est l'abrogation, sinon rien ? Mais bien sûr. Mais bien sûr. Et puisque les macroniers aiment qu'ils soient disruptifs, je leur propose d'être disruptifs en laissant l'Assemblée nationale voter, ce qu'ils n'ont pas laissé faire l'année dernière. Et cela ferait longtemps que la réforme des retraites aurait été abrogée. Et même d'être encore plus disruptifs en respectant le résultat des urnes et le résultat du vote des Français.

9:29
Présentateur

Vous assumez, Mathilde Panot, de retourner devant vos électeurs ensuite, dans vos circonscriptions, en disant nous avons fait capoter un gouvernement qui aurait permis de suspendre la réforme des retraites ?

9:40
Mathilde Panot

Mais personne ne croit, personne ne croit un seul instant encore en Emmanuel Macron. Rappelez-vous le conclave qui devait lui aussi permettre peut-être d'abroger la réforme des retraites, de la suspendre ou de je ne sais quoi. Tout le monde a compris l'arnaque de ce qu'était ce conclave. Donc personne ne croit plus en Emmanuel Macron. Et je répète qu'en 73% des Français souhaitent le départ du président de la République, qui est aujourd'hui le problème, alors il doit partir. Et ensuite, ce que nous proposons est une issue positive pour le pays. Ensuite, dans des élections présidentielles, les Français trancheront entre les grandes options qui sont offertes au pays.

10:12
Présentateur

Je me souviens parfaitement du soir des législatives à 8h02, lorsque Jean-Luc Mélenchon avait pris la parole et qu'il avait à ce moment-là justement dit « nous avons gagné », mais nous avons un programme. Et il avait dit « il faudra le programme du Nouveau Front Populaire », rien que le programme du Nouveau Front Populaire, tout le programme du Nouveau Front Populaire. Est-ce que vous êtes toujours sur cette ligne ?

10:34
Mathilde Panot

Ou est-ce que vous vous dites « certains morceaux, une partie, ce serait déjà bien » ? Alors nous avons dit, pour être exact, pour compléter ce que vous venez de dire, qui est tout à fait exact, nous avons dit que les compromis dans une démocratie se faisaient avec l'Assemblée nationale, qui votent ensuite les textes de loi qui sont proposés par un gouvernement qui aurait pu être Nouveau Front Populaire si Emmanuel Macron avait respecté le résultat des urnes, et que donc c'était à cet endroit-là qu'on construisait les compromis. Mais je veux quand même vous alerter sur quelque chose, Mme de Malherbe.

Cela fait plus d'un an que le camp qui a perdu les élections législatives, qu'il avait lui-même provoquées, applique le programme, tout le programme, rien que le programme, d'un programme qui a été pourtant largement battu dans les urnes, et qui a utilisé l'ensemble des outils antidémocratiques, 49-3, 49-2, vote bloqué, pour faire passer en force des mesures dont plus personne ne voulait. Donc moi je veux bien que maintenant on nous fasse des leçons de compromis, mais dans une démocratie, le Premier ministre se présente avec un vote de confiance devant l'Assemblée nationale, et ensuite les compromis se construisent à l'Assemblée nationale.

11:32
Présentateur

Je vais vous poser la question de la motion de destitution que vous portez justement devant l'Assemblée tout à l'heure, mais je vais quand même au bout de cette logique quasi mathématique. Si, on a bien compris, s'il n'y avait vraiment que écolos, communistes, socialistes dans le gouvernement, et pas un seul macroniste avec qui ils auraient trouvé, ou même liottes avec qui ils auraient trouvé un accord, dans ce cas-là vous lui laisserez une chance. Si à l'inverse, pour constituer ce gouvernement, il allait chercher des membres de liottes, ou des membres du camp macroniste, ou de la société civile, est-ce que dans ce cas-là vous diriez jusqu'à censurer un gouvernement fort,

12:08
Mathilde Panot

ou est-ce que simplement vous vous abstiendriez ? Écoutez, nous sommes en train de parler de quelque chose qui n'arrivera jamais. La seule manière pour Olivier Faure, ou je ne sais qui, d'être nommé comme Premier ministre, c'est de se contenter des miettes d'un pouvoir qui est en décomposition, où du coup il n'abrogerait pas la réforme de la retraite, il n'augmenterait pas le SMIC dans ce pays, il ne remettrait pas de l'argent dans les services publics.

