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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 22 avril 2020 26 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Déconfinement, crise économique et l'application StopCovid : le 8h30 de François Bayrou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est le bon choix qui a été fait par Jean-Michel Blanquer pour la rentrée scolaire ?

  • 1:58OuverteRéponse directe

    Que fera le maire de Pau, par exemple, François Bayrou ?

  • 4:27RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il faut régionaliser le déconfinement ?

  • 4:52FerméeRéponse directe

    Vous l'auriez souhaité ?

  • 7:51OuverteRéponse partielle

    Faut-il rendre le port du masque obligatoire à l'école ?

  • 9:04OuverteÉludée

    Est-ce qu'il faut le rendre obligatoire à l'école, partout où elles vont ouvrir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Locuteur 1Fait
    « Je pense qu'on peut faire confiance à l'administration de l'éducation nationale, ils ont beaucoup travaillé, ils ont beaucoup réfléchi avec des organisations syndicales. »
  • 2:00Locuteur 1Fait
    « Le maire de Pau va mettre en place toutes les mesures de protection nécessaires. Toutes, c'est-à-dire que nous aurons des masques pour ceux qui le souhaitent, nous aurons du gel hydroalcoolique à toutes les entrées, à toutes les sorties. »
  • 9:28Locuteur 1Chiffre
    « On en a commandé 500 000 de la ville et de l'agglomération. »
  • 15:41Locuteur 1Fait
    « À Pau, nous nous y sommes pris 15 jours à l'avance pour trouver des masques. Et on en a trouvé. »
  • 22:11Locuteur 1Chiffre
    « La crise économique dans laquelle nous allons entrer, c'est la plus grave qu'on ait jamais vécue. Elle est plus grave, à mon avis, que celle de 1929, de la fin des années 30. »
  • 24:34Locuteur 1Chiffre
    « Nous venons de franchir la barre des 10 millions de chômeurs supplémentaires. »
  • 24:40Locuteur 1Chiffre
    « 10 millions de chômeurs supplémentaires. En chômage partiel. »
  • 24:50Locuteur 1Chiffre
    « 10 millions. Ça veut dire 100 000 par département moyen en France. »
  • 24:55Locuteur 1Chiffre
    « Ça veut dire plus de 50% des salariés des entreprises françaises. »

Temps de parole

  • Locuteur 175 %
  • Locuteur 310 %
  • Locuteur 48 %
  • Locuteur 27 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Locuteur 3

Bonjour à vous François Bayrou, les élèves rentreront donc les uns après les autres à partir du 11 mai prochain dans un peu moins de trois semaines par petits groupes, pas plus de 15 élèves par classe, est-ce que c'est le bon choix qui a été fait par Jean-Michel Blanquer ?

0:20
Locuteur 1

Je pense qu'on peut faire confiance à l'administration de l'éducation nationale, ils ont beaucoup travaillé, ils ont beaucoup réfléchi avec des organisations syndicales je pense, et donc comme consigne générale, je pense qu'on doit leur faire confiance et qu'on doit ne pas remettre en cause leur travail. Mais simplement, moi je voudrais leur faire passer un message très simple. Il faut faire confiance au terrain.

La situation n'est pas la même, selon que vous vous trouvez dans une région très atteinte par cette épidémie, je pense par exemple au Grand Est ou à la région parisienne, ou bien dans des régions qui ont eu la chance de ne pas être touchées, comme d'autres, et d'être relativement à l'abri. La situation n'est pas la même, on l'entendait à l'instant, selon que vous êtes dans un village, dans le milieu rural, avec une densité de population légère, selon que vous avez une petite école à une, deux ou trois classes, ou selon que vous êtes dans un centre scolaire urbain. Ça n'est pas la même chose.

Et donc il faut que les deux acteurs principaux de cette reprise, en tout cas je pense à l'école primaire, qui sont les directeurs d'école et les enseignants, et les maires des communes, il faut qu'ils travaillent ensemble et qu'il y ait, et que la souplesse que le ministre annonce, elle soit réelle, qu'on n'essaie pas d'appliquer la même règle à tout le monde, parce que les situations sont extrêmement différentes.

1:58
Locuteur 3

Que fera le maire de Pau, par exemple, François Bayrou ?

