L’exploit olympique de Guillaume Cizeron & Laurence Fournier Beaudry
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
avec 2 partenaires différentes. En 2022 à Pékin avec G.Papadakis, qui a mis un terme à sa carrière depuis.
En 2026 avec sa meilleure amie, L.Fournier Beaudry. Ils sont tous les 2 nos invités.
Bonsoir. Bienvenue. Bravo.
Il n'y a pas la ferveur de Milan. Bravo. - M.-C.Barrault: Je n'aurais jamais imaginé être à vos côtés. - A.-E.Lemoine: Vous pouvez toucher les médailles. - G.Cizeron: C'est lourd.
Je l'ai bien attachée. - A.-E.Lemoine: Vous nous avez fait vibrer.
Nous et les 6 millions de Français qui ont suivi en direct votre prestation, votre sacre olympique. 6 millions de Français et une Américaine. C'était Madonna.
Madonna s'est félicité sur l'un de ses titres "Vogue". La fée de la pop se penche sur vos patins. Ca porte chance. - G.Cizeron: Je crois.
Après ça, on se dit qu'on peut mourir. On a atteint notre objectif. - A.-E.Lemoine: Le programme court était sublime.
Il y a eu le programme libre, dans lequel vous nous avez époustouflés. Ce que vous avez réalisé est d'autant plus beau que ça paraissait impossible. Vous avez fait mentir des générations de spécialistes de danse sur glace.
Ils ont dû ravaler leurs commentaires. Les Américains et les Canadiens, vos principaux concurrents, avaient au moins 15 ans d'ancienneté ensemble. Quand Guillaume vous a proposé ce défi, reprendre la compétition avec vous, vous l'avez pris pour un fou? - L.Fournier Beaudry: Un peu.
C'était une idée très folle. J'ai été extrêmement surprise de voir qu'il voulait reprendre la compétition après 3 ans d'absence. Je suis vraiment très contente qu'il ait eu cette idée. - A.-E.Lemoine: Il y croyait.
Il a eu raison? - L.Fournier Beaudry: Oui.
Il me dit souvent "je te l'avais dit". - A.-E.Lemoine: Avant de faire cette proposition à Laurence, vous pensiez que votre carrière était derrière vous? - G.Cizeron: Pendant un moment, oui.
J'étais prêt à laisser les patins dans le garage. - A.-E.Lemoine: Vous aviez faim de compétition? - G.Cizeron: Je pense que oui.
Je n'étais pas prêt à arrêter de patiner. Le sentiment de m'entraîner à haut niveau me manquait. C'est pas pareil, de faire des spectacles.
Il y a un sentiment particulier de se sentir à son meilleur. - A.-E.Lemoine: Ca aurait été du gâchis?
Vous pensez que Guillaume est le meilleur patineur au monde? - L.Fournier Beaudry: Pour les gens qui ne connaissent pas le patinage, je pense qu'on peut même le voir, que c'est le meilleur patineur.
Tout le monde l'admire. Il a des qualités qui excèdent tout ce qu'on pourrait imaginer. - A.-E.Lemoine: Arrêtez de lever les yeux au ciel.
Accueillez les compliments. Perfectionniste, capable de répéter 100 fois le même geste. Il faut parfois lui dire "arrête, Guillaume". - G.Cizeron: J'ai trouvé mon égal. - A.-E.Lemoine: Vous êtes aussi perfectionnistes l'un que l'autre? - G.Cizeron: J'ai trouvé pire que moi. - L.Fournier Beaudry: C'est comme ça qu'on s'est découverts.
C'est un 2e moi-même. - G.Cizeron: Quand on a commencé à travailler ensemble, on s'est dit "mon Dieu, c'est mon miroir". - A.-E.Lemoine: Vous avez tout vécu séparément.
Tout d'un coup, vous avez tout vécu à nouveau. Une 1re fois, toutes les 1res compétitions ensemble, comme si vous étiez des débutants. Ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir une 2e chance.
Votre vraie 1re fois à vous, Laurence, c'est d'être montée sur la première marche du podium olympique et d'avoir chanté "La Marseillaise" par coeur. Vous connaissez absolument toutes les paroles. La nationalité française, vous l'avez eue 3 mois avant ce sacre.
