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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 28 novembre 2025 9 min

Aurore Lalucq, députée européenne Place Publique, est l'invitée de la matinale de Franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Aurore Laluc député européenne donc place publique. Alors une première question d'actualité hier juste avant minuit dans le casadre de la niche parlementaire des insoumis, il a été voté la la nationalisation des activités françaises d'Arcormital. Alors est-ce que pour vous député européenne ça se passe vraiment en France ou c'est un sujet qui est à minima européen ?

Alors, en tant que je vais même vous dire en tant que président de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, c'est définitivement un sujet européen et la défense de l'acier, elle est essentielle. Donc, est-ce qu'il fallait nationaliser cette entreprise ? Oui.

Est-ce que c'est la solution miracle à tous les problèmes ? Il va falloir trouver une solution de long terme mais il faut vraiment garder des capacités d'acier. Ça se passe pas qu'en France, ça se passe aussi en Suède par exemple où il y a Strogra qui va falloir vraiment soutenir parce que l'acier vert notamment c'est essentiel pour toute la chaîne de valeur au niveau européen notamment dans un moment où on est en train de se réarmer.

Oui, justement, on en reparlera. Euh, l'acier est un enjeu aussi de de sécurité. On en reparlera donc quand on ouvrira notre petit chapitre Europe.

Alors, autre annonce hier par le président de la République, on s'y attendait depuis quelques jours, c'est la création d'un service national purement militaire, pour ne pas dire service militaire qui s'adresserait à aux jeunes de 18 à 19 ans pour un engagement de 10 mois. Euh Raphaël Gusman, donc de place publique, je le je le rappelle, a dit qu'il était pour un service universel et obligatoire, pas nécessairement militaire, mais civique. Donc, j'imagine que vous êtes pas favorable à ce qu'a annoncé le président de la République ou est-ce que ce n'est pas suffisant ?

Bah, le problème avec Emmanuel Macron, c'est toujours la même chose. C'est-à-dire que ce sont des opérations de communication la plupart du temps pour cacher une faiblesse. Donc là, la réalité c'est quoi ?

C'est qu'on devrait être en économie de guerre. Est-ce qu'on y est ? Non.

Donc tout d'un coup, il ressort un peu une idée comme ça du chapeau, il le met en scène et cetera. Après, mettons la personnalité spécifique du président de la République de côté et réfléchissons maintenant à la question de ce service. Est-ce que c'est utile ou pas ?

On se rend compte que dans tous les pays européens, c'est en train de revenir. C'est qu'il y a une raison. Est-ce que ça répond aux enjeux de défense de défense et surtout est-ce que ça donne une perspective à la jeunesse ? sur la question de la défense c'est un premier pas absolument pas suffisant du tout he faut vraiment se dire qu'aujourd'hui l'enjeu de la défense c'est d'avoir de la commande dans le militaire mais aussi de soutenir toutes les start-up et je pense évidemment à Alè ceux qui sont en capacité de faire des drones des drones qui vont détruire d'autres drones de créer un vrai écosystème.

C'est exactement ce qui se passe en Allemagne pas uniquement il faut de la masse. C'est ce que disent les généraux les spécialistes disent il faut de la masse dans le sens dans le sens du nombre hein. Mais c'est c'est un élément c'est un élément mais là surtout faut passer en économie de guerre faut soutenir un certain nombre de startup qui vont nous permettre de créer le mur de drone.

L'enjeu, si vous voulez, c'est quand même d'envoyer personne au front au bout d'un moment. Faut être très clair, il précise que c'est sur le territoire national. C'est sur le territoire national et cetera.

Après, donc c'est un élément important, c'est pas un élément, ça va pas être la solution miracle. Ensuite, pour la jeunesse, un petit mot quand même, ça peut pas être la seule proposition qu'on leur fait. Oui, on parle de l'engagement de la jeunesse, mais on parle pas de la jeunesse dans le sens large du terme.

Oui, mais même enfin comment comment vous dire ? On a une jeunesse qui a des problèmes psychiatriques qui sont liés notamment à la phase Covid. On est dans un environnement violent.