2:00
Locuteur 1

Ah ben le maire de Pau va mettre en place toutes les mesures de protection nécessaires. Toutes, c'est-à-dire que nous aurons des masques pour ceux qui le souhaitent, nous aurons du gel hydroalcoolique à toutes les entrées, à toutes les sorties, j'allais dire à toutes les portes de l'école. Nous aurons une organisation des flux, des entrées, des sorties pour qu'on ne se croise pas et qu'il n'y ait pas des difficultés, mais sans perdre de vue que, ce que disent les épidémiologistes, c'est que la population la moins sensible au virus, celle qui est la moins atteinte et qui le transporte le moins, ce sont les enfants.

2:42
Locuteur 3

Mais de l'autre côté de la classe, il y a aussi les enseignants.

2:45
Locuteur 1

Et les enseignants, étant avec les enfants, sont d'une certaine manière, eux aussi, dans cette zone de moindre inquiétude. En tout cas, on va travailler avec eux. Il reste deux semaines et demie, et encore davantage, puisque la rentrée sera étalée dans certains centres. Il reste deux semaines et demie. On va mettre en place toutes les précautions. Et pour ma part, je ne crains pas ce qui va se produire. Je pense qu'on est tout à fait en mesure, notre pays est tout à fait en mesure, notre système scolaire est tout à fait en mesure, nos élus locaux sont tout à fait en mesure de résoudre cette question qui est évidemment une question clé.

Vous avez entendu quelques minutes avant votre émission, sur votre antenne, il y avait une jeune femme qui disait, moi j'ai deux jumeaux, ils sont en petite section, ils n'en peuvent plus, ils ne tiennent plus à l'intérieur de l'appartement, on ne sait pas quoi leur faire faire. Il faut aussi penser que, de la part d'un certain nombre de familles, il y a une urgence à trouver ou à retrouver le cours normal de la vie. Je ne pense pas seulement à la vie professionnelle, mais je pense à la vie familiale.

Il y a cet équilibre à trouver entre l'école et la maison et je suis persuadé qu'on peut le faire pourvu qu'on fasse confiance au terrain et que d'une certaine manière on rompe, avec cette habitude française que je trouve déplorable, que tout soit enfermé dans la même règle, la même norme, les mêmes obligations, alors que les situations sont extrêmement différentes.

4:24
Locuteur 2

Au territoire, aux maires, aux départements et aux régions. Renaud Delis. Ce que vous dites précisément, François Bayrou, vous évoquez la situation extrêmement différente selon les régions, certaines ont été frappées de façon beaucoup plus forte et d'autres beaucoup moins par l'épidémie. Ce que vous dites, ce que vous décrivez, cette confiance au terrain que vous évoquez, ça plaide pour un déconfinement par région. Est-ce qu'il faut régionaliser le déconfinement, ce qui n'est pas pour l'instant la voie qui a été choisie par le gouvernement ?

4:50
Locuteur 1

On aurait pu l'imaginer.

4:52
Locuteur 2

Vous l'auriez souhaité ?

4:52
Locuteur 1

Mais peut-être on pourrait imaginer encore plus de souplesse. Il y a beaucoup d'initiatives locales.

4:58
Locuteur 2

On peut encore prendre ces décisions, François Bayrou, aujourd'hui. On peut encore prendre ces décisions. Nous sommes encore à trois semaines de déconfinés par région.

5:05
Locuteur 1

Le ministre Jean-Michel Blanquer a dit qu'il y aura beaucoup de souplesse. Ben, faisons jouer cette souplesse. Parce que vous dites région, mais il y a des régions immenses avec des départements qui sont dans des situations extrêmement différentes. Je pense qu'il faut se rapprocher le plus possible des situations locales. Je vais vous dire, j'ai été, et peut-être vous aussi, très choqué par quelque chose qu'on a appris hier.

C'est qu'il y avait à Beauvais un EHPAD dans lequel les personnels, les aides-soignantes en particulier, infirmiers ou infirmières, avaient décidé que pour favoriser la santé physique et aussi la santé morale des résidents, ils allaient partager leur temps et se confiner deux semaines avec les résidents, chacun son tour.

5:59
Locuteur 3

Ils ont pris cette décision après un contrôle de l'inspection du travail.

