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interviewAvec Édouard (Horizons)· 10 juillet 2024 5 min

Retrouvez l’interview d’Édouard Philippe, invité du JT de 20h de TF1 !

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

La France, ses institutions sont bloquées depuis deux jours. Le président de la République ne s'est pas encore exprimé. Est-ce qu'il doit le faire rapidement ?

0:07
Édouard Philippe

Il choisira le bon moment. Il choisira le bon moment. Je ne peux pas vous dire quand ce sera le bon moment.

0:12
Présentateur

Il n'y a pas d'urgence dans ce pays dans lequel nous sommes.

0:15
Édouard Philippe

Il choisira le bon moment. Je ne vais pas lui dire quand il doit s'exprimer. En général, quand je donne un conseil, il fait l'inverse. Donc je vais avoir l'humilité de ne pas me mettre à sa place et de le laisser s'exprimer quand il le souhaitera.

0:26
Présentateur

La décision qu'il a prise de dissoudre l'Assemblée, vous la jugez comment ?

0:30
Édouard Philippe

Je pense que ce n'était pas une très bonne décision. Je pense qu'elle était mal pensée, mal préparée et probablement mal expliquée. Néanmoins, elle a été prise et elle a donné lieu à une campagne très courte qui n'a pas toujours permis, me semble-t-il, de poser sur la table l'ensemble des sujets et l'ensemble des directions possibles pour le pays. Et puis elle a donné un résultat qui est un résultat très compliqué à manier, si j'ose dire, puisque l'Assemblée nationale qui résulte de cette élection est composée de trois blocs dont aucun à lui seul ne peut disposer d'une majorité suffisante pour gouverner de façon, même pas audacieuse, mais cohérente.

1:12
Présentateur

C'est quoi l'issue ? Quelle coalition s'il faut une coalition ?

1:16
Édouard Philippe

Je pense que le président va devoir nommer un Premier ministre. La grammaire républicaine et les institutions, la logique des institutions, c'est qu'ils se tournent vers la formation politique, ou plus exactement vers l'organisation politique majoritaire, ou plus exactement celle qui a le plus de voix. Aujourd'hui, c'est la gauche. Alors, aujourd'hui, il y a le nouveau Front populaire. Il a 182 députés. Mais il y a un autre bloc, au centre, composé de Renaissance, du modem de Horizon, et d'HLR. Ah, ça, il faut le constituer, il n'existe pas. Qui n'est pas un bloc constitué, je le reconnais, mais qui, si on le prend dans son ensemble, fait 220 députés.

Donc plus que le nouveau Front populaire. Est-ce qu'à l'intérieur de ce bloc, on est capable de s'entendre, non pas du tout sur une coalition, je ne crois pas qu'on y arrivera, mais sur un accord technique qui permet d'avancer et de gérer les affaires du pays pendant au moins un an. Parce que c'est bien ça l'enjeu. Je voudrais, moi je suis frappé de ce que nous ne voyons pas suffisamment, nous ne disons pas suffisamment, qu'un pays qui n'est pas gouvernable, parce qu'aucune majorité de nos pays... Aujourd'hui, la France est ingouvernable ? Aujourd'hui, elle est très difficilement gouvernable.

Et la vérité, c'est que quel que soit le bloc qui accède au pouvoir, qu'il ait 182 voix ou 220 voix, il sera très difficile de répondre aux attentes des Français et très difficile d'être à la hauteur des enjeux considérables de faire des réformes dont le pays a besoin. Donc je crois qu'à court terme, il faut garantir la stabilité. Donc il faut une coalition, une coalition plutôt de droite.

2:50
Présentateur

Le futur Premier ministre...

2:52
Édouard Philippe

Centre du droite. Moi je suis un homme de droite, mais je pense qu'on peut réunir de LR à Renaissance un bloc qui permet d'être majoritaire, ou plus exactement d'avoir une majorité relative. Faible, mais relative.

3:01
Présentateur

Donc le prochain Premier ministre doit être de droite ?

3:03
Édouard Philippe

– Je n'aurai aucun problème à ce qu'il soit issu de cette coalition. – Il ne peut être que de droite, c'est ça que je veux vous dire. – Je pense que si nous réussissons à créer ce bloc, que j'appelle de mes voeux, dont hier les Républicains ne voulaient pas, mais dont aujourd'hui, j'entends M. Marlex dire qu'il pourrait exister à condition que le Premier ministre soit de droite, c'est ce qu'il dit. Bon, ça veut dire qu'on commence à discuter. C'est bien, c'est bien parce que je pense qu'il faut que chacun prenne ses responsabilités.

Ne pas vouloir rentrer dans cet accord pour les Républicains, ce serait devoir expliquer à leurs électeurs, demain, qu'ils ont préféré un gouvernement du nouveau Front populaire avec la LFI plutôt qu'un accord au centre et à droite qui prévaut dans toutes les collectivités territoriales que nous gérons.

3:45
Présentateur

– Et donc vous faites quoi, vous, demain et après-demain, dans ce bloc, dans cette nébuleuse centre-centre droit ?

3:51
Édouard Philippe

– Si cet accord existe, je m'en réjouis parce que je pense qu'il limite les problèmes, il ne les fait pas disparaître, mais il les limite. Moi, je ne suis pas parlementaire, j'ai choisi de rester maire du Havre parce que je préfère faire au Havre que débattre ou parlementer à Paris. Et puis j'ai choisi de parcourir le pays pour écouter, pour apprendre, pour réfléchir à un projet, pour constituer des équipes et pour préparer la suite.

4:16
Présentateur

– Votre projet, c'était de se présenter à la présidentielle de 2027 ?

4:19
Édouard Philippe

– Non, ça peut être une ambition. Mon projet, c'est d'essayer de définir une stratégie adaptée au problème de la France.

4:24
Présentateur

– Est-ce que ça change votre ambition ? Est-ce que vous dites que la présidentielle peut être bien avant 2027 et je m'y prépare de manière accélérée ?

4:31
Édouard Philippe

– Je ne sais pas si elle aura lieu avant 2027. Je sais que dans une démocratie, et nous y tenons, les échéances électorales finissent toujours par arriver. Parfois, c'est un peu avancé par rapport à la date, mais enfin, elles finissent toujours par arriver. L'important, c'est d'être prêt quoi qu'il arrive.

4:45
Présentateur

– Le journal Libération révèle ce soir qu'il y a quelques mois, vous auriez dîné avec Marine Le Pen. Est-ce que vous confirmez cette information ?

4:52
Édouard Philippe

– Oui, c'est vrai. Nous avons dîné parce qu'on se connaît peu. Et on a dîné, et on a constaté à l'occasion du dîner, qui était un dîner cordial, que nous avions des désaccords très profonds sur de très nombreux sujets.

5:04
Présentateur

– Vous aviez besoin d'un dîner pour constater ça ?

5:05
Édouard Philippe

– Pourquoi est-ce qu'il faudrait... Moi, j'aime bien rencontrer les gens. Marine Le Pen fait plus de 30% à l'élection présidentielle. Ça ne me dérange pas de dîner avec elle. D'ailleurs, je pourrais dîner avec elle, je pourrais dîner avec Jean-Luc Mélenchon. Et à chaque fois, je leur ferai part de désaccords qui sont sans doute très profonds sur des sujets très nombreux.

5:23
Présentateur

– Merci beaucoup, Édouard Philippe, d'avoir accepté notre invitation.