Naples - Conférence de presse avec Giuseppe Conte
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse directe
Comment répondez-vous aux critiques internes sur la gestion du coronavirus ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Demande de flexibilité européenne pour les pays touchés par le coronavirus ?
- 13:00RelanceRéponse directe
Réponse à Marine Le Pen sur la fermeture des frontières ?
- 14:00OuverteRéponse directe
La France a-t-elle les moyens de faire face à une épidémie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Giuseppe ConteFait
« Nous sommes ravis aujourd'hui d'avoir accueilli ici, à Naples, M. le président Macron et les ministres du gouvernement français pour le 35e sommet intergouvernemental entre nos 2 pays. »
- 3:00Giuseppe ConteFait
« L'Italie et la France souhaitent travailler ensemble pour rendre l'Union européenne plus solidaire, plus sûre, plus sociale, respectant davantage l'environnement. »
- 4:00Giuseppe ContePromesse
« L'Italie s'est engagée avec 16 autres Etats-membres à la définition d'une ligne ambitieuse pouvant satisfaire aux attentes des citoyens européens. »
- 6:00Giuseppe ConteFait
« L'Italie et la France peuvent beaucoup faire ensemble, en sollicitant aussi tous les autres pays européens, pour agir sur les causes profondes de la migration. »
- 7:00Giuseppe ConteChiffre
« Selon les dernières données de 2019, il y a même eu une augmentation des échanges par rapport au passé. On est arrivé à 86 milliards d'euros. »
- 8:00Giuseppe ConteChiffre
« L'Italie et la France, ensemble, comptent pour presque 25% de tous les investissements en recherche et développement au niveau européen. »
- 12:00Emmanuel MacronChiffre
« 230 millions d'euros ont été mobilisés pour la recherche, les aides aux pays touchés. »
- 13:00Emmanuel MacronFait
« La France est mobilisée, l'ensemble de nos personnels soignants sont mobilisés dans un esprit de réactivité, de responsabilité exemplaire. »
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(Propos traduits de l'italien) -G. Conte : Nous sommes ravis aujourd'hui d'avoir accueilli ici, à Naples, M. le président Macron et les ministres du gouvernement français pour le 35e sommet intergouvernemental entre nos 2 pays.
Ce sommet s'encadre dans l'engagement commun de l'Italie et de la France, qui sont des pays amis qui ont des liens historiques, pour une Europe et un monde plus sûrs. Et nous avons examiné les différents défis, des défis complexes auxquels sont confrontés l'Union européenne et nos pays. Nous avons partagé l'engagement, en tout cas, à relever ce défi ensemble, à travailler ensemble pour relever ces défis au mieux.
De la gouvernance européenne, de la migration, la transition verte, la gouvernance européenne, les négociations sur le budget pluriannuel européen, on en a parlé il y a quelques jours à Bruxelles. Donc, sur tous ces thèmes et beaucoup d'autres dossiers, l'Italie et la France souhaitent travailler ensemble pour rendre l'Union européenne plus solidaire, plus sûre, plus sociale, respectant davantage l'environnement et aussi pour la rendre plus forte dans le monde. Nous nous sommes rencontrés il y a quelques jours à Bruxelles.
Nous sommes satisfaits des résultats du sommet. Pendant ces prochaines semaines, tous les Etats-membres vont continuer à travailler pour un compromis qui soit viable et efficace pouvant offrir à l'Union européenne les instruments, les outils pour poursuivre cette agence stratégique ambitieuse que le Conseil européen a élaborée et proposée, que la Commission européenne a proposée et partagée. L'Italie s'est engagée avec 16 autres Etats-membres à la définition d'une ligne ambitieuse pouvant satisfaire aux attentes des citoyens européens.
Et la France, nous en sommes convaincus, est très sensible à ce sujet. Notre objectif consiste aussi à arriver à l'achèvement de l'union bancaire européenne et à un dessin équilibré de l'union économique et monétaire, conjuguant tous les intérêts en jeu et offrant un bon niveau de solidarité entre les différents pays. Nous sommes bien conscients des divergences et des distances qui existent entre les différents Etats-membres.
Donc, sur ces thèmes, nous travaillerons ensemble afin de réduire ces divergences. Là aussi, l'Italie s'engage dans une phase fructueuse de négociations. Nous comptons donc sur la collaboration de la France, avec qui nous avons des points communs, pour mener de l'avant cet aspect essentiel de l'architecture économique européenne.
Avec la France, nous partageons aussi l'idée qu'il n'y a que des solutions européennes qui peuvent relancer la croissance économique, l'emploi, la sécurité, la cohésion sociale, la lutte contre les changements climatiques sur notre continent. C'est ça que nos citoyens nous demandent. Travailler pour poursuivre ces buts, ces objectifs, et nous nous engageons au mieux.