6:02
Locuteur 1

Oui, non. C'est qu'ils avaient pris cette décision avant.

6:07
Locuteur 3

Oui, pardon, la décision d'abandonner le confinement avec les résidents, pardon.

6:10
Locuteur 1

Ils l'avaient mise en pratique. C'était leur initiative. Et l'inspection du travail est venue et leur a dit, non, ce n'est pas la règle, ce n'est pas la norme, ce n'est pas la loi, vous n'avez pas le droit de faire ça. Je ne comprends pas cette espèce de rigidité-là. Et il faudrait que cette inspection du travail et d'autres comprennent qu'au-dessus de la règle, de la norme, du texte écrit, il y a une autre loi qui est beaucoup plus importante, qui est la loi de l'humanité et des initiatives qu'on prend pour se tendre la main. À la mairie de Pau, nous avons mis en place une plateforme où les habitants peuvent appeler pour rendre service à leurs voisins.

Il y a eu plusieurs centaines de propositions de personnes qui se sont proposées pour qui apporter le repas aux voisins, qui faire des courses, qui leur rendre service. Il y a des trésors d'initiatives, des mines d'initiatives, d'inventions de services, de mains qui se tendent, d'envie d'être solidaires avec ses plus proches. Et c'est cela qu'il faut prendre en compte et aider. Et je trouve que l'organisation française, qui est tellement centralisée, tellement uniforme, de ce point de vue-là, on l'a vu du point de vue de la santé avec l'Allemagne, par exemple, en comparant à l'Allemagne, il y a beaucoup de leçons à tirer de cette crise si grave que nous sommes en train de vivre.

7:44
Locuteur 3

Puisqu'on voit qu'aujourd'hui, en Allemagne, ce sont les régions, les landers, qui décident d'imposer notamment le port du masque dans les transports. On va en parler avec vous dans un instant, si vous voulez bien, François Bayrou, du port du masque, obligatoire ou non, dans la rue ou à l'école, dans les jours ou les semaines qui viennent. 8h41, le Filinfo, tout d'abord avec Lauriane Delanoë.

8:03
Locuteur 4

De nouvelles entreprises s'y mettent chaque jour. Plus de 10 millions de salariés au chômage partiel en France, soit plus d'un sur deux dans le privé, selon la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Dans les hôpitaux, le nombre de malades du Covid-19 baisse progressivement, notamment en réanimation depuis 13 jours, près de 20 800 morts liées à ce virus en France. Si la décélération de l'épidémie se confirme, viendra le déconfinement. Le ministre de l'Éducation nationale prépare une rentrée étalée, niveau par niveau, dans les écoles, entre le 12 et le 25 mai.

Il faut que les directeurs et enseignants travaillent avec les maires, assure François Bayrou, et qu'on n'essaie pas d'appliquer la même règle partout, poursuit le président du Modem, invité en ce moment du 830 France Info. Une journée confinée, sans passer par la douche, 40% des hommes, 25% des femmes ne se lavent pas tous les jours. En ce moment, c'est plus qu'avant le confinement, selon cette étude de l'IFOP. France Info, et tout est plus clair.

9:04
Locuteur 3

François Bayrou, vous nous avez dit il y a quelques instants que vous distribuerez des masques aux familles, aux enfants, aux jeunes palois, pour leur retour à l'école. Est-ce qu'il faut le rendre obligatoire à l'école, partout où elles vont ouvrir ?

9:17
Locuteur 1

On va faire mieux que le distribuer à l'école. Nous allons proposer, distribuer, des masques à tous les habitants de la ville. On en a commandé 500 000 de la ville et de l'agglomération. Et si on peut, on ira vers l'ensemble du Béarn, toute la région dont Pau est évidemment le centre. Il y a cette nécessité, en effet, de n'être pas sans armes en face de ce qui se passe.

9:48
Locuteur 3

Avec obligation de les porter à l'école, par exemple ?

9:52
Locuteur 1

Laissez faire les enseignants. Donc chaque enseignant décidera dans sa classe si les enfants font sa l'idée de remporter. Chaque enseignant, chaque école, et c'est la première chose.

10:02
Locuteur 3

Et dans la cour de récré, il se passe quoi, dans ce cas-là ?

