Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 novembre 2022 25 min

COP27, sécheresse, désobéissance civile, chasse, essence, ZFE et gilets jaunes...Ce qu'il faut retenir de l'interview de Christophe Béchu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Christophe Béchut. En ouverture de la COP qui se tient en ce moment en Égypte, le patron de l'ONU, Antonio Guterres, a averti que le monde, dit-il, est au bord du suicide collectif. Est-ce que vous diriez la chose comme ça, vous aussi ?

0:16
Christophe Béchu

On est dans les années qui sont cruciales. On est dans une décennie qui détermine la situation dont l'habitabilité de la planète va se faire pour les générations qui arrivent. Donc, c'est maintenant. Et on sait qu'on est dans les 3, 4, 5 ans où il faut qu'on se bouge de manière collective, de manière beaucoup plus forte. Parce que sinon, il se passe quoi ? Avec un problème, c'est qu'on a un réchauffement climatique qui n'est pas un concept. On le voit. Et on voit de plus en plus ses conséquences, pas seulement en France, dans tous les pays du monde. Et malgré ça, cette année 2022, elle va être marquée à l'échelle mondiale, à nouveau par une progression des émissions de gaz à effet de serre.

Donc, les propos du secrétaire général de l'ONU, c'est de dire maintenant, vous savez, les rapports des experts et des scientifiques sont clairs. Il faut que tous les pays tiennent les engagements qui sont pris et accentuent leur baisse pour que le pic mondial des émissions y soit maintenant. Sinon, vous ne pourrez pas dire que vous ne savez pas. On est aujourd'hui dans une situation où il n'y a qu'une vingtaine de pays qui ont commencé à baisser leurs émissions. On a donc une marge qui est considérable. Il y a des signaux positifs.

En particulier, cette COP27, même si certains la décrivent, c'est l'occasion de remettre le sujet du climat en haut de la pile dans une année où on a beaucoup parlé de guerre, d'inflation, de difficultés énergétiques. Et elle permet à des États d'être mis sous contrainte pour aller faire des annonces. Je pense par exemple aux propos récents du président américain disant qu'il va lui aussi mettre au pot pour financer les fameux 100 milliards qui ont été promus.

1:39
Invité

Parce que c'est ça la nécessité, l'objectif de cette COP27, que les pays riches payent pour les pays pauvres qui, eux, subissent des dégâts inconsidérables dû au réchauffement climatique ?

1:47
Christophe Béchu

C'est un des enjeux. L'enjeu, c'est d'abord d'accentuer nos efforts pour faire en sorte de lutter contre les règlements climatiques. Mais on sait que la responsabilité du pays du Nord, elle est particulière. D'abord parce qu'on a commencé à émettre il y a beaucoup plus longtemps. Aujourd'hui, parce que les pays du Sud, ils sont les premières victimes des conséquences de ce réchauffement climatique. Donc si demain, on veut préserver l'habitabilité de la planète, il faut aussi qu'on les aide, eux qui sont en première ligne. D'abord, à ne pas faire des choix qu'on a faits pour aller vers des énergies carbonées. Il faut qu'on les aide à passer directement aux renouvelables.

Et il faut aussi qu'on les accompagne pour préserver leurs écosystèmes.

2:21
Invité

Emmanuel Macron est allé au début de la COP. Il est allé, il a fait un discours. Est-ce qu'il va y retourner pour faire pression sur les négociations ? Pour que tout le monde, justement, mette la main à la poche ?

2:31
Christophe Béchu

Ce que le président de la République est en train de faire en ce moment au G20, c'est la même chose. C'est de poursuivre à un lieu qui n'est pas celui de la COP et de suivre une partie des négociations qui se passent là-bas. Vous savez très bien que c'est un processus complexe, qu'il y a des choses qui vont se dénouer au dernier moment, mais qu'il y a aussi beaucoup de discussions à l'heure actuelle avec nos diplomates et avec nos présentants. En sa présence possible ou pas, le dénouement de la COP ? Je ne maîtrise pas l'agenda du président de la République, mais je ne le pense pas.

2:56
Présentateur

Bon, vous avez vu qu'avant que la COP ne commence, on a assisté un peu partout, d'ailleurs sur la planète, à des actes de militants écologistes. C'est ce qu'on appelle de la désobéissance civile. Certains s'en sont pris à des œuvres d'art, d'autres se sont attachés pendant un match de rugby en France. Action légitime, c'est ce que dit l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot.

