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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 8 août 2021 27 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEnvironnement & énergieOutre-mer

Ep. 2 - La candidature : les coulisses

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Locuteur 1Fait
    « Un couvre-feu renforcé semble inévitable. »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « Une vingtaine de coups de poing, des coups de pied et de matraque. »
  • 4:00Locuteur 1Fait
    « Pas d'images, pas de preuves, pas de preuves, pas de violences policières. »
  • 5:00Locuteur 1Chiffre
    « Plusieurs milliers de manifestants sont venus dire : "non" à la proposition de loi "Sécurité globale". »
  • 6:00Locuteur 1Chiffre
    « On a l'impression de ne pas en sortir, on a une crise sociale qui, déjà, s'annonce majeure, on arrive à un million de pauvres en plus dans le pays. »
  • 7:00Locuteur 1Fait
    « Le premier Conseil des ministres extraordinaire qui a été dédié au coronavirus est celui qui a décidé d'utiliser le 49-3 sur la question de la réforme des retraites. »
  • 11:00Locuteur 1Fait
    « Caroline Fiat première aide-soignante élue de toute l'Histoire de l'Assemblée nationale. »
  • 12:00Locuteur 1Fait
    « Adrien Quatennens qui était avant dans un call-center pour EDF, Jean-Hugues Ratenon qui était avant au RSA activité. »
  • 15:00Locuteur 1Chiffre
    « Dans les sondages, Jean-Luc a pris le leadership de manière incontestable. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Moi je suis très friand de ce genre de situation qui est pour moi le cœur de l'action politique comme je la vis. J'y ai consacré ma vie entière. Ma vie politique ce n’est pas l'expédition des tâches courantes.

Et il y en a à expédier et elles peuvent être pesantes. Et puis il y a ces moments de symbiose inouïe entre des scènes, des situations et des personnages. – Un couvre-feu renforcé semble inévitable. – Un record pour cette deuxième vague. – Une vingtaine de coups de poing, des coups de pied et de matraque. – Pas d’images, pas de preuves, pas de preuves, pas de violences policières. – Plusieurs milliers de manifestants sont venus dire : "non" à la proposition de loi "Sécurité globale". – Quand les jeunes notamment, parce que c'était beaucoup des jeunes, sont redescendus dans la rue sur la question de la loi Sécurité globale, c'était Un : parce que l’on a une jeunesse qui a très bien compris ce qui se passait avec une mobilisation mondiale dans l'année sur la question des violences policières, avec Black Live Matters, etc.

Donc d’abord la conscience de la gravité de la décision qui était prise et Deux : la volonté aussi de montrer que cette force populaire-là est toujours présente et qu’une simple étincelle peut rallumer la flamme, vraiment. Moi, j'aime beaucoup voir que l'année 2020, malgré toutes les difficultés qu’il y a eu, elle a commencé par la lutte contre la réforme des retraites qui, pour le coup, a gagné pour l'instant. Parce que je pense qu'à un moment il faut le dire, ils enterrent les trucs au fur et à mesure et puis après ils n’en parlent plus, mais pour l'instant on a gagné, cette réforme n'a pas été mise en place.

Et elle a terminé avec une mobilisation, notamment de la jeunesse, vraiment extraordinaire qui s'est levée sur la question des violences policières et des libertés. Ça je trouve que c'est un bel exemple de l'esprit français : quand le peuple est las d'être écrasé, se lève, retourne dans la rue et rappelle aux gouvernants de ce pays que la souveraineté appartient au peuple et non pas au roi qui se croit de droit divin. – Dans toute cette phase de pré-campagne on a dû aussi organiser la logistique de ce qu'est une campagne.

Et notamment sur la question des locaux, la France insoumise avait un local de 350 m², c'était totalement sous-dimensionné pour ce qu'on voulait faire. Déjà pour le confort de travail des équipes, pour le fait que ces équipes vont se renforcer tout au long de la campagne et puis aussi du fait que comme nous voulions être nos propres médias nous voulions notre propre studio pour pouvoir diffuser nous-même des émissions faites maison, tout cela nécessitait largement plus de 350 m². Donc nécessitait de déménager, et donc on a cherché un local qui était plus de deux fois plus grand, parce que c'était les estimations qu'on avait faites.

