Les biens communs: Juan Branco évoque le problème de la Justice
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« aujourd'hui vous avez peut-être suivi l'affaire Liana en France de la disparition de cet enfant qui aurait été violé et tué par quelqu'un qui était déjà signalé pour des faits de nature sexuelle et violente et qui faisait l'objet de plainte qui n'était pas traité par l'institution judiciaire. »
- 3:39Invité politiqueFait
« la justice ne résout plus les conflits. Elle génère de la violence. Elle génère de la violence au lieu de nous protéger de cette violence. »
- 5:00Invité politiqueFait
« le procureur chargé de la lutte contre les stupéfiants qui se fait arrêter en train d'acheter des drogues auprès de ceux qu'il est censé réprimer qu'il utilise pour organiser du des soirées kem avec des jeunes prostitués et bien il bénéficie d'un classement sans suite avec alternative aux poursuites »
- 7:10Invité politiquePromesse
« généralisation des jurés, donc le tirage au sort. C'est-à-dire que on a, y compris pour les petits délits, un juge professionnel entouré de citoyens »
Temps de parole
- Juan Branco100 %
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Vous avez également souligné les risques liés à la concentration du pouvoir au sein de certaines institutions. Vous en faisiez déjà d'ailleurs exemple à l'instant, notamment dans le système judiciaire où les décisions majeures peuvent être prises par un nombre restreint d'acteurs, le magistratis que la participation citoyenne à travers le recours au juré tente à se réduire. Jusqu'où faudrait-il aller dans cette réappropriation citoyenne selon vous ?
Il faut faut aller très loin parce que aujourd'hui vous avez peut-être suivi l'affaire Liana en France de la disparition de cet enfant qui aurait été violé et tué par quelqu'un qui était déjà signalé pour des faits de nature sexuelle et violente et qui faisait l'objet de plainte qui n'était pas traité par l'institution judiciaire.
Euh ce qui est intéressant, c'est non seulement ce qui a amené à cette catastrophe, mais aussi la réaction du corps social français avec des manifestations spontanées sur l'ensemble du territoire, y compris devant le palais de justice et avec des forces de l'ordre qui étaient intimidées à l'idée de réprimer des gens qui venaient protester de ce que l'on ait pu tuer en toutempunité un enfant après l'avoir violé et alors que tout l'appareil judiciaire est aussi répressif était censé être alerté et donc pouvoir l'éviter Et donc on voit dans la la justice est toujours le avec l'impôt, avec la taxe et toujours le le fondement révolutionnaire.
C'est on s'organise, on s'institue en société pour résoudre les conflits. Si vous écoutez les anthropologues il y a qui qui regardent vraiment les origines de l'humanité, il y avait entre un/3 entre un/4 et 1/3 des euh des squelettes qui sont retrouvés qui avaient des traces de coup au niveau du crâne et qui étaient à priori des coups mortels. C'estàd qu'on la notre façon de résoudre des conflits, c'était en se massacrant mutuellement. Et donc à un moment donné, le temps passant, on a fini par se dire "Bon, il vaut mieux essayer de trouver le sage dans le village qui euh à qui on va déléguer notre droit souverain de défendre notre vie et de défendre nos intérêts.
Et on va lui donner ce pouvoir de façon à ce qu'il le traite à notre place et qu'il évite que ça passe toujours par un rapport de force et de violence. Mais si à un moment donné ce sage sous euh sous son chaîne ne produit plus des décisions, ne produit plus une justice qui permet de protéger à la fois les intérêts de la société de façon collective, mais aussi individuellement notre possibilité d'exister et de vivre en paix et sans angoisse à l'égard de nos enfants et en protégeant quelque part la criminalité plutôt que l'innocence.
