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InterviewLCP (sur YouTube)· 16 octobre 2026 30 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Lycéens, les raisons de la colère | En immersion l'émission

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce mouvement des lycéens a-t-il éclaté maintenant ?

  • 0:41OuverteRéponse directe

    Anne Muxel, pourquoi ce mouvement a-t-il pris selon vous ?

  • 2:10RelanceRéponse partielle

    Le gouvernement a-t-il été pris de court par cette mobilisation ?

  • 2:49OuverteRéponse directe

    Paul Vannier, ce mouvement vous a-t-il surpris ?

  • 4:04OuverteRéponse directe

    Les emplois du temps des lycéens sont-ils trop chargés ?

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette revendication sur les emplois du temps est-elle mal comprise ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41Anne MuxelFait
    « les lycéens au moment de la rentrée ont pu prendre la mesure d'un certain nombre d'insuffisances qu'ils pointent bien. Pas de professeurs remplacés, des classes surchargées. »
  • 1:25Anne MuxelFait
    « les Français expriment beaucoup d'inquiétude aussi face non seulement à leurs conditions présentes, mais aussi face à l'avenir. »
  • 3:25Paul VannierFait
    « ils me faisaient état d'un état d'épuisement psychique et physique quelques semaines après la rentrée comme si pour eux l'épreuve qui les attendait était impossible. »
  • 4:04Céline CalvezFait
    « on fait souvent 8h-18h quand on est au lycée aujourd'hui. »
  • 6:46Anne MuxelFait
    « les lycéens et la jeunesse de dans le pays est en grande difficulté euh psychique euh depuis le Covid. »
  • 7:27Paul VannierFait
    « Il y a des lycéens qui viennent de loin. Vous avez une une refondation par exemple de l'offre de transport en Île-de-France, une mise en concurrence qui a qui a dégradé les conditions de transport des lycéens. »
  • 8:32Paul VannierFait
    « La réforme Blanquer du lycée, il y a Parcoursup qui ont produit un régime d'angoisse généralisée qui a des conséquences extrêmement lourdes aujourd'hui pour des millions de jeunes. »
  • 9:12Anne MuxelFait
    « il y aurait effectivement des conditions de des conditions assez inégales de traitement quant à à l'enseignement et les conditions de de cet enseignement dont ils pourraient bénéficier. »
  • 11:58Céline CalvezFait
    « il faut améliorer l'accompagnement. On les laisse tout seuls, les familles tout seules devant. »
  • 13:10Paul VannierChiffre
    « 89 % des absences de moins de 15 jours sont non remplacées. »
  • 13:47Paul VannierFait
    « c'est clair qu'on va pas mettre un professeur d'arts plastiques devant une classe qui attend un enseignant d'anglais. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Colère lycéenne, la nouvelle lutte des classes, c'est un reportage de la rédaction de LCP. Et on va poursuivre le débat en plateau avec nos invités. Anne Muxel, vous êtes sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS et au centre de recherche politique de Sciences Po, le CEVIPOF. Merci d'avoir accepté notre invitation. À vos côtés, deux députés. Céline Calvez, vous êtes députée Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine. Paul Vannier, député La France insoumise du Val-d'Oise. Tous deux spécialisés dans les questions d'éducation. Alors, j'ai une première question pour vous trois. Elle peut paraître simple, mais elle est finalement peut-être très compliquée. Anne Muxel, pourquoi ? Est-ce que vous avez compris pourquoi maintenant ce mouvement des lycéens a-t-il voulu ?

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Bien, maintenant, d'abord, c'est parce que c'est la rentrée quand même. Et donc, c'est vrai que les lycéens au moment de la rentrée ont pu prendre la mesure d'un certain nombre d'insuffisances qu'ils pointent bien. Pas de professeurs remplacés, des classes surchargées. Et puis aussi ces conditions climatiques qui ont pesé de façon importante sur eux. Des classes surchauffées pendant la canicule, la canicule du printemps, mais en septembre, il y a eu aussi des moments encore de fortes chaleurs. Et puis les hivers se sont rappelés avec le froid. Bref, voilà, une rentrée qui était chargée particulièrement de préoccupations, d'angoisses qui fait que bien oui, ce mouvement ce mouvement a pris comme comme à la suite

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d'un d'un sentiment d'exaspération et aussi pour se faire entendre. Et vous qui suivez la jeunesse, ça vous a ? Il vous surprend ce ? Non. Finalement, cette colère que l'on sent sourdre dans dans l'ensemble de la de la population depuis maintenant très longtemps. Parce que effectivement, les lycéens sont en colère, mais les Français sont en colère. Les Français expriment beaucoup d'inquiétude aussi face non seulement à leurs conditions présentes, mais aussi face à l'avenir. Donc en fait, les lycéens, ils évoluent dans ce dans ce climat. Ils rentrent dans leur rôle de voilà de citoyens aussi euh dans un moment de de de colère mais aussi de forte défiance euh envers les la classe politique envers les responsables politiques. Céline Calvez, est-ce qu'on peut dire

