Les 2 campagnes présidentielles d'Alain Krivine | Archive INA
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Fait
« le pouvoir Gauliste s'est institué à l'issue d'un coup d'État militaire le 13 mai 1958 »
- 3:44Chiffre
« il existe des centaines de milliers de chômeurs il existe aujourd'hui des dizaines de milliers de jeunes sans emploi »
- 9:26Fait
« le socialisme ce n'est pas les camps de concentration pour nous le socialisme ça ne peut pas être un régime qui met comme en Union soviétique les intellectuels en prison »
- 10:56Fait
« le titre de communiste ne se mérite pas en achetant une carte ce n'est pas un monopole d'un parti c'est un titre qui se mérite à travers la participation aux actions de la classe ouvrière »
- 12:18Chiffre
« les frais de publicité en France représentent le double du budget de la santé où l'armée coûte plus cher que l'école »
- 13:45Chiffre
« 2 millions de travailleurs immigrés surexploités liés directement au contrôle de la police »
- 14:29Fait
« je suis avec les Américains et je compte bien y rester deuxièmement pas question pour moi d'attaquer le profit »
- 15:12Fait
« ces nationalisations ne remettent pas en cause la logique du système capitaliste »
Temps de parole
- ?99 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique]
pour la première fois un militant révolutionnaire a la possibilité de s'exprimer devant vous cette possibilité n'est pas le résultat d'une quelconque élection cette possibilité n'est pas non plus le résultat de la bonne volonté de l'officine de propagande gouvernementale qui'est aujourd'hui l' RTF si je peux m'exprimer aujourd'hui devant vous c'est grâce à l'extraordinaire mouvement de 100 millions de travailleurs en mai 1968 récemment monsieur Marcelin le ministre de l'Intérieur nous expliquait que le pouvoir était dans les urnes et qu'il n'était pas dans la rue en fait lorsque l'on sait comment Monsieur Marcelin est devenu ministre de l'intérieur lorsque l'on sait que le pouvoir Gauliste s'est institué à l'issue d'un coup d'État militaire le 13 mai 1958 nous pouvons calmement demander à Monsieur Marcelin si ce pouvoir il l'a pris par les urnes il l'a pris par les élections ou si au contraire il n'a pas utilisé la violence pour devenir ministre de l'Intérieur il est clair que pour nous jamais la gauche socialiste ne peut envisager de prendre le pouvoir d'imposer ces solutions à l'aide des élections ou à l'aide d'une quelconque consultation électorale toutes les expériences vécues en France ou dans d'autres pays montre que soit la gauche développe un programme de droite et à ce moment-là bénéficie des voies de droite et peut effectivement obtenir une majorité gouvernementale ce qui est aujourd'hui le cas de Monsieur Wilson en Angleterre ce qui fut le cas de guimolet ou mitran en France mais lorsque cette gauche développe un programme beaucoup plus avancé un programme qui ne peut plus bénéficier du soutien de la bourgeoise alors cette bourgeoisie est prête à violer sa propre légalité et à imposer ses solutions par des coups de forces militaire on connaît l'exemple de la Grèce et du régime fasciste qui règne aujourd'hui on connaît l'exemple de l'Indonésie on connaît aussi l'exemple de l'Espagne républicaine en fait nous ne faisons absolument aucune confiance au bulletin de vote nous pensons et Mai 68 l'a montré que les travailleurs possèdent leurs propres moyen de lutte en mai 68 par des manifestations par des occupations d'usine les travailleurs ont réussi à imposer ce qu'aucun bulletin de vote n'avait pu faire auparavant c'est-à-dire faire reculer le pouvoir faire reculer l'état fort quiétait l'état Gauliste en quelques semaines l'état Gauliste a donné ce qu'il n'avait jamais accordé en 10 ans de pouvoir mais pour nous mais ne sera pas un anniversaire que nous fêterons comme d'anciens combattants ni un enterrement ce que s'est force de faire aujourd'hui la totalité des partis de la gauche officielle mais fut pour nous un immense espoir et ce que nous nous efforcerons de faire à travers cette campagne que nous voulons avant tout une campagne militante c'est d'expliquer ce qui s'est passé durant ces journées c'est d'en tirer tous les enseignements de montrer toutes les carences aussi du mouvement de Mai de façon à armer les étudiants les travailleurs pour les prochaines luttes qui ne seront pas qui ne peuvent pas être des luttes électorales les enseignements sont extrêmement nombreux on nous a expliqué pendant des années qu'il n'y avait plus