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interviewC à vous· 6 juin 2026 52 min

Hommage à Bernadette Chirac - C à Vous l’intégrale - 06/06/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On est en direct. On est ensemble jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce samedi 6 juin avec Eglantine Eméyé, Amandine Bégot, Yaël Goosz et Paul Larrouturou. Une émission spéciale.

C'était une Première dame adorée par les Français. Bernadette Chirac est morte à l'âge de 93 ans. - Je peux vous dire, sans vouloir le moins du monde être prétentieuse, les gens vous le disent: "Mais madame Chirac, si vous n'aviez pas été là, il n'aurait jamais été président de la République." -Y.Goosz: Je tordrais le cou à l'idée selon laquelle elle a vécu dans l'ombre de son mari. -P.Larrouturou: Beaucoup de gens décrivent une femme qui a tenu malgré un mari compliqué. -M.Bouhafsi: Monseigneur Rougé sera avec nous.

C'était un proche parmi les proches. -A.Bégot: Après les excuses de Gérald Darmanin, demain, une marche blanche pour Lyhanna.

La colère ne retombe pas. -M.Bouhafsi: Après 20h, vos recommandations culturelles. -E.Eméyé: Je vous emmènerai à New York pour vous replonger dans les années 70.

C'est là que le street art est né. C'est magnifiquement raconté dans une exposition à la Villette. -M.Bouhafsi: Ce sera après 20h avec nos invités.

Nous recevrons Melha Bedia et Manu Payet. Nous recevrons aussi Maria Pourchet, qui a fait un documentaire magnifique. Avant ça, c'était une femme qui était dans le coeur des Français, un soutien indéfectible de la carrière de son mari.

Bernadette Chirac est devenue au fil des années un personnage essentiel de notre pays, et plus particulièrement de la scène politique. Elue au conseil général de la Corrèze, elle aura accordé une grande partie de sa vie à la partie caritative. Bernadette Chirac s'est éteinte hier à l'âge de 93 ans. - A la une, la disparition de Bernadette Chirac. - Elle s'était emparé comme personne du rôle de Première dame. - Elle est décédée à l'âge de 93 ans. - Elle laisse en héritage l'opération des Pièces jaunes.

C'était aussi une femme politique, élue en Corrèze pendant 36 ans. - Elle s'est éteinte hier dans la soirée, paisiblement entouré des siens. - Jamais une première dame n'aura autant marqué les esprits. - Une femme très chic, toujours très apprêtée. - C'était un personnage formidable. -M.Bouhafsi: Alain Duhamel est notre invité.

Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation en ce jour particulier pour les Français. Avant de vous donner la parole, l'édito de Yaël Goosz.

Cette Première dame a été pendant longtemps présente d'une manière ou d'une autre dans notre quotidien, dans l'ombre de Jacques Chirac, mais pas seulement. -Y.Goosz: Tout commence à Sciences Po.

Jacques emprunte une fiche à Bernadette. A la machine à écrire, elle tape les fiches dont il a besoin pour préparer l'ENA. - Je suis assez timide et je suis lente.

Je suis très lente, surtout par rapport à mon mari, qui est un rapide, comme vous le savez, et qui m'a fait souvent ce reproche. -Y.Goosz: Elle était surnommée "la tortue".

Une tortue dont il avait bien besoin. Elle dit avoir fait un mariage d'ambition avec un ambitieux. Froide en apparence, toujours dans la maîtrise. - Madame Chirac sort de la voiture.

Madame Chirac, vous êtes en direct sur France 2. Est-ce que vous pouvez nous dire un mot sur votre sentiment ce soir? - Vous allez où, madame Chirac? - On peut savoir où vous allez? -Y.Goosz: On ne saura pas.

Derrière cette caricature des Guignols avec ce sac à main qui ne la quittait jamais, il y a bien autre chose: l'affirmation d'une indépendance. - Je suis quand même assez indépendante de nature. J'aime bien faire les choses par moi-même.

Je ne sais faire que ce que j'ai appris à faire. Regardez comme c'est joliment fleuri. Il y a des iris. -Y.Goosz: Toute sa personnalité est résumé dans cet extrait.