Donc nous, nous sommes des opposants politiques au macroniste, nous sommes fidèles au mandat qui nous a été donné par les électeurs et les électrices, et donc nous censurons, lorsqu'il y aura une continuité de la politique macroniste, fidèles à ce que nous a donné comme mandat le peuple de France. Est-ce que vous demandez ce matin aux socialistes de lâcher l'affaire, d'arrêter de s'accrocher, d'arrêter d'essayer ? En tout cas, moi je dis aux socialistes qu'aujourd'hui, ce qui se passe très clairement et qu'on a vu la semaine dernière à l'Assemblée nationale, c'est que le bloc bourgeois, le bloc macroniste, pactise avec l'extrême droite.

On va parler de la motion de destitution, mais vous avez peut-être vu dans la presse que le RN s'apprêterait à ne pas voter en faveur de la destitution ce matin au bureau, donc pour que tout le monde comprenne, la motion de destitution... Expliquez bien, cette motion de destitution,

13:19
Présentateur

elle est à votre origine, mais elle a besoin d'être d'abord validée par le bureau à l'Assemblée nationale, et ensuite, si toutefois elle était présentée, il faudrait qu'elle obtienne les deux tiers, non seulement de l'Assemblée, mais également du Sénat. Donc le chemin est long, mais il commence ce matin.

13:35
Mathilde Panot

Alors, il commence ce matin, nous avions d'ores et déjà l'année dernière déposé une motion de destitution, mais cette fois-ci, nous sommes 104 parlementaires à la déposer, c'est-à-dire plus de la majorité des députés qui ont été élus sur le programme du Nouveau Front Populaire. Donc, nous sommes 104 parlementaires, cela doit passer l'étape du bureau. Au bureau, on ne demande pas aux gens du membre du bureau, aux députés, d'être d'accord ou pas d'accord avec la destitution, on leur demande de pouvoir l'examiner. Et dans un moment aussi grave, aussi inédit politiquement que celui que nous sommes en train de vivre, nous avons besoin que chacun et chacune puissent se positionner.

Donc, chaque formation politique va être face à ses responsabilités, et lorsque j'entends que le RN ne voterait pas en faveur de la motion de destitution, je rappelle que déjà, il y a un an, c'est Marine Le Pen qui a empêché d'avoir une discussion et un vote en hémicycle sur la destitution du président de la République. Et donc, je le dis... Vous soupçonnez quoi ? Eh bien, ce sont des hypocrites. Ce sont des hypocrites. Alors, peut-être est-ce le deal qu'ils ont passé avec les macronistes concernant les petits postes qu'ils ont eus à l'Assemblée nationale la semaine dernière.

Mais en tout cas, on voit bien que, comme d'habitude, l'extrême droite est l'assurance-vie du système, et va participer, s'il vote vraiment cela, à un sauvetage d'Emmanuel Macron. Vous avez donc peu d'espoir que votre motion de destitution soit adoptée aujourd'hui ? Eh bien, nous verrons, mais quand j'entends par exemple qu'Édouard Philippe est favorable à une présidentielle anticipée, J'allais vous le dire, vous avez un nouvel allié. Il peut le formaliser par ses députés à l'Assemblée nationale. Donc, je n'ai pas peu d'espoir, je mène le combat, et je rappelle que nous pouvons déposer des motions de destitution, autant de motions de destitution que possible et que nécessaire.

15:07
Présentateur

Vous invitez les députés horizon à être cohérents avec ce que disait Édouard Philippe, et donc à permettre que cette motion de destitution soit examinée ?