3:15
Invité

Toute la désobéissance civile, un, par principe, elle est non-violente. Ça n'a rien à voir avec les Black Blocs. Quand on a arraché des OGM, et on a arraché des OGM avec José Bové et d'autres, avec Noël Mamère, eh bien le droit nous a donné raison, on ne cultive pas d'OGM dans notre pays. Ce que je veux dire, c'est que la désobéissance civile, elle se construit sur la légitimité qui doit construire du droit. Est-ce que vous diriez que ceux qui font ça sont du même camp écologiste

3:40
Christophe Béchu

que vous ? Je dirais que ceux qui font ça desservent la cause. Je dirais qu'ils provoquent l'incompréhension des Français et qu'ils donnent de l'écologie une image qui ne correspond pas à ce que l'immense majorité des Français pensent.

3:51
Présentateur

C'est-à-dire qu'ils desservent la cause, ils éloignent les Français de la nécessité d'être écologistes ?

3:56
Christophe Béchu

Je comprends qu'il puisse y avoir une éco-anxiété, je comprends qu'il y ait une envie que tout le monde aille plus vite, mais je pense qu'en ayant ce type de comportement, on renvoie une image de l'écologie qui n'est pas la bonne et que ça desserre la cause.

4:10
Invité

Il y a deux semaines, M. le ministre, des affrontements entre forces de l'ordre et militants écologistes ont éclaté à Sainte-Soligne, dans les Deux-Sèvres, là où un projet de méga-bassine est prévu. Est-ce que le chantier a repris ?

4:20
Christophe Béchu

Le chantier a repris à ma connaissance, mais là aussi, vous passez en un instant de jeunes éco-activistes qui se collent ou qui jettent de la purée dans des musées à une manifestation qui a débouché sur 60 gendarmes blessés avec des jets de boules de pétanque, avec l'usage de cocktails Molotov, manifestation à laquelle d'ailleurs interdite, à laquelle participait M. Jadot, qui a été pris à partie de manière extrêmement violente par une partie des manifestants.

4:44
Invité

Oui, il demande un moratoire sur les méga-bassines.

4:47
Christophe Béchu

Encore une fois, à un moment, il faut qu'on choisisse. Ou on écoute la science, et on considère qu'elle peut aussi nous aider à trouver des solutions, ou alors on reste sur des formules et des prêts à penser. Est-ce qu'on a, oui ou non, un problème d'eau dans ce pays ? On a un problème de sécheresse qui est mondial. Face à ce problème de sécheresse, il y a plein de sujets. Il y a évidemment d'abord le fait de lutter contre les fuites. Il y a le fait de se demander comment on peut réutiliser des eaux qui sont des eaux usées. Mais par définition, l'usage de retenue, elle a aussi un sens.

On entend des mots d'ordre qui donnent parfois le sentiment que les agriculteurs font des bassines pour leur consommation personnelle. Non, ils le font pour produire ce qu'on va manger. Donc, qu'on préserve l'eau potable pour boire, c'est une bonne chose. Qu'on préserve de quoi assurer une production de proximité, c'est aussi une bonne chose. Et là, en l'espèce à Sainte-Seline, il y a un rapport scientifique du mois de juillet qui dit que ce projet, tel qu'il est, il va permettre de préserver les niveaux d'étiage et de nappes réatiques pendant l'été. Et donc, il est bon pour la biodiversité. Mais ce n'est pas moi qui le dis.

5:43
Présentateur

Ce que disent les écologistes opposés, ceux qui sont en tout cas opposés à ces bassines, c'est que c'est l'assurance finalement qu'on ne changera rien à nos pratiques agricoles.

5:51
Christophe Béchu

En fait, c'est l'histoire du serpent qui se mord la queue. En clair, vous avez des gens qui vous disent qu'il faut d'abord changer les pratiques et ensuite, on pourra éventuellement discuter des retenues. Et ceux qui vous disent, si on n'a pas les retenues, on ne peut pas changer nos pratiques. Il y a deux impératifs qui ne se discutent pas. Oui, il faut qu'on diminue nos besoins de prélèvement en eau dans tous les domaines et dans l'agriculture aussi, avec une feuille de route par type de culture qui doit conduire à prendre de moins en moins d'eau dans les milieux.