Vous connaissiez les paroles depuis un certain temps? - L.Fournier Beaudry: Je les ai apprises par coeur avant d'obtenir la nationalité.
J'avais hâte de la chanter sur le podium. J'avais le pressentiment que ça allait se passer. A l'entraînement, on a chanté plusieurs "Marseillaise". - G.Cizeron: On l'a visualisé. - A.-E.Lemoine: Vous l'aviez bien en tête. - L.Sénéchal: Vous êtes d'origine canadienne.
Une partie de votre famille vit en France. Votre grand-père est installé dans la Loire. ... - L.Sénéchal: Il paraît que quand il est dans les gradins, on ne voit que lui. - L.Fournier Beaudry: Parce qu'il a un manteau vert fluo.
Quand on le cherche, on sait qu'il est là. - A.-E.Lemoine: Il n'est pas venu à Milan. - L.Fournier Beaudry: Il nous a suivis toute la saison.
Il est tellement, fier, tellement content. C'est notre plus grand fan. - L.Sénéchal: Il veut aussi devenir français. - L.Fournier Beaudry: Il avait commencé son dossier légèrement avant moi.
Je crois que je l'ai inspiré. Je crois qu'il est un peu jaloux. - A.-E.Lemoine: Vous avez une nouvelle très grande famille, Guillaume. - G.Cizeron: Une famille adoptive québécoise. - A.-E.Lemoine: Vous étiez amis depuis que vous aviez 13 ans.
Jamais, avant ça, vous n'aviez pensé à danser ensemble? Chacun a vécu sa vie et a fait son chemin jusque-là? - L.Fournier Beaudry: Quel temps on a perdu! - A.-E.Lemoine: Vous vous rendez compte tous les titres! - G.Cizeron: Je pense qu'on est devenus très bons amis quand j'ai déménagé à Montréal en 2014.
On a vécu nos carrières parallèlement. On était toujours un peu fourrés ensemble en compétition. On mangeait ensemble, on débriefait ensemble.
De nos vies parallèles...
Ca nous est jamais venu à l'idée. C'était même pas envisageable à ce moment-là. On était très bien dans nos partenariats respectifs. - A.-E.Lemoine: Jusqu'à ce jour de décembre ou novembre 2024.
Tout a changé. - E.Tran Nguyen: Quand on lit la presse, il y a beaucoup de mentions sur votre physique, le physique athlétique lors de ces Jeux.
Ce corps, vous avez mis des années à l'accepter. Ca vous a valu des phases de boulimie, d'anorexie. J'en parle parce que vous en avez parlé.
C'est d'ailleurs ce qui vous a aidée? - L.Fournier Beaudry: Quand j'ai grandi, j'avais pas vraiment d'exemple à voir en tant qu'athlète.
Me sortir de tous ces épisodes, d'être dans une phase où je suis très heureuse dans mon corps et dans ma tête, j'espère qu'avec les résultats qu'on a, on va être capables de réussir. C'est important d'être en santé pour être capable d'accomplir le sport qu'on fait et d'avoir une belle vie par la suite. - A.-E.Lemoine: Il y a une pression sur les femmes.
Elles sont ou trop minces ou pas assez minces ou pas assez musclées ou trop musclées. C'est quand même aberrant encore aujourd'hui. Cette pression existe. - G.Cizeron: Elle existe.
Un sport jugé, un sport artistique, je pense qu'on commence à évoluer tranquillement vers un sport plus sain. Je pense qu'il y avait une culture très prenante avec des choses malsaines, intégrées. Je pense que tranquillement, grâce à des gens comme Laurence qui ont réussi à être bien, sans nécessairement se conformer à ce qu'on attendrait de nous, d'elle...
Je pense que ça fait changer tranquillement les mentalités. - L.Fournier Beaudry: Je crois qu'on est tous sensibilisés, dans la société.
Les fédérations vont plus entourer les entraîneurs et les équiper d'outils et de spécialistes qui vont faire une bonne équipe autour des athlètes. Ca aide à faire avancer les choses. Ca aide à faire en sorte que tout le monde soit bien, qu'ils vivent une belle carrière et une belle après-carrière. - A.-E.Lemoine: Ce titre de champions olympiques, vous le savourez.