10:04
Locuteur 1

La plus importante, c'est que l'école apprenne aux enfants les distances de sécurité, ce qu'on appelle les gestes barrières, en tout cas les gestes de prudence, qui doivent devenir, pour les enfants, et ils apprennent très vite, une règle, y compris une règle qu'ils transmettront à leurs parents à la maison, parce que ça joue dans les deux sens. Donc ça, c'est le plus important. Les masques, si vous me permettez un mot, les masques, je pense que l'urgence, l'endroit où ils devront être rendus obligatoires, à mes yeux, c'est les transports en commun.

10:41
Locuteur 3

Donc pour venir à l'école, pour un tiers des enfants aussi. Un tiers des enfants prennent les transports en commun le matin, que ce soit un métro, un bus.

10:48
Locuteur 1

Tous ceux qui vont au collège, au lycée, Je pense qu'on l'a bien vu avec l'épisode du Charles de Gaulle, du porte-avions dans lequel plus de la moitié des marins ont été contaminés. On voit bien que les lieux où se trouvent ensemble, dans une atmosphère confinée pour le coup, dans une atmosphère fermée, des personnes dont certaines peuvent être atteintes, eh bien c'est forcément un endroit où il faut se protéger davantage. Et c'est pourquoi je plaide pour les masques dans les transports en commun.

11:25
Locuteur 2

Sur cette question des masques, François Bayrou, cette question de l'acheminement, de l'approvisionnement en masque qui occupe les Français depuis maintenant plusieurs semaines, vous avez, vous parlez de ratés, vous avez évoqué des ratés, des défaillances, très clairement. C'est lié à quoi ces défaillances ? C'est lié justement à cette centralisation de l'État, à un manque d'anticipation du gouvernement ?

11:42
Locuteur 1

C'est lié à cette habitude française, à cette structure de la société française qui fait qu'on attend tout de l'État et on croit que l'État peut avoir réponse à tout. Or, ce qui s'est passé dans cette épidémie, c'est qu'on n'avait pas rencontré un épisode de cet ordre depuis des décennies. On l'avait craint à la fin des années 2000. Et puis, finalement, ça ne s'était pas produit avec la grippe H1N1. En tout cas, elle n'avait pas eu la gravité qu'on a annoncée.

12:14
Locuteur 2

C'est aussi parce que l'État et le gouvernement souvent essayent de faire croire qu'il a réponse à tout.

12:20
Locuteur 1

Oui, c'est humain. Je ne connais pas un responsable, même à Radio France, qui ne prétendent pas qu'il a réponse à tout et qu'il fait tout bien. Mais ce sont parfois les mêmes aujourd'hui, François Bayrou,

12:35
Locuteur 3

qui réclamait la démission de Roselyne Bachot il y a quelques années quand elle avait fait des stocks de vaccins ou de masques et qui, aujourd'hui, disent qu'ils ont été imprudents.

12:42
Locuteur 1

Bien sûr. Enfin, ils ne disent même pas qu'ils ont été imprudents. Ils reprochent au gouvernement de ne pas avoir fait ce dont ils accusaient le gouvernement précédent. Mais je voudrais mettre le doigt sur un point. Une des faiblesses, j'ai souvent dit ça, mais je veux le répéter devant vous, une des faiblesses de l'organisation du pouvoir en France, c'est que nous n'avons pas de structure qui soit suffisamment prise en compte et respectée pour essayer d'imaginer ce que l'avenir pourrait être. Essayer d'imaginer les crises qu'on va rencontrer.

Par exemple, cette épidémie-là, il y a eu un livre blanc de la Défense à la fin des années 2000 qui envisageait très clairement, quasiment dans les propres termes que ce que nous avons vécu, une épidémie virale qui pourrait toucher la population. Bon, c'était écrit dans un livre blanc. Et puis, plus personne n'y a fait attention. Or, l'idée qu'on devrait avoir dans un pays comme le nôtre, une organisation, une organisation y compris n'étant pas sous les ordres du gouvernement. Moi, j'ai proposé qu'elle soit auprès du président de la République parce que c'est lui qui a l'avenir en charge.

