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interviewRMC — Face à Face· 8 juin 2021 20 min

L'invité de Bourdin Direct : Bruno Retailleau - 08/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct. Jean-Jacques Bourdin. Bruno Retailleau, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous. Sénateur de Vendée, président du groupe Les Républicains au Sénat. Bruno Retailleau, le Sénat finalement qui est l'Assemblée du contre-pouvoir.

0:23
Bruno Retailleau

Aujourd'hui contre-pouvoir à Emmanuel Macron. Absolument, ça ne veut pas dire anti-pouvoir. On a plus de textes que nous votons que nous refusons. Mais c'est important que dans une démocratie, il y a une majorité, mais il doit y avoir une opposition. Le Sénat a trouvé, je crois, sa place, une double place, contre-pouvoir politique, mais aussi territorial. C'est la voie des territoires. Et je pense qu'on a bien vu pendant la crise sanitaire qu'on était beaucoup trop parisiens. On a besoin des territoires.

0:47
Présentateur

Bien, on a besoin des territoires. Bruno Retailleau, nous reviendrons sur la PMA, puisque vous êtes en opposition avec la majorité présidentielle sur cette question. Mais je voudrais parler de politique. Emmanuel Macron, qui sera avec des restaurateurs. à Valence, il continue son tour de France. Est-ce qu'il est au contact des Français ? Est-ce qu'on peut le lui reprocher ?

1:08
Bruno Retailleau

Moi, je ne lui reproche pas. Mais est-il vraiment au contact des Français ? J'ai plusieurs élus amis qui l'ont vu défiler dans leur territoire, dans leur département. Alors, c'est totalement verrouillé. Est-ce que vous avez déjà été ? Est-ce que vous avez accompagné ? Emmanuel Macron, faites-le. C'est totalement verrouillé. Donc, c'est un contact qui ressemble plus à une mise en scène. Mais moi, vous voyez, je n'ai pas fait partie de ce cœur de pleureuse qui a dit qu'il ne doit pas aller au contact. Qu'il aille au contact. Mais si c'est pour accuser les Français comme ce retraité d'être un tordu, je pense que ça risque de lui revenir comme un boomerang.

1:42
Présentateur

Bien, Bruno Retailleau, l'élection présidentielle, c'est parti, cette élection présidentielle. Dans moins d'un an, rappelons-le, dans moins d'un an... Dis-moi. Dis-moi, vous êtes toujours candidat. Candidat aux primaires ? Vous étiez des primaires. Oui, alors justement, mais vous êtes toujours candidat à la primaire. Oui. Enfin, s'il y a une primaire. Oui. Demain, justement, il y a un conseil stratégique des Républicains. C'est bien cela. C'est bien cela. Conseil stratégique. Donc, pour définir une stratégie. N'est-ce pas ? Oui, j'imagine. N'est-ce pas ? Mais ça vous fait sourire.

2:14
Bruno Retailleau

Ça me fait sourire. Que demanderez-vous demain ? Je demanderai ce que je demande depuis plus de six mois. Je demandais qu'on tranche, qu'on se décide. Nom de bleu. Voilà. Je demanderai simplement, je dirais... Écoutez, déjà, il y a une certitude. Il y avait deux hypothèses. Il y avait hypothèse candidat naturel, et s'il n'y avait pas de candidat naturel, primaire. Déjà, la certitude, c'est qu'on n'a pas de candidat naturel. Xavier Bertrand est parti il y a deux mois. Il est autour de 14 ou 15 %, ce qui est important. Mais il n'écrase pas le match. Donc, s'il n'y a pas de candidat naturel, il nous faut une méthode de départage.

Et dans une démocratie, quand personne n'écrase le match, quand il y a plein de candidats, c'est le vote. Il ne faut pas avoir peur du vote. D'autant plus qu'il ne s'agit pas de traiter et de trancher seulement la question des personnalités, mais aussi la question de la ligne. On a bien vu, d'ailleurs, ces dernières semaines, la cacophonie. On va y revenir. Eh bien, bien sûr. Quelle initiative prendrez-vous demain ? Que demanderez-vous ? Ce que je demanderai demain, c'est que nous désignons quelqu'un qui puisse faire l'unanimité. Le nom a circulé. Je pense que c'est un nom qui peut faire l'unanimité. Consensus, c'est-à-dire Jean Léonetti. Voilà, parce qu'il a présidé notre Conseil national.

