Jean-Philippe Tanguy : « La classe moyenne et les retraités paieront la lâcheté des Républicains »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Jean-Philippe Tanguy, installez-vous, député RN de la Somme. Merci d'avoir accepté mon invitation. On va parler évidemment de budget. Ça ne vous aura pas échappé, il se passe quelques petits trucs en ce moment à l'Assemblée Nationale. Mais déjà, petite question, est-ce que ça va mieux Jean-Philippe Tanguy ? Pourquoi ? Parce que j'ai vu que plusieurs députés de vos groupes ont séché l'examen du budget ce week-end, officiellement pour des raisons de santé. Mais certains ont été vus très en forme en dehors de l'hémicycle. Est-ce que ça va un peu mieux ?
C'est une info du Canard Enchaîné. Oui, ce sont des infos complètement délirantes du Canard Enchaîné. Premièrement, tous les exemples qui ont été donnés étaient faux. Ils se sont trompés de jour. Par exemple, ma collègue Edwige Lia, qui était vendredi avec Marine Le Pen, et samedi matin, qui était effectivement souffrante.
Donc ce ne sont pas des certificats médicaux bidons ?
Non, ce n'est pas des certificats bidons. C'est vraiment assez lamentable. En fait, ça vient de la gauche, puisque c'est les socialistes qui ont refilé les listes dans leur grande tradition de délation au Canard Enchaîné. Sauf qu'ils ont oublié, s'ils avaient fait attention, qu'il y avait quatre groupes du Euro-10 qui avaient plus de délégations que la Rassemble Nationale.
Délégations de vote, c'est-à-dire qu'on peut voter même quand on n'est pas là ?
Non, c'est-à-dire que c'est des certificats. Il n'y a presque que le certificat médical comme motivation de délégation. Et il y avait quatre groupes, dont deux groupes de gauche.
Vous dites que ces bidons, ce n'est pas des fake news ? Non, ce n'est pas au niveau, c'est au niveau des socialistes. Débat budgétaire qui s'étirent en longueur à l'Assemblée Nationale. Est-ce qu'à ce rythme, on va pouvoir voter sur la partie recette d'ici à mardi prochain ?
Je ne pense pas. D'ailleurs, j'avais dit sur votre antenne il y a deux semaines que le gouvernement faisait preuve de beaucoup de cynisme en faisant croire que le 49-3 permettait au Parlement d'avoir le pouvoir sur le budget, ce qui n'est pas vrai, puisqu'en fait, sous la Ve République, le budget est fait pendant un an par les services de Bercy et du gouvernement. Et l'Assemblée n'a que 45 à 70 jours pour se prononcer. On est deux assemblées, donc ça fait une moyenne de 35 jours par assemblée. Et les délais, en fait, pour ceux qui nous regardent, sont très courts. Et on n'a pas le temps de travailler dans de bonnes conditions, on n'a pas les moyens.
Donc vous dites que le budget, la partie recette sera rejetée mardi prochain ?
Je pense qu'on n'ira pas au bout de l'examen. Parce qu'au-delà des conditions que je viens de donner, les parties du bloc central ont déposé beaucoup trop d'amendements. Donc en tout, 3500, dont 2000, viennent du bloc central. Et pour que ceux qui nous regardent comprennent, on fait du 30, 50 à l'heure, voire même du 100 par jour. Et donc, on fait une règle de 3, on va beaucoup trop lentement. Et pourquoi on va lentement ? C'est parce qu'ils ne veulent pas aller au bout de l'examen. Le camp macroniste. Oui, le camp macroniste ne veut pas aller au bout. Et puis les républicains et les socialistes. Parce que si on ne va pas au vote, ce sera adopté par ordonnance.
Et donc, le Parlement sera court-circuité.
Un mot sur la tenue des débats dans l'hémicycle lundi. Le député socialiste Philippe Brun vous a traité de pitre. Vous lui avez rétorqué qu'il fallait qu'il aille se faire soigner.