Il y a la question du des règlements climatiques et cetera. Un jeune sur tr, un étudiant sur tr ne mange pas à saf dans ce pays. Vous dites "On peut pas s'occuper de la jeunesse que pour parler de ce service national ?" Ben non, enfin va falloir trouver des solutions généreuses.

Et si on est en capacité de d'effrayer de l'ordre de 900 à 1000 € certains jeunes qui vont faire le service militaire, ça veut dire qu'à côté de ça, on doit être en capacité de trouver des solutions pour les 18 25 ans qui sont dans une situation de pauvreté. Donc est-ce que c'est une solution intéressante ? Oui, il y a quelque chose d'intéressant.

Raphaëlman viendra avec des propositions bien plus fortes à mon avis et bien plus engageantes. Mais en tout cas, c'est un peu si vous voulez, c'est toujours la même chose avec avec Macron, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt. C'est surtout une opération de communication à ce stade à mon avis.

Donc vous mettez peu mieux faire dans la marge hein, si j'ai bien compris. Rou, c'est surtout pas comme ça qu'on arrivera à défendre le territoire. Il nous faut des armes, des armes, des armes et des drones et passer de la commande publique.

Commander, faire de la commande publique. C'est ce qui va relancer la croissance. C'est ce qui va nous désendetter.

C'est ce qui va relancer l'industrie française. On a vraiment besoin de créer plus de liens entre les start-ups qui innovent vraiment au niveau français et la la défense traditionnelle. Sinon, je vais vous dire, on va encore se faire une fois doubler par l'Allemagne qui sont en train de faire ça eux alors que la défense c'est notre secteur à la base.

D'un côté, vous dites que c'est une question européenne et d'un autre côté on regarde aussi euh la concurrence je dirais interne. Euh l'un de vos chevaux de bataille en ce moment, c'est la la souveraineté aussi en Europe. Qu'elle soit industrielle, on en a parlé un peu à travers la nationalisation d'Arscellormitale aussi numérique.

Vous tirez d'une certaine manière la ce d'alarme ? Est-ce que l'Europe est est déjà, j'allais dire entre guillemets largué que ce soit par les États-Unis, par la Chine dans tous les domaines où est-ce qu'il y a encore une possibilité pour l'Europe de raccrocher les wagons ? Il y a une possibilité parce qu'on a tous les éléments du puzzle.

Maintenant, il faut trouver le moyen bah de les mettre ensemble et surtout d'avoir une stratégie et d'avoir de la volonté politique de pas avoir peur dans le moment actuel. Enfin, faut se rendre compte qu'on est dans un moment extrêmement dur. C'est pas le moment d'avoir peur, c'est le moment de faire du rapport de force.

Aujourd'hui, malheureusement on est dépendant sur un très grand nombre de choses et je vais vous parler du cas, moi je trouve très parlant, du juge Guillou qui a été mis sous sanction couper internationale, mis sous sanction des États exactement. Qu'est-ce qui lui arrive à ce monsieur qui est français ? Et ben tout d'un coup, il n'a plus il peut plus commander sur Amazon, il peut plus louer sur Airbnb, il peut plus prendre de chambres d'hôtel pour tout en fait.

On dépend par exemple des Américains mais même sur nos modes de paiement Visa, Mastercard, c'est américain, on a on n'est plus souverain sous rien. Et ce cas là de ce monsieur qui du jour au moment ne peut plus vivre normalement, ça doit nous réveiller, ça peut nous arriver à tous demain. Donc oui, on doit être souverain parce que les États-Unis aujourd'hui, on le voit bien, ce ne sont plus nos alliés malheureusement et je le regrette profondément.

Et de l'autre côté, la Chine a théorisé l'éradication de l'économie européenne d'ici 2050. Donc c'est une vraie question de survie. C'est une vraie question de survie.

Et je vais vous dire le pire est jamais certain. Le pire est jamais certain. On est un continent riche.

On a des compétences incroyables. On peut le dit qu'on le dit depuis la nuit des temps et que pour autant l'Europe regarde les exemples que vous avez pris. euh les États-Unis ou la Chine, par exemple, il y a une volonté de faire un effort sur le spatial avec une enveloppe autour de 22 milliards euh qui a été euh débloquée.

