L'invité politique Sud Radio - Prisca Thevenot, députée Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine, est l'invitée politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:49OuverteRéponse directe
Vous trouvez normal que la LFI exerce une pression sur les dirigeants d'un service public et sur leurs choix éditoriaux ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Vous apportez votre soutien à la direction du service public ou à la rédaction ?
- 2:34OuverteRéponse partielle
La rédaction de France Inter a tort de vouloir entamer une grève si Charles Sapin reste à l'antenne ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Vous diriez que c'est une chasse à l'opinion d'une certaine façon ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Est-ce que d'un mot, vous diriez que ce sont aux retraités les plus aisés de faire un effort ? Et dans quelle proportion ?
- 4:28OuverteRéponse directe
Là, vous allez faire référence au programme de Gabriel Attal ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« Premièrement, la direction de France Inter confie une chronique hebdomadaire à un journaliste de Valeurs Actuelles. »
- 0:34Invité politiqueFait
« Puis, Jean-Luc Mélenchon accumule des réactions. Son dernier poste, un extrait, il dit « La colonisation par les fachos a commencé ». »
- 0:42Invité politiqueFait
« Et, troisième épisode, les personnels de Radio France, réunis en AG, demandent à leur direction le retrait de la chronique et votent le principe d'une grève. »
- 1:37Invité politiqueFait
« Cherchent LFI quand Mélenchon parle de colonisation par les fachos ? C'est de l'intimidation ? »
- 2:34Invité politiqueFait
« La rédaction de France Inter a tort de vouloir entamer une grève si Charles Sapin reste à l'antenne ? »
- 3:36Invité politiqueFait
« Est-ce que d'un mot, vous diriez que ce sont aux retraités les plus aisés de faire un effort ? Et dans quelle proportion ? »
- 4:28Invité politiqueFait
« Là, vous allez faire référence au programme de Gabriel Attal ? »
- 5:30Invité politiqueFait
« Qu'est-ce que vous dites à Sébastien Lecornu ? Évitons des coups de rabot sur les pensions de retraite ou pas ? »
- 7:13Invité politiqueFait
« Est-ce que vous croyez au fait que ce budget sera voté ? »
- 8:08Invité politiqueFait
« Qu'est-ce que vous dites à Sébastien Lecornu ? Prenez les ordonnances ? »
- 9:05Invité politiqueFait
« Pour vous, le match, c'est entre Gabriel Attal et Edouard Philippe ? »
Temps de parole
- Invité64 %
- Prisca Thevenot24 %
- ?5 %
- Invité 23 %
≈ 24,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoz. 8h31 sur Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Prisca Thévenot, députée ensemble pour la République des Hauts
-de
-Seine.
Bonjour Prisca Thévenot.
Bonjour.
On va parler de la présidentielle et du budget dans un instant. Mais tout d'abord, j'aimerais vous entendre sur le service public qui n'en finit plus d'agiter la classe politique et en particulier LFI. Je rappelle juste les trois épisodes pour que tout le monde comprenne bien. Premièrement, la direction de France Inter confie une chronique hebdomadaire à un journaliste de Valeurs Actuelles. Puis, Jean-Luc Mélenchon accumule des réactions. Son dernier poste, un extrait, il dit « La colonisation par les fachos a commencé ». Et, troisième épisode, les personnels de Radio France, réunis en AG, demandent à leur direction le retrait de la chronique et votent le principe d'une grève.
La question que je vous pose, Madame Thévenot, vous trouvez normal que la LFI exerce une pression sur les dirigeants d'un service public et sur leurs choix éditoriaux
? Mais
je pense que vous avez la réponse dans votre question. La France Insoumise, et notamment Jean-Luc Mélenchon Ier, passent leur temps à mettre la pression sur tout le monde, en permanence et en tout temps.
Et
ce faisant, ils mettent la pression sur notre système démocratique tel qu'il existe.