Non, c'est lui qui a dit qu'il fallait que je l'aille me faire soigner.
Vous êtes en train de tous perdre vos nerfs en ce moment à l'Assemblée nationale. C'est très tendu.
Non, mais M. Brun persénaire, parce que je l'ai débusqué dans ces petites alliances avec la Macronie. Donc le propos, c'était qu'on venait de découvrir que le gouvernement venait par surprise, et contre ses propres troupes, de déposer un amendement pour augmenter de 2 milliards, un impôt, une surtaxe sur les sociétés. Et donc je l'ai découvert, je l'ai annoncé. Et M. Brun n'était pas content. Et il m'a traité de pitre. Et il a dit, effectivement, je devais aller me faire soigner. Je pense que si un député RN avait dit ça dans les conditions que M. Brun a données sur un député socialiste, j'aurais été sanctionné. Mais comme c'est les socialistes, la Macronie leur pardonne tout, même le pire.
On parle du fond avec cette taxe Zuckman qui sera examinée, j'allais dire, dans les prochaines heures, maintenant, d'ici à la fin de la semaine. C'est important puisque son vote ou non pourrait commander la survie, en tout cas l'avenir du gouvernement Lecornu. Marine Le Pen dit, ni Zuckman-Aard, ni Zuckman-Light, c'est-à-dire cet amendement de repli des socialistes. Pourquoi vous ne voulez pas voter cette taxe Zuckman ?
Parce qu'elle est mal faite, elle est inefficace, c'est un slogan. Nous avons des formes de taxation des plus privilégiés. C'est l'impôt sur la fortune financière que Marine Le Pen propose depuis 2022, ce qui protège les investissements dans nos entreprises, dans les biens professionnels, dans les TPE, PME, et donc évite l'exil des capitaux qui financent l'économie. Parce que vous avez deux grands types de spéculation financière. Vous avez une spéculation positive, qui est celle qui finance l'économie réelle dans la durée, et puis vous avez une spéculation à court terme.
Sur le contre-budget, ma question, en fait, c'est que la taxe Zuckman a été adoptée deux fois par l'Assemblée nationale. La dernière fois, c'était en février, c'était grâce à vous. Vous étiez abstenu le RN sur cette taxe Zuckman. Qu'est-ce qui a changé depuis ?
C'est très simple, on avait donné le motif publiquement à l'époque, c'est que nous ne soutenions pas la taxe Zuckman, mais on soutenait le débat sur la justice fiscale. Vous n'auriez pu voter contre ? Non, parce que si on votait contre, le débat s'arrêtait, et on voulait que le débat vive pendant un an. À l'époque, Mme de Montchalin avait dit, bon, compte tenu du débat, on va proposer des mécanismes pour lutter contre l'exil fiscal, la fraude fiscale, et donc on a voulu maintenir la pression politique.
Bon, malheureusement, ça n'a pas servi à grand-chose, puisque Mme de Montchalin ne nous a pas proposé, en tout cas ne nous a pas tenu au courant, de la lutte contre la fraude fiscale et l'optimisation fiscale. Donc maintenant qu'on doit voter vraiment sur le budget, on est contre ce dispositif, on propose le nôtre. D'autres dispositifs aussi, notamment contre les rachats d'actions, qui sont un dispositif très toxique pour l'économie réelle, mais les Gauss ne le soutiennent jamais. Donc elles ont décidé de faire cette taxe Zuckman, qui est un slogan, en fait on voit bien que c'est devenu un slogan dans le pays, et que ça ne correspond pas à un mécanisme efficace.
Vous épargnez les ultra-riches, c'est quoi ces 1800 foyers qui sont concernés par cette taxe Zuckman ? Les Français sont à 51% à payer l'impôt sur le revenu. Pourquoi les ultra-riches échapperaient à l'impôt ?
