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Conférence de presseBFM TV (sur YouTube)· 6 juin 2026 21 minPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Bernadette Chirac, veuve du président Chirac, est décédée à l'âge de 93 ans

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et selon les américains il n'y a eu ni dégâts ni blessés de vous couper priorité au direct parce qu'on vient de la prendre bernadette chirac est décédée à l'âge de 93 ans c'est une annonce qui vient d'être faite auprès de l'agence france presse par claude chirac la fille de bernadette chirac et de jacques chirac l'ancien président de la république qui est mort lui en en 2019 à l'âge de 86 ans bernadette chirac veuve du président chirac qui vient donc de s'éteindre à l'âge de 93 13 ans personnalité forte et pas seulement femme d'ancien président de la république pour tout un tas de causes notamment qu'elle a porté tout au long de sa vie retour justement sur sur la vie de bernadette chirac tout de suite 7 mai 95 elle est à ses côtés dans la voiture jacques chirac vient d'être élu président de la république elle devient première dame de quoi peut-être rassurer ses parents plutôt inquiet quand bernadette chaudron de courcelles décide contre leur avis d'épouser jacques chirac c'était 40 ans plus tôt après leur rencontre sur les bancs de sciences po j'étais assez bête et c'est le début évidemment de beaucoup de choses j'étais assez bête pour lui prêter ma copie dont il s'est évidemment beaucoup inspiré mais il a eu une meilleure note que moi ça je n'étais pas contente pas contente mais déjà sous le charme elle abandonne ses études soutient son Son mari dans ses premiers combats politiques, au point de plonger elle-même dans le grand bain. Je me suis toujours beaucoup intéressée à la vie politique française et je suis moi-même très modestement, mais enfin je suis tout de même élue une élue municipale. Bernadette Chirac gravit les échelons et se fait élire conseillère générale en Corrèze.

En 95, elle rentre à l'Elysée, une première dame souvent moquée pour son style très classique et sa froideur. Je suis très naturel et malheureusement quelquefois, très utile d'être comédien, ça je ne sais pas faire. Franche et directe, la maîtresse de maison dirige le palais d'une main de faire.

Il aime beaucoup les escargots mais je pense qu'on lui en donne quand même tous les dimanches. Les cuisines, les réceptions, la politique aussi n'est jamais très loin. Il y a des TGV partout sauf chez nous.

Oui. C'est quand même regrettable. Les gens qui me connaissent savent que j'use jusqu'à ce que ça cède mais ça ne cède pas toujours.

Il y a des choses qui ne sont pas possibles. Alors la première dame lance sa propre fondation, les emblématiques pièces jaunes. De plus en plus populaire, elle fait profiter son mari de sa notoriété et se rend indispensable.

La tortue est un animal familier, sympathique, chaleureux et ce n'est pas, ça n'a rien de désobligeant d'être comparé à une tortue. Elle a gagné par rapport aux lièvres. Et puis il y a le départ de l'Elysée.

C'est vrai qu'il faut trouver de nouveaux repères, de nouvelles marques, mais ça Ca va se faire tranquillement. C'est difficile? Non, je suis une battante.

De son couple, on ne voit plus qu'elle. L'état de santé de Jacques Chirac se détériore. Elle protège son image, puis est hospitalisée à son tour, affaiblie par le décès de leur fille aînée en 2016.

Bernadette Chirac est quand même présente à l'hommage pour Simone Veil, puis abrive la gaillarde pour l'inauguration d'une avenue dédiée à son couple. Très discrète aux obsèques de Jacques Chirac, elle n'était pas présente à l'hommage national. L'adieu à son mari, elle l'a fait dans la cathédrale des Invalides, dans la plus stricte intimité.

En juillet En mai 2025, elle est élevée au rang de chevalier de la Légion d'honneur pour son engagement auprès des hôpitaux. On ne verra pas l'ancienne première dame à cette cérémonie. Elle vivait avec sa fille Claude et ne s'est pas montrée publiquement les dernières années de sa vie. – Allez, une journaliste politique m'entoure pour évoquer Bernadette Chirac dont on vient d'apprendre la mort à l'âge de 93 ans.

C'est sa fille Claude Chirac, fille de Bernadette et de Jacques Chirac, qui l'annonce à l l'agence France Presse à l'instant, Jérémy Trottin, Loïc Besson, bonjour Loïc, Victor Hérault. – Bonjour. – Or Antenne, vous me disiez à l'instant, Bernadette Chirac incontestablement figure populaire. – Oui, figure populaire et puis allié à Jacques Chirac.

Ils se sont rencontrés à Sciences Po, avaient des origines sociales un petit peu différentes. Lui, l'oroturier, elle, la noblesse, lui venant plutôt du Parti communiste à ce moment-là, et elle de la droite de la droite, en tout cas. C'est une vie, c'est un couple les Chirac qui ont subi un certain nombre d'épreuves à la fois personnelles familiales et au sein même de leur couple.

Et puis c'est un couple aussi extrêmement politique. Quand Jacques Chirac est à l'Elysée, c'est à ce moment-là, grosso modo, que Bernadette Chirac engrange encore davantage de popularité, devient parfois un petit peu gênante aussi dans le fonctionnement de l'État, n'hésitant pas à critiquer vertement certains proches de Jacques Chirac comme Alain Juppé, critiquant aussi le choix de la dissolution. Ils n'avaient pas la même personnalité.

L'un et l'autre, ils étaient d'une certaine manière complémentaires et s'entraidaient chacun dans leur rôle. Et je pense que vivre avec les Chirac devait être assez drôle aussi parce que nous on les observait peut-être un petit peu de loin, les Français aussi. Et c'est vrai qu'elle a été quelqu'un d'extrêmement politique allant sur le terrain, élue de Corrèze, élue cantonale, municipale, remontant les préoccupations des Français quand Jacques Chirac lui était à l'Elysée c'est un personnage assez intéressant qu'on appelait aussi la tortue et qui a parfois troublé un petit peu la politique aussi le rapport qu Il y avait Jacques Chirac avec sa fille Claude, qui était sa première conseillère en termes de communication.

Ça fait aussi l'objet d'un film assez récemment et assez drôle. Et puis il y a aussi ces méandres un petit peu personnelle, ces difficultés au sein propre de la famille avec une fille Laurence qui avait eu beaucoup de difficultés dans sa vie et qui était la phase un peu secrète de la famille Chirac. La mort de Laurence en 2016 avait marqué à Bernadette Chirac, bien sûr la mort de son époux aussi.

Elle disparaît aujourd'hui mais elle fait partie du patrimoine français, notamment aussi avec les fameuses pièces jaunes. Bien sûr, son engagement, l'engagement de Bernadette Chirac pour les pièces jaunes nous reste...

Oui, c'est notamment ça qui lui avait fait gagner beaucoup de popularité auprès des Français. Bernadette Chirac est devenu un personnage à part entière, même s'il faut se souvenir quand même que ça a mis du temps pour elle de trouver sa place aussi forcément dans l'ombre de son mari qui avait cette carrière politique, qui a été élue présidente de la République en 1995 et au début c'est vrai qu'elle avait une image très austère d'ailleurs. La fille du couple Chirac, Claude Chirac, qui était donc la principale conseillère en communication en effet du président, a parfois cherché à mettre Bernadette Chirac de côté parce qu'elle pouvait entacher l'image populaire de Jacques Chirac.

Et c'est vrai que Bernadette Chirac l'a assez mal vécu, ça a souvent été raconté jusqu'à justement se construire cette image de proximité avec les Français, bien sûr à travers l'association Pièces jaunes pour laquelle elle était très active, mais elle a aussi souhaité maintenir elle aussi sa propre carrière politique. Oui, elle aura été la seule première dame à avoir elle-même exercé un mandat politique sur son nom propre. Oui et pas des moindres d'ailleurs en Corrèze où elle était très investie, où elle voulait montrer que bien qu'elle était en première dame à Paris, elle souhaitait rester une élue locale.

Elle a quand même réussi des coups. Elle a fait venir Hillary Clinton en Corrèze. Ça avait évidemment surpris plus d'un.

Alors bien sûr, elle bénéficiait de ce statut de première dame qui lui a offrait quelques avantages. Mais voilà, elle n'a jamais cherché à n'être que l'ombre de son mari. C'est ce qui lui a aussi rendu quelques difficultés à exister tout en étant bien sûr un un soutien et un appui sans faille, toujours pour Jacques Chirac.

Et c'est vrai que les deux, finalement, sont inséparables, sont indissociables. Tout le monde connaît les Chiracs et tout le monde connaît autant Bernadette Chirac, finalement, que l'ancien président de la République. Bernadette Chirac qui s'est éteinte dans la soirée, paisiblement entourée des siens.

Elle venait d'avoir 93 ans. Elle avait eu 93 ans le 18 mai dernier. Voilà, c'est une courte déclaration de la fille de Bernadette et de Jacques Chirac, Claude Chirac qui annonce donc la mort de Bernadette Chirac ce matin à l'âge de 93 ans.

Bonjour Alexis Cullier. A quel souvenir vous renvoie Bernadette Chirac ? Nous avons déjà dit beaucoup de choses.

C'était une première dame qui avait été très populaire, notamment dans la deuxième partie, dans le deuxième mandat de Jacques Chirac entre 2002 et 2007. Dans un premier temps, l'histoire qui a été beaucoup racontée, Loïc Besson le rappelait, c'est une première dame qui était parfois jugée comme un peu austère, qui avait été mise de côté par l'entourage le plus proche de Jacques Chirac et notamment sa fille, Claude Chirac d Ayer racontait souvent que cette version avait été un peu exagérée par certains proches et qu'elle n'avait pas été aussi à l'initiative d'une mise de côté de sa propre mère. Claude Chirac était la conseillère particulière de son père.

Elle a beaucoup travaillé avec Jacques Chirac. Mais dans cette famille, il y avait beaucoup de politique parce que Bernadette Chirac, c'est une première dame très politique, une élue locale très ancrée qui a tenu beaucoup à ses engagements en Corrèze, ses mandats pendant très longtemps au Conseil Général de Corrèze. Et puis quelqu'un dont beaucoup saluaient aussi le sens politique.

C'est quelqu'un qui avait perçu en 2002 qu'il pouvait se passer quelque chose que jacques chirac pouvait faire face dans un second tour à une surprise à la montée du front national à l'époque on sait bien sûr le séisme politique qui a été le 21 avril 2002 il avait avait été raconté qu'elle avait eu parfois le sentiment que des choses pouvaient se passer, que le Front National était sous-estimé par les partis politiques à l'époque, alors que l'on était à ce moment-là dans la construction de l'UMP, la droite unie, cette droite du centre droit jusqu'au gaullisme, droite qui a servi plus tard à ce que Nicolas Sarkozy puisse être élu. Et l'ancien président Nicolas Sarkozy a beaucoup témoigné du soutien très important que Bernadette Chirac lui avait témoigné alors même qu'on sait qu'entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy c'est une histoire de filiation très compliquée. Bonjour Alain Duhamel, merci Alain d'être avec nous en direct alors que l'on vient d'apprendre la mort de Bernadette Chirac à l'âge de 93 ans, première dame emblématique Alain de la 5ème République.

Oui c'est surtout je crois celle qui a eu le plus de personnalité et d'influence politique. Ça Ça ne signifie pas du tout que son mari suivait ses conseils, mais elle, elle les donnait. Et elle les donnait carrément.

Elle n'hésitait pas d'ailleurs à le faire savoir. Et bon, c'était une C'était une femme intelligente, c'était une femme cultivée, c'était une femme qui se passionnait pour la politique dès qu'elle était à Sciences Po en même temps que Jacques Chirac et qui a toujours eu une influence politique et des positions politiques. Et ces positions, ça n'était pas toujours celle de son mari et il faut bien dire qu'en au moins deux ou trois circonstances, c'est plutôt elle qui avait raison que lui.

Sur quoi par exemple – C'était le cas à propos de la fameuse dissolution qui a été une catastrophe pour la droite, qui a remis la gauche en selle, qui a changé les choses. Elle était contre. Bon, de même, elle considérait que Villepin était un danger public et elle ne se gênait pas pour le proclamer.

Elle l'appelait Néron, entre autres chose et elle disait ce qu'elle en pensait. Et puis c'est quelqu'un qui a eu non seulement une affleuse politique, mais d'abord elle a eu un mandat politique personnel puisqu'elle a été longtemps conseillère générale de Corrèze, mais c'est parce que ça l'intéressait vraiment et elle a toujours dit à son mari ce qu'elle pensait. Ce n'était pas toujours des points d'accord, tant s'en faut, ça Ça a agacé quelquefois, ça a intéressé d'autres fois.

Bon, c'était une femme qui avait une très forte personnalité, qui aimait dire ce qu'elle pensait. Moi, je me rappelle beaucoup de conversations avec elle où elle me disait ben là je suis pas d'accord ça je trouve ça bien ou bien je suis pas d'accord avec vous mais enfin c'était une femme qui s'intéressait énormément à la vie politique et qui a eu une influence. Alors par ailleurs elle était très maîtresse de maison à l'Elysée, c'est-à-dire qu'elle prenait vraiment les choses en main.

Je pense que de toutes les femmes de Président, c'est celle qui s'est le plus comportée en responsable du fonctionnement matériel et social, évidemment pas politique, mais matérielle et sociale de l Élysée. Bon, elle avait...

Elle disait ce qu'elle pensait de façon assez souvent assez rude et en même temps, elle pouvait être très sympathique et détendue dans d d'autres cas, elle n'avait pas de relation facile avec tout le monde. Elle avait son caractère, elle était assez autoritaire. Mais ce que vous nous dites ce matin, Alain, c'est qu'elle n'a jamais eu de mal à trouver sa place dans cet Je ne dirais pas qu'elle n'a jamais eu de mal, mais je dirais qu'elle a toujours parvenu à se tailler sa place.

À l'Elysée comme avant et comme après. Ça ne veut pas dire que le couple Elle fonctionnait toujours très bien, tant s'en faut. Ça ne veut pas dire qu'elle se faisait des illusions sur la vie privée, mais il n'empêche que d'une part c'était une forte personnalité, d'autre part qu'elle n'a jamais renoncé à rien, que comme première Notre-Dame, elle a impeccablement tenu sa place.

Et surtout, je crois que de toutes les femmes présidents depuis le début de la Ve République, je les ai toutes approchées, donc je peux comparer c'était celle qui était vraiment la plus politique et ayant, c'est ça qui est sa personnalité, ses idées personnelles. – Restez avec nous Alain Victor Hérault. vous souhaitez intervenir.

C'est ça qui est très intéressant avec Bernadette Chirac, c'est le côté c'est un être politique à part entière. Elle n'est pas dans le prolongement de Jacques Chirac elle n'est pas dans l'ombre de Jacques Chirac elle est à côté de Jacques Chirac et elle existe indépendamment de Jacques Chirac. Je crois d'ailleurs, puisqu'on dit depuis tout à l'heure l'expression « première dame », j'estime que Bernadette Chirac est celle qui a le plus contribué à l'importation de ce thème de « première dame » puisqu'il n'y a pas de statut de première dame en France.

C'est un terme qui vient des États unis on l'a calqué un peu par imitation des états unis mais c'est bernadette chirac qui part son activité politique et par son expression indépendamment du président de la république qui a contribué à l'émergence de cette expression en france la première dame n'est pas le président de la République, elle n'est pas dans l'ombre du président de la République. Elle est une entité politique à part entière qui cohabite à l'Élysée. Ça c'est quelque chose de très intéressant et sur le caractère il est vrai qu'il faut rappeler dans le tandem des Chirac, vous disiez la complémentarité, moi je me souviens aussi de toutes les scènes où Jacques Chirac, ça faisait partie de son personnage qui pouvait avoir peut-être les yeux ou le cœur un peu baladeur.

On se rappelle de Jacques Chirac qui le corrigeait, qui le rattrapait ou dans ses expressions ou dans ses excès qui revenait à la charge, qui n'avait pas peur de monter sur scène pour corriger son mari, qui était pourtant président de la République. On se souvient assez nettement ce matin de scènes cocasses, il faut bien le dire, d'une Bernadette Chirac, Ouspillon et son mari ou d'autres personnes lorsqu'elle estimait que la situation n'était pas exactement celle qu'elle aurait souhaité ou géré. Bruno Jeudy vient de nous rejoindre.

Bonjour Bruno. Quels souvenirs vous reviennent en mémoire de Bernadette Chirac ce matin, dont on a fond la mort à 93 ans ? Alors moi j'en ai beaucoup parce que j'ai beaucoup suivi cette période-là.

Bernadette Chirac, je l'ai même accompagné dans son premier meeting au Havre, ses premiers déplacement lorsqu'elle décide de sortir de l'ombre. Annette Chirac, elle a passé un mandat à l'Elysée, enfin en tous les cas cinq ans où elle rentre, elle n'est pas du tout un personnage qui est calculé par l du président de la république jacques chirac jacques chirac lui même mais il n'existe quasiment pas et c'est dans la fin de la cohabitation où elle va apparaître au grand jour d D'abord par son poste d'élu, elle est conseillère générale à l'époque de Corrèze. Et au fond c'est à partir de ce mandat qu'elle a exercé pendant très longtemps qu'elle va gagner, conquérir son existence, j'allais dire d'abord comme première dame, comme élément dans le dispositif politique de son mari qui prépare sa campagne pour sa réélection et dans des conditions difficiles, lui-même est dans une position compliquée, Lionel Joss-Marie en tête dans les sondages, Jacques Chirac peine à retrouver un peu de lumière auprès des Français.

Dans son camp politique, il est discuté, il est disputé, il est même contesté plusieurs personnes, plusieurs hommes politiques de son camp vont se présenter contre lui, mais c'est elle finalement qui va lui permettre de reconquérir sa place. D'abord justement par la Corrèze où elle décide d'exister, elle commence petit à petit à prendre un peu la confiance, elle voit quelques journalistes, elle explique ce qu'elle fait et elle va organiser elle-même la reconquête avec des opérations qui sont devenues, qui font partie un peu de la légende de cette première dame, la venue de Hillary Clinton à...

Oui c'est ça, c'est Hillary Clinton en Corrèze. C'était quand même un événement absolument incroyable, la voiture de la première dame américaine dans les villages corésiens, ce qui reste quand même une journée assez dingue. A partir de là, elle voit aussi l'attention médiatique se porter sur elle et il va se passer d'autres événements à l'occasion des municipales de 2001.

C'est là où véritablement, elle devient une personnalité essentielle autour dans le dispositif de Jacques Chirac, puisqu'elle décide de faire ce que la presse va baptiser le Bernadette Tour, où elle va aller soutenir les candidats au municipal, les candidats de droite au municipal. Ça commence au Havre, dans la ville d'Antoine Ruffenac, le prédécesseur d'Edouard Philippe, qui deviendra le directeur de campagne de Jacques Chirac. Et là, elle fait une première réunion où elle lit un papier comme quelqu'un qui débuterait un peu dans la carrière des meetings.

J'étais là et c'était assez assez étonnant, mais ça marche. Les gens sont là, viennent la voir. Elle a des positions plus à droite que son mari.

Elle arrime une droite. Elle fait revenir une droite qui était déçue par la dissolution, qui était déçue par les positions de Jacques Chirac après l'espoir qu'il avait fait naître dans sa première campagne. Elle fait revenir une partie de cette droite.

À l'Élysée, les gens commencent à la regarder autrement, notamment sa fille Claude Chirac qui voit aussi l'atout qu'elle peut devenir. Vous diriez qu'il y avait une répartition des rôles en quelque sorte, même implicite entre Jacques et Bernadette Chirac ? Pas du tout au début, c'est elle qui veut trouver sa place auprès de son mari et qui devient une première dame qui va exister fortement et qui va s'inscrire dans le dispositif, qui va s'imposer en quelque sorte dans le dispositif politique.

Alors c'est vrai que son mari, il laisse faire aussi, il voit bien que ça marche, ça marche. Le Bernadette Tour, elle va soutenir les candidats au municipal, elle fait un tour de France où on demande qu'elle vienne soutenir tel ou tel candidat. Et les municipales de 2001, il ne faut pas oublier à cette époque-là, sont aussi un élément de la reconquête de la droite puisqu'elles sont plutôt porteuses de victoire.

Et donc Bernadette Chirac s'inscrit à ce moment -là dans le dispositif. Elle va écrire ce livre avec notre confrère Patrick Carolis, Conversation qui a un immense succès d'édition et là elle se met à signer, à faire des séances de dédicaces dans toute la France et elle poursuit son tour de France. Entre autant, Jacques Chirac s'est lancé dans la campagne.

Il a choisi comme directeur de campagne Antoine Ruffinac qui aime beaucoup Bernadette Chirac. Et Bernadette Chirac, elle va aussi pendant cette campagne apparaître et être un véritable atout, jusqu'au soir de ce fameux premier tour où au fond Jacques Chirac commence par féliciter et remercier Bernadette Chirac pour le flair qu'elle a eu. Et au fond, vous voyez monter elle aussi le Rassemblement national dans l'opinion.

Et sans doute que sa présence aux côtés de Jacques Chirac a aidé Jacques Chirac à être au deuxième tour. En tous les cas, ce n'est pas la seule raison. Ce serait exagéré de dire ça.

Mais ça a fait partie des éléments de cette folle campagne de 2002. Jacques Chirac n'avait pas beaucoup d tout dans son jeu au début de la campagne, il a sans doute été bien content d'avoir celui de Bernadette.