Et bien vous donnez là le fondement d'une révolution au sens vraiment structurel du terme, c'est-à-dire des gens qui vont se révolter pour mettre à bas le pouvoir qui n'assure plus sa mission fondamentale. Et pour moi, comme pour HS, d'ailleurs, la justice vient avant même l'impôt parce que en fait en une fois qu'on institue cette autorité-là, il faut la financer et c'est là où on décide de mettre un peu chacun nos ressources en commun pour commencer à organiser celleci de peu à peu comme ça ce nit l'état, la forme état, la forme politique en général et elle s'étend pour nous organiser.
Donc là, on est face à une crise structurelle majeure où dans mon pays en tout cas la justice ne résout plus les conflits. Elle génère de la violence. Elle génère de la violence au lieu de nous protéger de cette violence. Et donc la société s'enflamme. Elle les Français se considèrent comme étant en situation sinon de guerre civile, du moins s'en approchant et commence à envisager l'usage de la violence en dehors du monopole qui est censé être assusuré par l'État en ces domaines. Dans une situation comme celle-ci, il faut résoudre très rapidement la situation.
Donc il faut résoudre par toute une série de propositions techniques que mon mouvement a faite par exemple pour essayer d'alléger les délais pour essayer de permettre un traitement beaucoup plus rapide des infractions et ainsi de suite. Mais il faut surtout s'en occuper de façon fondamentale, c'est-à-dire à la base. Et la base c'est quoi ? C'est qu'aujourd'hui les magistrats ne sont plus contrôlés par la citoyenneté. Les magistrats passent un concours à un âge donné, c'est ce que je disais tout à l'heure et à partir de cet instant-là, ils peuvent exercer toute leur vie en paix.
Le Conseil supérieur de la magistrature n'a sanctionné que 250 magistrats depuis 1958, depuis l'adoction de la 5e République en France. 258 sanctions. On parle pas de gens qui se sont fait virer de la magistrature. On parle parmi ces 258 sanctions de personnes qui n'ont reçu qu'un blâ. Qu'est-ce qui qu'est-ce que ça donne ? Et bien ça donne un magistrat qui est découvert se masturbant pendant une audience et qui ne va pas être puni parce que on considère qu'il a eu une altération du discernement en instant Té et qui va simplement être changé de poste. Mais pardon, si un magistrat a des altérations du discernement en pleine audience, c'est peut-être qu'il ne devrait pas être magistrat.
Vous avez à Bobini le procureur chargé de la lutte contre les stupéfiants qui se fait arrêter en train d'acheter des drogues auprès de ceux qu'il est censé réprimer qu'il utilise pour organiser du des soirées kem avec des jeunes prostitués et bien il bénéficie d'un classement sans suite avec alternative aux poursuites pour qu'il soit soigné mais surtout lors de la procédure disciplinaire il n'est proposé qu'un déplacement d'office c'estàd qu'il change de poste et là il a le culot de dire oui bah j'aimerais bien être juge pour enfant. Non mais vous voyez donc à un moment donné il y a une sorte de déconnexion siéron.
Je suis désolé d'en passer par l'anecdotique mais c'est ce qui permet un peu à un moment donné de tangibiliser ce à quoi on est confronté au quotidien. Et en retour on a par exemple des poursuites qui vont sur quelqu'un qui a décidé d'un peu trop être critique comme c'est mon cas et bien d'être poursuivi au disciplinair pour une enveloppe noire et qui va à qui on va demander 18 mois de suspension. Non, pas juste un déplacement. Enfin, vous voyez donc quand quand on rentre dans des dynamics comme ça d'inversion des valeurs de d'abs d' d'absurdité totale et bien il faut une part réparer donc reprendre le contrôle pour éviter la dérive mais aussi réfléchir à en quoi ça fait symptôme.
