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InterviewRFI — L'Atelier politique (sur Site radio)· 4 juillet 2026 39 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Christopher Weissberg : «Aujourd'hui, les États-Unis ne sont plus un allié»

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 13 %Attaque 48 %Défensif 26 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Avez-vous un outil de prédilection ?

  • 2:56OuverteRéponse directe

    Racontez-nous cette histoire familiale franco-américaine.

  • 4:33OuverteRéponse directe

    Ce 4 juillet a-t-il une résonance particulière pour vous ?

  • 6:01OuverteRéponse directe

    Lafayette et Rochambeau sont-ils encore présents dans la mémoire américaine ?

  • 7:23OuverteRéponse directe

    Y a-t-il une continuité entre l'héritage fondateur et la relation actuelle ?

  • 8:54OuverteRéponse directe

    Joe Biden est-il le dernier président pro-européen ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:13Invité politiqueFait
    « si l'Europe politique a été créée, c'est grâce aux Américains. »
  • 9:19Invité politiqueFait
    « C'est parce que les Américains, après la Deuxième Guerre mondiale, ont souhaité, avec le plan Marshall, qu'il y ait une Europe politique. »
  • 9:23Invité politiqueFait
    « C'est de dire qu'il n'y a pas d'obligation d'acheter américains. Il y a une obligation, c'est que les Européens se prennent par eux-mêmes et décident de leur avenir politique. »
  • 11:01Invité politiqueChiffre
    « il a toujours un soutien d'environ 37 à 40% de la population américaine. »
  • 12:26Invité politiqueChiffre
    « qui s'était enrichi de plus de 2 milliards de dollars au cours de la dernière année de son mandat. »
  • 21:48PrésentateurFait
    « les services douaniers américains peuvent désormais consulter les réseaux sociaux à l'entrée du territoire. »
  • 27:20Invité politiqueFait
    « non, ce n'est plus un allié. »
  • 31:22Invité politiqueFait
    « c'était un message très fort pour son électorat, un petit peu en réaction à ce qui s'était passé en Ukraine »
  • 31:35Invité politiqueFait
    « depuis Bush l'Amérique elle est beaucoup moins interventionniste qu'elle ne le fut et que le premier président qui a mis fin à beaucoup de complices c'est Barack Obama »
  • 35:15PrésentateurChiffre
    « un sondage assez récent qui lui donnait un taux d'impopularité de 61% »
  • 35:23Invité politiqueChiffre
    « François Hollande est à 14% »
  • 35:24Invité politiqueChiffre
    « Emmanuel Macron doit être à 23% de popularité »
  • 35:31Invité politiqueChiffre
    « il était à 43% d'impopularité au moment de son élection »
  • 37:37Invité politiqueChiffre
    « ils ont récupéré 6 sièges au Texas »
  • 38:08PrésentateurFait
    « il a répondu si les élections sont honnêtes »

Temps de parole

  • Christopher Weissberg65 %
  • Présentateur34 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

L'atelier politique avec Frédéric Rivière. Bonsoir et bienvenue dans l'atelier politique. Dans cette émission, nous essayons de prendre le temps dont parfois le tumulte de l'actualité nous prie, le temps de la réflexion, de l'analyse, de la mise en perspective, avec l'ambition de comprendre ce qui nous arrive et peut-être aussi ce qui s'annonce. Et ce soir, nous sommes avec Christopher Weisberg, député de la première circonscription des Français de l'étranger, qui comprend les Etats-Unis et le Canada, et président du groupe d'amitié France-Etats-Unis à l'Assemblée Nationale. Bonsoir Christopher Weisberg. Bonsoir Frédéric. Cette émission est enregistrée dans les conditions du direct.

Nous sommes ensemble pour environ 40 minutes. Vous allez donc avoir du temps pour développer vos idées. Je vais vous soumettre à la question rituelle de cette émission, partant de l'idée que dans un atelier, on trouve des outils. Est-ce que vous avez un outil de prédilection ?

1:02
Christopher Weissberg

Alors, j'ai bien réfléchi, et je pense que l'outil le plus important pour moi dans ma circonscription, c'est la boussole, le compass.

1:12
Présentateur

Que vous utilisez, j'imagine, sur votre smartphone. Vous n'avez pas une boussole ancienne.

1:16
Christopher Weissberg

Je dois un peu vous dire que je triche et que je l'utilise sur mon GPS. Mais c'est indispensable, parce que j'ai la circonscription, probablement l'une des circonscriptions les plus grandes au monde. Je crois que j'ai une collègue en Asie qui me dépasse, mais c'est une circonscription immense. Et il faut pouvoir être capable d'aller absolument partout. Il y a des communautés françaises, et c'est ce que je fais avec beaucoup d'intérêt. Et par ailleurs, la boussole, c'est au sens symbolique aussi la boussole morale. Et je crois qu'on est dans une époque où il faut absolument avoir une boussole quand on voit à la fois les pérégrinations de la droite, de la gauche, du centre.

Il faut être capable encore d'avoir ces principes qu'on ne veut pas transgresser. Et donc, je pense que la boussole est l'instrument que j'utilise le plus.

2:01
Présentateur

Alors, ça n'est pas un hasard si vous êtes avec nous en ce samedi 4 juillet, puisque c'est aujourd'hui le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis. Votre grand-père, Jack Weisberg, était un soldat de l'armée de l'air américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il s'installe à Saranac Lake, dans l'État de New York, et il ouvre une boulangerie, puis le Left Bank Café. Votre père, Ken, poursuit cette aventure. Et nous, un jumelage entre Saranac Lake et Entrain-sur-Noen, en Bourgogne.