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que cette crise beaucoup ne l'ont pas vu ? Le gouvernement a semblé pris de court au début dans les les premiers moments justement de cette mobilisation lycéenne. Il y a eu une mobilisation qui est peut-être allée plus vite que la prise de conscience des uns et des autres. Par contre, la découverte justement des questions de ce que se posent les les lycéens n'est pas forcément nouvelle. C'est peut-être l'ampleur qui qui peut Je rejoins Anne Muxel sur le fait que l'angoisse face au dérèglement climatique, des tensions géopolitiques font que cette génération qui est hyper abreuvée d'informations ne peut que se poser des questions et que peut-être qu'à quelques mois aussi d'échéance présidentielle, il y a envie aussi de compter dans le débat public de la part de la jeunesse.

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Sauf que c'est vrai que Paul Vannier Paul Vannier on dit souvent que les mouvements sociaux se taisent un peu à quelques mois d'une élection présidentielle. Est-ce que vous ce mouvement des lycéens, on sait que les insoumis l'accompagnent, vous l'aviez vu venir, vous l'aviez perçu ou vous-même vous êtes étonné de sa ? J'en avais a posteriori des signes avant-coureurs autant ma circonscription des des familles qui venaient me voir parce que leurs enfants n'avaient pas de place à l'université, des des parents d'élèves, des enseignants d'un lycée qui m'avait sollicité sur des problèmes d'emploi du temps mais moi je n'ai pas du tout venir ce mouvement parce que d'abord il est inédit. C'est c'est c'est inédit de voir fin septembre un mouvement lycéen prendre prendre d'abord

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dans les lycées de la banlieue parisienne avant de se nationaliser avant d'embarquer les universités et au-delà une partie du monde du travail. Donc il est surprenant et moi ce qui m'a frappé parce que je suis allé les voir euh ces lycéens, j'ai j'ai voulu les entendre, c'est qu'ils me faisaient état d'un état d'épuisement psychique et physique quelques semaines après la rentrée comme si pour eux l'épreuve qui les attendait était impossible. C'était impossible parce que Parcoursup, parce que les emplois du temps, parce que les conditions d'apprentissage étaient à ce point dégradées et ils ne pouvaient plus que dire "Stop, on y arrivera pas, il faut que ça change parce que là c'est l'impasse pour nous." Je pense que sur l'épuisement, je prendrai aussi ce terme-là et euh je

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prendrai euh deux points d'interrogation, l'emploi du temps et puis l'orientation. Alors justement, si vous voulez bien, je vous propose de décliner. On parle beaucoup de ces emplois du temps euh qui sont chargés pour les élèves. Vous êtes vous faites ce constat-là effectivement qu'avec la réforme du lycée, on a des options à choisir, du coup on a un emploi du temps qui grossit, on fait souvent 8h-18h quand on est au lycée aujourd'hui. Alors on fait souvent 8h-18h, c'est pas du tout euh uniforme, hein, il peut y avoir aussi des demi-journées de libre. En fait la réforme du baccalauréat a donné le choix, le choix des spécialités, ce qui a ouvert le champ à ce que nous n'avions pas, moi qui ai passé mon bac fin des années 90, j'ai dû abandonner l'économie pour préserver la biologie. Donc

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Sauf que ça ça a été complexifié les emplois du temps. énormément. Mais en fait, je dis pas que c'est le le revers de la médaille du choix, mais ça ça l'envoie. Mais je pense que derrière l'emploi du temps, c'est aussi ce qu'on leur demande à côté. Euh une génération précédente avait regardé euh le diplôme, le contrôle de la semaine prochaine, mais pas forcément à se poser autant de questions sur l'orientation. C'est aussi peut-être parce que on a jamais autant parlé d'orientation euh que ce conflit d'épuisement et il faut que je fasse ma semaine et en plus que je puisse initier des projets qui serviront à mon dossier plus tard. Je pense que euh là c'est pour l'ensemble des lycéens que ça se pose et donc le le stress du quotidien est le stress du futur est encore plus combiné.

