Débat Mélenchon-Hedebouw : La gauche en Europe face à la montée de l'autoritarisme - #ManiFiesta
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Ok, bonjour tout le monde, je vois qu'on est chaud pour ce débat, ça fait plaisir, bonjour. Alors c'est moi qui ai la tâche, l'honneur de modérer le débat ici avec nos deux grands orateurs.
Modérer, tu peux essayer moi.
On va essayer, je vais essayer d'en placer une, je vous raconte déjà pas l'ambiance dans les coulisses, ça va vraiment être compliqué. Alors je me présente, je suis Mathilde Elbakri, je suis membre de la Direction Nationale du PTB et de Médecine pour le Peuple qui co-organise Manifiesta. Bienvenue à tout le monde, bienvenue à tout le monde, bienvenue à cette débat sur le rôle de la gauche dans l'Europe contre l'autorité de l'autorité. En au nom de toute la plume de Manifiesta, je dois vous remercier les excuses. Il n'y a pas d'étonnement, il n'y a pas d'étonnement en n'y a pas d'étonnement en n'y a pas d'étonnement en n'y a pas d'étonnement.
Il y a eu beaucoup de enthousiasme sur ce débat, c'est qu'on est venu ici, sur le podium et sur la technologie, c'était impossible de rétablir une rétablissement. Donc, c'est vraiment une excuse pour que vous le savez, normalement, il y a un festival à 100% tueil. Donc, bonjour à tous et à tous, bienvenue, on va commencer tout de suite. Je pense que je ne dois plus vous présenter nos deux invités. Jean-Luc Mélenchon, qui est figure de prou de France Insoumise et président, et comme vous le savez sûrement, candidat aux présidentielles 2022. Et Raoul Hedebaud, porte-parole nationale, qui est aussi candidat à la présidentielle en France. Non, non, non, et député fédéral pour le QTD.
Ici, en Belgique, on le garde, Jean-Luc. Alors, je vous propose de se lancer direct avec la toute première question. On constate ces dernières années, tant au niveau des États européens que de l'Union européenne, une montée de l'autoritarisme en Europe. Ça se manifeste à différents niveaux, que ce soit au niveau socio-économique, avec les mesures qui sont imposées par les États membres, enfin aux États membres, pardon, mais aussi au niveau démocratique, avec une augmentation de la répression et plus particulièrement contre les mouvements sociaux. Et donc, ma question, c'est de savoir, est-ce que, premièrement, est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat ?
Et comment est-ce que cette évolution se concrétise dans vos pays respectifs ? Et quelle est l'analyse que vous faites de cette évolution ? Alors, je vais d'abord donner la parole à Raoul.
Ok, merci Mathilde. Tout d'abord, Jean-Luc, je voudrais te remercier d'avoir accepté notre invitation. Sache-le qu'en Belgique, on sait accueillir les dirigeants internationaux, même quand ils sont français. Ça me paraît clair, ça me paraît clair. Parce que, justement, c'est un véritable plaisir. Pour moi, j'ai eu l'occasion, la semaine passée, d'aller aux enfants. Mais quel vin de pourri ! Et donc, en gros, on a eu le plaisir de se rencontrer. Et je crois que c'est important d'avoir des moments où la gauche européenne se rencontre pour discuter ensemble de comment changer la situation en Europe pour les peuples du monde et les peuples européens. Voilà.
Alors, sur l'évolution de l'autoritarisme, je peux dire, en tout cas, qu'en Belgique, on voit une évolution inquiétante. On voit une évolution inquiétante. C'est qu'au nom de la protection des populations contre les effets de la pandémie, de plus en plus de mesures nous sont imposées en Belgique qui, en fait, enlèvent les peu de droits démocratiques qui nous restaient. Je vais vous prendre un exemple, je vous laisse de courant, mais on a voté au Parlement la fameuse loi pandémie. On verra, en fait, qu'en France, ils prennent même les mêmes noms, parfois.
La loi pandémie, c'est une loi, chers amis, chers camarades, c'est une loi qui permet, rien qu'au moment où le gouvernement décrète l'apparition d'une pandémie, d'enlever tous les pouvoirs du Parlement pour débattre des mesures qui sont prises. Il suffit que le gouvernement décrète l'état de pandémie, donc ça peut arriver dans les années à venir, ça va encore venir, etc., etc., pour que les parlementaires n'aient plus aucun droit au débat. Bon, on n'avait déjà pas beaucoup de choses à dire au Parlement, mais là, carrément, on n'a plus rien du tout. Et donc, c'est une des raisons pour lesquelles le PTB est le seul parti à avoir voté contre cette loi pandémie. Pourquoi ?
Parce qu'on voit que de plus en plus, on veut restreindre nos droits démocratiques. Et cet autoritarisme qu'on voit naître de plus en plus dans tous les pays européens, il a une base économique. Il a une base économique. C'est que de plus en plus, les multinationales concentrent de plus en plus de pouvoir. Si je peux... Jean-Luc, je peux citer Lénine ? Je vais citer... Mon Trotsky ? Oui, voilà. Quelqu'un comme Lénine avait déjà très bien décrit comment, au niveau économique, le pouvoir se concentre de plus en plus dans les mains d'acteurs économiques des multinationales. Ah non, c'est mieux dit par Jaurès. Ah, Jaurès, carrément. On revient toujours au français.
On a cinq minutes par réponse par orateur.
Ah, on est malvards, là. On est malvards, on est malvards. Non, et donc cette concentration de pouvoir qu'on a au niveau des multinationales se traduit dans une concentration du pouvoir politique aussi. Aujourd'hui, on a une situation dans le monde où deux compagnies aériennes construisent presque l'ensemble des avions dans le monde. Les bières produites dans le monde. Une bière sur trois dans le monde est produite par le groupe Inbev. On n'a jamais connu dans l'histoire de l'humanité une telle concentration de pouvoir. Et cette concentration de pouvoir, elle se retrouve aussi au niveau politique.
Et que ces multinationales concentrent au niveau des États européens de plus en plus de pouvoir. Et donc, chers amis, chers camarades, escruturés par ça, il y a aujourd'hui une volonté de pouvoir rompre avec ça. Les gauches radicales pourront dire qu'on veut reconquérir ce pouvoir qui aujourd'hui se trouve dans les États-majeurs des conseils d'administration multinationale pour reconquérir ce pouvoir populaire dans la mobilisation dans la rue avec des peuples qui prennent leur saur en main. C'est ça le message qu'on a donné les camarades.
Merci Raoul. Jean-Luc.
Bon, un premier mot évidemment pour vous dire le plaisir que j'ai à me trouver ici. C'est la première fois que je suis invité à un débat public en Belgique. Je veux vous dire quelle est l'importance à mes yeux de vous montrer la relation d'amitié et de fraternité qui existe avec notamment Raoul, puisque c'est lui que je connais et avec qui j'échange régulièrement. Nous ne sommes pas identiques. Le concept de parti frère est une chose qui a disparu avec le XXe siècle. Nous sommes tous devant les mêmes difficultés, les mêmes hésitations, la même recherche d'un chemin.
Et donc c'est pour ça que c'est si important que les relations personnelles nous permettent de surmonter l'extraordinaire pulvérisation à l'échelle internationale de nos forces. Car comme le disait Hugo Chavez, le capital s'est concentré, il a ses lieux organiques de production des idées et des orientations. Et nous, nous sommes complètement explosés alors que ce devrait être l'inverse. Parce que, évidemment, la condition du salariat et du peuple, qui sont deux choses légèrement différentes, sont de plus en plus identiques dans le monde.
Alors je partage le diagnostic de Raoul, je le complète en vous priant de m'excuser si ça paraît un peu abstrait, mais je crois que c'est notre devoir de bâtir notre conception du monde, notre stratégie et la tactique sur une pensée aussi claire et théorique que possible sur la réalité. Raoul vient de signaler l'extrême concentration du capital et des moyens de production dans quelques mains. Il en va de même pour la propriété de la richesse produite. Cette 25 personnes possède autant que la moitié de l'humanité. La moitié de l'humanité. Donc, en effet, ce sont des événements sans précédent. Mais à cette concentration correspond un modèle social.
Le capitalisme de notre époque a pulvérisé les relations sociales entre les gens. Il a bâti une société de la compétition générale de chacun contre tous, mais aussi de la pulvarisation des goûts apparentes. Veux-tu du yaourt à la banane ? Non, tu préfères au cassis, il y en a. Veux-tu ceci ou cela ? Il est là avec sa myriade de produits et il vous dit en quelque sorte, la liberté c'est moi, puisque je vous permets de choisir, tandis que vous autres, vous êtes là en train de ramener toujours les gens à des grandes catégories globalisantes, le peuple, les travailleurs, tout ça, pop, pop, pop, pop. Il n'y a que les individus qui comptent.
Donc pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, il y a une inversion de la façon des bases sur lesquelles fonctionne la société. Pendant des millénaires, la société a créé du lien, établi des liens entre les gens, renforcé ces liens par tous les moyens possibles. On en pense qu'on veut, de la façon avec laquelle elle créait ces liens et elle les renforçait, mais elle les bâtissait. Et pour la première fois, l'injonction sociale, c'est plus de liens. Chacun pour soi, et on verra bien ce qu'il y a derrière. Alors évidemment, aucune société humaine ne peut vivre sur un tel régime de compétition généralisée.
C'est pourquoi, en même temps que s'effondre l'idée qui est la seule capable de rassembler les êtres humains, c'est que nous sommes égaux en droit. Si vous enlevez cette idée, il ne vous reste plus rien. Pendant un siècle et demi, depuis la grande révolution chez nous en 1789, notre opposition avec la droite, c'était, eux, ils disaient, mais qu'est-ce que vous racontez ? L'égalité, ça n'existe pas. Il y a des gros, des mecs, des petits, des grands, des imbéciles et des très malins. Il y a des hommes et des femmes, ce qui est indépassable, paraît-il. Et donc, ça n'existe pas. Si vous faites un régime d'égalité, ça sera un régime de violence politique, puisque vous irez contre la nature.
Depuis la crise climatique, on sait que l'humanité a un destin commun, parce que si le changement climatique va au bout, tout le monde mourra. En tout cas, tous les êtres humains, peut-être pas les cafards et les fourmis, mais pour l'instant, nous sommes les représentants des êtres humains, principalement, même si les cafards et les fourmis sont aussi indispensables à la biodiversité que nous-mêmes.
Bref, nous sommes dans ce moment où, pour compenser l'explosion de la société qu'ils ont eux-mêmes organisée, ils sont obligés de mettre en place un régime, des régimes et des méthodes de plus en plus autoritaires, de contrôle, pour maintenir l'ordre social et l'ordre public auquel ils sont attachés. Et tout le vocabulaire y tend. Par exemple, on entend parler des forces de l'ordre. Alors que, au moins pour la France, chez vous, je sais que c'est une sorte de paradis, mais chez nous, l'ordre qu'elles maintiennent, en crevant les yeux à 32 personnes et ainsi de suite, il est très connoté socialement.