Pour autant, euh c'est euh 60 % les États-Unis, 15 % la Chine. Euh je dirais qu'on est largué dans l'espace si j'ose dire si j'ose cette expression. Donc on compte les points.

Est-ce que où c'est encore possible que l'Europe joue dans la cour des grands parce qu'on en est là aujourd'hui ? Certains pays ont euh toujours une relation privilégiée avec les États-Unis et c'est vrai que que certains discours de Donald Trump, on peut pu créer un peu. C'est un peu pour certains Bambi qui découvre la neige, on va se dire clairement.

Euh nous, on a toujours défendu une défense européenne, on a toujours défendu la préférence européenne, la politique industrielle. C'est en train de changer ça quand même. Est-ce que ça va assez vite ?

Absolument pas. Je suis entièrement d'accord avec vous et c'est pour ça qu'on se bat matin, midi et soir avec Raphaël Glutman sur ce sujet-là. Donc c'est en train d'avancer pas assez vite.

Je suis entièrement d'accord avec vous. Il faut faire le deuil d'un logiciel intellectuel et politique. Moi je préfère qu'on fasse ce deuil là plutôt qu'on mette en danger les Européens.

Mais après, au niveau français, on doit aussi être en capacité d'avancer et passer par de la commande publique plutôt que de la subvention à un moment où on est endetté. C'est vraiment vraiment essentiel. J'insiste.

On a OVH, on a Vercorp, on a plein de super entreprises sur le sol sur le sol français. Il faut vraiment les soutenir maintenant et faire de la préférence française et européenne. Alors, on parle de l'Europe mais euh pour peser sur l'Europe, il faut peut-être être président de la République.

Donc euh cela nous ramène à la situation française. On le sait, Raphaël Gusman n'est pas favorable à une primaire à l'instant où on se parle. Considérant que euh si euh c'était Jean-Luc Mélenchon le candidat, il sera obligé de le suivre.

On sait que Jean-Luc Mélenchon ne sera pas candidat à une primaire. Est-ce que Raphaël Gman n'est pas en train de nous dire de manière indirecte qu'il est d'ors et déjà candidat à la présidentielle ? Raphaël Gluxman est obsédé par la présidentielle de 2025 comme beaucoup d'entre nous.

Pourquoi ? Parce qu'on voit les sondages. On voit que la bascule vers le Rassemblement national est possible.

Euh très clairement les sondages le disent. Donc est-ce obsédé au point de se présenter ? Il il est obsédé par ça.

Il y mettra toute son énergie. Moi, je vois qu'aujourd'hui c'est le mieux placé dans les sondages. Je suis entièrement d'accord avec lui et pour le coup entièrement d'accord aussi avec Mélenchon.

On ne tranche pas une ligne programmatique à travers une primaire. Ça n'existe pas. Donc je pense qu'aujourd'hui il faut aller très très vite.

Pour l'instant moi si vous me demandez si c'est euh ce serait mon candidat préféré, bah évidemment que oui. Je vais pas vous mentir. Il attend quoi pour se déclarer ?

Parce que il se présente comme tel. Il fait beaucoup d'émissions, il se présente pas comme tel. Quand on n'est pas pour une primaire, qu'on considère que Jean-Luc Mélenchon ne peut pas être le candidat de la gauche, c'est qu'on pense qu'on va être candidat soi-même.

Il essaie de participer au mieux à 2027. Après, on verra pour le reste. Le principal maintenant, c'est de trancher les lignes programmatiques.

Je vois qu'il y a une évolution intéressante du côté de la gauche qui est en train de rompre avec la France insoumise, ce qui était notre ligne avec Raphaël Luxman. Ça, c'est bien, mais maintenant, il faut qu'on se mette tous d'accord aussi autour d'un programme et après l'incarnation, elle va émerger d'elle-même. Moi, j'ai évidemment une préférence pour Raphaël Luxman et je pense que je suis pas la seule.

Alors, on verra si son obsession va jusqu'à se présenter.