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Pourtant on a gardé les mêmes horaires. On a regardé on a gardé les mêmes horaires au niveau de l'emploi du temps. Peut-être qu'il faudrait libérer certains emplois du temps pour avoir justement ce temps d'approfondir euh ses orientations. Anne Muxel, vous avez euh certainement entendu des réactions euh d'adultes quand on entend ces lycéens. Il y a eu aussi un un peu de mépris envers cette revendication sur les emplois du temps. On a entendu des élus le dire "Mais de quoi se ? 9h-17h." Vous avez eu le sentiment d'un peu d'une fracture entre les générations, des générations qui comprennent pas très bien cette revendication autour de l'emploi du ? Oui, encore une fois, la question de l'emploi du temps, elle varie sûrement, hein, selon dans ces dans ces parcours

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individualisés, selon les les les les situations, selon les territoires. Il y a ça peut être des journées encore plus longues si l'on pense aux territoires ruraux et à ceux qui doivent prendre les ramassages scolaires euh tard Parfois 7h, 7h15. et cetera. Euh donc au-delà de l'emploi du temps, il y a cette surcharge, je pense, mentale. Il faut bien savoir aussi que les les lycéens et la jeunesse de dans le pays est en grande difficulté euh psychique euh depuis le Covid. Euh toutes les enquêtes le le On en reparlera, évidemment. Euh voilà, il y a il y a plutôt un surcroît de dépression, de de euh de découragement, mais aussi de maladies psychiatriques, de tentatives de suicide et cetera. Donc je pense que euh il y a certes la réalité concrète des emplois

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du temps, mais derrière l'emploi du temps, il y a aussi ce sentiment d'être complètement euh débordé, surchargé, de ne pas y arriver avec la peur, effectivement, et là je rejoins tout à fait euh ce que vous venez de dire, de l'orientation, c'est-à-dire qu'en France, contrairement à nos pays voisins euh ou même à d'autres pays plus lointains, on demande à des jeunes, très jeunes, euh de se projeter euh dans dans un avenir professionnel euh voilà, pour lequel ils n'ont pas encore forcément euh d'idée. C'est c'est là-dessus et donc ça c'est une grande source d'anxiété. C'est là-dessus, Paul Vannier, aussi, c'est pas seulement l'emploi du temps, de se plaindre de d'être trop souvent à l'école, c'est pas avoir le temps aussi de faire un sport à côté, pas le temps

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de de s'ennuyer, de profiter, de sortir un peu de l'école. Ce sont les les revendications, les témoignages que vous vous avez ? Moi, j'ai beaucoup entendu parler du 8h-18h, beaucoup beaucoup, en fait, du 7h-20h, parce que, y compris en zone urbaine dense, hein, les problèmes de transport sont considérables. Il y a des lycéens qui viennent de loin. Vous avez une une refondation par exemple de l'offre de transport en Île-de-France, une mise en concurrence qui a qui a dégradé les conditions de transport des lycéens. Tout ça, ça ajoute. C'est pas simplement une crise du lycée général, hein. Dans la voie professionnelle, il y a beaucoup de lycées professionnels qui sont mobilisés. Par exemple, là, c'est le moment où en terminale, il faut trouver des stages. Parce qu'il y a de

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plus en plus de stages au lycée professionnel pour valider euh son année. Et donc, au-delà de la question de l'emploi du temps et de la fatigue, c'est l'angoisse. C'est l'angoisse du contrôle continu dans la voie générale et technologique avec un bac devenu permanent. C'est toute l'année le bac et on sait ce qui se joue, c'est l'orientation dans le supérieur et c'est l'angoisse du stage dans la voie professionnelle. Donc, il y a pas que des causes externes. Bien sûr, il y a la crise climatique. Bien sûr, il y a le Covid. Bien sûr, il y a la guerre. Mais il y a des causes. Mais il y a des réformes. Il y a des réformes. La réforme Blanquer du lycée, il y a Parcoursup qui ont produit un régime d'angoisse généralisée qui a des conséquences extrêmement lourdes aujourd'hui pour des millions de

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jeunes. On on y reviendra évidemment sur ces questions de Parcoursup parce qu'on voit que c'est un terme qu'on retrouve énormément parmi les lycéens. Anne-Lucie, quand on parle de la vétusté des bâtiments, vous reparliez aussi de l'épisode de canicule. C'est pas complètement anecdotique que ce mouvement, il naît aussi dans des bâtiments particulièrement délabrés en banlieue parisienne, dans ce qu'on appelle aussi les quartiers populaires. C'est eux qui ont un peu initié ce mouvement-là. Est-ce que derrière les conditions, il y a aussi un sentiment de de relégation, de ne pas être traité comme les ? Oui, alors ça, on l'entend beaucoup de la part des des des des lycéens effectivement qu'il y aurait effectivement des conditions de des conditions assez inégales de traitement

