L'interview : Marion Maréchal - 20/04
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Marion Maréchal, merci de répondre à mes questions ce matin sur RMC et BFM TV. Vous avez été nommée hier vice-présidente du mouvement Reconquête, fondée par Éric Zemmour, que vous aviez rejoint quelques semaines avant le premier tour, arrivée quatrième mais loin derrière, loin derrière Jean-Luc Mélenchon avec 7,05% des voix. On va commencer par le débat, il reste cinq jours, l'écart se creuse. Ce soir, le débat, est-ce que Marine Le Pen peut encore gagner ?
Oui, je pense qu'elle peut encore gagner, en tout cas je l'espère. C'est la raison d'ailleurs pour laquelle j'ai personnellement appelé à voter pour elle, y compris d'ailleurs Éric Zemmour sans hésitation, sans condition, parce que face à Emmanuel Macron, il n'y avait pas d'ambiguïté possible, malgré le fait qu'on puisse avoir des singularités sur le plan de la ligne ou même de la stratégie. Donc maintenant, ce que j'espère, et je crois que ça fait partie aussi des leçons dont j'ai été personnellement témoin en 2017, c'est qu'il y aura une volonté d'ouverture et de rassemblement réel qui n'est pas nécessairement perçue aujourd'hui clairement.
Et je crois que ça, là-dessus, c'est un enjeu important d'ici le second tour pour parler à tous les électeurs qui seront enclins spontanément à voter pour elle. Et la deuxième chose, c'est de faire attention également de ne pas parler exclusivement aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon comme la campagne depuis maintenant une dizaine de jours semble donner... On a le sentiment qu'aujourd'hui, l'élection pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen se joue autour des électeurs de Jean-Luc Mélenchon. Vous aimeriez bien qu'elle vous regarde un peu plus, vous ? Ce n'est pas moi, personnellement. C'est évidemment les 2 millions d'électeurs d'Éric Zemmour.
Mais au-delà de ça, c'est les 14 millions de personnes qui ont voté plus généralement, plus globalement à droite durant cette élection, qui ont des attentes fortes sur un certain nombre de sujets, évidemment, civilisationnels, sécuritaires, européens, économiques, et dont on a le sentiment que, voilà, depuis une dizaine de jours, ils sont peut-être un peu mis de côté au détriment de signaux très forts envoyés à l'égard des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.
On va aller prendre un par un tous ces points que vous venez d'évoquer. Quand vous dites « j'ai été témoin en 2017 », vous étiez évidemment aux premières loges, ce débat, et il y aura ce débat ce soir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, même débat qu'il y a 5 ans. Ce débat, il avait été, et elle l'a reconnu elle-même, raté. Qu'est-ce qu'il faut qu'elle fasse ce soir pour ne pas le rater à nouveau ?
Bon, déjà, je pense qu'elle n'arrive pas dans les mêmes conditions avec la même expérience. Je crois qu'elle a quand même retenu de ses erreurs indéniablement. Donc, je ne m'attends pas du tout à ce qu'il y ait, aujourd'hui, ce soir, un écart spectaculaire. Et je pense qu'au contraire, elle sera capable de reprendre la main et probablement d'être mieux préparée que la fois dernière, peut-être moins fatiguée aussi qu'elle ne l'était en fin de campagne. Ça joue, vous savez, dans une campagne, malgré tout.
Donc, moi, ce que j'espère maintenant, à travers ce débat, c'est qu'elle arrive à montrer la duplicité, finalement, dans le bilan d'Emmanuel Macron, entre ses propos, ce qu'il promet, ce qui a été véritablement mis en place, les revirements également spectaculaires qu'on a pu voir sur la politique énergétique, qu'on a pu voir sur les retraites, notamment le racolage grossier qu'il est en train d'opérer aujourd'hui sur les questions écologiques ou auprès de l'électorat dit communautarisé de Jean-Luc Mélenchon, puisque le sondage est révélé que 69% des musulmans en France avaient voté pour lui. C'est un sondage du journal La Croix. Exactement.
Donc, on voit bien qu'il y a des tentations qui ne me paraissent pas saines politiquement. J'espère que Marine Le Pen sera capable de les mettre à jour et j'espère qu'elle sera capable de présenter son programme aussi de manière détaillée à travers des propositions positives, parce que ce que je retiens, moi, de cette campagne, au-delà de ce second tour, c'est qu'il y a quand même une grande frustration des Français qui ont eu le sentiment de propositions inaudibles du fait également du contexte international et que malheureusement, on n'a pas eu le luxe de pouvoir rentrer dans le détail des propositions.