Donc voilà, l'autoritarisme ne vient pas de la méchanceté, mais découle de la nature du système politique qu'ils ont mis en place, qui est incompatible avec la vie en société. Ils ne peuvent donc maintenir les liens sociaux que de force. Je termine en vous donnant quelques exemples, parce que nous sommes sûrement un des exemples les plus pitoyables de toute l'Europe, en matière d'autoritarisme. D'abord, parce que nous avons une constitution qui est une monarchie présidentielle, qui donne des droits absolument invraisemblables à une personne toute seule.
Et là, dans la crise pandémique, comme vous, le président de la République et quelques autres, pour se soustraire à d'éventuelles difficultés, prend ses décisions en conseil de défense. Le conseil de défense est composé de militaires et de personnes qui ont fait venir là, mais il a surtout un avantage, c'est qu'il est lié par le secret défense. Donc, personne ne pourra savoir qui a proposé quoi et qui est responsable de quelles décisions. Ils ont donc inventé cette façon de faire qui est unique en Europe, je crois. Il n'y a pas d'autre endroit où on prétend que la lutte contre la pandémie est une question de nature militaire et secrète. Et ça, c'est le cœur de l'affaire.
Après, nous avons eu le pass sanitaire, et vous avez vu que, alors le pass sanitaire, moi j'ai voté contre, ainsi que tous les insoumis, parce qu'on pense surtout qu'il est dangereux, parce qu'il donne l'illusion que vous êtes en sécurité quand vous avez le pass sanitaire ou même que vous êtes vacciné. La vaccination réduit le risque, mais la vérité, c'est que le risque existe. Alors, tous ces éléments ont créé chez nous une société de contrôle généralisé. Et évidemment, la méthode de combat de nos adversaires, je terminerai là-dessus, est dure à démonter, parce que si vous êtes contre le pass sanitaire, ils vous accusent d'assassiner les gens.
Ils vous disent que c'est que vous êtes anti-vaccin, ce qui n'est pas mon cas, je suis vacciné. Et à chaque fois, ils essayent de tracer une délimitation. Chez nous, en France, c'est arrivé un sommet, puisque M. Macron a prétendu être le parti de la raison et de la science. Autrement dit, tous les autres sont des fous et des obscurantistes. Il y a une forme de radicalisation du discours politique qui interdit l'échange, qui interdit la discussion, puisqu'il y a d'un côté la vérité, de l'autre côté le mensonge, la folie et le reste. Alors, mon mot de fin, c'est ça. La liberté, pour nous, renforce la capacité d'une société à résister aux pandémies.
Raoul a très justement dit, des pandémies, vous en aurez encore d'autres. Et beaucoup d'autres. Pourquoi ? Parce que la cause essentielle, qui est la forme capitaliste de l'agriculture, provoque la destruction des milieux naturels. Et la contamination, ça s'appelle zoonose, c'est un nom un peu pédant, transmission des virus, des animaux sauvages, aux aminodonestiques. Et comme l'économie est globalisée, on n'a pas fini d'en voir. Nous pensons que les sociétés qui résisteront le mieux sont celles qui seront les plus unies. Et pour qu'elles soient unies, comme c'est anthropologiquement, je veux dire, dans l'histoire longue de l'humanité, quand ça va mal, les gens se serrent les coudes.
Au contraire de ce que croient les puissants, qui eux se bouffent entre eux. Et ils se serrent les coudes. Et donc, la liberté augmente la capacité, en impliquant les gens dans la décision, de bien résister aux grands défis. Par conséquent, l'idée d'égalité et l'idée de liberté sont des garanties de survie des sociétés, tandis que le néolibéralisme, la compétition de chacun contre tous, la concurrence libre et non faussée, minent de l'intérieur des sociétés et abaissent leur capacité de résistance face aux catastrophes.
Merci.
On va essayer.
Merci Jean-Luc. Je pense qu'on a eu des exemples très concrets de cette montée de l'autoritarisme, et plus particulièrement maintenant en pleine crise. Et on assiste aussi, malheureusement, dans plusieurs pays, à l'émergence inquiétante de l'extrême droite. Et donc ma question ici, c'est de savoir quel est le lien que vous faites, justement, entre l'autoritarisme au niveau global, au niveau européen, et l'émergence de l'extrême droite dans vos pays respectifs. En Belgique et en France, je pense qu'on a deux situations assez inquiétantes. Je vais commencer par toi, Jean-Luc, là-dessus.
Ah bon ? Bon.
Si tu veux, bien.
Oui, oui, bien sûr, bien sûr. Je t'ai promis d'être discipliné, donc je le dis à tout le monde. Je ne sais pas pourquoi ils craignaient que j'en fasse qu'à ma tête, comme si c'était mon habitude. Bon, nous ne devons pas avoir, sur l'extrême droite, d'abord un regard moral ou je ne sais quoi. Nous savons très bien ce qui nous sépare, pour toujours, d'elle. L'extrême droite et nous, nous sommes séparés par l'idée que nous pensons que l'égalité est un horizon nécessaire, utile à la société humaine, et qui correspond à une réalité. Les êtres humains sont semblables par leurs besoins, et par conséquent, ce sont les régimes égalitaires qui satisfont cette exigence-là.
Eux pensent que les êtres humains sont naturellement, spontanément inégaux du fait de leur couleur de peau, ou de leur religion, ou de leur société. Donc, nous sommes dans une contradiction frontale des visions du monde et des rapports aux individus. Ils n'ont aucun particulier attachement à la liberté. Nous, croyons-nous, qu'elle est fondamentale dans l'organisation des sociétés. Je mets ça de côté parce que vous le savez aussi bien que moi. Mais nous devons essayer de comprendre pourquoi ils apparaissent et à quel moment. Et il faut voir la fonction que remplit l'extrême droite pour le capitalisme de notre époque.
Le capitalisme, je l'ai décrit il y a un instant, lui ne peut pas proposer autre chose que l'accélération du circuit. Vous avez des sous, vous achetez quelque chose, ça lui donne des sous qui vous permet de racheter des choses, etc., etc. La circulation du capital est l'unique objectif du capitalisme lui-même. Et une circulation accélérée. Par contre, il faut produire quelque chose qui unifie la société. Le gros bâton, on l'a dit il y a un instant, et puis après, une idéologie commune. C'est-à-dire quelque chose à croire, tout le monde croit. Si vous ne donnez pas quelque chose à croire à tout le monde, ils vont finir par croire ce qu'on raconte nous, à savoir que l'égalité est préférable.
Donc, il leur faut fournir quelque chose qui, comme on dit de manière un peu pédante, essentialise les inégalités. C'est-à-dire, on dit, mais non, mais ça tient pas, ça tient à la nature des gens, à ce qu'ils sont du fait de leur couleur de peau ou de leur religion. Et tout ça a été inventé dans un bouquin en 1996, donc cinq ans après la chute du mur de Berlin et le fait que le néolibéralisme était devenu souverain dans le monde. Certains avaient dit, c'est la fin de l'histoire. Et ils ont inventé une théorie qui s'appelle le choc des civilisations, qui a été rédigé par Samuel Huntington et qui a servi ensuite de ligne idéologique à toutes les droites du monde.
Et le choc des civilisations, ça veut dire, il y a des gens qui ne peuvent pas faire autrement que de s'affronter à cause de leur religion. Donc comprenez, puisqu'on parle de l'extrême droite, pourquoi les musulmans sont leur ennemi numéro un. Parce que, justement, ça permet d'avoir un ennemi dont on suppose à l'avance qu'elle est la personne qui va renoncer à sa foi à personne. On connaît ce problème. Donc, ils font des musulmans l'ennemi, et évidemment, ils lui imputent tous les torts et tous les travers du monde. Comment on est l'extrême droite ? Parce qu'elle est l'agent numéro un du seul liant idéologique et social que propose le capitalisme de notre époque, la peur.
Regardez le nombre de productions culturelles faites sur la peur, le nombre de séries, le nombre de vidéos, le nombre de films, de romans qui tous reposent sur la peur du criminel, caché, pervers, secret, et tout ce système qui met en scène comme principal personnage un policier qui mène des enquêtes et nous en sommes tous souvent assez friands, sans nous rendre compte que nous participons à la construction d'une vision du monde.
L'extrême droite est là pour servir de la peur et le moyen de répondre à cette peur, c'est-à-dire l'opposition frontale entre les populations, entre des gens que leurs conditions sociales unifieraient s'ils n'étaient pas préoccupés, si on ne les obsédait pas de questions religieuses ou de questions de couleur de peau. Il y a des sociétés dans lesquelles l'action salariale est extrêmement difficile, je pense à nos camarades en Inde, parce que le système des castes oppose parfois dans un même travail celui qui conduit le bus qui est brahman et celui qui descend les bagages qui est intouchable.
Eh bien, c'est ça que l'extrême droite va propager, l'idée que dans le peuple il y a une division qui est insurmontable liée à la religion ou à la couleur de peau. C'est à ça qu'ils servent et c'est pourquoi vous en trouvez partout en Europe. L'extrême droite en France n'est pas venue d'une action militante de gens qui allaient sur le terrain, c'est venu directement par l'appareil médiatique qui a continuellement mis en scène les thèmes de l'extrême droite et qui continue et qui essaye de nous voler la prochaine présidentielle.
J'en donne qu'un exemple, le débat qui vient d'avoir les Verts qui a un certain panache est en débat, bon, il s'expose, eh bien, la première rencontre qu'ils font c'est avec le service public qui est une espèce de haut-parleur, de répondeur automatique du système gouvernemental et la moitié du débat des Verts c'était des questions sur la sécurité et l'immigration et d'une manière générale continuellement est entretenue l'idée qu'il y a là une urgence.
En France, nous en sommes à une loi, la moyenne, depuis 30 ans, une loi par an sur les sujets qui sont impactés par l'extrême droite, c'est-à-dire sécurité, terrorisme et immigration parce que pour eux, évidemment, tout ça nous ramène toujours au même point. Donc, nous devons d'abord considérer que l'extrême droite remplit une fonction, c'est le chien de garde de l'ordre social parce qu'il empêche la cohésion populaire. C'est sa fonction numéro un, tout le reste c'est du baratin. Et chez nous, nous voyons comment plus la crise avance, plus la société se disloque, sans doute comme chez vous.
Mais chez nous, il faut se rendre compte que le code du travail a été renversé au début du régime Macron. Par conséquent, maintenant, les accords sont par entreprise et ils s'imposent à tous ceux qui sont là, nonobstant la loi nationale sur les questions du travail. Donc, l'atomisation de la société française est extrêmement avancée. Dans la pandémie, nous avons vu pour la première fois des étudiants faire la queue parce qu'ils avaient faim et qu'ils allaient chercher à la soupe populaire. Donc, il y a un sous-bassement terrible de division, de pulvérisation de la société. Et le capitalisme, la droite, le macronisme et l'extrême droite, c'est une seule et même réalité.