Ils ne doivent pas échapper à l'impôt, mais il faut des mécanismes intelligents. Ce n'est pas un mécanisme intelligent pour une raison simple. Vous dites qu'il y a 1800 foyers, en réalité, cet impôt est concentré sur une dizaine de très grands milliardaires, la famille Arnault, la famille Hermès, la famille Bettencourt pour L'Oréal. Et ceux-là, il faut les protéger ? Non, pas du tout, c'est qu'ils partiront. C'est-à-dire que si vous demandez un chèque de 1 à 2 milliards à une dizaine de personnes, ils partiront.
Ceux qui pensent aujourd'hui, un peu comme des ados attardés, que des milliardaires vont accepter de payer un chèque de 1 à 2 milliards par an sur leur propre denier, ils se trompent. Moi, dans un monde merveilleux, ce serait sans doute juste. Mais ça ne correspond pas à la réalité. Et donc, ils iront en Belgique, au Luxembourg ou ailleurs. Je le regrette, mais c'est malheureusement la réalité.
Vous avez voté une proposition des Insoumis sur l'impôt universel inspirée précisément de travaux d'attaque de Gabriel Zucman, donc de la gauche. Pourquoi vous avez voté cette proposition ?
Avec la gauche. Je suis désolé, monsieur, mais ce n'est pas un impôt universel. C'est un mécanisme de lutte contre la fraude. C'est tous les montages qu'on avait dénoncés maintenant avec M. Dupont-Aignan, notamment il y a 15 ans. C'est Starbucks, c'est McDonald's, c'est les grandes multinationales américaines qui en fait sous-déclarent leurs bénéfices en France, font remonter ça par exemple en Irlande ou dans d'autres paradis fiscaux. Et donc, c'est un mécanisme qui recalcule la façon dont l'impôt sur les sociétés est calculé pour vraiment qu'ils payent leur juste part. Et donc, c'est pour éviter l'exil fiscal massif, l'optimisation massive.
Parce que quand McDonald's ou Starbucks ne paient pas sa contribution à la France, c'est les TPE, PME qui doivent payer la facture. Donc, on peut baisser d'autant les impôts. Mais ce n'est pas un impôt universel et nous, on est pragmatiques. Vous voyez, vous m'avez dit qu'on protégeait les puissants, les hyper-échelons. Nous, on vote ce qui fonctionne. Donc ça, ça fonctionne. Et en plus, c'est un mécanisme que Marine Le Pen défendait en 2022 et que les souverainistes défendent depuis 2013.
Est-ce que vous êtes devenu pro-business au Rassemblement National ?
On n'est pas devenu, on a toujours été pour l'entrepreneuriat, pour favoriser la création de richesses dans notre pays. C'est ce que Marine Le Pen avait appelé le patriotisme économique et le localisme. Il faut favoriser la création de richesses et ensuite pouvoir la partager avec justice sociale et efficacité.
Donc, il n'y a pas de changement de ligne au Rassemblement National vis-à-vis du patronat ? Aucune. D'accord. C'est une ligne qui est constante. Un mot de la suspension de la réforme des retraites. Elle sera examinée dans le cadre du budget de la Sécu. Vous me confirmez que vous ne voterez pas cette suspension ?
Si, on votera la suspension. On l'a toujours demandé. Donc, on votera la suspension. On verra comment on finance cela. D'ailleurs, ce qui est intéressant, c'est que depuis que M. Lecornu est favorable à la suspension dans les mots, la facture a baissé. Quand il était contre, ça coûtait 500 millions. Et puis, depuis qu'il est pour, ça coûte plus que 100 millions. Donc, on voit bien qu'on manipule, malheureusement, la vérité, qu'on donne des chiffres aléatoires et que ce que l'avait dit Marine Le Pen depuis des années, à savoir que ça ne coûtait pas du tout 500 millions par an, est avéré. Donc, on va le financer, évidemment. Mais ce ne sera pas par une taxe. Ce sera par des économies.