En tout cas, celui qui a la fonction qui a le plus l'avenir en charge, c'est celle du président de la République. Donc, qu'on ait une mission qui soit chargée de réfléchir, non pas en termes de jours, comme on le fait dans la communication habituelle, ni en termes de semaines ou de mois, mais en termes d'années et de décennies, pour dessiner les risques que nous allons rencontrer. Cette organisation n'existe pas en France. Elle avait existé après la guerre. C'était, au fond, le rôle de ce qu'on appelait le commissariat au plan. C'est la planification souhaitée par Jean-Luc Mélenchon. Que Jean Monnet avait créée. Je ne dis pas que c'est la planification.

C'est la réflexion partagée sur les risques et les chances que l'avenir nous offre. Et donc, cette réflexion-là, qui n'est pas dans les habitudes françaises, vous voyez bien comment ça fonctionne, y compris grâce à vous ou à cause de vous. On fonctionne de l'heure à l'heure ou de la minute à la minute. Ce sont des réactions immédiates. Mais il n'y a pas cette manière d'envisager l'avenir sur le plus long terme. Une manière de mobiliser les énergies. Une manière de dire, voyons, si cette hypothèse se vérifie, si ce risque se produit, qu'est-ce qu'on fait ? Et avoir, en effet, des plans de mobilisation.

Si cela avait été le cas, alors on se serait trouvé dans une situation tout à fait différente, dans laquelle on aurait dit, il y a des secteurs de production qui sont cruciaux pour notre santé. Des médicaments qu'on doit fabriquer chez nous, des équipements qu'on doit produire chez nous. Regardez, on est par exemple dans un très grand nombre d'établissements. On a eu de grandes difficultés avec les masques. Et à Pau, nous nous y sommes pris 15 jours à l'avance pour trouver des masques. Et on en a trouvé. Ce qui fait que, non seulement l'hôpital public, mais les cliniques privées, les généralistes, les infirmiers et infirmières, les pharmaciens, ont tué et vont avoir des masques.

Vous vous souvenez de cette vieille maxime, gouverner, c'est prévoir. Et bien si... Et gouverner, c'est choisir aussi.

16:06
Locuteur 3

Et ce ne sont pas les choix qui ont été faits ces dernières années. François Bayrou, les enfants vont retourner à l'école dans les semaines qui viennent. Est-ce que les croyants doivent pouvoir retourner dans les églises, dans les temples et les mosquées, ce qui pour l'instant n'est pas prévu avant le mois de mai ou juin, pour l'instant ?

16:22
Locuteur 1

Je fais confiance aux relations entre les différents responsables des cultes et l'État, le ministère de l'Intérieur, qui en est chargé, le président de la République. Vous savez, je pense que la foi, c'est très important pour ceux qui l'ont. Mais je suis aussi pour la séparation entre la foi et la loi, entre la foi et l'État.

16:49
Locuteur 3

Mais là, il y a une question de santé publique qui se pose aussi. Oui, bien sûr. Ça ne peut pas être pris dans chaque temple, dans chaque mosquée, dans chaque église.

16:55
Locuteur 1

Il faut être prudent, absolument. Il y a des règles et il faut respecter les règles.

16:58
Locuteur 3

On va tenter d'envisager l'avenir avec vous dans quelques instants, François Bayrou, la question de la sortie de cette crise économique également. On s'interrompt quelques instants tout d'abord pour le Filinfo avec Lauriane Delanoé, puisqu'il est 9h moins 10.

17:11
Locuteur 4

François Bayrou plaide pour le cas par cas, territoire par territoire, pour la mise en place du déconfinement. Il faut en finir avec cette habitude française que tous soient enfermés dans la même règle. Estime le président du Modem, invité en ce moment du 8.30 France Info. Il pense là à la rentrée dans les écoles. Le gouvernement envisage une reprise en fonction des niveaux à partir du 12 mai. Les fumeurs sont-ils protégés du coronavirus par la nicotine ? Une étude à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris accrédite cette hypothèse. Selon les informations de France Inter, soignants et patients vont recevoir des patchs dans le cadre d'un essai clinique.

Plus de 10 millions de salariés désormais au chômage partiel, c'est plus de la moitié des travailleurs du privé, dont 60% des entreprises, indique ce matin Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. Une école en partie endommagée par un départ de feu hier soir à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, circonstances encore floues d'après la préfecture. Des incidents et violences en Ile-de-France, cette nuit encore, 4 jours après l'accident entre un motard et une voiture de police. France Info.