Elle fait toujours tout à sa façon. Le plus beau jour de sa vie, ce n'est pas dans sa vie privée, c'est quand Jacques Chirac lui demande de se présenter aux cantonales en 1979. Il en a besoin, mais c'est Bernadette qui va s'ancrer en Corrèze pendant près de 40 ans.

Elle avait aussi un sacré flair politique. Elle avait prédit l'échec de sa dissolution. De Villepin, c'était Néron.

Elle s'est aussi révélée durant la présidentielle de 2002. Les sondages, c'est le porte-à-porte corrézien. Elle alerte sur un second tour contre Jean-Marie Le Pen. - Dans beaucoup d'endroits, on me disait que Le Pen montait et les gens me disaient qu'ils allaient voter pour lui.

Mon mari n'en avait pas conscience. J'ai beaucoup parlé de ça avec lui. Il était d'ailleurs furieux.

Il me disait: "C'est peut-être ce que vous ressentez, mais n'en parlez pas à l'extérieur." Il était extrêmement surpris quand on lui a apporté les premiers résultats et qu'il a vu que Le Pen faisait vraiment un score. -Y.Goosz: Elle était perspicace.

La réélection de Jacques Chirac viendra d'elle. On se souvient de la main posée de Jacques Chirac en une de Paris Match. Les intérêts de la Corrèze valaient bien quelques concessions à François Hollande.

La relation est très cordiale, à sa façon. - Elle dit souvent du bien de vous, comment ça se fait? Vous avez de l'estime pour monsieur Hollande? - J'ai déjà plusieurs fois répondu à cette question. - Il ne faut par répondre à toutes les questions, vous avez raison. - C'est toujours la même question. - Vous avez raison. -M.Bouhafsi: Mais pas au point de soutenir François Hollande en 2012. -Y.Goosz: Non, elle joue le trait d'union.

Elle se met dès 2007 à 100% au service du candidat UMP. Applaudissements. -Y.Goosz: Tout est dans le non-dit.

En 2014, elle est là pour la présidence LR. Que dire de ce portrait incomplet? Derrière la Première dame au sac à main battait le coeur d'une femme politique à part entière, engagée pour son territoire, indépendante, une forme de féminisme qui s'ignorait. -M.Bouhafsi: Depuis l'annonce de la mort de Bernadette Chirac, on voit l'émotion des Français.

Pourquoi ça provoque autant de réactions chez les français? -A.Duhamel: Je crois que ça a été la plus marquante des premières dames de la Ve République.

La plus visible, la plus autonome, celle aussi qui avait le parler vrai, c'était quelqu'un qui était vraiment capable, toute femme du président qu'elle soit, de répondre carrément quand on essayait un peu de la titiller. C'était quelqu'un qui, dans son genre, était très naturelle avec les gens. C'était une femme vraiment intelligente.

J'ai souvent parlé politique avec elle, notamment juste avant les émissions avec son mari. Son petit jeu, c'était de dire: "Si vous me demandiez ça, je vous répondrai que..." -M.Bouhafsi: Elle rencontre en 1951 sur les bancs de Sciences Po Jacques Chirac.

Elle s'était confiée sur ses premières impressions face au futur président de la République. Ils étaient tous les deux étudiants à Sciences Po. - Je vois ce grand escogriffe qui s'approche de moi.

Je n'avais pas l'intention de lui parler. Il était beau gars, mais il y en avait d'autres. - Il y en a d'autres qui vous faisaient la cour? - Non, parce que je n'étais pas très aimable.

On ne s'approchait pas tellement. J'étais très méfiante. Je voyais bien qu'il avait un succès formidable.

Les filles se pendaient à son cou. -M.Bouhafsi: Voilà comment Jacques Chirac parlait de sa femme. - Elle avait une sorte de qualité que je connais et que je reconnais, mais elle prend le temps nécessaire pour faire les choses.

Sa notion du temps nécessaire est un peu différente de la mienne. Je suis plutôt quelqu'un de rapide, elle est plutôt quelqu'un de réfléchie. -M.Bouhafsi: Tout de suite, sur les bancs de l'école, elle lui écrit des fiches. -A.Duhamel: Elle lui faisait des fiches de lecture.

Ca ne l'a pas empêchée d'être reçue. Elle était assez fascinée par le personnage. Tous ceux qui ont été à Sciences Po en même temps que Chirac reconnaissaient que c'était une des figures.