Parce que c'est ça aussi le message qu'il faut faire passer. En ce moment, on discute des recettes ou des taxes. Donc, on entend beaucoup de taxes, taxes, taxes à la télé. Mais le but, c'est de baisser les dépenses. Parce que dans ce budget, il y avait 19 milliards de hausses d'impôts. Il y a 28 milliards de hausses de dépenses. Il faut baisser les dépenses. Il y a beaucoup trop de dépenses dans notre pays.
Suspension de la réforme des retraites. Vous êtes toujours pour un référendum au Rassemblement National sur les retraites ?
Ça aurait été le mieux. Ça aurait été le mieux. Et on sera favorable si ça vient. Mais le mieux, c'est de voter pour Marine Le Pen, présidente de la République. Et la réforme sera remplacée. Remplacée ? Oui, abrogée. Pour cette suspension, vous dites quand même merci aux socialistes ? Ah ben non, je dis merci à Marine Le Pen parce qu'on a débusqué le mensonge des socialistes avec les insoumis. C'était pour une fois un travail d'équipe. Ça me fait parfois mal de le dire, mais il faut être honnête. En fait, quand les socialistes n'ont pas censuré, ils n'avaient rien négocié sur le fond. Il n'y avait ni loi ni amendement.
Et il a fallu qu'on fasse une pression politique, notamment grâce au travail du constitutionnaliste Benjamin Morel, pour obtenir ce qu'on appelle une lettre rectificative qui permet de modifier le budget initial, parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, le but du gouvernement, c'est de passer par ordonnance. Et si le budget initial n'avait pas été modifié, la suspension des retraites passait à l'as. Donc on a réussi à coincer les socialistes.
Les socialistes avaient demandé la lettre rectificative à Matignon avant votre pression sur les réseaux sociaux. Non. Après, c'est ce que le constitutionnaliste Benjamin Morel dit aussi. Non, non. Peu importe. Sur ce budget de la sécurité sociale, qui est examiné en commission depuis lundi, est-ce que, comme l'année dernière, vous allez en profiter pour mettre la pression sur le gouvernement, faire danser un peu le gouvernement, comme vous l'avez fait avec Michel Barnier l'année dernière ?
Bien sûr, c'est notre travail de faire pression et de défendre les contribuables. L'année dernière, on avait éliminé 4 milliards d'impôts sur l'électricité. On avait éliminé 6 milliards d'impôts faits sur le dos des retraités. Donc nous, on se bat pour être le plus efficace et pour éviter le pire.
Quels amendements vous allez déposer ? Quelles sont les mesures que vous allez demander, réclamer ?
Déjà, le refus de toutes les hausses d'impôts, 19 milliards. Les Français paient déjà beaucoup trop d'impôts. Donc les 10 milliards d'impôts sur le revenu, on est contre. La désindexation des retraites pour 20 milliards d'euros en 4 ans, on est contre. Taxer les tickets restaurants, les chèques cadeaux, tout ça, on est contre. Donc il faut stopper les hausses d'impôts sur les classes moyennes et populaires, stopper les impôts sur les petites et moyennes entreprises et toutes les industries, les agriculteurs, et baisser les dépenses. Et donc nous, on propose un très grand programme de plus de 60 milliards de baisse des dépenses toxiques.
On parlait du constitutionnaliste Benjamin Morel. J'aimerais vous faire réagir à sa prise de position qui est actuellement très discutée. En gros, si je résume ce qu'il dit, il n'y aura plus de dissolution possible après le 15 novembre. Car si je résume, entre l'organisation de nouvelles élections et la réunion d'une nouvelle assemblée, les délais sont trop courts pour faire adopter un budget pour l'année prochaine. Est-ce que vous êtes conscient, vous, de cette échéance ? Je crois que vous êtes toujours pour la dissolution, mais est-ce que vous êtes conscient de cette échéance du 15 novembre ?