2:37
Christopher Weissberg

Très bien informé.

2:38
Présentateur

Vous reprenez à votre tour ce café-restaurant avec votre famille en 2010, avant de le transmettre à vos associés en 2024, pour pouvoir vous consacrer pleinement à votre mandat de député. Racontez-nous un peu cette histoire familiale qui traverse quand même trois générations et qui relie très concrètement les États-Unis à la France. Comment elle a façonné votre rapport aux deux pays ?

2:59
Christopher Weissberg

Écoutez, je suis le fruit de ce qu'est la relation transatlantique, très concrètement. J'ai eu l'occasion en 2024, juste avant la dissolution, le 80e anniversaire du débarquement a été un moment assez exceptionnel pour moi, parce que cet hommage qui a été rendu aux combattants de la liberté, avec une délégation parlementaire américaine qui venait en France, c'était vraiment l'expression de ce qu'est mon parcours, c'est-à-dire un Américain qui se mobilise après Pearl Harbor, qui était un homme très à gauche, qui était américain, mais qui était communiste. Vous parlez de votre grand-père ? Je parle de mon grand-père, oui.

Et qui décidait de quitter son Brooklyn natal pour changer sa vie et aller sauver la vie des Européens qu'il voyait et qui, d'une certaine manière, correspondait à son histoire, à lui, puisque sa famille venait d'Europe de l'Est. Mais c'est une décision qui est incroyable. Et très souvent, je me dis, imaginez-vous aujourd'hui prendre cette décision de quitter sa maison, son quotidien, pour aller faire la guerre et faire 85 missions en B-52 au prix de sa vie à chaque fois pour défendre les autres. Moi, c'est quelque chose que je trouve tout à fait admirable.

4:13
Présentateur

Alors, cette histoire familiale, évidemment, vous la vivez de l'intérieur depuis près de 15 ans, en partageant votre temps entre les Adirondacks, ce massif montagneux, pas très haut, mais enfin, je crois que ça culmine vers 1700 mètres, quelque chose comme ça, dans l'État de New York, en partageant ce temps entre cette région et l'Assemblée nationale. Ce 4 juillet, donc jour du 250e anniversaire de l'indépendance américaine, est-ce qu'il a une résonance particulière pour vous, à titre personnel ?

4:42
Christopher Weissberg

Absolument. Et je suis un peu tiraillé entre, à la fois, la joie de se dire que, particulièrement en tant que franco-américain, on partage un héritage commun, qui est un héritage philosophique, et que les Américains font cette révolution avec leurs référents, qui sont les idéaux des Lumières, et les pères fondateurs sont, finalement, des gens qui sont épris de ce qui se passe en Europe à la même époque, les contre-pouvoirs, Montesquieu, la séparation des pouvoirs.

Et en même temps, un peu tiraillé, parce que ce qui se passe aujourd'hui aux Etats-Unis va tellement à l'encontre des principes fondateurs qu'il faut savoir se dire qu'est-ce qui est éphémère et qu'est-ce qui transforme profondément la démocratie américaine. Et c'est ce que j'essaye de me dire en cet anniversaire.

5:32
Présentateur

On va s'intéresser, évidemment, à l'état des Etats-Unis d'aujourd'hui. Mais d'abord, cette histoire personnelle dont on parlait, elle s'inscrit finalement dans une histoire beaucoup plus ancienne, celle de Lafayette et de Rochambeau, sans doute les deux Français les plus connus, on dit parfois même les plus aimés, aux Etats-Unis. L'un devenu général et citoyen d'honneur américain aux côtés de Washington, l'autre à la tête du corps expéditionnaire français décisif lors de la victoire de Yorktown en 1781. 250 ans plus tard, ces figures fondatrices sont-elles encore présentes dans la mémoire des Américains ou est-ce qu'elles appartiennent à une histoire finalement un peu oubliée ?

6:13
Christopher Weissberg

Non, elles sont totalement, elles font partie du récit national. Et donc quand vous allez au Congrès, il y a une sculpture de, vous avez parlé de Rochambeau, de Lafayette, et puis il y a l'architecte aussi de Washington qui est français. Tout ça, ça fait partie du récit fondateur du pays. Et donc c'est très présent. Et ça se transmet vraiment, ça ne se perd pas. Alors comme toujours, vous savez, il y a différents niveaux dans une société.

En tout cas, quand vous allez au Congrès, quand vous parlez aux élus, quand vous êtes, moi je suis président du groupe d'amitié France-États-Unis, je reçois régulièrement des parlementaires américains, d'où qu'ils viennent, ils font partie de cette histoire et ils racontent cette histoire. Et ils ont parfaitement conscience que la France, c'est le plus vieil, le plus vieil, ils appellent ça the oldest lie, l'ami le plus ancien. Et donc ils ont une relation particulière avec les pères fondateurs et ils considèrent que les personnes dont vous avez parlé font intégralement partie de leur histoire.

7:05
Présentateur

Cette solidarité militaire et politique franco-américaine à la naissance des États-Unis a longtemps été une sorte de socle symbolique de la relation entre nos deux pays, jusque dans le nom de villes, de rues ou d'associations binationales. Est-ce que vous voyez dans votre circonscription une continuité entre cet héritage fondateur et la relation franco-américaine telle qu'elle se vit aujourd'hui ?