Ce
sont les journalistes aujourd'hui, l'indépendance des médias aujourd'hui. C'était hier les forces de l'ordre, avant-hier la justice, encore avant-hier les opposants politiques. Tout cela donne à voir quelque chose d'assez simple. Tout cela, c'est une promesse de ce que sera la vie sous la France Insoumise si demain Mélenchon arrivait au pouvoir. Que
cherchent LFI quand Mélenchon parle de colonisation par les fachos ? C'est de l'intimidation ?
À brutaliser le débat. À brutaliser le débat et à faire ce qu'il sait faire, c'est-à-dire agiter une haine et des peurs sur les réseaux sociaux, précisément pour qu'ensuite une meute se décharge, se déverse sur celles et ceux qu'il pointe du doigt. Et ils le font toujours haïtien. Et ensuite, ils viendront la main sur le cœur avec soit Manuel Bompard, soit Mathilde Panot nous dire « Nous n'avions pas prévu cela, nous étions simplement en train de dire ce que beaucoup de gens pensent. Et peu importe les conséquences pour la vie des gens, ça, ça ne les regarde pas.
» Vous, Prisca Tevenot, vous apportez votre soutien à la direction du service public ou à la rédaction ?
J
'apporte mon soutien à l'indépendance de nos médias. Nos médias doivent pouvoir travailler, choisir, faire des éditos, comme vous le dites vous-même dans vos rédactions, de façon libre et indépendante, sans pression aucune du
politique. La rédaction de France Inter a tort de vouloir entamer une grève si Charles Sapin reste à l'antenne ?
Mais la direction, moi je ne
vais
pas vous dire que je suis là en train de demander à ce qu'on respecte l'indépendance des uns et des autres et venir commencer à m'immiscer dans les discussions qui ont lieu entre la direction et la chaîne. Je pense qu'encore une fois, Jean-Luc Mélenchon doit déjà s'occuper de ce qu'il est censé faire, c'est-à-dire avoir un groupe parlementaire qui se prépare pour le budget et pas simplement pour censurer, menacer, parce que là aussi, à l'Assemblée Nationale, ils y sont, et pourtant ils y sont non pas pour travailler, mais pour menacer et censurer.
Pour terminer, vous diriez que c'est une chasse à l'opinion d'une certaine façon ? C'est une forme de terrorisme intellectuel ?
Pardon, ils font des chasses à l'opinion,
ils
font des chasses à l'homme, chasses aux femmes, je suis désolé de le dire. Je vous le dis encore une fois, que ce soit les journalistes, les forces de l'ordre, la justice ou leurs opposants politiques, ils passent leur temps à mettre des cibles sur tout le monde en permanence.
Alors vous y faites référence, Haïtion, et c'est normal, puisque les discussions vont débuter autour du budget, c'est également l'actualité. Est-ce que d'un mot, vous diriez que ce sont aux retraités les plus aisés de faire un effort ? Et dans quelle proportion ? Puisqu'on voit bien aujourd'hui que le débat est en train de tourner sur la question des pensions des retraites
? Oui,
vous avez raison, le débat tourne encore et toujours sur le même sujet. Comment on finance notre système de retraite, qui est un système par répartition et qui est face à un mur démographique que nous connaissons tous
?
Alors oui, on a essayé des réformes paramétriques, oui, elles ont finalement été abandonnées. Alors qu
'est
-ce qu'on fait
? On
continue à chercher des réformes paramétriques, on essaie de pointer du doigt ou de prendre dans la poche des uns et des autres, on se dit finalement, on en finit avec ce psychodrame annuel et on change complètement le système.
Là, vous allez faire référence au programme de Gabriel Attal,
et c'est bien normal ? Non, à notre projet
que nous portons aussi à l'Assemblée nationale. On l'a posé l'année dernière à l'Assemblée nationale en tant que député pour pouvoir mettre une part de capitalisation, pour pouvoir commencer à défendre un système universel et sans limite d'âge.
Mais ça, ce sera quand même dans un deuxième temps. J'aimerais juste vous entendre sur les choix qu'il va y avoir à faire là tout de suite avec le Premier ministre. Il évoque, il y a deux petites musiques qui montent, la suppression de
l
'abattement de 10%, la désindexation des pensions pour les pensions les plus élevées. Qu'est-ce que vous, vous préférez ?