18:14
Locuteur 3

Le maire de Pau, président du Modem et ancien ministre de l'Éducation,

18:21
Locuteur 2

François Bayrou, est avec nous jusqu'à 9h. Renaud Delis. Il y aura un débat, François Bayrou, à la fin du mois d'avril, les 28 et 29 avril, au Parlement, sur le traçage numérique envisagé à la sortie justement du confinement, le traçage numérique des malades à travers cette application StopCovid que le gouvernement envisage de mettre en place. Et ce débat sera finalement suivi d'un vote, Edouard Philippe l'a annoncé. Est-ce que vous, François Bayrou, vous êtes favorable à la mise en œuvre de cette application, de ce traçage numérique des malades ? Et est-ce que vous-même, d'ailleurs, vous êtes prêt à télécharger cette application si elle entre en vigueur ?

18:52
Locuteur 1

À la question « Est-ce que je suis prêt à la télécharger ? », la réponse est oui. La question que je me pose, la première question que je me pose, c'est « Est-ce que ça marche ? Est-ce que c'est utile ? » Et à cette question-là, il faut apporter une réponse. Ce que je vois, c'est que dans les pays qui ont fait reculer l'épidémie, la Corée, par exemple, ce suivi existait et permettait de mettre en alerte les gens qui avaient rencontré des personnes contagieuses. Et je trouve que ça n'est pas absurde. Après, est-ce que, techniquement, on a la réponse ? C'est la première question que je me pose. Et est-ce que ça menace nos libertés publiques ?

19:31
Locuteur 2

Est-ce qu'il y a une menace sur nos libertés publiques, à vos yeux ?

19:33
Locuteur 1

Je ne crois absolument pas. Alors, je connais des gens que j'aime beaucoup, que j'estime beaucoup, François Sureau, par exemple, qui s'en émeuve. Mais ça n'est pas mon point de vue. J'ai vécu, comme quelques maires, exactement le même débat lorsque nous avons mis en place sa peau, la vidéoprotection. Il se trouve que, quand j'ai été élu, il n'y avait pas une seule caméra dans la ville. Et on a connu, hélas, des drames absolument épouvantables. Celui de ce petit garçon qui a été enlevé, assassiné, découpé en morceaux. Et donc, toute la France a suivi à cette époque. Or, nous n'avions pas, il n'y avait pas une seule image. On n'a pu le voir que sur la caméra d'une banque.

Et moi, je pense que ce qu'on doit aux habitants, aux concitoyens, c'est cette protection-là, qu'on puisse suivre des drames. Nous avons mis en place la vidéoprotection. Il y a eu, à l'époque, des attaques, des débats en disant « Vous n'allez pas respecter la vie privée, c'est scandaleux ». Depuis la mise en place de la vidéoprotection, je n'ai jamais entendu une seule personne se plaindre. Et j'ajoute que je n'ai jamais entendu une seule fois une remontée des services de police municipales disant « Attention, on a vu monsieur un tel ou madame une telle ». En aucune manière et jamais.

Et la preuve, c'est que nous sommes saisis, à peu près une fois par semaine, par le procureur de la République, la procureure de la République, qui nous demande de mettre à disposition des services, les images pour résoudre les agressions, les délits de fuite. Hélas, parfois, ça va jusqu'à la mort des personnes. Et ça a résolu beaucoup d'affaires sur lesquelles on ne trouvait pas les réponses. Et donc, je crois qu'il y a une crainte. Il faut y faire attention, parce que ce sont des principes de liberté publique. Mais je suis sûr que ça ne met pas en cause, en tout cas je crois, que ça ne met pas en cause la liberté individuelle et le respect du droit.

21:36
Locuteur 3

François Bayrou, le gouvernement a mis en mode pause, pour l'instant, la réforme des retraites. Est-ce que vous imaginez un instant qu'elle soit finalement adoptée et qu'elle entre en application d'ici à la fin du quinquennat ?

21:47
Locuteur 1

Alors, je ne crois pas que ce que nous allons vivre à la sortie ou pendant les longs mois de sortie de cette immense crise ressemble à ce que nous avons connu avant.

