[Direct Facebook] Hommage de Nicolas Dupont-Aignan à Jacques Chirac
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« Jacques Chirac a marqué la vie politique de notre pays. »
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« Je pense notamment aux grandes lois sur le handicap. »
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« fatalité des présidents de la République, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, et bien à chaque fois, ils ont été élus sur le refus de la tutelle de l'Union européenne et à chaque fois, ils n'ont pas eu la force ou la possibilité de se dégager de cette tutelle. »
- 8:06Invité politiqueFait
« la suppression du service national, autant le dire. »
- 8:59Invité politiqueFait
« Après, nous avons eu des gouverneurs, des gouverneurs de la province France. Ce n'est pas la même chose. »
- 9:15Invité politiqueFait
« Dommage qu'il y ait eu le quinquennat. Grave erreur. »
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Bonsoir
à tous.
Les
Français sont tristes.
Nous
sommes tous quand même sous le choc
pour
une raison très simple,
c
'est que Jacques Chirac représente une époque.
Jacques
Chirac a marqué la vie politique de notre pays.
J
'aimerais
lui
rendre hommage,
rendre
hommage à son courage,
à
sa personnalité, à son humanité.
J
'ai eu des désaccords avec Jacques Chirac, politiques.
Et je
veux dire aujourd'hui
que
je suis ému parce que
j
'ai aimé l'homme, j'ai aimé l'esprit de compagnonnage que j'ai connu au RPR.
Et
je sais que beaucoup de compagnons du RPR, ce soir, pleurent Jacques Chirac.
Et
en même temps, nous avons eu des éléments de désaccords fondamentaux.
Il
y a des éléments de fierté,
partagés. Et
puis, il
y
a des éléments de déception.
Je
sais que le soir d'un décès d'un grand homme, personne n'ose dire les choses.
Mais
je veux vous raconter
quelques
anecdotes.
Ma
première rencontre avec Jacques Chirac, j'étais jeune stagiaire de l'ENA à la préfecture du Nord.
Et
le préfet m'avait demandé de lui ouvrir la porte de sa voiture quand il arrivait dans la cour de la préfecture. Il était alors premier ministre de la France. J'ouvre la porte
et
je vois sortir Jacques Chirac. J'étais impressionné, j'étais tout jeune. Et je lui dis, monsieur le premier ministre, donnez-moi votre serviette, le préfet vous attend, etc. Et il me dit, mais qui êtes-vous jeune homme
? Et
il me dit, je lui dis, je suis stagiaire de l'ENA. Il me
dit,
j'ai été stagiaire aussi de l'ENA
et
vous n'allez quand même pas porter ma serviette. Je suis capable de porter ma serviette moi-même jeune homme. C'était Jacques Chirac. Et on comprend
qu
'au sein du RPR, tant l'a aimé parce qu'il était extrêmement attentionné aux autres.
Et
c'est ce qui explique d'ailleurs sa volonté toujours de porter des combats sociaux
qui
honorent sa mémoire. Je pense notamment aux grandes lois sur le handicap.
Vous
savez que
je
mène un combat
pour
la dignité des personnes en situation de handicap. Et bien Jacques Chirac a montré la voie
parce
qu'il avait un cœur énorme.
C
'est d'ailleurs ce cœur énorme qui l'a conduit parfois à être trop gentil, à être trop faible avec certains. Mais c'est la vie.
En
tout cas, c'était un vrai humaniste.
Et
c'est ce que j'aimais profondément chez lui.
Jacques
Chirac
était
un combattant,
un
animal politique.
Et
là-dessus aussi, je crois qu'il a été un exemple. Cette soif du pouvoir, oui, mais aussi cette volonté de servir toujours.
Et
moi, je garde en ce soir la mémoire de Jacques Chirac qui a dit non aux États-Unis,
qui
a osé dire non. Et c'était très difficile au moment de l'Irak. Très difficile au moment de l'Irak. Grâce à Dominique de Villepin. Et à l'époque, j'étais très fier du président de la République française. Encore une fois,
j
'avais des désaccords avec lui.
Il
ne faut pas les nier, même ce soir. Mais il a eu le courage de dire non aux États-Unis. Et souvenez-vous l'hystérie
qu
'il y a eu chez nos amis américains. Parce qu'il faut se souvenir aussi qu'il y avait l'attentat du World Trade Center, le traumatisme des Américains. Et que le président français a été conspué. Jacques Chirac a tenu.
C
'est aussi Jacques Chirac qui a tenu, lorsque, dans une visite à l'État d'Israël, il a voulu visiter les territoires occupés.
Et
il voulait qu'on le laisse libre.
C
'est Jacques Chirac aussi
qui
défendait la francophonie. Et je me souviens que quand je bataillais pour que l'on refuse le traité de Londres sur les brevets,
il
m'avait donné raison. Enfin, pas qu'à moi. Et malheureusement, les successeurs ont ratifié le traité de Londres sur les brevets en anglais. Mais Jacques Chirac aimait la francophonie. Il avait même quitté
à
Bruxelles un sommet
où
le président du CNPF français de l'époque avait commencé son discours en anglais
et
Jacques Chirac avait quitté la salle. Donc, il ne faut pas oublier tout ce que Jacques Chirac a pu faire.
Bien
sûr,
je
vais être clair aussi, même en ce jour de deuil et même en respectant sa mémoire,
j
'ai eu des désaccords profonds parce que je crois que c'était une déception.
Et
beaucoup de gaullistes, de vrais gaullistes,
ont
été déçus
parce
qu'on avait beaucoup cru dans la fracture sociale, sa campagne de 95. Nous l'avions faite
avec
Entrain et notamment avec Philippe Séguin, que j'aimais tant. Et
Philippe
croyait
que
Jacques Chirac, une fois élu, allait mettre en œuvre cette présidence de lutte contre la fracture sociale qui allait de pair avec l'indépendance de la France et avec le refus de la politique de l'Union européenne.
Et
malheureusement,
sur
ce point, comme d'ailleurs ses successeurs, il faut être honnête, fatalité des présidents de la République, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, et bien à chaque fois, ils ont été élus sur le refus de la tutelle de l'Union européenne
et
à chaque fois, ils n'ont pas eu la force ou la possibilité de se dégager de cette tutelle. Et je n'ai jamais compris
comment
l'homme qui a pu signer l'appel de Cochin,
cet
appel de Cochin que je vous invite à relire, a pu ensuite signer les traités qui nous ont mis dans la difficulté. C'était un point de désaccord et il n'aimait pas
que
je lui rappelle, en tout cas, à la fin de sa présidence, je ne crois pas qu'il m'appréciait beaucoup, pour être franc, parce que j'avais mené la campagne du non au référendum.
On
s'était opposé sur ce point, mais il faut lui reconnaître
que
lui,
il
a consulté les Français
et
que lui,
il
n'a pas fait comme les successeurs, il n'a pas violé
la
parole du peuple.
Il
a pris le risque de consulter les Français sur ce thème européen.
Et
même si j'étais en complet désaccord sur sa politique européenne, je reconnais qu'il a consulté les Français. Et c'est pourquoi, je crois qu'il faut le dire, Jacques Chirac a été détesté.
Il
a été accablé par la presse. Alors, je suis un peu surpris aujourd'hui de voir tous ces hommages, mais c'est normal, c'est la loi du genre, de ceux qui l'ont traîné dans la boue.
Je
me souviens aussi, au moment de la présidentielle de 1995, comment tous ces fameux gaullistes en peau de lapin allaient soutenir Édouard Balladur et le lâchaient jour après jour. Il a tenu.
Et
cette ténacité, je l'admire, je m'en inspire, j'y suis obligé, mais au-delà de cela, elle montre que c'était un homme courageux, un animal politique, un lion, comme elle a dit ainsi un autre. Et pourquoi tout cela ? Parce qu'il aimait les Français fondamentalement, il aimait les gens.
Il
avait tendance peut-être parfois à les dévorer,
à
aller trop vite, à oublier, parce qu'il allait très très vite, il mangeait la vie, mais il était profondément français. Cyrano de Bergerac, la Corrèze, le Bonvin et le reste. Voilà, c'était un Français qui aimait les Français,
qui
a eu ses faiblesses,
qui
a eu son courage,
qui
a un bilan.
Des
points positifs,
des
points qui le sont moins,
la
suppression du service national, autant le dire.
Je
ne veux pas mentir ce soir,
car
sinon ce serait pas bien. des erreurs, mais qui a servi, autant qu'il le pouvait, notre pays.
Et quand
un grand homme disparaît, ou quand une période de l'histoire se tourne,
il
y a les hommages,
mais
il doit y avoir la réflexion. Essayons de garder
le
meilleur de Jacques Chirac,
et
d'éviter le pire. Je veux dire par là, essayons, en tant qu'homme politique,
au
-delà des hommages,
qu'il
va y avoir, et qui sont toujours émouvants, et sympathiques, essayons de tirer des leçons pour l'avenir. Et Jacques Chirac était sans doute l'un des derniers présidents français.
Après, nous
avons eu des gouverneurs, des gouverneurs de la province France. Ce n'est pas la même chose. François Mitterrand,
dont
j'ai combattu la politique, Jacques Chirac,
qui
a fait de grandes choses et des moins grandes choses pour moi, mais qu'importe, ont été des présidents de la République au sens de la Vème République. Dommage qu'il y ait eu le quinquennat.
Grave
erreur.
Mais
c'est ainsi. Alors,
en
ce soir, où je sais que beaucoup de compagnons du mouvement gaulliste et du RPR sont tristes, doublement tristes en fait, tristes d'avoir perdu un ami, tristes aussi que Jacques Chirac n
'ait
pas réussi autant qu'on le voulait à changer les choses. En un mot,
la
présidence de Jacques Chirac
aura
été à la fois un exemple et une déception. Et c'est pourquoi il faut réfléchir sur cette période. Mais Jacques Chirac a aussi eu des fulgurances.
Je
veux retenir cette fameuse La Maison brûle
et
Où est notre regard de 2002 ?
Il
était en avance.
Il
était en avance. Il sentait les choses, il sentait les gens, il les aimait. Gardons le meilleur de Jacques Chirac.
N
'oublions pas ce qu'il
a
manqué. Et je crois qu'il n'aimerait pas les hypocrites qui aujourd'hui vont dire que du bien de lui alors qu'ils lui ont craché la figure. Je crois qu'il apprécierait que l'on rende un hommage digne, respectueux
et
lucide.
Je
pense à tous ceux qui sont tristes et notamment à sa famille et à tous ceux qui ont été ses compagnons de route. Moi, je n'ai pas eu l'occasion d'être son ami proche, d'être son compagnon de route. J'ai simplement soutenu de toutes mes forces certains de ses combats et combattu certaines de ses décisions. Et à ce titre, c'est pourquoi je m'exprime en essayant d'être le plus objectif possible.
et je
lui souhaite de regarder en conscience son œuvre. Et en tout cas, j'espère que les Français se souviendront de lui.
Et
peut-être que ses successeurs estimeront
que
son humanité nous manque. En tout cas, c'est cette chaleur humaine
qui
manquera aux Français.
Et
les Français l'aimaient parce que Jacques Chirac les aimait.
Bonne
soirée à vous tous. Sous
-titrage ST' 501
Nicolas Dupont-Aignan