Vous-même, il y a des points sur lesquels vous avez des doutes dans le programme de Marine Le Pen ? Si j'ai rejoint Éric Zemmour, c'est bien évidemment qu'il y a des choses sur lesquelles je ne suis pas totalement d'accord, que ce soit sur l'approche économique, que ce soit sur l'approche européenne, que ce soit l'approche même civilisationnelle, j'ai envie de dire, le fait que la question identitaire ne puisse pas être traitée exclusivement par le biais de la laïcité, par exemple, et que la question démographique et culturelle et même religieuse n'est pas neutre dans le cadre de la cohésion nationale. C'est vrai qu'il y a une...
et c'est l'une des raisons pour lesquelles d'ailleurs j'ai choisi de soutenir Éric Zemmour et aujourd'hui d'intégrer son mouvement, c'est précisément parce que je retrouvais à travers sa candidature la ligne et la stratégie que je défendais moi-même à l'époque au sein du Front National avant de le quitter après les années 2017.
Vous avez dit au moins trois fois déjà son nom Éric Zemmour depuis le début de cette interview alors que ça ne fait que quelques minutes. Vous n'avez donc aucun regret ?
Non, j'ai aucun regret parce qu'une fois de plus c'était un choix de conviction et de cohérence qu'aujourd'hui j'ai le plaisir de pouvoir être intégrée dans le bureau exécutif en tant que vice-présidente que je vois un jeune mouvement plein d'avenir qui a posé des fondations solides que j'ai envie de contribuer à ce qu'il devienne dans les années à venir la boussole idéologique de la droite qui manque terriblement depuis quelques années. J'ai envie qu'il puisse être l'incubateur de toute la nouvelle génération politique former, identifier des jeunes cadres prometteurs et les lancer dans la vie politique et j'ai envie bien sûr qu'il soit aussi un pont entre les partis.
Vous avez envie mais pour l'instant il va falloir quand même faire mieux. Pour ça, il y a du boulot je ne vous dis pas le contraire mais ce que je veux dire c'est qu'il y a des fondations pour construire et surtout j'ai envie qu'il soit un pont aussi entre différentes structures entre différents électorats et c'est tout le sens d'ailleurs de l'appel que nous avons lancé Vous lancez un appel ce matin notamment avec Guillaume Pelletier
qui est issu des LR et avec Nicolas Beck qui lui est issu du Rassemblement National Vous appelez à un rassemblement je vous cite Éric Zemmour et son équipe appellent avec nous à une grande coalition des droites et des patriotes pour que ces élections législatives qui associeraient le parti reconquête d'Éric Zemmour le Rassemblement National tous les candidats LR ou divers droites qui ne veulent pas devenir des députés supplétifs de la majorité d'Emmanuel Macron Mais c'est vous qui à 7% faites ça Alors pour les députés LR je veux bien le croire mais pour les députés RL
Non mais je n'ai pas dit que l'objectif de cette coalition est d'être les leaders L'objectif est d'en être à l'initiative de lancer un appel et de faire prendre conscience à la fois au Rassemblement National à Debout la France mais aussi à ces élus LR qui ne veulent pas des accords avec Emmanuel Macron qu'aujourd'hui nous avons la possibilité peut-être historique d'ailleurs de pouvoir emporter si nous sommes ensemble une majorité au moins relative si ce n'est absolu Voilà que c'est possible nous avons fait des projections Alors évidemment à partir des résultats du premier tour et on peut espérer dans ces conditions qu'il y ait à peu près 379 second tours avec des candidats qui soient des candidats communs Donc je crois que c'est une opportunité qu'on ne peut pas laisser passer quel que soit le résultat dimanche parce qu'il va s'agir soit d'avoir une majorité présidentielle autour de Marine Le Pen qu'elle ne pourra pas obtenir seule quoi qu'on en pense parce que dans nos systèmes institutionnels il faut des alliés et aussi par malheur Emmanuel Macron est élu et bien tout simplement pour imposer une cohabitation à Emmanuel Macron parce qu'il faut avoir conscience que nous sommes le seul camp potentiellement qui partirait divisé Nous avons aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon qui appelle les Français à les lire Premier ministre c'est-à-dire vous faites la même chose en fait à obtenir aujourd'hui une coalition avec les écologistes le parti communiste et le NPA ils sont en train de s'organiser de discuter de se mettre en commun et nous avons le bloc macroniste pour faire 5 qui va agréger à lui à la fois des candidats élus à l'air des candidats et des élus PS incluant François Bérou Donc conclusion il va y avoir deux blocs organisés unis et en face des gens qui devraient travailler ensemble qui ne travailleraient pas ensemble bon donc c'est le meilleur moyen évidemment de laisser potentiellement les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron ou d'empêcher que Marine Le Pen puisse avoir une majorité donc je crois que c'est un appel de cohérence et j'espère qu'il sera entendu
