Mathilde Panot, présidente du groupe "LFI-NFP" à l'Assemblée nationale - 06/07
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Merci d'être avec nous, vous êtes bien sûr BFM Politique, notre invitée ce matin, la patronne des députés de la France Insoumise à l'Assemblée Nationale, Mathilde Panot, bienvenue à mes côtés pour vous interroger, Amandine Attalaya, éditorialiste politique BFM TV, et Jules Pécnard de La Tribune Dimanche, notre partenaire pour cette émission.
Alors on a de nombreux thèmes à évoquer avec vous, la politique étrangère évidemment, menée notamment par Donald Trump, la question, on le disait effectivement, du budget, la question de la sécurité également, sécurité écologique qui justement se confronte parfois avec hier cette mobilisation des opposants au chantier de l'autoroute A69, manifestation qui avait été interdite par la préfecture, en tout cas pas autorisée, qui a dégénéré en fin de journée avec un affrontement avec les forces de l'ordre.
Le préfet Dutarn a mis en avant ce que les forces de l'ordre ont pu retrouver justement, ce qui leur a été balancé dessus, on a vu des haches, des boules de pétanque, tout un certain nombre de choses qu'on ne voit pas normalement dans des manifestations qui se voudraient pacifiques. Est-ce que ce matin, vous condamnez ou pas ces agissements ?
Écoutez, nous avons un problème dans notre pays que nous avons vu à Sainte-Sauline, que nous avons vu dans les manifestations des Gilets jaunes avec des gens qui ont perdu leurs mains, leurs oeils en manifestant avec les Gilets jaunes. Et maintenant, à la 69, où le rapporteur spécial des Nations Unies pour les défenseurs de l'environnement est venu l'année dernière dire que la France était aujourd'hui le pire pays d'Europe sur la criminalisation des militants écologistes. Donc je crois que ce qui arrive dans notre pays doit nous interroger sur la manière dont est organisé justement le maintien des manifestations, avec des choses qu'on ne voit nulle part ailleurs en Europe.
Et c'est ça que je crois qu'il faut condamner, avec une situation, je veux quand même le dire sur la 69, qui est ubuesque, puisque la 69, donc cette autoroute, pour que tout le monde comprenne, qui doit faire gagner seulement 15 minutes de temps en artificialisant, c'est-à-dire en bétonnant 360 hectares de terres agricoles et de terres naturelles, donc qui sont complètement à l'encontre des objectifs écologiques que doit se donner notre pays, eh bien cette autoroute a été jugée illégale par la justice, avec un tribunal qui a ensuite dit que le chantier pouvait reprendre, mais en ne jugeant pas sur le fond, avec toujours une décision qui dit que c'est illégal, donc il faut faire respecter l'état de droit, et que le tribunal d'appel de Toulouse puisse statuer immédiatement sur le fond.
Ça sera avant la fin de l'année, effectivement, cet examen. Mais je repense ce que vous disiez, Mathilde Panot, donc ce matin, vous condamnez l'action des forces de l'ordre, vous ne condamnez pas les manifestants qui leur ont jeté des boules de pétanque, du H, on va voir ce que le préfet, notamment du Tarn, a mis en avant, vous ne condamnez pas l'action de ces militants ?
Non, je condamne l'action d'un gouvernement qui pousse, justement, à ce qu'il y ait des affrontements extrêmement violents, comme on l'avait vu à Sainte-Sauline, avec 4000 grenades qui avaient été lancées, notamment des rapports des institutions internationales qui montrent que les secours ont été empêchés, et je vais vous dire, nous, nous sommes toujours du côté Pourquoi est-ce qu'il a poussé le gouvernement aux violences, Mathilde Panot ?
Parce que c'est une manifestation qui, normalement, n'était pas autorisée, sauf sur un espace privé autour d'un château prêté par un propriétaire.
Mais alors, pourquoi est-ce que ça pousse à des affrontements ? D'abord, je le dis, il n'y a qu'en France qu'on voit cela. Et je veux d'abord dire que l'immense majorité des manifestants qui manifestaient contre la 69 étaient des manifestants absolument pacifiques. Pourquoi est-ce qu'il pousse à ça ? Il n'autorise pas la manifestation. Ils ne mettent pas en place ce qu'il faut pour qu'ensuite, la manifestation puisse bien se dérouler. Et on voit maintenant, trop souvent dans notre pays, des affrontements qui tournent, y compris à des drames qui auraient pu être mortels. Forcément, quand on voit ce tirail, Mathilde Panot, Je vais aller jusqu'au bout. Pourquoi est-ce que c'est grave ?
Pourquoi est-ce que ces manifestants veulent être pacifistes ? L'immense majorité, si, si, est pacifiste. D'ailleurs, tous vos confrères l'ont dit lorsqu'ils ont fait le report sur...
Mathilde Panot, c'était peut-être pas le cas de tous, mais regardez juste ces images qui ont été publiées par le préfet du Tarn hier. Quand on voit des... Alors voilà, les casques. On voit aussi des paires de ciseaux. On voit sur d'autres images des haches, des boules de pétanque. Des paires de ciseaux. Non mais des haches et des boules de pétanque. Des paires de ciseaux. Non mais vous allez voir. D'abord déjà, est-ce qu'on va manifester avec une paire de ciseaux ? Ça, je vous laisse libre de le savoir. Mais des haches... Non mais quand on voit des haches, des boules de pétanque, est-ce que c'est légitime d'aller balancer ça sur les forces de l'ordre ? Oui ou non ?
Mais certainement pas. Certainement pas. Mais encore une fois, il y a un problème avec la manière dont le gouvernement est en train de gérer ce dossier-là.
Est-ce que vous apportez ou non votre soutien aux forces de l'ordre ?
J'apporte mon soutien à tous ceux qui sont victimes de violences. Et ce ne sont pas seulement les forces de l'ordre. Michel Force, le rapporteur spécial de l'ONU, parle de privation de sommeil. Je condamne les ordres qui sont donnés par un gouvernement qui ne fait que la politique du fait accompli. Est-ce que vous vous rappelez du contournement autoroutier de Strasbourg ? Le contournement autoroutier de Strasbourg, il y a eu des manifestations partout pour empêcher que ce contournement autoroutier puisse être construit. Qu'a dit la justice ? La justice a dit que ce contournement autoroutier était illégal. Ne respectez pas les lois françaises. Problème, l'autoroute avait déjà été construite.
C'est ce qui est en train de se passer sur la 69. Donc moi, je veux bien, monsieur Daré, que vous m'expliquiez. Moi, je suis prête à condamner toutes les violences. Nous n'avons jamais prôné la violence.
Donc vous condamnez les violences d'hier ?
Oui, si vous voulez, je condamne toutes les violences. Mais moi, je dis, ceux qui sont responsables de la violence, c'est un gouvernement qui joue avec le fait accompli et qui est complètement à rebours de l'urgence écologique.