Depuis le début de la campagne on a déjà renforcé les équipes, déjà les bénévoles ré-affluent, c'est-à-dire qu'on voit une augmentation de l'arrivée des bénévoles. Ce qui démontre bien qu'il y a une attente, un appétit de politique et un appétit de faire campagne et de porter « l'Avenir en commun ». Donc tout cela est très positif.

Quand on voit les bénévoles revenir au siège, quand on voit les groupes d'action se renforcer, forcément on se dit que la dynamique est enclenchée. – L'engouement lors de la proposition de candidature a été un engouement, je crois, qui correspond aussi au besoin d'avoir juste un horizon qui s'ouvre pour plein de gens. Parce qu’il faut imaginer : on est en octobre, début novembre, on a déjà été confiné puis déconfiné de manière complètement catastrophique, on a vécu un été un peu plus libre en revoyant un peu les proches et on arrive à la rentrée avec de nouveau confinement, reconfinement ou non confinement, couvre-feu, toutes ces questions qui se posent.

On a l'impression de ne pas en sortir, on a une crise sociale qui, déjà, s'annonce majeure, on arrive à un million de pauvres en plus dans le pays et on est dans un moment où le covid étouffe tout en fait. Dans le sens où il est aussi utilisé par le gouvernement, non seulement pour faire passer des réformes complètement abjectes, mais il est aussi utilisé pour dépolitiser la scène politique et l'ensemble de ce qu'on est en train de vivre, dans l'idée qu'il y aurait finalement qu'une seule chose à faire dans ce moment-là. Depuis un an, on subit les décisions d'un roi, on subit les décisions de Macron qui nous dit : à quelle heure on doit rentrer chez nous, avec qui on peut être, à combien de personnes on peut être, où est-ce qu'on peut aller.

Et finalement, une des chose qui est quand même maîtresse dans ce que nous on porte, sur la question de la sixième république et de la constituante est en jeu : c'est-à-dire à quel point on est maître de soi. De soi maintenant et de son avenir. Jamais le moment qu'on a vécu n'a été autant politique, jamais la politique n'a eu autant d'importance.

Pas la politique comme les petites magouilles des politiciens sur lesquelles ils sont en train de se tirer les cheveux sur je-ne-sais-quoi pour leur pouvoir, mais la politique comme la manière dont on est en train de vivre. Et s'il y avait une chose quand même qui serait importante dans la période, dans une période où on a l'impression d'être dans une impasse qui est presque une impasse de civilisation, si une chose était importante ce serait justement de pouvoir discuter tout cela, de ne pas être enfermés dans le dogme de "Non, on ne peut pas faire autrement" parce que c'est ce qu'on nous répète tout le temps, "Ne critiquez pas et surtout ne dites rien parce que nous sommes dans un moment de crise". Il y a un certain nombre de faits qui montrent un fiasco du gouvernement absolument terrible.

Rappelez-vous toujours, et ça j’insiste dessus, que le premier Conseil des ministres extraordinaire qui a été dédié au coronavirus est celui qui a décidé d'utiliser le 49-3 sur la question de la réforme des retraites. Donc leur priorité c'était cela à ce moment-là : d'écraser le mouvement populaire incroyablement fort dans notre pays pour refuser cette réforme des retraites. Donc la question démocratique est primordiale et je crois que la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon qui arrive à ce moment-là contribue justement à ouvrir l’étau et à dire : "Non, on ne va pas vivre comme ça, parce que ça n'est pas possible".

Dans cette présidentielle, une des choses les plus importantes c'est d'avoir du temps pour convaincre, donc là ce que l’on est en train de faire depuis maintenant tout un temps c’est de rappeler tous les groupes d'action, il y en a plusieurs milliers dans le pays, donc ça prend du temps. Notre but c'est que l’on arrive à un maillage de territoire où il y ait le plus possible d’équipes de soutien qui soient créées. Et Action Populaire c'est le réseau social qui permet de mettre les gens en lien et en action, parce que là encore c'est l'action qui est valorisée, et sur lequel vous allez trouver énormément d'informations.

Ça passe par la carte des groupes, les événements qui vont y être, des informations de ce qui se passe, des articles… C'est une plate-forme d'actions, un réseau social qui est lancé, qui permet à chacune et à chacun de s'en saisir et, selon ce qu'il ou elle a envie de faire, de pouvoir s'investir dans cette campagne. Car je le rappelle : tout le monde est bienvenu. Et parce qu'il faut toujours se rappeler que derrière un candidat, il y a un programme avant tout et on insiste beaucoup dessus, et puis derrière un programme il y a plein de gens et ça c'est, je crois, notre force numéro un.