Même en vue de la conférence européenne, la conférence sur l'avenir de l'Europe, que nous souhaitons, puisse mener à une Europe étant plus proche des besoins des citoyens, notamment des jeunes. Nous sommes d'accord aussi de travailler pour rendre plus efficaces, plus efficients, plus partagés et participatifs, les processus décisionnels de l'Union européenne future. Pour ce qui est de la migration, nous avons partagé la priorité de l'évolution d'une Europe vers la gestion structurelle, et donc non plus basée sur les urgences des flux migratoires.
L'Italie l'a toujours demandé avec force et cohérence. Nous souhaitons une approche à ce thème à plusieurs niveaux, incluant un effort européen dès le moment du débarquement. Et concernant aussi la redistribution selon des mécanismes européens ainsi qu'une gestion rapide des rapatriements.
Et comme toile de fond, mais non pas pour son importance, il y a un thème essentiel, le thème de la collaboration avec les pays d'origine et de transit dans le cadre de l'attention plus vaste que nous souhaitons porter au continent africain. Donc, pour résoudre les différents problèmes, dont, par exemple, celui des mouvements secondaires, nous devons résoudre le problème des flux primaires. Il faut donc partir d'une gestion durable, efficace et viable du phénomène de la migration.
L'Italie et la France peuvent beaucoup faire ensemble, en sollicitant aussi tous les autres pays européens, pour agir sur les causes profondes de la migration, notamment en promouvant un partenariat vraiment paritaire avec le continent africain visant à en développer le potentiel énorme au niveau économique, mais aussi social. Nous avons une sensibilité commune en matière d'accord européen Green Deal, aussi bien pour la dimension européenne que pour les dimensions nationales. C'est un défi important.
Il faut le relever et le gagner dans l'intérêt de nous tous, de nos enfants et des générations futures. Nous sommes bien conscients que c'est un défi qu'on peut relever aussi en nous dotant d'outils financiers nécessaires et adéquats. La cohésion politique au sein de l'Union européenne, le soutien à la Commission européenne ont été considérés comme étant essentiels pour la relance d'un agenda positif des relations commerciales entre l'Union européenne et les Etats-Unis, ainsi que pour les relations futures avec le Royaume-Uni.
Nous devrons donc travailler côte-à-côte pour qu'il y ait des conditions paritaires, égalitaires entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Nous avons aussi parlé de relations internationales. On a porté notre attention sur la Libye.
Donc, le dossier Libye, à notre avis, il est essentiel de promouvoir ensemble les suites du processus de Berlin. Et il faut faire vite pour que les bénéfices de la rencontre de Berlin ne se dispersent pas. Il faut travailler ensemble, donc, dans le cadre pour renforcer l'action de l'Union européenne sous l'égide des Nations unies à partir du cessez-le-feu et du suivi de l'embargo sur les armes.
Donc, nous allons appuyer la proposition européenne qui est en train de se définir et nous sommes tous les 2 convaincus que nous pourrons contribuer énormément dans cette direction en impliquant toutes les parties concernées, et notamment en travaillant pour atteindre un objectif qui doit rester prioritaire, à savoir assurer un avenir de paix et de prospérité au peuple libyen qui l'attend depuis longtemps. De plus, nous avons parlé de la tragédie de la Syrie et d'autres crises, la crise de la région du Golfe. Nous sommes tous convaincus qu'il ne peut pas y avoir de solution confiée à l'option militaire.
Nous devons au contraire poursuivre le parcours politique crédible, positif. Nous travaillons beaucoup et nous travaillerons davantage à l'avenir pour impliquer toutes les parties concernées dans un processus visant au sens des responsabilités pour éviter toute escalade et donc favorisant un cadre de dialogue pour encourager des solutions politiques diplomatiques. Nous avons après analysé l'état excellent de notre relation bilatérale.
L'aspect économique est l'un des fleurons de nos rapports. L'Italie et la France sont des partenaires incontournables l'une pour l'autre. Selon les dernières données de 2019, il y a même eu une augmentation des échanges par rapport au passé.
On est arrivé à 86 milliards d'euros. Ce sont des données plus qu'encourageantes qui esquissent un cadre d'investissements réciproques très intense. Ce sont les niveaux parmi les plus élevés en Europe, ce qui confirme que nos pays ont des économies complémentaires, très intégrées.
On disait aussi que la plupart des entreprises que nous avons, il y en a 4 000, de ces entreprises, qui sont de véritables entreprises franco-italiennes. Et il y a aussi une collaboration accrue au niveau des associations industrielles. Nous avons convenu sur l'opportunité d'une impulsion additionnelle accrue de nos systèmes d'entreprise en concentrant nos efforts sur les entreprises technologiques.