Déjà, moi, ce que je préfère,
c
'est que, parce que vous parlez très justement, et merci de le faire en ces termes, de petites musiques. Moi, je n
'ai
pas encore vu le début d'un projet de loi de finances. D'accord. Parce que ce projet de loi de finances n'a pas encore été présenté en Conseil des ministres par le gouvernement.
Évidemment.
Donc je pense que plutôt que d'agiter des angoisses légitimes sur les uns et sur les autres, et finalement sur comment on réserve notre dette publique, faisons notre travail tel qu'il est, et là je parle en tant que parlementaire, attendons le projet tel qu'il sera présenté par le gouvernement. Et ce n
'est
pas dans trois mois, quatre mois, cinq mois, un an. C'est dans quelques jours, et on commencera à débattre à l'Assemblée nationale
en
octobre. Qu'est-ce que vous dites à Sébastien Lecornu ? Évitons des coups de rabot sur les pensions de retraite ou pas ?
Je dis, regardons la copie dans sa globalité. Et je le dis d'autant plus que l'année dernière, on l'avait déjà dit. Attention, quand on abandonne, quand on supprime une réforme qui permet quand même de donner un peu de respiration financière et économique, je parle de la réforme des retraites, il aurait fallu avoir en face une mesure qui permet de contrebalancer. On ne l'a pas eue, et donc on en est là aujourd'hui. Donc attention à ne pas simplement essayer de faire un truc ligne par ligne, mais regardons la copie globale.
Alors, il y a une autre idée qui circule, c'est celle de la TVA sociale. Cette fois-ci, ce sont plusieurs patrons qui ont évoqué cette idée, notamment Michel-Édouard Leclerc. Est-ce que vous, vous y êtes favorable ?
J'entends l'idée. J'entends l'idée, et elle mérite d'être débattue à l'Assemblée nationale pendant le budget. La TVA sociale, c'est quoi ? C'est faire peser un peu moins le financement de notre modèle social sur le travail, et un peu plus sur, effectivement, d'autres marges, comme la TVA. Ça permet aussi, potentiellement, des gains sur l'emploi et la compétitivité, ce qui n
'est
pas anodin, et ce qui, moi, plutôt me fait entendre quelque
chose de... Dans votre esprit,
ce seraient des variations de combien, pour
que les gens qui
nous écoutent se
voient
exactement ? C
'est exactement là le point qu'il faudra qu
'on
discute. De quoi on parle ? Parce que si ça permet d'être favorable à l'emploi et à la compétitivité, et bien évidemment aussi réduire la différence entre le net et le brut, c'est très bien, mais si c'est finalement pour avoir des conséquences négatives, parce que pas assez équilibrées sur la TVA, j'ai envie de vous dire, là, on s'y perd un peu, et les Français sauront très vite que c'est pas très judicieux.
Alors, toutes ces discussions, c'est très bien, mais il y a un vrai risque que le budget ne soit pas voté. Est-ce que vous croyez au fait que ce budget sera voté ?
Non mais attendez, pardon, on va pas inventer les choses. Vous le savez, depuis la dissolution de 2024, il y a 11 familles politiques à l'Assemblée nationale. Aucune n'a de majorité, sauf quand le RN et la LFI se tiennent la main,
ce qui arrive de temps en temps. Mais là, la France
Insoumise annonce clairement la couleur et
dit qu'elle va censurer, quoi qu'il arrive.
Non mais que la France Insoumise censure et menace, comme on se le disait en début, il
n'y
a rien de nouveau sous les tropiques, malheureusement, c'est un fait. Maintenant, ce qui est important, c'est de savoir, est-ce que les oppositions vont voter le budget ? Enfin, pardon...
Il y
a
une interrogation pour le Parti Socialiste.
Je
crois qu'ils sont aussi en primaire interne en ce moment. Évidemment, côté gauche, je ne vois pas comment le budget est voté. Le sujet, c'est est-ce qu'il sera adopté ?