C'est plein de gens qui le portent tous les jours, au quotidien, que ce soit dans des actions, dans leurs interactions avec les gens. Et notre force, c'est le nombre, et ce que l’on a fait de plus fort, évidemment il y a les meetings de masse qu’on fait, qu’on ne peut pas faire en ce moment, mais que j'espère on pourra faire, mais il y a aussi tout ce travail de terrain, cet immense travail de terrain, qui est fait un peu partout : dans les quartiers populaires, dans les zones rurales, dans chacun des quartiers des villes ou des villages, et qui est un travail absolument primordial parce que c'est un travail d'ancrage, qui est un travail de longue haleine. Notre force vient d'abord de ces femmes et ces hommes qui prennent du temps bénévolement, à côté de leur travail, à côté de leur retraite, à côté de leurs enfants, de leurs petits-enfants, et je crois que la richesse principale du mouvement et de la campagne qu'on fait, c'est justement ces femmes et ces hommes qui, tous les jours, contribuent à porter ses idées. – Alors il y a une invitation qui était dans nos cartons pour aller à l’île de la Réunion, dans l’océan Indien.

C’est le territoire d'outre-mer le plus peuplé des Outre-mer français : il y a un million de personnes qui sont là, et sur place il y a deux élus insoumis, ce n’est quand même pas rien. L’un est Younous Omarjee qui est le Président de la commission des régions au Parlement européen, c'est un personnage extrêmement important de la galaxie européenne, et l'autre est le député Jean-Hugues Ratenon qui est élu sur un programme et un territoire de pauvreté et de luttes sociales. Et sur place j’ai d’autres amis que je suis allé visiter.

Donc ça s'est passé dans une très bonne ambiance, et puis il y a eu, comme toujours dans ce genre de circonstances, des temps forts, un peu calculés, un peu prévus mais qui vont plus loin, quand on y est, que ce qu'on avait prévu. Moi je voulais à tout prix, si j’allais à la Réunion, y aller pour le 20 décembre, parce que c'est le jour anniversaire de la date de l’abolition de l’esclavage. Et puis surtout j'ai été invité à la mairie de Saint-Paul par Huguette Bello maire et ancienne députée, mais le moment était inouï.

Pour une raison fort simple c'est le lieu. D’abord, elle m’invite, on est en face de la mer. Je mets au défi quelqu'un de rester insensible au fait d'être en face de la mer.

La mer entre en vous, toujours, avec ses ondes apaisantes. Et puis on est à un endroit incroyable. À cet endroit-là, il y a eu un cyclone qui est passé et il a arraché la couche de terre qui se trouvait là sur ce rivage qui est au bord d'un cimetière.

Et en enlevant la couche de terre on a trouvé là les ossements de 2 000 personnes. C’est 2 000 esclaves qui ont été jetés à la terre, sans autre sépulture ni marque quelconque permettant de les identifier comme des personnes, à côté du cimetière officiel. Si bien qu’on ne peut pas parler à côté d’un truc pareil sans être habité, pénétré par cette ambiance inouïe.

Et alors tous ceux qui étaient avec moi, toute mon équipe présente, a été pénétrée de la même chose : de la beauté du lieu, de la grandeur de ce qui se disait, de ce qui se pratiquait et nous avons à ce moment-là tous eu une scie dans la tête. Une scie c’est une musique qui revient tout le temps et que l’on arrive pas à chasser. Et c'était celle de ces gamins qu'on avait vu la veille en inaugurant un site où il y avait des habitations esclaves et il y avait là une chorale de gosses qui ont chanté un hymne à la liberté.

Alors c'était leurs petites voix nasillardes, la prof a fait comme elle a pu pour que tout ça soit harmonieux, je ne dis pas que cela l’était tout le temps, mais il y avait un charme indépassable, c'est-à-dire que même les fausses notes passent. Et c'est le chant "Je chante avec toi, Liberté" et la musique c'est celle de Verdi, c’est "Va, pensiero". Alors je connaissais l’air, je ne connaissais pas les paroles parce qu’elles sont récentes.

Et cette musique nous a habité tout le temps du voyage, on se la chantait, etc. Et moi je suis très friand de ce genre de situation qui est pour moi le cœur de l'action politique comme je la vis. J'y ai consacré ma vie entière.