Il déplaçait un air incroyable autour de lui. On ne pouvait pas ne pas le remarquer, en particulier les jeunes filles, d'autant plus qu'il faut reconnaître ce qui est, il était beau garçon, il était aimable, il avait visiblement de l'avenir. Par rapport au milieu de Sciences Po, il était d'un naturel et d'un direct original. -M.Bouhafsi: Ce sont deux mondes qui se rencontrent.

La famille de Bernadette Chirac refuse que le mariage ait lieu dans la chapelle Sainte Clotilde. -A.Duhamel: Ce n'est pas du tout la même chose.

Ce sont à l'origine des laïques provinciaux. La famille de Bernadette Chirac, c'est la haute bourgeoisie parisienne. Ils n'ont pas été très contents quand il a décidé d'aller en Algérie, dans la famille de Jacques Chirac.

Il adorait l'armée, il aimait le combat. Mais ensuite, ils ont été quand même assez flattés. Ils n'ont même pas hésité à lui demander des services. -M.Bouhafsi: Le mariage a lieu le 16 mars 1956.

Elle dira en 2015 que c'était aussi un mariage d'ambition. Vous avez échangé souvent avec les deux. C'était vraiment le cas? -A.Duhamel: Elle était d'abord fascinée par le personnage.

C'était visible. Elle était aussi agacée, en tout cas quand il était devenu un homme politique de premier plan, et bien avant. Elle était agacée parce qu'il y avait des femmes qui tournaient autour de Jacques Chirac et que Jacques Chirac lui-même n'y était pas insensible.

C'est énervant pour une épouse. Et Jacques Chirac pouvait être énervant. Jusqu'à une certaine période, jusqu'au début de la période Mitterrand, disons qu'elle était plus mûre que lui.

Elle l'a empêché de faire des bêtises. On se souvient d'une guerre avec une journaliste. Elle s'en est pris à des favoris de Jacques Chirac.

La première fois, c'était une femme qui avait une influence détestable. Elle était brillante, mais dangereuse. La deuxième fois, c'était de Villepin.

Il prenait une importance auprès de Jacques Chirac quand il était secrétaire de l'Elysée. Un secrétaire d'Etat tempétueux devant le président. -M.Bouhafsi: Il n'écoutait pas? -A.Duhamel: Il a fini par céder à sa femme la première fois.

Il a trop écouté cette autre femme. Il a aussi trop écouté Dominique de Villepin. Bernadette Chirac, dans ce cas-là, elle disait ce qu'elle pensait devoir dire, elle ne mâchait pas ses mots. -M.Bouhafsi: On parlait de cette femme.

Elle a empêché Jacques Chirac de quitter sa femme. Elle lui dit qu'il ne doit pas quitter sa femme. -A.Duhamel: Elle a eu raison politiquement.

Sentimentalement, chacun pense ce qu'il veut. Je l'ai vu avec celle dont il était amoureux. Il avait une façon j'allais dire enfantine d'être amoureux.

Il était déjà ce qu'il était. Devant des journalistes, quand il faisait des meetings en province, non seulement il la dévorait des yeux, mais il faisait passer des petits papiers. C'était un peu comme un gamin.

Elle n'a pas toujours eu le statut dont elle rêvait. En revanche, elle a toujours eu une bonne influence sur lui. -E.Eméyé: Il en était conscient? -A.Duhamel: Oui, il la considérait. -M.Bouhafsi: En 1997, elle savait que la dissolution n'était pas une bonne idée. - Comme j'ai mon franc-parler, et ce n'est pas demain que ça va s'arrêter, je lui ai dit ce que j'en pensais, qu'il faisait une énorme bêtise s'il décidait cette dissolution.

Je lui ai dit que j'étais absolument contre. Mais vous savez, ce n'est pas moi qui étais présidente de la République. -M.Bouhafsi: Elle en voudra terriblement à Dominique de Villepin.

Elle l'appellera Néron le despote. -A.Duhamel: Elle était agacée parce que de Villepin entrait aussi dans des colères terribles.

Il engueulait Chirac. Elle était furieuse. Elle disait: "Mais enfin, on ne le traite pas comme ça!" Elle lui reprochait de ne pas le remettre en place. -M.Bouhafsi: Elle a aussi alerté en premier son mari de la montée du FN en 2002.