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quant à à l'enseignement et les conditions de de cet enseignement dont ils pourraient bénéficier. Bon, il a aussi été rappelé, et je crois que c'est tout à fait réel, il y a effectivement des situations tout à fait inadmissibles, improbables même, de conditions de du bâti dans certains dans certains lycées, dans certains collèges, aussi dans certaines universités, hein. Euh, mais il a été aussi rappelé que dans certains territoires aussi dans ces territoires plus défavorisés, l'État et l'éducation nationale avait aussi mis beaucoup beaucoup plus d'argent proportionnellement à d'autres à d'autres territoires plus plus favorisés. Bon, c'est très compliqué, hein, c'est un débat très compliqué. Ce

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qui est sûr, c'est que il y a un problème de moyens et sans doute des moyens supplémentaires à mettre, qu'il s'agisse du bâti, qu'il s'agisse des enseignants, qu'il s'agisse aussi de tout ce personnel euh si important dans dans le lycée comme les infirmières, les psychologues, les les les les conseillers d'éducation aussi. Bref, il y a beaucoup de et ou d'orientation du reste, plus de temps consacré aux élèves pour les entendre à l'intérieur même des établissements. Mais Céline Calvez, même si effectivement il y a des réalités et on voit que ce mouvement a pris au-delà de la banlieue parisienne, on le voit dans le reportage, à Toulouse, à Lannion et en partout en France, il y avait quand même les sentiments

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chez certains élèves d'être défavorisés par rapport au privé, par rapport à Paris, par rapport aux villes ou même des lycées d'à côté plus huppés. Il y a eu ce sentiment qu'on a beaucoup ressenti lors des manifestations. qui se base aussi sur des constats en fait. Oui, il y a des inégalités et même si la politique de ces dernières années a décidé de renforcer ce qui peut être en réseau d'éducation prioritaire par exemple avec le dédoublement, on ne peut pas rattraper tout non plus et en fait au-delà du sentiment d'être relégué, oui, il y a des inégalités. Il y a des inégalités et et et les dégradations de de bâti sont intolérables en fait. Donc, moi je pense que il y a effectivement le constat que tout n'est pas juste. La question des moyens, elle doit être soulevée, mais

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c'est pas que les moyens financiers aussi, il y a les moyens de pouvoir prendre les bonnes décisions au plus près du terrain, de laisser l'initiative au personnel de l'éducation nationale qui parfois euh se voit un petit peu rabroué sur ses initiatives et donc c'est une problématique de gouvernance également. Souvent sont en soutien en plus des mobilisations euh des lycéens et font le même constat d'un manque de moyens. Oui, parce que ils le vivent au quotidien dans leur salle de classe. S'il fait chaud, ils ont aussi euh ils ont aussi ces ces ces problèmes-là. Donc je pense que au-delà des moyens, c'est l'allocation des moyens, la la comment on assure la gouvernance. Aujourd'hui, dans un établissement, vous avez euh des choses qui relèvent de l'État, euh

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c'est-à-dire le personnel, enfin la grande partie du personnel et puis euh les programmes, mais par contre vous êtes dans un cadre bâti qui dépend d'une collectivité. Et d'un établissement à l'autre, c'est pas la même collectivité. C'est dommage. chacun se renvoyait aussi un peu la responsabilité. parce que euh la notre responsabilité, c'est d'investir dans l'éducation, qu'on puisse le faire. On peut avoir fait des réformes qui peuvent être contestées. Moi, je suis fier qu'on ait fait Parcoursup parce que c'est une réforme où on attend pas d'être en bac + 3 pour pour penser à son orientation. Et là où je je m'élève, c'est que on ne force pas les gens à choisir, on les force effectivement à réfléchir. Moi, je pense que c'est une bonne manière. Par contre,

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il faut améliorer l'accompagnement. On les laisse tout seuls, les familles tout seules devant. Malheureusement, c'est pas suffisant. On regorge d'informations sur Parcoursup, des informations dont on avait jamais euh l'opportunité de découvrir avant, mais par contre effectivement, il y a un besoin d'accompagnement. Moi, j'ai pas entendu de la part des lycéens de Clichy-Levallois une volonté d'abroger. Il dit il faut des places pour tout le monde et il faut qu'on nous accompagne. on reviendra sur Parcoursup. Juste avant ça, je voulais parler dans l'ordre un peu des revendications des lycéens notamment sur la plateforme du ministère de l'Éducation nationale, sur les profs, les remplacements de professeurs. Puisque c'était une des revendications, on voit 89 % des absences de moins de 15

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jours sont non remplacées. C'est vraiment là un peu le nerf de la guerre, c'est sur les absences courtes notamment. Paul Vannier, le ministre de l'Éducation nationale, a annoncé 3000 remplaçants à déployer. Comment ça se passe, vous qui connaissez bien l'Éducation ? Ça veut dire qu'il y avait 3000 remplaçants qui attendaient leur ? Ça veut dire qu'on peut optimiser les remplacements, on peut aller plus vite. Comment ça se fait que le gouvernement a pu voilà, en quelques secondes dire "Allez, on a 3000 personnes qu'on peut mettre devant des élèves." Parce qu'il n'existe pas. Il ne se passe rien dans les établissements. D'après les propres chiffres du ministre, c'est 1/3 de ces 3000 soi-disant postes qui ont été affectés ces derniers jours, c'est clair qu'on va pas mettre un