Et
comment
?
Vous ne voyez pas comment le budget
pourrait être voté ?
Je ne
vois
pas comment les oppositions vont voter un budget sur lequel chacun trouvera les meilleures excuses du monde entier. Je leur fais confiance pour expliquer qu'il est mauvais.
Alors du coup, pour éviter un nouveau psychodrame, qu'est-ce que vous dites à Sébastien Lecornu ? Prenez les ordonnances ?
Non,
je dis qu'il faut
laisser...
Vous avez une parlementaire en face de vous. Je dis qu'il faut bien évidemment laisser le Parlement travailler, se faire, parce qu'il y aura aussi des débats extrêmement importants qui doivent pouvoir avoir lieu. Vous venez de parler des retraites, vous venez de parler de la TVA sociale. Ce sont aussi des moments de clarification politique du positionnement des uns et des autres. Et puis, peut-être, soyons optimistes, peut-être qu'on arrivera à trouver des accords sur telle ou telle partie du budget qui permettra aussi de donner un coup d'horizon.
Il faudra passer par un 49-3 éventuellement
? Je
le redis encore une fois, il n
'y
a pas de majorité à l'Assemblée nationale depuis la dissolution.
Donc,
au pire,
il y aura un 49-3.
C'est mieux ça qu'un gouvernement qui tombe.
C'est pour ça que je dis, est-ce que le budget sera voté favorablement ? Je ne
vois
pas comment les oppositions votent. En revanche, est-ce qu'il doit être adopté ? Oui. Et est-ce qu'il peut l'être ? Oui.
Quitte à ce que ça passe par le 49-3.
Il faut un budget, vous savez.
On parle de la présidentielle 2027.
On
voit bien que maintenant, elle est lancée. Plus de 30 candidats, ça fait sourire un certain nombre de gens. Pour vous, le match, c'est entre Gabriel Attal et Edouard Philippe. Assez feutré pour le moment. C'est Edouard Philippe qui arrive en tête de cette course entre deux anciens premiers ministres. Mais pourquoi Gabriel Attal serait le seul candidat du rassemblement, pour vous
? Alors,
déjà, disons plusieurs choses. Il y a aujourd'hui une tendance assez forte, une dynamique assez complexe, qui veut que les candidats et les familles politiques qui soient en dynamique positive dans les sondages soient le RN et la France Insoumise. Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon.
Par
rapport à cela, il y a un autre candidat qui a une dynamique aujourd'hui, qui n'est pas en train de stagner ou potentiellement de reculer sur certains sondages, c'est Gabriel Attal. Et donc moi, j'y vois aussi un signe d'espoir et un signe de volonté que les Français nous expriment, à savoir, nous ne voulons pas le duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au
second tour. Mais Edouard
Philippe est devant lui, quand même.
Maintenant, oui, Edouard Philippe est installé dans les sondages et tant mieux, j'ai envie de vous dire, ce n
'est
pas un opposant ni un ennemi politique pour moi, Edouard Philippe. Donc, on va être très tranquille et très à l'aise sur le sujet. Maintenant, une fois qu'on a dit ça, regardons aussi les projets, les idées. Et sur les projets, on parlait de la réforme des retraites tout à l'heure, on n'a pas du tout la même position. Edouard Philippe est sur une réforme à 65, 66, 67. Je ne
sais
pas, il le précisera précisément sur l'âge. Nous, on est sur refondre globalement notre système de retraite. Et vous
le voyez aussi sur la démarche. Et au-delà de ce discours,
comment faites-vous pour
convaincre... Ce n'est pas un
discours, c'est un projet.
Alors, au-delà de ce
projet, de ces différences qui peuvent effectivement exister, comment faites-vous pour convaincre les gens qui ont tendance à dire mais dans les deux cas, ce sont deux anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron, donc c'est une continuité
?