Le but étant celui de développer des filières de valeur dans le domaine stratégique. Dans ce cadre, donc, s'insère le dialogue qui a été entamé dans les organismes qui, en Italie et en France, s'occupent de soutien aux start-up. Dans le domaine de la recherche et de l'innovation, nous avons des systèmes productifs visant constamment à l'innovation.
Innovation qui est un facteur aussi de compétitivité pour nos entreprises pour préserver les niveaux d'emploi. Ce sont des défis majeurs auxquels on est confrontés, et il faut les relever ensemble. L'Italie et la France, ensemble, comptent pour presque 25% de tous les investissements en recherche et développement au niveau européen.
On peut compter sur un réseau, là aussi, très intégré d'institutions et communautés scientifiques. Et en guise de conclusion, je souhaite rappeler que ce sommet marque un pas en avant dans le domaine économique car nous souhaitons faire accroître nos champions européens. Et là, je pense à la construction navale, à l'industrie automobile.
Nous devons être conscients, en Europe, que concurrencer dans un monde de plus en plus mondialisé n'est possible que si l'on revoit les règles de la concurrence européenne qui ont été élaborées il y a quelques années, qui portaient sur le marché unique, mais qui, dans certains cas, ne sont pas utiles pour concurrencer sur le marché mondial. Mais cela ne signifie pas négliger les petites et moyennes entreprises qui, en Italie tout comme en France, constituent des piliers des systèmes productifs. Pour ce qui est de la culture, nous avons souligné l'élan de notre relation dans ce domaine.
Beaucoup d'initiatives ont été entamées par nos 2 pays dans le domaine de la culture. Nos pays, la France et l'Italie, ont une primauté culturelle sous tout angle pour ce qui est de la production de culture ainsi que de la consommation de la culture. L'année suivant l'incendie de l'église de Notre-Dame et de la marée exceptionnelle qui a frappé Venise, ainsi que pour le soutien de la promotion des industries créatives de nos pays.
Puis, nous avons partagé, et nous sommes d'accord sur le fait que la promotion de la langue italienne en France et de la langue française en Italie est la meilleure manière pour renforcer nos liens, car partager la même langue signifie avoir un outil excellent pour que nos générations puissent croître, étant de plus en plus ouvertes et collaboratives. Donc, un succès important est celui du double diplôme Esabac, qui permet à nos jeunes de bénéficier des titres des diplômes des 2 pays. Ce programme a fêté son 10e anniversaire, et d'ici peu, il sera élargi aussi à la formation professionnelle. -E.
Macron : Merci beaucoup, M. le président du Conseil, cher Giuseppe. Merci beaucoup à vous et vos ministres pour votre accueil.
Et merci de nous avoir accueillis dans cette ville de Naples. Et je veux ici aussi avoir un mot de remerciement pour le maire de Naples, l'ensemble des autorités de la ville et de la région pour leur accueil aujourd'hui. Ca n'est pas le fruit du hasard.
Stendhal avait décidé, comme les écrivains peuvent le faire de manière arbitraire, qu'il y avait 2 capitales en Europe : Naples et Paris. Ensuite, dans les échanges... (Applaudissements) Dans les échanges qu'il avait, entre autres avec Lamartine, il y avait eu cette formule du second disant que "la plus belle vue de mer au monde était la baie de Naples." Pour tout vous dire de cette histoire, la plus belle vue de terre, pour le poète, était la vue des Pyrénées depuis la ville de Pau.
Beaucoup d'autres écrivains français ont, à travers le temps, été fascinés par Naples, qui dit beaucoup de notre histoire et de cet amour commun. Et de Dumas jusqu'à André Gide, qui y a fait sa dernière conférence, en passant par Lamartine que j'évoquais ou plus récemment des auteurs comme Dominique Fernandez ou Jean-Noël Schifano, c'est une ville qui a toujours inspiré. Et nous l'avons vu tout à l'heure d'ailleurs, en nous replongeant dans le XXe siècle théâtral, ensemble, et je vous remercie pour cette parenthèse, et ce qu'Eduardo de Filippo et, je dirais, toute la famille, a permis d'apporter au théâtre napolitain et plus largement au théâtre européen.
Donc je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui dans cette belle ville. Je veux aussi avoir, pour commencer, un mot de solidarité et d'amitié avec l'Italie, avec votre gouvernement et l'ensemble des autorités sanitaires dans la gestion du coronavirus. Ce virus nous concerne tous, et la situation à laquelle nous sommes collectivement confrontés ne pourra se régler qu'en parfaite coopération européenne et internationale.
Et c'est d'ailleurs ce dont nous devons nous féliciter. Nos ministres de la Santé se sont vus mardi. Ils étaient réunis à Rome.