15:14
Mathilde Panot

Mais j'invite tout le monde à comprendre qu'aujourd'hui, le blocage, et tout le monde le comprend dans le pays, vient d'un homme seul qui décide contre tout un peuple. Donc, nous avons un problème avec l'hyper-présidentialisme d'Emmanuel Macron, qui doit donc partir pour pouvoir aider le pays à sortir par le haut de l'impasse dans lequel il a plongé le pays. Et je le dis aussi, nous, nous sommes toujours, et plus que jamais, les partisans de la VIème République, de la constituante, du référendum d'initiative citoyenne, parce que, par exemple, si nous avions déjà le référendum révocatoire dans le pays, il y a fort longtemps qu'Emmanuel Macron serait parti.

C'est qui la gauche, Mathilde Panot ? Eh bien, c'est ceux qui restent fidèles au programme du Nouveau Front Populaire. Et je le dis vraiment avec une force et une conviction très fortes, je crois que seule la gauche de rupture peut empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir. Donc, ceux qui feront des arrangements d'une manière ou d'une autre pour sauver Emmanuel Macron seront balayés par l'histoire. Donc, ceux qui restent fidèles au programme du Nouveau Front Populaire et à la parole donnée devant les électeurs et les électriques.

16:11
Présentateur

Ça veut donc dire qu'à vos yeux, et les mots de Jean-Luc Mélenchon hier ont été très forts, à propos du Parti Socialiste, en gros, il disait « Not in my name », pas en mon nom. Il ne représente plus la gauche. Est-ce que le Parti Socialiste, aujourd'hui, à vos yeux, peut se qualifier de gauche ?

16:25
Mathilde Panot

Mais écoutez, il y a un an, nous défendions ensemble, vous l'avez dit, à la fois un programme, une candidate commune à Matignon, qui était Lucie Casté. C'est quand même du mal à comprendre que vous auriez voulu une Lucie Casté

16:36
Présentateur

et si vous aviez un Olivier Faure, vous lui dites « Non, je ne vois pas pourquoi elle, ce serait oui et lui, ce serait non ».

16:41
Mathilde Panot

Il s'est passé un an depuis. Déjà, vous avez remarqué qu'Olivier Faure s'est autoproclamé tout seul candidat à Matignon. Pas seulement lui, mais enfin, il dit « S'il nous appelle, on est là ». La deuxième chose, c'est qu'aujourd'hui, vous avez un Parti Socialiste qui a abandonné le programme du Nouveau Front Populaire. Donc, pourquoi faisons-nous de la politique ? Nous faisons de la politique parce que ce programme répond à des besoins des gens.

Il répond à des besoins avec des milliers d'enfants qui se trouvent à la rue, avec des milliers d'enfants sans solution de scolarisation parce qu'il manque d'accompagnatrices d'élèves en situation de handicap à qui on n'a jamais donné un statut dans ce pays. Est-ce qu'ils sont de gauche ? Est-ce que les socialistes, aujourd'hui, sont de gauche ? Mais c'est à eux de le déterminer. Mais est-ce que vous, vous êtes humain qu'ils sont encore de gauche ? Lorsqu'ils continuent de pactiser avec la Macronie, lorsqu'ils refusent par six fois de censurer le gouvernement Bayrou, alors je crois qu'ils abandonnent la gauche.

17:29
Présentateur

C'est donc la rupture ou rien ce matin ?

17:33
Mathilde Panot

C'est ça ce que vous nous dites Mathilde Panot ? Oui, la rupture ou rien, oui, je n'ai aucun problème à dire ça. Et quand je vous dis qu'ils font perdre du temps au pays, si les socialistes, comme les communistes, les ultramarins, les écologistes et les insoumis avaient censuré dès le premier jour le gouvernement Bayrou, nous aurions gagné huit mois pour le pays. Donc il s'agit de cela. Nous sommes face à des urgences absolues. La misère augmente dans ce pays de manière démentielle. Nous avons encore franchi une énième limite planétaire sur la question du dérèglement climatique. La guerre menace.

Vous croyez vraiment qu'on va continuer à perdre du temps avec un président qui coûte que coûte veut continuer sa politique ? Donc le nœud se trouve aujourd'hui à l'Elysée. Le problème n'est pas l'Assemblée. Le problème n'est pas les citoyens. Le problème c'est l'Elysée et Emmanuel Macron. Et donc il doit partir. Merci Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale d'avoir répondu à mes questions.