Mais en parallèle, si on ne veut pas augmenter nos importations agricoles, il faut qu'on préserve une agriculture qui est capable de produire en proximité. Sinon, on est très hypocrite sur ces sujets.

6:29
Présentateur

Christophe Béchut, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires et l'invité de France Info jusqu'à 9h. Une toute petite pause, le temps du fil Info. Il est 8h40. Voici Maureen Suignard.

6:40
Invité

Il est temps de mettre fin à la guerre destructrice de la Russie. Volodymyr Zelensky s'adresse aux grandes économies réunies pour le G20 à Bali. Le G20 qui travaille sur un communiqué commun dans lequel la plupart des membres du groupe condamneront fermement l'offensive russe en Ukraine. 17 000 chômeurs de moins en France. Au troisième trimestre, un niveau quasi stable. Un taux de chômage à 7,3% contre 7,4% au trimestre précédent. Une station service sur 5 manque d'au moins un carburant en France. Des pénuries encore plus marquées en Auvergne-Rhône-Alpes et en Ile-de-France.

Conséquence au moins en partie d'une augmentation de la consommation alors que la ristourne à la pompe du gouvernement passe à 10 centimes demain tout comme celle de Total Energy. Chaque seconde sur Terre, ce sont deux êtres humains qui naissent et nous sommes maintenant 8 milliards au total. Calcul fait par les Nations Unies, l'organisation qui table sur plus de 10 milliards d'êtres humains d'ici 2100. L'année prochaine, l'Inde devrait devenir le pays le plus peuplé au monde. France Info.

7:47
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel.

7:51
Invité

Toujours avec Christophe Béchut, le ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, on parlait à l'instant du manque d'eau en France. Combien de départements sont encore touchés par des restrictions ?

7:59
Christophe Béchu

Alors, au pire moment, nous avions tous les départements français qui, à un titre ou à un autre, étaient concernés par une restriction et on n'en avait plus des trois quarts dans lesquels on avait une situation qui était une situation de crise aiguë. Ce chiffre a considérablement reflué. On est encore aujourd'hui à quelques départements sur lesquels on a des restrictions. C'est encore plusieurs dizaines à la minute où on se parle, mais avec des niveaux de restrictions qui ne sont pas les mêmes que ceux qu'on a connus pendant l'été.

8:21
Invité

C'est quel type de restrictions ?

8:23
Christophe Béchu

C'est des restrictions sur les prélèvements et sur les usages. Ce qui m'importe, et c'est bien qu'on en parle ce matin, c'est qu'on regarde devant, fin septembre, nous avons lancé, avec Bérangère Couillard, la secrétaire d'État à l'écologie, avec Marc Fénaud, les assises de l'eau pour faire à la fois le retour d'expérience de l'été qu'on a vécu et prendre des décisions avant l'été prochain.

En ce moment même, dans tous les comités de bassin, au sein du Comité national de l'eau, on a des experts qui sont en train de réfléchir, de suggérer un certain nombre de mesures pour qu'on puisse ensuite prendre, dans les toutes prochaines semaines, des décisions qui nous permettent de faire en sorte de préserver nos étiages. Et hier, la Première ministre, à Marseille, a annoncé une rallonge de 100 millions d'euros pour les agences de l'eau pour précisément accentuer des travaux d'interconnexion de résilience.

9:03
Présentateur

Est-ce qu'il est possible que ces restrictions soient prolongées jusqu'à l'été prochain ? Bien entendu. C'est-à-dire qu'on vit

9:09
Christophe Béchu

en restrictions permanentes finalement ? Écoutez, le 29 juillet, j'ai signé un décret qui n'intéressait personne parce que ça ne permettait pas de remettre tout de suite de l'eau dans les cours d'eau, mais qui disait que désormais, nous allions pouvoir prendre des mesures de restrictions toute l'année et potentiellement, en janvier, en décembre, limiter certains usages pour préserver le niveau d'eau pendant l'été. Parce que ce n'est pas quand vous prenez des décisions en juin ou en juillet que vous interrompez une situation qui est liée à une absence de pluie pendant des mois et des mois.

Donc, très concrètement, il faut qu'on s'habitue là aussi à se dire que nous n'aurons plus la même abondance que celle qu'on a connue dans ce domaine.