Ma vie politique ce n’est pas l'expédition des tâches courantes. Et il y en a, à expédier et elles peuvent être pesantes. Et puis il y a ces moments de symbiose inouïe entre des scènes, des situations et des personnages. – Là, on a essayé de concevoir six mois d'agitation forte sur les idées.

Toutes celles et tous ceux qui ont des choses à dire à notre camp, au sens large, ont cette période-là pour le faire. Parce que l'objectif, c'est à l'automne d'avoir une nouvelle trame programmatique. On se donne l'été pour traiter, synthétiser toutes ces contributions individuelles qu'on va recevoir et les contributions des collectifs.

Et avant ça il faut que ça foisonne, il faut qu’on ait le plus de contacts possibles avec les gens qui ont des choses à dire, et il y a beaucoup de gens qui ont des choses à dire. Donc ces six mois-là on a essayé de thématiser. On commence par le squelette : la question démocratique, ensuite on aura une phase écolo, alors je dis écologie, mais c'est aussi l'idée de la bifurcation écologique donc des emplois, de l'industrie.

Une séquence sur les questions sociales au sens large, c'est-à-dire aussi quel projet émancipateur on veut, donc quelle école, quelle culture, les services publics dont la santé, ce sera traité à ce moment-là. Puis, pour terminer, l'indépendance de la France donc les enjeux internationaux, géopolitiques. Et là dedans on a essayé de concevoir des outils qui sont complémentaires.

Il y a d'abord les contributions individuelles sur « Nous Sommes Pour » dont on a parlé. Potentiellement la Consultation populaire : je vais voir des gens et je leur demande ce qu’ils voudraient ajouter. La revue qui est le premier outil : on va sortir quatre revues sur ces 4 grands thèmes très larges, dont j'ai parlé.

Ça c'est ce qu'on peut faire quand on est un individu. Après il y a des outils pour les collectifs et là il va y avoir plusieurs choses, d'abord il va y avoir toute une série d'auditions qu'on a appelées les Forums thématiques avec sur chaque thème un gros forum de lancement. Et on déclinera ça tous les jeudis soirs avec les émissions : "Les Jeudis du programme" qui sont moins ambitieuses en termes de format mais qui auront la vertu, toutes les semaines, d'entendre deux invités, des gens qui par leur quotidien, par leur profession, ont des choses à nous dire.

Tout ça est très lié au travail parlementaire parce que les parlementaires ont développé un réseau, des contacts privilégiés, en se battant sur des lois du gouvernement de Macron ou en faisant leurs propres propositions de loi sur des sujets qui leur tenaient à cœur de faire bouger. – La nouveauté totale pour moi, de toutes les campagnes de toute ma vie, c’est le groupe parlementaire. – Avec quand même une spécificité forte de notre groupe parlementaire qui est assez extraordinaire : nous avons le groupe qui est le plus divers en termes de représentation, on a le seul groupe parlementaire qui a une diversité aussi forte, qui est souvent raillé par le mépris des macronistes avec Caroline Fiat première aide-soignante élue de toute l'Histoire de l'Assemblée nationale.

Adrien Quatennens qui était avant dans un call-center pour EDF, Jean-Hugues Ratenon qui était avant au RSA activité, etc. Donc avec une diversité très forte, ce qui est rare à l’Assemblée nationale, et pourtant nous sommes le seul groupe parlementaire à toujours voter de la même façon. Non pas parce que nous sommes fouettés par Jean-Luc Mélenchon ou que je fouetterais moi-même mes collègues, mais parce que on a une homogénéité politique très forte, qui est notamment assise sur l'Avenir en commun et les différents livrets qui y sont.

Et je crois que ça c'est très rare dans un groupe parlementaire, donc c'est assez agréable de travailler avec tous ces individus. – Il y en a qui croient que parce qu’ils sont présidents ils prennent la baguette et tic tic tic, ils donnent des ordres à tout le monde. Vous faites ça et une semaine après il n’y a plus personne dans le groupe.

Donc il faut soi-même pas trop se croire, il faut entrer dans une réunion, si possible avec une proposition à faire, mais il ne faut pas hésiter à dire "Ce qu’a dit untel est mieux, on va faire comme ça ». Nous ne votons jamais. On discute jusqu’à ce que l’on soit tous d’accord.

Tous d’accord ne veut par dire que nous sommes réellement tous d’accord. C’est une alchimie spéciale. C’est-à-dire que des gens se disent "Bon, apparemment les gens ont l’air d’être majoritairement pour ça, allez, faites ! ".

