Mobilisation des agriculteurs : la FNSEA promet des actions symboliques "dans tous les départements"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour Arnaud Rousseau. Bonjour avec les agriculteurs. Vous appelez à la mobilisation he ce matin pour faire pression sur les députés.
On va revenir sur le fond. Mais d'abord, savez-vous combien d'agriculteurs ont quitté leur exploitation pour venir manifester à Paris ? Et bien écoutez, ce matin à Paris, nous aurons environ 200 à 250 agriculteurs avec quelques tracteurs parce que l'objectif c'était plutôt une représentation symbolique à Paris.
Vous savez que les agriculteurs sont en plein travaux en ce moment euh de récolte des fourrages de semi et que donc l'essentiel des actions se mèneront en région comme elles ont déjà commencé. Euh il était pas question de bloquer la capitale ? Il n'en a jamais été question et j'ai entendu plusieurs commentaires depuis le début.
Pour nous, vous savez, l'objectif n'est pas de d'ennuyer les Français. L'objectif encore une fois est d'aller au terme du message que nous avons porté il y a 1 an et demi et qui consiste à dire que l'agriculture française est en danger et qu'on a parler des messages mais encore une fois sur les sur les blocages. Vous nous parlez de la capitale.
Est-ce que dans d'autres régions, il va y avoir des actions spectaculaires, des blocages dans d'autres villes ? Oui, dans tous les départements, il y aura des actions qui vont euh prendre effet entre aujourd'hui et mercredi. Plutôt de l'ordre du symbole encore une fois parce que les agriculteurs sont au travail.
Mais pour nous, c'est important de continuer à dire que ce texte est attendu parce qu'il a des impacts dans les cours de ferme et qu'il ait pour nombre d'agriculteurs, ce qui est attendu depuis un an et demi. La loi du plite du plomb qui vise à à lever les contraintes sur les agriculteurs doit être examiné à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Il faut à tout prix que le texte passe pour vous.
Bon, d'abord c'est un texte et comme tous les textes, il fera l'objet, il a fait l'objet et il continuera à faire l'objet de de débat. Mais pour nous évidemment, il est attendu, il est très attendu ce texte parce que nous avions eu une loi d'orientation agricole il y a quelques semaines qui posait le cadre générique mais dont le le le caractère concret dans les cours de ferme aujourd'hui est n'est pas visible. Or, dans cette proposition de loi portée par des sénateurs, il y a des choses très concrètes.
Quand on parle du stockage de l'eau, quand on parle de l'utilisation d'un certain nombre de de de matières active, quand on parle euh la possibilité euh d'avoir euh moins de papiers quand on a quelques vaches supplémentaires, on va rentrer dans le détail du texte, mais quand même sur l'appréciation générale de cette loi pour les agriculteurs de la confédération paysane. C'est une loi mortifère, je cite, qui lève les gardes-de fous de l'agroindustrie quand même. agriculteurs pensent que c'est un mauvais texte pour la profession, ça pose question quand même.
Non mais vous savez le monde agricole est comme notre pays. Il y a des voix différentes qui s'expriment et d'ailleurs c'est ce qui fait la grandeur de notre métier. Mais je voudrais quand même rappeler que au moins les deux premiers syndicats c'estàd la FNSA lié aux jeunes agriculteurs et la coordination rurale appelle à ce texte.
Ça fait 4 d'ailleurs que le rédacteur de cette proposition de loi est lui-même un ancien membre de la FNSEA. il est agriculteur lui-même. On l'a vu ce matin d'ailleurs sur des images euh dans sa ferme.
C'est une loi écrite par les agriculteurs, par la FNSEA, pour les pour la FNSE. Pardon Japu ça me paraîtra un raccourci d'abord parce que ce texte est porté par plusieurs sénateurs et il a été cigné par 180 sénateurs. Donc on peut on peut cibler monsieur bien sûr mais vous savez le le sujet c'est qu'il arrive à l'Assemblée nationale.
Monsieur Luplomb n'est pas député et donc ça a été voté au Sénat de manière très largement majoritaire au mois de au mois de janvier. Le texte arrive à l'Assemblée nationale dont on sait qu'elle est plus morcelée depuis quelques mois. Donc l'objectif c'est évidemment euh que ce texte puisse passer la rampe de l'Assemblée nationale pour qu'ensuite il devienne effectif après une commission mixe paritaire et un vote conforme.
On va voir ça justement comment est-ce qu'il peut arriver à son terme ? Il faut quand même parler du fond et notamment de cette question des pesticides. Oui, pour ceux qui nous écoutent et comprennent ce qui joue avec cette nouvelle loi, il faut l'expliquer.
Le texte prévoit la réautorisation d'un néonicotinoïde, l'acétamide, pourtant interdit en France depuis 2018. Sur le sujet, le gouvernement est divisé, il faut le dire. La ministre de l'agriculture, elle vous soutient.
Elle y est favorable. La ministre de la transition écologique, elle s'y oppose. Écoutez, Agnè Panier Renachel est à votre place hier.
Dans un pays qui a interdit la la les néonicotinoïdes, je trouve que c'est dommage de réouvrir cette possibilité parce que on perd tous l'élan qu'on a fait d'investissement dans des alternatives et que on va se reposer la question dans quelques années parce que immanquablement une interdiction arrivera. On a investi, on va au bout. C'est ce qu'elle dit.
Vous le comprenez ça ? Oui, non seulement euh je le comprends mais mais je le partage ce qui nous différencieit évidemment et madame Panier Runacher était ministre euh de l'agriculture déléguée de l'agriculture il y a il y a quelques mois. Donc elle le sait aussi, c'est qu'aujourd'hui ce qu'elle ne dit pas c'est qu'on est dans une impasse dans un certain nombre de productions.
Et donc évidemment ce qu'elle ne dit pas non plus c'est que ce ce cette matière active est homologuée dans dans tous les pays européens. Moi, je voudrais pour les auditeurs qui nous écoutent être assez clair. Vous savez, les produits qu'utilisent les réulteurs sont des produits qui ont une homologation.
Comme quand vous allez acheter un médicament chez le pharmacien que ce produit, il est homologué dans 26 Étatsmembres sur 27. Il y a qu'en France qu'il est interdit sur une décision politique, non pas sur une décision scientifique. Et que ce qui permet aujourd'hui de le faire, c'est l'FSA, hein, c'est l'homologation européenne de ce qui homologue les matières actives.
Nous, on dit quoi ? On dit que si on a une alternative et qu'on peut se passer d'utiliser des pesticides, on le fait bien volontiers. Et d'ailleurs, ça fait 7 ans que c'est interdit.
Vous n'avez pas trouver d'alternative ? Non, elles sont elles sont en tous les cas dans un certain nombre de production parce que là aussi, disons tout, ce qui est dans le texte, ce n'est pas ce que j'entends partout, c'est que ce serait dérogatoire pour 3 ans pour quelques productions, la noisette, la pomme, la betterave de manière très encadrée parce que ces productions sont dans des impasses. Et moi, je voudrais aller au bout.
Si nous n'avons pas comme l'on les Allemands, les Italiens, les les Espagnols, cette matière active, ça veut dire qu'on ne produit plus en France. Et si on produit plus en France, on n'importe que c'est ça qu'on veut. Vous mettez en avant la concurrence des loyals.
Euh sauf que non, attendez, je vais plus loin. Moi, je je mets aussi la santé évidemment de tout le monde. Bah c'est ça la difficulté, c'est que effectivement sur la question de la santé, cet insecticide hein, donc c'est le seul autorisé par l'Europe jusqu'en 2033.
La France a fait un choix politique différent, vous l'avez dit, mais même s'il est moins dangereux que les autres néonicotinoïdes, euh il est jugé néfaste pour les abeilles par nombre de chercheurs indépendants et par les ONG de défense euh de l'environnement car ils perturbent leur système nerveux. Il persiste aussi dans le sol, dans l'eau et selon un avis rendu en 2016 de LFSA, ce que vous avez l'agence que vous avez cité, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, euh il a été identifié, je cite, un risque aigu et chronique élevé pour les oiseaux pour les lors de l'usage de ce produitlà. Donc ce principe de précaution, est-ce qu'il doit pas être mise en œuvre puisque comme il l'a été depuis 2018 ?
La question qui se pose. Oui. Et et cette question, elle est parfaitement légitime, mais je le redis, si ce produit dangereux dans ces conditions, l'autorité sanitaire européenne le retire.
Elle le retire pour tout le monde. Ça n'est pas le cas. Il est autorisé.
Et nous ce qu'on dit et là je rejoins Agnies Pagier Runaché, c'est qu'on a besoin de continuer la recherche et l'innovation. Et d'ailleurs sur la confusion à partir des odeurs, il y a quelques premiers résultats qui commencent à arriver. Comprends pas bien là, pardon.
Non, mais je dis que sur ce produit de demain, on pourra peut-être s'en passer si on a des alternatives, des solutions, ce que nous n'avons pas aujourd'hui sur les trois produits que j'ai cité, la betterave, la pomme et la noisette. et que avec de la confusion par les odeurs, ça permettra aux insectes de ne pas venir piquer. Donc la recherche innovation sont nécessaires.
Mais ce que encore une fois il faut comprendre que si on ne produit pas en France et qu'on importe du reste de l'Europe ou d'ailleurs notamment sur la noisette de la Turquie pour près de 60 % de ce que nous consommons en France, on aura pas avancé sur le plan de la santé publique et on aura mis la production agricole dans le mur. Est-ce que nous écoutez- je vais jusqu'au bout si vous permettez ? Ce qui compte pour nous c'est ce qu'on va mettre dans l'assiette des Français dans les 10 prochaines années.
Et nous sommes nous très soucieux de la manière dont on produit. Je voudrais dire ici que l'agriculture française est une des plus durables au monde. Ne nous mettons pas dans des impasses pour importer d'ailleurs souvent des choses moins disantes.
Je vois bien votre ambition. Le but le but le but c'est de pas mettre en danger la la santé à la fois de la la biodiversité, la mettre en danger et aussi la santé des des êtres humains. Mais alors pourquoi la logique n'est pas inversée ?
C'est-à-dire que la France a interdit ce produit depuis le 2018. Pourquoi ne pas essayer de convaincre les 26 autres de faire de même pour une meilleure santé générale ? Mais parce que pour une raison simple, c'est que ça ne marche pas.
D'ailleurs, les Allemands il y a encore quelques semaines ont donné euh une autorisation dérogatoire dans leur pays pour aller au-delà de ce que l'Europe permet. Donc il faut qu'on soit conscient que on veut faire mieux, on va pouvoir faire mieux, ça prend un peu de temps, mais qu'en attendant si on casse la production française, on dépendra du reste. Notre bataille notre bataille, c'est celle de la souveraineté, de la capacité à produire dans notre pays à un moment où on perd cette capacité.
Et je le redis, nous n'opposons pas nous agriculteurs, l'écologie et la production, ce sont nos territoires, ce sont nos fermes, ce sont nos champs, ce sont nos animaux. Donc on essaie d'être responsable. En revanche, donnons le temps à la recherche et l'innovation de nous donner des solutions.
Nous sommes dans un certain nombre de cas dans l'impasse. Il faut qu'on puisse pour un temps donné avoir ces dérogations pour continuer à progresser. Arnaud Rousseau, on va continuer de parler de euh de de la de de du fond notamment de la gestion de l'eau.
Mais avant cela, je voudrais qu'on fasse une parenthèse un peu de mécanique parlementaire si vous le voulez bien. Il se trouve qu'on est dans une situation étrange. Le rapporteur de ce texte de vous y êtes favorable, on le rappelle à ce texte.
Le rapporteur envisage lui-même aujourd'hui de s'aborder l'examen, voilà, en proposant une motion de rejet. D'habitude, c'est l'opposition qui fait ça. Là, l'objectif, c'est d'aller directement à un examen par les députés et les sénateurs dans ce qu'on appelle une commission mixte paritaire.
Ce tour de pass-pass, vous y êtes favorable. D'abord, ce tour de passe-pass, comme vous dites, c'est juste une procédure qui fait suite à au dépôt de 3500 amendements, donc 2500 par les écologistes et le groupe LFI. Or, nous avons 5 jours pour étudier ce texte parce que il y a d'autres sujets.
Il y a pas que l'agriculture qui occupe les parlementaires et en 5 jours, il est mécaniquement impossible d'étudier les 3500 amendements. C'est ni plus ni moins que de l'obstruction parlementaire. Assumé d'ailleurs, je crois. euh pour faire en sorte que au terme du débat, ce texte ne donne rien hors pour donc les députés n'examinent pas le texte.
C'est préférable selon vous. Ben écoutez, en tous les cas un certain nombre, le rapporteur lui-même, vous savez, celui qui est normalement censé défendre le texte fait le constat que le débat étant rendu impossible au regard de cette obstruction, il vaut mieux aller tout de suite en commission mixe paritaire comme vous l'z indiquer où il y aura un débat entre députés et sénateurs avant que ça revienne devant les deux assemblées pour voter les conclusions de de cette commission. posme démocratique mais écoutez nous nous sommes battus pour que l'it un débat parce que c'est le principe des institutions et nous sommes attaché à ce débat et à regret mais nous avons assumé et nous appelons ce matin les députés qui nous soutiennent à voter cette motion de rejet parce que si elle n'était pas votée il n'y aurait pas de débat j'entends par ailleurs que la présidente de l'Assemblée nationale essaie de trouver des solutions alternatives d'ici ce soir à l'ouverture du débat pour faire en sorte que ce débat puisse avoir lieu.
Écoutez, nous elle nous dit euh qu'elle essaie de faire en sorte que il y ait euh un temps euh législatif programmé pour permettre que le débat soit encadré et qu'il donne lieu un vote. Mais moi, je ne rentre pas dans dans les les procédures de l'Assemblée. Ça n'est pas mon sujet.
Moi, mon sujet, c'est que vous les voyez d'un bon œil. En tout cas, cette solution, vous la voyez d'un bon œil. Non, mais je je moi pour le moment, j'appelle au moment où on est, on sait qu'il y a une motion de rejet.
Donc moi, j'appelle les parlementaires qui nous soutiennent à voter cette motion de rejet. Je regrette qu'il n'y ait pas de débat. Cette motion de rejet, c'est le fruit des 3500 amendements et de l'obstruction qui a été réalisée notamment par les écologistes et par les le groupe LFI.
Et ensuite, encore une fois, moi ce qui intéresse les agriculteurs que je représente, c'est qu'au terme de ce débat, on puisse avoir un texte qui soit rapidement efficace et moi je l'espère avant la fin du mois de juin. D'un mot, avant le fil info, un débat. Mais comment est-ce que les députés peuvent débattre sereinement quand des permanences notamment sont dégradées ?
Un certain nombre de députés ont été victimes de menaces et de dégradation ces dernières semaines. Vous avez raison de le rappeler. Nous, on a été très clair.
On ne souhaite pas de d'atteinte aux bien et aux personnes. Je ne cesse de le dire depuis un an et demi, mais je voudrais rappeler que pour nombre d'agriculteurs, il y a le sentiment d'être floué, de se faire avoir, d'être baladé parce que ils sont pas tous des spécialistes de des travaux parlementaires des institutions. Rien ne justifie les menaces et la violence, je le dis.
Mais vous ne pouvez pas non plus euh expliquer à des gens euh qui attendent des décisions depuis 1 an et demi que finalement euh ils auraient tort de s'agacer alors qu'ils observent un spectacle dans lequel ils n'ont le sentiment de ne pas avoir prise. Donc moi ce que j'appelle c'est à la responsabilité de tout le monde. D'abord je redis à la profession agricole que nous ne voulons pas d'atteinte aux biens et aux personnes et qu'il est normal que les parlementaires élus par le peuple puissent avoir des débats.
Par ailleurs, ça fait 1 an et demi que nous attendons ce texte. Souvenez-vous, on en parlait au salon de l'agriculture, on est encore là. On espère qu'on aura des décisions à la fin de l'été.
Il faut aussi qu'à un moment on apporte des réponses. C'est ça aussi la politique. Arnaud Rousseau, on vous retrouve juste après le filinfo.
Il est 8h46. Marine Clet. La ville de Nice porte plainte après le sabotage d'installations électriques et la panne dans plus de 160000 foyers ce weekend dans le sud-est.
Les autorités examinent en ce moment la revendication faite hier après-midi sur un site réputé anarchiste. Opération escargot des taxis en ce moment en région parisienne. Ils veulent maintenir la pression à la veille d'une nouvelle réunion avec le premier ministre François Bairou prévu demain.
Il s'oppose toujours au changement de tarification pour le transport de malades. De nouvelles fouilles débutent ce matin dans une forêt de Lyonne, là où le tueur en séri Émile Louis a enterré de nombreuses victimes. Les autorités espèrent justement retrouver les restes d'au moins une autre potentielle femme victime disparu en 1975.
Au moins 20 personnes, principalement des enfants, ont été tuées dans le bombardement d'une école de la ville de Gaza. L'armée israélienne affirme que des terroristes s'y trouvaient. Et puis alors que l'Ukraine a été attaquée ce weekend par des centaines de drones russes, Donald Trump affirme ce matin que Vladimir Poutine et je cite devenu complètement fou.
Le président américain estime par ailleurs que tenter de conquérir toute l'Ukraine conduira à la Russie à sa chute. France info le 830 France info. Jérôme Chapui.
Sal Braclia. On est toujours avec Arnusseau, le président de la FNSEA depuis janvier. Le climat est à front renversé. beaucoup de pluie au sud, très peu au nord avec une menace de sécheresse dans les Haut de France, la même où il y a eu des inondations terribles.
Quels enseignements vous vous tirez de cette situation pour les agriculteurs ? d'abord que le changement climatique est une réalité pour nous euh et que il convient que nous puissions euh nous adapter euh modifier euh ce que nous produisons dans nos champs euh et euh et et essayer de de faire face et et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nous sommes très attachés au stockage de l'eau. Vous l'avez compris, le nord il y a un peu moins d'un an était sous les inondations, rappelez-vous.
Et puis aujourd'hui, c'est une sécheresse importante. Euh qu'est-ce qu'on dit ? On dit que le bon sens doit l'emporter et que stocker de l'eau quand elle est en quantité pour tu l'utiliser quand elle fait défaut, c'est quelque chose d'assez logique et qu'on ne fera pas d'agriculture sans vous.
Sauf que les conditions du bon sens diffèrent selon les personnes. Justement ce qui concerne l'eau, dans la loi du plomb qu'on avait cité en première partie, il est prévu des dispositions sur le stockage de l'eau. Vous vous demandez quoi en fait ?
Qu'il ait des mégabassines le plus possible pour stocker l'eau ? Non, mais d'abord est-ce qu'on peut arrêter avec ce mot très connoté ? Ce sont des réserves de substitution et elles dépendent de l'endroit où on se trouve.
Nous ce qu'on dit c'est que la France est un des pays qui stockent le moins de l'eau. Le moins d'eau par rapport à l'Allemagne, à l'Italie, à l'Espagne et que on ne fera pas d'agriculture sans eau. Et d'ailleurs, ceux qui font pousser un pied de tomate sur leur balcon le savent bien.
Si vous ne l'arrosez pas pendant 15 jours, il y a plus rien. Donc on a besoin de comment vous voyez la chose ? Et ben écoutez, d'abord on regarde régionalement parce que les situations sont pas les mêmes.
Vous l'avez dit, mais si on parle des Haut-DF France par exemple, très concrètement avec ce qui s'est passé il y a un an, quels quel type d'installation aurait permis d'éviter la situation de sécheresse actuelle D'abord, on s'occupe de l'écoulement des faussés pour faire en sorte que l'eau puisse circuler et qu'on nit pas ce qu'on a vécu l'année dernière, c'est-à-dire des inondations parce qu'on entretient plus les fossé. Ensuite, dans les endroits où c'est possible, on regarde comment on peut stocker de l'eau sans impacter les milieux, mais comment on peut stocker de l'eau parce que c'est facile d'en stocker quand il y a des quantités importantes. Et ensuite, je sais que le effectivement le terme est conoté mais les mégabassines c'est parce qu'on visualise bien à quoi ça ressemble.
C'est c'est des énormes réservoirs. C'est réservé aux grandes exploitations. Mais qu'est-ce qu'on fait des petites exploitations ?
Paronnez-moi, mais là aussi c'est c'est faux aller à Saint-Soline et regarder qui bénéficiera de l'eau qui est stockée à Saint-soline et vous verrez qu'il y a tout un tas d'exploitations, y compris des très petites exploitations. Donc euh il faut il faut faire ce travail de de précision. Par ailleurs, ça n'est pas partout le marais poit vin qui est plat.
Il y a des endroits où il y a des réserves collinaires qui sont possibles. Et puis je le dis, on on démarre pas sur ce sujet. Euh quand on a fait le lac du Der il y a une quarantaine d'années, quand on a fait le lac de Serponçon qui aujourd'hui alimente le canal de la violence, ça c'est dans les zones montagneuses, mais dans les zones de plein par exemple, dans les Haut de France, on fait quoi ?
Oui, mais enfin dans les Haut de France, pardonnez-moi, il y a aussi de la déclinvivité. Euh c'est pas euh c'est pas juste euh plat euh partout. Donc il y a des endroits où on peut le faire et quand c'est plat, on peut aussi faire des réserves de substitution.
Ça n'est pas un problème. Il faut par que vous entendez l'argument de il faut pas s'accaparer une l'eau qui est bien de bien de tous. Là aussi personne ne s'accapare rien quand vous stockez de l'eau pour irriguer un champ de tomate.
La tomate c'est 90 % d'eau et la tomate elle finit dans l'assiette d'un français donc personne ne sait qu'à par l'eau. La molécule d'eau, elle ne disparaît pas. Ça donc on a vraiment besoin de redonner de la rationalité.
L'eau, quand elle est disponible, on la stocke. Et l'alimentation, c'est de l'eau. Une tomate, c'est de l'eau.
Une salade, c'est de l'eau. Les légumes, c'est de l'eau. Donc, on est juste en train de la différer et d'utiliser l'intelligence humaine pour faire en sorte que le changement climatique qui nous heurte ne se traduise pas par de la perte de production.
Je le redis, le cœur du métier, c'est la souveraineté. Absolument pas. D'ailleurs, on est très vigilant.
Vous savez à Saint-Soline, pour prendre cet exemple, on ne remplit le réservoir que quand les nappes sont au-dessus d'un certain niveau. Et tout le monde regarde ça avec la plus grande attention. Mais on oppose aujourd'hui la production et le stockage de l'eau à une vision productiviste de l'agriculture.
La réponse c'est non. On le fait moins que les autres et si on ne le fait pas encore une fois, on importera de l'alimentation d'ailleurs et on détruira notre capacité de production. Moi, je je crois que ça nécessite d'être entendu.
C'est dans l'actualité aussi Arne Rousseau. Bonne nouvelle. Donald Trump a confirmé hier prolongé la pause dans les droits de douanes pour l'Union européenne jusqu'au 9 juillet, mais plutôt il a menacé l'Union européenne de nouveau droit de douane de 50 %.
Comment il faut réagir face à cette inconsistance trompienne ? Écoutez d'abord, moi je crois que l'Europe doit veiller à avoir un échange constant avec les équipes de de monsieur Trump et ne pas rentrer dans une surenchère. Elle doit aussi préparer une riposte graduée parce que on a aussi besoin de de se protéger.
Mais vous voyez bien que là on est au cœur de ce que représente l'arme alimentaire et de la nécessité pour les grands espaces mondiaux de garder cette capacité de de production. Monsieur Trump, pourquoi fait-il ça ? Parce qu'il dit "Moi, je veux plus produire aux États-Unis." Bah ça, il se trouve que nous en agriculture, on veut continuer à produire en France.
Or, vous le savez, on est de plus en plus dépendant d'importation et bien souvent dans des conditions et pour les exportations, quelles filières vont être touchées avec ces ces droits de la la première et de la manière la plus importante, c'est la filière des 20 et des spiritueux hein, qui sur le continent américain sera la plus touchée. Filière qui par ailleurs connaît une crise majeure en France et moi j'ai une pensée he pour tous ces victiculteurs qui frappaient par le climat, les intempéries, la grêelle, vous avez vu ce qui s'est passé dans le bar la semaine dernière et puis de l'autre cette incapacité à exporter. Donc il faut regarder mais il faut le faire de sorte que on ait de la réciprocité et de la loyauté dans les échanges.
Euh face à cette incertitude euh dans les relations avec les États-Unis, vous entendez cette petite musique chez nos voisins européens, notamment l'Allemagne. Il y a une raison supplémentaire d'accepter l'accord Mercosour avec l'Amérique du Sud. Euh vous êtes toujours opposé à cet accord.
Comment vous résistez à à cette demande de l'Allemagne notamment ? Je voudrais dire que d'abord, on a euh une forme de cohérence qu'on veut respecter. On peut pas avoir le débat qu'on a eu au début de cette émission sur les néonicotinoïdes et accepter que quand on importe de la viande euh de bœuf ou de la volaille élevée avec euh des accélérateurs de croissance, on disent que c'est plus un problème.
J'entends que l'Europe puisse avoir des intérêts offensifs et que face à la pression mis par monsieur Trump, il faille continuer à commercer avec le reste du monde. Mais pardon, on le fait déjà et on n pas besoin d'un accord de libre échange qui a plus de 25 ans. et sur lequel pour les voitures ou pour la technologie, on peut avoir des interofensifs, mais dans lequel on considère on considère que l'agriculture européenne est une variable d'ajustement.
C'est ça la loyauté, la réciprocité des éch parce que là, le gouvernement cherche toujours une minorité de blocage au niveau européen. Il faudrait quatre pays hein euh qui représentent 35 % de la population en Europe pour contrer le projet. Vous y croyez vous ?
Ça a l'air compliqué. Mais vous savez, non seulement on y croit, mais nous nos entreprises ne sont pas délocalisables. Nos fermes, elles sont ancrées dans les territoires.
Donc le combat, il est à mener maintenant. Et j'entends effectivement la difficulté de trouver des partenaires pour faire ça. Mais les fermes allemandes, elles sont pas non plus délocalisables.
Vous en parlez avec vos homologues allemands ? Non seulement on en parle mais la totalité de nos homologues européens de 27 États membres se sont alignés pour dire qu'ils étaient en désaccord avec la signature du Mercosur parce que dans tous les Étatsmembres c'est l'agriculture qui trinque et ça il en est pas question. Et vous parliez des États-membres, mais il y a un deuxème filet qui est le vote des eurodéputés.
Et là aussi, on entend un certain nombre de députés se mettre en opposition avec leurs Étatsmembres ou en tous les cas les gouvernements des Étatsmembres pour dire nous on entend que on peut pas être exigeant avec nos producteurs en Europe et accepter que tous les jours rentrent dans nos ports des produits qui ne respectent pas nos standards. C'est ça aussi que ce comp sur les eurodéputés et pas pas forcément sur les dirigants. compte sur le président de la République pour convaincre ses homologues européens parce que c'est important de continuer à faire ce travail et je sais que la ministre de l'agriculture se rendra en Pologne dans quelques jours et puis il faut continuer évidemment à le faire avec les eurodéputés.
Sur les importations de produits agricoles, cette fois-ci l'Ukraine bénéficie jusqu'ici d'un passe droit tarifaire avec l'Union européenne depuis le début de la guerre. Est-ce qu'il est temps de durcir ces accords commerciaux ? Bon, les Européens se les pardon les Ukrainiens se défendent et de ce point de vue là, on ne peut qu'être en soutien des des Ukrainiens qui qui se battent pour pour leur terre.
Mais nous l'avons dit, l'agriculture européenne là aussi ne peut pas être l'exutoire d'un grand pays dans lesquels d'ailleurs les normes de production sont très loin des standards européens et il y a déjà un certain nombre de mesures de protection qui ont été adoptées pour les œufs, pour la volaille, pour le sucre. Il est nécessaire de les adopter pour le blé. Il y a une échéance qui est le mois de juin, c'est-à-dire dans quelques jours dans lesquels l'Europe devra définir ce que sont les quotas et les droits douanes et nous on appelle à ne pas déstabiliser le marché européen et je pense notamment à nos collègues roumains ou polonais qui subissent de plein fouet.
Ça veut dire quoi ? introduction des droits de douane. Oui.
Être qui existe déjà pour un certain nombre de produits, être des partenaires, ça ne veut pas dire non plus être en déstabilisation de nos marchés agricoles, c'est intenable pour un certain nombre de producteurs. Et vous voyez en ce moment, le marché des céréales est extrêmement dégradé et préoccupe beaucoup les producteurs parce que la prochaine campagne s'annonce difficile et sur le plan des productions et sur le plan du prix. Et un dernier mot d'ailleurs à propos de l'Ukraine parce que souvent on parle des poulets, des poulets ukrainiens.
On rappelait ce matin sur France Info euh que la volaille est devenue la première viande consommé euh en France euh que euh les prix augmentent, les producteurs réclament à la grande distribution de nouvelles hausses de tarifs. Euh pour quelle raison ? Et euh pensez-vous qu'ils vont obtenir satisfaction ?
Bien, c'est l'intérêt de tout le monde. C'est l'intérêt évidemment du consommateur de d'augmenter les prix. Oui, parce que sinon ce ne sera plus de la production française, Jérôme Chapui, ce sera plus que des poulets venus d'ailleurs, produit dans des conditions que par ailleurs les Français ne veulent pas.
C'est ce qu'ils nous disent. Et donc là aussi une forme de schizophrénie, c'est-à-dire qu'on voudrait du local et de la qualité, mais on n'est pas toujours enpray le prix. L'enjeu derrière le poulet, c'est qu'est-ce qu'on veut mettre dans nos assiettes.
Nous, on veut produire pour nourrir les Français et on pense qu'on le fait bien en France. Et moi, je demande à tous ceux qui s'intéressent à cette question de ce qu'ils mettent dans leurs assiettes d'être conscient que pour le poulet, c'est aujourd'hui plus d'un poulet sur deux qui vient d'ailleurs et qu'il est bien souvent d'Ukraine ou du Brésil produit dans des conditions qui ne sont pas celles qu'on autorise aux Européens. C'est ça l'enjeu.
C'est ce qu'on met dans l'assiette de nos enfants. Il faut être prêt à payer modérément plus cher pour assurer la traçabilité. C'est aussi pour ça qu'on se bat pour les origines, qu'on se bat pour que les filières puissent continuer à vivre, que les abattoirs, que les industries vivent sur nos territoires et qu'finé les producteur de vole français ne soient pas arbitré.
C'est pas un enjeu corporatiste, c'est un enjeu d'intérêt général et de société. continuer à avoir une des agricultures les plus durables au monde. Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, vous étiez l'invité de France Info ce matin.
Sandrine Rousseau