Jacques Chirac a dit qu'elle avait tout vu. -A.Duhamel: Incontestablement, c'est une femme qui avait un esprit politique et un nez politique.

En plus, contrairement aux politiques professionnels, elle ne cherchait jamais à se bercer d'illusions. Elle disait les choses tel quel ce qu'elle voyait. Ce n'était pas toujours agréable pour Jacques Chirac.

Après sa défaite à la présidentielle, quand elle lui a dit que les Français ne l'aimaient pas, elle essayait d'expliquer qu'elle voulait lui dire qu'il fallait apprendre à se faire aimer de manière différente. -A.Bégot: Ca lui venait d'où, ce sens politique?

C'est son ancrage en Corrèze? -A.Duhamel: Au départ, c'était une famille assez proche du pouvoir.

Ensuite, il y a eu son expérience avec Jacques Chirac. Le suivre, c'était un sport de combat. Elle-même aimait le contact avec les gens.

Elle était très directe. Elle était très simple avec les gens. Il y avait deux Bernadette Chirac.

Il y en avait une mondaine, très heureuse parce qu'elle allait à des réceptions, où la fleur de l'aristocratie française allait se retrouver, et puis, il y avait Bernadette Chirac avec ses électeurs, avec les Français qu'elle rencontrait, qui était parfaitement de plain-pied, directe, gentille. Il y avait aussi une Bernadette Chirac autoritaire. A l'Elysée, elle n'était pas simplement la femme du président.

C'était elle qui était chez elle et qui dirigeait. Il y avait intérêt à suivre ses instructions. -Y.Goosz: Elle a eu beaucoup de mal à quitter l'Elysée. -A.Duhamel: Elle était faite pour le pouvoir. - Mon mari me dit: "Je vous interdis de prendre l'ascenseur.

Vous allez vous croiser avec le président Sarkozy." Est-ce que vous vous rendez compte du ridicule de la situation? C'était une horreur. -M.Bouhafsi: En 95, elle disait: "Nicolas Sarkozy, je le tuerais de mes propres mains." Elle a appris à l'apprécier.

C'est elle qui organise des rendez-vous cachés entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. -A.Duhamel: Il y a eu au départ des affaires de famille entre Nicolas Sarkozy et les Chirac qui ont compliqué les choses.

Ca a été moins tendu avec Bernadette qu'avec Jacques Chirac. Ensuite, c'est elle qui a décidé de les raccommoder et d'aider Nicolas Sarkozy, incontestablement. Elle a réussi à les aider malgré Jacques Chirac et, d'une certaine manière, contre lui. -M.Bouhafsi: Elle se dit que Nicolas Sarkozy est celui qui peut écarter les juges, qui peut négocier un remboursement des emplois fictifs.

Elle sait déjà qu'il y aura un procès perdu par Jacques Chirac. -A.Duhamel: C'était quelqu'un qui regardait les choses en face, y compris quand elles étaient désagréables, qui ne pensait pas du tout que tout allait s'arranger par miracle.

Jacques Chirac, ça arrivait qu'il se dise que tout allait s'arranger, mais elle, pas du tout. Elle savait qu'il allait devoir se préparer à des batailles. Je pense qu'elle avait un bon jugement.

Elle pouvait avoir de l'humour quand elle était de bonne humeur. Elle n'était pas commode non plus, mais elle pouvait avoir de l'humour. Elle était franchement intelligente.

Une des choses que j'adorais quand on faisait des interviews de Jacques Chirac...

Je me rappelle d'une interview dans le parc de l'Elysée, j'adorais ses commentaires après. Elle faisait un débrief avec nous. Il y avait une foule de courtisans autour de Chirac disant qu'il avait été merveilleux et que ça avait été extraordinaire.

Un jour, elle m'a dit: "Il s'est planté." Elle me disait que ce n'était pas du tout ce qu'il aurait dû dire. -M.Bouhafsi: Dans un instant, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, qui a été très proche de Bernadette Chirac, sera avec nous au téléphone. - On a appris la nouvelle. - C'était quand même une grande dame. - J'ai écrit que j'allais prier pour sa famille. - Une grande Corrézienne.