vous appeler à vous mettre tous ensemble pour créer une majorité une majorité qui pourrait conduire du coup Marine Le Pen si elle n'était pas élue à être peut-être première ministre d'Emmanuel Macron Oui
si nous sommes dans le cadre d'une victoire d'Emmanuel Macron et qu'il y a une co-invitation qui s'impose bien évidemment ça fait partie des options qui sont techniquement possibles moi ce que je souhaite c'est que nous puissions par le biais de cette assemblée législative faire en sorte que la majorité des idées aujourd'hui qui sont attendues par des français notamment du camp national au sens large et des droites pour faire simple puissent être réalisés dans les 5 ans à venir et qu'on ne se retrouve pas avec potentiellement Emmanuel Macron qui a les pleins pouvoirs de nouveau pendant 5 ans ou une Marine Le Pen qui ne pourrait pas gouverner et ça c'est vrai que ça appelle une petite révolution on va dire culturelle et politique et je suis heureuse d'ailleurs que de ce point de vue là reconquête le parti d'Éric Zemmour existe pour le suggérer le proposer il n'a pas attendu d'ailleurs cet entre deux tours c'était déjà son état d'esprit avant même que le premier tour n'advienne parce que je crois que le drame est de considérer que parce qu'on est au second tour on peut gagner seul ou que les LR a la tentation de se dire qu'il n'y a pas d'autre alternative que de s'allier à Emmanuel Macron et qu'il se parlait l'avez-vous appelé Marine Le Pen ?
Moi je ne l'ai pas eu personnellement au téléphone mais il y a des contacts ça c'est indéniable il y a des contacts aujourd'hui entre reconquête et Rassemblement Nationale il y a des contacts entre reconquête et un certain nombre de candidats et des LULR avec Debout la France vous ne l'avez pas appelé ?
Bien évidemment je ne l'ai pas appelé tout simplement parce que la relation est un petit peu compliquée vous entendez bien que mon choix n'a pas été apprécié accepté certains ont tenu des propos très durs d'ailleurs lorsque j'ai rejoint me prétend d'ailleurs des intentions qui n'étaient pas les miennes puisque je le rappelle quand même pour ceux qui ne s'en souvenaient pas mais moi j'avais quitté la politique il y a 5 ans j'avais d'ailleurs quitté également le Rassemblement National donc je n'avais pas d'obligation génétique si je puis dire d'une certaine manière à l'égard du parti et je pense avoir fait les choses les plus correctement possibles sans jamais être dans l'attaque personnelle et en restant toujours sur le plan politique
Mais si vous avez fait si correctement précisément qu'est-ce qui vous retient de l'appeler ? Est-ce que ce n'est pas ça ? Est-ce que ce n'est pas comme ça que ça commencerait ? Parce que vous pouvez dire il faut qu'on fasse une grande coalition il faut qu'on se mette tous ensemble mais si vous ne commencez pas par l'appeler ? De toute façon je veux dire
la question personnelle la question de l'appel personnel entre moi et Marine Le Pen je ne crois pas que ce soit ça qui intéresse les Français je ne crois pas que ce soit le sujet
Non, ce n'est pas pour les Français mais c'est simplement que c'est important aussi de pouvoir se parler se réconcilier quand on voit que le parti socialiste aujourd'hui dit qu'ils vont parler avec LFI et politiquement
si vous ne parlez pas ça ne peut pas marcher Et on est mille fois d'accord mais vous savez qu'à Reconquête il n'y a pas que moi et si je dois faire partie des gens qui discutent évidemment que j'en ferai partie Est-ce qu'Éric Zemmour a appelé Marine Le Pen ? Et je le ferai volontiers Je sais qu'il y a des contacts de manière générale de toute façon ils se connaissent depuis longtemps Vous n'êtes pas sans le savoir Mais précisément Pourquoi ils ne s'appelleraient pas ?