22:00
Locuteur 3

C'est-à-dire que c'était le monde d'avant, la réforme des retraites ?

22:02
Locuteur 1

Il y a beaucoup de monde qui croit qu'on va reprendre les choses comme avant. Moi, je ne le crois pas. La crise économique dans laquelle nous allons entrer, c'est la plus grave qu'on ait jamais vécue. Elle est plus grave, à mon avis, que celle de 1929, de la fin des années 30. C'est une crise qui va avoir des conséquences sociales très importantes pour les entreprises très importantes. Et l'État a raison de tout faire pour les sauver, pour mettre les entreprises à l'abri de l'effondrement qui risquerait de ruiner l'ensemble du pays. Sur la réforme des retraites, François Bayrou. Il faut donc abandonner la réforme des retraites, si on vous écoute bien. Ceci est extrêmement lié.

La question qui se pose, c'est comment faire pour créer l'unité nationale qui va nous permettre de soutenir l'effort du pays pour sortir de cette crise. Ça va être un effort sans précédent. Ça va être des décisions à prendre, des remises en cause. Il faut, pour que cet effort soit le plus efficace possible, il faut que le pays soit le plus uni possible. Quand on veut cultiver l'unité, on essaie de mettre de côté les sujets les plus polémiques, ceux qui créent des divisions. On les traitera après.

23:22
Locuteur 3

Et après c'est quand, pardon, François Bayrou ? Après c'est quand ? C'est d'ici à la fin du quinquennat ou c'est pour le suivant ?

23:29
Locuteur 1

Je ne sais pas, parce que je ne sais pas combien de mois, d'années peut-être, va prendre la sortie de cette crise. Ce qui est valable pour la réforme des retraites. Je suis pour ma part, ce que je crois moi, c'est que ce que nous allons vivre est absolument sans précédent, inédit. Et de ce fait, évidemment, à la fois inquiétant, offrant des chances, que pour l'instant nous n'avons jamais su saisir, de remise en cause de tout ce qui nous freine et nous bloque dans la société française, offrant des chances, mais aussi présentant d'immenses risques.

24:06
Locuteur 2

Pour bâtir cette unité nationale que vous évoquez pour le monde d'après, ce qui est valable pour la réforme des retraites, ce que vous venez de décrire, François Bayrou, c'est valable aussi pour la réforme de l'assurance chômage. On sait que les règles ont été suspendues pour l'instant par le gouvernement, les nouvelles règles pour l'automne. Il faut aussi enterrer cette réforme de l'assurance chômage ?

24:22
Locuteur 1

Je ne dis pas enterrer, parce qu'on va avoir des remises en cause très importantes, je le disais, mais vous avez entendu les chiffres. Nous venons, mais il faut le dire suffisamment, avec suffisamment de force pour que ce soit entendu, nous venons de franchir la barre des 10 millions de chômeurs supplémentaires. 10 millions de chômeurs supplémentaires. En chômage partiel.

24:42
Locuteur 3

Un salarié du privé sur deux à l'heure où on se parle.

24:44
Locuteur 1

Un chômage partiel qui, pour un grand nombre d'entre eux, est un chômage presque à 100%. 10 millions. Ça veut dire 100 000 par département moyen en France. Ça veut dire plus de 50% des salariés des entreprises françaises. Alors, en face de cela, la question de la définition précise des règles, naturellement, ça doit être pris en compte, mais on est dans l'urgence. Ce que nous avons à vivre là, ce que nous avons à faire là, les décisions à prendre, la volonté de regarder l'avenir, de poser de nouveaux principes, ça s'impose à toute réflexion qu'on menait avant cette crise. On les reprendra, les réflexions, et peut-être sur des bases nouvelles.

Mais ce qu'il faut aujourd'hui, c'est parer à cette urgence qui fait que la société française est en danger

25:43
Locuteur 3

et les plus fragiles sont naturellement en première ligne. Et ce qui semblait urgent avant cette crise, l'est, on l'entend à vos propos, beaucoup moins aujourd'hui que ce soit sur la réforme des retraites ou celle de l'assurance chômage. Merci beaucoup François Bayrou d'avoir été avec nous ce matin en direct de votre ville de Pau. Merci.