7:33
Christopher Weissberg

Alors, il y a véritablement une continuité. Moi, j'ai une communauté française très intégrée. J'étais à New York hier, il y a deux jours, pour justement célébrer la statue de la liberté avec des Américains et des Français qui étaient très fidèles à cela. Et en même temps, il faut se rendre compte que l'Amérique, elle a un peu changé, je parlais de boussole, et bien le compas a un peu basculé vers l'Est.

Et là où, en fait, on ressentait une relation très forte, historique, avec la vieille Europe qui, comme vous l'avez dit, dans le nom des villes, dans les communautés, dans, je dirais, les élites, qui étaient véritablement européennes au sens profond du terme, il y a eu un véritable changement, je dirais, autour des 40 et 50 dernières années. Et au fond, se pose la question fondamentale, avec l'élection de Trump, de savoir s'il n'y a pas eu un changement dans les référents. Est-ce que Joe Biden n'était pas le dernier président profondément européen des États-Unis ? Peut-être, j'espère pas. J'espère à nous aussi de renforcer cette relation et de la renouveler.

Nos communautés françaises et les Européens font en sorte de faire progresser les choses, mais il faut se rendre compte quand même qu'il y a un point de bascule et qu'aujourd'hui, l'Amérique regarde plutôt vers l'Est que vers l'Ouest.

8:48
Présentateur

Vous dites Joe Biden, dernier président pro-européen, éventuellement, dites-vous. Mais est-ce qu'il n'y a vraiment jamais eu des présidents américains foncièrement pro-européens ? Est-ce que les Américains n'ont pas toujours vu, un peu dans l'Union Européenne, une forme de menace ?

9:06
Christopher Weissberg

Moi, je ne crois pas. Écoutez, c'est un vieux débat. Moi, je fais partie de ceux qui pensent que si l'Europe politique a été créée, c'est grâce aux Américains. C'est parce que les Américains, après la Deuxième Guerre mondiale, ont souhaité, avec le plan Marshall, qu'il y ait une Europe politique. Et en fait, c'est ça la conditionnalité du plan Marshall à l'époque. C'est de dire qu'il n'y a pas d'obligation d'acheter américains. Il y a une obligation, c'est que les Européens se prennent par eux-mêmes et décident de leur avenir politique.

Et donc, moi, j'ai toujours fait partie, il y a un vieux débat, c'est un débat en France qui est, à la fois à gauche et à droite, avec l'égoliste, un regard un petit peu méfiant vis-à-vis des États-Unis. Mais moi, je suis absolument convaincu que pendant toutes ces années, il y a cette volonté américaine, qui est liée, en fait, à cette histoire profonde et au père fondateur, de garder un lien très fort avec l'Europe. Et c'est tout l'enjeu d'aujourd'hui. Est-ce qu'on arrive à perpétuer cet héritage ? Ou est-ce que les récents développements de la démocratie américaine et de l'illibéralisme américain sont en train de renier cet héritage historique européen ?

10:13
Présentateur

En ce 250e anniversaire de l'indépendance américaine, quel regard vous portez sur l'état de la démocratie américaine aujourd'hui ?

10:22
Christopher Weissberg

Moi, je suis consterné. Je suis consterné parce qu'il y a évidemment une Amérique qui résiste. Vous voyez, avant-hier, quand on a célébré la statue de la liberté, il y a eu le discours d'un membre de l'administration Trump. Et puis après, il y a eu la gouverneure du New Jersey, qui a justement fait référence à son histoire européenne et qui a parlé d'un point de bascule. Donc, il y a une Amérique qui s'oppose. Et il ne faut absolument pas croire que les jeux sont faits. Il y a encore une Amérique qui s'oppose.

Mais moi, ce qui me consterne, c'est de me dire qu'après tous les symboles qui ont été utilisés et les actes concrets de l'administration Trump, il a toujours un soutien d'environ 37 à 40% de la population américaine. Et ça, c'est extrêmement préoccupant parce que je suis persuadé que Donald Trump, et pas les conservateurs derrière lui, mais Donald Trump en tant qu'individu, est à l'opposé des valeurs américaines. Et donc, se dire qu'il arrive comme ça à remporter des victoires démocratiques, ça pose la question des contre-pouvoirs, de la démocratie profonde, c'est-à-dire ses piliers, la presse, l'esprit critique. Et ça, c'est très inquiétant.

11:36
Présentateur

Une décennie après sa première élection, puisque c'était en 2016, est-ce que vous diriez que Donald Trump a durablement transformé la société américaine et la vie politique du pays aussi ? Ou est-ce que finalement, ces deux mandats, dont l'actuel n'est pas terminé, mais où est-ce que ces deux mandats resteront une parenthèse dans l'histoire du pays ? Ah bah écoutez, tout l'enjeu est là.

12:03
Christopher Weissberg

Et je pense qu'il y a deux niveaux. Le premier, c'est que je crois que Trump en tant que tel s'arrêtera avec son départ. C'est-à-dire que cette manière de gérer le pouvoir, cette manière personnelle d'incarner le pouvoir, de s'enrichir personnellement, on a eu il y a quelques jours encore une preuve irréfutable, puisqu'elle émanait de Trump lui-même, qui s'était enrichi de plus de 2 milliards de dollars au cours de la dernière année de son mandat. Donc ça, je pense que c'est une parenthèse. Cette manière de pratiquer le pouvoir est une parenthèse. Maintenant, je pense qu'il y a des enjeux plus profonds qui sont liés au conservatisme américain, à une sorte de réincarnation.

