L'invité d'Apolline Matin : Blocage des lycées, les élèves sont-ils instrumentalisés par les politiques ? - 28/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez la contagion des blocages lycéens ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Ils viennent d'où ces dizaines d'individus masqués devant les lycées ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Vous venez de nous dire qu'un proviseur avait été agressé. Pouvez-vous nous donner plus de détails ?
- 2:20RelanceRéponse directe
Politiques ou idéologiques, qu'est-ce qui vous fait dire que ces violences sont d'origine politique ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Pourquoi ces individus violents agissent-ils et de qui s'agit-il ?
- 3:59OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous comptez faire face à la hausse de la violence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueFait
« J'ai eu le cas par exemple au lycée Saint-Exupéry qui est le premier où il y a eu des mobilisations parce qu'il y avait des professeurs non remplacés. »
- 0:59Invité politiqueChiffre
« Depuis une semaine, la quasi-totalité des postes a été pourvue. »
- 1:35Invité politiqueFait
« Ils sont clairement extérieurs. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Un proviseur a été agressé la semaine dernière. »
- 2:06Invité politiqueChiffre
« D'autres élèves ont été légèrement blessés. »
Temps de parole
- Invité politique53 %
- Présentateur23 %
- Invité12 %
- Invité 25 %
- ?4 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez
RMC.
C
'est le ministre de l'éducation nationale et notre invité ce matin. Bonjour Edouard Geffray. Bonjour. Ministre de l'éducation nationale, je le disais, mais d'une éducation nationale qui doit faire face à des mouvements, des mouvements qui pour l'instant étaient à peu près contenus mais qui pourraient prendre de l'ampleur, des dizaines de lycées qui ont été bloqués en fin de semaine dernière en région parisienne. On vous révélait sur RMC dès hier que l'union syndicale lycéenne, qui est le premier syndicat lycéen, appelle carrément au blocage de tous les établissements de France demain, à l'occasion de la journée sociale, à l'appel notamment de la CGT. Est-ce que vous craignez la contagion
? Moi
je ne crains pas forcément la contagion au sens noble du terme, je dirais. Parce qu'il y a différents phénomènes.
Vous
avez des lycéens qui ont des revendications et qui parfois sont tout à fait légitimes. J'ai eu le cas par exemple au lycée Saint-Exupéry qui est le premier où il y a eu des mobilisations parce qu'il y avait des professeurs non remplacés. Et évidemment on le savait, il y
avait
un travail qui a été fait. Depuis une semaine, la quasi-totalité des postes a été pourvue. Derrière ça, vous avez aussi d'autres personnes
qui
sont violentes, qui arrivent masquées, cagoulées à l
'heure
du matin, qui arrivent avec des palettes et des matelas. Donc là on s
'est
allouiné un peu de la mobilisation spontanée d'élèves sur la pause du midi, qui allument des feux ou qui enfoncent des grilles et qui poussent les lycéens à se mobiliser de manière violente. Et là pour le coup on a un problème, c'est qu'on met en danger nos élèves. Et ça c'est un truc que je ne
peux
pas accepter.
Ils viennent d'où ces dizaines, dites-vous,
d'individus
masqués qui viennent
devant les distanciers ? Ils
sont clairement extérieurs. J'ai un proviseur qui a été agressé la semaine dernière. L'individu qui l'a frappé n'était pas un lycéen, l'établissement. Donc ce sont des gens qui sont extérieurs qui n'ont rien à voir avec lycéens. D'ailleurs que l'intérêt des lycéens n'intéresse absolument pas.
qui
sont clairement là pour être violents et s'en prendre aux institutions en général et aux institutions scolaires en particulier.
Vous venez de nous dire, Édouard Geffray, qu'un proviseur avait été agressé.
Un proviseur a été agressé la semaine dernière. Une CPE a été piétillée dans un mouvement de foule. Un élève a été blessé à cause d'intérêts mortiers. Il est hospitalisé depuis cinq jours, il devrait sortir aujourd'hui. D'autres élèves ont été légèrement blessés. Il y
a
un moment, si vous voulez, l'intérêt des élèves, c'est non seulement d'aller en cours, mais c'est d'aller en sécurité. Il est hors de question qu'on mette collectivement la vie de nos élèves en danger et leur santé en danger pour des raisons politiques ou idéologiques.
Politiques ou idéologiques, qu'est-ce qui vous fait dire ça ? C'est-à-dire que si ce sont des individus masqués qui viennent à 6h du matin, si je comprends bien, attisés en quelque sorte, ou souffler sur les braises d'une colère que vous-même vous estimez pour certaines légitime,
pourquoi
le font-ils et de qui s'agit-il ?