Et ça fait symptôme de quoi ? Bah ça fait symptôme du fait que ces magistrats à aucun moment n'étaient confrontés par comme toute corporation qui est laissée à son propre chemin surtout toute corporation dépendante de l'État qui n'a pas généré les ressources de son activité pas des corporations d'artisan des corporations de magistrats de fonctionnaires. Et bien évidemment elle finit par se protéger et plus personne n'ose se sanctionner. C'est une dynamique presque anthropologique. À un moment donné vous êtes avec vos pères et si personne vous demande ou vous exige de vous tenir ça finit par dériver.
premier point et deuxième point mais par qui elle devrait être contrôlée par ces représentants du peuple dont on parlait à la à la glorieuse capacité à à exercer leur fonction non elles doivent l'être par des citoyens et là il y a deux options. Il y a l'option de la généralisation des jurés, donc le tirage au sort.
C'est-à-dire que on a, y compris pour les petits délits, un juge professionnel entouré de citoyens, mais ce qui demande un effort collectif important parce que là, c'est bien plus que les assises qui ne concernent que les crimes les plus graves, euh ça implique les citoyens dans la gestion quotidienne de la résolution des conflits avec tout ce que cela peut avoir comme conséquence, y compris en terme de désorganisation de la société et cetera. Et l'autre alternative, c'est l'élection. Et l'élection, elle peut être partielle, c'est par exemple ne toucher qu'au procureur, à ceux qui portent l'accusation ou se généraliser à l'ensemble des magistrats.
C'est ce qu'a choisi le Mexique il y a quelques mois avec un échec absolu pour commencer avec 14 % seulement d'élection parce que les gens, il y a tellement de juges à élire, les gens ne connaissent personne, ne savent pas comment. C'est ce que font un peu les États-Unis. Sauf que du coup les États-Unis pour palier à ce problème auquel confrontait le Mexique, on avait fait des élections partidaires. Donc en gros, vous votez pour le juge ou le magistrat, le procureur qui est républicain ou qui est démocrate.
Et donc il faut réfléchir, il faut mettre sur la table cette question de par quel biais nous on propose par exemple l'élection d'un procureur de la nation chargé d'établir les priorités de poursuite et de politique pénale. Donc il y a un débat public sur ces questions séparé de celui de la représentation générale portée par le chef de l'État et à côté la généralisation des des jurés y compris en correctionnel.
Donc, on assume en réalité ce poids supplémentaire porté sur la citoyenneté qui est en réalité le modèle d'origine qui était adopté par le Royaume-Uni qui qui sont ceux qui ont inventé les juryens mais dans l'objectif de reprendre le contrôle, de réorienter l'action des magistrats pour éventuellement dans un deuxième temps l'alléger et parce que c'est et je finirai là-dessus pour pas être long mais la politique je ne crois pas du tout à l'existence du naissance du politique. Pour moi, le politique est est aussi variable que les formes d'organisation de la société. et il n'y a pas une solution qui serait applicable et efficace en toute circonstances données.
Et à un moment donné, il peut y avoir des modulations dans le niveau de contrôle populaire. Comme je vous le disais, moi à terme, mon objectif, c'est de pas avoir à me préoccuper du ramassage des poubelles. Là, je suis obligé de le faire parce que visiblement, ça n'est pas assuré. Mais j'aimerais à un moment donné être en mesure de déléguer ce pouvoir-là sans avoir à être confronté à des scandales de corruption, à des inefficiences notoires de la part de la gestion euh euh des autorités.
Et donc il me faut à la fois réfléchir à la forme qui me permettent non pas de prévenir dans l'absolu la corruption, l'inefficacité et cetera, mais de tenir le plus longtemps possible sur ce front jusqu'à ce que comme la vie ou quand on un corps devient cadavre, il se fait dévorer par des parasites, il se fait dévorer par des insectes, il se fait qui se font eux-mêmes dévorer ainsi de suite puis après ça repart. Vous voyez les dynamiques de la vie des sociétés qui s'effondent, qui renaissent.
Mon objectif en tant que représentant politique et intellectuel, c'est de trouver la forme la plus efficience efficiente à un instant sans non plus prétendre en prophète que j'aurai un absol à offrir qui sera valable pour l'éternité. M.
Juan Branco