Je demanderai qu'il puisse être désigné. Désigné, un, pour un calendrier très rapide, dès cet été, avant la fin juillet, qui nous présente un scénario. Des modalités, bien sûr, pour qu'on puisse trancher la primaire. Un monsieur primaire, en quelque sorte. Un monsieur primaire. Vous vous souvenez, ça avait été à l'époque Thierry Solaire. Mais si on ne se décide pas, très rapidement, les primaires seront, à mon avis, difficiles à tenir. Il nous reste une fenêtre de tir de quelques semaines après les régionales. Mais si on laisse passer l'été, sans avoir tranché cette question, qui est une question démocratique fondamentale, eh bien, je crois qu'on aura du mal à le faire.

Mais Christian Jacob, votre président n'en veut pas. C'est vrai, il n'en voulait pas. Mais il n'en voulait pas parce que... Mais il n'en veut toujours pas. Il n'a pas dit qu'il en voulait. Tout simplement parce qu'il pensait qu'il y a un candidat qui pourrait, si j'ose dire, tomber du ciel. Un candidat providentiel.

4:13
Présentateur

Et il attendait les régionales, peut-être, non ? Après, le résultat des régionales.

4:15
Bruno Retailleau

Deux choses. Je n'ai jamais dit qu'il fallait perturber les régionales en organisant les primaires avant. Ce que j'ai toujours dit, c'est qu'on devait avoir l'esprit clair. L'esprit clair, c'est-à-dire d'avoir une règle avant les régionales. N'en pas parler pendant la campagne régionale. Mais sortir ensuite, avec cette règle, cette méthode pour pouvoir désigner le candidat. Moi, j'ai fait des propositions. Une primaire à un tour, avec un vote préférentiel. C'est ce que les démocrates américains auront utilisé, d'ailleurs, pour leur candidat à la mairie de New York. C'est utilisé à Londres, c'est utilisé dans d'autres pays. Moi, j'ai fait des propositions. Elles sont sur la table.

Et j'attends désormais qu'on puisse décider. Je vais vous dire, on a le choix désormais. Soit on s'abandonne à la fatalité. On se dit, il y a un candidat qui va tomber du ciel. C'est faux. Or, la politique, c'est l'inverse de la fatalité. Il y a peut-être un candidat qui va se dégager dans les semaines qui viennent. Mais ça fait huit mois qu'on dit qu'il y a un candidat naturel qui va se dégager. Et il ne vient pas. On a parlé de Nicolas Sarkozy. On a parlé de François Baroin. Xavier Bertrand a fait ce pari de sortir le 25 mars pour dire, je serai candidat. D'autres seront peut-être candidats. Mais sans doute. Regardez Valérie Pécresse, peut-être Laurent Wauquiez.

Je suis sûr, Laurent Wauquiez sera un des mieux élus. Valérie sera, je pense aussi, très bien élue. Donc, je pense qu'ils peuvent être de très bons candidats. On a un trop-plein dans notre famille, au sens large, pas seulement de LR. On a un trop-plein de talent. C'est bien. Moi, je pense que la primaire doit trancher la personnalité, le leadership, la ligne. Mais surtout, on doit être capable, ce qu'on n'a pas été capable de faire la dernière fois, de faire une équipe de France. Je pense qu'il faut que ces talents, à un moment ou à un autre, se rassemblent pour dire aux Français. La situation est dramatique. On ne peut pas laisser le face-à-face entre Mme Le Pen et M. Macron.

Eh bien, nous, on propose pas seulement un destin individuel. On propose vraiment du collectif ou une équipe de France.

5:56
Présentateur

Oui, le face-à-face Marine Le Pen et Emmanuel Macron, dont tout le monde parle, il est possible. Et plus que possible, peut-être probable. D'ailleurs, que feriez-vous, vous, au second tour, si vous étiez face à ce dilemme dans votre esprit ?

6:12
Bruno Retailleau

Mais je me bats, évidemment, que je ne veux pas répondre à cette question. Moi, je me bats précisément. Non, mais vous êtes, vous demandez, vous demandez la clarté. Oui. Je vous pose une question claire. Eh bien, moi, je vous réponds aussi clairement, c'est ma réponse, et elle est claire. Je me bats pour que ma famille politique, en tout cas, je veux qu'on ait un autre choix. Et ce choix-là, seule notre famille politique peut le porter. Continuons votre question. Allez, si on s'enferme dans ce face-à-face sans cesse recommencé qu'on a connu déjà au second tour de 2017, ça veut dire que la démocratie, on est d'accord.