Donc voilà mais de toute façon ce qui va être déterminant et ça va être évidemment le résultat de dimanche et c'est ça qui va je pense appeler à faire avancer les choses du moins je l'espère Peut-être d'ailleurs aurons-nous une réponse une clarification dans les jours à venir sur la volonté ou pas de donner suite à cela C'est vrai que pour l'instant Vous ne savez pas en tout cas ce qui répond à votre appel ?
Non Ce qui est un peu surprenant pour l'instant et c'est vrai que c'est aussi pour ça qu'il y a une forme d'inquiétude de notre part sur le plan de la cohérence c'est qu'on a le sentiment qu'il y a une porte excusez-moi radicalement fermée notamment à l'égard d'Éric Zemmour par exemple sur un potentiel gouvernement de Marine Le Pen où elle a dit Marine Le Pen a précisé
que ni vous Marion Maréchal ni Éric Zemmour ne pourriez prétendre être dans son gouvernement
Déjà quand j'étais au Front National elle avait dit la même chose me concernant donc à la limite il y a une forme de cohérence là-dessus mais ça n'est pas moi c'est de manière générale quelque chose de surprenant à vouloir fermer la porte radicalement à des gens qui ont appelé à voter pour vous et à vouloir absolument l'ouvrir à l'égard de personnalités par exemple comme Arnaud Montebourg homme de gauche qui a quand même des positions pro-immigration assez marquées et qui a appelé à voter Emmanuel Macron il y a quelques jours de cela donc moi je pense qu'un gouvernement d'union et de rassemblement bien sûr mais il faut que ce soit un gouvernement évidemment vous attendez qu'elle fasse un geste cohérent qui aille sur les fondamentaux et je pense que oui il ne faut pas fermer la porte de manière aussi radicale
Marion Maréchal vous attendez que Marine Le Pen fasse un geste à votre endroit et à l'endroit d'Éric Zemmour
mais ce n'est pas que Marine Le Pen c'est tous ceux que nous appelons dans cette tribune c'est l'ensemble des personnes concernées c'est aussi je vous le disais les candidats et les élus LR qui ne veulent pas être pris en otage par cette alliance avec Emmanuel Macron qui serait une forme de renoncement oui je pense à beaucoup de gens on est en train d'identifier un certain nombre de personnes qui n'ont pas appelé à voter Emmanuel Macron ou qui ont envoyé un certain nombre de signaux contact vont être pris avec eux donc maintenant il y a une main tendue nous attendons à ce qu'elle puisse être prise et surtout mesurer l'enjeu que ça représente c'est à dire que ce serait quand même terrible d'avoir une opportunité historique de pouvoir constituer une majorité à l'Assemblée et de passer à côté pour des histoires de boutiques de parties de calculs de court terme bon voilà c'est quand même
un petit peu cocasse de vous entendre vous dire ah bah non ce serait vraiment terrible qu'il y ait une histoire de boutique alors que c'est quand même vous qui êtes partie à un moment vous n'avez pas choisi ce rassemblement au sein même du parti sauf que c'est faux
puisque déjà quand j'étais au Front National à l'époque j'étais de celle qui plaidait précisément pour une ouverture et une union et un rassemblement avec d'autres personnalités c'est là-dessus entre autres où il y avait une opposition oui c'est vrai en tout cas une divergence j'avais même plaidé à l'époque pour qu'il y ait des listes blanches aux législatives c'est-à-dire faire en sorte de ne pas présenter des candidats face à certains candidats LR qui m'apparaissaient on va dire d'accord avec le EFN à l'époque sur les fondamentaux avec lesquels nous aurions pu travailler donc moi j'ai pas le sentiment là-dessus d'être d'être d'être d'incohérente et une fois de plus c'est pas une position qui date de ce second tour c'est une position qui date d'avant qui a un état d'esprit général et dans lequel moi je me retrouve totalement
Marion Maréchal ce matin sur RMC j'ai un auditeur qui m'a appelé au 32 16 il s'appelle Samir il vit dans la banlieue de Lyon il me racontait que c'était la première fois qu'il avait voté cette fois-ci que toutes les précédentes présidentielles il ne s'était pas senti concerné il a voté cette fois-ci Jean-Luc Mélenchon mais il dit que le déclic c'est pas Jean-Luc Mélenchon c'est Éric Zemmour il dit que s'il a été voté cette fois-ci c'est parce qu'il avait peur et que vous avez joué une forme de rôle d'épouvantail vous avez réveillé cette France-là dont vous parliez tout à l'heure quand vous parliez même d'un vote communautariste comme vous disiez Samir il le revendique d'ailleurs il le dit il a eu peur de vous et vous l'avez réveillé
je parle d'un vote communautariste simplement parce que quand vous avez 69% des Français qui partagent une confession qui votent pour un candidat c'est un sondage oui tout à fait c'est quand même révélateur d'une mécanique 69% des électeurs de confession musulmane qui n'est pas une mécanique naturelle parce qu'on devrait retrouver au sein de ces électorats de confession musulmane les mêmes clivages et les mêmes répartitions mais c'est grâce à vous ? Samir dit c'est grâce à vous ?