Je viens de vous le dire. Regardons le projet. On a beaucoup dit en 2022 qu'on n'avait pas eu de campagne présidentielle. Pourquoi ? Parce qu'effectivement, on avait un président qui se représentait, mais surtout parce qu'on avait l'agression russe en Ukraine, qui a quand même pris beaucoup, beaucoup de temps et d'énergie.
Et
donc, on n'a pas pu débattre projet contre projet, idée contre idée. Là, on va avoir l'occasion pendant des semaines et des mois de pouvoir le faire. Alors, pourquoi on va s'en priver ? Pourquoi on va se priver dans une belle démocratie comme la nôtre, alors que beaucoup d'autres sont attaqués ailleurs
? De
s'empêcher d'avoir un débat profond, dense, je l'espère apaisé, sur ce que pourrait devenir la France.
Priska Thévenot, beaucoup en ce moment s'interrogent sur l'attitude de François Hollande qui pose ses petits cailloux dans cette campagne et qui parle d'une union sacrée des démocrates qui irait au-delà des formations politiques. Ça veut dire que vous pourriez en faire partie de cette union des démocrates
?
Je ne
sais
pas. Déjà, moi, je vois si effectivement M. Hollande, que j'ai écouté à plusieurs reprises dans les médias, se présente ou pas. Je pense qu'il y a une primaire à gauche qui s'organise à laquelle il participera,
je
ne sais pas
ou pas. Non, mais il dit qu'il n'y participera pas. Donc,
tout ça part d'une bonne démarche,
c
'est-à-dire qu'il y ait des débats d'idées avec des personnalités qui puissent porter des sujets.
Vous savez bien qu'au bout
du compte,
il n
'y
aura probablement pas de la place pour tout le monde dans ce que j'appellerais le bloc central, cette union des démocrates dont parle
François Hollande. Vous mettez
François Hollande dans le bloc central,
je
ne
suis
pas sûre qu'il se
mette dans le bloc central lui-même.
Non,
mais je veux dire,
en tous les cas, entre hors LFI et hors RN,
et
on voit bien que
le match, c'est le second tour
qui sera qualifié. Je vais vous le dire,
le plus simplement
possible, être contre le RN et contre la LFI, bien sûr qu'avec Gabriel Attal, nous le sommes. Mais est-ce que
c
'est le début d'un projet ? Non. Être contre le RN et la LFI, c'est une ligne politique. Ce n'est absolument pas un projet. Et nous,
ce
que nous faisons avec Gabriel Attal depuis maintenant plusieurs semaines et plusieurs mois, depuis sa déclaration de candidature, qui ne date pas d
'il
y a deux ans, c'est qu'il sillonne le terrain partout. Il va à
la
rencontre des Français, là où il vive, là où il travaille, pour présenter son projet autour de quatre chantiers principaux. L'école, les salaires, l'IA, les frontières, deux dettes, la dette publique et la dette écologique, pour parler de son projet les yeux dans les yeux.
Être
précisément
là pour écouter aussi ce qui a été, ce qui n'a pas été, ce qu
'on
doit refaire. Et c'est comme ça qu'on fait campagne. C'est comme ça qu'on mène une campagne pour battre les extrêmes.
Sur le fond des idées, pas simplement en brandissant
des lignes
rouges.
Le fond,
on
va en parler dans une seconde. Prisca Théveno, vous restez avec nous pour la deuxième partie de cet entretien, puisque vous aurez cinq minutes pour convaincre, à travers un sujet que vous avez choisi, et qui est celui de l'école, et qui vous tient à cœur. A tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoz.
L'invité politique ce matin est Prisca Théveno, députée ensemble pour la République des Hauts-de-Seine.
Et
dans ce deuxième quart d'heure, Prisca Théveno, dans un instant, il y aura votre carte blanche. Nous la proposons à chacun de nos invités. Mais auparavant, nous avons une question d'un auditeur. C'est Véronique de Montpellier qui souhaite vous interroger sur l'annulation de la tournée de Patrick Bruel.