6:46
Présentateur

Si on s'enferme, si les électeurs s'enferment, pardon.

6:49
Bruno Retailleau

Bien sûr, bien sûr. Mais moi, je veux qu'ils décrivent. Oui, mais c'est aussi à nous. La responsabilité, je ne dis pas si les électeurs... Oui, de proposer une alternance. C'est nous. Oui, une alternance. C'est à nous. C'est totalement à nous. Mais ce que je veux dire, c'est que la démocratie, la définition d'une démocratie, c'est la possibilité d'une alternance. Si on se réduit à ce face-à-face, ça veut dire qu'on accepte que Mme Le Pen soit une alternance crédible. Elle est crédible pour vous ? C'est une alternance crédible ? Non, ne comptez pas sur moi pour lui servir la soupe. Parce que c'est un parti démagogique qui change de couleur et de position en fonction de ses intérêts.

On l'a vu sur le Frexit, on l'a vu sur l'euro, on l'a vu sur la dette. Elle veut avancer le départ de la retraite à 60 ans. C'est Hugo Chavez, si j'ose dire, le programme économique de M. Chavez d'extrême-gauche sur le plan économique. Et je pense qu'en fait, elle ruinerait la France. Je pense qu'elle n'est pas crédible. C'est le parti de la démagogie. Mais je ne veux pas non plus de M. Macron. Et c'est pour ça que je veux porter une candidature.

7:47
Présentateur

Alors très bien. Mais les régionales et départementales, électeurs de la région, c'est une question corollaire. Qui suit ? Oui, je vous vois venir, Jean-Jacques Bourdin. Mais c'est normal. Parce que les électeurs ont besoin de clarté. Vous-même, vous le dites, électeur de la région sud. Provençal, Côte d'Azur, voteriez-vous pour le candidat de votre parti, Renaud Muselier ? Oui, au premier tour, non.

8:10
Bruno Retailleau

Au premier tour, je l'ai dit, je me suis opposé, vous le savez. Je me suis opposé à cette alliance. Puisque l'alliance que M. Muselier a conçue avec M. Solaire, l'Elysée, annoncée par M. Castex, n'avait pas pour objectif d'affaiblir le Front National, le Rassemblement National. On l'a vu depuis, le Rassemblement National depuis, Caracol en tête. Il avait pour objectif cet accord de nous affaiblir. Et vous, vous me demandez de mettre... Donc vous participez à l'affaiblissement en ne votant pas pour lui ? Non, je pense qu'il aurait pu se renforcer. Il n'avait pas besoin de cet accord. Non, mais d'accord, mais là, aujourd'hui, vous participez à l'affaiblissement de votre parti. Pas du tout.

Je pense que si mon parti veut disparaître, alors il fait ce que M. Muselier a fait en PACA. Alors là, on sera dissous, soit dans le macronisme, soit dans l'allupénisme. Et je n'en veux à aucun prix, parce que je pense que nous, nos convictions, peuvent porter une espérance pour les Français. En matière de sécurité, en matière d'immigration, en matière économique, il y a un appauvrissement de la France. Aujourd'hui, pour beaucoup de Français, ils ne sont pas sûrs que leurs propres enfants auront une situation meilleure que la leur. Et nous, on a des propositions, j'en ai des propositions.

9:17
Présentateur

Oui, mais on va venir sur la réforme des retraites, par exemple, sur la PMA. Bruno Retailleau, au second tour, vous feriez quoi ?

9:25
Bruno Retailleau

Écoutez, pour l'instant, on est au premier tour. Non, non, mais d'accord.

9:28
Présentateur

Oui, oui, d'accord, mais bien sûr. Tous les sondages, vous savez bien que le second tour va opposer. Enfin, vous ne pouvez pas me dire le contraire. Deux ou trois. Renaud Muselier, oui, vous ne voteriez pas pour le candidat écologiste. Non, ça, je peux vous le dire.

9:40
Bruno Retailleau

Au second tour, que faites-vous ? En tout cas, je ne voterai pas pour M. Mariani non plus. Bon, donc vous abstiendrez quoi. Écoutez, vous allez me réinviter, je vous répondrai. Oui. Je pense, écoutez, ça fait 35 ans. Non, mais je comprends. L'électeur a besoin de clarté. Bien sûr, mais j'ai toujours été clair. Eh bien, je serai au rendez-vous, j'ai toujours été clair. Croyez-moi, je dis mes convictions. Et quand j'ai une conviction, je la tiens. J'ai de la cohérence. Alors, on peut ne pas être d'accord avec moi.