Et cette coordination est constante depuis le 1er jour dans l'anticipation et continuera de se faire selon ces termes. Nous avons donc tenu, vous l'avez rappelé, le 35e sommet bilatéral. Le précédent avait eu lieu à Lyon en septembre 2017, il y a maintenant 2 ans et demi.
Et je crois pouvoir dire qu'ensemble, depuis quelques mois, nous oeuvrons pour justement que les choses puissent repartir après une période qui a été difficile, il faut bien le dire, au début de l'année 2019. Et je crois pouvoir dire, grâce à votre implication, celle du président Mattarella, celle de l'ensemble de votre gouvernement aujourd'hui, nous avons pu réussir à retrouver une voie commune et depuis le voyage que j'avais effectué, et la visite à Rome du 18 septembre dernier, nous avons travaillé d'arrache-pied, et je crois pouvoir dire que ce sommet bilatéral est véritablement celui de la relance franco-italienne. Cette relance n'est pas simplement importante pour nos 2 pays, vous l'avez parfaitement rappelé.
Je n'ai aucun mot à retrancher du compte rendu que vous venez de faire. Elle est un facteur d'équilibre et de dynamisme pour l'Europe. Nous avons ainsi acté une série de coopérations importantes, soit par des positions communes que nous défendrons ensemble au niveau européen ou international, soit par des initiatives bilatérales concrètes et la déclaration conjointe très précise, justement, qui a été conclue, et le travail de nos ministres, que je remercie pour la préparation et leur présence, permet d'acter justement toutes ces convergences.
En matière de défense, notre coopération s'illustre au 1er plan par le partenariat entre Naval Group et Fincantieri dans le domaine de la construction navale militaire et la déclaration échangée par nos ministres et nos groupes. Au plan opérationnel, nous sommes également convenus de renforcer notre coopération, notamment en Méditerranée orientale, et d'y assurer le respect du principe de libre navigation, mais également en agissant ensemble pour garantir la sécurité dans le détroit d'Ormuz ou au Sahel. Et ceci et ces coopérations militaires viennent en appui d'initiatives communes et d'une coordination toujours plus étroite que nous voulons prendre sur les grands dossiers internationaux.
Vous l'avez rappelé, et je me félicite de tout le travail qui a été fait ces derniers mois sur le sujet libyen. Nous travaillons main dans la main, et les ministres l'ont dit, d'ailleurs nos conseillers diplomatiques seront avec le conseiller diplomatique de la chancelière Merkel sur place pour coordonner des contacts stratégiques, nos ministres travaillent ensemble étroitement, et je pense que la coopération italo-française sur le dossier libyen est absolument essentielle pour trouver un aboutissement, et en particulier faire respecter l'embargo sur les armes, comme vous l'avez évoqué. Et à ce titre, nous allons aussi relancer dans les prochaines semaines tout le travail de surveillance et de coopération en Méditerranée au niveau européen, et je sais qu'ensemble, nous oeuvrerons également pour un mandat ambitieux qui permettra d'agir en ce sens.
C'est la même coordination que nous voulons sur le sujet sahélien, sur le dossier iranien, comme aussi en Syrie. Et je vous rejoins pleinement pour dire ici notre condamnation très claire et solennelle de ce qui est en train de se passer depuis plusieurs jours, plusieurs semaines en Syrie, et tout particulièrement dans la région d'Idleb. Le régime syrien, aidé par ses alliés, procède à des attaques qui ne sont pas simplement la lutte contre le terrorisme, mais véritablement relèvent d'un scandale humanitaire.
Les destructions de centres médicaux, le non-respect du droit humanitaire international, les attaques contre les civils ne peuvent être acceptés. Et je veux ici dire combien l'ensemble des membres permanents du Conseil de sécurité doivent dans cette période prendre leurs responsabilités et savoir dans cette enceinte condamner cette action, comme nous avons décidé de la prendre au niveau européen ensemble en nous coordonnant aussi sur les actions humanitaires à conduire et les positions que vous avez rappelées. Dans le domaine de l'économie et de l'innovation, vous avez parfaitement rappelé nos choix communs.
Nous avons aujourd'hui acté la mise en place d'actions de financement communes entre la Caisse des dépôts italienne et la BPI du côté français, et nous allons continuer da faire oeuvrer ensemble justement nos jeunes entreprises innovantes de la même manière que nous continuerons d'avancer dans un agenda industriel ambitieux. Et nos ministres ont, à cet égard, eu des propos forts, qui consistent d'une part à faire avancer l'agenda européen en la matière, mais aussi à favoriser les coopérations industrielles communes et les grands projets. Nous en avons, aujourd'hui, ça a été rappelé, dans le naval, nous en avons dans l'automobile.