de classe ouvrière que le régime capitaliste néocapitaliste avait résolu toutes ces contradictions que aujourd'hui il était capable d'augmenter de façon permanente le niveau de vie or que voyons-nous et les travailleurs d'ailleurs l'ont vu en mai 68 il existe des centaines de milliers de chômeurs il existe aujourd'hui des dizaines de milliers de jeunes sans emploi ou lorsqu'ils trouvent un emploi dans une usine généralement le trouve pour des tâches qui ne correspondent pas à leur qualification professionnelle aujourd'hui dans les entreprises les cadences augmentent avec la perspective d'augmentation du profit en mai 68 par million les travailleurs ont pris conscience que le problème n'était plus de se battre pour telle ou telle réforme pour de ou 3 % d'augmentation immédiatement reprise par le patronat mais qu'il était nécessaire pour faire aboutir leur principales revendication de transformer radicalement la société et de prendre en main eux-mêm les centres de production c'est ce qui a commencé à être fait par les occupations d' par la mise en route par les travailleurs eux-mêmes dans certaines localités des usines mais sans les patrons une période de véritable liberté a régé sur la France pendant ce mai ce mois de mai 1968 à cette époque nous disions que tout était possible et on nous a traité de gauchiste d'enrager mais lorsque l'on regarde de près la situation lorsqu'on lit tous les ouvrages qui paraissent aujourd'hui sur cette période lorsqu'on voit la panique qui régnait dans les bureaux ministériels désertés pour la plupart lorsqu'on voit dans quel état d'isolement se trouvait cette grande bourgeoisie coupé des travailleurs coupé des étudiants coup des couches moyennes coup de la petite paysannerie on peut comprendre qu'effectivement à cette époque si les partis ouvrier avait donné une véritable alternative politique une alternative aliste permettant d'offrir la perspective d'un gouvernement des travailleurs et donnant aux travailleurs les moyens de lutte pour obtenir un tel but alors la situation aurait complètement changé alors nous ne nous prononcerions pas aujourd'hui dans cette période électorale pour savoir si nous devons avoir un Pompidou ou un poè à la tête de l'État aujourd'hui en l'absence de Lutte Ouvrière la bourgeoisie a pu iliser provisoirement son système elle s'est même permis le luxe de renvoyer de Gaulle à colomber les deux églises il est clair que de gale a permis en mai 58 d'assurer un changement décisif dans les institutions mais après mai l'instabilité du régime est apparue de gale avait perdu énormément de prestige et face aux nouvelles luttes possi et prévisible la bourgeoisie a compris qu'il était nécessaire de se séparer de de Gaules pour envisager un régime capable de d'affronter la classe ouvrière dans les mois à venir deux candidats s'offrent à nous poè et et Pompidou chacun présentant un programme extrêmement différent comme vous pouvez en juger l'un est pour le mouvement dans la continuité l'autre est pour la continuité dans le mouvement Voilà la démocratie voilà le choix décisif qu'on nous impose aujourd'hui mais ceci est possible parce que face à ces candidats la gauche officielle n'offre aucune alternative plusieurs candidats se proposent mais nous pouvons leur poser la question où étiez-vous en mai lorsqu'il ne s'agissait pas de voter lorsqu'il y avait ces luttes ouvrières lorsqu'il y avait ses grèves où était molet où était de fer où était mitran cette question mériterait une réponse mais je crois que tout le monde déjà peut la donner ce combat de mai elle n'a pas su l'amener aujourd'hui elle se présente contre contre la 4è République contre le retour à ses murss mais demain deer mitran mollet et les autres viendront nous dire il faut s'opposer nous sommes contre les murs de la 5e République ce qu'il faut comprendre c'est comment avons comment est-il possible d'arriver à une telle situation 1 an après Mai 68 en fait la gauche vit sur de mythes qu'il a paralyse la croyance au bulletin de vote et la croyance dans cette fameuse union de la GAE e pour nous et nous le disons clairement nous sommes contre cette union de la gauche car ce terme ne recouvre aujourd'hui absolument plus rien si la gauche signifie une place géographique au Parlement c'est-à-dire à la gauche du président du Parlement alors bien c'est une définition géographique mais si il s'agit d'un programme politique alors nous pouvons poser la question est-ce que lorsque julemoc était ministre de