10:06
Présentateur

Mais est-ce cohérent de ne pas voter pour le candidat de son parti politique ? Je vous pose la question.

10:12
Bruno Retailleau

Mais écoutez, ce candidat, pour le moment, de mon parti politique, il contribue à l'affaiblissement de mon parti politique. Parce que l'objectif de cette alliance, encore une fois, ça n'était pas de faire baisser le Rassemblement National, ça l'a fait augmenter. Ça nous a fait baisser, ça l'a fait baisser, lui, dans les sondages. Et ça a créé une cacophonie sans nom pour ma famille politique à quelques semaines des élections régionales et départementales.

10:37
Présentateur

La survie de la France est en jeu, dites-vous. Alors, j'ai une question très claire à vous poser. Est-ce que vous partagez l'opinion de Philippe Devilliers

10:46
Bruno Retailleau

qui affirme que la France est en train d'être colonisée ? Je pense que la France est en déclin. 68% des Français ont un sentiment de déclin. Il y a une double angoisse française. Une angoisse de l'appauvrissement, du déclassement économique, notamment sur les classes populaires. On a perdu, vous savez qu'en niveau de vie, à peu près 5 000 euros en 20 ans. Voilà, on a décroché. Il y a une autre angoisse qui est terrible, c'est la dépossession culturelle, identitaire. Est-ce que demain, on sera encore chez nous, ici, en France ?

11:19
Présentateur

Alors, la France est en train d'être colonisée ?

11:23
Bruno Retailleau

Non, je ne parle pas de colonisation, je ne reprends pas en général les termes de Philippe Devilliers. Oui, je sais que vous détestez, mais... Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Mais si, si, si, si. On a vu des fâcheries.

11:32
Présentateur

Mais oui, vous détestez, bon, ça peut arriver dans la vie. Ça n'est pas le problème. Ça peut arriver dans la vie.

11:36
Bruno Retailleau

Je pense que, pour ce qui concerne, en tout cas, l'immigration, je pense que cette immigration est devenue incontrôlée et que nous avons perdu le contrôle de l'immigration. Absolument. Et il faut d'urgence. Parce qu'en plus, je vais vous dire, c'est une population qui arrive, qui ne veut pas s'intégrer, qui ne veut pas s'assimiler, assimiler nos valeurs. Et nous-mêmes, nous sommes en position de faiblesse. Nous-mêmes, nous avons organisé une repentance. Nous ne croyons plus en nous-mêmes. Nous ne ferons comme exemple de la France que la repentance. La France comme coupable, comme éternellement coupable.

Comment voulez-vous dire à des jeunes d'aimer la France si vous présentez la France comme un anti-modèle, comme un contre-exemple ? Donc, cet afflux de population massive qui vient et qui ne veut pas partager nos valeurs, et nous-mêmes qui ne sommes pas suffisamment sûrs de nos valeurs pour leur proposer un exemple, eh bien, du coup, ça cassait la machine à assimiler, la machine à intégrer. Et oui, je dis oui, il faut juguler l'immigration incontrôlée.

12:34
Présentateur

Un mot, un mot de politique encore, puis je vais passer à la réforme des retraites. Bruno Retailleau, est-ce que Jean-Luc Mélenchon s'est disqualifié pour la présidentielle ?

12:44
Bruno Retailleau

Il a franchi la ligne rouge. Absolument. Il a franchi la ligne rouge, d'abord en réduisant l'attentat à quelque chose, finalement, qui aurait été organisé. Alors, c'est quoi la prochaine étape ? Puisque nous allons commémorer le 11 septembre prochain l'anniversaire des Twin Towers. C'est de dire que ça n'a pas existé ? Qu'est-ce qu'il va nous chercher ? C'est de dire que ça a peut-être été organisé par un complot de la CIA ?

Et ce que j'ai trouvé incroyablement décevant, finalement, parce que je l'ai connu au Sénat, je l'ai connu comme républicain, vous voyez, comme républicain, et j'aimais certains de ses discours, parfois, quand on se retrouvait sur la question européenne ou sur des questions où on peut converger, parce que la politique, c'est quand même pas la guerre civile. Bien. Mais je trouve, avec la conférence de presse qu'il a organisée hier, certes, il y a eu des Youtubers de... Comment dirais-je ? Oui, c'est condamnable. Pardon. Franchement, c'est très mauvais goût. C'est plus que de mauvais goût. Il a une compassion.