Je pense qu'il nous faut aussi en bâtir en matière spatiale, car l'espace doit être un lieu de coopération franco-italien encore plus important. Mais ce sont au fond des liens humains qui constituent le coeur de notre relation bilatérale. Nous fêtons cette année, et vous l'avez rappelé, le 10e anniversaire de l'Esabac, qui permet à des lycéens français et italiens d'acquérir simultanément le baccalauréat et son équivalent italien.
Nos ministres, tout à l'heure, ont rappelé l'importance justement de ce dispositif. Près de 26 000 lycéens participent actuellement à ce programme que nous allons encore développer. Je pourrais également citer les universités européennes qui, là aussi, sont un projet que nous soutenons l'un et l'autre et qui lie très profondément nos grandes institutions de part et d'autre dans des projets désormais conjoints.
Et vous avez également parfaitement rappelé l'importance de notre agenda culturel. Nos ministres, là aussi, l'ont redit. Avec des projets communs, une coopération en matière de patrimoine culturel au niveau européen, mais aussi au niveau bilatéral et avec des projets que nous avons relancés il y a quelques mois et sur lesquels les ministres ont pu s'exprimer et que nous allons poursuivre.
Et je sais combien d'ailleurs les femmes et les hommes qui font la vie culturelle entre nos 2 pays souhaitent cela et vont continuer sur ce chemin. Fondée sur une proximité culturelle et historique sans égal en Europe, la relation franco-italienne ne se limite pas à tous ces sujets bilatéraux. Je ne vais pas reprendre tout ce que vous avez dit en la matière, qui était formidablement complet, mais c'est aussi une ambition européenne commune.
Notre Europe, vous l'avez dit, vit un moment très particulier face à des grandes crises internationales, aux défis de la puissance, à un moment où le Brexit est aujourd'hui à gérer et nous avons sur l'élargissement, le Brexit, la conférence sur l'avenir de l'Europe, défini des agendas communs. Je veux simplement insister sur quelques sujets européens où vraiment notre convergence et notre travail commun sera indispensable. Le 1er, c'est sans doute le climat.
Nos ministres l'ont dit, nous avons un agenda en matière de climat et de biodiversité très important durant cette année 2020 et nous allons donc ensemble travailler parce que nous partageons ce sentiment d'urgence. D'abord avec des projets concrets. Là aussi, sur le plan bilatéral, je me félicite que nous ayons pu relancer la délégation de service public de l'autoroute ferroviaire alpin qui va permettre, là, justement, de faire ce qu'on appelle du transfert modal et de limiter les émissions.
Je me félicite aussi qu'on ait eu des projets concrets comme ce que les ministres viennent de signer, qui permettent les coopérations ensemble sur justement la recherche et notre coopération scientifique polaire. Nous avons aussi un agenda international sur lequel nous allons nous coordonner pour justement mobiliser notre jeunesse, comme nos chercheurs, la préparation de l'UICN à Marseille, à laquelle vous serez partie prenante, évidemment, la COP biodiversité en Chine et la COP de Glasgow en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Mais plus largement, nous allons aussi ensemble porter ces ambitions climatiques dans l'agenda européen, la mise en oeuvre du Green Deal.
Et ce que nous devons cette année justement réussir à acter, ce sont nos objectifs climatiques plus ambitieux pour 2030. Sur le plan de la politique économique, nos ministres, depuis plusieurs mois, travaillent ensemble. Et au-delà des coopérations bilatérales, notre Europe et tout particulièrement notre zone euro, a besoin d'une politique budgétaire et économique beaucoup plus ambitieuse.
Et je crois que nous nous retrouvons pleinement sur ce point. Quand nous regardons aujourd'hui à l'échelle mondiale notre situation, nous avons une politique monétaire qui ne peut plus répondre aux défis de la croissance européenne et tout particulièrement de la zone euro. Et donc des politiques budgétaires qui doivent être beaucoup plus largement sollicitées pour préparer notre avenir et pour être au rendez-vous d'une croissance indispensable pour notre économie, mais aussi pour nos sociétés et lutter efficacement contre le chômage.
Ce policy-mix européen nouveau et donc cette équation politique en particulier budgétaire, de réforme économique et de politique monétaire est ce que nous devons ensemble pousser et je souhaite que nous puissions avancer sur ce point. Il y a aussi, et les ministres de l'Intérieur y sont revenus, le sujet de la question migratoire. Notre coopération bilatérale est exemplaire en la matière.
Plusieurs initiatives ont été rappelées. Nous avons acté des contrôles conjoints et une coordination plus étroite aux postes-frontière. Nous avons amélioré notre coopération dans tous les domaines.