Et aujourd'hui, elle a en France un intellectuel organique. Nous, on a intérêt à repérer à chaque fois qui est la source pour aller mener la lutte et dire « Oui, non, moi, je ne vous aiderai pas. Vos salades sur la sécurité, je ne marche pas. Vous êtes l'anti-France parce que c'est vous qui commencez à dire que les Français ne peuvent pas s'unifier, que ceux qui sont musulmans ne seront jamais des Français, que les autres ceci, que les autres... C'est vous qui êtes l'anti-France, c'est vous qui êtes l'anti-Nation, c'est vous qui êtes l'anti-Peuple parce que vous passez votre temps à opposer les gens les uns contre les autres.
En France, il y a un processus de zémurisation de toute la droite et même du macronisme parce que nous avons vu une chose incroyable, un président de la République dire que Pétain était un grand militaire et Maurras un grand intellectuel. Ce sont deux criminels, deux traîtres à la patrie et deux antisémites. Voilà ce que sont ces deux-là. Et aujourd'hui, on apprend que M. Macron a demandé une fiche sur l'immigration à M. Zemmour. Alors, je vais vous dire, j'ai dit, parce que Mme Le Pen, entre-temps, essaye de se donner l'allure du doux mouton dans la bergerie, alors la voilà, qui est là, les cheveux au vent, liberté, liberté chérie, mon oeil, c'est la sienne de liberté.
On sait très bien à quoi on a affaire. Mais comme les autres l'ont dédiabolisé, ils ont un problème, comment tenir le troupeau à la laisse, comment tenir les chiens à la laisse. Alors, voilà pourquoi ils ont produit un Zemmour qui réussit ce tour de fort, d'une part, de contaminer tous les esprits, mais en même temps, de presque faire passer Mme Le Pen pour une innocente, ce qu'elle ne sera jamais. Mais alors, ils ont entre eux des problèmes pour l'élection, tout ça. Moi, j'ai dit, à la fois, ils se sont mis d'accord pour faire un repas. J'ai dit que le survivant du pique-nique vienne me voir et puis je l'affronterai.
Alors elle, elle a trop peur, donc elle ne va pas s'y risquer, mais moi, je ferai avec l'autre s'il faut. Et moi, je vous demande à tous, la première, comme tout à l'heure, j'aurais dû vous le dire, quelle est la limite à l'exploitation capitaliste ? Est-ce qu'il y en a une ? Oui, il y en a une, la résistance. De la même manière, quelle est la première limite au racisme ? Eh bien, c'est la résistance individuelle que vous y opposez. Après, il y a la résistance collective. Mais si vous ne laissez pas dire une saloperie autour de vous, si vous clouez le bec de ceux qui sont racistes à l'instant même où ils le disent, alors vous contribuez à la lutte et à renverser le cours de l'histoire.
Par conséquent, nous autres, nous, ben ça va, je peux être candidat ici aussi. Bon, merci les amis. C'est ça que je veux vous dire. Nous pouvons et nous devons mener cette lutte sous tous ses aspects collectifs et individuels. Mais pas question de se réfugier juste en disant « Ah, ben c'est un problème politique que les chefs politiques s'en débrouillent ». Non, tout le monde peut s'en débrouiller et il faut aller affronter l'adversaire. Donc, ne laissez pas les fascistes discuter entre eux. Il faut aller se mettre là au milieu et dire « Expliquez-nous voir ». Pourquoi ? Compte tenu de ce qu'est la composition de la population belge.
Moi, je vais dire en France, en 1950, un Français sur dix avait un grand-père étranger. Aujourd'hui, c'est un sur quatre. Viens m'expliquer pourquoi mon grand-père ne méritait pas d'être mon grand-père et pourquoi moi, je ne mérite pas d'être français. Qu'est-ce que tu as fait, toi, pour être français à part te donner le mal de naître ? C'est maintenant qu'il faut que tu te donnes le mal de mériter de l'être, c'est-à-dire d'être républicain, liberté, égalité, fraternité. Ne laissez pas un millimètre d'espace aux fachos. Ne les laissez pas respirer. Ne les laissez pas se croire tranquilles parce que c'est eux qui sont un corps étranger à nos sociétés, pas nous. Et voilà, vous retombez dedans.
Je retourne la question à Raoul pour la situation en Belgique sur cette montée de l'extrême droite.
Je crois qu'en Belgique, on a le même problème en tout cas au nord du pays avec une extrême droite très puissante avec la montée du Vlaanz-Belagne. Je trouve que Jean-Luc a raison de souligner et il faut le rappeler à tout le monde quand on parle de l'extrême droite. La nature de classe de l'extrême droite, son rôle historique, c'est celle de casser la résistance du mouvement ouvrier et des jeunes au moment où la crédibilité des partis traditionnels s'écroule parce qu'ils ne savent plus gérer le système. Et on est vraiment dans cette séquence-là en Europe. Dans tous les pays européens, on voit naître des nouveaux partis à la Macron.
On voit dans tous les pays européens les partis traditionnels s'écrouler. On le voit chez nous en Belgique. Ils font assez de leur meilleur pour s'écrouler tous ces partis-là. Et donc, dans les moments de crise, les gens peuvent choisir trois voies. Soit ils continuent dans les partis traditionnels, mais ça, ça va être de moins en moins le cas. Soit il y a une alternative à gauche, anticapitaliste. Soit les partis fachos vont prendre la place. Et on l'a vu dans les années 30 et ce qui s'est passé en Allemagne. On l'a vu en Italie avant la Deuxième Guerre mondiale. C'est l'enjeu majeur. Il y a un rôle historique de l'extrême droite qui est une extrême droite qui est au service du patronat.
Parce que là, je ne sais pas, c'est chez toi aussi, Jean-Luc, avec la Marine Le Pen, mais ils se font presque passer pour des gauchos. Ils se font presque passer avec des revendications sociales aujourd'hui des fachos. Il faut aller un peu gratter leur programme. Il faut aller gratter. Il faut aller leur dire « Chez nous, le plan de ce belingue ! » « Oh, nous, on est pour les travailleurs, on est pour les travailleurs ! » On a dit « Ok ! » On a été gratter un petit peu leur programme. On a été voir qu'est-ce qu'ils ont voté au Parlement. Et donc, il y a en Belgique ce qu'on appelle la loi salariale, la loi de 96. Jean-Luc, la loi de 96. J'ai la traduction.
Parce que c'était marqué « Manifiesta », je croyais qu'on allait parler espagnol. Voilà. Pour la petite histoire, je profite, c'est mon camarade français qui est là, parce que la loi de 96, qu'est-ce qu'elle dit en Belgique ? C'est une loi qui met en concurrence, c'est écrit dans la loi, les salaires belges avec les salaires français, allemands et hollandais. Et donc, c'est une loi qui a été votée par tous les partis traditionnels, les premiers, les sociodémocrates, en 96, il y avait les démocrates chrétiens et les sociodémocrates, qui votent cette loi.
C'est une loi donc qui fait que quand les salaires sont modérés en Allemagne, en France ou aux Pays-Bas, nos salaires en Belgique sont automatiquement modérés, notamment à 0,4% maintenant. Et donc, une des solutions, c'est de faire sauter cette loi, évidemment, en Belgique. Une deuxième solution, c'est que nos camarades français gagnent le combat en France, qu'ils aient des meilleurs salaires et comme ça, nous, on a une loi automatique qui augmente les nôtres. Donc, Jean-Luc, on vous encourage au maximum pour ces combats-là. C'est intéressant comme exemple comment la solidarité, c'est aussi des choses concrètes comme ça, c'est-à-dire la concurrence qu'on organise entre nos travailleurs.
Ce n'est pas que la philosophie, c'est des combats concrets qu'on mène, on le verra sur les retraites et tout et tout, aussi en France. Il y a quelque chose comme sa philosophie ? Non, rien du tout. Je n'oserais pas. Mais donc, qu'est-ce qu'on voit, qu'est-ce qu'on fait les fachos ? Les fachos, cette loi sur les salaires, ils l'ont voté, évidemment. Ils ont soutenu, cette loi sur les salaires. Charles-Michel, qu'on a envoyé maintenant à l'Europe parce qu'on en avait un peu marre en Belgique, Jean-Luc, mais je ne sais pas si on a bien fait parce que ce n'est pas une lumière. Charles-Michel, qu'est-ce qu'il est ? C'est pour ça qu'il va à l'Europe, sinon il ne irait pas. Ça, ça me paraît clair.
On a hérité de son frère et là, c'est encore moins une lumière, ça je vous le dis. C'est lui qui gère l'informatisation et le numérique en Belgique, on n'est pas arrivé. Mais revenons à nos moutons. Donc, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? C'est que cette loi de 96, en 2016, 2017, Charles-Michel a rajouté encore des mécanismes correcteurs qui ont encore moins permis au salaire belge d'augmenter. Eh bien, les fâcheux de l'opposition ont voté pour ces différentes dispositions.
Et donc, chers amis, chers camarades, il faut, il faut, il faut, il faut arriver à démontrer aux collègues dans les entreprises, aux collègues dans les quartiers, parmi les jeunes, etc., etc., que derrière ce vernis un petit peu social, il y a avant tout une politique qui est pro-patronale, qui est anti-salaire et qui est anti-ouvrière et anti-peuble. C'est ça qu'on a démontré, camarades, dans les quartiers et un peu partout. Et je vais vous dire pourquoi c'est important. Parce que le succès des fâcheux, en partie, il est dû à quoi ?
Pendant 20, 25 ans, tous les partis traditionnels, y compris les PS et compagnie et compagnie, ont essayé de faire croire, comme Jean-Luc l'a dit, que le salut était dans l'individu. Moi, je, moi, je, moi, je. Je vais réussir ma carrière. Je vais m'en sortir tout seul. Les étudiants en concurrence les uns avec les autres. Les jeunes en concurrence les uns avec les autres. Moi, je, moi, je, moi, je. Les gens en ont bouffé de l'individualisme pendant 25 ans à la piqûre. On était tous des individus. Il n'y avait plus de solidarité. Et les gens commencent de plus en plus d'en avoir marre de ce moi, je, moi, je. Et ils cherchent un nous. Un nous. Un nous du groupe.
Et c'est là où les fachos interviennent. Parce que les fachos viennent avec leur nous. C'est le nous nationaliste. Le roux, le nous exclusif. Flamand contre Wallon. Le nous raciste. Les Belges de souche contre ceux qui ne sont pas de souche. Le nous nationaliste. La Belgique contre tous les autres pays européens. Si on veut gagner ce combat-là, les Camas, on doit venir avec notre nous à nous. Les gens ont besoin de sentir ce nous de classe. Ce nous des travailleurs. Cette fierté de la classe. Nous avons construit les richesses ici en Belgique. Ce PIB, qui le produit ? Qui produit ces richesses ? C'est nous les travailleurs. Qui faisons bouger l'ensemble des forces en Belgique ?