Juste à la panneau, vous disiez que le gouvernement ne met pas en place les conditions pour que la manifestation se déroule dans le calme. Tout à fait. Vous pensez sérieusement que si ces conditions avaient été réunies, d'ailleurs, qu'elles sont-elles, il n'y aurait pas eu de manifestants qui auraient amené des objets aussi dangereux ? Vous pensez que, voilà, il y en a...
Je ne sais pas. Vous pensez que, par exemple, je ne sais pas, en Allemagne, en Suisse, dans d'autres pays, il n'y a pas des manifestants qui amènent des choses dangereuses ? Pourquoi ça ne dégénère pas comme ça ? Pourquoi ? Peut-être parce que les ordres ne sont pas les mêmes. Peut-être parce que la manière de faire à la fois, par exemple, des sommations, par exemple, en Allemagne, vous avez des camions qui font des sommations que tout le monde entend. Bon, par exemple, ça, c'est des choses qui sont intéressantes.
Pourquoi est-ce que la France ne participe pas au groupe dans lequel participent 12 pays européens sur la manière dont on gère pacifiquement une manifestation, qui est un groupe au niveau européen qui explique des choses avec notamment des sociologues, qui sont des choses très claires, par exemple, qu'une foule est naturellement solidaire entre elles. Et donc, si vous parlez à un seul individu ou que vous chargez comme cela, eh bien, ça amène à des choses qui sont extrêmement graves.
Mathilde Panot, vous faites souvent des manifestations ? Très souvent. Est-ce que vous allez dans une manifestation avec une hache ou des boules de pétanque ?
Mais non, mais non. Je ne vais pas en manifestation avec une hache et une boule de pétanque. Vous voulez que je vous le dise ? Je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on vienne avec des haches et des boules de pétanque. Voilà. C'est clair. Ça mérite de faire.
Est-ce que vous pensez néanmoins que la défense de l'écologie dans les années à venir passera par de la désobéissance civile ? Est-ce que vous l'encouragez, même cette désobéissance civile comme une forme de combat contre ce que l'État voudrait faire aujourd'hui ?
Oui, je pense que ça passera par de la désobéissance civile. Et je veux dire que là, nous sommes comme d'habitude en train de parler des soi-disant violences. Vous avez parlé de barbares tout à l'heure ou je ne sais plus quel mot. Oui, ministre de l'Intérieur qui parlait d'éco-terroristes à l'époque, etc. Ça, c'était Gérald Barman. Qui a tenté de soulever, de dissoudre les soulèvements de la terre. Je n'ai jamais vu dans notre pays de tenter de dissoudre un mouvement écologiste, ce qui, fort heureusement, a été cassé par la justice.
Mais il faut quand même réaliser que ce dont nous devrions tous parler, y compris sur ce plateau, c'est que les scientifiques alertent depuis des années, mais notamment depuis dix jours, sur le fait que le plus 1,5 degré de réchauffement est désormais inéluctable. Qui était l'objectif donné aux accords de Paris. Et qu'on parle pour 2040 de plus 4 degrés. Voilà ce dont on est en train de parler. Je veux dire, c'est la question de savoir si nous gardons un écosystème compatible avec la vie humaine.
La question des manifestants que nous avons vus hier s'affronter avec les forces de l'arme est à vos yeux légitime ou non ?
Moi, je soutiens pleinement et entièrement ceux qui ont manifesté hier, je le redis, à leur immense majorité pacifiquement et qui tentent par tous les moyens d'empêcher une autoroute qui n'a aucun sens, qui n'a aucun sens, qui n'a aucune utilité et qui va encore bétonner des terres agricoles. Alors que vous avez vu ce qu'ont fait les pluies diluviennes il y a quelques jours avec deux morts dans notre pays et que cela ne va pas s'arrêter.
Pour vous, c'était des militants écologistes ou des casseurs ?
Moi, je ne sais pas. Dans chaque manifestation, vous avez des gens qui tentent d'aller à l'affrontement avec les forces de l'ordre et dans tous les pays, on arrive à faire en sorte de séparer ceux qui sont là pour peut-être casser et ceux qui manifestent avec des revendications très fortes.
des militants de la cause écologique mais des groupes de barbares sans limite.
Non mais, il faut arrêter en fait. Il faut arrêter. C'est scandaleux en fait de toujours aller vers une escalade comme ça parce que qu'est-ce qu'on cherche à faire en faisant cela ? On cherche à discréditer les milliers de personnes qui manifestent et qui revendiquent pour dire qu'il n'est pas possible dans notre pays d'être toujours sur la politique du fait accompli. Je ne sais pas si vous réalisez ce que ça veut dire. On vient de vivre un épisode caniculaire. Dans cet épisode caniculaire, il y a chaque année des milliers de personnes qui meurent du fait de la caniculaire. On y va voir dans quelques instants
vous avez un plan avec 13 propositions spéciales. Alors on voit ce qui s'est passé hier. C'est la question de la sécurité aussi de la sécurité du quotidien. Ce matin, le gouvernement par la voix du ministre qui est à côté de Bruno Rotaillou qui est du ministre délégué à l'intérieur qui s'appelle François-Noël Buffet dévoile des propositions pour la police municipale. Très concrètement, le gouvernement veut donner plus de pouvoir à cette police municipale. Demain, si ce qu'il souhaite est adopté, les policiers municipaux pourront fouiller les véhicules, ouvrir les coffres, saisir les objets dangereux.
Je souhaite aussi que les policiers municipaux puissent par exemple dresser des amendes pour ce qui relève effectivement de l'aspect délictuel, par exemple les stupéfiants. Est-ce que c'est une bonne chose ? Est-ce que vous voterez ces mesures ?
Certainement pas. Et je vais vous dire, ça va même être l'objet dans nos campagnes municipales de dire que nous ne voulons pas de police du maire mais que nous voulons une police républicaine qui est un service public pour les citoyens et les citoyennes. Pourquoi vous ne votez pas ça ? Parce que ce sont des ruptures d'égalité et nous, nous voulons que la police municipale soit réintégrée dans la police nationale avec une police de proximité.
Je rappelle que la sécurité est une prérogative de l'État, une prérogative républicaine qui revient à l'État et donc nous ne sommes pas d'accord avec le fait qu'ici et là, il y ait des polices municipales qui en sont en plus fortement armées et qui coûtent extrêmement cher aux collectivités au détriment de d'autres politiques, notamment de politiques sociales.
C'est-à-dire que vous souhaitez que les polices municipales soient à rebours de ce qui se passe en ce moment ? Elles sont de plus en plus armées, soient désarmées ?