Cet art de savoir reculer sur ses propres positions, avancer, ne jamais dramatiser, qui n’est pas du tout dans la tradition de la gauche traditionnelle. Nous c’est plutôt la tradition de la palabre sous le banian. On discute jusqu’à ce qu’en gros, on ait l’impression qu’on a trouvé la bonne idée et qu’on va aller dans ce sens-là.

Ça a marché, mais du coup ça libère une énergie incroyable ! – Je me rappelle quand on est arrivés à l'Assemblée nationale l'espèce d’effet de surprise chez les autres de : "Merde ! Mais ils ont plein de gens ! ".

Et ils pensaient qu’on allait se vautrer parce qu’on n'avait jamais été parlementaires de notre vie, parce qu’on avait pas fait les bonnes études pour ça, parce qu’on ne parlait pas bien comme ça, etc. Et puis ils se sont aperçus qu’en fait on tient la route, et même plus qu’eux pour défendre l’intérêt général. Et je me rappelle cet effet de : "Mais c'est dramatique ce qui est en train de nous arriver parce qu'en fait il y a plein de gens derrière Jean-Luc Mélenchon".

Et Jean-Luc Mélenchon, d'ailleurs et ça c'est très important, c'est le seul homme politique de son époque, de notre époque aujourd'hui, qui ait réussi à faire monter des jeunes dans les médias, dans l'Assemblée, c'est le seul homme politique qui ait fait ça. C'est le seul homme politique qui transmet les choses. Je crois que ça c'est très important parce que d’abord ça montre que l’on est crédible.

Parce que oui, nous sommes prêts à gouverner. Parce qu'on est une équipe et non plus juste Jean-Luc Mélenchon, qui n'a jamais été tout seul mais qu'on voyait peut-être un peu moins, alors que là on voit et on voit le travail parlementaire qui a été fourni qui est, pour le coup, de grande qualité. Qu'on soit d'accord ou pas d'accord avec nos idées, personne ne peut nier qu’en terme de présence, d'amendements, de proposition de loi, de plans, de guides, de tout ce qui a été fait il y a un sérieux très fort.

Et puis il y a des personnalités qui sont identifiées et pour nous ça c'est vraiment précieux. Ça permettra que les journalistes réalisent qu'il y a d'autres gens derrière, et il y en aura beaucoup d'autres. Et puis la deuxième chose qui est très importante, c'est ce que je disais sur le sérieux, là on a passé un cap supplémentaire, c'est-à-dire qu'avant on avait notre programme, ensuite les différents livrets thématiques qui, par thèmes principaux, disaient quelles étaient nos grandes orientations.

On est passés des grandes orientations à des dispositifs dans la loi directement, en faisant des propositions de loi. On a pris plein de mesures qu'on proposait, qui étaient un peu nos mesures fortes, pour les traduire en propositions de loi. On a plein de copains et de copines qui sont devenus du jour au lendemain collaborateurs de députés et collaborateurs de groupes, qui sont arrivés à l'Assemblée nationale comme nous en découvrant et qui maintenant savent faire des tonnes d'amendements, des tonnes de propositions de loi.

Et ça, ça nous permet d'avancer vraiment aussi en sérieux de propositions. C'est-à-dire que maintenant lorsqu'on arrivera au pouvoir, on saura quelles lois on doit passer à quel moment. Cette fois-ci ça ne s’appellera plus une proposition de loi, parce qu’une proposition c'est pour un groupe, un député et un projet de loi ça vient du gouvernement.

Donc on transformera nos propositions de loi en projets de loi, elles seront directement prêtes et on pourra gouverner en abrogeant un certain nombre de mesures et puis en mettant les mesures les plus importantes et immédiates avant la constituante. – Du point de vuede ce qu’entre nous on appelle les horoscopes, que d'aucuns appellent les sondages, globalement ça se passe pas trop mal aussi. Ça façonne un peu l'opinion donc on est obligés de regarder et là dessus, dans les sondages, Jean-Luc a pris le leadership de manière incontestable.

D'ailleurs de manière bien plus importante que les élections précédentes. Et comme on a toujours vu la progression se faire quand la campagne commence à se faire réellement, ça aussi c'est un bon signe. Il y a tous les éléments sur la table pour que ça se fasse, c'est-à-dire que dans ce pays il y a eu des mobilisations sociales qui ont continué à se faire.