Son vice-président, J.D. Vance, est un renouvellement du conservatisme américain, et celui-là, il a plutôt vocation à rester.

12:54
Présentateur

Peut-être que ce que nous ont appris les deux mandats de Donald Trump, c'est l'étendue du pouvoir du président américain, parce que lui le donne à voir, ce pouvoir, le met en scène même. Mais est-ce qu'il n'y a pas... Évidemment, vous êtes franco-américain, mais est-ce que les Américains se posent des questions, parfois, sur l'immensité du pouvoir du président américain ?

13:22
Christopher Weissberg

Oui, bien sûr, vous savez, régulièrement, le président américain, il est appelé le commander-in-chief. C'est comme ça que, très souvent, dans une campagne électorale...

13:29
Présentateur

Mais ça, c'est une image militaire, aussi.

13:31
Christopher Weissberg

C'est une image militaire, mais qui aussi montre bien... Nous, on ne parle pas systématiquement du chef des armées. Aux États-Unis, cette figure du commander-in-chief, elle est très présente. Et je pense que l'incarnation du pouvoir du président aux États-Unis est une puissance que Trump a réussi à manier avec un certain génie, pour le renouveler. Et que les Américains, parce qu'il ne faut jamais mépriser, si vous voulez, ce qui apparaît parfois comme un peu grotesque, c'est aussi une manière de dire, dans un monde où on a des Poutines, où on a des Tchis, où on a des très grands leaders qui ont un pouvoir énorme, comment résister si on est juste une démocratie avec des contre-pouvoirs ?

Et donc, l'affirmation d'un pouvoir suprême, je pense aussi que ça fait partie de cette dynamique très forte, et qui s'est aussi incarnée tout simplement par le fait que Joe Biden, qui avait un bon bilan et qui apparaissait très faible d'un point de vue individuel, a été battu par cette Amérique, par ce président qui a tous les pouvoirs.

14:32
Présentateur

Mais est-ce que les mensonges sur l'état de santé de Joe Biden n'ont pas aussi favorisé la victoire de Donald Trump ?

14:37
Christopher Weissberg

Bien sûr ! Et vous voyez, c'est ce que je veux vous dire, c'est qu'au fond, ça permettait de dire, vous voyez, cet homme, il n'est pas assez puissant, il n'a pas assez d'énergie. Moi, j'ai été frappé de me dire, mais attendez, on ne peut pas envisager le pouvoir comme l'incarnation d'une personne. Donc quand on vote, on vote pour une administration, on vote pour une équipe. Et en fait, à chaque fois, le débat s'est personnalisé.

14:59
Présentateur

Est-ce que le deuxième mandat de Donald Trump, qui donc, encore une fois, non seulement n'est pas achevé, mais qui n'est même pas tout à fait à mi-mandat, on en parlera d'ailleurs, mais est-ce qu'il vous semble une nature différente de son premier mandat ?

15:11
Christopher Weissberg

Ah ben, ça n'a rien à voir. Ça n'a rien à voir. Le deuxième mandat, c'est justement un mandat de toute puissance. Et c'est là où ça fait le lien avec ce que je vous disais sur les institutions. En fait, ce qu'on se rend compte, c'est que dans une démocratie aussi riche, avec autant de forts contre-pouvoirs, il ne faut pas un mandat, mais deux mandats, pour les remettre en question. Et c'est ce que je pense, d'ailleurs, de ce qui pourrait arriver en France, de ce qui peut arriver, ça ne se fait pas en deux, trois ans. Oui, mais le fait qu'il n'ait pas été consécutif, ces deux mandats auraient pu freiner cette ambition.

Et peut-être que c'est d'ailleurs l'erreur des démocrates, d'avoir été un peu naïfs et d'avoir voulu jouer le jeu des institutions. Il n'empêche qu'il fallait qu'il ait le contrôle d'une partie de la Cour suprême, il fallait qu'il ait le contrôle général de tous les membres du Congrès. Et on est en train de voir une forme d'organisation des contre-pouvoirs, surtout au niveau de la Cour suprême. Il y a plusieurs décisions qui le montrent. Mais on a vu au Congrès, sa capacité à battre tous les opposants au sein même de son parti lui a permis d'avoir un pouvoir immense.

16:07
Présentateur

On va marquer une respiration musicale Christophe Weisberg dans cette émission avec un titre que vous avez choisi, un titre de Nina Simone, chanteuse de jazz et pianiste, que je vais vous laisser annoncer vous-même, parce que je pense que votre anglais est meilleur que le mien. Le titre, vous l'avez en tête ?

16:23
Christopher Weissberg

Oui, absolument. C'est « I wish I knew how it would be to be free » et c'est un très beau morceau chanté par Nina Simone en 67, je crois.

16:31
Présentateur

Je veux dire, j'aimerais savoir ce que ça fait d'être libre, c'est ça ? Exactement.

18:30
Christopher Weissberg

Pour deux raisons principales. La première, c'est que Nina Simone, pour moi, en tant qu'artiste, elle fait partie des génies. Comme tous les génies, elle n'a pas besoin de faire beaucoup de notes pour transpercer. Et son introduction, sa manière de chanter, les harmonies, c'est comme tous les grands génies. Jean-Sébastien Bach, il fait quelques notes, et c'est fantastique. Nina Simone, c'est ce niveau-là. Et puis sur le message aussi, c'est une chanteuse exceptionnelle qui s'est battue pour les droits civiques.