Une belle personne attachante. -P.Larrouturou: En hommage à Bernadette Chirac, le président et son épouse invitent toutes celles et ceux qui le souhaitent à se rendre à la maison de l'Elysée située en face du palais pour un registre de condoléances.

Nous voilà cet après-midi en face du palais, où des drapeaux français et européens ainsi qu'un livre tout noir accueillent une poignée de Français. Jean-Pierre arrive très ému. Il sert dans ses mains un petit mot. - "Toutes mes sincères condoléances de la part d'un ancien conseiller.

Aujourd'hui, c'est la France entière qu'il est en deuil." C'est une dame qui a beaucoup souffert. Ce n'était pas simple avec son mari. -P.Larrouturou: Il parle d'un couple fusionnel.

Vous en parliez, Alain. Elle l'a épousé en 1956, et il lui doit beaucoup. - Je retiens l'image d'une femme très discrète qui a su, petit à petit, s'imposer dans un monde d'hommes.

Il aurait été un moins bon président sans elle. Il y avait une complémentarité, même si la vie familiale, avec ses incartades et ses soucis avec leur fille, et sans elle, il aurait été moins bon. -P.Larrouturou: Michel se souvient - Je suis corrézienne.

C'était une belle personne. Je suis très triste. Elle a fait beaucoup pour la Corrèze.

J'étais jeune, j'avais trois ou quatre ans. Je me souviens du champ de foire avec Jacques Chirac. Ce sont des souvenirs d'enfance.

Elle, elle était conseillère général. -P.Larrouturou: Elle était unique.

Guillaume et Marie-Claire se souviennent de son engagement à la tête de la fondation des hôpitaux de Paris. - C'était une femme engagée avec les Pièces jaunes. - Elle a fait beaucoup de choses. - Les Pièces jaunes, la maison de la fille, Solenne. -P.Larrouturou: Le prochain intervenant avait dit ça. - Elle était toujours à côté de lui, elle était toujours là.

Elle a vraiment beaucoup aidé son mari. Il ne restait pas cinq minutes sans chercher sa femme. C'est la seule qui a dit à son mari que Le Pen serait au deuxième tour.

Personne n'y croyait. Elle avait tout compris. Elle continuait à dire que c'était elle, à juste titre. -P.Larrouturou: J'ai pris rendez-vous avec le chef des cuisines de l'Elysée.

Il se souvient d'une patronne intimidante. - J'ai passé 28 ans à l'Elysée, dont 10 ans avec le couple Chirac. Je retiens une femme engagée pour la France qui était pour nous une grande patronne.

Quand je pense à elle, je la vois arriver avec ses lunettes qui se tentaient, avec un regard assez sombre, avec cette voix posée. Elle me demandait si tout allait bien dans la maison. Il fallait rapidement répondre.

J'ai eu cette chance, elle était exigeante, mais elle était aussi reconnaissante quand vous faisiez votre travail. -M.Bouhafsi: Nous sommes en direct, et c'est un événement, Hillary Clinton, très proche de Bernadette Chirac, est en direct avec nous depuis les Etats-Unis. -M.Bouhafsi: Comment vous vivez cette triste nouvelle aujourd'hui concernant la mort de madame Chirac? *-H.Clinton: J'étais très triste d'apprendre qu'elle était décédée.

Je la connaissais quand elle était première dame. Comme vous le savez, c'était la première dame en France et nos maris ont travaillé étroitement ensemble. Il y avait beaucoup de choses que j'admirais chez elle.

Elle s'intéressait à la politique, et comme moi, elle a servi son pays. Elle a servi la politique en Corrèze. Elle était très engagée aussi à aider les enfants dans les hôpitaux, quelque chose qui était important pour moi aussi.

J'ai beaucoup apprécié le temps personnel que j'ai passé avec elle. Elle était très drôle. Elle avait un vrai sens de l'humour.

Elle était très lucide sur la vie politique en tant qu'épouse de président. J'avais beaucoup apprécié cela. Je pense qu'elle a servi son pays, votre pays, très bien en tant qu'élue, en tant qu'épouse du président Chirac pendant son mandat et il y a aussi ses activités philanthropes. -M.Bouhafsi: Hillary Clinton est l'invitée exceptionnel de "C à vous" pour réagir après l'annonce du décès de Bernadette Chirac.

