Israël/Hamas : la position de Mélenchon déchire la gauche - C à vous - 25/10/2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:47FerméeRéponse directe
Donc vous, pour le coup, vous ne mettez pas un signe égal entre Daesh, Al-Qaïda et le Hamas ?
- 0:52OuverteRéponse directe
Hamas, Daesh, Al-Qaïda, il faut faire la différence ?
- 1:14OuverteRéponse directe
Le 13 octobre dernier, vous avez signé une tribune dans le Figaro intitulée « Islamo-gauchisme, nous ne pouvons plus tolérer l'intolérable »
- 2:55RelanceRéponse partielle
Et que ça ne risque pas d'accroître encore les tensions ?
- 3:50OuverteRéponse directe
En 1989. Vous n'avez pas été comprise ou on n'a pas voulu vous entendre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron est en train de reprendre le discours des néoconservateurs américains, c'est-à-dire le discours de la guerre, du bien contre le mal, de la civilisation contre la barbarie. »
- 0:26Invité politiqueFait
« Tous les spécialistes de la région vous disent que si vous analysez ce qui est en train de se passer comme un phénomène qui serait exactement assimilable à Daesh ou Al-Qaïda, vous vous trompez. »
- 0:40Invité politiqueFait
« si on n'inscrit pas ces actes de terreur dans une histoire régionale très particulière qui est l'histoire de la colonisation d'un peuple par un autre, si on ne fait pas cet effort intellectuel, eh bien on se trompe. »
- 1:19InvitéFait
« « Islamo-gauchisme, nous ne pouvons plus tolérer l'intolérable » »
- 3:25InvitéFait
« Ça fait 15 ans, dites-vous, qu'on est lâches et qu'on a laissé croître à la marge, justement, cette gauche qui ne respectait plus les principes républicains. »
- 3:39InvitéFait
« Quand les jeunes filles sont rentrées à Creil avec des foulards, c'était le premier acte de l'entrisme de l'islamisme. En 1989. »
Temps de parole
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Hier en Israël, Emmanuel Macron a proposé de bâtir une coalition contre le Hamas, idée qui a été aussitôt combattue par Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis. C'est ce qui a expliqué hier un des députés du groupe, Emmerich Caron, c'était ce matin sur France 2.
Emmanuel Macron est en train de reprendre le discours des néoconservateurs américains, c'est-à-dire le discours de la guerre, du bien contre le mal, de la civilisation contre la barbarie. Tous les spécialistes de la région vous disent que si vous analysez ce qui est en train de se passer comme un phénomène qui serait exactement assimilable à Daesh ou Al-Qaïda, vous vous trompez. C'est-à-dire que si on n'inscrit pas ces actes de terreur dans une histoire régionale très particulière qui est l'histoire de la colonisation d'un peuple par un autre, si on ne fait pas cet effort intellectuel, eh bien on se trompe.
Donc vous, pour le coup, vous ne mettez pas un signe égal entre Daesh, Al-Qaïda et le Hamas ? Non.
Hamas, Daesh, Al-Qaïda, il faut faire la différence ? Personnellement, moi, je ne la ferais pas. Pour moi, c'est pareil, c'est du terrorisme. Donc je pense que ça a aussi ce discours pour objet, justement, de mettre les deux camps à égalité. Voilà. Et ça ne me semble pas possible de les mettre à égalité. Le 13 octobre dernier, vous avez signé une tribune dans le Figaro intitulée « Islamo-gauchisme, nous ne pouvons plus tolérer l'intolérable », ce que, selon vous, une étape supplémentaire a été franchie ces derniers jours. Bien sûr qu'on a toléré l'intolérable, notamment dans beaucoup de parties plutôt à gauche dans le monde entier.
Oui, on supporte l'intolérable parce qu'on a peur, parce qu'on a des convictions idéologiques fortes et qui, moi, me paraissent étranges. Je m'en fassais comme ça. Donc je pense que... J'ai toujours eu cette expression de tolérer l'intolérable. Et je pense que, vu que Mme Macron, qui souhaite qu'on enseigne aux enfants la tolérance, a dit qu'il faut être intolérant contre l'intolérable. Ça m'a fait sourire. Plus encore que des tensions ou des fractures dans la société, c'est la paix civile en France qui est en jeu, là ? Ça peut l'être. Si ça ne s'arrête pas, ça peut l'être, absolument. C'est très angoissant. On verra ça, d'ailleurs, avec l'attentat de Dominique Bernard.
Oui, la paix civile, en tous les cas, c'est très tendu. J'espère que ça s'arrêtera là. Dans cette tribune que citait Émilie, vous demandiez notamment l'interdiction de plusieurs organisations aux mouvements politiques. Et que ça ne risque pas d'accroître encore les tensions ? Ça veut dire qu'on recule sur tout. Voilà. Ça veut dire que, si vous avez l'argument des tensions, alors dans ces cas-là, on ne fait rien du tout. Non, du tout. Moi, je pense que ça va être extraordinairement dur de rétablir une France unifiée, parce que ça fait trop longtemps qu'on fait ça, qu'on recule.
Ça fait 15 ans, dites-vous, qu'on est lâches et qu'on a laissé croître à la marge, justement, cette gauche qui ne respectait plus les principes républicains. Ça fait 15 ans que vous dénoncez ces idées. Ça fait plus que ça. Ça fait 34 ans. Ça fait 34 ans. Oui. Parce que quand les jeunes filles sont rentrées à Creil avec des foulards, c'était le premier acte de l'entrisme de l'islamisme. En 1989. Vous n'avez pas été comprise ou on n'a pas voulu vous entendre ? Peut-être les deux. Peut-être qu'il y a des gens qui n'ont pas compris pourquoi. D'ailleurs, je dirais que les membres du gouvernement et le Conseil d'État, pareil, c'était deux, trois petites jeunes filles.
On n'allait pas en faire une histoire. Elle rentrerait à l'école, etc. On n'allait pas en faire une histoire, ne voyant rien de ce qu'il pouvait se passer. Et moi, je n'oublie pas, ce n'est pas moi qui ai écrit la formule à l'époque, on a parlé d'un Munich de l'école républicaine. Et sur cette expression, les cinq qui avions écrit le texte, sur cette expression, on a été onis par la gauche. Je me souviens encore des coups de téléphone du personnage du PS que je connaissais bien. Mais comment tu peux faire ça ? Tu fais le jeu de Le Pen.
On voit la couverture de l'Obs avec les cinq qui sont signés.
Régis Debray, Elisabeth de Fontenay, Alain Finkielkraut.
Catherine Kinsler, Alain Finkielkraut. Voilà, et Régis de Roulet. Ne capitulons pas, prof.
Oui, l'argument, c'est faire le jeu de l'extrême droite. Mais c'est des arguments qu'on entend encore aujourd'hui, d'ailleurs. Absolument. On avait pensé que les profs ne capituleraient pas parce qu'on ne pensait pas à l'époque que ça pouvait être aussi terrible ce qui allait se passer. Mais les politiques ont capitulé.
Jean-Luc Mélenchon