19:02
Présentateur

Et qui aurait aimé devenir une pianiste classique aussi. Exactement.

19:06
Christopher Weissberg

La carrière a été contrariée. Exactement. Notamment par son histoire. Grande frustration pour elle. Beaucoup de frustration. Et qui a choisi la France pour finir sa vie.

19:14
Présentateur

Et ça aussi, c'est notre message important. Elle avait d'ailleurs fait un tube lorsqu'elle était en France. Merci d'être avec nous. Vous écoutez l'Atelier politique, émission réalisée par Mathias Golchani. Il est l'heure de faire le point sur l'actualité. On se retrouve dans quelques minutes pour la deuxième partie de notre émission. L'Atelier politique avec Frédéric Rivière. L'Atelier politique avec Christopher Weisberg, député de la première circonscription des Français de l'étranger, Etats-Unis et Canada, président du groupe d'amitié France-Etats-Unis à l'Assemblée nationale. Vous êtes avec nous évidemment à l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance des Etats-Unis.

Vous nous parliez d'état de la démocratie américaine juste avant le journal. Aujourd'hui, quel changement concret vous observez dans le quotidien de vos compatriotes installées aux Etats-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche ?

20:20
Christopher Weissberg

Alors, j'essaye d'être le plus large possible. Il y a ceux qui me disent, au fond, ça ne change pas grand-chose parce que l'Amérique, elle est tellement décentralisée que quand vous habitez à New York ou à Boston, vous êtes un citoyen de New York et de Boston et la vie là-bas est la même. Donc, il y a ceux-là et ils font partie d'un bon nombre de gens que j'écoute. Et puis, il y a tous ceux qui me disent régulièrement que pour la première fois de leur vie, au lieu de se sentir expatriés ou français d'Amérique, ils se sentent immigrés. Et ça, c'est un changement que je n'avais jamais vu. Ça fait des années que je suis dans ce monde-là. Ça, c'est dans des Etats en particulier ?

Je dirais que c'est un peu général. C'est-à-dire qu'il y a ceux qui sont franco-américains, ils sont plutôt en sécurité, ils ont le passeport, ils ont la citoyenneté. Et tous les autres, ils ont une petite épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Ils n'osent plus, par exemple, poster sur leurs réseaux sociaux des discours contre l'administration. Et déjà, ça, c'est absolument hallucinant.

Et puis, par ailleurs, il y a ceux qui se font gentiment virer, remercier du pays, soit parce qu'ils sont sur un visa qui ne leur permet pas d'aller plus loin, soit parce qu'ils sont chercheurs et on a coupé leur objet de recherche, soit parce qu'ils travaillent dans l'IA, qu'ils ont un visa et que comme ils perdent leur job dans l'IA, ça arrive, il y en a aussi beaucoup qui sont victimes, ils ne peuvent pas aller se trouver un nouveau travail

21:41
Présentateur

et donc ils sont obligés de rentrer. Vous avez mis d'ailleurs vous-même vos compatriotes en garde et vous dites que les services douaniers américains peuvent désormais consulter les réseaux sociaux à l'entrée du territoire. C'est ça. Et donc vous déconseillez des publications trop critiques envers l'administration si on veut se rendre aux Etats-Unis. C'est un climat quand même, c'est vrai que ce n'est pas rassurant. Ça concerne des cas isolés ou ça se généralise ?

22:08
Christopher Weissberg

Ça concerne des cas isolés et en même temps suffisamment différents et beaucoup de cas isolés pour se dire que ça peut arriver à tout le monde. Et c'est pour ça que j'ai écrit ce message. J'essaie toujours de leur dire qu'il ne faut pas être inquiet et j'essaie d'être précis dans les griefs que je fais à cette administration pour éviter la panique. Ce n'est absolument pas mon rôle. Les Français qui sont là, ils choisissent de s'installer sur place. Ils sont souvent mariés à des Américains. Ils vivent une vie d'Américains au fond. Et donc l'idée, ce n'est pas de les affoler, mais c'est de leur dire qu'on n'est plus dans le contexte qu'on a connu pendant les 248 ans précédemment.

Vous, vous avez la double nationalité ? Moi, je suis Américain et Français.

22:46
Présentateur

Oui, donc on ne peut pas vous interdire d'entrer sur le territoire. A priori, non. Même s'il y a eu des débats, vous savez.

22:51
Christopher Weissberg

Même si vous êtes critique. Il y a un débat aujourd'hui qui est un débat assez fort. Alors la Cour suprême, d'ailleurs, est revenue là-dessus avant-hier. Donc c'est une bonne nouvelle. Mais il y a un débat sur la citoyenneté. Il y a un débat très fort au sein de l'aile la plus conservatrice, MAGA, pour savoir si c'est possible d'être binational. Et donc il y a beaucoup d'attaques en ce moment

23:11
Présentateur

contre le principe même de citoyenneté. Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a un affaiblissement des contre-pouvoirs institutionnels aux Etats-Unis ? Ça, c'est évident.