l'Intérieur et faisait matraquer les mineurs était-il plus à gauche que Marcelin est-ce que guimolet était un homme de gauche lorsqu'il envoyait les parachutistes à suèz est-ce que mitran était un homme de gauche lorsqu'il parlait d'Algérie française nous ne connaissons pas nous une gauche nous connaissons une classe ouvrière nous connaissons des organisations qui défendent les revendications de la classe ouvrière mais nous ne pouvons pas aller au-delà l'Union qui est nécessaire à l'heure actuelle pour aboutir à une transformation radicale de la société c'est l'union de tous les travailleurs permettant par la suite une alliance de la classe ouvrière unie sur un programme socialiste avec les couches moyennes nous nous refusons quant à nous à rentrer dans ce jeu des politiciens de gauche quel qu'il soit mai 68 a fait apparaître en France un nouveau courant communiste courant communiste pour qui le socialisme est tout à fait autre chose que la caricature qui existe aujourd'hui en Union soviétique pour lu pour nous le socialisme ce n'est pas les camps de concentration pour nous le socialisme ça ne peut pas être un régime qui met comme en Union soviétique les intellectuels en prison qui empêche toute démocratie ouvrière qui n'hésite pas à rétablir ce qu'il appelle la légalité d'un pays frère en envoyant des troubles d'occupation comme cela a été fait en tchcoslovaquie ce nouveau communisme ce nouveau courant d'avant-garde n'existe pas seulement en France il existe à l'heure actuelle dans toute une série de pays d'Europe d'Amérique latine et même aux États-Unis ce socialisme aujourd'hui n'est pas incarné par bregneev ou kossigin mais beaucoup plus incarné par T Gevara et nous pensons que Mai 68 rend tout à fait actuelle la fameuse phrase de Che Gevara le devoir de tout révolutionnaire et de faire la révolution lorsque l'on voit comment les occasions ont pu être manqué en 36 en 1946 47 et récemment en 1968 nous nous apercevons et il est clair aujourd'hui que le titre de communiste ne se mérite pas en achetant une carte ce n'est pas un monopole d'un parti c'est un titre qui se mérite à travers la participation aux actions de la classe ouvrière c'est un titre qui se gagne dans la lutte de classe en ce qui nous concerne nous nous envisageons à travers cette campagne électorale de rendre compte du combat mené en mai par 100 millions de travailleurs et de donner les moyens de le poursuivre Pompidou est mort l'UDR agonise et les RAC sentredéchir ce spectacle pour nous est tout à fait satisfaisant la différence fondamentale qui sépare chabandestin de Giscard d'mas ce n'est pas la feuille d'impôt ce n'est pas l'accordéon ce n'est pas le tennis c'est tout simplement qu'ils veulent être tous les deux présidents de la République pour mener à peu près la même politique quand à Royer vous l'avez reconnu c'est le maréchal Pétin qui parle alors on nous dit mais puisque vous êtes d'accord pour balayer toute cette clique pourquoi ne pas voter pour François mitteran dès le premier tour c'est la seule solution réaliste et bien nous disons non nous n'avons aucune confiance dans François mitteran nous croyons qu'aujourd'hui c'est tout le problème de la société capitaliste qui est posé c'est tout la logique d'un système qui est en cause d'un système où tout ce qui est produit l' uniquement en fonction du profit et non pas pour satisfaire les besoins des gens d'un système par exemple où les frais de publicité en France représentent le double du budget de la santé où l'armée coûte plus cher que l'école où des milliards ont été gaspillés pour toute une série de scandales comme celui de la Villette d'un système ou malgré les progrès scientifiques les conditions de travail et de vie sont de plus en plus pénni une moyenne de 45 heur de travail par semaine c'est la plus grande d'Europe un accident de travail mortel toutes les heures 700000 chômeurs des millions de femmes qui travaillent de 70 à 80 heur par semaine si l'on compte et il faut le faire les tâches domestiques 800000 avortements clandestin chaque année du fait du loin imbécile 2 millions de travailleurs immigrés il est vrai qu'il ne vote pas mais 2 millions de travailleurs immigrés surexploités liés directement au contrôle de la police et enfin 300000 jeunes soldats qui perdent un an de leur existence le crâne rasé la cervelle lavée et puis pour protéger tout cet ordre qui est leur ordre 100000 policiers des centaines de barbouses la CFT dans les usines des milliers d'écoupes téléphoniques et leur dernière découverte l'ordinateur safari plus une armée qui prépare la guerre civile c'est cela la société de profit c'est cela la société capitaliste et ça ça se brise ou bien on est contraint d'en subir totalement la logique alors que dit aujourd'hui François mitan aujourd'hui pas hier quand il était ministre avec Chaban Delm du gouvernement mades France je luide l'antenne il déclarait récemment comment pourrions-nous être contre le profit dans une économie de marché où la France se trouve par sa nature même par son appartenance au Marché commun et par l'air d'influence américaine qu'est-ce que ça veut dire en bref deux choses très simples premièrement je suis avec les Américains et je compte bien y rester deuxièmement pas question pour moi d'attaquer le profit et que pense le Parti communiste de cette politique il ne dit rien il se tait honteusement alors réfléchissons un peu si demain mitan est élu ce qui est possible Chaban s'en vont tant mieux et c'est pour cela qu'au deè tour nous appellerons à voter pour mitteran mais le capitalisme lui il reste alors certains disent il y aura quand même ne nationalisations en 5 ans mais ces nationalisations ne remettent pas en cause la logique du système capitaliste allez demander au travailleurs de Renault si l'exploitation a cessé habillé en cours en fait miteran ne veut pas effrayer les patrons il va même plus loin il annonce qu'il est prêt à indemniser les sociétés nationalisées cela veut dire concrètement qu'il pourra donner de l'argent à it le trust qui a organisé le coup d'État au CH les patrons REST et par conséquentendication dem par exemple les fr minimum que demand il y a pe de temps mais cétait avant les élections la CGT la CDT les 200 frugmentation pour tous pour lesquels se sont batttu des dizaines de milliers de travailleurs comme de la Thomson ou des chantiers de saintaz l'échelle mobile des salaires pas sur les indices de l'INC mais sur les indices des organisations syndicales la retraite à 55 ans la semaine de 35 heur sans diminution de salaire l'égalité des droits pour les travailleurs français immigrés pour les hommes et les femmes la contraception et l'avortement libre et gratuit pour toutes y compris pour les mineurs parce que si ces revendications immédiates ne sont même pas satisfaites par un gouvernement de gauche comment peut-on prétendre changer la vie même un tout petit peu nous avertissons François mitteran nous ne voulons pas d'un gouvernement guimolet willybrand ou Wilson nous nous voulons réellement changer la vie mais pour cela il ne peut pas y avoir de trêve avec le patronat nous savons d'ailleurs que la bourgeoisie se prépare à une telle expérience et qu'elle peut essayer de faire ce qu'elle a déjà fait en Espagne en Indonésie en Grèce et hier au Chili orors mitteran pas plus que le président nd ne veut s'attaquer un temps soit peu à l'appareil d'État il prétend même respecter la Constitution de 1958 qui est quand même une constitution issue d'un coup d'État militaire celui d'Alger il prétend laisser intacte l'armée et la police créer éduqués entraînés contre les travailleurs jamais contre les patrons les travailleurs doivent dès à présent prévenir tous les massus tous les apprentis Pinochet français que même si mitéran veut être aussi complaisant à leur égard que les dirigeants de l'Unité populaire au Chili eux ne marcheront pas ils ont tiré toutes les leçons de l'expérience chilienne et qu'ils agiront avant qu'il ne soit trop tard alors on nous dit mais vous êtes des gauchistes des irréalistes vous voulez tout tout de suite nous disons NON parfois les travailleurs sont amenés à faire des compromis mais nous disons aux dirigeants de l'Union de la gauche si aujourd'hui vous sacrifiez les luttes des travailleurs pour gagner quelqu voie à droite si demain vous TZ la main aux officiers réactionnaires pour ne pas effrayer les bourgeois si vous leur laissez tous les leviers de commande dans les mains mais alors vous allez désarmer la classe ouvrière et vous allez laisser tout le loisir à la bourgeoisie de s'organiser pour préparer une contreoffensive voilà l'ensemble des problèmes que nous allons développer pendant cette campagne et si nous aiderons mitran à passer au deè tour il importe des maintenant de préparer en toute lucidité les prochaines échéances de combat parce qu'on ne construit pas le socialisme par surprise ou alors on surprend la classe ouvrière mais pas la
[Musique]
bourgeoisie
Alain Krivine