Est-ce que vous avez quelque chose de drôle à partager avec nous? *-H.Clinton: Tout d'abord, on s'est beaucoup amusées.

Elle m'a fait travailler quand on s'est vues. Elle m'a fait faire le tour de la ville. On a parlé avec les constituants.

J'ai rencontré beaucoup de gens avec qui elle travaillait, qui l'avaient élue. Elle m'a inspirée. Je ne faisais pas de politique en 1998, mais l'année d'après, j'ai décidé de me présenter en tant que sénatrice pour l'Etat de New York, et une des personnes qui me venaient en tête, c'était Bernadette.

Plus tard, quand je me suis présentée aux présidentielles, on s'est parlé, elle m'a appelée pour me dire qu'elle me soutenait. J'ai vraiment vécu un vrai lien avec elle. -M.Bouhafsi: Je pense qu'il doit il avoir un lien particulier entre deux premières dames, n'est-ce pas? *-H.Clinton: Entre elle et moi, oui, il y avait un lien très personnel, parce qu'on se trouve dans une situation où on a des choses en commun, on peut les partager.

Mais mon sentiment allait au-delà. Je l'ai admirée et j'ai beaucoup apprécié son dévouement en politique. Elle a adoré la politique et son pays.

C'était important pour moi aussi. C'était un vrai modèle. -M.Bouhafsi: Une dernière question.

Quel est votre dernier souvenir avec Bernadette Chirac? *-H.Clinton: L'impression que j'ai, qui dure, c'est une femme qui a joué le rôle de sa vie selon ses propres termes.

Elle était partenaire et amie pour son mari, mais elle était aussi une personne indépendante qui a servi son pays de sa propre manière, qui a poursuivi ses propres intérêts. Elle était en avance sur son temps. Je me souviens d'une amie, une femme que j'ai admirée, que j'ai respectée pour qui elle était. -M.Bouhafsi: Pardonnez mon anglais.

Pourriez-vous nous parler de Jacques Chirac? Je pourrais vous interviewer la prochaine fois en français. Merci beaucoup. *-H.Clinton: Merci beaucoup.

Merci de m'avoir téléphoné. J'apprécie beaucoup. -M.Bouhafsi: Merci beaucoup.

C'était l'événement dans "C à vous". Hillary Clinton a réagi au décès de Bernadette Chirac. Merci à vous, Paul Larrouturou.

Roselyne Bachelot tenait à souligner son humour. - Tout le gratin de la chasse française était là. Bernadette Chirac commençait toutes ses phrases par: "Mon mari, qui déteste la chasse..." La première fois, tout le monde a fait mine de ne pas entendre.

Ensuite, un silence de plomb est tombé dans la salle à manger. C'est le souvenir que je garde de Bernadette Chirac. C'était cette sorte d'humour aristocratique et cinglant qui était sa signature. -M.Bouhafsi: Bonsoir, Anne Barrère.

Vous avez réalisé un formidable documentaire sur Bernadette Chirac. Bonsoir, vous êtes l'évêque de Nanterre. Vous étiez très proche du couple Chirac. - Cela faisait une bande très joyeuse.

Elle était proche des chanteurs et chanteuses. C'était merveilleux. C'était une chose inouïe.

C'était la première fois que l'on voyait ça. Il y a des gens qui venaient de loin, en car. Il y a des gens qui venaient voir le TGV Pièces jaunes. -M.Bouhafsi: Vous avez rencontré Bernadette Chirac en 1994.

Vous dites souvent que c'était la rencontre de votre vie. -A.Barrère: Exactement.

Ce n'était pas ma mère, mais elle a joué un rôle important. Rien ne prédestinait cette rencontre. Je l'ai rencontrée en 1994.

Je suis déjà dans l'association. J'ai eu moi-même une histoire compliquée avec un enfant malade. Il savait que madame Chirac, a priori, serait bien pour représenter l'association.

On pensait que Chirac n'avait que peu de chances d'être élu. 1995 arrive. Jacques Chirac est au pouvoir.

C'était sa troisième tentative. C'était des années difficiles. A partir de là, elle avait un projet précis.