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professeur d'arts plastiques devant une classe qui attend un enseignant d'anglais. Voilà, donc qu'est-ce qui s'est ? un peu les chiffres. Mais tout ça est une question de moyens. Qu'est-ce qui s'est passé depuis ? On a supprimé 11000 postes dans l'Éducation nationale. ? Dans les lycées, dans les collèges, dans le second degré. Là, il y a un budget qui vient, c'est 1588 suppressions de postes, 1200 dans l'enseignement public, la majorité, c'est dans le second degré, les lycées, les collèges. Il y a des choix politiques. Il y a un budget de l'Éducation nationale qui va baisser si il est adopté dans la version qui est présentée à l'Assemblée. Il y a dans les lycées franciliens, là où est partie la mobilisation, il y a une dépense moyenne par lycéen assumée par

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le Conseil régional d'Île-de-France de Valérie Pécresse qui est une des plus basses de France. Il y a des choix politiques en Île-de-France. Valérie Pécresse, quand elle met le paquet sur l'enseignement privé, plus 350 % depuis qu'elle est arrivée à la tête de la région pour le les subventions facultatives à l'investissement. Bah, dans le reste des lycées, comme dans le lycée Jean Jaurès d'Argenteuil dans ma circonscription, il y a par exemple pas de porte aux toilettes. Il y a pas de porte aux toilettes et pas depuis 2 jours, depuis des mois, depuis des années. Donc évidemment, ce ce ce cette cette affaiblissement des moyens et ce traitement différencié des établissements, cet abandon de certains d'entre eux, évidemment, ça rencontre un point de résistance à un moment donné et

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ça déclenche un mouvement lycéen. Donc ne nous trompons pas, il y a des causes politiques et des causes budgétaires à cette situation. l'insalubrité des toilettes, il y a évidemment beaucoup de de témoignages de jeunes gens sur ce sujet. Parcoursup, c'est un mot qui a été déjà prononcé. Anne Muxel, Parcoursup, c'est devenu un mot euh totem ou tabou, je ne sais pas mais c'est vraiment on a l'impression un monstre pour certains lycéens aujourd'hui. Bah en tout cas, il y a il y a des il y a des bonnes choses à la base peut-être dans Parcoursup mais c'est ressenti par les les les lycéens mais aussi par leur famille comme quelque chose d'extrêmement compliqué à surmonter et ça généralement et c'est même bien mesuré dans un certain nombre d'études un moment de stress. familial très

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important avec toutes les inégalités qui existent entre les familles qui vont pouvoir elles-mêmes conseiller leurs enfants parce qu'elles savent à peu près quelles sont les filières à suivre, les établissements où il faut aller et puis des familles qui seront beaucoup plus démunies pour répondre aux questions de leurs enfants. Donc là, il y a en tout cas des moyens à mettre si l'on veut organiser mieux l'orientation. Encore une fois, pour avoir un peu travaillé là-dessus, je sais que les jeunes d'une façon générale considèrent que cette orientation intervient trop tôt dans leur parcours et on ne sait pas quels sont les métiers vraiment qui qui seront qu'ils pourront vers lesquels ils pourront s'orienter en en

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2030 par exemple donc bientôt et donc il y a une double panique à la fois de devoir se déterminer individuellement mais aussi collectivement de ne pas savoir finalement ce que sera la vie professionnelle de demain. Et on demande aux jeunes de se déterminer plus tôt et ils sont aussi de plus en plus nombreux à obtenir le baccalauréat. Quelques chiffres, c'était 30 % en 1986, 64 % en 2006, 79 % en 2026. Est-ce que c'est bien d'avoir de plus en plus d'élèves qui atteignent le bac ou est-ce que l'effet miroir un petit peu c'est que le bac aujourd'hui ne suffit plus du tout, il faut faire des études supérieures et il y a pas forcément suffisamment de place. Moi je trouve que l'objectif ambitieux

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d'amener une classe d'âge à 80 % au niveau bac, il est louable. Mais [raclement de gorge] le constat aujourd'hui, c'est dire que le bac + 5 est devenu le bac d'hier en fait. C'est-à-dire que on a poussé toutes des générations à dire il faut que tu fasses le plus longtemps possible des études. Et qu'est-ce que ça ? Ça veut dire qu'en bac + 5, vous sortez de bac + 5 et vous êtes hyper frustrés parce que soit vous trouvez pas de travail alors qu'on vous a promis que vous allez en avoir, soit on vous donne des tâches qui ne correspondent pas à ce que vous avez pu étudier. Et donc malheureusement euh on on on C'est pour ça qu'on a encouragé des logiques d'apprentissage, d'alternance en disant que peut-être que c'est plutôt la formation tout au long de la vie qu'il faut pouvoir privilégier