C'est nous la jeunesse. Notre nous à nous, on doit le remettre en avant. On doit remettre une fierté de classe en avant. Quand nous intervenons au Parlement, c'est cette fierté qu'on veut revenir. Pour dire nous, nous, on est fiers. Nous allons construire notre avenir ici. Contre tous ces partis traditionnels qui continuent à nous faire payer, mais aussi contre ces fachos qui veulent nous diviser pour mieux régner comme ils ont fait depuis 2 ou 3 siècles. Nous n'acceptons pas ça. Et notre nous de classe, c'est le nous de victoire. Et c'est à ça qu'on va travailler, camarades.
Merci, Raoul. Merci. Mais donc, je pense que les constats et les défis sont clairs sur le danger qu'on a en face de nous, sur la montée de l'extrême droite, sur la vraie nature de classe des fascistes. Mais la question maintenant, vous en avez déjà touché quelques mots, c'est quelle stratégie la gauche peut mettre en avant pour combattre l'extrême droite ? Je pense que c'est aussi des réponses avec lesquelles on veut repartir aujourd'hui. C'est quoi le message que vous voulez faire passer ? On en a parlé un peu, Mélenchon a parlé de la résistance collective, Raoul a parlé de l'importance du nous, de la solidarité, de l'importance de démasquer les fascistes.
Mais au-delà de ça, au niveau stratégique, comment est-ce qu'on s'oppose en tant que gauche authentique à la montée de l'extrême droite ? Jean-Luc.
Bon. D'abord, je vous ai déjà dit tout à l'heure, une résistance implacable. Ça peut paraître dans cette salle évident.
Mais si vous écoutez les personnes s'exprimer, vous voyez les glissements de toute une série de gens qui acceptent de dire oui, il y a un vrai problème, oui, cette question se pose, et qui finissent par permettre à l'extrême droite de voir valider le socle de ces idées, ou qui utilisent le vocabulaire de l'extrême droite, ou les équations de l'extrême droite, sécurité à avoir avec immigration, immigration avec religion, enfin bref, toutes sortes de choses qui, à première vue, et à force d'être répétées, paraissent évidentes, mais qui, sous la lumière de la raison, ne le sont plus. Ils ne permettent pas de régler les problèmes qu'on affronte.
Une de nos difficultés, parce qu'elle est dans le contenu même de ta question, moi, camarade, comment la gauche peut-elle faire face ? Il y a un problème, c'est quoi la gauche ? Parce que la gauche, c'est un terme que nous avons inventé, en tout cas, je parle pour la France, parce que moi, j'étais membre du Parti Socialiste français pendant 30 ans. C'était le parti du programme commun, c'était le parti dont la déclaration de principe disait que le marxisme éclairait nos analyses et qu'il n'y avait pas de démocratie complète dans une société capitaliste. Il y a eu un moment où il était évident que ce qui se faisait n'avait plus rien à voir avec ce qui se décrétait.
Et j'ai donc pris ma décision d'homme libre, avec d'autres, j'ai quitté cette formation qui n'avait plus rien à voir avec les objectifs qu'elle se donnait. Alors, la gauche, je vais vous raconter ça, c'est simple, vous allez faire du porte-à-porte et vous tapez à la porte, qui c'est ? Eh bien, c'est nous, la gauche. Non, non, nous, on ne vole plus Hollande. Voilà. Voilà. Alors, on peut dire toc, toc, nous, on est la vraie gauche. Ah bon ? Vous-même, vous posez l'omelette sur la table, l'autre n'a plus qu'à couper. Extrême gauche, extrême droite, au milieu, les gens raisonnables. Et c'est ça qu'ils veulent. Donc, nous, on a un problème avec le mot lui-même. On l'a mis en jachère.
Moi, je suis un homme de gauche. J'ai passé toute ma vie dans la gauche. Je n'ai pas peur de dire que j'ai milité toute ma vie avec des communistes et avec bien d'autres, d'ailleurs. Et je suis, j'appartiens à l'école philosophique du matérialisme, qu'il ne faut pas confondre avec le goût pour les biens matériels. Donc, oui, je me réclame de l'apport de l'héritage du marxisme. Je n'ai pas peur de le dire. Je n'ai pas peur. Je combats le capitalisme. Je n'ai pas peur du mot capitalisme. Bon, même si je n'en fais pas un refrain tous les cinq minutes parce qu'il faut expliquer ce que c'est. Mais on a un problème avec qui et quoi là-dedans. Donc, il ne faut pas partir des étiquettes.
Nous, nous faisions l'unité de la gauche autrefois. Pourquoi ? Parce que vous aviez une base sociale stable, des grandes plaques de salariats, les cheminots, les gaziers, les électriciens, les ouvriers de chez Renault, des masses immenses de travailleurs qui avaient une condition sociale commune. Aujourd'hui, vous allez sur un chantier, vous avez dix gars qui sont en train de peindre, ils sont dans trois boîtes différentes. Et sur trois, il y en a deux qui sont les sous-traitants, de sous-traitants, de sous-traitants. Le salariat est explosé, atomisé, mis en concurrence. Bref, cette plaque-là n'existe plus.
Deuxième plaque, chez nous, il y avait les organisations syndicales traditionnelles et elles exprimaient les aspirations des différentes catégories de travailleurs qui, des fois, étaient un peu contradictoires. Et puis, le système confédéral permettait aux organisations syndicales d'harmoniser. Et puis, dernière couche, la politique. Et quand les partis politiques de gauche faisaient leur jonction, type le programme commun, eh bien, tout le reste suivait parce qu'ils trouvaient une expression naturelle. Tout ça a disparu. Par conséquent, si vous essayez de faire l'unité de la gauche comme on me le claironne continuellement en France, mais c'est à quel prix ? Faites des compromis, M.
Mélenchon. Sur quoi ? Dites-moi sur quoi ? Sur l'Europe ? Non, je ne le ferai pas. Vous avez menti, trahi. En 2005, nous avons voté contre et vous autres, les socialistes et quelques autres, vous avez été ensuite au Parlement, votez pour. Le peuple dit non et vous dites oui, on a compris, c'est oui. Non, le peuple a dit non. Donc, inventez un autre chemin pour l'Europe. Venez en discuter avec nous, ça, on est d'accord. Mais si vous nous demandez d'avaler ça, la réponse est non. De la même manière, la VIe République, nous en avons assez de la monarchie présidentielle. Elle est dangereuse pour la France. Eh bien, alors, faisons un passage à la VIe République, mais pas octroyer.
Quel est le problème ? De demander au peuple, écoutez, puisque vous ne venez plus voter, redéfinissons la règle du jeu. Quelle serait la bonne règle du jeu ? Faisons une constituante et vous déciderez ce que vous voulez. Mais c'est vous qui le déciderez. Ils n'en veulent pas. Et ainsi de suite. Je parle de planification écologique. Je suppose qu'il doit y avoir des travailleurs dans cette salle en grand nombre. Vous savez comme moi qu'il est impossible d'organiser une transition de la production aussi importante que celle qu'on veut faire sans organiser les choses dans la durée. Ça ne peut pas être dans les 5 minutes qui viennent d'après la loi du marché.
Il faut prévoir, organiser, structurer, changer l'approvisionnement en matière première, relocaliser des industries. C'est un travail considérable. Alors qu'est-ce qu'ils me répondent ? Tu es un étatiste. Si c'est ça être étatiste, oui. Mais c'est vous qui êtes grotesque. Vous ne changerez jamais rien si vous n'acceptez pas la planification écologique. Et ainsi de suite. Bref. Nous ne sommes d'accord sur rien. Pour quelle raison voulez-vous que je fasse semblant ? Je propose donc une autre stratégie. Et c'est sa dynamique qui renverra les récitants du Bobinard anti-musulman, anti-tout-le-monde, racistes et le reste dans les cordes. Parce que je partirai du concret. C'est ce que je fais.
Comment on s'y est pris ? On appelle ça la stratégie de l'union populaire. L'union populaire, ça veut dire vous vous rassemblez pour faire aboutir vos idées. Lesquelles ? Eh bien, on a posé la question. On a fait des propositions. Lesquelles ? Celles que nous-mêmes on prenait dans les syndicats, dans les associations, mouvements qui montent. Puis, on propose mouvements de propositions. On fait un sondage et qu'est-ce qu'on découvre ? 80% pour l'augmentation du SMIC, 90% pour la retraite à 60 ans, etc., etc., etc. C'est-à-dire que les propositions qui sont portées par notre programme correspondent aux aspirations d'une ultra-majorité du peuple français.
Par conséquent, bien sûr, on peut se poser la question comment ça se fait que vous êtes si majoritaire sur vos idées et que vous ne l'êtes pas politiquement ? Mais ce n'est pas un travail politique que nous devons assumer, comprendre et travailler. Mais à l'inverse, si quand 90% des gens, ou 80, ou 70 même, disent qu'ils veulent la retraite à 60 ans et que j'arrive et que je leur dis, écoutez, tout compte fait, les socialistes, qui sont des braves gens, qui vous ont amené ça à 62 ans, ne veulent pas. Et puis les autres, ils sont d'accord pour une retraite à points, donc ça peut durer jusqu'à 65 ans ou 70 ans, ils ne veulent pas, donc on n'en parlera pas.
Eh bien, je suis sûr d'une chose, je n'ai aucune chance d'arriver à convaincre les gens si je ne parle pas des sujets qui comptent et qui correspondent à leurs aspirations. Par conséquent, le seul programme révolutionnaire, c'est celui qui permet à une masse de gens de se mobiliser pour des objectifs qu'ils partagent. Et ils n'ont pas besoin d'étiquettes pour le faire. Parce que même si vous avez voté à droite avant, ou peut-être même à l'extrême droite, et que vous vous dites au dernier moment, bon, alors là, il me propose de détester les Arabes plus efficacement et de jeter à la mer tous ceux qui auront la peau noire. Bon, c'est une idée.
Et puis à côté de ça, Mélenchon, il me propose d'arrêter de bosser à 60 ans parce que j'en peux plus, d'augmenter le SMIC à 1 400 ou à 1 500 euros avec ce que j'ai, j'ai rien. Il choisira le gars. Soit il préfère aller discuter et choisir des trucs de fous qui n'ont aucune chance d'ailleurs, soit dit par parenthèse, de se réaliser jamais, sauf dans un massacre, sauf ou bien de faire des choses raisonnables qui concernent la vie des gens, qui sont simples, et les gens, ils ont raison d'être simples parce que la vie, finalement, est simple. Tu peux ou tu peux pas.