Quand elle a accepté de prendre la présidence de cette association qu'elle a transformée en fondation, elle voulait créer des structures pour sa fille Laurence, qui était atteinte d'anorexie et de dépression. Ils avaient été au Canada, ils n'avaient rien trouvé. Elle voulait créer une structure qui soit ouverte sur la vie, transparente, avec des ateliers.

Elle voulait que la vie rentre dans ces maisons pour ados. Elle a fait...

Souvent, les Pièces jaunes, les gens sourient. Mais la maison de Solène, c'est 26 millions d'euros. Les Pièces jaunes, c'est 120 millions d'euros collectés depuis 30 ans.

Madame Chirac, dans les hôpitaux, chez les médecins, elle est très respectée. Le nombre de parents, depuis des années, qui me disent: "C'était ça, l'opération Pièces jaunes?" Elle avait un sens politique exceptionnel.

L'histoire du Front National, les six mois qui ont précédé, elle disait haut et fort que ça pouvait arriver. -M.Bouhafsi: Vous garderez quel souvenir de cette femme, Matthieu Rougé? -M.Rougé: C'est une femme qui s'était fait un peu une carapace.

Etre la femme de Jacques Chirac ne devait pas être toujours simple. Mais parfois, elle fendait l'armure. J'ai le souvenir de l'avoir accompagnée, notamment à travers le décès de personnes qui étaient proches, et sa voix changeait.

Je pense ce soir beaucoup à Claude Chirac. Je rends hommage à la manière dont Claude a accompagné ses parents. Beaucoup de nos contemporains savent ce que c'est que d'accompagner des parents diminués. -M.Bouhafsi: On présente évidemment nos condoléances à Claude Chirac.

Merci à vous, Mgr Matthieu Rougé. Merci, Anne Barrère. Votre documentaire sur Bernadette Chirac sera rediffusé lundi soir sur France 5. -A.Barrère: Vous êtes gentil.

Vous allez découvrir ou redécouvrir la femme que j'ai rencontrée et vous vous en souviendrez. -M.Bouhafsi: Tout de suite, le 5 sur 5 d'Amandine Bégot. -A.Bégot: Ils seront nombreux à participer demain à la marche blanche. - C'est inacceptable.

Laisser cette pourriture faire des choses...

Depuis 2017! Ce n'est pas possible. Je suis maman de quatre filles.

C'est terrifiant. -A.Bégot: Une marche blanche à laquelle vont assister les parents de la collégienne dont le corps a été retrouvé sans vie dans un silo.

Ils l'ont confirmé dans le communiqué. Ils invitent les maires, mais aucune autre présence politique n'est souhaitée. Gérald Darmanin a alors présenté hier des excuses au nom de la justice. - L'institution judiciaire que je représente a pour but de protéger les Français et notamment les plus vulnérables.

L'institution judiciaire n'a pas su protéger cette petite fille. Je vais en tirer toutes les conséquences. Au nom de la justice, je présente mes excuses à cette famille et aux Français qui sont légitimement choqués de voir de telles défaillances. -A.Bégot: Bonsoir, merci d'être avec nous.

Vous êtes président d'une association qui lutte depuis des années contre les violences faites aux enfants. Vous connaissez hélas parfaitement tous les rouages de la justice. Comment avez-vous réagi hier en entendant le ministre de la Justice? - C'est bien beau de réagir.

Il présente des excuses, c'est la moindre des choses. Ca fait combien de temps en France qu'il y a des enfants qui perdent leur vie, tout simplement? La France a été condamnée en 2020 après le meurtre d'une petite fille.

Combien d'enfants passent à la trappe? J'entends que le garde des Sceaux soit désolé. Mais il vient individualiser les choses.

C'est pourtant un fonctionnement systémique. Pour résoudre un dysfonctionnement systémique, il faut du temps. On parle de personnes ici qui sont signalées.

On dit que la justice ne va pas assez vite. Cela veut dire qu'on est capables d'identifier des personnes qui représentent un risque potentiel pour les enfants. Pourquoi le ministre de la Justice ne demande-t-il pas de ficher les personnes suspectes? -A.Bégot: Mais cela existe déjà. -A.Gallais: Je vais prendre un exemple.