Bien sûr, c'est une échéance politique, pas constitutionnelle, on pourrait le faire quand même. Mais depuis le début, et une fois plus sur votre antenne d'ailleurs le premier, j'ai dit que M. Macron manipulait le temps, le calendrier, qu'il jouait la montre, avec tout le cinéma qu'il nous a fait, avec la fausse démission de M. Lecornu, renommé. Tout ça, c'était pour gagner du temps, justement, pour jouer sur ces étapes, ces bornes temporelles, constitutionnelles, qui effectivement contraignent la réalité politique. Alors on pourrait dissoudre après, mais effectivement, les socialistes et les républicains de M. Wauquiez ont participé à cette manipulation de M. Macron.
Alors pour les gens qui travaillent dur au quotidien, tout ça leur paraît bien loin, et je comprends que ça les inquiète. Il faut savoir que M. Macron, une fois de plus, est très cynique, on commence à le connaître. Et c'est grave ce qui a été fait, c'est effectivement très grave.
Mais il y a toujours dissolution, donc, avant le 15 novembre ?
Le plus tôt possible, oui, mais on pourra le faire après. Mais effectivement, entre les deux, malheureusement, il y aura sans doute un budget par ordonnance qui aurait été adopté, et c'est les Français qui paieront, parce que là, vous savez, moi ça n'a rien changé à ma vie. Moi, je suis un privilégié, je l'aime bien ma vie. Mais je pense aux classes moyennes et aux retraités qui ont des petites retraites, ils vont devoir payer la facture à cause de la lâcheté des républicains.
Cette demande de dissolution, ce n'est pas lié au calendrier judiciaire de Marine Le Pen ? Procès en appel janvier, février ? Non, je ne pense pas, non, non.
Je pense que M. Macron ne pense qu'à lui, il ne pense même pas...
Non, non, ce désir de dissolution, chez vous, au ARN, vous les dissoudre, pour peut-être avoir une influence sur la décision des magistrats en appel janvier, février.
Oui, je ne vois pas trop quelle influence aurait la dissolution sur les magistrats qu'ils ont... Ce n'est pas lié, c'est complètement décorrélé. Ils sont indépendants, les magistrats se moquent bien des élections. En l'occurrence, ils ont raison, ils n'ont pas à se soucier des élections.
Marine Le Pen ne pourra pas se présenter en cas de dissolution, vous me confirmez ?
Ah non, pas du tout, je pense qu'elle pourra se présenter aux législatives. Si malheureusement elle ne peut pas, ce ne sera pas normal. En tout cas, elle pourra se présenter à la présidentielle, puisqu'elle est innocente.
Ça, c'est vous qui dites.
Oui, effectivement, c'est moi qui le dis.
Un mot du contre-budget, effectivement, du Rassemblement National. Vous l'avez présenté la semaine dernière, vous proposez 36 milliards d'économies budgétaires. Alors, le dernier prix Nobel d'économie vous a lu avec attention. Non, il ne nous a pas lu. Il nous a juste insulté. Il dit, puis je vous le cite, ce sont de grands amateurs, en parlant de vous, ce ne sont pas des gens sérieux. Ils ne sont pas capables de gérer la France. Je ne leur confie pas les manettes de la France pour gouverner. Ils sont incompétents. Votre réponse, Jean-Philippe Tanguy. Il y a un exemple ? Là, je suis en train de décrire ce que… Enfin, il parle de vous et il vous dit économie fantaisiste.
Oui, et donc, il n'a cité aucun exemple. Il n'a pas lu notre budget. Donc, M. Aguillon, qui a soutenu le programme économique de François Hollande et d'Emmanuel Macron avec le grand succès que l'on connaît, nous insulte. Et en fait, il n'est pas content parce qu'on veut réduire le coût de l'immigration. Il trouve ça méchant. Et on veut réduire la facture de l'Union européenne. Et il trouve ça scandaleux. Donc, en fait, M. Aguillon, qui a un prix Nobel pour ses travaux sur l'innovation, donc on est très loin de l'économie politique, nous insulte parce que c'est un gauchiste à deux balles. Un gauchiste ? Oui, oui, on le connaît.