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plutôt que de pousser à fond la formation initiale. Parce que justement, on ne connaît pas les métiers qu'on fera demain et qu'il faut plutôt se dire quelles sont mes bonnes bases, quelles sont mes savoirs fondamentaux, quelles sont les compétences transversales qui vont me permettre d'apprendre tout au long de la vie plutôt que d'essayer de retarder euh ce qui serait la le marché du travail. On est C'est important d'avoir fait des études, mais aujourd'hui, force est de constater que peut-être que le bac + 5 d'aujourd'hui est le bac d'hier. Donc malheureusement euh il va falloir repenser la valeur du bac aujourd'hui. Paul Vannier, est-ce que là-dessus vous pensez que cet objectif euh doit être un peu ? Parce que c'est vrai que maintenant les jeunes ont le sentiment

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qu'avec le bac, tu as plus grand-chose, il faut faire des études derrière. Vous vous dites oui, mais il faut encourager justement les gens à faire des études ou est-ce qu'il faut se reposer aussi la question de savoir est-ce que il faut peut-être faire un peu moins ? Ah ça c'est la vraie question politique. Qu'est-ce qu'on ? Est-ce qu'on veut poursuivre le mouvement de massification et de démocratisation euh de l'enseignement et des études ? Moi je le pense. Je pense que notre pays en a par ailleurs absolument besoin dans le monde qui vient. Il n'a que cette ressource, que cette richesse, c'est le des connaissances acquises et de la capacité à les les exercer. Ou alors est-ce qu'on fait euh marche ? Est-ce qu'on instaure des ? Certains proposent à la fin du collège comme Gabriel Attal

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par exemple, à la fin du lycée et au cours du parcours universitaire notamment à la fin de la licence. Moi je pense qu'il faut Tout ça encore une fois est une question de moyens, une question de places universitaires. autant de places que de bacheliers pour vous. Là, on voit les filières sont de plus en plus sélectives parce qu'elles n'ont pas les moyens d'accueillir. Mais exactement, c'est pour cette raison-là qu'elles le sont devenues parce qu'on a retiré du code de l'éducation ce qui était auparavant un droit. Moi, je suis attaché à une école qui dote ses élèves de droits et notamment du droit de poursuivre ses études dans le supérieur dès lors qu'on est titulaire d'un baccalauréat. Donc d'ailleurs, on pourrait peut-être restaurer la valeur en le euh rendant à

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nouveau national. Il a été complètement fracassé par une réforme qui conduit à continu, avant c'était autant de bac que d'établissements et évidemment aujourd'hui, notamment dans le cadre de la procédure Parcoursup, le bac d'Henri IV n'a pas la même valeur que euh les bacs obtenus par exemple dans euh ma circonscription. Donc moi, je suis attaché à diplôme national du bac et à garantir à tous la liberté de choix. J'insiste là-dessus, la liberté. Moi, je suis je je veux je veux que la la réponse de la société aux jeunes qui s'engagent dans un parcours et notamment pour qu'ils aillent le plus loin possible, ce soit une réponse positive. Je veux qu'on reconnaisse, y compris la possibilité à un droit à l'erreur pour les jeunes. On le reconnaît pour les entreprises hein quand elles le font des

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fraudes euh pour les impôts. Elles ont un droit à l'erreur. Pourquoi euh les jeunes ne l'auraient-ils ? Il le faut et euh bien sûr, ça suppose Non, on l'a pas. Regardez. Les Bah aujourd'hui, vous avez après 120000 personnes là qui sont en attente sur Parcoursup parce que elles elles cherchent à se réorienter. Ah si, c'est les chiffres c'est les chiffres de fin de fin juillet. C'est les derniers disponibles. Donc on ne reconnaît pas ce droit. Et par ailleurs, je termine et vous vous vous vous vous vous me dites répondrez mais par ailleurs euh moi, je les rencontre euh ces familles et ces élèves, ces étudiants. On ne leur garantit pas le libre choix, y compris en matière de réorientation. Donc ça, ça donne du décrochage. Ça donne des jeunes qui sortent du parcours universitaire. Ça