Mais sur le plan migratoire, il nous faut aujourd'hui ensemble réussir à donner une nouvelle ambition à l'agenda européen. Les propositions qui seront faites au début du mois de mars par la Commission et le sommet que nous aurons à tenir au mois d'avril sont absolument essentielles. Et je le dis parce que nous avons destin lié.
L'Italie est un pays d'arrivée. Vous avez eu à subir par les années passées des pressions migratoires extrêmement fortes qui ont déstabilisé parfois politiquement votre pays. Et l'Europe a eu une responsabilité, j'ai eu l'occasion de le dire en septembre dernier, lorsqu'elle n'a pas été au rendez-vous de la solidarité.
Et la France est aujourd'hui le 1er pays d'accueil secondaire. Disons-le de manière plus simple et politiquement non correcte, quand on ne sait pas traiter le sujet en Italie, ça devient un sujet en France de toute façon. Nous avons destin lié.
Et donc, il nous faut aujourd'hui bâtir une vraie politique européenne, d'abord de coopération avec les pays d'origine beaucoup plus ambitieuse, ensuite de protection commune de nos frontières, de gestion commune des flux migratoires et de l'asile et de solidarité et de responsabilité commune et sortir des clivages dans lesquels l'Europe s'est installée. Et nous avons acté de travailler ensemble sur ce sujet ô combien essentiel. Je ne vais pas poursuivre plus longuement.
Sur tout ce que je n'ai pas évoqué, je suis d'accord avec le président Conte qui a été très complet et je n'ai rien à retrancher à ce qu'il a dit. Je veux simplement conclure en disant que nous avons véritablement relancé, consolidé cette relation centrale en Europe et c'est pour cela que je crois que ce projet d'un traité du Quirinal, que vous avez rappelé, est extrêmement important. Je souhaite que dans le semestre qui vient, nous puissions, comme nous nous le sommes dits tous les deux, pouvoir justement sur la base du travail du groupe des sages, maintenant rentrer dans des projets très concrets et pouvoir finaliser ce travail qui permettra d'acter une étape importante.
Voilà, monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, ce que je souhaitais dire. En vous remerciant à nouveau pour votre accueil, pour la qualité du travail commun et pour l'amitié qui lie l'Italie et la France. Merci, cher Giuseppe. (Applaudissements) (...) (Propos traduits de l'italien) -G.Conte: Avez-vous des questions? -Bonjour, Michele Esposito, agence ANSA.
A monsieur le président Conte, je voulais vous demander par rapport aux polémiques internes sur le coronavirus, comment répondez-vous à ceux qui pensent que le gouvernement n'est pas capable de gérer cette urgence? Et en même temps, vous avez demandé au Quirinal de tout rouvrir et de faire repartir l'Italie. Monsieur le président Macron, est-ce que ce sera un thème d'ici les prochains mois, la demande de davantage de flexibilité au niveau de l'Union européenne pour les pays qui sont frappés par cette urgence? -G.Conte: Eh bien, pour ce qui est de la question qui m'a été adressée, je peux dire que le gouvernement, dès le début, a fait face avec une grande responsabilité.
Cette urgence médicale, qui ne concerne pas que l'Italie, on l'a dit tous les deux, cela concerne tous les pays, certains un peu plus, certains, moins. Et à terme, elle affectera de plus en plus, même les pays qui ne semblent pas être trop impliqués pour l'instant, étant donné la rapidité de diffusion de cette épidémie. Eh bien, le gouvernement y a fait face avec une grande responsabilité.
On a été très transparent. On a adopté un principe de précaution maximale en mettant en oeuvre toutes les mesures suggérées par le comité technico-scientifique. Nous n'avons pas de compétences, moi-même et mes ministres.
Nous ne sommes pas des experts dans le domaine. Donc, dès le début, nous avons écouté les experts les plus importants dans ce domaine scientifique, dans ce domaine médical. Ils nous ont conseillés.
Nous avons évalué leurs propositions et nous avons adopté les mesures qui nous sont suggérées selon des critères de proportionnalité. Donc, il ne faut pas oublier que les mesures adoptées ont été prises en coordination et en accord avec les gouvernements locaux, notamment les gouvernements régionaux. Donc, ce sont des mesures partagées.
On y a beaucoup réfléchi. Or, dans un débat public, il y a toujours ceux qui disent n'importe quoi, qu'il faut davantage de rigueur, ou un peu moins de rigueur, ceux qui changent d'idée le matin, puis l'après-midi et le jour d'après. Tout est permis.
Mais nous avons le devoir et la responsabilité de travailler en restant unis. J'ai entendu parler de gouvernement d'unité nationale, de "super gouvernement". Eh bien, notre responsabilité, notre sens des responsabilités, notre rôle nous imposent, outre à travailler pour ces perspectives avec les ministres qui sont présents ici et ceux qui ne sont pas là, de travailler et de faire en sorte que le gouvernement reste uni pour que la nation reste unie.