Vous savez, par ailleurs, c'est un fils de la haute bourgeoisie française. Donc, M. Aguillon, il ne sait absolument pas comment vivent les Français. J'invite ceux qui nous écoutent à regarder ce que je veux dire.
Qu'est-ce qu'il a de gauchiste ? Qu'est-ce qu'il a de gauchiste ? Il est contre l'attaque Zuckman, par exemple.
C'est-à-dire que c'est un fils de 68 Tart enrichi sur le Tart, Mme Aguillon, qui a fait une griffe de luxe, surtout très sympathique. Mais voilà, M. Aguillon, il vit dans un monde parallèle. Donc, il n'a pas lu notre contre-budget. Et donc, j'invite ceux qui nous écoutent, qui veulent voir sur quoi se base M. Aguillon, à lire son interview complète. Et donc, il critique le fait qu'on veut réduire l'immigration. Bon, je ne vois pas ce qu'il y a le rapport avec la prix Nobel d'économie. Et il critique le fait…
Sur le principe, c'est-à-dire que ça ne rapportera pas autant que ce que vous dites.
Oui, alors, je pense que ceux qui nous écoutent savent que si on expulse et on arrête de donner des aides sociales à des étrangers au chômage, le taux de chômage est le double chez les étrangers que chez les nationaux, ça coûtera moins cher. Mais M. Aguillon est peut-être si intelligent qu'il n'arrive même pas à faire une addition.
Jean-Philippe Tanguy, votre contre-budget prévoit justement, vous en parliez, une baisse de la contribution française à l'Union européenne, 8,7 milliards d'euros, je crois. Comment expliquer qu'avec ça, vous voulez toujours rester dans l'Union européenne ?
Parce qu'on n'a pas à payer pour les autres, c'est simple.
Vous ne savez pas ce qu'ils vont vous dire. On réduit notre contribution et les autres vont dire, pourquoi vous réduisez votre contribution ? Vous voulez vraiment, vous voulez toujours être membre de l'Union européenne ?
On dira on réduit notre contribution parce qu'on n'est pas d'accord avec la façon dont vous gâchez l'argent. Par exemple, une augmentation des salaires liées aux fonctionnaires européens de 7% l'année dernière, je pense que les Français auraient bien aimé avoir 7% de hausse des salaires, peut-être que vous, d'ailleurs vous auriez bien aimé avoir 7% de hausse des salaires. Donc l'Union européenne considère qu'elle a toujours plus d'argent à nous pomper, nous on n'est pas d'accord, donc là c'est par exemple une hausse de 6 milliards du budget, donc on arrive à 30 milliards quand même.
D'ailleurs le Sénat a rendu un rapport très intéressant sur cette GFJ, donc nous on veut annuler des programmes. Un exemple, les Français sont contre l'élargissement de l'Union européenne à l'Ukraine, aux Balkans, à la Serbie, à la Turquie. L'Union européenne dépense plusieurs milliards d'euros par an pour préparer cet élargissement.
– Bon, vous nous confirmez, vous voulez rester dans l'Union européenne ?
– Absolument, mais par contre on ne veut plus être des pigeons.
– Vous ne voulez plus être… – Plumé. – Plumé, c'est comme vous le dites. Vous avez vu que Jordan Bardella a publié un nouveau livre ? – Oui. – Qui sort aujourd'hui, qui s'intitule.
– Hier soir au lancement.
– Ce que veulent les Français, vous l'avez lu ?
– Non, je l'ai lu hier soir, parce qu'il est sorti, enfin en tout cas j'étais au lancement de son livre, donc je l'ai lu hier soir, je l'ai lu à côté des Champs-Elysées ? – Oui, Théâtre Marigny, où M. Dupont-Moretti fait des représentations tous les soirs, je ne sais pas s'il va réussir à rejouer dans le théâtre, puisque comme on s'est assis dans cette même pièce, M. Dupont-Moretti va faire une syncope.