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donne des jeunes qui ne sont pas qualifiés et c'est pas bon pour notre économie, pour la place de la France dans le monde. Anne Muxel, sur ce ce symbole du bac, est-ce qu'effectivement avant avoir son bac, c'était quelque chose, maintenant c'est devenu une simple ? Et qu'est-ce que ça change dans la tête de nos jeunes ? Bien, ça repousse sûrement euh le comment dire le moment où ils vont ils vont avoir le sentiment d'être dotés de ce qui va leur permettre de trouver une position dans la société. Voilà, le temps de la jeunesse est allongé. Euh, on rentre dans la dans dans la vie euh euh professionnelle de plus en plus tard, sans doute à cause des études mais sans doute aussi parce que les conditions du marché euh de l'emploi ne sont pas très satisfaisantes pour tous

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ceux qui ne poursuivent pas des études longues et il faut pas non plus oublier toute cette partie de la jeunesse dont on ne parle pas assez. Il y a 40 % euh des jeunes qui euh ne vont pas poursuivre d'études d'études supérieures et qui et ces jeunes-là, il y a pas grand-chose qui est fait pour eux. Il y a pas grand-chose qui est fait aussi pour leur donner la reconnaissance valorisé dévalorisé encore les filières professionnelles. Voilà, pour valoriser les métiers euh auxquels ils se ils se préparent, les métiers manuels. Dans d'autres pays, par exemple, je pense à à l'Allemagne, je pense à la Suisse, je pense à l'Autriche, dans beaucoup de pays métiers manuels sont reconnus euh souvent ils sont bien payés et c'est aussi des métiers euh euh dans lesquels

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on peut se construire une trajectoire et une vie euh une vie professionnelle. Donc, je crois que on parle beaucoup des études supérieures, c'est tout à fait normal euh de de garder cette cette liberté d'accès à l'enseignement supérieur mais n'oublions pas aussi que les deux premières années euh à l'université sont une machine à broyer aussi euh des destins euh universitaires. Il y a beaucoup d'échecs beaucoup d'échecs d'étudiants qui sont là et qui finalement, voilà, euh pourraient faire autre chose ou voudraient faire autre chose. Donc, je crois qu'il y a une réflexion beaucoup plus large qu'il faut faire. Et il y a évidemment toute une réflexion sur l'école et vraiment la scolarité mais il y a aussi des causes extérieures. Euh ces lycéens, avoir 15 ans aujourd'hui en France, c'est avoir

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vécu le Covid, avoir connu des guerres, avoir une éco-anxiété qu'on nous répète que voilà, la planète va très mal. Ça joue aussi beaucoup ces questions. On voit, il y a un lycéen sur cinq qui a déjà eu des pensées suicidaires. Est-ce que tout ça, il faut le savoir, il faut l'entendre pour bien comprendre notre jeunesse ? sûr, il faut l'entendre et ce serait dommage de limiter ce mouvement lycéen uniquement à des revendications liées à la scolarité ou à l'orientation. Il y a aussi plus globalement la question d'entendre leur voix et de faire entendre leurs avis dans le débat public. En fait, sur ce que l'on peut mettre au débat, ça les concerne d'autant plus quand on parle d'investir, mais si c'est investir contre la jeunesse, ça ne ça ne va pas aller très très loin. Donc je

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pense qu'il y a aussi et et c'est pour ça que le le gouvernement a dit "Il va falloir que on mette en place la plateforme Agora, des moments d'échanges." Mais je pense qu'il faut aller même encore plus loin en disant que on doit les inclure et et et et penser à eux, pas seulement sur les questions de jeunesse, mais sur les questions de société. Et c'est pour ça que moi je je je je suis aussi assez attentive au fait que l'école puisse s'ouvrir. Je trouve que l'alternance permet d'enrichir le rôle de l'école, c'est-à-dire que quand vous avez quelqu'un qui fait un stage, il se rend compte un petit peu après ce pourquoi il apprend des choses. Apprendre le français, ça va lui permettre de pouvoir davantage exprimer ses idées, porter ses idées. Et parfois, ça veut dire les revendiquer peut-être

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dans la rue. Ben en fait, ça sert à ça de bien parler français également. Paul Vannier, vous vous parliez de choix politique sur l'école, mais est-ce que voilà, les lycéens que vous côtoyez, ils ont peut-être aussi beaucoup d'espoir, mais aussi une forme d'angoisse, d'anxiété que nous, on avait peut-être moins il y a 15, 20 ? C'est pas ce que j'ai entendu. Moi en tout cas, avec ceux avec qui j'ai échangé, j'ai pas échangé avec tous les lycéens de France. Moi, j'ai surtout le sentiment qu'ils veulent prendre leur place, qu'ils ont un discours qui est très construit, ils ont une élaboration politique de leur revendication qui moi-même m'a m'a parfois frappé. Vous savez que avec Jean-Luc Mélenchon, nous défendons le droit de vote à 16 ans. Je crois que c'est ce serait une réponse,