Je pense qu'une police municipale de proximité n'a pas besoin d'être armée, effectivement. Et c'est le sens de ce que nous avions dit sur le fait de refonder la police de la cave au grenier. Lorsque vous faites une police de proximité en allant discuter avec les commerçants, en allant faire de la médiation à des endroits, en allant arrêter effectivement un flagrant délit à des moments sur des choses, eh bien d'abord il faut avoir la formation d'un policier national et parce que vous savez qu'ils n'ont pas les mêmes formations et que du coup ça crée des inégalités de traitement entre les citoyens. Ça c'est la première chose.
Et la deuxième chose, oui je pense qu'ils n'ont pas besoin d'être armés.
Et vous savez que leurs missions sont de plus en plus complexes, notamment la lutte contre une criminalité plus forte, contre une délinquance plus forte, contre des trafics de drogue qui se développent dans des petites villes, dans des villes moyennes. Comment est-ce qu'ils font s'ils sont désarmés, ces policiers municipaux sont un peu seuls au monde dans ce cas-là ?
Non, puisqu'ils sont réintégrés dans la police nationale, je viens de le dire. Mais néanmoins non armés, de vos voeux ? Pour la police de proximité, là je parle. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas une police nationale qui n'est pas armée. Mais sur les propositions très concrètes qui sont évoquées... Mais une police de proximité, à quoi ça sert ? À une police de proximité, ça sert, et d'ailleurs ça a existé dans notre pays, ça a fonctionné extrêmement bien et nous regrettons qu'elle ait été démantelée. La police de proximité sert à créer du lien avec les habitants et justement à pouvoir par exemple investiguer sur des choses avec des habitants qui vous disent des choses.
Donc d'être un service public. Vous savez qu'en Espagne, par exemple, le service public de la police est souvent contrôlé par les habitants eux-mêmes. C'est-à-dire qu'il y a des réunions avec les habitants, donc on remet le fait que ça soit un service public avec des habitants qui peuvent faire un retour sur ce qui se passe avec la police et qui recréent des liens de confiance. Le problème que nous avons dans notre pays, c'est qu'il y a un lien de confiance qui est brisé avec la police.
Au-delà du lien, vous parlez du lien de confiance, là vous parlez de la campagne des municipales, vous pensez vraiment que c'est ce qu'une majorité d'électeurs français veulent, c'est-à-dire une police de proximité ?
Je pense que...
Mais des armées, vous pensez que c'est audible ça aujourd'hui ?
Je pense que oui, la majorité des citoyens...
Vu les chiffres de la criminalité, de la petite délinquance...
Je peux répondre ? Oui, bien sûr, bien sûr. Je pense que la majorité des citoyens de ce pays veulent avoir le droit à la sûreté et faire croire avec des choses populistes comme la police municipale ou le nombre de camarades de surveillance qu'on met partout dont personne n'a jamais réussi à prouver, prouvez-moi le contraire, qu'elles ont une efficacité. Eh bien, cela ne réglera rien. Donc, si elles font...
Si elles font une efficacité, par exemple, lors des rodéos urbains, les policiers les réclament. Beaucoup de mères les mettent en place.
Ça s'appelle la police de proximité. Quant au trafic de drogue dont vous parliez tout à l'heure, nous nous sommes opposés très fortement à la réforme de la police judiciaire qui a été faite par Darmanin et nous nous redisons que la première des choses qu'il faut faire, c'est s'attaquer à la tête des réseaux et notamment avoir des policiers d'investigation sur les questions.
Au-delà même de l'armement, pourquoi ça vous pose problème que demain, les policiers municipaux puissent éventuellement fouiller les véhicules, ouvrir les coffres, dresser des amendes pour des délits ?
Parce que, je vous le dis, je ne suis pas favorable à une police municipale où dans une ville, il y aura une police municipale avec des règles, dans une autre police municipale avec des règles et dans une troisième, il n'y aura pas de police municipale. Moi, je redis que la police est une prérogative de l'État où nous sommes pour la police nationale qui doit être renforcée par ailleurs dans ses effectifs.
Et alors, très concrètement, les municipales sont dans moins d'un an. Est-ce que ça veut dire que dans toutes les communes où demain, un maire de la France insoumise serait élu, il n'y aura plus de police municipale ou en tout cas, la police municipale ne sera soit pas armée si elle ne l'est pas, soit désarmée si elle l'est jusqu'à maintenant ?
Oui, ça fait partie de notre programme et encore une fois, nous, dans notre programme, nous avons mis sur les programmes de rupture un certain nombre de points clés. Notamment, nous voulons mettre des référendums d'initiatives citoyennes à l'échelle des municipalités. Nous voulons avoir, par exemple, la cantine gratuite alors que de plus en plus d'enfants, c'est le seul repas qu'ils vont pouvoir manger à ce moment-là ou encore dire que nous ne voulons pas que l'eau, par exemple, soit en délégation de services au privé avec des multinationales comme Veolia et d'autres et qu'elle soit gérée en régie publique de l'eau. Mais sur cette question
de la police municipale, c'est-à-dire que vous dites aux habitants de communes qui nous écoutent qui peut-être demain auront une liste dans leur municipalité, dans leur ville. Si vous élisez un maire de la France insoumise, nous désarmerons la police municipale de votre ville si elle est armée.
Oui. Oui. Et nous nous battrons pour qu'au niveau national, ils soient réintégrés dans la police nationale avec de la police de proximité.
Et vous enlèverez les caméras de vidéosurveillance aussi dans les villes où vous seriez élus où il y aurait des caméras ?
Écoutez, quand on arrivera et qu'il y a, vous savez, un certain nombre d'agents qui sont là de police municipale, on ne va pas les faire disparaître du jour au lendemain ni leur enlever leur travail du jour au lendemain. Mais les caméras de vidéosurveillance ? Et quant aux caméras de surveillance, là aussi, il faut voir dans le cadre des contrats, mais moi, je le redis, je ne suis pas favorable à ce qu'on mette des caméras de surveillance partout qui n'ont encore une fois jamais prouvé leur utilité.
Donc, il y aura un plan pour enlever les caméras de vidéosurveillance dans les villes où la France insoumise serait élue ?
Oui, mais en fait, ne faites pas semblant que c'est extrêmement choquant de proposer ça. Je vais vous dire, tous ceux qui ont mis de la police municipale à Touva, qui l'ont surarmé à Touva et qui ont mis des caméras de surveillance, qu'est-ce que ça a créé ? Qu'est-ce que ça a créé ? Vous ne faites que de dire que la situation sécuritaire est catastrophique. Donc, ce ne sont pas des solutions. Ce ne sont pas des solutions. Une partie de l'électorat populaire
qui votait à gauche est partie au Rassemblement national pour davantage, positifement, de mesures sur la sécurité. C'est disons.
Non, non, non, ce n'est pas un fait. Et pour le coup, vous pouvez lire, par exemple, Piketty et KG qui montrent que l'électorat est beaucoup plus populaire, par exemple, pour Jean-Luc Mélenchon que pour Marine Le Pen. Mais bon, passons là-dessus. Mais ce que je suis en train de dire, c'est que toutes les mêmes solutions qui sont toujours de dire nous allons faire une surenchère, nous allons faire des grandes opérations place nette, tout cela est un échec patent. Et donc, la question qui est posée, c'est comment on s'y prend ? Parce qu'effectivement, tout le monde a le droit à la sûreté dans notre pays. Eh bien, par exemple, dans le droit à la sûreté, il y a la question de la prévention.
N'êtes-vous pas choqués que partout dans des départements, on enlève ceux qui, justement, étaient les médiateurs de rue, faisaient de la prévention pour suivre des familles à qui on enlève des moyens les uns après les autres ? Ne réfléchissez-vous pas sur le fait que les associations sont en train d'être complètement asséchées financièrement et que, du coup, on se retrouve dans une situation où il n'y a plus les associations qui faisaient à la fois du lien social, de la prévention à des endroits ? Eh bien, c'est tout ça qu'il faut reconstruire pour pouvoir faire en sorte d'avoir un vrai droit à la sûreté.
L'aspect municipal, on l'a vu, est très important aussi dans la gestion de l'urgence climatique. On l'a vu cette semaine avec la canicule qui a touché la France et vous faites partie de ceux qui se sont montrés très critiques avec la gestion du gouvernement.
Oui, alors, il va y avoir peut-être, on nous annonce une troisième vague de chaleur dans les prochains jours. Au pic de la précédente, 84 départements étaient en vigilance orange. C'est record. D'abord, question simple, la réponse gouvernementale à cette canicule 2025, quelle a été-t-elle d'après vous ? Est-ce que vous avez trouvé le gouvernement à la hauteur ?
Non, elle est catastrophique et il y a une responsabilité. Aujourd'hui, ce n'est pas la chaleur qui tue, c'est l'inaction climatique qui tue. Et je rappelle qu'Emmanuel Macron a été condamné deux fois pour inaction climatique. Il a été condamné pour effondrement du vivant et multiple fois condamné sur la qualité de l'air. Je vais vous dire, quand vous voyez le nombre d'écoles qui ferment, par exemple, on doit se poser des questions pour savoir pourquoi la France n'est pas prête à affronter ces épisodes de chaleur qui vont se multiplier. Nous étions à la 51e vague de chaleur depuis 1945, depuis l'Afrique. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Donc, deux tiers se trouvent après 2000.
Donc, on sait que ça va se multiplier. Nous, nous avons proposé un plan canicule. Dans ce plan canicule, il y a à la fois des mesures d'urgence, mais il y a aussi cinq propositions de loi que nous avons demandées à inscrire à la session extraordinaire de l'Assemblée nationale. Par exemple, dedans, il y a la demande d'avoir un congé canicule pour les parents lorsqu'ils doivent garder leurs enfants pour qu'ils puissent être payés, même s'ils doivent garder les enfants.
Il y a une adaptation, c'est une loi qui a été faite avec la loi pour le logement des défavorisés, une adaptation des logements, notamment à la question des bouilloires thermiques dont souffrent 12 millions de personnes dans ce pays, ou encore une adaptation du Code du travail aux chaleurs extrêmes, puisque vous avez vu que, par exemple, lundi dernier, un homme de 35 ans est mort à Besançon sur un chantier et j'étais en train de discuter avec un travailleur sur le tarmac de l'aéroport qui m'a montré que là où il travaillait, il faisait 46 degrés.
Donc, il faut adapter le Code du travail et nous, nous demandons à ce que ça soit inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée, ce sont des mesures d'urgence.
Vous avez une réponse ?
Alors, nous n'avons pas de réponse, mais je vais vous dire que la semaine prochaine, nous avons la loi simplification qui est une loi trumpiste qui vise à supprimer je ne sais combien d'agences, atteindre au droit à l'environnement, au droit des travailleurs ou encore la loi pesticide qui va encore augmenter le nombre de cancers pédiatriques, notamment dans notre pays. Le cancer qui n'est aujourd'hui plus une maladie mais une épidémie. Eh bien, à la place de ces textes, on devrait examiner ce que nous, nous proposons. Vous parliez justement de... Pour l'instant, nous n'avons pas de réponse.
Vous évoquez à l'instant une loi trumpiste juste après la pub. Je vais vous demander, ça va peut-être justement vous faire bouillir, si Donald Trump mérite le prix Nobel de la paix quand on voit son action diplomatique. On se retrouve dans quelques instants sur BFMTV. Vous êtes bien sur BFM Politique. Notre invité, c'est Mathilde Panot, président du groupe de la France Insoumise. On évoquait il y a quelques instants justement la question de Donald Trump qui va recevoir cette semaine, demain, à la Maison Blanche, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou espère-t-il pour annoncer un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël.
Si c'est le cas, est-ce que vous direz merci et bravo Donald Trump ?
Non, certainement pas. Certainement pas puisque si le génocide a cours depuis maintenant 20 mois, c'est parce que les Etats-Unis ont choisi de continuer... Vous savez qu'il y a toujours une contestation
du terme génocide ?
Non, enfin, on ne va pas revenir là-dessus. Enfin, je veux dire, là, pour le coup, les instances internationales sont extrêmement claires dessus. Et ça l'a fait maintenant depuis plus que janvier, donc c'est-à-dire plus qu'un an et demi que la Cour pénale internationale ait dit risque génocidaire qui s'est ensuite doublée d'une famine utilisée comme arme de guerre. Vous avez vu que chaque jour, encore hier, il y a 35 Palestiniens complètement désarmés qui venaient juste chercher à manger pour leur famille sur des points de distribution qui sont celles de la fondation soutenue à la fois par Israël et par les Etats-Unis.
Si Donald Trump annonce demain un cessez-le-feu, est-ce que vous dites merci et bravo Donald Trump ?
Non, je ne dis pas merci et bravo Donald Trump parce que cela fait 20 mois maintenant qu'un génocide est en cours avec une volonté de détruire entièrement le peuple palestinien. Et évidemment, je me réjouirais s'il y a un cessez-le-feu parce qu'il faut que l'horreur cesse à Gaza. Mais Donald Trump est celui qui, par exemple, demande instantanément depuis plusieurs mois à ce qu'il y ait un plan de déportation des Palestiniens de Gaza en demandant à la Jordanie et à l'Égypte de les accueillir. Et Netanyahou continue aussi dans cette optique-là.
Et donc, je crois que ce qu'il faut faire prévaloir aujourd'hui, c'est le droit international et notamment qu'il y ait des sanctions contre Netanyahou et contre l'extrême-droite israélienne dont je rappelle qu'on a un président de la République qui dit tout et n'importe quoi. Il a d'abord dit qu'il souhaitait reconnaître l'État de Palestine depuis maintenant plus d'un an et il tergiverse toujours pour le faire. Et puis, un président qui dit qu'il souhaite qu'il y ait une modification dans l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, l'Union européenne premier partenaire commercial d'Israël.
Et cette semaine, alors que nous présentions une résolution sur cette question, eh bien, ses propres députés ont voté contre le fait juste respecter le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale contre Netanyahou.
Vous appelez au boycott des produits israéliens, par exemple, des entreprises israéliennes ?
Bien sûr, mais rendez-vous compte, il y a eu 17 trains de sanctions contre Vladimir Poutine sur l'agression et les violations du droit international depuis maintenant trois ans en Ukraine qui doivent impérativement cesser. 17 trains de sanctions, combien y en a-t-il eu contre Netanyahou ? Zéro. Zéro. Devant le premier génocide filmé en direct de l'histoire de l'humanité. Savez-vous contre qui se batte l'armée génocidaire de Netanyahou ? Contre des enfants. La moitié de la population de Gaza, c'est des enfants dont nous sommes en train de parler. Des enfants qui meurent de faim, des enfants qui meurent sous les bombes, des enfants qui meurent sous les débris.
Et c'est insupportable pour quiconque regarde ça parce qu'ainsi, la France n'a plus une voix qui est écoutée car elle a une défense du droit international qui est à géométrie et à géographie variable et je le regrette profondément.
En tout cas, ça pose la question de la politique étrangère menée par Donald Trump.
Oui, puisque sur le dossier iranien, les États-Unis se sont engagés avec des frappes. Est-ce qu'aujourd'hui, vous pensez que le monde est plus sûr maintenant que l'Iran a ses capacités nucléaires réduites à défaut d'être détruites ?
C'est un excellent résultat. Donc, violation du droit international. Derrière, que s'est-il passé ? Il faut dire la suite. L'Iran a décidé de sortir de l'AIEA, donc de l'Agence sur l'énergie atomique, donc de sortir de tout moyen de surveillance qu'il pouvait y avoir. Je rappelle que c'est directement de la responsabilité de Trump, ça, personne ne le dit. Mais en 2018, c'est lui qui a décidé de sortir unilatéralement du traité sur la non-prolifération nucléaire que l'Iran à l'époque respectait scrupuleusement. Tout le monde le sait. Enfin, tout le monde le sait, non, on ne le dit pas beaucoup. Donc, c'est lui qui est responsable directement de ça.
Emmanuel Macron a essayé de le retenir à l'époque. Et derrière, vous avez eu des frappes israéliennes sur la prison d'Evin, dans lesquelles se trouvent Jacques Paris et Cécile Collère, donc deux otages français avec 71 personnes qui sont mortes, parce qu'il n'y a pas seulement les deux otages français. Il y a aussi toute la jeunesse iranienne qui est pour beaucoup condamnée à mort.
Deux otages français qui ont été inculpés cette semaine pour espionnage pour le compte du Mossad. Est-ce que vous jugez que la diplomatie française est à la hauteur et fait suffisamment ce qu'il faut pour les faire libérer ?
Écoutez, il faut impérativement les faire libérer. Et je vais vous dire le fait que la France ait cotisé à la guerre préventive sur la question de l'Iran avec des mensonges qui ont été dits, notamment que l'Iran serait au seuil d'avoir la bombe nucléaire, et bien en faisant cela, s'il y a guerre préventive, alors il n'y a plus des droits internationaux. Donc il faut faire respecter le droit international et il faut que la France puisse avoir une diplomatie qui est forte pour libérer Cécile Collère et Jacques Paris.
Vu le stade où nous en sommes, est-ce que vous souhaitez la chute du régime des Mollahs à ce stade ?
Mais moi, j'ai toujours combattu, nous n'avons jamais soutenu le régime des Ayatollahs, jamais. Moi-même, je m'arraine comme présidente de groupe parlementaire et comme députée, un citoyen iranien qui est condamné à mort depuis le mouvement Femmes, Vie, Liberté. Donc, nous ne les avons jamais soutenus. Mais si vous croyez un seul instant que c'est par des bombes qu'on libère un peuple, alors là, nous ne serons jamais d'accord avec cela. Savez-vous ce qu'est la leçon de l'Irak ? L'Irak où la France s'était honorée à ne pas participer en 2003.
La leçon de l'Irak, c'est que justement, en faisant croire qu'il y avait des armes de destruction massive dont tout le monde sait qu'elles n'ont jamais existé, mais en plus de cela, en disant qu'il fallait changer le régime de Saddam Hussein qui était effectivement tyrannique, eh bien, le résultat, c'est un million de morts, c'est l'Irak qui est toujours aujourd'hui déstabilisé 20 ans après, et c'est la naissance de Daesh qui est née de cette déstabilisation. Donc, maintenant, ça suffit d'agir comme cela en disant que n'importe quel pays a le droit de bombarder un autre pays. Nous ne sommes pas d'accord avec ça.
Et il faut revenir aux règles à la fois de l'ONU et aux règles du droit international. Et c'est comme ça que la France aura une voix écoutée
du Proche et Moyen-Orient est très présente dans le débat politique français. Le CRIF a pris pour cible la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon lors de son dîner annuel cette semaine. Le président du CRIF dit que notre priorité politique doit être de rendre, je cite, résiduelle l'influence politique de la France insoumise. Quand il évoque tour à tour certains de vos parlementaires européennes, par exemple, Rima Hassan ou français Thomas Porte, David Guiraud, Émeric Caron, le président du CRIF considère, je cite, qu'ils sont de faux amis des Palestiniens et de vrais ennemis de la République. Vous êtes des vrais ennemis de la République ?
Moi, je regrette la violence des propos du président du CRIF qui a dit, par exemple, que ceux qui combattaient le génocide qui est actuellement court en Palestine souhaitaient ce génocide par antisémitisme. Et je regrette d'autant plus, non pas ce qu'il n'a pas dit seulement jeudi soir à la tribune, mais ce qu'il n'a pas dit depuis 20 mois, c'est-à-dire qu'il n'a eu aucun mot pour les crimes de masse contre les Palestiniens, aucun mot sur la famine utilisée comme arme de guerre, aucun mot sur les violations du droit international.
Et je vais vous dire, moi, je le regrette d'autant plus que nous, nous ne serons jamais, mais alors jamais d'accord pour qu'on assimile nos concitoyens juifs dans ce pays avec la politique d'extrême droite génocidaire de Netanyahou. Je ne suis pas d'accord parce que c'est cela qui les met en danger. Et là, on voit l'objectif politique qui est celui du président du CRIF, c'est-à-dire d'aligner, de s'aligner sur le discours qui est tenu de Netanyahou. Pourquoi dit-il cela ? Il faut lui demander pourquoi il veut faire le porte-parole de Netanyahou. Je crois que, justement, il aurait d'autres choses à dire.