– Qu'est-ce qu'il a dit hier, Jordan Bardella ?
– Il a parlé des Français, de ses rencontres, au fil des campagnes, avec des gens qui travaillent dur, ou qui ont travaillé dur, qui sont confrontés aux réalités, qui font tenir le pays debout malgré l'incompétence de ceux qui nous gouvernent.
– Il y a plusieurs cadres RN qui ont participé à l'écriture, à la conception de cet ouvrage, est-ce que vous, vous avez été mis à contribution ?
– Je ne suis pas au courant, il y a eu des rencontres, donc je sais qu'un certain nombre de mes amis, comme Alexandre Loubet et Thomas Ménager, ont pu organiser ces rencontres, notamment avec un agriculteur dans le Douaret, mais après c'est le livre de Jordan Bardella.
– C'est le top départ de la campagne présidentielle de Jordan Bardella ?
– Non, c'est la continuité de sa campagne pour être Premier ministre.
– Deux livres en un an, c'est quoi ? C'est une carrière d'écrivain qui s'offre à lui, ou c'est une carrière de président de la République ?
– C'est vrai que c'est une chance d'avoir un public, c'est-à-dire que le livre de Jordan Bardella s'est très bien vendu, notamment pour un livre politique, et c'est intéressant. Moi je trouve que c'est une bonne nouvelle que la politique parle encore à beaucoup de gens, qu'on puisse proposer un ouvrage qui a du succès, c'est une bonne nouvelle, alors que les gens sont un peu marres de la politique quand on voit le spectacle national, je les comprends. Donc moi je trouve que c'est positif, je suis assez content, je n'ai pas donné de leçon, mais de mon point de vue, je suis assez fier que le président de mon parti soit capable de parler à autant de gens.
– Et vous allez lire bien évidemment un mot sur la fin de vie, le gouvernement qui a annoncé que le texte sur la fin de vie reviendrait à l'Assemblée nationale au mois de février. Votre parti était très divisée sur la question, notamment sur la question de l'aide à mourir. Vous vous y étiez favorable ? – Tout à fait. – Je crois que contrairement à Jordan Bardella et Marine Le Pen, vous voterez en faveur de cette aide à mourir,
il n'y a pas eu de changement à ce niveau-là ? – Ah mais tout à fait, et c'est la preuve que le Rassemblement national respecte ses promesses, puisque Marine Le Pen et Jordan Bardella s'étaient engagés à une liberté de vote sur les questions de société, et donc on voit que Marine Le Pen et Jordan Bardella respectent toujours leurs paroles, ce qui est moi ce qui m'a aussi fait… j'étais très fier d'être au Rassemblement national, parce qu'il y a peu de partis qui offrent la liberté de vote.
– Le député Olivier Falorni dit, si ce texte venait à ne pas être examiné, pour cause de crise politique, il faudrait qu'Emmanuel Macron passe par référendum. Est-ce que vous y êtes favorable sur une question aussi sensible ?
– Absolument, on a toujours été favorable, toutes les questions de société d'ailleurs, Marine Le Pen a toujours pensé que ce serait mieux de les passer par référendum. Hier il y avait un documentaire sur l'homosexualité en politique, dans lequel j'ai eu d'honneur d'apparaître, déjà à l'époque, si on avait passé le mariage pour tous par référendum, on aurait beaucoup moins divisé la société, et on aurait donné aux Françaises et aux Français le droit de s'exprimer sur la tolérance dont ils ont fait part.
– Merci beaucoup, Jean-Philippe Tanguy, je vous laisse retourner dans l'hémicycle, ça va être chaud encore aujourd'hui. Merci d'avoir répondu à mon invitation. – Bonne journée.
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Jean-Philippe Tanguy