On nous parle de la présomption d'innocence. Les fichés S, ce sont des personnes qui ne sont pas forcément condamnées, mais qui représentent tout de même un danger pour la République et qui doivent donc être surveillées. En France, il y a 160.000 enfants victimes de violences sexuelles.

Il n'y a pas 160.000 personnes victimes de terrorisme. -A.Bégot: Donc dès le premier signalement, il faut surveiller? -A.Gallais: On ne fait jamais un signalement par hasard.

Il y a aussi la question des classements sans suite. La réponse qui est faite sur une enquête administrative individuelle n'est pas à la hauteur. Regardez le périscolaire.

Comme la justice n'a pas suffisamment de moyens, ce n'est pas priorisé et des enfants qui dénoncent des faits sont entendus plusieurs mois plus tard. Un enfant, ça grandit. Il ne se rappelle plus, il n'a plus les éléments spatio-temporels...

Donc la version change. La justice classe sans suite. Ce n'est pas assez caractérisé.

La vraie question qui est posée, c'est qu'il y en a combien dans ce pays de Jérôme Barella? A un moment donné, ça suffit. Ca ne va pas assez loin.

Il faut que ça bouge. -M.Bouhafsi: Laurent Valdiguié était sur ce plateau hier.

Il disait que c'était un scandale d'Etat. -A.Duhamel: C'est en fait très rare.

C'est impressionnant. Ce qui est impressionnant, ce n'est pas la prise de parole du ministre mais le fait lui-même. Que ce soit dans la tête des gens, c'est la chose qui compte.

Est-ce que ça va être récupéré dans la campagne présidentielle, ça ne me paraît pas évident. Que ce soit un sujet discuté, je l'espère. C'est possible.

Que ce soit un sujet incarné par un candidat ou une candidate, je n'y crois pas du tout. -M.Bouhafsi: On l'espère tous.

Même si les enfants ne votent pas, les politiques n'en parlent pas assez. -A.Bégot: Une manifestation est appelée devant le ministère de la Justice et les tribunaux partout en France. -A.Gallais: Lundi.

Il y a une union de féministes et d'associations qui luttent contre les violences faites aux enfants et pour que la loi soit appliquée. -M.Bouhafsi: On change de sujet.

A Roland-Garros, Mirra Andreeva a-t-elle accompli son rêve? -A.Bégot: Elle a gagné en 2 sets.

Elle remporte son premier tournoi du Grand Chelem. - C'est très difficile de jouer contre toi. Je ne voudrais pas avoir à te rejouer.

Tout le meilleur pour le reste de la saison. J'espère qu'on se rejouera dans d'autres finales. -A.Bégot: Et elle ne compte pas s'arrêter là.

Dès 2023, elle expliquait vouloir remporter 25 sacres majeurs. Demain, ce sera la finale homme. Alexander Zverev va tenter de décrocher son premier titre du Grand Chelem. -M.Bouhafsi: La Coupe du Monde de foot débute dans 5 jours. -A.Bégot: Et l'autorité nationale des jeux signe l'alerte. 41% des Français qui vont suivre ce mondial se disent prêts à miser de l'argent.

Cela pourrait représenter 1,2 milliard d'euros. - Ce qui nous inquiète, c'est qu'il y ait une surstimulation des joueurs et le risque que certains deviennent des joueurs excessifs. Les paris sportifs, c'est un marché qui croît depuis plusieurs années.

Il y a plus de matchs que prévu, il y a tous les ingrédients pour qu'il y ait des joueurs abusifs. -A.Bégot: En attendant le début de la compétition, les équipes se préparent partout dans le monde.

L'avion de la sélection brésilienne a été aspergée d'eau bénite. A l'autre bout de la planète, un défenseur de la Nouvelle-Zélande, Tim Payne, est devenu une star en quelques heures. Il peut dire merci à cet influenceur argentin qui l'a désigné comme le joueur le moins connu du Mondial. -A.Bégot: Et ça a fonctionné.

Le joueur a vu son compte Instagram atteindre 4,2 millions d'abonnés. -M.Bouhafsi: L'image de la semaine? -A.Bégot: Il y a réalisé le tout premier base jump, saut en ski. -M.Bouhafsi: Merci à tous.

Dans un instant, nos invités. On reste ensemble jusqu'à 21h.