Et notamment, peut-être que le président du CRIF aurait pu parler de Caroline Parmentier qui est députée du Rassemblement National qui parle de lobby juif dans ses articles. Ou alors, il aurait pu parler de Marine Le Pen dont le plus grand regret de sa vie, a-t-elle dit récemment encore, est d'avoir exclu son père du Rassemblement National à l'époque Front National alors que c'est justement celui qui a été condamné à de multiples reprises, notamment pour négation de crimes contre l'humanité et du génocide avec le détail de l'histoire.
Autre point qui concerne la France en matière de politique internationale, Amandine.
Avec l'Algérie, puisqu'on a appris cette semaine que la peine de l'écrivain Boilem Sansal qui est emprisonné en Algérie a été confirmée. Cinq ans de prison et le président algérien Teboune a refusé une grâce. Qu'est-ce que ça vous inspire et comment vous qualifieriez ce régime algérien autoritaire à minima ? Est-ce que c'est une dictature même ?
Je pense qu'il y a oui, il y a un autoritarisme et nous, nous ne cessons de demander à la fois la libération de Boilem Sansal. Je parle aussi de Christophe Gleize qui cette semaine a écopé de sept ans de prison pour avoir juste fait son métier, c'est-à-dire son métier de journalisme pour apologie du terrorisme. Et donc nous, nous demandons la libération à la fois de Boilem Sansal de Christophe Gleize et j'ose espérer que peut-être le jour de la fête nationale il n'y ait pas eu de grâce présidentielle mais j'espère encore qu'il y ait une possibilité de sortir un homme qui par ailleurs est malade de prison en délit d'opinion.
Régime autoritaire, vous répondez à Amandine. Dictature, oui ou non ?
Non, mais en fait, arrêter le forçage, je vais vous dire pourquoi. Nous avons un ministre de l'Intérieur... Non, mais juste pour vous. Non, ce n'est pas une dictature. Nous avons un ministre de l'Intérieur, M. Rotaillot, qui souffre d'une algérophobie aiguë et qui ne cesse de vouloir monter en tension avec l'Algérie. Nous, je le dis, nous ne serons jamais d'accord avec cela. Nous avons beaucoup en commun avec les peuples du côté de la Méditerranée et notamment... C'est par la négociation avec l'Algérie
qu'on avance aujourd'hui. L'Algérie qui refuse de reprendre ses ressortissants algériens présents en France. Oui, je pense que c'est par la négociation. Vous trouvez que la méthode Rotaillot a bien fonctionné ? Et vous pensez que la négociation a mieux fonctionné avant ?
Je pense que la négociation fonctionne mieux.
Ce sont des échecs
quoi qu'il en soit ? Non, ce ne sont pas des échecs quoi qu'il en soit. Vous savez, on peut respecter nos autres partenaires. On peut sortir d'une forme de néocolonialisme qui existe toujours en France et qui est absolument insupportable. On le voit avec la Nouvelle-Calédonie. On le voit aussi avec d'autres territoires dits d'outre-mer et on le voit avec les relations avec les pays d'Afrique du Nord. Donc nous, nous ne sommes pas d'accord avec cela et nous ne serons jamais d'accord.
Est-ce que c'est de la diplomatie que l'un de vos députés est allé faire cette semaine en Algérie ?
Votre collègue Sébastien Delogu, député des Bouches-du-Rhône et probable candidat de LFI à Marseille. Alors, LFI a fait un communiqué là-dessus mais Sébastien Delogu a été interviewé de Christophe Glez, de M. Boualem-Sandsal mais a expliqué qu'il avait été bien accueilli, qu'en gros, tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Est-ce que vous réitérez que ce n'est pas votre ligne qu'il y est allé de lui-même sans vous en tenir informé ?
Oui, mais d'ailleurs, Sébastien Delogu l'a dit lui-même dans un communiqué. Il y a été pour des raisons personnelles, notamment pour se rendre sur la tombe de son grand-père.
Il s'est fait interviewé par la télévision d'État.
Oui, c'est pour ça que nous avons réaffirmé quelles étaient les positions de la France Insoumise et que donc ce voyage était un voyage personnel et non pas un voyage où il s'exprimait au nom à la fois du groupe parlementaire et du mouvement insoumis.
Mathilde Panot, le président de la République, Emmanuel Macron, s'est rendu hier, invité un peu surprise, au meeting des 10 ans des jeunes avec Macron. Il a fait passer quelques messages extrêmement clairs. Il dit notamment, je cite, « J'ai aussi besoin de vous dans les 2 ans, dans les 5 ans, dans les 10 ans qui viennent. » Comment vous comprenez cette phrase ? Emmanuel Macron prépare déjà son retour dans une candidature à la présidentielle de 2032 ou plus tard ?
Je pense qu'Emmanuel Macron essaye de mettre notre pays dans la fin du projet démocratique. Il n'a déjà pas respecté le résultat des urnes en juin et en juillet dernier. Et là, il explique qu'il n'a toujours pas compris que sa politique a été battue trois fois dans les urnes, qu'il restera dans l'histoire non seulement comme le président le plus autoritaire de la Ve République, mais en plus de ça, comme celui qui a ramené la France à l'état d'un pays qui a un dans la septième puissance économique au monde avec un Français sur trois
qui se prie régulièrement de repas pour nourrir ses enfants. En quoi ce serait antidémocratique ? Emmanuel Macron a parfaitement le droit s'il le souhaite de se représenter en 2032.
Il a tout à fait le droit, mais je pense qu'il ne comprend pas à quel point il est détesté dans le pays. Il ne comprend pas que la jeunesse de ce pays est massivement antiraciste, massivement anticapitaliste, a soif de justice sociale, est massivement féministe et est consciente des enjeux écologiques et que c'est pour cela qu'elle a voté pour la moitié pour le nouveau Front populaire en juin et en juillet dernier.
Donc il pourra faire bien ce qu'il lui souhaite, mais juste, Emmanuel Macron est aujourd'hui un président qui appartient au passé et dont nous avons hâte de tourner la page ainsi que de battre l'extrême droite puisqu'il est historiquement responsable de cette montée de l'extrême droite.
En parlant de pages, il y en a une autre qui se tourne ce mardi, c'est l'impossibilité pour Emmanuel Macron de dissoudre à nouveau l'Assemblée nationale. Il l'a fait en 2024. Est-ce que vous souhaitez, est-ce que la France insoumise souhaite que le président de la République dissolve à nouveau l'Assemblée nationale et déclenche à nouveau des législatives ?
Nous, nous n'avons pas peur du retour devant le peuple. Ce qui n'est pas le cas du Rassemblement national qui cette semaine encore a refusé de voter la censure sur la huitième fois.