Les derniers mois ont été secoués et émotionnellement compliqués l'un et pour l'autre. Votre ex-partenaire, Laurence, est accusée et sous le coup d'une enquête pour agression sexuelle. G.Papadakis, elle, a publié un livre 3 semaines avant les Jeux.
Elle évoquait le sentiment d'emprise qu'elle ressentait. Ces critiques sévères et ces moments compliqués, vous les avez vécus comment? Vous y répondez comment? - L.Fournier Beaudry: On est des êtres humains.
Ce n'est jamais facile de faire face à des critiques. On est très bien entourés. On avait décidé de se faire une belle bulle pour les Jeux.
On l'a fait pour le plaisir, pour se rappeler l'amour qu'on a pour notre sport ainsi que les valeurs qu'on veut véhiculer dans la vie. On a réussi à bien vivre notre expérience olympique. - A.-E.Lemoine: Les ponts sont rompus avec Gabriella? - G.Cizeron: Oui...
Comme Laurence l'a dit, ce ne sont pas des moments qui sont faciles. Je pense qu'on savait pourquoi on reprenait. On voulait avant tout prendre du plaisir sur la glace.
On nous avait prévenus. Je savais qu'il y avait avoir des obstacles. Dans la balance, le plaisir qu'on a pris tous les jours durant l'entraînement a pesé plus lourd que le reste.
Je pense que c'est ça qu'on retient. Il y a cette médaille, mais le but, cette année, c'était de se faire plaisir. C'était très thérapeutique, je dirais, notre approche.
On a redécouvert la glace ensemble, notre amour du sport ensemble. Ca nous a fait beaucoup de bien de pouvoir vivre cette aventure ensemble. - A.-E.Lemoine: Vous restez avec nous? - M.-C.Barrault: Les médailles ne sont pas en chocolat. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, Emilie. - E.Tran Nguyen: Les athlètes et les Jeux, on peut les suivre sur France Télévisions.
Quand on veut un peu les coulisses, sentir l'ambiance qui règne, il faut aller sur les réseaux sociaux. Certains athlètes, comme de vrais influenceurs, partagent leur quotidien. "Influenceur"...
Guillaume, vous avez 273 000 abonnés sur Instagram. C'est pas mal. Tout ce monde peut vous voir vous entraîner, même dans les coulisses d'une interview de RMC.
Je ne sais pas si vous avez fait la même chose dans les loges de "C à vous". Vous vous entraînez quand même. Pendant les Jeux, il n'y a pas que le sport.
C'est la découverte des autres cultures, des autres langues...
C'est aussi ça, l'avantage. Vous êtes québécoise. Vous avez fait ce petit battle linguistique et très pédagogique pour nous avec un comparatif des vocabulaires français et canadiens, qu'on peut écouter. ... - Vous allez à la guerre avec la voiture? ... - E.Tran Nguyen: Il y a encore du boulot...
Autre solidarité entre nationalités: France-Norvège. Avant de s'affronter sur la piste, les Bleus ont affronté leurs plus gros challengers, les Norvégiens, à Fifa. La Française L.Jeanmonnot va apprendre à sabrer le champagne à une athlète norvégienne.
Ils vont faire la fête ensemble. C'est ça aussi, les Jeux. A Milan, en Italie, la découverte des cultures...
Il y avait une grosse attente sur les pâtes. L'Italie ne pouvait pas rêver mieux qu'une autre patineuse de vitesse qui a goûté toutes les pâtes. ... - E.Tran Nguyen: C'est les pâtes, le secret pour obtenir la médaille d'or.
Elle forme un couple très influent avec l'influenceur J.Paul. Il a été très ému lors de la victoire de sa fiancée.
Rien que pour le geste qu'elle a fait de dézipper sa combinaison, elle aurait empoché 1 million de dollars de la part de la marque. Un parcours qui nous a donné des suées en la suivant sur les réseaux sociaux, c'est le compte de P.Laffont.
Voici ce qu'elle partageait sur les réseaux sociaux il y a un an et demi. On la voyait sur béquilles avec l'interdiction de poser le pied à terre à cause d'une blessure au tibia. On l'a vue s'entraîner à fond.
Elle a remporté le bronze avec quelques semaines d'entraînements au compteur. Ca a été un exploit qu'on a célébré avec de la joie et de l'insouciance. ...
Michel Fournier