Il n’y a eu une victoire écrasante et définitive sur toutes les mobilisations sociales. Il y a des mobilisations écologiques, il y a des mobilisations sur les libertés, toute chose qui rejoint souvent nos combats. Donc moi j'ai l'impression que tout ça peut faire en sorte qu'un candidat qui représente cette diversité soit capable d'aller au deuxième tour. – Bon, malheureusement on sait très bien que la campagne va être dominée par les tentatives de diversion, par la volonté d'imposer un duel Macron-Le Pen, par la droite qui va essayer d'instrumentaliser le moindre fait divers où le moindre attentat horrible pour, tout de suite remettre les questions dont ils se sont faits aujourd'hui une spécialité, en faisant des corrélations entre la question de l'immigration, la question de la sécurité, la question du terrorisme, la question de la laïcité.

On sait très bien qu'il va y avoir une volonté d'imposer ce thème-là comme thème à l'agenda de la campagne. Partir tôt c'était aussi une manière d'avoir un sillon qu’on peut creuser et cultiver, pour dire que non, la question qui est posée aujourd'hui c’est celle de l'urgence sociale, que l'on peut se chamailler sur ce qu'on mange à la cantine, mais si demain, dans dix ou dans quinze ans on a atteint des seuils irréversibles en termes de changement climatique, ces débats-là n'ont pas beaucoup d'intérêt, pas beaucoup de sens. Le résultat de quatre ans d'Emmanuel Macron c'est quand même une division, une pulvérisation de la société, un chaos généralisé.

Et c'est pour ça que je pense que l'idée de proposer comme sortie de cette situation un projet qui s'appuie sur l'harmonie, sur le retour à une forme de concorde républicaine et d'harmonie avec la nature ça me paraît aussi correspondre à ce moment-là, à ce besoin-là qui je crois existe dans la population. – Pour moi, cette première séquence est une réussite complète. Parce que tout a été fait de manière adaptée, dans la bonne humeur, entre nous, parce que c'est un effort gigantesque.

Il ne faut pas que les gens croient qu’on claque dans les doigts et que les choses se font. C’est des milliers d'heures de travail de toutes sortes de gens, qui font équipe et qui en quelques sortes me portent. Moi je suis un des rouages de ce dispositif et j'essaye de faire ma part parce que la responsabilité qui m'échoit à ce moment-là c'est de bien faire mon travail, parce que sinon, je gâche celui des autres, c'est surtout cela qu'il faut voir.

Si vous n'êtes pas à l’heure à une réunion c'est ceux qui ont organisé la réunion qui ont travaillés pour rien. Si on ne fait pas les choses comme il faut, si le discours n’est pas bien fait, s’il ne commence pas bien et ne termine pas bien, c’est le travail des autres. Il ne faut jamais perdre de vue que derrière tout ça il y a beaucoup, beaucoup de travail.

Donc cette première séquence, de ce point de vue tout est réussi, sur le plan technique, sur le plan politique et aussi sur le plan des affects et de la représentation symbolique. Pour moi, la séquence se clôt sur cette petite chanson et aussi sur les images qu’on en a tiré. Je sais que ceux qui ont suivi de près sont restés avec des étoiles dans les yeux après avoir vu la petite vidéo qui a été tirée de mon voyage à la Réunion, et où on voit la mer interminable qui vient et repart et revient sur la rivage de la Réunion.

Comme nous même nous sommes dans l’Histoire, une vague qui va, qui revient, qui n’est jamais défaite et pas toujours longtemps gagnante. [Musique] "Quand tu chantes, je chante avec toi, Liberté, Quand tu pleures, je pleure aussi ta peine, Quand tu trembles, je prie pour toi, Liberté, Dans la joie ou les larmes, je t'aime. Souviens-toi, des jours de ta misère Mon pays, tes bateaux étaient quelques galères Quand tu chantes, je chante avec toi, Liberté Et quand tu es absente, j'espère.

Qui-es-tu ? Religion ou bien réalité, Une idée de révolutionnaire ? Moi, je crois que tu es la seule vérité, La noblesse de notre humanité Je comprends qu'on meure pour te défendre, Que l'on passe sa vie à t'attendre.

Quand tu chantes, je chante avec toi, Liberté, Dans la joie ou les larmes, je t'aime. Les chansons de l'espoir ont ton nom et ta voix, Le chemin de l'histoire nous conduira vers toi. Liberté, Liberté. [Musique] [Applaudissements] – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -