Laurent Jacobelli : "Dès que possible nous souhaitons une dissolution de l'Assemblée !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:05OuverteRéponse directe
Laurent Jacobelli, vous êtes le représentant député RN de Moselle, porte-parole du Rassemblement National.
- 0:11OuverteRéponse directe
Ce soir, le Premier ministre a eu des propos très tranchés sur Marine Le Pen. Est-ce que vous y avez été sensible ?
- 0:45RelanceÉludée
Il a quand même été très loin. On peut réécouter peut-être la séquence.
- 1:08OuverteRéponse directe
Il a assumé ce soir, et c'est une des caractéristiques de cette émission, des principes.
- 2:48OuverteRéponse directe
Pour le reste, je serais plus critique.
- 3:29OuverteRéponse directe
Il disait, quand il était garde des Sceaux, qu'il y a un sentiment d'insécurité.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« Ces attaques judiciaires contre Marine Le Pen sont injustes et en tout cas, personne ne comprendrait. »
- 8:13Invité politiqueChiffre
« Il y a 12 milliards et demi d'impôts supplémentaires qui vont s'abattre sur les entreprises. »
- 11:24Invité politiqueFait
« Moi, je ne sais pas ce qu'il veut faire sur l'immigration. J'ai rien compris. »
- 11:53PrésentateurFait
« Il considérerait que dès que possible, une dissolution sera d'actualité, sera souhaitable. »
- 12:01Invité politiquePromesse
« Nous espérons qu'il y aura une dissolution pour que nous ayons une majorité. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli33 %
- Présentateur17 %
- Invité14 %
- Invité 212 %
- Invité 311 %
- Invité 411 %
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Laurent Jacobelli, vous êtes le représentant député RN de Moselle, porte-parole du Rassemblement National. Merci beaucoup, bonsoir. Ce soir, le Premier ministre a eu des propos très tranchés sur Marine Le Pen. Il donne par exemple tort, il faut dire les choses, à la justice sur la question de l'accusation concernant les assistants parlementaires. En substance, il dit, il prend le parti de la Défense. Est-ce que vous y avez été sensible ?
Bonsoir. Oui, écoutez, c'est une preuve d'honnêteté intellectuelle de la part du Premier ministre qui a, je crois, répondu à vos questions, en tout cas en la matière, au-dehors des clivages habituels, sans faire d'attaque à dominem. Et c'est vrai, il dit ce que nous disons. Ces attaques judiciaires contre Marine Le Pen sont injustes et en tout cas, personne ne comprendrait. Vous dites merci, merci François Bayrou ? Je ne dis pas merci François Bayrou, mais je dis en tout cas que son...
Ça vous arrache la bouche ? Non, pas du tout. Il a quand même été très loin. On peut réécouter peut-être la séquence. Il va extrêmement loin, pardon. Peut-être parce qu'il a vécu la même chose que nous. Pardon de vous couper, mais effectivement, il va extrêmement loin, je ne sais pas si vous avez entendu la même chose, dans le... Il prend ouvertement parti de Marine Le Pen contre le parti de la justice. En étant Premier ministre, c'est quand même quelque chose.
Il a assumé ce soir, et c'est une des caractéristiques de cette émission, des principes. Et ce principe-là, qui consiste en effet à trouver un sujet injuste, si je puis dire, les accusations...
Le réquisitoire. ...dans l'affaire. Contre le réquisitoire.
Oui, les réquisitoires. Alors que lui-même, on le rappelle, a été mis en cause dans l'affaire des eurodéputés européens, il l'a assumé totalement. Comme il a assumé le fait que le Rassemblement National ne participerait pas à un gouvernement d'Union Nationale, comme il a affirmé qu'il ne fallait mépriser aucun des électeurs, et surtout pas, c'est ce qu'on a compris, ce, justement, de Marine Le Pen. Il a ainsi... Il y a d'autres principes qu'il a dit. Sur la fin de vie, c'était très frappant aussi. Il a complètement assumé le choix, très contesté par exemple par la présidente de l'Assemblée Nationale, mais on y reviendra, de couper en deux le texte.
Mais sur le Rassemblement National et sur ce sujet-là, c'est vrai que Marine Le Pen, ce soir, a dû boire du quillet, non ? Laurent Jacobili.
Rien qu'avoir le sourire de Laurent Jacobili.
Non, je souris parce que je suis en agréable compagnie. Non, non, effectivement, je dois dire, et nous l'avons toujours dit d'ailleurs, de M. Beyrou, il est un démocrate sincère, il reconnaît les oppositions, et il n'est pas dans cette forme d'arc républicain qui viserait à exclure les uns, parce qu'il ne pense pas comme vous. Il a toujours été dans le sens de la démocratie. Par exemple, avec les signatures pour les parrainages, il a toujours dit qu'il était anormal que des candidats qui représentent des larges mouvements d'opinion puissent être empêchés de participer aux élections à cause des parrainages. Je crois que là-dessus, il n'a jamais changé d'avis.
Je vais vous dire, s'il y a bien un point sur lequel le Rassemblement National et le Modem ont des points communs, c'est sur la vision de la représentation démocratique, que ce soit par la proportionnelle, par la banque de la démocratie, ou par le droit qu'a chacun d'être représenté.
Pour le reste, je serais plus critique. Les mots ont un point quand le Premier ministre dit qu'on est proche du sentiment de submersion. Guillaume Roquette sait quelque chose, hein ?
Oui, mais tous les mots comptent. On se focalise sur le mot submersion. Pourquoi ? Parce qu'il a été utilisé par le Rassemblement National, le concept de submersion migratoire. Mais il faut bien écouter François Bayrou. Il dit qu'il y a un sentiment de submersion migratoire. Ça veut dire quoi, le sous-titre ? Ça veut dire, ok, j'entends ce que pensent les gens du Rassemblement National, mais sur le fond, je ne suis pas d'accord avec eux. Parce qu'Éric Dupond-Moretti disait exactement la même chose en parlant de l'insécurité. Il disait, quand il était garde des Sceaux, il y a un sentiment d'insécurité. Il a parlé de proportion, ce que ne disait pas du tout le garde des Sceaux.
Il parle de proportion objective, là, vous n'êtes pas tout à fait... Il dit, il suffit de voir les faits divers. On a le sentiment qu'il y a une origine. Il a répété ce mot-là. Et moi, je pense que, dans l'esprit de François Bayrou, le sentiment s'oppose à la réalité. C'est pour ça que je ne pense pas qu'il y ait ce soir, qu'il y ait ce soir, pardon, un tournant dans la position de François Bayrou sur l'immigration.
Il aurait dû aller plus loin, Guembroquette ?
Non, parce qu'il est assez cohérent, parce qu'il dit, nous avons besoin d'immigration. Nous avons besoin de cette immigration, de travail. Et il pense que si les immigrés qui arrivent en France ont un travail, ils pourront s'intégrer. Il dit, s'il y a le travail, la langue, et puis le respect de notre façon de vivre. Ça veut dire qu'il est dans une logique qui est positive. Et c'est d'ailleurs son droit le plus strict. Mais c'est pour ça que je comprends qu'il ait du mal, qu'il ne veuille pas plus exactement trancher. puisque quand Darius Rochemin lui pose la question, est-ce que l'immigration est une chance pour la France ? Oui ou non ? Il dit, les deux. Mais tout est dans ces deux mots.
Mais je pense qu'il est sincère d'ailleurs. Je pense que ce n'est pas forcément ou seulement du calcul. Il y a aussi cette idée, ok, je vois bien, parce que je ne suis pas sourd ni aveugle, qu'il y a un problème au niveau des Français, mais néanmoins, je n'ai pas fondamentalement trouvé d'avis.
Je crois que Guillaume Roquette n'arrive pas à comprendre ce qu'est un centriste et un versement. Là, il y a vraiment deux logiques, c'est comme ça. Je ne suis pas assez intelligent. Ou le contraire, je ne sais pas, je ne juge pas. Mais en tout cas, ce sont deux mondes. Effectivement, à la droite que vous représentez, les centristes, il y a quelque chose qui ne se comprendront jamais.
On a eu pendant une heure et demie un pur exercice de centriste, comme on a rarement vu sous la Vème République.
Et ça vous a plu ?
Ah oui, mais moi, enfin, ça m'a plu. Oui, mais ça m'intéresse beaucoup, parce que c'est une sensibilité dont je suis assez proche. Est-ce que c'est habile, cette façon, effectivement, au moins de durer ? Non, mais je pense que cet exercice-là, d'abord, il est très sincère. Ça a été dit très authentique. Il est comme ça. Moi, je le connais très bien depuis très longtemps. Il est comme ça. Il a toujours été comme ça. Il ne changera pas. Et il pense aussi, je pense que vous avez dû le voir avant de préparer cette émission, ce qui est normal. Moi, je l'ai vu aussi le même jour, d'ailleurs, pour autre chose.
Et il pense vraiment qu'il est là, exactement là où il faut, au moment où il faut, et que la situation politique et arithmétique que la composition de l'Assemblée impose qu'il soit là et impose le compromis. Et que pour faire des compromis, c'est lui qui est le mieux placé. Voilà ce qu'il pense. D'où l'exercice d'équilibriste. Alors, je dis exercice de pur centrisme, exercice d'équilibriste. Parce qu'on pourrait ajouter que sur l'immigration, vous avez posé à juste titre la question sur le référendum. Il aurait pu dire, oui, il faut d'abord passer par un référendum pour adapter la Constitution. Et pourquoi pas ? Il a clairement dit non. Est-ce qu'il y a une jubilation ?
Il a l'air heureux déjà. Ça, on ne peut pas lui retirer. Il est très bien dans ses baskets. Ça, c'est sûr.
Il a l'air effectivement très heureux. Il nous a beaucoup parlé de lui, de sa philosophie, parfois de manière très éthérée. Moi, j'ai pensé aux téléspectateurs qui vous regardaient et qui attendent des réponses concrètes, qui veulent qu'on leur parle de leur vie, de leur sécurité, de leur pouvoir d'achat, de leurs impôts, de comment ils vont prendre soin de leurs aînés, de leur sécurité. Ils vont se coucher ce soir en n'étant pas plus intelligents, pas plus informés. Ce n'est pas si clair. Quand ils sont arrivés, on a eu comme ça l'impression d'avoir un Premier ministre dans les Nîmes, comme ça qu'il survolait les choses, qu'il faisait parfois de la philosophie.
Assez intéressante d'ailleurs. Au moment où on attend quand même un homme d'action, d'action concrète, dans un moment où notre pays va mal. Mais ce soir, on ne sait pas comment il va relancer l'économie. Mais il ne peut pas trancher avant la commission mixte paritaire. Ce soir, il peut bien avoir une idée quand même, la commission mixte paritaire.
Non, il ne peut pas dire je fais confiance à l'Assemblée nationale et dire voilà mon avis, ce n'est pas possible.
Vous avez beaucoup plus d'expérience d'analyse de la Ve République que moi, et vous savez très bien qu'un Premier ministre parle à des députés, des députés de son camp, pour influer sur les choses. Mais dans une situation... Donc ne me faites pas croire que c'est le spectateur, sinon c'est très grave.
C'est la première fois sous la Ve République, la majorité n'existe pas. Donc c'est vrai que les comparaisons ne sont pas si nombreuses. Il a fermé des portes. La question de Darius était précise. Les profs, il y aura bien 4000 profs en plus. 7 heures d'aide d'hommage gratuite, il n'y en aura pas. Il y a eu plusieurs précisions quand même. Pas d'impôt supplémentaire sur les ménages, vous dites ?
Alors moi je trouve que ce n'est pas clair. Effectivement, pas d'impôt en 25 pour les classes moyennes. Mais est-ce qu'on considère que la hausse des droits lorsque l'on achète un bien immobilier par exemple n'est pas un impôt déguisé ? Est-ce qu'une taxe sur les sodas n'est pas un impôt déguisé ? Il y a 12 milliards et demi d'impôts supplémentaires qui vont s'abattre sur les entreprises. Ça veut dire moins d'emplois. Quand on attaque le coût de l'immobilier, etc. Ça veut dire moins de pouvoir d'achat. Donc il y a un impact sur la vie des Français.
Est-ce qu'il vous inquiète ? Est-ce que François Bayrou peut manger un peu la laine sur le dos du RN ? Avec Retailleau. Avec des déclarations comme celle-là, c'est une façon aussi d'entendre une partie d'un sentiment, d'une partie de l'opinion. Est-ce qu'il peut manger un peu du territoire du RN ?
Moi je trouve très intéressante la réaction de Guillaume Roquet comme celle de M. Giacobelli, sans vouloir du tout vous mettre dans le même sac. Pardonnez-moi Guillaume. Pardonnez-moi M. Giacobelli. Mais si vous voulez, c'est qu'au fond, et c'est un peu le problème du centrisme, vous avez dit j'adore les centristes. Je n'ai pas dit ça, c'est une sensibilité qui est proche de la mienne. Oui, mais je trouvais l'exercice très intéressant ce soir. Je suis entièrement d'accord avec vous. Si ce n'est que ce qu'on peut voir, c'est que quand les positions sont tranchées, personne n'est au fond satisfait. Et c'est-à-dire que ça va être ça.
Et quelque part, tout à l'heure, Darius, vous lui avez dit, finalement vous avez en quelque sorte choisi le Parti Socialiste. Vous avez dit, non, non, moi je ne choisis personne. Et effectivement, à force de vouloir faire des signaux à tout le monde, sans qu'on sache vraiment, la droite, elle entend sentiment d'insécurité. Elle entend sentiment de submersion. Elle n'entend pas la question aussi tranchée que vous le dites. Et au fond, elle ne retrouve pas Retailleau. Moi, je l'ai retrouvé, vous voyez, mais pas Guillaume Roquet. Vous, vous trouvez qu'il manque de précision.
Mais maintenant, mettons-nous un tout petit peu à sa place, dès qu'il précisera quoi que ce soit, vous allez lui tirer dessus, comme le PS va lui tirer dessus. Et il sera attendu à chaque fois qu'il va se dévoiler, à chaque fois qu'ils ont dit, par exemple, la fiscalisation des retraites, ça n'est pas possible, lever de bouclier. Il a renoncé, d'ailleurs. Non, mais je suis d'accord, il a renoncé. Les heures en plus, renoncement. Donc, si vous voulez, bien sûr qu'il n'annonce rien, puisqu'à chaque fois qu'il annonce quelque chose, et il envoie ses ministres d'ailleurs, de façon très habile, c'est pas lui qui fait les annonces.
Lui, il les retire quand elles vous déplaisent, à vous les politiques. La question, c'est que maintenant, vous lui dites, vous n'êtes pas précis, mais au moment où il le sera, tous les fusils seront armés contre lui.
Mais, vous savez, l'échéance est la même. Après la fameuse commission mixte paritaire, on aura un budget qui nous sera donné d'accepter ou de ne pas accepter. Et il y aura, qu'il y a un 49-3, toujours la même menace de censure. Donc, ce moment de vérité, il existera. Et puisque M. Bérou se dit un homme de dialogue, il est important qu'on sache avant où il veut aller, pour justement lui dire, attention, M. le Premier ministre, là, c'est une ligne rouge où, bon, d'accord, on peut aller dans cette voie-là, M.
le Premier ministre, mais si on n'a pas cette phase-là, on va se retrouver après la commission mixte paritaire et il ne va pas comprendre ce qui lui arrive, soit parce qu'il passe à travers les gouttes, et ce sera, j'imagine, une bonne surprise pour lui, parce qu'on a compris ce soir qu'il voulait durer, à peu près aussi longtemps, probablement, que l'interview, mais... – C'est pas très gentil.
– Mais, mais... – Qu'est-ce qu'il est peau de vache ?
– Non, il n'est pas très bon camarade.
– Il est jaloux, il est jaloux, vous faites une interview du Zéry.
– Soit, je pense que j'en aurais dit plus en 10 minutes quand je fais un mineur. – Si un jour vous êtes Premier ministre, M. Jacobi, – Mais, en tout cas, soit il aura la censure, donc c'est important de le savoir avant. Moi, je ne sais pas ce qu'il veut faire sur l'immigration. J'ai rien compris. – Ah si, par exemple, le droit du sol,
le droit du sol, vous avez précisément répondu, – Sauf à Mayotte. – Et pas à Métropole, vous n'êtes pas d'accord.
– Ah bah oui, mais il l'a dit, il l'a dit. Donc il a pris le parti de M. Lombard et pas le parti de M. Retailleau.
C'est pas un très bon sens. – Quel est votre souhait ? Il y a, au RN, semble-t-il, plusieurs lignes. J'ai entendu M. Bardella dire, dites-moi si je me trompe, qu'il considérerait que dès que possible, une dissolution sera d'actualité, sera souhaitable. – Inévitable, il l'a dit. – Voilà, inévitable. – Est-ce que c'est l'avis du parti en général ? – Tout à fait. – Ça veut dire que dès que possible, vous espérez que ce gouvernement tombe par une dissolution ? – Nous espérons qu'il y aura une dissolution pour que nous ayons une majorité, pour éviter justement d'avoir un Premier ministre. – Dès la rentrée septembre prochain, en gros.
– Dès que c'est possible, je crois que c'est possible en juillet, ce qui veut dire que ça ne peut pas avoir lieu avant août ou septembre, et effectivement, il faut le faire. Il faut le faire pour éviter d'avoir un Premier ministre qui dit le contraire de tout, et à nouveau le contraire de ce qu'il a dit avant.
– Quelle que soit la décision de justice du 31 mars ?
– Mais bien sûr, quelle que soit la décision de justice, il faut une majorité à ce pays. Il faut un objectif clair, il faut des mesures claires. – On va ouvrir les chapitres économiques. – Merci beaucoup. – Eh bien que ce n'est pas le cas.
– Merci beaucoup Laurent Jacobéli. – Merci à vous.
Laurent Jacobelli