D'abord,
dans
certains cas, c'est important. Quand des élèves ont des revendications, par exemple, parce qu'il y
a
eu des postes non pourvus, enfin, plus simplement des enseignants malades non remplacés, ça, il faut y travailler. C'est clair, et j'y travaille tous les jours. Et tous mes services y travaillent. Quand, par contre, très clairement, on a des membres, qui, a priori, moi, je suis toujours très prudent, parce que je ne
suis
pas ministre d'intérieur, mais qui sont de la mouvance dite ultra-gauche et qui ont des actions violentes, quand on a aussi des personnalités politiques qui, dans ce contexte-là, dans ce contexte-là, incitent à généraliser le blocage, alors même qu'on sait que nos élèves sont en danger quand des individus cagoulés, armés de mortiers, se pointent dans l'establissement, là, on est sur une forme
de responsabilité. Est-ce que vous parlez des ministres ? Deux députés et des filles,
deux députés de la France dite insoumise qui, ce week-end, ont clairement incité au blocage. Deux
députés
qui appelaient au blocage. Louis Boyard, député du Val-de-Marne, Thomas Porte, député de la Seine-Saint-Denis.
Pas que, Clémence Guettet, Éric Coquerel, la semaine dernière,
je
crois, de mémoire aussi, sont venus sur des établissements pour inciter à les élèves au blocage. Une fois encore, qu'on se batte pour des revendications légitimes, enfin, qu'on se mobilise pour des revendications légitimes dans le calme, il y a des instances pour ça. Il y a des conseils de vie lycéenne, etc.
Sachant que le lycée,
c
'est presque le parent pauvre aujourd'hui, le lycée, finalement. Il n'a pas bénéficié des mêmes intentions que les collèges. Qu'est-ce que vous comptez ? Alors,
là,
pour
le coup, pardonnez-moi, je ne suis pas forcément d'accord avec vous. Ce n
'est
pas le parent pauvre. Et d'ailleurs, il y
a
quelque chose qui est intéressant, c'est que dans plus de la moitié des établissements qui ont été la cible de blocage ou autre, les dotations sont largement supérieures à la moyenne nationale. Je suis allé regarder les fiches d'établissements pour comprendre.
Combien d'établissements, pardon ?
Donc, il y a 58 établissements.
58 établissements qui ont
été touchés. Qui ont fait l'objet
de différentes tentatives et une dizaine qui ont fait l'objet de blocage
sur
ces 58. Ailleurs, les choses ont pu se résoudre heureusement différemment. Et donc, il y
en
a 58 en tout qui ont été concernés la semaine dernière. Et sur ces 58, il y en a majorité qui sont dans la dotation, dont le nombre d'heures ou le nombre d'adultes par élève est supérieur à la moyenne nationale. Ça ne
veut
pas dire que tout s'y passe bien. Il faut encore que quand un professeur est absent et qu
'on
n'arrive pas à le remplacer relativement rapidement, on a un problème. Mais ça, ça se traite. Ça se discute. Je n
'ai
jamais
vu un mortier recruter un professeur. Alors justement, monsieur le ministre, la hausse de la violence, c'est quand même un phénomène significatif. Ce que je veux dire par là, c'est que je vous entendais décrire les blocus tout à l'heure. J'ai moi-même mené une grande carrière de bloqueur étant lycéen. Ça ressemble très pour très à ce que c'est aujourd'hui. La chose n'a pas beaucoup changé. En revanche, qu'il y
ait des
tirs de mortiers devant les établissements, ça c'est totalement nouveau. Donc ma question est très simple. Pourquoi
est
-ce que cette violence-là qui existe aujourd'hui n'existait pas avant ?
Chez
les élèves ? Ils ne
sont
pas devenus idiots ? Qu'est
-ce
qui s'est passé entre-temps ? D'abord, il
faut
respecter les élèves
et il
faut encore les
écouter. Et c'est ce que je fais et j'en rencontre d'ailleurs tous les jours. Mais là, on est sur autre chose.
On
est encore sur... Alors d'abord, il y a un effet réseau sociaux. Vous avez des tracts sur les sous qui circulent en ce moment avec une incitation à ramener des mortiers. Avec des revendications d'ailleurs qui n'ont pour beaucoup absolument rien à voir avec l'intérêt des élèves, une fois encore. C'est assez intéressant de les regarder. Et puis par ailleurs,
on
est sur un phénomène effectivement de... Enfin, on a eu d'augmentation des tensions sociales que personne n'ignore. Et quand dans ce contexte-là, vous avez un peu des profissimes de légitiation
qui
débarquent cagoulées et qui distribuent ce qu'on appelle des chandelles romaines maintenant et qui les font tirer par les élèves ou qui les tirent eux-mêmes en direction des élèves, là, vous avez un problème.