Tu peux avoir de l'électricité à la maison, tu peux avoir du chauffage, tu peux aller au boulot, tes gosses sont bien élevés, ils ont une bonne école avec le nombre d'instituteurs qu'il faut, si t'es malade, l'hôpital t'accueille. C'est des choses simples comme ça que nous, qui est le programme révolutionnaire du peuple. Le reste, comment trouver son bonheur ? Comment s'épanouir ? À quelle religion croire ? C'est une affaire personnelle qui est dans le secret de votre cœur, si vous y arrivez ou pas, que vous soyez riche ou pauvre, il est probable que vous aurez la même difficulté. Mais par contre, devant les questions matérielles, oui, vous avez le mur de la réalité.
Et moi, je vois là mon pari. L'Union populaire, c'est le rassemblement du peuple sur ses objectifs communs, sur ses causes communes. Alors c'est difficile, oui, mais ça a été quand facile ? Expliquez-moi voir quand c'était facile. Que les syndicalistes arrivaient, tout le monde leur sautait dans les bras. Que l'on venait proposer le socialisme et les gens disaient « Ah, quelle bonne idée ! » Et des fois, des camarades me disent « Mais ouah, quand même, tu devrais être moins clivant. » Mais non, le principe de la démocratie, c'est de cliver. Choisir entre des choses différentes. Il faut accepter ça. À quel moment c'était facile ?
À quel moment on a eu des leaders où les autres disaient « Ah, vous êtes génial, qu'est-ce que vous êtes intelligents et cultivés ? » « Tenez, voilà les clés du camion, on vous les donne. » « On ne savait pas quoi faire, alors vous êtes là. » Non ! La lutte sera d'autant plus dure que comme l'a dit Raoul, c'est moi qui vais citer Lénine maintenant. Tu vois ? On peut avoir lu Jaurès et Lénine. Et je ne te cite pas Mitterrand parce que tu vas t'évanouir. Oh non !
Passage, Jean-Luc, passage, Jean-Luc.
Bon, d'accord, je me citerai moi-même alors. Je pense être une assez bonne synthèse. Mais nous sommes dans cette situation où, comme disait justement Lénine, en haut, ils ne peuvent plus. Ils ne sont pas obéis. Ils n'y arrivent pas. Et en bas, on ne veut plus. C'est ça la situation de la France. En haut, il est obligé de dire, faire, raconter n'importe quoi et de lâcher les forces de l'ordre pour un oui, pour un non sur tout le monde. Et en bas, les gens n'en peuvent plus. Donc ils ne votent plus. Donc ils font des manifestations spontanées comme celles qu'il y a toutes les semaines. C'est ça la situation pré-révolutionnaire de la France. Prends des risques, je ne suis pas si loin que ça.
Je suis en Belgique. Ils vont répéter partout que Mélenchon veut faire la révolution. Mais mes pauvres amis, on n'est toujours pas compris que la révolution, personne ne la décide. D'accord ? Il y a leur vision policière de l'histoire. Raoul et moi, on se réunit dans un coin. On a un café. On a une feuille de papier. On dit bon, alors on fait la révolution. D'accord, oui. C'est toi qui amène les filles. T'es libre quand, Jean-Luc. Il m'en a déjà réglé hier, cette affaire. Mais voilà la vision qu'ils ont de l'histoire et de l'activité des sociétés humaines. Le chaos, le fracassement de cette construction politique est inéluctable.
Pour une raison, c'est que la culture de nos peuples, grâce à l'action de nos aînés, est pénétrée d'idéal égalitaire. Quand on a fait notre sondage sur nos mesures, le sondeur a dit en sortant, ce qui est frappant, c'est qu'après 30 ans de néolibéralisme, les gens en France continuent à se déterminer par rapport à l'idée qu'ils se font d'un intérêt général. Autrement dit, leur première réponse, c'est pas moi, comme tu disais, moi, moi, d'abord moi. Il t'a tout à fait raison sur cette affaire-là. Cette forme d'égoïsme social et qui conduit, par exemple, un gars comme Macron à dire je voudrais que nos jeunes rêvent d'être milliardaires. Pardon, mais c'est immoral.
Moi, je ne rêve pas que les jeunes gens fassent des projets immoraux comme être milliardaire. Car tu ne peux être milliardaire qu'à la condition de la pauvreté des autres et leur déchéance humaine. Mais oui, ça m'intéresse que le jeune, moi, d'ailleurs, je leur dis ça à chaque fois, je leur dis que vous avez intérêt à bien bosser à l'école parce qu'on a besoin de vous. Nous, il faut qu'on mette tous les camions sur un train entre la frontière belge et la frontière espagnole. Vous avez intérêt à gamberger pour trouver le moyen de le faire. Je veux qu'on arrête d'avoir de l'énergie carbonée.
Alors, vous avez intérêt à me trouver la manière de faire des hydroliennes pour qu'on en colle partout et qu'on s'en passe. Voilà l'aspiration. Et ça, ils sont prêts à le faire. Les travailleurs, ils sont prêts à se dévouer. Un coup, il y en a un qui m'a dit, je disais, alors les gars, combien il vous faut de temps pour mettre tous les camions sur des trains ? Ils commencent à s'engueuler entre eux. Pour une fois, ce n'était pas moi qui prenais. Alors, ils étaient entre eux. Au bout d'un moment, je dis, bon, on dit d'habitude que c'est les hommes politiques qui ne savent pas ce qu'ils veulent. Mais là, vous êtes des cheminots et vous ne savez pas.
Alors, il y en avait un qui était un peu plus âgé que les autres puis ça devait être un coco. Il s'est dit, je ne vais pas laisser Mélenchon avoir le beau rôle. Alors, à la fin, il me regarde. Il dit, écoute Mélenchon, trois ans ou six ans, ça dépend de qui c'est qui le demande. Eh bien, c'est très profond comme pensée politique. Parce que si vous le demandez au nom de l'intérêt général, pour le bien de tous, eh bien, les travailleurs, ils sont prêts à retrousser les manches jusque-là. Si vous dites, il faut bosser plus parce qu'il faut qu'on soit compétitif, ragnagna, et que ça fasse de la valeur, comme ils disent, alors les gars lui disent, ben, t'as qu'à le faire.
Hein, parce que moi, j'en ai marre. Voilà, tout simplement, j'en ai assez. Alors, voilà ce que je veux vous dire. La stratégie, c'est pas la gauche. Personnellement, ça m'indiffère. Je ne suis pas dans cette logique-là. Je suis dans la logique, qu'est-ce qui est bon pour le peuple, qu'est-ce qui est bon pour l'intérêt général, qu'est-ce qui est bon pour la patrie républicaine, et à ce moment-là, nous nous rassemblerons pour le faire, parce que les gens sont prêts à faire beaucoup pour le bien commun. Et nous avons des grandes tâches à faire, des très grandes tâches. Jamais, aucune génération politique, c'est pas une affaire d'âge.
Je dirais jamais un groupe humain vivant comme nous n'a dû à faire face à un défi pareil. Le cycle de l'eau est entièrement perturbé. L'humanité ne peut pas vivre sans eau potable et sans un cycle de l'eau stable. Nous ne pouvons pas vivre dans de l'air empoisonné. Nous ne pouvons pas vivre avec un dérèglement climatique absolu si nous n'avons pas des règles qui nous permettent d'être tous ensemble pour faire face aux défis. Plus que jamais, le collectivisme est à l'ordre du jour contre l'individualisme sordide et consumériste, qui est la propre du capitalisme. Donc, il faut partir de ça. Et puis après, bien, que pourra, les amis ?
Ça n'a jamais été facile, c'est difficile, et alors, pour nos anciens, c'était encore plus difficile. Donc, on s'en débrouillera.
Merci, Jean-Luc. Merci.
Je vois que tu es d'accord avec moi.
On va poser la question à Raoul, justement, sur la stratégie du PTV.
Non, il préfère la lutte armée, Raoul. Entre autres, entre autres. Non, mais je suis d'accord avec une grande partie de la liste de Jean-Luc. Je pense que la pire erreur qu'on pourrait faire dans la stratégie de la lutte contre l'extrême droite, c'est de commencer à culpabiliser les travailleurs qui sont sous influence de l'extrême droite, avec le petit droit moralisateur que les partis traditionnels viennent dire, c'est pas bien, c'est pas bien, oh là là, c'est immoral, il faut pas voter pour l'extrême droite, on va pas y arriver comme ça.
On va pas y arriver comme ça parce qu'il y a un lien, et Jean-Luc le décrit bien, entre la faillite des partis traditionnels et la poussée de l'extrême droite. C'est pas un hasard que le Vlazbelang en Flandre est monté en premier lieu dans tous les quartiers populaires d'Anvers, où le parti socialiste flamand, le SPA, Voreu est à reculer.
Il y a un lien entre le fait que les travailleurs se sentient complètement abandonnés, pas uniquement se sentir, ont été abandonnés par les partis traditionnels de la gauche notamment, parce que la droite, c'en a l'habitude, mais les partis qui se réclamaient de la gauche, le dégoût qui en a émané, et la tendance à vouloir voter ou s'engager dans l'extrême droite. Et c'est un rôle important pour nous, parce que nous avons une chance encore en Belgique qu'au sud du pays, en Wallonie, on n'a pas d'extrême droite. Tout à fait, tout à fait. C'est une très bonne nouvelle. Et on doit aller gratter pourquoi on n'a pas d'extrême droite.
D'une part, ça c'est indiscutable, c'est spécifique à la Wallonie, c'est qu'une extrême droite qui veut s'implanter doit avoir une histoire nationaliste à écrire. Une histoire qui est liée à un patriotisme exacerbé ou à un nationalisme exacerbé. Alors en Wallonie, la première question que le Front National belge s'est posée, parce que pour la petite histoire, on a eu des partis qui se... Enfin, des partis, c'était même pas des partis, c'était des... Comment est-ce que je veux dire ? Des rescapés de justice, en fait, qui avaient lancé, c'est vrai, dans les années 90, 90, le seul truc qu'ils avaient fait, c'est repris le même nom que le Front National en France.
Et donc, ils avaient introduit des listes, mais camarades, il faut avoir conscience qu'ils ont été chercher dans des cantons en Wallonie, 10, 15, même 18% des voix, pour un parti qui n'existait pas, juste par homonymie avec le parti français. Mais la première question qui devait se poser, c'est est-ce qu'on est le Front National belge ? Est-ce qu'on est le Front National wallon ? Est-ce qu'on est le Front National francophone ? Bref, toute l'histoire nationale, je veux dire, du côté francophone, est beaucoup moins construite historiquement que, par exemple, en France ou en Flandre, où là, il y a un nationalisme historique.