Sébastien Chenu déclare dans le JDD aujourd'hui que le Rassemblement national souhaite une dissolution et une dissolution de l'Assemblée nationale.
C'est donc pour ça qu'ils n'ont pas voté la censure pour huit fois, qu'ils ont refusé de leur fait qu'on puisse discuter de la destitution du président de la République en hémicycle, qu'ils sont responsables du pire budget austeritaire qu'on n'ait jamais vu. Mais vous,
est-ce que vous appelez une dissolution, oui ou non ?
Mais oui, nous sommes d'accord avec le fait qu'on retourne devant le peuple. Et d'ailleurs, je le dis à tout le monde et à toutes celles et ceux qui nous écoutent, inscrivez-vous sur les listes électorales, vérifiez que vous êtes bien inscrits sur les listes électorales car il y a aujourd'hui 10 millions de nos concitoyens qui sont non inscrits ou mal inscrits alors qu'ils ont le droit de vote. Et donc, faites-le parce que ça sera utile au moment donné et dans les prochaines échéances
qui arrivent. Le RN donne rendez-vous à l'automne au moment du budget, effectivement. François Bayrou doit dévoiler ses pistes le 15 juillet. Concrètement, qu'est-ce que vous en attendez de ce rendez-vous ?
D'abord, moi, j'aimerais que l'Assemblée nationale puisse continuer de siéger pour qu'on puisse juste pouvoir discuter des pistes qui vont être annoncées. Vous demandez la prolongation de la session extranjère ? Bien sûr. D'ailleurs, j'ai dit des propositions de loi qu'on pourrait mettre dedans. La deuxième chose, c'est qu'aujourd'hui, cette semaine, sont tombés les masques puisque l'ensemble de la gauche de l'hémicycle a voté la censure du gouvernement Bayrou-Retailleau. Les seuls qui, aujourd'hui, permettent de maintenir la politique de malheur de Macron, c'est le Rassemblement national et l'extrême droite qui ont donc refusé de voter cette censure. Sauf que, juste un petit palau,
eux, ça ne les a jamais gênés de voter vos motions de censure. Parfois, c'est déjà arrivé. S'ils déposent, eux, une motion de censure à l'automne, est-ce que vous voteriez une motion de censure déposée par le RN ?
Si vous avez raté quelque chose, je crois, M. Daré, nous sommes plus nombreux qu'eux.
Oui.
Et donc, lorsque nous sommes plus nombreux qu'eux... Par LFI, le nouveau Front populaire. Oui, mais la motion qui est examinée en premier, c'est toujours la nôtre. Et donc, leurs motions de censure sont généralement absolument inutiles. Donc, la question ne se pose jamais. Pas par principe. Donc, ça, c'est la première chose. Donc, c'est eux qui permettent, aujourd'hui, à Emmanuel Macron et à François Bayrou de continuer encore leur politique de malheur pendant plus de deux mois. Mais ensuite, sur les annonces qui vont être faites le 15 juillet, on nous parle d'une année blanche. Une année blanche,
c'est-à-dire que pendant un an, on ne revalorise pas les prestations sociales, on ne revalorise pas, par exemple, les retraites à hauteur de l'inflation.
Par exemple, je vous donne des exemples pour que tout le monde comprenne. Si on fait une année blanche, par exemple, pour ceux qui reçoivent les APL, ça veut dire moins 70 euros par an pour ceux qui reçoivent les APL. Ça veut dire moins 120 euros par an pour ceux qui touchent le RSA ou, par exemple, pour ceux qui sont à l'allocation adultes handicapés, c'est moins 180 euros par an. Et vous dire, si cette année blanche se fait ou si on continue la politique austéritaire, alors on va tuer l'économie française. Parce que le moteur de l'économie française, c'est la consommation populaire.
Et c'est notamment ce que dit l'OFCE, c'est que ça fait peser un risque de récession sur l'économie française. Et donc, il faut aller chercher l'argent là où il est, dans la poche des plus riches. Et nous avons démontré l'hiver dernier que nous pouvions le faire en récupérant facilement, même très facilement, les 40 milliards d'euros d'économie qu'ils cherchent.
Alors, on a vu que la gauche, effectivement, s'était réunie pour voter une motion de censure cette semaine. Mais dans la perspective de la présidentielle, ce n'est pas encore le cas.
Non, parce que vous êtes extrêmement divisés aujourd'hui à gauche. On comprend que Raphaël Glucksmann va se lancer de son côté. Jean-Luc Mélenchon, certainement. Décision probablement après l'été. La gauche anti-LFI est en train d'essayer d'organiser une primaire. Comment est-ce que vous allez, avec tout ça, réussir à vous qualifier qui que ce soit pour le second tour de l'élection présidentielle ? Est-ce que finalement, celui qui va tirer son épingle du jeu, c'est Raphaël Glucksmann, in fine ?
Eh bien, d'abord, première chose, nous, nous continuerons à porter une constance autour de l'Union populaire, autour d'un programme de rupture. Et je le dis comme quelque chose qui est très important, parce que c'est ça qui permet, non seulement de tourner la page de la Macronie, mais aussi de battre l'extrême droite. Et peut-être, avez-vous vu, mais le groupe parlementaire que je préside est celui qui est le premier opposant à Macron, le premier opposant au RN, alors que la Macronie et le Rassemblement national votent ensemble à 76%, dans 76% des votes, est le plus cohérent politiquement. Donc nous continuerons autour de cette ligne-là.
Et je veux dire, ce qui vous explique qu'il faut absolument une primaire, où on se parlerait entre soi, alors que l'urgence est de parler au pays, font une erreur politique majeure.
Là, on parle de Marine Tondelier, de Clémentine Autain, de François Ruffin, François Ruffin avec Clémentine Autain, qui était à la France.
Ils font une erreur politique majeure, parce que l'urgence, c'est de parler justement à l'ensemble du pays. Et surtout, l'épisode de la résignation, on nous l'a déjà fait. En 2022, rappelez-vous, des gens main sur le cœur qui nous disaient que s'il y avait la possibilité d'avoir un candidat au second tour, alors ils retiraient leur candidature. Le résultat, c'est qu'à 420 000 voix, nous avons raté le second tour avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et que donc, il est tout à fait possible, lorsque les gens retournent massivement aux urnes, de pouvoir gagner.
C'est d'ailleurs ce qu'on a regardé du côté de Zoran Mamdani, qui a gagné les primaires démocrates, justement en ramenant des jeunes et des abstentionnistes à la primaire. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Vous avez vu que son concurrent qui a perdu, se présente quand même à la mairie de New York, preuve que les primaires sont vraiment une stratégie de défaite.
Raphaël Glucksmann, pourquoi est-ce qu'il ne pourrait pas incarner cette rupture avec Emmanuel Macron ?