oui mais on entendait la même chose il y a 5 ans à l'égard de Marine Le Pen ce qui est sûr dans cette campagne c'est qu'Éric Zemmour a pris les foudres de la diabolisation tout à fait contestables et regrettables sur l'ensemble de la campagne pour des raisons que je viens de vous expliquer c'est à dire que quand on prend les foudres de la diabolisation et que vous êtes rendus inaudibles chaque fois que vous ouvrez la parole évidemment vos propos sont ou caricaturés ou exagérés c'était pas très caricatural de dire et j'ai vécu et j'ai vécu non personne n'a été la cible ne serait-ce que son prénom ne serait-ce que son prénom non mais personne n'est la cible de qui que ce soit le projet d'Éric Zemmour est un projet au contraire de concord l'idée c'est de défendre une identité qui permette à chacun justement de se retrouver dans une civilisation commune de compenser des fractures communautaires qui font qu'aujourd'hui les gens ne se comprennent plus ne se parlent plus ne vivent plus de la même manière n'ont parfois même plus envie de vivre ensemble qui alimentent aussi la désassimilation les incivilités l'insécurité donc non je crois pas du tout à cela j'ai vécu la même chose à l'égard de Marine Le Pen il y a 5 ans on voit bien d'ailleurs que la machine s'est réactivée face à Marine Le Pen dans cet entregoût autour mais dans un sens
on peut peut-être se dire
que la démocratie vous doit beaucoup puisqu'elle a conduit aux urnes des gens qui n'y auraient pas été ça m'amuse quand même parce que je vois bien que j'ai entendu un discours tout à fait flatteur et c'est tant mieux pour elle à l'égard de Marine Le Pen jusqu'à cet entre-deux-tours et une fois qu'elle a été qualifiée on voit bien que la machine s'est réactivée à tous les niveaux et on entend de nouveau vous avez pris la foudre c'est ça de vous dire vous avez joué un rôle en quelque sorte de paratonnerre j'ai un peu ce sentiment là je ne vais pas vous mentir parce que je pense que tout simplement Éric Zemmour a perturbé le jeu politique qu'il a perturbé un scénario que je le rappelle quand même avant que la guerre la veille de la guerre en Ukraine que du lancement de la guerre en Ukraine il croise les courbes avec Marine Le Pen il est potentiellement qualifié au second tour c'est lui qui a l'électorat le plus varié sur le plan territorial sur le plan sociologique sur le plan des niveaux de diplôme voilà donc il entraîne des inconnus je pense dans le jeu politique il fragilise le cordon sanitaire puisqu'il y a des personnalités comme LR notamment Éric Ciotti François-Xavier Bellamy qui disent qu'il voterait pour lui en qu'un second tour face à Emmanuel Macron et tout cela je pense oui effraie perturbe mais effraie des inconnus effraie notamment des journalistes de gauche des politiques de gauche je pense même le gouvernement lui-même qui ne sait pas trop comment va réagir l'électorat face à ce nouveau candidat s'il était qualifié face à Emmanuel Macron voilà il y a beaucoup il y a beaucoup d'inconnus donc mais moi de toute façon que ce soit une diabolisation à l'égard d'Éric Zemmour ou de Marine Le Pen je la déplore dans tous les cas je la trouve lamentable dramatique Marine Le Pen n'est pas d'extrême droite pas plus qu'Éric Zemmour donc de toute façon je la condamne en bloc mais je ne m'étonne pas qu'elle continue évidemment de fonctionner dans le cadre de cette élection
vous dites juste avant la veille vous dites ça c'était la veille de la guerre en Ukraine comme si finalement la guerre en Ukraine était devenue une forme d'empêcheur mais enfin la guerre en Ukraine a révélé aussi un certain nombre de positions d'Éric Zemmour qui ont détourné les Français de son vote non ? non je ne crois pas
sincèrement moi je ne crois pas du tout à cette analyse ce que je constate c'est que c'est factuel donc en tout cas il y a une rupture je ne dis pas que le contexte international est la seule donnée qui explique les résultats ce serait malhonnête de le dire mais indéniablement tout le monde l'a constaté la campagne a été sillée par ce contexte les propositions sont devenues inaudibles on a entendu toute la journée des gens dire je ne comprends pas on n'arrive pas à entendre les propositions des candidats sur la culture sur le sport sur l'éducation sur tous ces sujets parce que évidemment tout était écrasé par cela on a passé trois semaines à devoir se justifier sur est-ce que vous êtes amis avec Vladimir Poutine est-ce que vous considérez que c'est un dictateur ou un criminel de guerre il y a quand même eu beaucoup de débats sémantiques pour se justifier et avoir à justifier sur des soi-disant positions passées le seul fait d'avoir essayé d'apporter une explication était considéré déjà comme une complicité
est-ce que le fait que votre électorat quand on regarde les chiffres que vous avez fait dans les villes les plus cossues et à l'inverse dans les villes les plus modestes c'est clairement auprès d'un électorat bourgeois que vous avez le mieux fonctionné ou ont le mieux été entendu et choisi est-ce que ça c'est pas une question pour vous est-ce que vous vous dites pas le fait de ne pas avoir touché d'électorat populaire c'est un vrai problème
non mais alors c'est justement ce qui est regrettable on va dire dans cette histoire c'est que ça n'était pas le cas une fois de plus jusqu'à la veille de la guerre en Ukraine c'est-à-dire qu'à ce moment-là on a en effet des français de différentes conditions plus modestes des classes moyennes des classes supérieures et ça c'est un vrai en tout cas c'est l'une des raisons pour lesquelles moi j'ai souhaité intégrer parce que justement je ne voulais plus alimenter cette espèce de néo-lutte des classes électorales dans lequel on avait d'un côté les gagnants de la mondialisation les perdants de la mondialisation la France des métropoles la France des oubliés et que ces frances-là étaient condamnées à ne pas se parler et à se séparer électoralement moi j'ai vu ça cette opportunité ce que je vois après coup une fois de plus il y avait des classes populaires avec Éric Zemmour il y a eu 4 discours sur la réalité le grand discours de Lille sur le pouvoir d'achat donc contrairement à ce qui a été dit il s'est emparé de ces sujets il avait été entendu mais il y a eu à un moment donné aussi c'est vrai deux choses qui à mon avis ont joué si on devait être tout à fait sincère un bon vous allez dire que c'est une excuse mais factuellement c'est pas ce que c'est puisque c'est attesté par les sondages une mécanique vote utile implacable 50% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon c'est du vote utile et à peu près un tiers du vote de Marine Le Pen donc des gens qui et à peu près 47% des électeurs de Marine qui ont hésité avec Éric Zemmour donc pendant ces 10 jours qui viennent de s'écouler vous avez regardé les chiffres non mais parce que parce que justement c'est ça qui est intéressant le but c'est de savoir où on s'est trompé où on a pu faire des choses qui n'ont pas fonctionné et le but c'est pas en effet de s'enfermer dans une sociologie et l'objectif maintenant c'est de rassembler exactement et dernière chose j'en finis là-dessus je pense que l'autre chose qui a été importante c'est que je crois que nous n'avons pas eu le temps de suffisamment faire connaître Éric Zemmour et ses propositions mais justement il est où ?
et notamment il est où Éric Zemmour ? il est là il a fait un communiqué d'ailleurs hier il est sur le pont il a nommé son bureau exécutif donc il prépare il est silencieux quand même il prépare l'avenir je pense qu'il a joué le rôle il a envoyé les signaux qu'il devait envoyer en tout cas ce qui est sûr c'est que maintenant nous avons des années devant nous pour compenser ce qui a peut-être été fait de manière inefficace et construire ce grand mouvement
de rassemblement et vous appelez donc à une grande coalition vous l'appelez ce matin à mon micro une grande coalition avec largement la droite autour de vous pour soit donner une majorité à Marine Le Pen soit donner une coalition face à Emmanuel Macron merci Marion Maréchal d'être venue exposer cela à mon micro ce matin et répondre à mes questions à l'est 8h53
Marion Maréchal