La deuxième raison pour laquelle l'extrême droite n'a pas réussi à s'implanter, c'est que nous sommes là. Le PTB est là. Le PTB est là pour donner, donner justement cette alternative aux gens. C'est important, c'est important. On doit venir avec un discours radical. On doit le dire. Nos représentants, nos députés, ne vivent pas avec tous ces salaires de tous ces partis d'extrême droite. Ils ont combien ? Du 5, 6 000 euros et tout. Nous, on continue à vivre avec les salaires de travailleurs. Nous venons avec une alternative au système, notre socialisme 2.0 que nous mettons en avant, avec des alternatives en matière écologique, avec des alternatives de création d'emplois.
Oui, bien sûr, Jean-Luc, l'État doit intervenir pour pouvoir mettre tout ça en place parce que l'intérêt général des travailleurs doit être au-dessus de tout ça et doit prévaloir sur l'intérêt individuel. Ça, c'est une radicalité qui permet d'offrir à tous ces travailleurs une alternative aux fachos en donnant une alternative systémique à gauche toute à travers le PTB. Ça, c'est la première mesure qu'on doit imposer, chers camarades. C'est pour ça qu'on y va. Deuxième axe important, c'est de se battre contre toutes les portes d'entrée de l'extrême droite. Jean-Luc, tu as tout à fait raison quand tu as abordé tout à l'heure la lutte principale contre le racisme.
Ne rien laisser passer en la matière. Montrer dans le concret l'unité des travailleurs. Combien de fois, ici, dans la fête, combien de fois les camarades sont vus me trouver, premier Raoul, ce qui est génial ici, c'est que ce n'est pas que des discours. On est ici tous ensemble. On est ici, les Wallons, les Flamands, les Bruxellois. On est ici, les jeunes et les moins jeunes. On est ici, des travailleurs d'origine immigrée et les travailleurs, comme on dit aujourd'hui, Belze de Chouche. On est ici, les amis bruxelloises qui sont présentes ici, avec ou sans voile. On s'en fout parce qu'on est tous ensemble pour construire le monde meilleur. C'est ça, l'enthousiasme qu'on doit donner.
Et ça, ça nous mène, et c'est mon dernier point que j'ai développé, en matière de stratégie. Nous croyons au PTB dans cette stratégie de la lutte. La lutte des travailleurs. Et de ce que l'on a, c'est un débat qu'on doit avoir au sein des gauches de gauche en Europe, des questions stratégiques qui ne sont pas toujours évidentes. Mais c'est vrai que je vais parler juste pour le PTB. On croit dans ce rôle crucial à jouer par les organisations syndicales et par le monde du travail dans son organisation socio-économique dans les entreprises. Tu as raison, Jean-Luc, de dire que l'identité de classe est moins présente au niveau de ce qu'on va appeler le salariat.
Mais nous pensons qu'il y a un siècle le même défi se posait. C'est-à-dire que cette unité de la classe ouvrière, il a fallu la construire. C'est-à-dire, dans les mines, c'est pas que tout le monde se sentait mineur. Il y avait le porion en chef, il y avait ceux qui étaient en surface, il y avait les mineurs belges, les mineurs français en concurrence les uns avec les autres. Et quand on va dans Germinal, la lutte des mineurs français finit par... Vous avez vu le film avec Renaud, c'était pas son meilleur film. Mais on le voit, qui est venu casser la grève, c'est les mineurs belges.
Donc cette question de l'unité de la classe, c'est quelque chose qui ne vient pas naturellement, mais qui vient par l'apport du politique et du syndical. Et de ce côté-là, on croit que nos sections d'entreprise, bon, le PTB a fait cette particularité de construire des sections d'entreprise, parce que nous pensons que les grandes entreprises et moyennes entreprises du pays peuvent être réellement des fers de lance contre l'extrême droite. Parce qu'elles peuvent donner le ton en matière de lutte de classe. Je pense que...
Et en France, on ne peut que souhaiter, Jean-Luc, mais je sais que tu le souhaites toi aussi dans la campagne électorale maintenant, mais s'il pouvait y avoir une lutte de classe sur les retraites, on imposerait, nous, notre camp à nous, nos points de débat. On ne parlerait pas de la sécurité, aujourd'hui, en France. On ne parlerait pas de l'immigration, mais on parlerait des retraites. On parlerait des salaires. Et nous, notre expérience, en Belgique, c'est que ces luttes, le cœur de ces luttes se déroulent dans les moyennes et grandes entreprises du pays. Et je vois beaucoup de syndicalistes présents ici aujourd'hui. Je sais que le travail n'y est pas simple.
Mais nous, spontanément, je vais le dire, on a un parti qui est en forte croissance. Il y a énormément de monde qui nous dit qu'il faut se construire dans les communes, il faut qu'on mette des listes et s'étaler au niveau des communes. Et on voit petit à petit que nos sections d'entreprises dans notre parti deviennent de plus en plus petites parce qu'on est de plus en plus présents dans les communes. Mais je veux dire à tous les camins qu'on va concentrer nos forces dans les entreprises. Et je sais que le travail n'est pas facile parce qu'en Belgique, les droits de l'homme s'arrêtent aux portes des entreprises. Dans une entreprise, tu ne peux pas parler.
Moi, je suis rentré en politique, viens, et elle était dans la salle, maman, est-ce que tu es là ? Mais ma mère, c'est la meilleure de toutes. Ben si, si, bien sûr. Ma mère, elle travaillait à Cherout dans une entreprise de la chimie en région liégeoise et juste parce qu'elle était déléguée, syndicale, elle a été licenciée par son patron. Licenciée. Le procès, il a suivi son licenciement, indique clairement que c'est un licenciement abusif. Et chez nous, en Belgique, contrairement même, je pense en France, il n'y a pas d'obligation de réintégration. C'est-à-dire qu'un patron en Belgique, quand il met du pognon sur la table, il peut couper la tête à tous les délégués syndicaux qui vaut.
Et bien pour ça, moi, chers camarades, j'appelle ça la dictature parce que ça veut dire que les gens dans les entreprises qui s'expriment pour défendre les intérêts des travailleurs peuvent être licenciés. Pour moi, c'est une absence de droit de l'homme et c'est un combat essentiel qu'on va mener dans les années à venir. Et donc, on est trop long, mais je pense réellement qu'en matière de stratégie contre l'extrême droite, on doit arriver... Quoi ? C'est dans une blague. Je t'en prie, Raoul. Toi, t'es trop long. On a promis d'être discipliné. J'ai pas chronométré Jean-Luc.
Oui, oui.
Mais je pense que... C'est ça le plaisir justement d'être là. Voilà la galousie. C'est que je pense que... Non, non, mais je donne avec plaisir des secondes en plus à mon camarade Jean-Luc. C'est l'invité. Vas-y, Raoul, vas-y. C'est l'invité. Je pense qu'on va devoir tendre la main à peine de couche sociale, que le monde du travail va tendre la main aux intellectuels, que le monde du travail va devoir tendre la main aux paysans, aux agriculteurs, que le monde du travail va devoir tendre la main à la jeunesse pour former un front ensemble contre les monopoles, contre le capitalisme et contre les fachos qui en sont les représentants.
Ça, c'est une stratégie avec laquelle le PTB va aller maintenant dans les années à venir parce que les fachos, on va les faire reculer, les camarades. On va pour le combat.
Merci, Raoul. Merci, Jean-Luc. Merci à vous deux pour ces perspectives de lutte. Alors maintenant, il nous reste un tout petit peu moins que 30 minutes pour prendre quelques questions de la salle. Je vais aussi être très stricte sur le timing, donc je vous demande vraiment de jouer le jeu et de poser vos questions directement et pas des interventions. Il y a mon camarade André qui est dans la salle et qui va faire tourner le micro-balladeur. Et alors, on va donner la priorité aux femmes et aux jeunes. Donc on va commencer pour être sûrs d'entendre tout le monde. Et on va prendre trois questions à la fois et on verra ce qu'on a le temps d'aborder.
Je travaille plus maintenant parce que je ne peux pas y aller en Inde dans une organisation et je trouve, j'exagère un petit peu, qu'il faut dire maintenant, au lieu de dire tous les travailleurs ensemble, tous les paysans du monde ensemble, puisqu'il s'agit de la survie de notre terre, de notre survie. En Inde, pour l'instant, les fermiers, les paysans sont en grève depuis huit mois. Il y en a plein qui sont morts et ça me fait mal au cœur qu'internationalement, ils ne soient pas soutenus. Pour moi, c'est terriblement important parce que chez nous, le taux de paysans qui se suicident en France, c'est le même problème.
On veut industrialiser l'agriculture en Inde et apparemment, c'est le Workers' World, je ne sais pas très bien ce qu'il a, où j'ai lu la nouvelle, que c'est le World Trade Organization, c'est nous qui demandent à Modi en Inde de faire ce qu'il est en train de faire. Il est soutenu par nous.
OK, merci.
Apparemment.
Merci. Une deuxième question.
Bonjour. Moi, c'est une question à propos de comment gérer les médias. Vous êtes au pouvoir, M. Mélenchon en président, le PTB en majorité. Comment il faut financer les médias ? Est-ce qu'il faut arrêter le financement de tous les médias ? S'il y a des trucs un peu à la Zemmour où il faut financer tous les médias ? Comment concrètement on fait pour éviter qu'une parole comme Zemmour puisse se propager comme ça ?
Bonjour. C'est une question pour M. Mélenchon. Moi, j'aimerais bien savoir, parce qu'il va se présenter aux prochaines présidentielles, pourquoi il n'a pas peut-être choisi un autre candidat parce que vous avez été quand même un peu, comment dire, charrié par rapport à ça ? Donc voilà, c'est ma question. Pourquoi c'est vous qui vous présentez ?
Ok, merci. La question est claire. On va commencer par ça, parce qu'on doit quitter vraiment à 14h pour laisser la place à Elmout Loti. Donc moi, j'ai noté ici qu'il y a trois questions. Il y a une question très importante, je pense, sur le rôle des médias, enfin, notre rôle par rapport aux médias. Il y avait une question de madame sur l'alliance progressiste avec les autres classes et alors une question plus personnelle sur la candidature de M. Mélenchon. Je ne sais pas, qui veut commencer ?
Sur ma candidature, vas-y.
Pas le temps de préparer, je vais répondre déjà à la première, comme ça, tu peux te concentrer.
Non, sur la question sur les agriculteurs, je pense que c'est vraiment important de voir à quel point, effectivement, il y a quand même toute une classe paysanne qui est en train de disparaître. Je pense que le problème est encore plus présent en France parce que chez nous, en fait, le capitalisme belge a déjà attaqué la classe paysanne largement avant la Deuxième Guerre mondiale, donc je crois que c'est un vrai problème et qu'il y a un combat mondial aujourd'hui pour l'ensemble de la paysannerie.
De ce côté-là, la concurrence mondiale à travers l'Organisation mondiale du commerce que tu as citée tout à l'heure à la World Trade Organization, je crois que c'est vraiment un autre ordre mondial qu'on devrait construire en matière de business.