M.
le ministre, il y a aussi, depuis cette rentrée, un certain nombre de cas inquiétants de professeurs qui se retrouvent parfois menacés par des élèves. Et c'est là-dessus que vous vouliez alerter, Muriel. Bonjour, Muriel. Muriel, vous nous appelez de Pau et vous vouliez revenir aussi sur l'incident qui est arrivé en fin de semaine dernière.
Voilà, parce qu'en fait, moi, je voulais... Ce qui m'énerve, c'est qu'il y a beaucoup d'incidents depuis pas mal de temps qu'on entend parler
pour
des enfants en situation de handicap. Et en fait, il y
a
un gros problème de recrutement des AESH. Les parents, moi-même, ma fille est en situation de handicap, donc on monte des dossiers MDPH, on a des notifications pour avoir des AESH, pour avoir une place en ULIS, pour que nos enfants puissent avoir une scolarité la plus... Normale. Normale possible, malgré leurs difficultés, malgré leurs besoins spécifiques. Et pourtant, je déteste ce terme.
Et
en même temps, en face, l'éducation nationale, il n
'y a
pas de réponse. Moi, ma fille, elle a dû attendre la cinquième pour avoir une place en ULIS.
Pas
d'AESH.
Donc
en fait, c'est moi qui l'ai fait.
C
'est moi qui ai payé pour limiter le retard. Évidemment, il n
'y
a plus de redoublement, parce que c'est un échec de l'éducation nationale. Et après, on s'étonne qu'un petit enfant de 8-9 ans agresse son
institutrice. Ça, ça s'est passé effectivement à la fin de la semaine dernière dans l'Essonne. Un enfant polyhandicapé qui n'aurait pas dû être dans cette classe sans accompagnement ou sans AESH, qui en effet a blessé sa professeure Muriel. Votre témoignage, je voudrais que le ministre puisse répondre.
D'abord,
ce
que vous décrivez, madame, était évidemment insupportable à vif pour vous et anormal. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fait, on a effectivement un nombre très important et croissant d'élèves.
C
'est plus de 10% par an. Le nombre de notifications d'AESH sur le nombre d'élèves qui
auraient
besoin
d'un accompagnement d'enfants en situation d'élèves.
C
'est plus de 10% par an. On essaie de suivre, c'est-à-dire qu'on essaie de recruter des gens. Cette année, par exemple, à la rentrée, on avait un taux de couverture, c'est un taux de recrutement
qui
était en sensible amélioration par rapport à l'année dernière. Mais le fait est qu'on a du mal aussi à trouver des
AESH.
Ils sont quand même payés une misère par
rapport à
l'investissement qu'ils donnent.
La difficulté, en fait, c'est qu'effectivement, pour la part, ils ne sont pas à temps plein. Et que du coup, ils ont une rémunération mensuelle qui tourne à 1000-1100 euros, ce qui, objectivement, n'est pas suffisant. Et donc, on y travaille. Leur rémunération a été malheureux de 13% en deux ans. Donc, on continue à y travailler. Mais c'est un sujet extrêmement complexe. Et avec des enfants qui,
effectivement,
pour certains d'entre eux, comme celui que vous mentionnez tout à l'heure, devraient être dans un institut spécialisé et pas en école.
Une dernière question. Grève, appel à la grève, en tout cas, demain, dans le service public et notamment dans l'éducation nationale. Est-ce que vous savez si tous les enfants vont pouvoir être accueillis demain
? Alors,
en principe, dans le premier degré, il y a effectivement un service d'accueil minimal qui est assuré par les collectivités locales. Donc, tout ça est organisé. Et normalement, oui, en tout cas, je le souhaite.
Merci. Le taux de grévistes, vous savez déjà ? Le
taux de grévistes, je ne
le
sais pas. Et on verra, évidemment, ça demain. Quoi qu'il arrive, une fois encore, les revendications, elles doivent être entendues parce qu
'elles
sont exprimées dans un cadre, justement, organisé et légitime. Mais il faut qu
'on
retrouve une forme de paix civile quand on a besoin d'exprimer ces choses-là. Et je le rappelle à nous lycéens ce matin pour ne
pas
qu
'ils
se fassent manipuler par des gens qui ne cherchent pas la paix civile.
Merci
beaucoup d'avoir choisi RMC pour venir répondre ce matin. Edouard Geffrey, ministre de l'Éducation nationale, et un grand merci à Muriel pour son témoignage.