23:19
Christopher Weissberg

Et c'est ce que j'essayais de dire au début de l'émission. C'est que ce n'était pas le cas au premier mandat. Je trouve que l'Amérique avait montré par son Congrès, par ses agences indépendantes, par son organe de justice, qu'il y avait de véritables contre-pouvoirs. Et d'ailleurs, Trump était contrarié dans l'exercice de son pouvoir. Ce qui fait qu'il virait régulièrement des membres de son administration. Ce qui était en fait le témoignage de son impuissance. Et sur ce deuxième mandat, parce qu'il a notamment, au cours du premier, changé pas mal de têtes de gondole dans la justice, il a pu un peu inverser les choses.

Et aujourd'hui, ce que me disent à peu près tout le monde, c'est que le Congrès n'a plus ce rôle de contre-pouvoir qu'il avait au premier mandat et qu'il reste cet organe de justice qui reste indépendante, qui est quand même très conservatrice, dont il a nommé trois membres. Ce qui fait qu'aujourd'hui, il y a une large majorité conservatrice qui lui est favorable, mais qui lui rappelle quand même régulièrement qu'il ne peut pas aller trop loin. Et c'est le cas de plusieurs décisions récentes.

24:21
Présentateur

Le 26 juin dernier, au lendemain même de la ratification par le Parlement européen de l'accord commercial entre les Etats-Unis et l'Europe, on se souvient qu'il avait été conclu au sein du Golfe. Donc au lendemain de cette ratification, Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 100% à tout pays européen qui maintiendrait une taxe sur les services numériques, un dispositif que la France applique depuis 2019 aux géants américains de la tech. Est-ce que vous avez l'impression que la France est en première ligne de cette nouvelle offensive commerciale américaine ?

24:59
Christopher Weissberg

Elle l'est régulièrement. Il l'a redit il y a quelques semaines, juste avant le G7. Il a redit qu'il pourrait taxer à 100% les vins français si on ne revenait pas sur cette décision sur les services numériques. Donc ça fait partie du personnage. Il le fait pratiquement tout le temps. Il a encore annoncé récemment qu'il allait revenir d'ailleurs sur le deal dont vous parliez en Écosse. Donc ça fait partie de sa manière de pratiquer la diplomatie. Tout à l'heure, je parlais de la manière de pratiquer le pouvoir. C'est sa façon à lui de le faire. Je trouve que pour l'instant, le président Macron réussit plutôt bien à le contenir.

Mais encore une fois, il est tellement imprévisible qu'on ne peut jamais vraiment se fier à ce qu'il a dit comme ce qu'il aurait dit à Versailles.

25:40
Présentateur

Mais est-ce que la relation avec la France, la relation de Donald Trump, est plus particulièrement conflictuelle, électrique, qu'avec d'autres pays européens ?

25:53
Christopher Weissberg

Non, je ne crois pas. Je crois qu'il a eu des propos absolument horribles contre le chancelier Mertz. Il a eu des propos très durs avec Mélanie qui était quand même censée être une de ses alliés. Quand il a commencé son deuxième mandat, Georgia Mélanie, c'est l'une des rares chefs d'État qui va à Washington pour son intronisation.

26:13
Présentateur

Et il en a eu encore récemment en disant qu'elle l'avait suppliée de prendre une photo avec lui.

26:17
Christopher Weissberg

Et vous vous rendez compte de ce qu'il a ressorti il y a quelques semaines où il l'attaque de façon extrêmement agressive. Et d'ailleurs, elle a changé de ton par rapport à lui. Donc, je ne crois pas que la France soit la première concernée. Et je pense que, malgré tout, le président, dans sa manière de gérer cet être-là, arrive à faire passer des messages,

26:41
Présentateur

plus que d'autres. Au printemps, vous parliez du chancelier allemand, un différent diplomatique avec le chancelier allemand a conduit Washington à retirer plusieurs milliers de soldats américains stationnés en Allemagne. C'est une décision qui a frappé les esprits en Europe. Donc, entre ces menaces tarifaires répétées et ce type de rétorsion militaire, est-ce que les États-Unis, alors je sais que c'est la question qu'on la pose tout le temps, mais elle a une pertinence, est-ce que, pour la France, les États-Unis restent un allié sur lequel on peut compter ou plus vraiment ?

27:16
Christopher Weissberg

Moi, j'ose le dire, encore une fois, je ne suis pas au gouvernement et donc j'ose le dire, non, ce n'est plus un allié. Vous vous rendez compte, ce n'est pas un allié. Vous avez omis la crise sur le Groenland qui est quand même absolument ahurissante et qui a d'ailleurs été le premier moment de revirement, je pense, où les Européens ont pris conscience que cette fois-ci, il fallait qu'ils s'affirment collectivement. Donc, non, ça n'est plus un allié. Est-ce que c'est temporaire ou est-ce que c'est la nouvelle donne de la relation transatlantique ? Moi, je pense que c'est temporaire. Mais ça n'empêche que ça n'est plus un allié.

27:51
Présentateur

Vous présidez, je l'ai dit, le groupe d'amitié France-États-Unis à l'Assemblée nationale qui est un espace de dialogue parlementaire distinct des canaux diplomatiques ou gouvernementaux du ministère des Affaires étrangères. Quel rôle, quel rôle, selon vous, peut jouer la diplomatie parlementaire dans un cadre comme celui-là lorsque les rapports de force se jouent largement à coups de menaces tarifaires et de messages sur les réseaux sociaux parce que c'est aussi l'un des autres moyens d'expression très pratiqués par Donald Trump ?