Parce que je crois que dans ce que porte M. Glucksmann, et vous n'avez qu'à voir son programme, il y a sur les 30 mesures d'urgence qui étaient dans le programme du Nouveau Front Populaire, 21 qui ne se trouvent plus. Par exemple, le fait de revenir à la retraite à 62 ans et à 60 ans. Par exemple, le fait d'abroger Parcoursup. Et on pourrait continuer longtemps. Nous en avons fait une analyse et nous en avons dit donc que M. Glucksmann était aujourd'hui un autre Macron possible et que nous, nous voulons justement faire une rupture avec la politique qui est menée depuis des années.
Un autre Macron possible ? En quoi ?
Je pense que lorsque vous enlevez les trois quarts des mesures d'urgence du Nouveau Front Populaire, notamment le fait d'augmenter immédiatement le SMIC, etc., vous êtes plutôt dans une gauche d'accompagnement et nous, nous sommes plutôt une gauche du rupture.
Il n'est pas assez commode pour vous justement que Raphaël Glucksmann mène cette candidature un peu sur celle démocrate ?
Je crois que c'est la démocratie. C'est la démocratie et que les électeurs et les électrices trancheront. Mais je le redis, il ne faut pas céder à la résignation. Ce que nous, nous avons démontré dans les dernières années et que nous continuons de faire, c'est de montrer qu'un autre monde est toujours possible et que si tout le monde s'y met, nous pouvons les submerger dans les urnes, à la fois les macronistes et l'extrême droite et gagner ce pays.
Question assez rapide, est-ce que vous croyez à Dominique de Villepin dont on parle comme un éventuel candidat pour 2027 qui viendrait peut-être vous concurrencer dans les quartiers notamment ? Est-ce que c'est la droite populaire ?
Non, je ne crois pas qu'il viendrait nous concurrencer. On verra s'il est candidat. En tout cas, il en exprime le souhait. Moi, je veux redire que Dominique de Villepin est quelqu'un qui, je crois, nous a beaucoup aidés dans un moment où il y avait tellement peu de voix pour s'élever contre le génocide en cours en Palestine. Mais Dominique de Villepin est, comme vous l'avez dit très bien, un homme de droite qui ne propose rien de ce que nous proposons sur beaucoup des aspects. C'est celui qui a privatisé les autoroutes. C'est celui, et on pourrait continuer longtemps. Donc, je crois que non, nous ne sommes pas du tout sur la même offre politique qui est faite au pays.
C'est un homme de droite, d'après vous ? Oui, bien sûr.
Un homme de droite. Et d'ailleurs, j'invite la droite à se rappeler un peu de ce que pouvait être la droite républicaine à un moment. Et je pense que ce sont des adversaires politiques qui nous conviennent mieux sur la teneur des arguments que d'autres qui ne cessent de courir après l'extrême droite comme le fait M. Retailleau, M. Voquet et beaucoup d'autres.
Emmanuel Grégoire a été choisi cette semaine par les socialistes parisiens pour être le candidat des socialistes à la mairie de Paris lors des prochaines municipales. Est-ce qu'Emmanuel Grégoire est un partenaire ou un adversaire de la France Insoumise ?
Je crois que ça sera un concurrent à l'élection municipale et que nous avons beaucoup d'autres choses à proposer que ce que propose Emmanuel Grégoire dans la ligne du bilan qui a été celui de Mme Hidalgo.
Lui a expliqué qu'il ne voulait pas s'allier à la France Insoumise dans le cadre des élections municipales. Est-ce que l'inverse est vrai dans la perspective d'un second tour ? Est-ce que pour battre Rachida Dati par exemple ?
Je pense que du coup à partir du moment où vous dites cela tout a été tranché puisque eux-mêmes ne veulent pas et que nous ne partageons pas le bilan de Mme Hidalgo à Paris. Donc à partir de là je crois qu'encore une fois c'est normal dans une démocratie qu'il puisse s'exprimer différents projets politiques et notamment un projet politique qui explique qu'il n'est pas normal qu'à Paris on ait une ville aussi chère que cela où les gens doivent partir ailleurs pour pouvoir vivre dignement.
Certains soupçonnent Mme Chikirou de maintenir sa candidature dans une espèce de deal tacite avec Rachida Dati les deux s'entendent très bien pour en gros faciliter la victoire de Rachida Dati et donc les filles alliées
de Rachida Dati ? Bien sûr c'est pour ça que nous avons battu en début de semaine le projet de loi qui a été porté par Mme Rachida Dati sur le visuel public donc ce deal est tout à fait évident et comprendra tout le monde bon cela n'a aucun sens vous savez dans une élection vous présentez des projets politiques et ensuite les électeurs et les électrices tranchent c'est ça une élection le problème après c'est d'en respecter le résultat et c'est ce que n'a pas fait Emmanuel Macron et tout ce que nous vivons maintenant lorsqu'on parle du budget lorsqu'on parle du gouvernement vient de ce déni démocratique qui a été fait il y a un an dans ce pays et qui je crois est extrêmement dommageable
Mathilde Panot question courte réponse courte je vois ça réagit beaucoup ce matin dans les différentes émissions politiques suite aux propos notamment de François Bayrou cette semaine après le rapport notamment sur les violences dans les établissements scolaires et ce qui s'est passé à Bétarame le rapport qui a mis en avant je cite un défaut d'action de François Bayrou lui il dit manipulation politique c'est absolument le contraire de ce que j'ai fait
ben si moi je voulais d'abord saluer le travail remarquable qui a été fait par Paul Vannier qui a gagné cette commission d'enquête mais aussi par Violette Spilbout qui était la co-rapporteur Renaissance qui a montré qu'il y avait à la fois une omerta et une défaillance systématique de l'État qui ont mis des générations et des générations d'enfants en danger Qu'est-ce que vous demandez ? Qu'est-ce que vous dites
à François Bayrou ?
Ben nous nous demandons à ce qu'il y ait un parjure puisque M.
Bayrou a menti deux fois il a menti lorsqu'il a dit qu'il n'avait aucune connaissance des violences physiques a fortiori de violences sexuelles à Bétarame or on savait qu'il le savait depuis 1995 et 1998 et puis ensuite il s'est parjuré lors de la commission d'enquête dans un système qui continue l'omerta mais quand même pour que tout le monde réalise les défaillances dont on parle il y a eu en 6 ans 12 contrôles sur les 7500 établissements sous contrat catholique et lorsqu'on parle du lycée Averro-S musulman sous contrat dont le contrat a été rompu dont la justice a dit qu'il n'aurait pas dû être rompu on parle de 14 contrôles en 2 ans on voit bien la discrimination et l'islamophobie qui sous-tend tout cela et donc nous réclamons des contrôles beaucoup plus poussés sur ces établissements pour protéger les enfants et que plus jamais il n'y ait de bêtas rames
merci beaucoup Mathilde Panot d'avoir été notre invitée ce matin
Mathilde Panot