Bonjour Madame Théveno, je vous appelle de Montpellier, je suis Véronique, et j'aimerais connaître votre avis sur les annulations de tournées de Patrick Bruel. Donc j'aimerais savoir si vous êtes pour ou contre, et connaître par contre vos motivations quant à votre réponse.
Prisca Théveno, selon vous, est-ce que la morale, d'une certaine façon, s'est substituée à la justice dans cette affaire ? C'est un peu la question que pose Véronique ?
Non, il y a deux temps. Il y a effectivement le temps de la justice qui est important, mais aussi le temps de comprendre aussi ce qui peut se passer dans l'opinion publique et dans la tête de beaucoup de personnes, hommes ou femmes d'ailleurs.
Et
je pense que cette décision est une bonne chose, je le dis assez simplement, parce qu'on aurait eu un mélange des genres extrêmement fort, extrêmement dommageable, et qui n'aurait pas été là pour permettre à chacun de vivre pleinement soit un concert auquel ils auraient finalement décidé quand même d'aller, soit de permettre aussi le temps de réparation et de justice que les victimes, présumées victimes, puisqu'effectivement le procès n'a pas encore eu lieu, demandent. Donc moi je trouve que c'est une bonne chose. Maintenant, il n'est pas question de se substituer à la justice qui pourra et qui va faire son travail.
Je ne
sais
pas si vous avez entendu les propos de Mimi Maty qui d'une certaine façon lui apporte son soutien et dit je suis très triste qu'il se sente obligé d'annuler parce que la justice pour l'instant n'a pas tranché. C'est vrai que tant que la justice n'a pas tranché, on a du mal à placer le curseur d'une certaine façon.
Ce
n
'est
pas à nous de placer le curseur.
Le
curseur, il doit être placé par la justice et uniquement par la justice. Maintenant, c'est à nous aussi de pouvoir aussi faire preuve d'empathie et peut-être aussi de reconnaître le courage de certaines. Près de 35 femmes présumées, et j'insiste, présumées victimes se sont exprimées. Ces femmes ne se connaissent pas, j'aimerais le dire,
et elles
ont toutes porté leur voix auprès de la justice. Et donc, je le
dis
simplement, ne nous trompons pas de combat. Ça fait des années et des années qu'on demande à ce que la parole des femmes puisse être libérée. On sait à quel point c'est difficile, on sait à quel point le chemin est long et qu'à tout moment, il peut y avoir des reculades, des retours en arrière. Alors, je pense qu'il est de notre devoir de permettre à ses voix de
s'exprimer.
Mais,
je
le dis assez simplement, oui. Je le dis assez simplement, oui.
Alors, votre carte blanche, vous souhaitiez parler de l'école qui est l'un des quatre piliers de la campagne de Gabriel Attal. On vous écoute.
Oui,
parce que nous sommes à la semaine de rentrée scolaire et en cette semaine de rentrée scolaire, on a eu le droit à un florilège de sujets qui sont sortis de la tête de nos politiques. Ça peut être le voile, ça peut être la fiscalité, ça peut être des éventuels nuisibles qui existeraient au sein de nos entreprises. Eh bien, moi, j'ai envie de vous dire, en tant que maire de famille, avant d'être députée, avant d'être soutien actif de Gabriel Attal, eh bien, j'ai surtout préparé le cartable de mes enfants. Et je dois le dire que j'ai été très frustrée qu'on ne puisse pas parler aussi d'école. Parce que l'école, c'est le combat de Gabriel Attal.
C'est le sujet qui est au cœur de cette campagne, pour lui, mais qui doit être aussi au cœur de notre nation.
Le
dire, simplement, ce n
'est
pas pour fanfaronner ou faire des slogans, mais c'est pour regarder une réalité telle qu'elle est. Nous avons fait beaucoup au cours des années précédentes, mais beaucoup encore reste à faire. Sur un sujet qui relève de l'émancipation, de la prospérité individuelle, mais également de la capacité collective à faire nation.