28:21
Christopher Weissberg

C'est un canal politique et un canal politique ça permet de se dire que dans l'éventualité que le Congrès à la fin de l'année au mois de novembre redeviendrait démocrate on aurait un véritable canal potentiel pour faire changer les choses. Mais pour l'instant soyons très honnêtes ça n'est qu'un canal d'amitié plus qu'un canal d'influence. Ça n'a pas vraiment

28:46
Présentateur

de dimension de diplomatie parlementaire. Très très peu

28:49
Christopher Weissberg

puisque de toutes les manières enfin je veux dire encore une fois on échange avec eux mais aujourd'hui le président a un grippe sur le parlement qui est beaucoup trop fort pour que ce soit efficient.

28:58
Présentateur

Comment vos concitoyens américains perçoivent-ils la France aujourd'hui ? Il y a une image on dit souvent les américains la plupart d'entre eux vous leur demandez de montrer la France sur une carte du monde ils ne savent pas c'est faux ça ? Si si c'est vrai il y a là encore une fois ça n'existe pas la France à part si on leur dit Versailles peut-être Paris

29:20
Christopher Weissberg

Non je pense que vous voyez encore une fois ce qui est incroyable aux Etats-Unis et peut-être qu'on a la même diversité en Europe c'est qu'au fond il n'y a pas une Amérique il y a 50 150 Amériques quand vous allez à New York il y a un restaurant français pratiquement à chaque bloc et vous demandez à un américain de New York où est Paris où est Versailles où est Nice où est les plages du débarquement il sait exactement où les mettre sur la carte maintenant si vous allez dans l'Ohio et dans le Tennessee alors là très clairement vous allez tomber sur des gens qui n'auront aucune idée de où est le continent européen et c'est ce que j'essayais de vous dire aussi c'est au fond les élites américaines jusqu'à il y a quelques années c'était des élites européanisées quand on était à Hollywood ou quand on était à New York ou à Boston on était avec des gens qui se pensaient comme des européens et ça je crois que c'est aussi en train de changer et c'est notre rôle et c'est un travail qui doit être très important d'influence de conserver un lien très fort avec les élites américaines

30:18
Présentateur

Lorsqu'il était candidat à son deuxième mandat Donald Trump s'était présenté comme un faiseur de paix il répétait d'ailleurs à l'envie qu'il avait fait la paix dans je ne sais plus 7-8 pays et il promettait donc de rompre avec l'interventionnisme américain or dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 les Etats-Unis ont mené une opération militaire au Venezuela capturant le président Maduro et son épouse en dehors de tout mandat international il y a eu depuis l'intervention également en Iran aux côtés d'Israël comment vous analysez cette opération ces opérations au regard de cette promesse initiale qui était très attendue par l'électorat Maga qui devait donc non seulement ne pas créer de nouvelles interventions mais mettre fin à d'autres dont il répétait d'ailleurs qu'il n'était pas responsable mais je pense à l'Ukraine

31:10
Christopher Weissberg

en fait c'est encore une arnaque si vous voulez mais vous pensez

31:14
Présentateur

qu'il avait déjà en tête ça à ce moment là sa campagne dans un mois je suis un faiseur de paix c'était un mensonge tout simplement

31:22
Christopher Weissberg

c'était un message très fort pour son électorat un petit peu en réaction à ce qui s'était passé en Ukraine la réalité c'est que depuis Bush l'Amérique elle est beaucoup moins interventionniste qu'elle ne le fut et que le premier président qui a mis fin à beaucoup de complices c'est Barack Obama Barack Obama dans sa pratique du pouvoir dans sa pratique de la politique étrangère américaine il est un véritable changement de braquet par rapport à toutes les présidences précédentes et ce qui s'est passé avec Trump est en fait quelque chose de très structurant on voit bien que les Américains n'ont plus envie de se positionner comme les gendarmes du monde et pour autant je suis convaincu que depuis le début il a envie d'utiliser tous les moyens de sa puissance et l'armée ultimement est le moyen le plus puissant donc moi je pense que c'est une arnaque depuis le début qu'il sait que c'est très important pour son électorat mais qu'à la fin Donald Trump il utilisera tous les moyens il est commander in chief et un commander in chief qui s'est présenté comme un commander in chief il doit utiliser le levier militaire et vous pensez qu'il croyait vraiment pouvoir régler en un claquement de doigts le conflit russo-ukrainien ?

non ça là encore c'est une arnaque mais ça il le savait vous savez moi je là il y a une chose qui est certaine c'est que je pense que c'est un homme très intelligent très instinctif qui a une capacité de comprendre les choses par instinct qui est très forte il ne faut absolument pas le prendre pour un imbécile et donc il savait parfaitement que c'était impossible c'est de la com et c'est pour ça que nous on doit être à la hauteur

32:52
Présentateur

certains analystes estiment d'ailleurs que l'intervention au Venezuela menée donc sans mandat international a fragilisé la crédibilité des Etats-Unis lorsqu'ils cherchent à négocier une paix par exemple en Ukraine ou lorsqu'ils veulent tempérer la Chine sur la question de Taïwan vous partagez cette analyse ? oui

33:13
Christopher Weissberg

d'une certaine manière c'est le cri du signe cette présidence Trump c'est-à-dire que c'est le dernier cri avant une forme de déclin il utilise de façon très agressive toutes les armes qui sont dans son pouvoir mais au fond ce qu'on est en train de voir c'est un désengagement sur pratiquement tous les chantiers internationaux une perte diplomatique d'une incroyable puissance et évidemment la Chine qui est en train de s'affirmer dans tout ça comme un acteur beaucoup plus fiable

33:42
Présentateur

et sur le plan économique le jour de son élection il était extrêmement enthousiaste ce qu'il se comprend d'ailleurs parce qu'il venait de gagner mais enfin il disait l'argent va couler à flot sur ce pays vous allez devenir riche vous allez entrer dans un nouveau monde d'opulence et de bonheur sur le plan économique aujourd'hui quel bilan faites-vous ?