9:43
Invité

C'est une information France Info. Le gouvernement va lancer le mois prochain un dispositif pour encourager les Français à réparer un équipement électrique ou électronique, la cafetière, l'ordinateur, au lieu de les jeter. Une partie de la réparation sera prise en charge par l'État. Quelles seront les conditions pour en bénéficier, M. le ministre ?

10:01
Christophe Béchu

Alors, il faudra s'adresser à un réparateur agréé et le montant entre guillemets de l'aide sera directement déduit de la facture. On est aujourd'hui dans le lancement de ce processus qui devrait entrer en vigueur un peu avant Noël. On a aujourd'hui 500 réparateurs qui sont agréés sur un total d'une vingtaine de milliers. Donc, on a encore un effort dans ce contexte même si nous ne sommes que le 15 novembre. Mais c'est un enjeu qui est crucial et qui permet en plus de parler d'écologie de manière positive, y compris dans les sujets qu'on évoque parfois.

Si l'écologie, c'est rouler moins vite, payer plus d'impôts, se retrouver avec des contraintes, devoir uniquement modifier dans le mauvais sens ses habitudes, on va avoir du mal à embarquer tout le monde. Or, le sujet, c'est comment on fait de l'écologie quelque chose de grand public. Et donc, très concrètement, ça, c'est un gain de pouvoir d'achat. L'idée, c'est qu'on jette trop d'appareils qui pourraient encore être réparés. L'objectif, c'est d'augmenter de 20% la réparation d'un certain nombre de produits, d'où les aides de 10, de 20, de 25, de 45 euros pour les produits qui seront les plus soutenus qui pourraient permettre d'accompagner tout ça.

Il y a eu un précédent, ça a été le coup de pouce pour la réparation des vélos qui a été mis en place après le confinement. 2 millions de vélos ont bénéficié de ce coup de pouce. L'enjeu, là, c'est qu'on ait 2 millions d'appareils par an qui bénéficient d'un coup de pouce de cette nature

11:14
Présentateur

pour éviter de jeter. Ça va concerner tous les appareils électriques, électroniques, aussi bien l'imprimante, le vieux portable, la haute de la cuisine qui tombe en panne ?

11:22
Christophe Béchu

Alors, il y a une liste de produits qui va ensuite, au fur et à mesure du temps, être élargie parce qu'il y a un certain nombre de spécifications. On aura l'occasion de détailler ça. Vous êtes très en avance sur l'info. Je pense que ça concerne beaucoup de monde tout simplement. Vous avez raison, mais ce que je veux dire, c'est qu'on va préciser les conditions dans lesquelles à partir de 2000 décembre, les choses vont commencer à se présenter. Mais c'est bon pour le pouvoir d'achat, c'est bon pour l'emploi local, c'est bon pour la planète, c'est typiquement le type d'écologie d'action sur laquelle il faut aussi qu'on soit capable d'accélérer.

11:48
Présentateur

Dernier mot sur cette annonce, est-ce que ça concernera aussi les produits qui sont toujours sous garantie ?

11:54
Christophe Béchu

À ma connaissance, il n'y a pas de besoin parce que si vous êtes sans garantie, la prise en charge, elle se fait dans le cadre de votre garantie. D'accord, évidemment.

12:01
Invité

D'ici deux ans, en janvier 2025, tous les métropoles de plus de 150 000 habitants devront avoir mis en place des restrictions de circulation pour les voitures les plus polluantes, ça s'appelle donc les ZFE, les ZFE à faible émission. Pourquoi toutes les villes n'ont pas le même calendrier ?

12:14
Christophe Béchu

Parce que ça dépend de votre niveau de pollution de l'air. En clair, plus les seuils de particules fines, de dioxyde d'azote sont dépassés, plus votre qualité de l'air est mauvaise, plus vous devez aller vite pour prendre des mesures qui sont des mesures correctives. L'enjeu, ce n'est pas d'ennuyer ou d'emmerder les gens. Je vais être extrêmement clair. Nous avons des dizaines de milliers de morts, 47 000 d'après Santé publique France qui meurent de la pollution atmosphérique ou de ses conséquences. Face à ça, l'enjeu, c'est qu'on limite la concentration de ces polluants dans les villes qui sont les plus denses.

Et donc, sur les territoires qui font plus de 150 000 habitants, il y a des calendriers qui sont à la main des maires sous le regard et le contrôle. Ça veut dire que

12:57
Invité

dans les deux ans à venir, on pourra par exemple aller avec sa voiture à Saint-Etienne, mais avec la même voiture ne pas rentrer à Lyon ?