Il
faut bien évidemment faire que ce sujet soit la top priorité pour les prochains politiques. Et Gabriel Attal veut s'en faire son ministre numéro un. Un ministre qui sera assuré de rester 5 ans avec une feuille de route établie sur une loi de programmation pluriannuelle, mais également de refonder le savoir avec le choc des savoirs qu'il avait mis en place quand il
a
été ministre de l'Éducation nationale, puis à Matignon, qui a été malheureusement arrêté par ses successeurs. Ça veut dire aussi dire que le collège, c'est ce moment où souvent, les enfants arrivent avec des lacunes et repartent avec des lacunes amplifiées. Et donc, remettre ensemble ce sujet du choc des savoirs, avec l'accompagnement et la légitimité de salaire et de capacité de faire de l'ensemble du personnel éducatif.
Alors, cette semaine également, dans le cadre de cette rentrée, on a aussi beaucoup parlé du voile. Votre candidat, Gabriel Attal, s'est dit en désaccord radical avec la proposition du RN, à savoir d'interdire le voile dans l'espace public. Mais on se souvient pourtant de sa volonté d'interdire la baïa à l'école. Ça n'a rien à voir. Pourquoi ?
Ça n
'a
rien à voir. Vous le savez très bien, et c'est la loi qui le dit. D'ailleurs, à l'école, c'est un lieu de neutralité absolue, politique et cultuelle. Et donc, oui, il faut effectivement qu'on puisse être à l'école sans qu
'on
sache ce que vous pensez politiquement, en tout cas ce que vous irez voter quand vous êtes en âge de le faire, ou vos parents, et votre religion. Là, on parle du Rassemblement National. D'ailleurs, vous parlez de la position du Rassemblement National. Mais quelle est-elle
?
Parce que lundi matin, pardon, ça me rappelle une petite chanson enfantine d'ailleurs. Lundi matin, non pas le roi, l'empereur, mais M. Tanguy arrive en nous expliquant qu'il y aura des amendes pour toutes les femmes qui portent un voile sur la tête.
Un
voile islamique, dit-il. Encore faut-il qu'ils puissent nous l'identifier. L'après-midi, un autre représentant du Rassemblement National nous dit
pas
d'amende. Et puis le soir, Jordan Bardella nous dit non,
non,
en fait, pas de mesure, référendum.
Alors
justement,
pardon de vous couper, mais
précisément, on va y revenir avec vous, Benjamin Gleis, parce que c'est l'un des débats politiques du moment. Et effectivement, on en parle beaucoup sur les réseaux et c'est votre regard,
Benjamin.
Effectivement,
le RN qui propose donc l'interdiction du voile dans l'espace public. Vous parlez de manque de clarté de la part du Rassemblement National. C'est ce
qu
'a dit d'ailleurs aussi sur BFMTV, le député Charles Rodouel, qui assure que vous souhaitez interdire le voile, vous, pour les mineurs de moins de 15 ans. Il accuse donc le manque de clarté du RN et puis de donner aussi dans la stigmatisation.
Plutôt
que de stigmatiser, comme vous le faites, faites des propositions concrètes. Nous, notre proposition, elle est très concrète. Nous voulons interdire le voile pour les mineurs de moins de 15 ans au nom de la protection de l'enfance. Et comment vous faites aussi ? Comme Jonas Haddad vient de le
formuler. Des
policiers dans la rue. Verbalisation. Vous avez une verbalisation
en
contrôle si cette personne a plus ou moins de
15 ans. Et ensuite,
vous l'emmenez au commissariat ou vous lui dites dévoilez-vous ? Pour
le coup, c'est
une contravention forfaitaire. Je crois que c
'est
un sujet
qui est complètement
simple. On a l'impression que ce n
'est
pas tout à fait clair.
En
tout cas, interdiction du voile pour les mineurs de moins de 15 ans. Vous faites du RN sans vraiment l'assumer ? Prisca Tevno ? On va se parler concrètement. Concrètement. Allez-y. Là, vous sortez.
Vous
voyez une petite fille de 8 ans avec un voile sur la tête.
Vous
ne
vous
posez pas une question
? Je
ne
parle
d'une jeune... Ce n'est pas
son
choix. C'est
ce
que
vous
pensez.