C'est à cela qu'on travaille. Pour en revenir à votre question, aujourd'hui, vous nous dites qu'on nous propose de tout rouvrir, tous les musées, etc. Mais ceux qui nous demandent de tout rouvrir aujourd'hui, hier, nous demandaient de tout fermer.
On nous a aussi proposé de clôturer, de tout fermer, de suspendre le traité de Schengen. Et donc, nous avons essayé d'expliquer que fermer nos frontières pourrait entraîner des dégâts incroyables pour notre nation, des répercussions économiques impossibles à supporter. Aujourd'hui, on nous dit le contraire.
Lorsqu'on fait face à ces urgences, il faut garder du sang-froid, il ne faut jamais être arrogant, présomptueux. Il faut baser les mesures adoptées sur les suggestions des experts. Pour bien expliquer aux Italiens qui nous écoutent, aujourd'hui, avec les 1res mesures adoptées... (Propos en italien non traduits) (...) Une région qui n'est pas la plus frappée par l'épidémie, mais cela nous fait comprendre que l'ensemble du pays doit essayer de vivre cette urgence et cette situation d'urgence sans dramatiser.
Il faut respecter les indications suggérées par la communauté scientifique sans avoir peur. -E. Macron : Président Conte, je veux insister sur le fait qu'il y a depuis le début, justement sur ce sujet, une coopération très étroite et parfaite aussi au niveau européen.
Je le rappelais, les ministres de la Santé étaient ensemble à Rome il y a 2 jours. Ils ont un contact quotidien sur ce sujet. Et donc, l'Europe, la coopération européenne permet aussi de beaucoup mieux traiter et prévenir et anticiper.
Et c'est aussi l'Europe qui a mobilisé ces financements. 230 millions d'euros ont été mobilisés pour la recherche, les aides aux pays touchés. Cet après-midi, la Commission européenne a annoncé des mécanismes d'aide aussi au secteur économique qui serait impacté par le virus et nous avons activé tous les mécanismes de protection civile au sein de l'Europe.
La France d'ailleurs y a contribué pour compte commun en rapatriant. Donc, je voulais insister par rapport à votre 1re question et la gestion de la crise sur l'importance de l'Europe et de la coopération européenne. Vous aviez un 2e point, qui était...
Sur la flexibilité ? Ca correspond, de toute façon, à ce que je viens d'évoquer. Oui, la Commission a commencé à bouger, vous l'avez vu, cet après-midi.
Et nous avons activé des mécanismes d'aide. Je pense que sur ce sujet, de toute façon, nous devons, y compris sur les réponses européennes à apporter en accompagnement, nous adapter. Le président du Conseil a dit que la gestion est aujourd'hui quotidienne, parfois heure par heure en fonction des défis que nous avons à gérer.
Et donc, il est évident qu'au niveau européen, nous aurons besoin d'une très grande flexibilité et d'une très grande coopération. Elle est là, elle est au rendez-vous aujourd'hui. Elle nous a permis d'être plus efficaces.
L'Europe a su montrer qu'elle était mobilisée et elle doit continuer de le faire. (Propos traduits de l'italien) -G.Conte: Nous sommes un peu en retard, donc excusez-nous, mais on ne peut répondre qu'à une question.
Et puis, il y a M. le président Mattarella qui va nous accueillir pour le dîner. -Bonsoir, Marie Chantrait pour TF1/LCI.
M. le président du Conseil, M. le président de la République, pour rebondir sur les propos de M.
Conte sur Schengen, la fermeture des frontières. Dans l'opposition en France, Marine Le Pen, par exemple, la présidente du Rassemblement national, conteste que la France ne ferme pas ses frontières. Elle demande des contrôles renforcés.
Que lui répondez-vous ce soir, M. le président ? Par ailleurs, ce matin, vous étiez à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.
Vous étiez face à des personnels soignants qui vous disaient qu'en cas de crise d'ampleur, aujourd'hui, il n'y avait pas les moyens de faire face. Est-ce qu'aujourd'hui, la France, en cas d'épidémie, a les moyens de faire face ? -E.
Macron: Oui. Alors, je pense qu'il est important de replacer les propos que vous venez de citer dans leur contexte. J'ai ce matin été à l'hôpital de la Salpêtrière pour voir des équipes absolument remarquables auxquelles je veux ici rendre hommage, des personnels soignants.
J'ai été en service de réanimation puis nous avons eu une discussion au sein du service de pneumologie. Il y avait un docteur qui représentait la coordination, l'intersyndicale, lequel est neurologue et n'a rien à voir avec le coronavirus, qui a tenu ces propos au sujet de l'hôpital plus généralement. Ils n'ont rien à voir avec la crise que nous sommes en train de vivre, donc je ne souhaite pas qu'ils soient sortis de leur contexte et puissent nourrir quelques craintes.