34:03
Christopher Weissberg

alors moi je pense que là aussi on est en train d'observer un mouvement de déclin économique sans commune mesure sans commune mesure sans précédent récent vous voulez dire ?

le caractère de sabotage d'une économie qui était une économie très forte très résiliente et très puissante il y a à peine un an et demi ou deux est assez impressionnant évidemment la politique tarifaire en fait partie sa politique fiscale en fait partie sa politique anti-immigration en fait partie aujourd'hui l'économie américaine elle est certes résiliente mais elle tient surtout sur des spéculations et sur le caractère extrême des valorisations dans la tech et dans l'intelligence artificielle mais quand on regarde secteur par secteur et quand moi je vais sur le terrain que ce soit dans chaque secteur économique on se rend compte qu'il y a une véritable baisse il y a une baisse du tourisme il y a une baisse dans les énergies il y a énormément de secteurs par secteur qui sont affaiblis depuis un an et demi

35:04
Présentateur

qu'est-ce que vont donner selon vous les élections de demi-mandat la popularité de Donald Trump a beaucoup baissé il y a un sondage assez récent qui lui donnait un taux d'impopularité de 61% ce qui est important

35:17
Christopher Weissberg

ce qui est important mais pas énorme c'est pas énorme si vous voulez François Hollande est à 14% Emmanuel Macron doit être à 23% de popularité c'est pas si mal normalement ça devrait être un raz-de-marée il était à 43% d'impopularité au moment de son élection

35:33
Présentateur

et il est à 61

35:35
Christopher Weissberg

ce que je veux vous dire c'est que c'est évident il y a une baisse les indépendants les démocrates sont très mobilisés toutes les élections de midterms montrent bien les élections partielles avant les midterms montrent bien qu'il y a une dynamique très forte pour les démocrates et donc normalement ça devrait être un raz-de-marée pour les démocrates maintenant il faut quand même se rendre compte de ce qui est en train de se passer la première c'est que dans chaque état ils sont en train de refaire la carte électorale ce qu'on appelle le gearmandering en anglais qui consiste sans l'aval de l'état fédéral à ce que chaque état en fait état par état avec des majorités républicaines sont en train de changer les cartes pour avoir plus de circonscriptions républicaines et la compensation qui a été faite par les démocrates notamment en Californie ou en Virginie elle est assez faible par rapport à ce qu'ont récupéré les républicains donc je pense qu'il va y avoir un grand mouvement bleu un grand mouvement démocrate mais qui est en train d'être atténué par des lois électorales qui sont aussi en train comme dans les années 60 de rendre plus difficile l'accès aux urnes pour un certain nombre d'américains et je pense que ça va être ça la limite de la vague bleue au mois de novembre c'est la manière dont les républicains vont tout faire pour essayer de s'arroger le plus de circonscriptions possibles par des manières assez illégitimes

36:57
Présentateur

le redécoupage de la carte électorale pour favoriser son camp à une élection ils ne l'ont pas inventé on l'a déjà vu y compris en France vous le savez

37:08
Christopher Weissberg

oui mais c'est attendez non mais peut-être

37:09
Présentateur

que c'est sur une autre échelle alors là c'est sur une autre échelle mais c'est une pratique qui est vieille comme les élections

37:16
Christopher Weissberg

oui mais là c'est sans commune mesure c'est à dire que là si vous voulez à un an d'une élection normalement ça se fait après un recensement tous les 10 ans et donc il y a toujours eu ça ça fait des années que les américains disent qu'il y a un enjeu de gerrymandering mais là c'est fait à un an de l'élection ça n'a jamais été le cas auparavant mais ça pourrait avoir

37:32
Présentateur

une incidence majeure vraiment

37:36
Christopher Weissberg

concrètement ils ont récupéré 6 sièges au Texas bah oui vous imaginez donc la chambre devrait passer bleue mais enfin on pensait qu'il y aurait 30 ou 40 victoires démocrates

37:50
Présentateur

il pourrait y en avoir que 20 alors un mot encore à propos des élections puis on aura terminé cette émission puisque Donald Trump a été interrogé sur l'issue de ces élections de mid-term on lui a demandé s'il les accepterait et il a répondu si les élections sont honnêtes donc il a laissé planer la possibilité d'une contestation dans le cas contraire est-ce que c'est un scénario aujourd'hui probable ?

38:19
Christopher Weissberg

bien sûr c'est un scénario probable c'est un scénario qui a déjà eu lieu oui oui c'est pour ça ils font tout pour essayer de garder le plus possible de voix et je pense que s'ils perdent vraiment dans des proportions très importantes il contestera il contestera la victoire des démocrates c'est une évidence

38:38
Présentateur

merci Christopher Weisberg d'être passé à l'atelier politique cette émission est à retrouver sur le site internet de RFI ou sur l'application Pure Radio tout de suite un nouveau point sur l'actualité et vous avez rendez-vous ensuite avec Laurence Saloir pour Musique du Monde bonne soirée à la semaine prochaine Retrouvez l'intégralité des podcasts RFI sur l'application RFI Pure Radio