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une des réponses peut-être à ce mouvement euh lycéen, d'étendre la sphère de la citoyenneté. Parce qu'il me paraissent eux qui peuvent signer un contrat de travail, hein, la société leur reconnaît cette responsabilité possible, il me paraît tout à fait prêt à entrer dans la citoyenneté, à à prendre part au débat public, pas simplement à travers des plateformes, hein, mais aussi par le vote pour bah nous permettre [grognement] nous nation, pays de prendre les meilleurs choix pour notre avenir en commun. Ils ont, je crois, voilà, fait la démonstration là ces dernières semaines qu'ils étaient à la hauteur des enjeux du débat public contemporain. Moi, je suis personnellement favorable aussi à l'ouverture du droit de vote à 16 ans. Alors, est-ce qu'on le fait d'abord pour les municipales ou

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directement ? Je pense que moi aussi j'étais assez surprise par le niveau d'argumentation que les lycéens que j'ai reçu au sein de ma permanence parlementaire avaient, je me suis dit mais à leur âge comment je pouvais développer ça. Donc, je trouve que la question du droit de vote, elle est importante. Je pense que ça c'est Gabriel Attal qui fait cette proposition de faire une convention citoyenne, non pas après la présidentielle, mais déjà pour que les 16-25, c'est-à-dire aussi bien les lycéens que les étudiants, les jeunes actifs puissent s'exprimer. Dedans peut se porter la question du droit de vote à 16 ans. Je pense que on aurait tout intérêt à pouvoir le faire, ne serait-ce que pour hausser la participation des plus jeunes. Par contre, il faut que ça soit encadré et c'est vrai que là

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l'école a son rôle avec l'éducation morale et civique et la société plus généralement et l'information également aussi de pouvoir aiguiser l'esprit critique. Euh si on ouvre ce droit, il faut se donner les moyens également de pouvoir aiguiser l'esprit critique. Je vais vous demander Paul Vannier, Céline Calvez ce que vous pensez de de l'appel à la mobilisation du 17 octobre, mais avant ça, Anne Muxel, on a aussi beaucoup entendu parmi les lycéens, il y a eu certains débordements. Euh on le voit aussi dans le reportage, mais cette idée de dire que en France, et ça dépasse peut-être les lycéens, pour se faire entendre, pour obtenir des choses, on doit maintenant avoir une forme de radicalité. Est-ce que ça vous le constatez ? Le fait de dire si on passe par les canaux un peu officiels, on

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n'est pas entendu. Bah oui, ça fait maintenant des années que la France vit un temps de crise de la représentation politique. Donc le il y a le discrédit qui pèse à l'endroit des des responsables politiques qui touchent aussi les institutions politiques fait que on on voit croître l'envie d'une d'une démocratie plus expressive, plus directe par la rue, par les mobilisations, les manifestations. Et donc il est assez normal que les jeunes finalement euh euh embrayent dans ce dans dans dans ce climat. Bien souvent, ils ne font que qu'amplifier des tendances de fond que l'on voit dans la société française. Bon, on a bien vu avec les gilets jaunes que il y avait une cette volonté aussi de se faire

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entendre autrement. Donc on la retrouve effectivement chez les jeunes. Et justement, ce sera ma dernière question très rapidement. Il y a une mobilisation attendue le 17 octobre, une convergence des luttes. Est-ce que gilets jaunes, gilets jeunes, toutes ces colères peuvent ? Est-ce que vous le souhaitez, Paul ? Moi, je le souhaite pas, je je je soutiens. Je soutiens ceux qui se battent pour leurs droits, pour des conditions dignes d'études, pour pouvoir vivre tout simplement. Et donc je serai et nous serons le 17 octobre dans la rue avec les lycéens et tous les salariés qui qui manifestent. Céline Calvez, au contraire, est-ce que vous vous le redoutez un peu cette agrégation des colères en ? Moi, je je redoute ce qui attise la colère et qui voudrait faire que le 17

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octobre est une journée de manifestation soit finalement une invisibilisation des revendications parce que certains aimeraient plutôt mettre le bazar que de consacrer un élan que l'on voit, un élan d'engagement. Souvent, les les premières manifestations lycéennes, c'est là où vous sentez faire partie d'un collectif, où vous rendez compte que vous avez peut-être une place. Ce que ce que je condamne et ce que je déplore, c'est quand on a certains bah qui commencent à brûler des bâtiments qui ont été justement là un investissement pour les accueillir. Et ça malheureusement c'est vraiment ce que ce qu'on ce qu'on déplore. Autrement un élan de manifestation avec le droit de manifester et le droit d'être ensemble, oui, le respect. Merci infiniment à tous les trois, Anne

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Michel, Paul Vannier et Céline Calvez. Je vous rappelle notre magazine Colère lycéenne, la nouvelle lutte des classes. Très belle soirée à tous sur LCP évidemment.