13:02
Christophe Béchu

Alors, il faut éviter sur ce sujet d'utiliser trop de raccourcis. Aujourd'hui, vous avez déjà effectivement des situations qui ne sont pas les mêmes. Et quand je dis que c'est à la main des maires, chaque maire a ensuite la possibilité, notamment pour faire en sorte que ce ne soient pas des usines à exclusion sociale, de regarder comment on accompagne ces mesures. Une ville comme Strasbourg, elle a par exemple décidé que des petits rouleurs, quel que soit le type de véhicule, ils pouvaient plusieurs dizaines de fois dans l'année, 24 je crois, accéder à toute la ville. Mais sur une limite de 24 fois sans changer leur véhicule par an.

Sur d'autres territoires, je pense à Paris, la zone à faible émission qui est déjà active, elle ne s'applique pas le week-end. À Lyon, c'est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. À Grenoble, ce n'est pas encore les véhicules particuliers.

13:46
Présentateur

Le risque de faire une réforme qui sera quasiment illisible. Les gens qui arriveront dans une ville ne sauront pas s'ils peuvent ou pas y entrer. On est au début du processus. Il n'y aura pas d'uniformisation du calendrier

13:56
Christophe Béchu

à un moment. Il y a moins d'un mois, j'ai réuni tous les maires de toutes ces villes dont vous parlez pour qu'on dise qu'on va lancer deux groupes en commun. Un, sur les harmonisations, comment on fait pour qu'effectivement on ait des choses qui se rapprochent en fonction des territoires. Et deux, autour de l'accessibilité sociale parce que le sujet, ce n'est pas d'aller créer des gilets jaunes, c'est de préserver la santé des Français. C'est ça le sujet.

14:20
Invité

Est-ce qu'il y aura des contrôles quand on fait un sondage ? Quatre Français sur dix sont prêts à ne pas respecter ces restrictions. Et est-ce qu'il y aura des contrôles, des radars pour justement verbaliser ceux qui veulent frauder ?

14:32
Christophe Béchu

Le contrôle, c'est ce qui permet l'effectivité de la mesure. Mais le contrôle, là aussi, il est à la main des maires. Aujourd'hui, d'ores et déjà, si vous avez une zone à faible émission, vous pouvez décider d'utiliser vos ASVP, votre police municipale pour faire en sorte de vérifier que les voitures qui sont sur votre territoire respectent les obligations que vous avez mises en place. Dans deux ans, on devrait disposer de radars qui seront à ce moment-là disponibles. On est dans un processus d'homologation, mais ce sera à chaque maire de décider s'il veut en mettre...

14:57
Invité

Ce n'est pas obligatoire ?

14:58
Christophe Béchu

Il y aura une liberté sur les moyens d'action. Aujourd'hui, je le redis, il y a moins d'un mois, le Conseil d'État a condamné notre pays en constatant que nous avions encore trois agglomérations qui étaient en dépassement de seuil par rapport au niveau de pollution atmosphérique. Donc, ne pas agir, c'est criminel.

15:15
Invité

Je le disais tout à l'heure, le but de l'opération, c'est que ce ne soit pas une mesure discriminatoire qui discrimine les plus modestes. Le gouvernement propose la possibilité de souscrire à un prêt à taux zéro à hauteur de 30 000 euros pour l'achat d'un véhicule neuf ou une location longue durée. Qui pourra en bénéficier ?

15:30
Christophe Béchu

Le gouvernement, il propose plein de choses. Le prêt à taux zéro, c'est la nouveauté dans le cadre de ça. Mais vous avez les primes à la conversion, vous avez le bonus écologique, vous avez la surprime ZFE, etc. L'enjeu, c'est que ceux qui sont dans une zone à faible émission aient le plus de possibilités pour pouvoir changer leur véhicule en vivant le reste payé.

15:46
Invité

Il faut habiter dans la ZFE.

15:47
Christophe Béchu

Habiter ou travailler. Mais ceux qui habitent autour.

15:49
Présentateur

Oui. C'est-à-dire, quelqu'un qui est à 10 km d'une zone d'interdiction n'aura pas ses aides. Il faut être à l'intérieur.