Il faut qu'on ait tous l'esprit de responsabilité. Moi, je suis pour le débat ouvert et donc il était très bien que ce docteur soit là. Le ministre est à la tâche comme l'était la ministre avant lui avec l'ensemble des équipes pour qu'on continue d'améliorer les choses à l'hôpital, de répondre aux difficultés de l'hôpital, lesquelles viennent de loin, ne sont pas découvertes d'hier, n'ont rien à voir avec ce sujet.
Mais en aucun cas il ne faut mêler les 2 sujets. Et d'ailleurs, tous les professionnels de santé qui sont impliqués dans cette crise ne l'ont jamais mêlée dans les discussions que j'ai pu avoir avec eux. Tous sont revenus et tous sont au front et au service de nos concitoyens.
Voilà. Donc, surtout, je veux ici rassurer très clairement par rapport à ces propos qui ne doivent pas être sortis de leur contexte. Ensuite, je veux rendre hommage à nos équipes de santé et à la mobilisation d'ailleurs de l'ensemble des services de l'Etat et de toutes celles et ceux qui y sont associés depuis le début de cette crise.
Sous l'autorité du Premier ministre, tous les services de l'Etat sont mobilisés avec des réunions régulières, une transparence, une information comme cela a été fait ce matin à l'ensemble des groupes parlementaires. Et sous l'autorité du ministre de la Santé tout particulièrement et du directeur général de la santé, une cellule de crise a été mise en place avec un réseau de santé et une organisation de l'accueil. Le numéro vert, les équipes du 15 et des SAMU, les hôpitaux, et il y en a un peu plus de 100 qui sont mobilisés en France, j'étais ce matin dans l'un des hôpitaux parisiens mobilisés, mais il y en a au moins un par département, font un travail absolument exceptionnel.
Et je veux remercier au travers d'eux tous les personnels soignants qui sont mobilisés sur cette situation. Ils sont en lien très étroit avec les SAMU, avec également les médecins libéraux, les infirmières, les pharmaciens et il y a une coopération très étroite avec l'ensemble des professionnels de santé, y compris de ville, comme on dit, que je veux aussi remercier pour leur mobilisation. Et donc, la France est mobilisée, l'ensemble de nos personnels soignants sont mobilisés dans un esprit de réactivité, de responsabilité exemplaire.
Nous sommes face à une épidémie qui arrive sur laquelle nous donnons une information constante, transparente et nous sommes tout à la fois dans cette transparence et qui suppose de savoir collectivement garder son calme. Moi, je souhaite que cela continue d'être les professionnels et les scientifiques qui informent sur l'évolution de la situation, les cas et leur gestion et que ce soit leurs recommandations qui soient à chaque fois suivies. En la matière, je pense qu'il ne faut pas faire de mauvaise politique.
Et il est normal qu'il y ait un débat démocratique, qu'on demande des comptes au gouvernement qui a à gérer cette crise. Mais le gouvernement doit le faire sur la base d'informations, de faits qu'il explique, loin de toute polémique inutile. Pour ce qui est de la fermeture des frontières, là aussi, il faut s'en remettre aux scientifiques.
Il semble que le virus ne s'arrête pas aux frontières. N'en déplaise peut-être à certaines et certains, il ne connaît pas cette géographie et ces limites administratives. Et donc, parfois, des confinements sont importants, mais plutôt dans les géographies qui concernent l'expansion du virus.
Ce sont des choix de confinement que l'Italie, par exemple, a dû prendre. Et l'Organisation mondiale de la santé, aujourd'hui, ne recommande pas la fermeture des frontières. Et donc, les décisions au sein de l'Europe seront prises de manière toujours coordonnée sur la base d'éléments scientifiques et toutes les décisions utiles seront prises en temps voulu, mais ça n'est pas le cas aujourd'hui parce que les scientifiques nous disent que ça n'a pas d'utilité.
Voilà très concrètement ce que je peux vous dire à ce stade sur ce sujet. Je veux ici vous dire en tout cas combien nous continuons d'être mobilisés. Le ministre de la Santé fait un point ce soir à nouveau.
Nous tiendrons toutes les réunions de coordination utiles et le gouvernement, avec l'ensemble des équipes, continue d'être à la tâche avec tous les personnels de santé. Tous nos pays ont à être confrontés à cette situation. Il faut aujourd'hui l'affronter avec beaucoup de calme, beaucoup d'organisation et en suivant les recommandations qui sont données par les professionnels de santé et les ministres.
Je vous remercie. (Propos en italien) Merci à vous. (Applaudissements)
Emmanuel Macron