Et ce n'est pas un hasard quand tu parles de l'Inde, les attaques sociales qui se font, je rappelle quand même que c'est assez frappant de constater que nos élites politiques dessinent l'Inde aujourd'hui comme étant un exemple de démocratie, notre allié dans la région, je veux dire, maudit en Inde qui opprime ses paysans, l'Inde où on est en train d'emprisonner les musulmans, là, il n'y a pas de problème, là, c'est open bar, on fait du business avec l'Inde, mais alors, les méchants chinois, c'est le 2 points de mesure au niveau international, donc je crois que ce soutien, on a tenté de le faire un maximum, ce soutien justement des luttes et de relayer les luttes parce que ça permet peut-être de faire le lien à la question sur les médias.
Qui est au courant ici en Belgique qu'il y a des luttes de millions d'agriculteurs en grève en Inde ? On pourrait ouvrir le JT en Belgique avec ça ? On pourrait dire oui, bonjour, bienvenue au JT, la RTBF, alors nouvelle en direct de l'Inde, un million de paysans sont en grève, interview en direct de notre envoyé spécial. Ah non, ça, tu ne vas pas avoir. Non, mais ça, tu ne vas pas avoir. C'est ça, le problème en Belgique des médias ? C'est ça, et donc de ce côté-là, je pense que, bon, je vais alors prendre la deuxième question et comme ça, après, j'ai la parole à Jean-Luc.
Je pense qu'on a une situation un peu différente en Belgique par rapport à la France parce qu'en France, on est vraiment plus loin de la fascination des états d'esprit et de la carte blanche qu'on donne réellement à Desémours et compagnie. Je pense que chez nous, il y a encore certainement du côté francophone ce qu'on appelle le cordon médiatique, en fait, qui est quand même d'une certaine limitation de l'extrême droite. En Flandre, ça s'est déjà sauté depuis plus longtemps, mais par contre, le point commun qu'on a entre la France et la Belgique, c'est la monopolisation des groupes médias.
En Belgique francophone, il y a deux groupes capitalistes qui contrôlent presque l'ensemble de la presse et il reste un groupe public. Et donc, à la question de ce qu'il faudrait faire, il faut d'abord avoir un pôle public concret, démocratique, évidemment, et refinancé. Mais deuxièmement, je crois qu'il n'y a pas d'alternative, c'est que nous, notre camp à nous, doit construire ses propres médias. Je crois que c'est un enjeu stratégique et on en apprend aussi pas mal de la France insoumise. On doit pouvoir construire un contre-pouvoir au niveau médiatique. On ne va pas pouvoir continuer à permettre aux autres forces économiques de déterminer quel est le sujet à discuter.
Nous voulons par nos médias à nous, et je le dis, je pense que c'est un point commun qu'on tente de construire notamment avec la France insoumise et les autres gauches radicales en Europe, c'est de pouvoir avoir via les réseaux sociaux, via nos propres canaux vidéo, et j'appelle ici un maximum de camarades si vous avez des idées sur la question, on doit gagner la bataille de l'information. Parce qu'il y a un lien entre l'information qui est mise au cœur du débat, par exemple les retraites, par exemple qui doit payer la crise, et la victoire qui est à la clé.
Il y a un lien entre le fait qu'on ne parle que d'immigration, il y a les BFM TV, les CWT et compagnie, parenthèse, nous on reçoit de plus en plus les maires françaises chez nous. Jean-Luc, il faut que tu résoutes ça, vraiment. On a les M6 et compagnie, on n'avait que TF1 pendant 20 ans. C'était déjà dur, mais maintenant, on reçoit de plus en plus. Donc de ce côté-là, ça montre bien le point commun. L'avantage avec TF1 en 2012, c'est qu'on avait Jean-Luc qui venait chez nous. C'est comme ça qu'on a appris à connaître Jean-Luc. Mais le problème, c'est que derrière Jean-Luc, on s'est coltiné de tous les autres, que je ne vais pas citer.
Donc c'est le moyen de refermer la porte juste derrière Jean-Luc, ça nous arrangerait.
Merci Raoul. Mais Jean-Luc, justement, je pense que ce sera intéressant aussi.
sur la première question concernant la paysannerie, ça fait apparaître deux problèmes. Le premier, celui que je soulignais au départ, c'est que nos forces dans le monde sont atomisées. Il y a évidemment des organisations syndicales qui tentent d'unifier les combats ou en tout cas de les faire connaître, mais on est en dessous de la main, il faut bien dire ce qui est. Vous évoquez la grande grève des paysans indiens, mais il y en a d'autres de cette nature. Je pourrais prendre... Là, on parle des paysans, ne vous inquiétez pas, je reviens dans une seconde.
Mais regardez, par exemple, comment alors qu'on nous bassine du matin au soir avec Cuba qui n'a rien fait à personne et Venezuela, ils sont muets comme des carpes sur la Colombie où toutes les semaines on nous tue 4, 5, 6 camarades. Et ce sont les jeunes parce que c'est une politique ciblée pour détruire la relève militante en Colombie. On assassine des journalistes, on assassine des syndicalistes. Rien, pas un mot.
Et nous, on est faible, on n'est pas à la hauteur parce que si nous étions capables de monter une campagne internationale un peu coordonnée, je pense que ça retiendrait les bras des assassins comme on l'a fait par exemple pour notre copain que tu as vu, Raoul, on était ensemble, un des gouverneurs du seul état de gauche fédéral de Colombie. bon, le mec il est sorti avec sa femme et son gosse tout petit parce que les types le menaçaient de mort. Et maintenant ils l'ont obligé à revenir mais notre protection, le fait qu'on a tous réagi fait qu'il a une chance d'être vivant. Mais toutes les semaines on nous tue du monde et nous ne sommes pas capables de monter ces campagnes internationales.
ça c'est pour l'aspect purement lutte. Après il y a l'aspect de fond que vous soulevez. Et c'est une situation qui est extrêmement importante à traiter d'une manière concrète et méthodique que celle de la paysannerie. Dans notre pays il y a moins d'étudiants que de paysans. La concentration s'est faite à un point jamais vu. Et dans une situation de surexploitation et d'auto-exploitation telle qu'il se suicide un paysan tous les deux jours en France. Et il se suicide parce que la vie ne vaut plus la peine d'être vécue. Les raisons du suicide sont toujours fort complexes tout le monde le sait. Mais en attendant c'est parce qu'il n'y a plus de futur plus d'avenir. Et la nature est saccagée.
La fertilité des sols a baissé du fait de l'utilisation massive des pesticides que l'Union Européenne est incapable d'interdire et M. Macron encore plus. A cause de méthodes d'agriculture industrielle qui détruisent les sols. La fertilité des sols est en baisse en France et dans le monde. Et enfin si nous voulons avoir la politique que nous voulons avoir c'est-à-dire une agriculture qui nourrisse d'une manière saine nos enfants la jeune génération notamment à l'école avec l'obligation que toutes les structures collectives d'alimentation soient fournies en matière première bio. Or le bio coûtera plus cher. C'est une certitude premièrement.
Donc si vous voulez que les gens puissent se payer du bio c'est-à-dire qu'ils puissent payer les paysans honnêtement car la progression du pouvoir d'achat pendant les soi-disant 30 glorieux s'est faite sur le dos des paysans. Comme le prix de l'alimentation baissait et bien les travailleurs avaient un pouvoir d'achat plus grand pour le même salaire et ils avaient l'impression que la lutte de classe en quelque sorte était amortie sur le dos des paysans. Maintenant il faut les payer correctement donc pour les payer correctement il faut que le consommateur puisse payer. Autrement dit augmenter le SMIC c'est écologique. Pourquoi ?
Parce que ça permet de payer plus correctement des paysans qui font des productions écologiques. On ne peut pas séparer l'écologie de la question sociale on ne le peut pas.
Alors voilà je terminerai à propos de ce sujet sur un exemple tout bête comme on a dit bah écoutez agriculture paysanne on dit comme ça voilà et un copain me dit qui est maire moi j'aime bien aller discuter avec les copains sur comment on fait concrètement et le copain il me dit écoute c'est bien je suis d'accord avec toi c'est génial mais bon il y a un problème nous il n'y a pas une carotte ici à moins de 200 km personne n'en plante donc la réorganisation de l'agriculture concrète réelle où on plante quoi alors ou du maïs avec la flotte qu'on sort de terre pour sortir ce maïs pour être sur le marché mondial pour aller alimenter des élevages intensifs ou bien l'agriculture vivrière c'est un choix très bien et après qui c'est qui le fait les gars les filles là qui c'est qui va le faire c'est vous là parce qu'il m'en faut 400 000 en France pour remonter la pente et arriver au niveau auquel on voudrait arriver d'agriculture vivrière allez trouver 400 000 personnes pour aller à la terre ça sera pas en leur disant ben ça nous vous propose une chose une vie de bagnard il n'y a pas de dimanche il n'y a pas de vacances et ainsi de suite personne ne veut de ça donc vous serez obligés de changer la condition sociale de l'agriculteur si vous voulez que les jeunes qui ont envie d'y aller hein y aillent et il y en aura plein qui auront envie donc c'est pour vous dire la question de la réforme agraire c'est plus une question qui est réservée aux pays du tiers monde où les terraténientes avaient tout c'est une question qui se pose maintenant dans les pays avancés pour des raisons écologiques et sociales question numéro 2 les médias je vais vite c'est très complexe et on a fait un travail je crois important alors je réponds d'abord comme vient de le faire Raoul on va pas attendre que ça se fasse hein on fait donc nous nous battons pour avoir nos propres médias pour les faire connaître et on a besoin de tout le monde pour en amplifier l'impact plus nous sommes puissants plus nous faisons peur plus ils ont affaire à nous et plus nos idées travaillent en profondeur la société et construit un état d'esprit construit une conscience de citoyens et d'une nécessité des tâches révolutionnaires auxquelles nous appelons et ne croyez pas que ça soit résiduel toutes les générations de lutte ont fait comme ça moi j'ai connu ceux qui étaient des papés à l'époque qui allaient porter combat socialiste avec la bicyclette dans le bled paumé pour les deux adhérents fallait le faire en cachette pour pas que ça se voit que le curé voit pas qu'on vendait des machins mal pensants aux uns et aux autres donc toutes nos générations de militants la première tâche d'un militant c'est de diffuser les idées le principal enjeu de la lutte politique c'est la conscience surtout quand on est un démocrate et qu'on n'a pas l'intention d'obliger les gens à coups de bâton à faire ce qu'ils ne voudraient pas faire il faut donc convaincre donc c'est une tâche centrale moi je suis très fier grâce à l'équipe que j'ai je n'ai aucun mérite personnel dans cette affaire à avoir la première chaîne politique Youtube en France 550 000 abonnés bon ça veut dire que tous les jours on travaille on diffuse des contenus des pensées et il y a ce que j'appelle moi le parti sans mur c'est cette masse immense de gens dont le niveau culturel s'est élevé au cours d'une génération la génération passée a fait ce qu'il fallait pour ça et donc la nouvelle génération est en moyenne plus instruite plus curieuse plus cultivée et axée à plus grand nombre de sources ne croyez pas au misérabilisme qui consiste à insulter la nouvelle génération en disant elle ne sait pas lire elle ne sait pas écrire c'est des abrutis et ils ne s'intéressent à rien parce que ce n'est pas vrai l'intelligence collective si c'était vrai et bien ils ne donneraient pas tant de mal pour détruire l'école publique c'est bien parce qu'ils ont les chocottes de ce qu'on est en train de faire de la conscience de classe après de masse après qui on paye et ainsi de suite j'ai pas le temps là mais je il y a plusieurs livrets qui existent de la France insoumise je vais juste dire une chose y compris pour les gens de médias qui nous écoutent le problème n'est pas l'indépendance des médias le problème est la pluralité des médias parce que être tous indépendants pour dire tous la même chose ne nous procure strictement rien même si vous êtes indépendant nous avons besoin de pluralisme nous avons besoin de contradictions nous avons besoin que les débats aient lieu que les gens puissent réfléchir et que même on a besoin de douter car l'intelligence rationnelle procède du doute c'est parce que vous avez un doute que vous réfléchissez et c'est la raison pour laquelle nous dans l'action politique on sait qu'il faut créer un conflit parce que c'est le conflit qui crée la conscience s'il n'y a pas de conflit c'est évident quoi tout va bien c'est comme ça ah bah oui c'est vrai ou comme on disait dans le bled où j'habitais ah bah on a toujours fait comme ça ah bah vous voyez il n'y a plus rien à dire puisqu'on a toujours fait comme ça et bien c'est donc la contradiction et le conflit donc nous avons besoin de pluralisme et là je rejoins Raoul qu'est-ce que vous voulez que je vous dise moi sur la presse française 90% de la presse appartient à 9 personnes mais allez dire ça à un cheval de bois il vous donne une ruade si vous lui dites après la presse c'est libre libre de quoi s'il vous plaît je vais vous la raconter la liberté le patron désigne le rédac chef qui désigne le sous-rédacteur jusqu'au dernier lampion et tout le monde quick sur la même ligne comment c'est bizarre ah bah oui parce que c'est évident ils sont tous d'accord ils sont plutôt à cause de ça et ça va de mal en pi partout où nos camarades ont conquis démocratiquement le pouvoir le premier adversaire comme le disait Ernesto Laclau ce n'est pas vrai que c'était la droite qui était en capacité de nous affronter nulle part elle ne l'était parce qu'elle ne trouvait pas les masses populaires pour nous affronter c'est le système médiatique qui nous affrontait qui nous traîne dans la boue qui nous diabolise qui nous psychologise et après j'ai fait la transition qui ne m'en voudra pas de ne pas aller beaucoup plus loin mais j'ai toujours dit que c'était la deuxième peau du système alors ils sont très habiles si vous attaquez un journaliste ah comment vous attaquez les journalistes non pas les le celui-là qui a un menteur qui triche qui tous les jours raconte des trucs qui sont faux sans blémir ou qui entend des mensonges j'ai honté et qui n'arrête même pas la personne qui les prononce qui laisse sur un plateau de télévision dire que si les martiniquais ne se vaccinent pas davantage c'est parce qu'ils sont en pro au vaudou et personne ne dit rien heureusement que la chaîne s'est excusé et je veux la saluer parce que c'est pas souvent que ça arrive c'est la chaîne LCI dans cette circonstance elle a été à la hauteur de sa responsabilité mais c'est tous les jours pendant des heures et c'est comme ça qu'on vous fabrique des personnages comme moi alors je suis moi une sorte de démon un furieux tellement clivant parce que les autres c'est bien connu ils rassemblent et moi je clive monsieur Macron il vous dit vous êtes rien des gens de rien vous êtes des gaulois réfractaires blablabla ils clivent pas mais moi oui je clive parce que je dis l'ennemi c'est pas le musulman c'est le financier quelle horreur quelle horreur comment vous pouvez cliver comme ça monsieur Mélenchon voilà comment ils s'y prennent et ils psychologisent la politique alors aux élections présidentielles c'est une bataille d'égo mais ceux qui disent ça c'est qu'ils n'ont jamais été candidat à l'élection présidentielle en France si tu es candidat à l'élection présidentielle en France tu prends directement une inscription pour être douché par les égouts tous les jours voilà voilà ce que c'est moi j'ai plus de vie depuis maintenant 10 ans je n'ai plus de vie personnelle et d'ailleurs quand je porte plainte pour protéger ma vie privée on me dit ah ben non vous êtes un homme public je dis non je ne suis pas un homme public je suis un homme privé qui a une activité publique et bien je n'ai pas le droit parce que les gens ont le droit de savoir ont le droit de savoir tout sur moi et donc ça donne le droit de m'insulter de mentir d'avoir des journaux qui par exemple donnent à deux de leurs journalistes la tâche d'écrire un livre sur moi il y en a un tous les ans à la rentrée ping pong pong les feuilles mortes et le bouquin contre Mélenchon et la dernière fois c'était deux oives dont l'un le frère était le dirigeant d'une agence d'intelligence il y avait quand même suspicion ils écrivent le livre je perds le procès et qu'est-ce qu'elle fait la femme qui avait écrit le livre elle va se faire embaucher par l'agence d'intelligence journaliste un jour espion le lendemain c'est quoi la différence bon après on m'a présenté alors voilà je suis un type qui se lève qui est complètement imbu de lui-même mais attendez vous vous trompez sur mon compte je n'en tire strictement rien d'être candidat à part d'être pourchassé avec une hargne une méchanceté dont vous n'avez pas idée parce que vous ne la supportez pas comme je peux devoir la supporter même quand je vais me faire vacciner il suffit qu'un con d'extrême droite me poursuive dans la rue ils se mettent à crier après moi et c'est un événement parce que je n'ai même pas le droit d'aller me faire vacciner et d'être dans un vaccinodrome comme toute personne avec le droit au respect de ma personne de ma dignité personnelle alors pourquoi c'est moi qui suis candidat alors vous avez deux options parce que je suis un cinglé masochiste qui adore souffrir ou bien parce que nous l'avons décidé mais c'est qu'à moi qu'on pose cette question et monsieur Montebourg qui c'est qui lui a demandé d'être candidat on ne lui demande pas par qui il est investi moi je peux vous répondre j'ai été investi par le parti de gauche parti dont je suis membre j'ai été investi par la coordination des secteurs des insoumis et j'ai dit je suis candidat si 150 000 personnes me parrainent j'en ai 250 000 voilà pourquoi je suis candidat 7 millions de personnes ont voté pour le programme que je porte mais je ne veux pas laisser un seul un seul millimètre d'ombre sur cette affaire au départ je n'avais pas envie d'accord parce que je savais ce que ça voulait dire pour moi alors qu'est-ce qu'on a fait on a demandé à tout le monde j'ai réfléchi j'ai consulté autour de moi 20 000 réponses j'ai lu un bouquin de gens qui se sont exprimés et ils m'ont tous dit des choses très sensées les uns en disant il y a un risque c'est la troisième fois que tu y vas d'autres disant tu as une sécurité parce qu'il y a 7 millions de personnes qui ont voté pour toi on devrait bien arriver à retrouver une partie voilà ce qu'ils m'ont dit et puis j'ai réuni le groupe parlementaire nous n'étions rien c'est la première fois qu'en France une structure de gauche alternative de gauche radicale la première fois de toute l'histoire de la gauche française la première fois qu'il y a un groupe parlementaire le PSU n'y était pas arrivé les autres formations n'y étaient pas arrivées nous avons donc là 17 députés femmes et hommes qui sont l'honneur de l'esprit de rébellion et d'insoumission qui étaient des travailleurs pour un certain nombre d'entre eux et qui font gloire à ma patrie et puis 7 qui sont au parlement européen on a eu une réunion une réunion d'amis une réunion de frères et de sœurs une réunion de combat et je leur ai dit écoutez ça va j'ai écouté tout le monde s'il faut j'y vais il y a quelqu'un d'autre qui veut y aller dans quelle partie vous avez entendu dire qu'on ait fait une chose pareille alors je les ai regardés les plus jeunes qui sont si brillants et qui auront leur tour le moment venu parce que j'ai fait le travail pour que ce soit possible je l'ai fait comme homme comme combattant pas pour mon orgueil personnel alors ils sont là et vous verrez vous autres les puissants les importants qui m'insultaient aujourd'hui vous allez vous en taper jusqu'à la fin du siècle des insoumis parce que la relève est là qu'ils ont 30 ans qu'ils ont 40 ans on ne vous lâchera jamais le fil rouge a été tenu et il continue nous ne nous sommes pas effondrés comme ça a été le cas alors personne m'a dit écoute Jean-Luc t'es sympa mais tu commences à avoir de la bouteille alors on pense que non aucun ils m'ont dit écoute il n'y avait pas de candidat personne d'autre n'a dit je ferais mieux que toi et s'il l'avait dit alors je crois que j'aurais peut-être dit oui j'écoute vas-y dis-nous comment pourquoi non non mes amis ce n'est pas une affaire égotique c'est une affaire de lutte et de combat les camarades pensent que je suis le mieux placé je ne le serai pas toujours et c'est la dernière fois que je suis le mieux placé je servirai la cause de ma patrie et de ma classe jusqu'au bout quel que soit mon âge et je ferai le truc que le devoir commande et je me fiche qu'on se moque de moi je me fiche qu'on m'insulte même si je souffre parce que ceux qui sont dans la boîte dans l'entreprise dans le syndicalisme ils souffrent cent fois plus que moi j'ai vu les camarades dans la lutte tout seul ne sachant plus que faire s'accrocher à moi parce que j'étais leur porte-parole politique comme ils s'accrochent à Raoul et aux autres camarades parce que quand vous êtes dans la boîte et que vous êtes tout seul c'est la gloire d'en avoir un qui parle au parlement ou à la télévision et vous vous avez des bons alors protégez-les occupez-vous d'eux ne les laissez pas tout seul ne les laissez pas se faire insulter protégez-les ce sont vos porte-parole la chose la plus précieuse que vous ayez
merci merci Jean-Luc
merci j'ai parlé un peu fort
quand même mais excusez-moi
c'est bien ça fait chauffer l'ambiance ça prépare pour les ondes parce qu'il y a un concert qui arrive et je sais qu'il y a déjà on a
tu as chopé la salle Jean-Luc il va y faire
je vois qu'il y a déjà des fans des Moutloti qui sont présents donc on va leur laisser la place mais je voudrais déjà remercier vraiment remercier nos deux orateurs ici pour un débat très très riche remercier aussi le public merci pour les questions et alors un tout tout grand merci à Jean-Luc Mélenchon pour sa présence aujourd'hui un tout tout grand merci
Jean-Luc Mélenchon