15:55
Christophe Béchu

Non, il peut en bénéficier à partir du moment où il travaille à l'intérieur ou il peut en bénéficier s'il vit, pardon d'être un peu technique, mais dans l'intercommunalité qui est concernée par une zone à faible émission. Donc, les critères sont plus larges que le fait d'habiter à l'intérieur. Je précise que il faut aussi se dire les choses. Tout l'enjeu pour nous, ce n'est pas seulement de miser sur des véhicules neufs qui ont une empreinte carbone, etc. C'est aussi de pouvoir soutenir l'occasion. Le prêt à taux zéro, il est valable aussi pour acheter un véhicule d'occasion.

Et la nouveauté, c'est que nous venons de faire entrer la possibilité de faire bénéficier ceux qui font du rétrofit, c'est-à-dire qui gardent leur voiture mais qui changent leur moteur d'aide. Et là, vous avez un reste à payer qui est beaucoup plus faible. Et on n'a pas besoin de réextraire de l'acier, de la tôle, de refabriquer une voiture à partir de rien.

16:37
Présentateur

On voit en tout cas que ces plans ont parfois du mal à être mis en place. Dans le Grand Paris, ça fait deux fois que la prochaine échéance est repoussée. Le président de la métropole, Patrick Ollier, dit que le calendrier ne sera probablement pas tenu. Est-ce que vous pouvez garantir, comme c'était prévu à l'origine, qu'il n'y aura plus une seule voiture diesel à Paris et dans sa petite banlieue pour l'ouverture des Jeux de 2024 ?

16:57
Christophe Béchu

Je peux garantir qu'on met tout en œuvre pour que les moyens de rendre effectifs ces ZFE soient mis en place. Encore une fois, ça n'est pas le ministre, ce n'est pas le président de la République ou la première ministre qui ensuite décide des mesures de restriction qui sont mises en place en fonction du mois ou de semestre dans lequel on... Donc on prendra le temps qu'il faut ? Vous savez, encore une fois, c'est tellement facile d'aller sur les plateaux d'expliquer exactement ce qu'il faudrait faire. Quand vous avez la responsabilité de la transition écologique ou du pays, le sujet, c'est comment vous ne rajoutez pas des lignes de fracture entre les Français.

Et ce sujet des zones à faible émission, il y a un chemin de crête où il faut avoir l'obsession de la santé des gens, de la lutte contre le dérèglement climatique, mais dans le même temps qu'il soit solidaire. Ce n'est même pas les gilets jaunes. C'est le principe de se dire qu'on ne peut pas envoyer à nos concitoyens l'idée qu'il y en a certains qui doivent rester à l'extérieur.

17:49
Présentateur

Donc il y aura encore des diesel au jeu de Paris si on vous suit bien.

17:51
Christophe Béchu

Non, je ne pense pas. Je pense sincèrement que la trajectoire sur laquelle on est, elle est ambitieuse mais elle est tenable, mais à condition de se placer dans cette perspective de solidarité. Christophe Béchut,

17:59
Présentateur

ministre de la transition écologique, invité de France Info. Le fil Info à 8h51 avec Maureen Suignard.

18:06
Invité

Soupçonnée de conflits d'intérêts, Agnès Pannier-Runacher va voir son pouvoir limité. Un décret paru ce matin en journal officiel indique qu'elle ne pourra plus prendre de décision concernant Perenco, groupe pétrolier qui a été dirigé par son père. L'entourage de la ministre de la transition énergétique rappelle qu'elle n'a jamais eu à prendre de décision concernant ce groupe pour le moment. Le président chinois peut-il ramener son homologue russe à la table de négociation pour mettre fin à la guerre en Ukraine ? Emmanuel Macron a en tout cas demandé à son homologue chinois d'agir. Discussion en marche du G20 à Bali.

Des orages attendus à partir de midi et qui pourront durer jusqu'à la nuit prochaine. La Corse du Sud est placée en vigilance orange aux orages et à l'appui aux inondations par Météo France. L'équipe de France de football prend demain la direction du Qatar pour le mondial, compétition dont l'organisation est contestée, notamment concernant les droits des travailleurs. Quelque chose sera fait et mis en place dans les prochaines heures ou jours, affirme le capitaine des Bleus, sans plus de précision pour le moment.