Mais bien sûr.
Mais
franchement, je ne sais pas
si vous avez... Prisca
Tevno, le RN ne
dit
pas autre chose.
Vous plaisantez. Le RN nous explique que n'importe quelle femme adulte en conscience
ne
pourrait pas choisir comment elle s'habille.
Ça
n'a rien à voir.
Sur le procédé,
c'est exactement la même chose. Et vous le savez très bien. Charles-Bordouel explique qu'il y aurait des arrestations. Je vous le redis. Des
amendes.
Il y a une responsabilité parentale. On parle de mineurs. Je vous le redis assez simplement. Là, je vous
le
dis, je suis maman.
Vous
le savez très bien. Vous avez une force extrêmement forte de persuasion, voire plus, sur vos enfants. Ils ne choisissent pas en libre conscience. C'est tout l'enjeu des parents de leur permettre de s'émanciper, de s'éveiller pour une fois adulte, choisir.
Donc, amende forfaitaire pour une milliard de
moins de 15
ans qui porte le voile. Ce n'est pas
une amende forfaitaire. C'est un accompagnement et une responsabilité des parents. Et ça, ça fait partie des propositions qu'on
porte. C'est pas ce
que dit votre
collègue. Oui, mais
attendez, je finis ma... Vous me posez une question
? J'essaie d'être précise parce que
sinon, ça ne sert à rien. Mais je le dis assez simplement. Ça relève non pas de la laïcité ou autre, comme le voudrait le voir le Rassemblement National, mais de la protection des mineurs. Et sur ça, il faut qu'on puisse discuter de l'ensemble des démarches. Oui, il
y
a une intention qui est là. Et ensuite, sur les modalités, ça se discute dans une chambre qu'on connaît assez bien qui s'appelle l'Assemblée Nationale. Quand Gabriel Attal l'avait proposé, justement, cette interdiction du voile pour les mineurs de moins de 15 ans, il y avait eu plusieurs désaccords quand même. Tout le monde n'était pas d'accord au sein du parti.
Je
pense notamment à Elisabeth Borne. Est-ce que ça y est, il y
a
un consensus aujourd'hui, ensemble pour la République à ce niveau à ce sujet ? Oui, il y a consensus. La preuve, c'est que Gabriel Attal est notre secrétaire général au mouvement. Il est aussi notre représentant à l'Assemblée Nationale et accessoirement notre candidat à
l
'élection présidentielle. Je le redis. Parlons concrets. Moi, j'aime bien... C'est trop facile, là-en-entre-nous,
présentateur, etc. On a quand même le sentiment entre la
déclaration de votre collègue et ce que vous nous dites ce matin que...
Il
y a une volonté partagée.
Vous n'êtes pas très
éloigné des idées
du Rassemblement National sur le principe.
Je pense que c'est trop facile de dire ça et c'est un raccourci trop simple. Je vous le redis. Quand on est en train de parler d'un sujet comme ça, sans prendre de cas concrets, est-ce que pour vous c'est la même chose une femme majeure en pleine conscience
qui
met un voile
et
une enfant de 8 ans, 9 ans, 10 ans
qui
a un voile sur la tête ? Est-ce que pour vous... Je suis désolée, on ne fait pas de petites punchlines, de petits sujets là. On parle là, comme si une personne nous écoutait. Est-ce que c'est la même chose pour vous
? En
France... C'est vous qui êtes responsable politique.
Je vous dis
que non. D'un côté, nous avons une femme libre en pleine conscience adulte qui fait le choix de ses actes
et
l'enjeu, c'est qu'elle puisse faire le choix de ses actes et de l'autre, on a une enfant dont on sait très bien en tant que parent que le choix des actes n'est jamais tout le temps absolument libre.
Merci infiniment Prisca Tevenot d'avoir été l'invité de Sud Radio et de notre grand entretien ce matin et j'espère vous revoir très très vite. Il est bientôt 9h et les informations avec vous Clara Piernet.
Prisca Thevenot