13:43
Présentateur

C'est même un appel... C'est plus que de mauvais goût.

13:45
Bruno Retailleau

Bien sûr qu'il ne faut pas le justifier. C'est insupportable. Ce que je veux vous dire, c'est qu'il ne s'est pas excusé. C'est-à-dire que la compassion qu'il a pour lui, il ne l'a pas eue pour les familles de ses victimes, qu'il a profondément blessé. Et c'est ça qui est terrible, je trouve. Parce qu'un homme politique, c'est d'abord un homme. La politique, c'est la vie. Mais est-ce qu'il s'est disqualifié

14:02
Présentateur

pour la présidentielle ?

14:04
Bruno Retailleau

À mes yeux, oui. À mes yeux, franchement, oui. Mais c'est le symbole. Le mot est quelque chose.

14:10
Présentateur

Disqualification.

14:10
Bruno Retailleau

Non, mais il va concourir. Oui, il va concourir. Je ne veux pas le mettre. À mes yeux, il s'est disqualifié. Je vais même aller au-delà dans l'analyse. Il est l'arbre qui cache la forêt de l'islamo-gauchisme. C'était au mois de novembre, je crois, 2019. Il a battu le pavé avec le CCAF qui a depuis été, comment dirais-je, dissous. Et je pense que c'est l'islamophobie, cette espèce de complaisance vis-à-vis de l'islamisme. Or, aujourd'hui, dans nos universités, dans un certain nombre de territoires, de quartiers, il y a une gauche, une partie de la gauche, heureusement, une partie de la gauche, dont il fait lui-même partie, qui est sensible aux mots et aux thèses islamistes.

Et ça, c'est grave. Et c'est ce que ça illustre, finalement. Essayons d'aller au-delà de ce théâtre médiatique pour chercher la vraie signification des choses. Elle est là, la signification des choses.

15:03
Présentateur

Bruno Retailleau, faut-il reprendre la réforme des retraites

15:05
Bruno Retailleau

avant la fin du quinquennat ? Bien sûr, bien sûr. Vous observerez que depuis 1993, les premiers ministres, en période notamment, c'était Édouard Balladur, de cohabitation, tous les prisons de République, ensuite, ont assumé une réforme courageuse. Tous. Ils étaient d'ailleurs de droite. Parce qu'il faut sauver notre modèle social et que notre régime par répartition, c'est fondamental. Aujourd'hui, déjà... Vous pouvez repousser l'âge de départ à la retraite. Évidemment. Je l'ai proposé depuis longtemps. 65 ans. 64 ans dans un premier temps. 65 ans ensuite, parce qu'il y a la question de la dépendance.

Mais si on ne le fait pas, vous avez une baisse du pouvoir d'achat des retraités, vous aurez des charges supplémentaires pour les jeunes. On s'apitoie à juste titre sur les jeunes. Eh bien, si on ne fait pas la réforme des retraites, on crée un conflit intergénérationnel. Et en plus, troisième élément, c'est la raison pour laquelle Emmanuel Macron parle de mère de toutes les réformes. Bien sûr, c'est la mère de toutes les réformes. Il faut savoir s'il est réformateur ou non. Mais pourquoi c'est la mère de toutes les réformes ? Parce qu'en France, on a un problème pour créer de la richesse. C'est-à-dire pour augmenter les salaires. C'est qu'il faut travailler plus.

Or, on travaille plutôt moins au cours de toute une vie. Et une des façons de travailler un peu plus, en tenant compte de la pénibilité. Parce qu'en repoussant de deux ans ou de trois ans, ce sont plusieurs dizaines de milliards d'euros. Et on pourra consacrer une partie de cette somme pour aider les petites retraites. Voilà, la pénibilité. C'est la solution de la sortie vers le haut. Alors, on verra si Emmanuel Macron est vraiment réformateur.

16:30
Présentateur

Eh bien, on verra ça d'un matin, puisque je recevrai Bruno Le Maire et je lui poserai la question, évidemment. Je ne suis pas sûr qu'il ait la clé. Mais il est favorable. Oui, j'en suis même sûr. Il est favorable. Bon, Bruno, vous posez la question de ma part. Oui, mais j'ai évidemment la PMA pour toutes les femmes en couple ou célibataire. Pourquoi refuser la PMA à un couple de femmes, de lesbiennes

16:52
Bruno Retailleau

ou à une femme seule ? C'est une position sur laquelle je n'ai pas varié, qui n'est pas une position facile. Parce que je sais que ne pas pouvoir avoir d'enfants, de descendants, ça peut engendrer des souffrances. Et être obligé d'aller à l'étranger. Ça peut engendrer des souffrances. Et pour certaines, on n'a pas les moyens. Je vais vous expliquer pourquoi je suis content qu'on ne m'aura pas prouvé que pour un enfant, l'absence d'un père est sans conséquence. Je préfère la prudence. Il y a aussi une autre raison.