19:11
Christophe Béchu

France Info

19:11
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

19:16
Invité

Toujours avec le ministre de la Transition écologique Christophe Béchut dès demain matin, il faudra payer 20 centimes de plus par litre au moins à la pompe. En effet, la ristourne sur le carburant va passer de 30 à 10 centimes. Est-ce que vous demandez aux Français de limiter leurs déplacements pour éviter les pénuries ?

19:32
Christophe Béchu

L'angle de votre question surprend. Ce que je veux dire, c'est que oui, il y a une ristourne qui demain va diminuer pour une raison, c'est que cette ristourne, elle est bonne pour le pouvoir d'achat, mais elle n'est pas bonne pour le climat. Et donc, il y a des décisions qui ont été prises pour soutenir le pouvoir d'achat des Français que nous assumons parce qu'à un moment, ce n'est pas parce que vous avez un cap qui est celui de la sortie des énergies fossiles qu'il faut vous empaler sur le rocher du pouvoir d'achat en ne tirant pas un bord pour tenir compte d'une situation.

Mais en même temps, faire cesser cette ristourne, c'est nous mettre totalement raccord avec les discours de la COP 27, avec ce qu'on est en train de dire sur la lutte contre le dérèglement climatique avec la nécessité de ne pas soutenir des énergies qu'on ne produit pas et qui, du coup, sont néfastes pour le pays, tout court, pour la planète et pour le pays. Donc, que chacun regarde comment il est capable de diminuer sa consommation, ça peut être la vitesse, ça peut être le covoiturage, ça peut être des usages alternatifs sans pour autant aller culpabiliser des gens qui, pour beaucoup d'entre eux, n'ont pas le choix et ont besoin de leur voiture.

D'où le dispositif qui va prendre le relais, c'est-à-dire qu'on va passer d'une aide généralisée quelle que soit votre situation à un dispositif spécifique pour les gros rouleurs. En janvier ? Entre-temps,

20:36
Présentateur

il y a un mois et demi

20:37
Christophe Béchu

avec un trou dans la raquette. Non, il y a un mois et demi avec une ristourne qui n'est que de 10 centimes mais qui est malgré tout une ristourne par rapport à la réalité et je peux vous assurer que dans les pays qui nous entourent, il n'y a pas eu partout des ristournes. D'ailleurs, une partie des difficultés qu'on a connues au moment des grèves dans les raffineries étaient liées au fait que les Allemands, les Belges, venaient faire leur plein en France parce que l'essence y était moins chère compte tenu de la politique gouvernementale.

21:00
Présentateur

Un autre dossier, Christophe Béchus, c'est celui de la chasse. A partir de quand sera instauré un délit d'alcoolémie pour les chasseurs ? Vous savez que c'est un sujet

21:08
Christophe Béchu

qui est d'actualité puisque Béron Géphard... C'est pour ça que je vous pose la question. Non, mais ce que je veux dire c'est qu'il y a seulement quelques jours qu'elle a fait part du fait que le gouvernement réfléchissait de manière active à cette idée. C'est pour quand ? On interdit de prendre le volant quand on est à plus de 0,5. Ça ne semble pas absurde qu'on demande à quelqu'un qui a un fusil chargé quand il est à plus de 0,5 là aussi de se passer de son fusil. Même si je le dis, la chronique est parfois marquée par des accidents de chasse qui sont toujours des moments dramatiques.

A chaque fois qu'il y a un accident de chasse, il y a de toute façon un test d'alcoolémie qui est fait pour vérifier la situation dans laquelle était...

21:42
Invité

Ça c'est à chaque accident mais est-ce que...

21:44
Christophe Béchu

On est en train de travailler à ce dispositif. Avec un objectif quoi ? Avant l'été prochain ? Avec un objectif avant la prochaine rentrée, avant la prochaine saison de chasse. Effectivement, ça prend... C'est quand la prochaine

21:56
Invité

saison de chasse ?

21:57
Christophe Béchu

Généralement, ça coïncide à la rentrée scolaire.

22:00
Présentateur

Est-ce qu'il y aura aussi des jours ou des demi-journées sans chasse, par exemple, dans les forêts les plus fréquentées ?

22:05
Christophe Béchu

Vous savez qu'il y a tout un tas de sujets qui ont été mis sur la table dans celui effectivement d'avoir des concertations locales et des échanges sur ces différents sujets. La chasse, c'est toujours un sujet de passion dans ce pays mais je pense qu'il y a des compromis raisonnables qu'on est capable de trouver tout comme on vient d'en trouver en défendant une proposition de loi qui va mettre un terme aux engrillagements en Sologne qui bloquent les corridors de biodiversité.

22:29
Invité

Est-ce que le ministre que vous êtes est pour justement l'interdiction de chasser une demi-journée ? Une journée ?

22:36
Christophe Béchu

Vraiment, je fais confiance au dialogue local pour qu'on arrive à concilier les différents usages. Et je suis très confiant sur le fait que, regardez sur ces sujets, les annonces qui ont été faites par la secrétaire d'État, elles ont été plutôt accueillies avec une ouverture et une volonté de dialogue qu'avec des postures ou des slogans.

22:55
Présentateur

Puisqu'on parle des sujets un tout petit peu sensibles, est-ce que vous serez le gouvernement qui interdira la corrida ?

23:00
Christophe Béchu

Écoutez, ça n'est pas une proposition du gouvernement, il ne vous a pas échappé que c'était dans le cadre des niches parlementaires que la France Insoumise avait décidé de...

23:09
Présentateur

Mais il ne m'a pas échappé non plus, vous avez un certain nombre de députés qui pourraient voter pour ou contre et faire pencher la balance.

23:14
Christophe Béchu

J'entends, tout ça sera à vivre la semaine prochaine puisqu'il me semble que c'est vendredi de la semaine prochaine. A titre personnel, quand je regarde tous les sujets dont on discute, que ce soit les questions géopolitiques, les questions de dérèglement climatique, les questions d'inflation, de pouvoir d'achat, de sécurité, les interrogations de nos concitoyens sur nos règles d'asile, je ne pense pas que ce soit la priorité des priorités et le gouvernement n'aurait pas choisi d'inscrire ce texte à l'ordre du jour.

23:40
Invité

Sauf que là, il est inscrit, il va être abordé à l'Assemblée nationale, le gouvernement va donner sa position, mais est-ce que les députés de la majorité auront liberté de vote ?

23:48
Christophe Béchu

Je vous fais une totale confiance pour leur poser la question. La séparation entre le gouvernement et les députés fait que le groupe vient de tentative. Si vous étiez député, vous feriez quoi ? Ça, c'est une question de politique fiction, mais pour vous répondre de manière très claire, je n'ai jamais été assisté à une corrida. Ce n'est pas du tout un spectacle qui... je mets des guillemets à spectacle, ce n'est pas du tout quelque chose qui m'attire. Je m'interroge sur l'opportunité vraiment dans le contexte dans lequel nous sommes qui consiste à dire à des gens qui ont des traditions qui en plus sont manifestement en train de s'éteindre qu'elles sont...

qu'elles devraient devenir illégales désormais.

24:24
Présentateur

Salière, je crois que vous aviez une dernière question sur la mascotte. Tout à fait,

24:27
Invité

les friges, des peluches de bonnets frigiens sont devenues la mascotte française des JO 2024. Seulement, on a appris qu'elles étaient fabriquées en Chine. Il n'y a pas un problème ?

24:35
Christophe Béchu

Si c'est le cas, il y a un problème.

24:37
Invité

Et c'est le cas ?

24:38
Christophe Béchu

Vous me la prenez, il y a un problème.

24:39
Invité

Alors, qu'est-ce que vous allez faire ? Qu'est-ce que va faire le gouvernement ?

24:41
Christophe Béchu

Je veux croire qu'on a encore quelques mois avant que les JO ne se tiennent pour être capables de corriger le sujet.

24:52
Présentateur

Vous voulez dire qu'il faut relocaliser d'urgence la production de la mascotte ?

24:55
Christophe Béchu

Vous savez, réagir à chaud sur une information que vous me donnez, je le fais avec plaisir. Vous dire dans le détail ce qu'il faut être capable de faire. La seule chose que... vous me posez la question est-ce qu'il y a un problème ? Je vous réponds, il y a un problème. On ne peut pas se retrouver au moment où on explique qu'il faut des circuits courts et relocaliser avec une production de mascottes qui se fait au bout du monde, y compris quand on défend la perspective de lutter contre le réchauffement climatique, ce qui suppose de favoriser ce qui se fabrique à proximité.

25:17
Présentateur

Voilà, il faudra calculer le bilan carbone des mascottes des JO olympiques et paralympiques. Merci beaucoup Christophe Béchut, je suis invité de France Info. Bonne journée.