Je ne vois pas, à partir du moment où on va accorder aux femmes cette possibilité, au nom de quoi on pourrait refuser la même possibilité par la GPA, la gestation pour autrui, aux hommes. Mais est-ce le débat aujourd'hui ? Mais bien sûr, c'est le débat. Le débat où ? Bien sûr, c'est le débat. Est-ce le débat, la GPA ? La preuve, bien sûr. Vous avez un article que le Sénat avait voté pour interdire les moyens, notamment de transcription de l'état civil, formellement, un moyen de lutte contre la GPA que le gouvernement et sa majorité ont refusé à l'Assemblée nationale. Ils ont réécrit un amendement qui est tout sauf clair, justement.

Ce qui montre bien que, dès ce texte-là, ce texte-là va parler de la GPA. Et aujourd'hui, du fait notamment de la Cour de cassation, d'une autre jurisprudence, la GPA est devenue un moyen légalisé pour être père, père à deux, si j'ose dire, en France. Déjà, déjà, par la transcription, par la jurisprudence française, sans que le peuple français n'ait décidé quoi que ce soit. Je vais peut-être aller plus loin. Aller plus loin parce que

18:20
Présentateur

c'est question de bioéthique. J'ai vu, j'ai lu, j'ai écouté celles et ceux qui sont opposés à la loi qui est en train d'être discutée à l'Assemblée nationale. Et on parle sans cesse de la GPA, mais moi, je voudrais parler de la PMA. Mais je vous ai parlé de la PMA et le fait... La conséquence n'est pas d'heure de père. Je vous ai posé une question.

18:38
Bruno Retailleau

Pourquoi ne pas autoriser la PMA à une femme seule ? Parce que je ne connais pas les conséquences sur les enfants. Parce qu'on ne m'a pas démontré. Jean-Jacques Bourdin, est-ce que vous-même, j'ai vu des pédopsychiatres. Ils sont très partagés. Il n'y a pas de consensus sur le fait de dire que l'absence de la figure du père est quelque chose d'anodin. On parle de beaucoup de... Vous savez, je parlais il y a quelques jours avec un grand pédopsychiatre qui s'occupe de la violence des enfants. Il me dit que souvent, dans certaines familles, l'absence de la figure du père peut être problématique. Mais j'allais plus loin. Dans une loi bioéthique, on devrait rechercher...

C'est vrai que dans beaucoup

19:12
Présentateur

de familles, le père est absent.

19:14
Bruno Retailleau

Bien sûr, mais c'est une question.

19:15
Présentateur

Même s'il est le géniteur.

19:16
Bruno Retailleau

Bien sûr, bien sûr. Mais ce que je veux dire, c'est que dans une loi bioéthique, on devrait rechercher le consensus. Or, au Sénat, en première lecture, il y avait un vote favorable à PMA. Mais on avait dit, dans l'article 4, le mode de filiation, on ne veut pas tricher avec les enfants. La mère qui accouche, c'est la vraie mère. Et l'autre maman, elle sera maman, mais par adoption. C'était donc, si j'ose dire, sur la table, une solution de compromis. Le gouvernement n'en a pas voulu. Il n'en a pas voulu. Voilà. Donc, sur ces questions-là, on doit faire un pas vers l'autre.

Moi, j'ai mes convictions, j'ai une cohérence, et médiatiquement, ce n'est pas mon avantage, parce que je sais très bien que, quand on proglame un micro... Non, je ne parle pas de médiatiquement. Oui, mais c'est des positions

19:57
Présentateur

qui sont difficiles. Tous les sondages le disent. Les Français sont

19:59
Bruno Retailleau

de plus en plus favorables. Mais je sais bien, mais l'honneur d'un homme politique, je parlais de la démagogie, c'est de tenir bon sur ses convictions, de les expliquer. C'est ce que j'essaie. Et quand on essaie de trouver des compromis, le gouvernement nous claque la porte au nez. C'est tout ce que je voulais dire, simplement, avec mes mots. Voilà.

20:18
Présentateur

Merci Bruno Rotaillot d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV.