Élections 2022 - Entretien avec M. Yannick Jadot
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Oui. Bonjour à tous. Merci de vous installer, s'il vous plaît, pour ceux qui viennent d'arriver. Monsieur le candidat du parti Europe Écologie Les Verts, cher Yannick Jadot, madame la doyenne du collège universitaire de Sciences Po, qui ne semble pas encore être là. Mesdames, Messieurs, chers camarades de Sciences Po Paris, nous sommes très heureux de vous retrouver ce midi dans cet amphithéâtre Jacques Chapsal, au cœur de Sciences Po, qui porte le nom de celui qui a été, pendant plus de 33 ans, notre directeur et qui a su affronter la crise de mai 1968 en écoutant les revendications des étudiants.
Il était descendu de son bureau pour venir échanger avec les jeunes, par les espoirs, par les rêves, pour la suite. Et justement, aujourd'hui, on pourrait se demander si ce n'est pas aussi le rôle de la politique, en pleine campagne présidentielle, de susciter à nouveau l'espoir face aux pandémies, aux dérèglements climatiques, guerres, et j'en oublie bien d'autres encore. Aujourd'hui, jour pour jour, le 10 mars 1945, les Etats-Unis faisaient plus de 100 000 morts lors de la Deuxième Guerre mondiale, au Japon. Dans un contexte international très compliqué comme nous le connaissons, personne n'a envie de revivre ces périodes sombres de l'histoire.
Comme vous le savez déjà, le rôle du projet présidentiel ici, qui fait vivre la campagne électorale au cœur de Sciences Po, a justement pour but d'organiser ces moments de rencontre avec les étudiants face aux candidats, pour lutter contre l'abstention qui s'installe progressivement, redonner espoir dans la politique avec un grand P, mais aussi dans les politiques, avec des projets porteurs de progrès économique, justice sociale et lutte contre le réchauffement climatique, aujourd'hui admis par tous en France. Et je tiens à le souligner, ça n'a pas toujours été le cas.
Ce midi, en votre présence, mais aussi celle du Parlement des étudiants, la Conférence au Livin, Sciences Po TV, l'Association de l'École d'Affaires Publique de Sciences Po, Radio Germaine, La Péniche et Sciences Photo, vous êtes, cher Yannick Jadot, notre 15e candidat invité pour l'élection présidentielle. Et c'est un plaisir d'être avec vous. Merci. Cher public, Je n'ai pas compris, il y a 15 candidats à l'élection présidentielle ? Non, on a aussi fait au sein des partis. Vous allez pouvoir, cher public, échanger avec le candidat lors des moments de questions.
Je tiens à souligner aussi, pour le programme, que dans les prochaines semaines, nous recevrons également Mme Anne Hidalgo ce mardi et M. Nicolas Dupont-Aignan, puisque M. Éric Zemmour et Mme Marine Le Pen ont refusé nos invitations suite aux derniers incidents dans les établissements de l'enseignement supérieur. Et croyez-moi, je ne pense pas qu'il le regrette. En ce qui concerne M. le Président et maintenant candidat Emmanuel Macron, nous lui avons lancé un appel. S'il souhaite une rencontre avec la jeunesse avec vous, il sait qu'il est le bienvenu à Sciences Po.
Maintenant, ce qui concerne la rencontre aujourd'hui, en votre présence, cher Yannick Jadot, elle durera jusqu'à 14h10 et se déroulera en direct pour les nombreux étudiants qui n'ont pas pu se rendre sur place. Tout d'abord, mon camarade de l'association de l'école d'affaires publiques de Sciences Po va dresser votre portrait. Qui êtes-vous, vraiment ? Ensuite, les associations étudiantes vont se succéder tour à tour une quinzaine de minutes chacune, en commençant par le Parlement des étudiants, puis la conférence au Livin, et enfin Sciences Po TV avec l'interview politique pour échanger sur votre programme présidentiel et vos points de différence avec les autres candidats.
Pourquoi vous et pas un autre ? Enfin, nous consacrerons 20 minutes aux questions du public, avant de laisser la parole pour une mise en perspective avec Mme Stéphanie Balm, doyenne du Collège universitaire de Sciences Po que nous connaissons tous, avant de clôturer avec le mot de fin. Cher Yannick Jadot, chers camarades, bonne conférence, et encore une fois, merci M. le candidat d'être avec nous aujourd'hui. Merci.
M. Jadot, bienvenue à Sciences Po. Merci. En préparant votre introduction, j'ai longtemps hésité, et je me suis longtemps demandé par où j'allais commencer. Par laquelle de vos nombreuses vies, je pourrais débuter ? Par celle du militant étudiant, du volontaire international, du militant de Greenpeace, ou de l'homme politique. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que vous n'avez pas un parcours classique. Il n'y a pas beaucoup, ou du moins je ne connais pas beaucoup, de candidats à la présidentielle qui sont entrés de force dans une base abritant des sous-marins nucléaires, et qui ont ensuite été condamnés par un tribunal militaire, c'était dans votre vie, de militants anti-nucléaires.
Maintenant, commençons par le début. Vous êtes né en 1967, en Picardie, et grandissez dans une famille d'enseignants. Vous étudiez l'économie, puis le commerce international à Dauphine, ce qui vous amène ensuite au Burkina Faso et au Bangladesh, où vous travaillez pour des ONG. Et visiblement, le militantisme vous plaît, puisque vous rejoignez les Verts en 1999 et Greenpeace en 2002. Vous participez aux négociations du Grenelle de l'Environnement, sous la présidence Sarkozy, et êtes élu député européen en 2009, puis réélu en 2014 et 2019. En 2017, vous êtes déjà le candidat Europe Écologie-Les Verts à la présidentielle, mais vous retirez finalement au profit de Benoît Hamon.
Mais cette fois, c'est la bonne. En 2022, vous ne vous retirez pas. Vous êtes fort de votre belle 3e place aux élections européennes de 2019, sur la liste que vous menez, et de votre victoire à la primaire des écologistes. Alors vous abandonnez votre costume de militant pour devenir homme politique. Alors vous adoptez la cravate. Vous écartez de votre campagne ceux qui la jouent solo. Et affirmez que l'écologie, c'est bien plus que la gauche, et qu'elle veut occuper une place centrale dans le débat politique. Et M.
Jadot, alors que l'environnement représente une préoccupation majeure des jeunes, mais qu'il est quasiment absent du débat public, part au travers des images apocalyptiques de catastrophes naturelles de par le monde. Je dois vous dire que ça fait du bien d'entendre parler de transition écologique dans le débat public, et surtout des solutions que nous pouvons mettre en œuvre. Merci M. Jadot de votre venue à Sciences Po, et merci à toutes et à tous.
C'est pas super paritaire, hein.
Pour l'instant.
Pour d'autres choses aussi.
Bonjour M. le candidat. Bonjour. Donc on va commencer avec un premier volet de questions pour le Parlement des étudiants, sur les thèmes du nucléaire. Du pouvoir d'achat et de la souveraineté. Donc je vais laisser mon camarade vous poser la première question. Oui, alors une première question qui se rapporte finalement au conflit Ukraine-Russie. Alors on va pas rentrer sur l'aspect politique international, mais sur l'aspect énergétique aujourd'hui, comment on se passe du gaz et du GNL russe ? Très bien. Une première question. Si vous voulez, j'en ai d'autres.
Non, non, non, mais c'est bien. Alors je qualifierais pas le conflit Ukraine-Russie. C'est une invasion de l'armée russe à l'instigation de Vladimir Poutine contre un peuple libre, contre des femmes et des hommes qui veulent simplement vivre libre dans un pays libre. Et on est, vous le savez, dans une situation absolument dramatique, puisqu'il y a des crimes de guerre tous les jours. Pour celles et ceux qui sembleraient le découvrir, depuis 20 ans que Vladimir Poutine dirige la Russie, il est habitué des crimes de guerre. Il a rasé Grozny, massacré les Tchétchènes. Il a bombardé les populations civiles en Syrie.
Il a réprimé l'ensemble de son opposition, vous le savez, jusqu'à les empoisonner, journalistes opposants. Il a déjà fait une guerre en Géorgie. Il a déjà annexé, en 2014, la Crimée. Et aujourd'hui, il mène une guerre d'une brutalité abominable, encore une fois, contre des femmes et des hommes qui, simplement, défendent leur maison et leur liberté. Par rapport à ça, l'Union européenne, aujourd'hui, a développé un train de mesure, vous savez, qui, globalement, a été à la hauteur de l'enjeu du rapport de force qu'il faut construire avec Vladimir Poutine pour qu'il y ait cessé le feu et qu'il retire ses chars d'Ukraine. C'est des sanctions massives contre Poutine, son oligarchie.
Il faut maintenant s'assurer qu'on va traquer les milliardaires russes et leur patrimoine partout en Europe et au-delà, y compris dans les paradis fiscaux. C'est évidemment l'exclusion de la Russie, de la communauté internationale. C'est, et je l'ai soutenu, l'équipement, y compris militaire, de la résistance ukrainienne, comme j'aurais aimé que le Front populaire le fasse avec les Républicains pendant la guerre d'Espagne, comme, heureusement, les Britanniques et les Américains l'ont fait pendant la Seconde Guerre mondiale avec la résistance française. Donc, aujourd'hui, moi, j'appelle, et j'arrive sur votre question, j'appelle à un embargo sur le gaz et le pétrole russe. Pourquoi ?
Parce qu'au-delà de toutes les sanctions qu'on a déjà mises sur la table, les exportations russes de gaz et de pétrole, c'est 700 millions de dollars qui rentrent tous les jours dans les caisses de l'État russe et qui financent l'invasion et le déchaînement qu'il y a en Ukraine.
Donc, il faut arriver, aujourd'hui, à mettre une telle pression sur Poutine qu'il arrête la guerre et qu'il retire ses charges, y compris la pression sur son oligarchie, puisque, comme vous le savez, il y a une sorte d'incroyable corruption en Russie, autour notamment des ventes de pétrole et de gaz, et que vous avez une sorte de deal entre Poutine et son oligarchie, Poutine et ses obsessions d'impérialisme, et son oligarchie et leurs obsessions de milliards. Et donc, il faut arriver à mettre la pression sur les milliards et sur les ressources de cet État pour obtenir, encore une fois, le CSL. Donc, ça veut dire quoi, ce passé du gaz russe ?
Ça veut dire, un, du gaz, il y en aura jusqu'à l'hiver prochain. D'accord ? La question, c'est pas, si on met un embargo sur le gaz russe, il n'y a plus de gaz demain. On en aura jusqu'à l'hiver prochain. Ça veut dire qu'il faudra, d'ici là, évidemment, se donner les moyens de continuer à faire fonctionner nos maisons et nos entreprises, notre économie, la société. Ça veut dire plusieurs choses. Ça veut dire qu'on peut, évidemment, élargir, améliorer la fourniture auprès d'autres fournisseurs, de gaz, d'énergie. Ça veut dire engager assez rapidement des mesures de sobriété.
Vous savez, nous, au Parlement européen, au niveau européen, on a toujours défendu depuis des années un objectif d'efficacité énergétique de 40% d'ici 2030, en Europe. Le chiffre ne dit pas grand-chose, mais sa traduction en matière de gaz, elle en dit beaucoup. Le chiffre qu'on a défendu, c'est réduire de moitié notre consommation de gaz de deux tiers nos importations de gaz.
Vous voyez à quel point l'investissement dans l'isolation des maisons, ce qui permet d'avoir moins froid l'hiver, notamment pour les 12 millions de Françaises et de Français qui ne se chauffent pas correctement l'hiver, moins chaud l'été, y compris dans les périodes de canicule, c'est du confort, c'est du boulot, c'est évidemment lutter contre le dérèglement climatique, donc c'est la première partie. La deuxième partie, je l'ai dit, c'est sur la fourniture de gaz, c'est avoir un acheteur unique européen, comme on a fait, d'une certaine façon, sur les vaccins. On ne va pas avoir les différents pays européens qui vont se mettre chacun à aller se battre pour approvisionner en énergie.
Il faut qu'on ait une vraie solidarité européenne en matière d'approvisionnement et qu'on ait un acheteur unique. Trois, ça veut dire agir sur nos firmes du pétrole. Total, partenaire de Sciences Po, est toujours présent. Oui, c'est sérieux, c'est sérieux. On a, y compris, vous savez, combien les multinationales, les majors du pétrole ne sont pas forcément des entreprises très fréquentables du point de vue de la démocratie, de la fraude fiscale et des comportements sociaux, au-delà, évidemment, de continuer à contribuer avec l'argent public au dérèglement climatique, la plupart des majors du pétrole se sont retirés de Russie. Notre groupe français du pétrole y est resté.
Et franchement, c'est une honte pour notre pays. C'est une honte pour notre pays. Et aujourd'hui, quand j'entends un gouvernement nous expliquer qu'en fait, ils ne peuvent rien faire vis-à-vis de Total, Macron, ministre de l'économie, sous le quinquennat Hollande, avait mis tous les moyens de l'État pour que Total puisse s'installer en Russie et notamment autour du gaz de l'Arctique. Macron, président de la République, en 2018, à Saint-Pétersbourg, il signe deux accords avec Poutine devant les caméras. Un contrat pour Total et un contrat pour Orpéa. Beau modèle de société.
Eh bien, aujourd'hui, nous devons absolument exiger le retrait de Total de Russie et de récupérer les milliards et les milliards d'euros que se fait Total sur le dos des consommateurs aujourd'hui pour notamment aider les Françaises et les Français à passer cette étape. Et puis, faites un petit geste, sortez Total de Sciences Po.
Justement, ça tombe bien puisque vous parlez de Total. Il ne va pas y avoir des conséquences uniquement sur le gaz mais également sur le prix du pétrole et potentiellement de l'électricité, notamment pour d'autres pays européens. On sort un peu du cadre uniquement en français. Qu'est-ce que vous allez faire notamment pour la hausse du prix du pétrole ? On sait que la moyenne actuellement est entre 1,80 et 1,90 pour le prix du litre de pétrole, parfois 2 euros le litre. Même question pour l'électricité. Quelle est votre position particulièrement sur le nucléaire ? On sait que l'Allemagne, encore plus que nous, va avoir des problèmes vis-à-vis de cette énergie.
Le gouvernement actuel du chancelier Olaf Scholz, qui est en coalition avec les Verts en Allemagne, réfléchit notamment à l'hypothèse de réouvrir peut-être ou de construire des centrales nucléaires. Quelle est votre position vis-à-vis de ce sujet, M. le candidat ?
Merci. Alors, en arrivant, on m'avait dit faites des réponses super courtes. Les autres candidats ont fait des réponses super longues. Reconnaissez que la question, elle est complexe. On a droit au prix du pétrole, on a droit au prix du carburant, on a droit à la transition énergétique en Allemagne et qu'est-ce qu'on fait en France ? Oui, entre oui et non, j'hésite.
On reviendra plus tard sur les questions internationales. D'accord, non, j'arrive. Alors, un, plus sérieusement,
vous avez parfaitement raison sur le fait que, y compris la situation et l'embargo que je porte sur le gaz et le pétrole, va incontestablement avoir des effets lourds sur notre économie et sur les Françaises et les Français. C'est incontestable. La question, c'est justement comment on s'organise pour faire en sorte que ce ne soient pas les Français les plus vulnérables et certains secteurs économiques qui en pâtissent.
Sur la question du prix du carburant, par exemple, comme sur la question du prix de l'électricité et du prix du gaz, nous proposons que soit immédiatement versé aux 6 millions de familles qui touchent déjà le chèque énergie, donc les 6 millions de familles les plus vulnérables, un chèque énergie de 400 euros pour justement faire face à la hausse des prix de l'énergie. Nous proposons que pour les 15 millions de familles au-dessus, ce soit 100 euros en chèque énergie.
Deuxièmement, l'idée, ça va être à la fois de faire des économies d'énergie, de changer les comportements et d'avoir un impact sur le pouvoir d'achat, et tant mieux, parce que c'est essentiel, d'avoir un impact aussi sur le climat, parce qu'on le voit bien là, la paix et le climat, c'est le même combat, c'est sortir de la dépendance aux énergies fossiles. Donc, dans ce cadre-là, nous, on veut aussi, par exemple, il y a un forfait mobilité durable qui existe dans la loi, qui est optionnel pour les entreprises et les services publics.
Nous voulons rendre le forfait mobilité durable obligatoire, c'est-à-dire qu'en fait, l'entreprise prend en charge tout ou partie jusqu'à 1 000 euros de vos frais, quand c'est de la mobilité durable, donc le vélo et le covoiturage. Pour celles et ceux qui n'ont pas accès au transport collectif, dont nous voulons réduire la TV à 5,5, il y a la possibilité de passer au covoiturage. Vous savez, quand vous faites 30 bornes par jour, domicile, bureau, ça vous coûte 2 000 euros à la fin de l'année. Si vous faites du covoiturage, à 2, déjà, ça vous fait que plus que 1 000 euros.
Avec le forfait mobilité durable, ça veut dire que les 1 000 euros de carburant seront pris en charge par l'entreprise dans ce cadre-là. Donc, ça vous fait un gain de 1 000 euros de pouvoir d'achat. Voilà comment on peut commencer à intervenir. Évidemment, il faut, comme on l'a fait pendant le Covid, intervenir sur les secteurs économiques les plus touchés. Il y a des entreprises aujourd'hui, les grosses entreprises, notamment ce qu'on appelle les électro-intensifs, au fond, sont soutenues par l'État, mais le boulanger, l'artisan, qui, lui, voit aussi ses factures augmentées, ne sont pas soutenus. Il faut soutenir aussi les PME. Mais c'est un coût. C'est un coût incontestable.
La question, c'est qu'est-ce qu'on fait de ce coût ? Est-ce que ce coût, c'est simplement, au fond, gérer une guerre et puis revenir à la situation antérieure, où on se dit que, puisque nous avons les rapports du GIEC, puisque nous avons le dérèglement climatique, puisqu'il faut sortir des énergies fossiles, nous investissons massivement, et c'est le plan que j'ai proposé aujourd'hui, y compris au Conseil européen, d'un plan de 1 000 milliards d'euros, comme il y a eu le plan de relance européen, qui soit un plan de sécurité climatique, sécurité énergétique, pour qu'on construise notre souveraineté.
Parce que ce qu'on voit dans ce débat-là, et je viendrai sur votre question Allemagne, ce qu'on voit dans ce débat-là, c'est qu'en fait, les énergies renouvelables, les énergies renouvelables, sont les seules énergies de paix et de sécurité. Le nucléaire, peut-être qu'il faudra, dans certains pays, reculer un peu la fermeture, mais ça n'a rien à voir avec la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. L'uranium vient d'abord du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan, sous tutelle russe, et du Niger.
Et EDF est en lien, vous savez, les partenariats qu'a EDF avec les autres entreprises internationales, c'est Rosatom, la Russie, avec Proglio, ancien patron d'EDF, qui est sur Rosatom, et l'entreprise chinoise pour construire les réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne. Franchement, ce n'est pas notre indépendance énergétique.
Merci, M. Yannick Jadot. Je laisse les autres prendre la place. Merci. Bonjour à tous. Bonjour, M. le candidat. Nous allons maintenant, pour la conférence au Livre, passer aux questions liées à la défense et à la politique internationale. Je laisse mon camarade commencer pour la défense. Oui. Bonjour, M. Jadot. Bonjour.
Une question d'amorce, c'est un peu longue, mais sur un sujet important, celui de nos exportations d'armement. Alors, il y a depuis plusieurs années le débat sur le contrôle de ces mêmes exportations, mais j'aimerais parler avec vous plus de stratégies d'exportation et de production. Nous avons une industrie de défense unique en Europe, capable de concevoir et de fabriquer à quelques exceptions près la totalité des systèmes de défense d'une armée moderne. Mais nous sommes dans une concurrence rude et c'est un euphémisme avec les Américains.
On pense aux sous-marins australiens, mais il y a aussi plus proche de chez nous les frégates avec la Grèce, les hélicoptères avec la Pologne et plus récemment, une vente d'avions de combat avec la Suisse qui a été annulée après une visite de Biden à Berne. Alors, pensez-vous que les Américains veulent éliminer les alternatives européennes dans ce domaine et en premier lieu, notre industrie de défense ? Et en second point, peut-on parler d'Europe de la défense si elle se fait avec des matériels américains ?
Vous avez parfaitement raison. Non, mais sérieusement, vous avez parfaitement raison. Un, je ne pense pas que la question des États-Unis, c'est de tuer la politique européenne de défense. C'est que l'Europe représente 60% des exportations américaines d'armement. C'est ça le sujet. Et vous connaissez combien la politique américaine de défense est totalement organisée autour de son industrie de l'armement. Donc aujourd'hui, en fait, ils considèrent le marché européen comme le principal débouché de leurs armes. Et évidemment, ils veulent créer, comme toute boîte dans ce style, ils veulent créer des dépendances. Regardez ce qui se passe. Vous avez des ogives en Allemagne.
Et les Américains veulent absolument que ce soit des F-35 parce que c'est les F-35 qui déplacent leurs missiles. Donc ce qu'il nous faut et le contexte doit être favorable à ça. On a absolument besoin d'une politique européenne de défense. On a absolument besoin d'une politique européenne de défense. Depuis des années, ça avait déjà commencé avec Obama. Ça a été plus grossier, vulgaire avec Trump. Mais Obama avait déjà refermé le parapluie américain sur l'Europe. Et qu'à voir ce qui avait été fait sur la Syrie, au fond, les Américains se sont lavé les mains de ce qui se passe à nos frontières. Et tout autour de l'Europe, notre voisinage est extrêmement instable.
Donc si on veut, évidemment, participer des tensions et des règlements des différends, des conflits, sur notre sol, on le voit aujourd'hui, européen, et autour de l'Europe, il nous faut une politique étrangère forte, il nous faut une politique de défense forte. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'effectivement, la condition, c'est que ce soit autour d'armement européen. Et ça, ça doit être une condition. Quand on entend l'Allemagne, au fond, finir le cycle de la Seconde Guerre mondiale, où ils sont une grande puissance économique, mais ils ne peuvent pas entrer dans le jeu géopolitique, tout ça, vous connaissez l'histoire. Bon. Ils en sortent. Tant mieux.
Tant mieux qu'ils prennent aussi leur part de responsabilité et que la France ne soit pas le seul pays en situation d'eux. Mais si les 100 milliards que veulent investir les Allemands sur l'armement ou sur la politique de défense, c'est pour s'approvisionner auprès des Américains, c'est fini. Il n'y aura pas de politique européenne de défense. Et c'est une nécessité pour avoir une autonomie stratégique. C'est essentiel. Moi, je suis pour une politique européenne de défense, y compris qui nous permettra de sortir de l'OTAN éventuellement à ce moment-là, mais en étant forts collectivement. Mais c'est aussi un enjeu d'éthique sur nos ventes d'armes.
Vous savez qu'aujourd'hui, on vend des armes à l'Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, qui sont en conflit au Yémen, et qui bombardent des populations civiles. C'est interdit au regard du droit international et des conventions européennes. On arme le général Sissi, qui lui-même réprime sa population. Vous pensez vraiment qu'en vendant des armes à des dictatures, y compris parfois à des dictatures en conflit, on installe la paix dans notre voisinage ? Absolument pas. Donc si on veut avoir une industrie d'armement autonome, il nous faut évidemment produire, mais construire autour de la politique européenne de défense plutôt que de vendre à des dictatures.
Une autre question sur la dissuasion nucléaire. Je vais filer la remarque du camarade qui fait votre portrait en évoquant votre passé de militant antinucléaire. 37 milliards d'euros seront consacrés à notre dissuasion d'ici à 2025, avec in fine le renouvellement de nos deux composantes pour 2035. Est-ce que vous vous inscrivez pleinement dans ces efforts ou est-ce que vous allez plus loin ?
Et en second plan, est-ce que vous avez lu, et si oui, que pensez-vous de la tribune du général d'armée aérienne Bernard Norlin, qui écrit que parler de dissuasion comme la garantie ultime, c'est promettre une ligne magie au nucléaire, et qui rappelle que la France, comme les autres puissances nucléaires officielles, s'est engagée à les éliminer en vertu de l'article 6 du traité de non-prolifération de 92 ?
Eh bien, encore une fois, je suis d'accord avec vous. On s'est engagé, mais c'est l'équilibre international qui repose là-dessus. C'est pas rien, ce traité de non-prolifération nucléaire. Son sens, c'est... Il y a des pays qui sont dotés. Si on veut éviter la prolifération nucléaire, donc que d'autres pays se dotent de l'arme, il faut que ceux qui l'ont s'engagent à désarmer et engagent le désarmement pour sortir de cette menace terrible. Il y a eu des accords, un certain nombre d'accords, qui ont été passés pour réduire l'arsenal nucléaire. Malheureusement, les derniers accords qui avaient été signés, notamment par Obama et Poutine, ont été remis en cause par Trump, vous le savez.
Et du coup, on est plutôt dans une logique de réarmement qui est totalement contraire au droit international et à notre sécurité. Et à notre sécurité. Donc moi, je ne souhaite pas que la France désarme seule dans le contexte aujourd'hui d'instabilité. Ce serait incompréhensible, y compris pour nos concitoyens. En revanche, la France doit prendre des initiatives multilatérales, notamment avec la Grande-Bretagne, parce qu'on peut avoir exactement le même point de vue là-dessus, pour relancer le désarmement. Parce que vous avez vu Poutine menacer de l'arme nucléaire, y compris en rupture avec toutes les politiques historiques d'issuasion.
Vous avez de nouveaux États qui veulent s'en doter de l'arme nucléaire. Vous avez potentiellement des groupes, y compris des groupes terroristes, qui pourraient à un moment se doter d'une arme nucléaire sale ou pleinement effective. Et donc, il n'y a qu'en combattant la prolifération et en assumant un désarmement multilatéral qu'on y arrivera.
Monsieur le candidat, merci pour vos réponses. Je vais maintenant vous interroger sur votre programme en matière de politique internationale. Et je vais d'abord rebondir sur les traités de non-prolifération, mais ici, pas sur le nucléaire, mais plutôt sur les énergies fossiles, puisque c'est une mesure de votre pouvoir. Et vous précisez que l'adhésion des pays, donc à ce traité, ouvrirait l'accès à une plateforme plurilatérale de financement de la transition vers les énergies renouvelables.
Or, quelque chose peut interpeller, puisque cette proposition semble s'orienter vers les pays dits en développement, qui ont certes un mix énergétique non décarboné, mais qui ne représente pas une part majeure dans les émissions de GES mondiales. Et à l'inverse, on a encore certains pays dits industrialisés, comme la Chine, qui représentent toujours une part majeure dans les émissions mondiales, mais ici, non pas par contrainte, mais plutôt par choix. Du coup, face à ces comportements égoïstes des États, quelle stratégie internationale pour assurer une transition énergétique juste et efficiente ?
C'est plus difficile, oui et non. Oui, d'ailleurs, même maintenant, ce n'est pas simplement les scientifiques du GIEC, c'est l'Agence internationale de l'énergie, qui dit qu'il faut absolument laisser toutes les énergies fossiles dans le sol. Il faut arrêter tout projet d'exploration et évidemment d'exploitation des énergies fossiles. C'est le principe de base si on veut tenir l'objectif de 1,5 degré de réchauffement maximale à l'échelle globale. On est déjà à 1,1, vous le savez, ça tape déjà fort, pour beaucoup dans le monde, ça tape déjà fort. 1,5, ce sera beaucoup plus dur, mais au-delà, c'est le chaos. Donc il faut, à un moment donné, assumer ces grandes transitions.
Et on a la possibilité de le faire. Il faut qu'on ait la volonté politique et surtout qu'on montre l'exemple. C'est comme ça qu'on gagnera la bataille du climat. C'est pas simplement en organisant des COP où tout le monde se réunit, fait des déclarations, et puis on attend de regarder ce que fait le voisin pour savoir s'il agit. Les Français disent « Oh là là, mais il faut que les Allemands agissent. » Les Européens disent « Oh, si les Américains ne font pas plus, pourquoi pas ? » « Pourquoi on fait quelque chose ? » Et les Américains disent « Les Chinois, c'est les pires. » Donc à ce rythme-là, on perd tous. On perd tous. Donc maintenant, la bonne méthode, c'est par l'exemple.
C'est pour montrer qu'on a d'un côté le chaos qui menace, et de l'autre, si on agit, on a une nouvelle société qui est plus solidaire, qui crée plus d'emplois, des emplois de qualité, avec de la relocalisation de l'économie, avec plus de solidarité, d'entraide, de bienveillance et de démocratie. C'est ça le sujet. On parlait tout à l'heure, je n'ai pas répondu, mais sur le nucléaire. Notre pays, moi c'est vrai que je suis anti-nucléaire. Je pense qu'un truc qui pète, ça ne me plaît pas. Voilà. On a encore le Tchernobyl, on a eu Fukushima, ça me dérange d'avoir une cocotte minute. parce que c'est le principe d'une cocotte minute, une centrale thermique, une centrale nucléaire, c'est pareil.
Donc ça ne me plaît pas qu'on prenne le risque et qu'on laisse des déchets pour des dizaines de milliers d'années. Mais notre pays a été capable, en 20, 25 ans, de construire 58 réacteurs nucléaires, de former les meilleurs ingénieurs, les meilleurs techniciens, les meilleurs ouvriers du monde, et de mettre l'investissement public pour réussir ce pari-là.
Notre enjeu aujourd'hui, et par la démonstration, c'est de montrer que, sur les économies d'énergie, l'efficacité, l'innovation, sur la conception des produits, les aciers zéro carbone que certaines entreprises ont déjà mis au point, les batteries totalement recyclables, l'hydrogène vert, c'est un champ absolu, extraordinaire d'innovation, de création d'emplois, de relocalisation des productions sur nos territoires, donc du boulot sur nos territoires, et dépendre du soleil, du vent, de la géothermie, de l'eau, de la mer, c'est quand même plus sympa que de dépendre de Poutine, de Xi Jinping, ou des pétro-monarchies du Golfe. Donc, c'est ça, le sujet.
Et il faut imposer la fin des énergies fossiles, en tout cas, de l'exploitation des énergies fossiles dans le monde, ça, c'est l'impératif, mais pas attendre que tout le monde soit d'accord, parce que les Saoudiens seront les derniers à être d'accord. Si on attend l'unanimité, ça ne marchera pas. Mais montrer que notre société vivra mieux en se passant du pétrole. C'est ça, la clé d'entrée.
Alors, peut-être une dernière question sur la politique internationale. Je me permets de rebondir sur l'unanimité que vous évoquiez. Dans votre programme, on trouve aussi la proposition de mettre en place une organisation mondiale de l'environnement, puisque l'on sait que contrairement à d'autres enjeux comme l'immigration, le travail ou encore la santé, il n'existe pas d'organisation internationale pour l'environnement, si ce n'est un programme et une convention de cadre. Tout du moins, pour créer une organisation mondiale qui plus est avec un pouvoir de contrôle et de sanction, comme vous l'évoquez, il y a la règle du consensus entre les 193 États.
Est-ce que vous pourriez nous expliquer votre plan pour essayer de contourner les blocages que vous pourriez rencontrer et surtout, est-ce que la France, sous votre présidence, serait prête à assumer le leadership climatique mondial ?
Elle ne sera pas prête. Elle sera le leadership mondial. On a une sacrée responsabilité dans notre pays. On est le pays de l'accord de Paris sur le climat. On est le pays où un président de la République a été condamné deux fois par les tribunaux de ce pays pour une action climatique. mais je l'ai dit, on a la capacité de ce leadership. On a, si on a la volonté, il ne s'agit pas d'être le leader et de mettre le drapeau français partout à l'international. Tant mieux si on fait ça avec d'autres pays européens. Il y a d'autres pays du Costa Rica jusque je ne sais pas où qui prennent ce défi à bras-le-corps. Heureusement.
Mais on a cette capacité parce que la France, vous le savez, c'est un pays qui pèse internationalement. On est au Conseil de sécurité de l'ONU. Notre histoire nous donne une responsabilité. On a été le pays des Lumières. Pas le seul, mais on pense qu'on est le seul. On a été le pays de la Révolution. On n'a pas été les seuls, mais on pense qu'on est les seuls. Mais voilà, c'est notre ADN d'être comme ça, de construire en permanence un message universel. Et c'est bien, ça nous emmène, ça nous porte quand c'est pour écrire les belles pages de l'histoire de France et du monde et pas les pires. Donc tant mieux. Mais pourquoi une organisation mondiale de l'environnement ?
Parce que le seul droit dur à l'échelle internationale, vous le savez, c'est l'organisation mondiale du commerce. Vous êtes en rupture par rapport aux règles commerciales, vous pouvez être sanctionné. Vous êtes en rupture par rapport aux accords de climat, il ne se passe rien. Vous êtes en rupture par rapport à toutes les conventions environnementales, il ne se passe rien. C'est ça le problème, c'est du droit mou. Alors, il nous faut créer cette organisation mondiale de l'environnement pour faire en sorte que l'environnement devienne, le droit environnemental devienne un droit dur et qu'on repense la hiérarchie des normes.
Il faut, vous avez raison, l'organisation internationale du travail existe, mais ce n'est pas un droit dur non plus. On importe des produits qui viennent du Tsing-Tchang faits par des Ouïghours en semi-esclavage et on les importe sur le sol européen. Donc, ça montre bien que ce n'est pas un droit dur et qu'il faudrait, là, c'est la responsabilité de l'Europe de l'interdire. Donc, il nous faut ça, mais ça, c'est un projet, encore une fois, c'est un projet multilatéral. Mais notre enjeu, aujourd'hui, c'est nous, Europe, nous, France. On est l'exemple.
Quand on passe des accords de commerce, on ne passe pas des accords de commerce qui participent du dérèglement climatique, qui participent de la mondialisation de la malbouffe, qui participent de la disparition des paysans, qui participent de la remise en cause des libertés fondamentales et des États de droit. Parce qu'aujourd'hui, c'est ce qu'on fait encore. Quand le 30 décembre 2020, Angela Merkel et Emmanuel Macron signent un accord d'investissement avec la Chine, à Hong Kong, c'est la grande répression dans le sang et c'est le génocide perpétré sur les Ouïghours dans le Xinjiang. Franchement, est-ce qu'on défend ? On ne défend pas nos valeurs, c'est acquis.
Mais est-ce qu'on défend notre souveraineté ? Est-ce qu'on défend y compris notre industrie ? Est-ce qu'on défend notre économie à vouloir passer en permanence des alliances avec des pays dont le modèle est un capitalisme sauvage et le modèle politique est la dictature ? Ça ne peut pas être ça. Et puis après, dès qu'il y a une crise, on n'a pas de respirateurs, on n'a pas de masques, on n'a pas les vaccins, on n'a pas les trucs, là on est, notre souveraineté alimentaire elle est remise en cause.
Non, on a la possibilité sans se fermer, la question ce n'est pas de fermer les portes de l'Europe, mais on a la capacité de reconstruire une souveraineté économique qui n'est pas l'autarcie, mais qui est sur les secteurs stratégiques, avoir le contrôle de nos vies et de nos destins. Et bien ça, ça s'appelle la démocratie, c'est l'Europe et la France peut le porter.
Très bien, merci beaucoup M. Jadot. Merci beaucoup. D'avoir répondu à nos questions, je vous laisse la parole. Je me permets très rapidement de reprendre le micro pour souligner qu'on essaie de respecter au maximum la parité et qu'à partir de maintenant vous allez avoir quatre intervenantes, donc Laura pour Sciences Po TV, Mme Balm pour le débat scientifique et puis vous irez au studio avec Caroline de La Péniche et du coup Pauline de Radio-Germaine. Donc voilà, je tenais juste à souligner ce point. Merci beaucoup M. Jadot.
Excusez-moi d'en avoir douté.
Bonjour M. Jadot. Bonjour. Donc apparemment, je représente le seul côté de fille pour cette conférence. Je vais vous poser quelques questions sur l'environnement puis après, si on a le temps, plus des questions politiques. Pour commencer, tout le monde parle d'écologie aujourd'hui. Chaque candidat a un volet environnement dans son programme avec différentes mesures. En quoi votre programme est-il le plus écologique ?
Parce que nous on va le faire. Non mais c'est sérieux. Si vous voulez, ça fait des années, des décennies, je parlais de la COP, les COP climat, des conférences sur le climat. La dernière, c'était la COP 26. Ce n'est pas un numéro de l'auto, c'est qu'il y a eu 26 COP où à chaque fois, les chefs d'État et de gouvernement sont venus en disant « Oh là là, qu'est-ce qu'on est responsable, qu'est-ce qu'on est coupable, la maison brûle, nous regardons ailleurs ». Ils l'ont tous fait. Simplement, une fois qu'ils ont fini le discours, ils rentrent à la maison, ils font comme d'habitude. On parlait de l'accord de Paris, la COP 21 à Paris.
Juste avant l'année qui s'est écoulée avant, le président, c'était François Hollande. Il va au Canada. Quelle est la première visite qu'il fait quand il va au Canada ? Il ne va pas rencontrer le Premier ministre à Ottawa. Il va soutenir Total et l'exploitation des pétroles et des gaz de schiste au Canada.
Mais concrètement, en termes de mesures ?
Alors concrètement, nous, c'est nous aligner absolument sur les 1,5 degrés de réchauffement maximum. Donc ça veut dire qu'à l'horizon 2030, on fera 55% de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Ça veut dire que dès notre arrivée, nous allons mettre en place une règle d'or climatique qui fera que toutes les politiques publiques, toutes les politiques publiques seront conditionnées à l'intérêt général qui est pour nous le climat, la justice sociale, l'égalité femmes-hommes. Ça veut dire que nos marchés publics choisiront des entreprises qui vont dans le bon sens, excluront les entreprises qui vont dans le mauvais sens.
Ça veut dire que nous mettrons 10 milliards d'euros d'argent public par an sur la rénovation thermique de nos logements pour sortir de la précarité, sortir du gaspillage et améliorer le pouvoir d'achat. Ça veut dire qu'on mettra 7 milliards sur les transports collectifs, dont 4 sur le ferroviaire, pour qu'on ait plus de trains du quotidien, plus de trains de nuit et évidemment des trains de marchandises. Ça veut dire qu'on passe contrat avec le monde agricole pour faire la grande transition de l'agriculture vers l'agroécologie.
Aujourd'hui, l'agriculture, dont on voit qu'elle souffre, y compris de son exposition au monde, c'est l'explosion des prix des tourteaux de soja qui viennent notamment du Brésil et qui créent les incendies en Amazonie pour aller vendre nos céréales qu'on fait pousser avec des engrais azotés dont le gaz vient d'Ukraine et de Russie et pour aller vendre du cochon en Chine ou en Russie. Tout ça est aberrant.
Mais justement, en parlant d'agriculture, dans votre programme, vous mentionnez 100 000 nouveaux paysans et paysannes pour la transition agroécologique. Mais quand on connaît la situation dans laquelle la profession se trouve aujourd'hui et le peu d'attractions qu'elle génère notamment pour les jeunes, où trouvez-vous ces nouveaux paysans et comment pensez-vous parvenir à motiver les jeunes pour s'orienter vers ce métier ?
Les jeunes viendront si on change le modèle. Aujourd'hui, vous avez un modèle qui bénéficie de 13 milliards d'euros d'argent public tous les ans. 9 milliards de la PAC, le reste, c'est l'argent public français. Et je ne parle pas du traitement de l'eau, des maladies chroniques, des algues vertes, des machins, juste l'argent qui va en amont de notre modèle agricole. Avec 13 milliards, on a 27 fermes qui disparaissent tous les jours. On a un suicide de paysans tous les jours. On a 40% de la profession qui vit avec moins de 350 euros par mois. On a l'effondrement de la biodiversité et l'explosion des maladies chroniques et des problèmes de malbouffe à tous les étages.
Ce système-là est totalement aberrant. Donc, nous allons passer contrat avec la profession agricole pour sortir d'un système où l'agriculteur se retrouve de plus en plus seul, mais les aides le poussent à avoir toujours plus grand, d'avoir des bâtiments toujours plus gros et des équipements toujours plus larges. C'est ce que certains agriculteurs appellent le cannibalisme agricole. C'est-à-dire que pour pouvoir survivre, il faut bouffer le voisin.
Et comme vous avez la moitié des paysans qui vont disparaître d'ici 10 ans du fait de l'échelle de l'âge, il nous faut absolument changer de modèle agricole pour avoir moins de machines, moins de pesticides, moins d'intrants venus du monde entier et plus de paysans. Vous savez, il y a deux modèles qui vont être débattus dans cette élection. Le projet de Macron assumé. Numérique, robotique, génétique. Vous vous rendez compte ? Ça parle d'agriculture et d'alimentation, ça. C'est le retour des OGM, c'est le remplacement des paysans par des robots. Eh bien, nous, on veut des paysans de la biodiversité et de la bonne bouffe.
Et c'est comme ça qu'on fera venir des jeunes parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui ont envie, mais il faut favoriser l'accès à la terre. Gros problème sur le foncier. Et puis, avoir des aides qui fassent que quand les jeunes s'installent, ils s'installent tout de suite en agroécologie. Les marchés publics, je l'ai dit tout à l'heure, c'est un formidable débouché pour l'agriculture bio. Il n'y a pas de raison que dans les cantines scolaires, à l'hôpital ou dans les EHPAD, on ne mange pas bio.
Merci. Le dernier rapport du GIEC est paru le week-end dernier. Je pense que ça ne vous aurait pas échappé, pardon, qu'il est encore une fois alarmant. Et pourtant, votre partie écologiste semble à la traîne dans les sondages, 5% selon un dernier sondage. Cela est d'autant plus contradictoire que le climat reste l'une des préoccupations principales des Français. Encore une fois, selon un sondage Ipsos paru en février, le dérèglement climatique est un enjeu prioritaire pour 47% des sondés. Est-ce que cela veut dire que vous n'arrivez pas à incarner l'écologie ?
Vous savez, à chaque élection, on nous fait la même. À chaque élection, on nous fait la même. On nous a fait la même aux européennes. jusqu'à la fin de la... C'était le 25 mai 2019. Dans la semaine, les sondages nous donnaient à 6. Le matin même, les sondages confidentiels nous donnaient à 7. On a fait le double. Si on avait écouté les sondages, on n'aurait pas gagné une seule mairie écolo dans notre pays et on a gagné beaucoup de grandes villes. Alors, si vous voulez, les sondages qui se plantent à chaque élection, mais qui sont en permanence prescripteurs de la politique. Je veux dire, là, on est dans un moment important de notre société.
Vous voyez bien, vous avez raison d'insister, le dérèglement climatique qui s'accélère et on ne peut pas avoir 5 ans de plus d'inactions climatiques. Ça, ce n'est pas possible. L'effondrement de la biodiversité. On a une guerre et des dictatures et des pays qui s'inscrivent dans un nouvel ordre mondial qui est l'accaparement des ressources. Vous voyez bien que ce sujet devient le sujet central du monde, l'accaparement des ressources. On a partout sur les territoires, on l'a dit, dans les fermes, dans les entreprises, dans les centres de recherche, dans les associations, des gens qui font des trucs incroyables, qui ont tout compris, qui ont tout compris, qui font des choses incroyables.
Eh bien, ce moment de 2022, ça va être un vrai moment de choix de société. Ça va être un vrai moment de démocratie. Il faut que ce soit un moment de démocratie. parce qu'il faut qu'en 2022, les Françaises et les Français arrivent à faire un choix de société. Ils arrivent à se dire mais dans quelle société je veux vivre ? Que le débat ne soit pas tronqué. Parce que rarement dans l'histoire d'un pays, on a autant les moyens de choisir la société dans laquelle on veut vivre. Ce n'est pas toujours le cas. Là, on a toutes les informations scientifiques, vous avez raison. On sait comment gouverne l'extrême droite dans le monde. On sait comment elle a gouverné dans notre pays.
On sait les dégâts d'un libéralisme technocratique qui est le statu quo et donc tous les chaos. Des ordres écologiques, des ordres sociaux, des ordres économiques, des ordres démocratiques. Donc moi, j'espère que cette campagne, et c'est pour ça qu'on se bat depuis des mois, amène les Françaises et les Français à choisir positivement par adhésion le choix de la société dans laquelle ils veulent vivre. C'est ça le sujet de cette élection présidentielle. Et vous voyez bien que là, il y a beaucoup d'interrogations. Je veux dire, on a l'impression d'être...
Vous savez, quand vous êtes dans la mer, dans les Landes, là, vous prenez les vagues les unes après les autres et plus ça va, plus c'est dur à respirer. Bon. C'est ça que vivent les Français depuis un moment. On a eu les gilets jaunes. On a eu la pandémie qui n'est pas terminée. On a la guerre. Enfin, franchement, c'est raide. Il y a beaucoup de Français qui s'interrogent, qui sont inquiets, qui vont vers les paniques identitaires. C'est tellement facile quand tout est compliqué, quand vous en prenez plein la tête de dire, eh bien, c'est facile, on vire les Arabes, on vire les musulmans, ce sera réglé. C'est tellement facile et dégueulasse de faire de la politique comme ça.
Nous, on ne veut pas faire ça. Et on veut les construire. Et donc, c'est comme ça qu'on veut que ce débat s'inscrive, que les Françaises et les Français trouvent dans cette élection un débouché à toutes les tensions, à toutes les interrogations, à toutes les colères qu'il y a dans la société. Parce que s'il n'y a pas ça, si la politique n'est plus un débouché, si le débat politique n'est plus un débouché pour les tensions dans la société, eh bien, à ce moment-là, le prochain quinquennat va devenir très, très compliqué et on aura raté. On finira par rater le combat contre les grands échauffements et les Français finiront par se laisser entraîner par le grand remplacement.
Merci. Je vais maintenant passer aux questions un peu plus politiques.
C'est un peu politique, là, ce que vous avez fait à l'heure. Oui.
Mais justement. Un petit peu, hein ? Oui, un petit peu. Mais pour continuer, 12 candidats se présentent à l'élection, dont 6 à gauche. Et si on additionne les points de pourcentage de ces 6 candidats de gauche, on arrive à 25 %, soit derrière Emmanuel Macron, qui est aujourd'hui crédité de 33,5 %. Encore une fois, vous avez parlé d'une nouvelle vision de la société, d'une adhésion des gens à des valeurs, disons, plus écologiques, plus de gauche. pourquoi la gauche est à l'OTAN et à la traîne ?
Alors, si on vous écoute, c'est même pas la peine de faire campagne. Non, mais c'est vrai. Si vous voulez, quand je parlais de cette injonction des sondages, au fond, le soir des élections, on s'aperçoit qu'ils sont plantés et le lendemain, c'est eux qui refont le débat politique. Bon. Donc, si on écoute les sondages d'aujourd'hui, c'est fini, on arrête. Heureusement, heureusement, les Françaises et les Français ne sont pas les 1 000 qui participent à un sondage en ligne. Heureusement. Et vous savez qu'il y a beaucoup de Françaises et de Français aujourd'hui qui n'ont pas encore choisi ce que sera leur vote.
Et beaucoup, qui sont tellement percutés par la crise, le pouvoir d'achat, la précarité, le post-Covid ou encore dans le Covid, la guerre aujourd'hui, ne sont pas encore totalement rentrés dans cette campagne et prendront encore quelques jours, parfois quelques semaines, avant le premier tour pour se dire, bon, OK, je regarde les projets, qui m'intéresse ? Qui répond à mes préoccupations ? Qui m'emmène quelque part ? Qui participe à écrire une nouvelle histoire, une nouvelle page de notre histoire collective ? Donc, ça va être ça, le débat. Laissons-nous mener le débat.
Que la gauche, globalement, soit en difficulté, oui, on a eu un quinquennat Hollande qui ne nous a pas aidés, on ne va pas se raconter d'histoire. Quand le quinquennat Hollande démarre, la gauche, ils ont les grandes villes, les départements, les régions, le Sénat, l'Assemblée et la présidence. Reconnaissons que quand cette gauche gouverne de cette manière, qu'elle oublie l'écologie, qu'elle oublie la justice sociale et qu'elle oublie souvent de revitaliser la démocratie, ça ne sert pas de référence enthousiasmante.
donc quand une partie de la gauche aujourd'hui, moi j'entends les discours et on va se parler franchement sur la démocratie en France et il y a dans mon projet plein de mesures pour revenir sur les lois liberticides, que ce soit sur la presse, les manifestations, le maintien de l'ordre de la police, la séparation des pouvoirs, la justice, il y a plein de lois liberticides sur lesquelles il faut revenir mais on ne peut pas dire la France est un pays liberticide et considérer que l'annexion de l'Ukraine par la Russie c'est normal, c'est dans l'état des choses, on ne peut pas considérer qu'on a des problèmes de démocratie dans notre pays et j'en conviens le premier et considérer que le génocide sur les Ouïghours en Chine n'est pas un sujet, c'est un sujet donc il faut aussi que dans la partie progressiste de la politique il y ait aussi des clarifications moi je suis un internationaliste quand je défends la démocratie quand je défends les droits de l'homme c'est pas simplement en France je trouve qu'ils sont aussi importants à défendre chez les Ouïghours qu'aux Etats-Unis qu'à Kiev et qu'à Moscou c'est ça le combat politique c'est des principes c'est des valeurs et qu'à un moment donné et bien on demande aux électrices et aux électeurs de trancher c'est aussi ça la beauté de la démocratie
dans le cas hypothétique où vous ne seriez pas élu à l'Elysée des rumeurs circulent concernant votre engagement qui pourrait être continué à l'échelle nationale est-ce que vous pourriez envisager de passer du Parlement européen au palais Bourbon
vous êtes là franchement vous savez j'ai toute mon équipe qui m'entoure on est de 5h du matin à 23h sur la campagne présidentielle c'est pas une campagne dans un contexte très simple donc je vous assure qu'on a qu'une seule obsession c'est de mener pleinement cette campagne pour que encore une fois notre pays retrouve le sourire et l'enthousiasme en 2022
merci monsieur on va passer aux questions du public donc je vous invite à aller vers les micros vous en avez un là et un là-bas et on fera une fois à gauche une fois à droite et on tournera comme ça
on commence à gauche
j'assume que c'est votre gauche du coup je vais me permettre de commencer j'ai un point qui m'interroge sur tout ce que vous avez dit et sur la manière dont on allie les questions sécuritaires aux questions énergétiques et climatiques donc j'entends tout à fait qu'il est temps d'investir dans les énergies renouvelables mais dans le contexte français il y a cette particularité de l'héritage des 25 dernières années et notamment les 58 réacteurs nucléaires dont certains plusieurs arrivent en fin de vie donc il faut aussi un investissement peu uniquement dans la construction des énergies renouvelables mais aussi dans la déconstruction des mantèlements de ces centrales et ces réacteurs qui arrivent en fin de vie or assumer que nous investirons uniquement dans le renouvelable c'est-à-dire non nucléaire moi ma crainte c'est qu'il y ait là un problème sécuritaire qui émerge qui est-à-dire un manque d'attention politique dans toutes les questions techniques de démantèlement en sécurité de ces réacteurs et ces centrales puisque nous le savons à partir du moment où moins d'attention technique et financière est accordé à ce moment-là il peut y avoir des accidents parce qu'il y a moins d'entretiens moins de maintenance moins de travailleurs qualifiés etc.
voilà merci
non très bien très bien écoutez merci vous avez raison un comme vous le savez on a 13 réacteurs à l'arrêt aujourd'hui pour maintenance y compris pas forcément les plus vieux d'ailleurs quand on pense on a des problèmes génériques sur des générations de réacteurs ce qui pose un énorme problème de sécurité et de sécurité des réseaux de potentiel blackout comme on dit et la réalité c'est que dans notre projet évidemment nous ne voulons pas reconstruire de nouveaux réacteurs y compris parce que ça arrive en 2040 2045 ce n'est ni une réponse au climat ni au pouvoir d'achat ni à notre souveraineté énergétique aujourd'hui au delà des risques mais incontestablement en agissant sur les économies d'énergie et sur les énergies renouvelables il faudra 20 ans 25 ans pour en sortir ça veut dire y compris dès aujourd'hui pas simplement pour le démantèlement pour le fonctionnement de nos réacteurs nucléaires il nous faut plus d'ingénieurs plus de techniciens plus d'ouvriers formés parce qu'aujourd'hui vous avez beaucoup de monde qui est parti vous avez de l'intérim vous avez des personnels vous avez une nouvelle gestion des centrales qui fait que le risque est là et quand vous regardez les rapports de l'autorité de sûreté nucléaire le nombre aujourd'hui d'arrêts de réacteurs pour fautes humaines est en train d'exploser donc oui il faut investir sur la compétence y compris recruter aujourd'hui pour assurer la sécurité la sûreté des réacteurs qui fonctionnent et puis créer une filière du démantèlement qui sera très forte dans le monde entier
moi j'avais une question concernant la dimension intersectionnelle et écoféministe qui est extrêmement présente dans le programme de Sandrine Rousseau et je me demandais comment vous comptiez et si vous comptiez également mettre en avant ces dimensions là et est-ce que ça aurait été pas un peu abandonné dans la campagne pour l'instant ces dimensions là d'intersectionnalité et également tout ce qui est antiracisme droit des personnes trans la lutte contre les inégalités sociales etc comment vous comptez mettre en relation toutes ces dimensions avec le combat écologiste qui pour moi sont étroitement liés et comment vous comptez mettre ça en place
merci pardon je vous en prie
je me permets de poser ma question également puisqu'elle est liée à celle-ci et elle concerne une unicité qui enfin pardon une homogénéité qui n'est pas en fait une unité à mes yeux et vous avez parlé de donner l'exemple vous avez parlé de la politique comme un débouché des tensions qu'il y a dans notre société et ma question c'est comment est-ce que alors que dans votre famille politique en interne vous n'avez pas réussi en fait à à naviguer avec ces tensions comment est-ce que vous pensez pouvoir encore être crédible et le faire à une échelle nationale alors que Sandrine Rousseau ne fait plus partie de votre campagne aujourd'hui merci
merci vous savez la politique vous avez raison c'est un c'est un collectif la politique c'est un collectif et c'est des règles qu'on se donne collectivement et qu'on s'engage à respecter dans cette campagne et ça répondra aussi à la première question vous savez regardez notre projet on a encore fait des émissions récemment la question de l'écoféminisme est une dimension essentielle de notre projet politique en lien avec évidemment la question de la justice sociale la question de l'écologie de manière générale ces dimensions là ont toujours été présentes dans le combat écologiste ont toujours été présentes dans le combat écologiste le féminisme est une des dimensions essentielles et depuis les années 70 du combat écologiste première chose et donc on porte ces sujets là on porte le combat contre les violences sexistes et sexuelles avec le milliard qui permet d'avoir une police une justice spécialisée avec de l'hébergement avec un renforcement de l'éducation sur la vie affective le consentement sur la tolérance avec le la possibilité de porter plainte dans les hôpitaux dans les centres médicaux pour éviter la double peine mais en s'assurant de toute façon dans les commissariats les femmes soient reçues avec toute l'attention et l'accompagnement qu'elles méritent en se battant je l'ai dit pour les places d'hébergement nous avons ce combat sur l'égalité des salaires en prenant l'exemple de ce qui se passe en Islande pour que les entreprises soient contraintes à l'inverse de ce qui se passe ici d'elles-mêmes expliquer pourquoi il y a des différences de salaire entre les femmes et les hommes avaient des sanctions on veut la parité de sortie à l'Assemblée nationale pour qu'il y ait 50% de femmes et 50% d'hommes à l'Assemblée nationale donc tous ces sujets-là on les porte il y a un moment donné quand vous menez une campagne collective vous ne pouvez pas revendiquer une fonction dans la campagne et en permanence critiquer la campagne je suis désolé ça ne se passe pas comme ça c'est dommage c'est un peu triste je le reconnais mais à un moment donné vous ne pouvez pas en permanence avoir quand vous faites des interviews politiques quand vous lisez le journal avoir des gens qui sont censés porter votre campagne avec vous et qui disent des choses différentes et qui critiquent la campagne quand vous travaillez avec vos équipes quand vous faites une campagne et bien l'idée c'est d'avoir un message cohérent puissant à l'extérieur les débats vous les avez en interne à partir du moment où vous exposez en permanence vos désaccords qui peuvent être légitimes qui peuvent être légitimes Gire Sandrine Rousseau mène des combats remarquables remarquables ça peut être légitime mais à un moment donné quand en permanence dans la presse vous lisez des choses qui vont contre vous ça ne peut pas marcher ça ne peut pas être la responsabilité dans la campagne et la critique dans les médias c'est tout à un moment donné c'est juste le sens du collectif c'est ça aussi la politique c'est du collectif
on va tourner à gauche enfin on avait dit qu'on tourne je trouve ça intéressant quand même comment dans ces mots il y a qui divise et qui ne divise pas et comment les visions peuvent être différentes à mon avis à gauche s'il te plaît bonjour bonjour monsieur Jadot merci d'être venu alors j'aimerais connaître votre position sur la souffrance animale et les abattoirs notamment si vous vous projetez en tant que président qu'est-ce que vous ferez pour les animaux et quelle serait votre position face aux abattoirs est-ce que vous envisagerez comme éventuellement le parti animaliste une fermeture d'abattoirs je sais que vous êtes rendu au salon de l'agriculture dernièrement donc j'aimerais connaître votre position là-dessus
alors dans mon projet j'ai clairement dès notre arrivée la sortie de l'élevage industriel l'élevage industriel pour le caractériser de façon un peu simple parce que bon évidemment en fonction des types d'élevage des animaux c'est un peu différent mais l'élevage industriel c'est les animaux au fond dont les seules vues que nous avons c'est les images d'L214 c'est des animaux qui ne voient jamais l'extérieur c'est des animaux dont la souffrance est absolument abominable et c'est pas simplement la souffrance des animaux qui est au coeur effectivement de ce système là mais derrière c'est des éleveurs moins nombreux qui ne vivent pas heureux qui ne gagnent pas leur vie et c'est des impacts sur l'environnement et la malbouffe considérable donc il faut en sortir en commençant par l'interdiction des élevages en cage vous savez une poule en cage pour faire des oeufs je ne vous mets du papier c'est ça c'est ça la place pour la vie d'une poule qui pompe en cage toute sa vie c'est effectivement inacceptable donc il faut en finir avec ces cages que ce soit pour les poules ou d'autres types d'élevage et puis on sortira de l'élevage industriel je l'ai dit on accompagnera les paysans les éleveurs pour sortir de ce type d'élevage et puis je veux dire le corollaire de cet élevage industriel sont effectivement les abattoirs et on a eu dans les abattoirs exactement la même chose que dans l'élevage une concentration par quelques groupes et une intensification de la mort même des paysans aujourd'hui qui font du bio qui veulent ne pas vendre leur viande au delà de 30 km parfois sont obligés de faire 100 km pour trouver un abattoir c'est totalement absurde donc il faut remettre des règles très fortes dans les abattoirs et puis surtout ce que nous portons c'est le développement de ce qu'on appelle les abattoirs mobiles commence à y avoir des expériences en Europe y compris en France c'est-à-dire que ce sont les abattoirs mobiles qui se déplacent vers la ferme vers l'élevage et c'est beaucoup beaucoup moins de souffrance pour les animaux
d'accord merci merci bonjour monsieur Jadot donc comme vous le savez Victor Castanel le journaliste a publié récemment une enquête sur la situation des EHPAD au sein du groupe Orpea donc les faits qui sont rapprochés sont gravissimes situation de maltraitance envers les résidents les familles mais aussi les personnels donc ma question est simple quelles sont les mesures concrètes que vous souhaitez mettre en place pour éviter que ces situations n'adviennent de nouveau et quand on sait que de plus en plus de français cherchent à vieillir chez eux quelles sont les mesures concrètes que vous souhaitez mettre en place pour favoriser le bien vieillir chez soi pour nos personnes âgées merci
merci effectivement ce livre démontre l'ampleur du scandale mais il y a déjà eu des rapports avant qui décrivaient ces scandales j'ai précisé tout à l'heure que non seulement les différents des derniers quinquennats ont soutenu les EHPAD privés à but lucratif y compris il y a eu des outils de défiscalisation pour que les gens investissent dans les mètres carrés de ces EHPAD privés à but lucratif on sait à quel point au fond on a installé un système de spéculation sur la perte d'autonomie et la maltraitance de nos aimés je l'ai dit encore personne ne découvre la réalité et certainement pas ceux qui nous gouvernent quand vous signez un accord d'investissement avec la Chine et que l'intérêt offensif de la France dans l'accord d'investissement avec la Chine c'est les EHPAD privés à but lucratif pour vendus en Chine je l'ai dit tout à l'heure Macron quand il signe en 2018 un accord avec Poutine il y a Total et il y a Orpéa donc au fond ces systèmes ont été soutenus malgré l'indécence qu'ils représentent donc nous interdirons il n'y aura plus aucune nouvelle autorisation d'EHPAD privé à but lucratif il faut arriver sur un système soit public soit mutualiste en fait moi je pense que c'est une vraie belle responsabilité pour les mutuelles et la santé environnementale et l'accompagnement ça peut être vraiment un secteur développé par les mutuelles mais plutôt les mutuelles de l'économie sociale et solidaire attention parce que dans les mutuelles il y a aussi un peu à boire et à manger donc il y a ça et puis plutôt que ce que vient de proposer le candidat Macron d'augmenter la retraite à 65 ans pour faire payer aux classes populaires une politique de dépendance nous voulons augmenter la fiscalité sur les droits de succession des grandes fortunes vous savez vous avez dû lire un peu les rapports du CAE du conseil d'analyse économique du gouvernement qui a bien montré à quel point les grandes fortunes échappaient à l'impôt sur les successions donc on arrêtera l'échappement à l'impôt et puis ça nous permettra d'avoir 8 à 9 milliards de recettes fiscales supplémentaires qu'on mettra sur une politique d'autonomie pour à la fois favoriser le maintien à domicile ça veut dire que les aides à domicile doivent bénéficier de conditions de travail bien supérieures bien supérieures parce que pour en avoir rencontré beaucoup y compris en formation c'est un engagement incroyable d'être aide à domicile pour un salaire de misère ça veut dire créer des lieux intermédiaires très ouverts sur l'extérieur où les gens peuvent se retrouver s'ils ne veulent plus rester chez eux et puis ça veut dire que dans les EHPAD on a un accompagnement un accompagnant pour un pensionnaire grâce à ce budget c'est ce qui se fait dans les pays nordiques et c'est le moins qu'on puisse faire pour nos aînés
Bonjour monsieur Jadot la question que je voulais vous poser elle est assez simple en fait je m'interrogeais sur la façon qu'est-ce qu'on pouvait faire pour que l'écologie ne soit pas une question de riche
vous avez raison on est souvent ramené à ça d'ailleurs même si on a aussi des élus on fait des bons scores aussi dans des zones des quartiers très populaires c'est un maire écolo qui est maire à Colombes et on a évidemment d'autres lieux où nous sommes élus heureusement quand nous nous faisons campagne et quand on on exerce notre mandat on va régulièrement évidemment dans les quartiers populaires c'est le minimum et en fait quand vous parlez avec les personnes qui sont là les habitantes les habitants personne ne dit jamais ou rarement je suis écologiste mais quand vous discutez on a parlé de l'isolation des logements et que quand les parents disent nos enfants vont plus souvent chez le médecin parce qu'ils développent des notites avec des séquelles qui peuvent rester toute la vie quand ils parlent d'alimentation et du surpoids de l'obésité des diabètes quand ils parlent du froid l'hiver de la chaleur lors des canicules quand ils parlent des fuites d'eau autant dire qu'en fait toutes leurs préoccupations ou une bonne partie des préoccupations sont clairement écologiques nous on veut augmenter le SMIC à 1400 euros net quand on arrive au pouvoir à 1500 sur le quinquennat on veut évidemment forcer la négociation sur tous les bas salaires augmenter déjeler le point d'indice des fonctionnaires évidemment augmenter les salaires dans l'éducation et dans le dans l'hôpital là où c'est c'est indécent aujourd'hui les salaires qu'on donne mais c'est aussi je l'ai dit agir sur ce qu'on appelle les dépenses contraintes j'essaie d'expliquer tout à l'heure toutes les dépenses contraintes et toutes les aides qu'on allait apporter et puis c'est enfin une des propositions fortes de notre projet c'est ce qu'on appelle le revenu citoyen c'est l'idée que dès 18 ans vous serez autonome les français seront autonomes à 18 ans on n'est plus les enfants de ses parents jusqu'à 25 ans à 18 ans on est autonome et donc si c'est nécessaire on bénéficie du revenu citoyen pas un français pas une française ne sera en dessous de 920 euros par mois c'est le seuil de pauvreté seuil de grande pauvreté donc on mettra en place ce revenu citoyen qui sera automatique dès 18 ans y compris vous le voyez bien quand le seuil de pauvreté chez les étudiants qu'on dit des cohabitants c'est à dire qu'ils n'habitent plus chez leurs parents c'est 40% c'est 40% comment une société peut sérieusement se projeter collectivement sur son avenir quand on maltraite les enseignants quand on maltraite les élèves quand on maltraite l'université dont les budgets ont été réduits par étudiants et qu'on laisse qu'on exclut les étudiants et les jeunes du quoi qu'il en coûte ça peut pas être une société apaisée ça peut pas être une société épanouie donc oui on mettra les moyens pour que dès 18 ans personne ne soit dans la grande pauvreté
à droite tu peux y aller oui merci pour votre intervention Bruno Latour dans son dernier mémo sur la nouvelle classe écologique écrivait que je cite l'écologie réussit l'exploit de paniquer les gens puis de les faire bailler d'ennuis alors je voulais savoir qu'est-ce que vous répondriez face à ça et surtout pourquoi ne pas parler d'alimentation de déplacement de migration aux français plutôt que de 1,5 2 degrés 4 degrés qui peut rester peut-être en fait abstrait voilà merci
c'est vrai que le climat parfois c'est un peu abstrait à la fois c'est la préoccupation majeure de nos concitoyens mais c'est vrai que ça reste parfois abstrait et en fait quand on demande dans les enquêtes aux français quels sont les premiers gestes écolo qu'ils font c'est le tri des déchets en fait le plus souvent donc parfois il y a une déconnexion vous avez raison entre notre discours les préoccupations et puis finalement la façon dont l'écologie entre dans la dans la vie concrète bon l'alimentation n'en parle pas mal quand même je l'ai parlé de l'alimentation bio j'ai parlé évidemment de ce qui est sain de ce qui est savoureux et de tout le modèle qu'il y a derrière alors Bruno Latour qui officiellement nous soutient et avec qui on a des débats depuis depuis de nombreuses années vous avez raison il s'interroge sur comment des défis aussi aussi majeurs ne font pas plutôt que 3% du débat public je ne sais plus qui le rappelait en introduction 97% du débat public si ce sont les grands défis de l'humanité alors peut-être qu'on peut mieux faire nous mais je trouve que parfois c'est un peu raide le reproche qu'on nous fait au fond quand on annonce quand on dit attention il va y avoir une catastrophe on dit les écolos sont catastrophistes quand on propose des solutions crédibles pour répondre à ces catastrophes les éviter on dit les écolos sont dogmatiques et quand la catastrophe arrive on dit les écolos sont incompétents ça fait beaucoup donc on fait de notre mieux je suis d'accord avec vous que parfois on n'a peut-être pas les bons termes peut-être pas les bonnes approches mais je suis sûr qu'on aurait un débat ici plus long sur quels sont les beaux mots est-ce qu'il faut commencer par la catastrophe ou par la solution est-ce qu'il faut être il faut dire la réalité du choc qu'on va prendre ou parler de l'enthousiasme de la lutte qu'on peut engager et en fait je suis sûr qu'on aurait un débat et peut-être ça serait moitié-moitié en fait il faut qu'on tienne les deux bouts parce que dans cette élection de 2022 il faut à la fois dramatiser l'élection si on n'agit pas c'est dramatique c'est absolument dramatique on n'a pas 5 ans de décalage moi ça fait longtemps vous le voyez que je milite quand on a fait les grandes conférences sur le climat en 2009 pas si longtemps en 2009 14 ans 13 ans on était sur moi j'étais à l'époque je sortais de Greenpeace je commençais député européen c'était l'alerte des scientifiques et les générations futures vous vous rendez compte en 13 ans ça a tout bougé en 13 ans c'est tous les jours la catastrophe sur nos écrans c'est tous les jours le rapport qui dit waouh ça va cogner et maintenant non seulement on n'a pas fait assez pour éviter les émissions de gaz à effet de serre mais en plus il faut déjà investir pour s'adapter y compris chez nous en oubliant d'ailleurs ce qui se passe de l'autre côté de la planète où là les difficultés sont encore beaucoup beaucoup plus lourdes donc je suis d'accord il y a probablement parfois c'est un peu triste ou parfois c'est un peu naïf où on fait ce qu'on peut on essaye de faire le mieux je vous assure on se lève tous les matins en se disant comment on va accrocher les français comment on va parfois sortir collectivement d'une sorte de déni je vois le truc dont look up il y a un peu de ça dans notre société c'est vrai parfois ça paraît tellement immense qu'au fond on préfère s'occuper d'autre chose mais notre responsabilité c'est c'est à la fois de dire l'enjeu majeur et qu'on ne peut pas transiger on ne peut pas transiger sur les objectifs à atteindre par contre qu'on essaiera de construire chemin pour qu'il n'y ait personne qui soit laissé au bord de la route
je pense qu'on peut encore faire une question
donc cette fois à gauche on finit à gauche bonjour comme vous avez dit on ne peut pas attendre cinq ans d'inaction environnementale pourquoi ne pas s'allier avec Mélenchon et Hidalgo pour assurer la présence de la gauche se contour enfin je sais que vous avez répondu négativement à la primaire populaire donc voilà
écoutez remarquez que avec du recul franchement la primaire populaire ils ont bien géré quoi là honnêtement je dois dire que réussir non mais objectivement 450 000 personnes dont 99,9% se sont inscrits avec sincérité dans ce processus moi je l'avais dit à la primaire populaire vous savez il y a un an j'ai essayé de réunir toute la gauche j'ai mis toute la gauche autour de la table ni Jean-Luc Mélenchon ni Hidalgo ne voulaient travailler un projet commun parce qu'à un moment donné c'est la question des idées qui comptent quand même ils n'ont pas voulu travailler un projet commun donc voilà il y a la primaire populaire ok écoutez nous on a fait notre primaire écologiste elle est citoyenne c'est une légitimité on n'a pas le temps de continuer à faire des primaires y compris ça n'a rien résolu parce que personne ne voulait la faire il y a une primaire populaire 450 000 votants Christiane Taubira celle qui d'ailleurs la seule voulait la primaire populaire en tout cas l'accepter elle gagne aucun soutien de la primaire populaire moi je suis arrivé deuxième j'ai rien demandé et plutôt que de voter à 450 000 pour savoir ce qu'ils faisaient de la primaire populaire ils ont résolu le truc à 30 ils ont tous démissionné maintenant donc je trouve que si vous voulez c'est important la démocratie citoyenne et il faut qu'on fasse tous très attention à quand on lance des processus qui créent de l'adhésion qui créent de l'espoir que ces processus là soient pas parfois manipulés il y a plein de gens sincères mais je pense qu'il y avait quelques margoulins dans l'affaire et on saura à la fin pour qui il travaillait vraiment mais sur le fond de votre de votre question pour moi l'écologie elle est indissociable de la démocratie je l'ai dit tout à l'heure et elle est indissociable de la construction européenne pour moi la France c'est ma maison l'Europe c'est mon village je me suis toujours j'ai toujours travaillé à l'international j'ai toujours défendu partout les droits de l'homme et des femmes je pense que sans l'Europe on n'y arrivera pas ni à défendre la démocratie ni à sauver ou en tout cas gagner sur le climat et la biodiversité ni à avoir un modèle social digne de ce nom de dignité pour chacune et pour chacun c'est pas le projet de Jean-Luc c'est pas le projet de Jean-Luc peut-être que voilà c'est pas c'est pas disqualifiant pour lui c'est un autre projet qui porte et à un moment donné c'est pas illégitime que les françaises et les français décident on va avoir une élection totalement dingue je pense qu'elle n'est pas finie d'être dingue jusqu'au 10 avril avec un seuil d'entrée au second tour qui peut être très bas et bien nous on se bat pour que ce soit le projet cohérent ce projet de démocratie ce projet européen ce projet écolo ce projet social ce projet républicain pour que il crée la surprise dans cette élection et je vois Raphaël Rémi Leleux qui dit oui c'est que je dois avoir raison
merci monsieur Jadot je pense qu'on va passer l'intervention scientifique de madame Balm donc notre doyenne du collège universitaire et donc je vais vous demander de l'applaudir s'il vous plaît
et à tous
ça fait plaisir de voir l'amphi plein bonjour monsieur Jadot je suis ravie de vous rencontrer et merci de cette invitation donc je crois que l'idée c'est que je commente un tout petit peu le projet de votre parti de votre parti politique en termes de politique étrangère on m'a dit de commenter bien bienveillamment ah mais oui mais on est bienveillants à Sciences Po mais l'esprit critique est bienveillant mais il n'en reste pas moins critique alors pour faire pour être pour utiliser la comment dire la méthode des sciences sociales je vais vous dire à peu près les sources sur lesquelles je me suis appuyée pour comprendre quel était votre projet d'abord j'ai regardé votre programme très attentivement j'ai lu avec énormément d'intérêt l'entretien que vous avez donné très long entretien à grand continent j'ai lu votre tribune passionnante d'hier ou avant-hier dans le monde qui en appelle à un embargo sur le gaz et le pétrole russe et puis j'ai lu aussi plusieurs articles de la presse internationale vous concernant et notamment la presse américaine alors tout ça dégage une chose intéressante qui est il y a deux points forts dans ce que votre parti propose en termes de politique étrangère le premier ça ne surprendra personne c'est la diplomatie climatique et le terme est très très bien choisi et le deuxième c'est la politique étrangère de l'Europe alors il y a évidemment d'autres sujets mais ceux-là ils sont vraiment structurants et ce qui m'a surpris enfin ce que je trouvais intéressant c'est que le fil conducteur est bienveillant vous l'avez dit vous êtes pour la paix vous êtes pour la démocratie vous êtes pour le développement vous dénoncez les dérives néolibérales de la mondialisation vous êtes pour l'Europe vous êtes pour le changement climatique donc ça c'est contre vous êtes contre le changement climatique mais pour lutter contre le changement climatique donc tout ça sinon c'est qu'on a fait un petit rectificatif à faire dans le projet sinon il y a une fake news donc j'allais dire que si j'utilise le terme de bon sentiment je pense que c'est pas le bon c'est pas comme ça qu'il faudrait dire il y a effectivement une forme de bienveillance et c'est très constructif et positif dans la façon dont vous articulez votre projet en revanche et c'est peut-être ça qui me marque aussi c'est qu'il est aussi souvent très général il manque il me semble en tout cas il est général il peut manquer de technicité et par ailleurs votre approche si elle est très différente de celle d'Emmanuel Macron parfois on se demande qu'est-ce qu'il y a de si différent par rapport au projet d'Emmanuel Macron sur être pour la démocratie pour l'Europe lutter contre le changement climatique pour le développement etc.
mais la méthode quand même est très différente c'est à dire que vous assumez ce côté infiniment moins jupitérien vous parlez même de modestie de rapport plus j'allais dire plus bienveillant aussi au reste du monde et surtout l'idée que si la France peut engager un discours constructif avec les autres pays du monde c'est pas nécessaire vous le dites je crois de tirer chaque fois la couverture à soi donc cette méthode elle est quand même assez intéressante mais en termes de technicité j'ai trouvé moi que c'était assez général et enfin c'est le troisième point qui m'a marqué c'est qu'il me semble qu'il y a des impensés absolument considérables dans ce projet en politique étrangère qui est celui de votre parti et je vois deux impensés très forts je ne veux pas dire que vous n'y faites pas référence mais on ne sent pas d'une construction de la pensée forte autour de ce sujet qui est un le monde extra occidental et singulièrement l'Asie-Pacifique et l'Afrique et un peu moins sur l'Afrique puisque vous avez aussi une expérience au Sahel je crois importante et puis deuxièmement vous en appelez un état mondial un renforcement du multilatéralisme et alors là pour le coup vous vous démarquez de très nombreux candidats mais là aussi un état mondial comment pour qui dans quelle forme quel est l'agenda etc là aussi je trouve que c'est assez général donc ce que je vais faire c'est simplement reprendre peut-être la diplomatie climatique d'un côté et puis la politique étrangère de l'Union Européenne de l'autre et très très brièvement parce que je pense que c'est à vous de conclure cette séance c'est votre moment pas le mien et donc je vais être très rapide donc le premier c'est la diplomatie climatique en fait vous parlez même de diplomatie de l'anthropocène alors là juste à l'instant on a parlé de Bruno Latour l'une des étudiantes a parlé de Bruno Latour on sent la patte de Bruno dans votre Bruno Latour pardon dans votre programme donc la diplomatie de l'anthropocène c'est vrai que là c'est extrêmement intelligent comme intuition c'est très très très bien pensé comment dire ça fait référence il se trouve que c'est un cours que je donne à Sciences Po la diplomatie scientifique et donc ça c'est très intéressant alors vous le développez selon trois angles premièrement vous dites il faut comprendre la nouvelle géopolitique du climat et il faut aider le sud deuxièmement il faut investir dans l'innovation technologique et troisièmement il faut essayer de proposer des avancées dans le domaine du droit international climatique tout ça c'est très très intéressant mais là aussi il y a un écart il me semble entre la qualité des déclarations et le manque de technicité c'est à dire le manque d'inventivité sur vraiment le comment l'aspect hyper opérationnel de ces propositions qui sont néanmoins très intéressantes c'est à dire en gros comment vous développeriez la diplomatie scientifique je ne vois rien sur le rôle des scientifiques le rôle de la science le rôle de ce qu'on appelle la slow science qui est extrêmement important justement et lié au changement climatique le pouvoir du GIEC le GIEC a un rôle considérable a-t-il vraiment du pouvoir comment il se positionne par rapport aux vrais diplomates etc je ne lis rien sur les responsabilités communes mais différenciées que demandent les pays du sud par rapport à la question du climat bref j'ai un peu l'impression que ce serait bien qu'on ait un brainstorming à un moment entre étudiants et personnes intéressées par la diplomatie scientifique peut-être pour arriver à plus de technicité dans le propos le deuxième champ c'est la politique étrangère de l'Union Européenne et alors là vous dites quelque chose d'intéressant vous dites oui à l'intégration européenne je la soutiens je suis pour j'en suis un acteur mais je suis déçue par la construction européenne et je veux qu'il y ait plus d'Europe et la construction européenne passe par une vraie politique étrangère commune donc ça c'est votre credo et là aussi ça vous distingue de beaucoup beaucoup de candidats vous dites dans votre tribune d'hier qu'il faut armer la résistance ukrainienne oui comment quelles sont les conséquences c'est frappant dans la tribune d'hier pour moi elle est symptomatique de ce que j'essaye de vous dire c'est à dire que dans la tribune d'hier vous parlez de l'embargo du gaz de l'embargo du pétrole d'armer la résistance ukrainienne il y a tout sur le premier sujet il n'y a rien sur le second sujet alors que c'est quand même absolument essentiel c'est pas un petit sujet comme ça c'est à dire que de cette décision peut comment dire cette décision peut conduire vers une explosion de de la de la guerre en Ukraine voire à des à une évolution de la de la guerre au niveau mondial donc c'est pas une petite question je vois peu de choses sur les relations transatlantiques les Etats-Unis veulent construire une Europe post-américaine qu'est-ce que vous en pensez ?
Qu'est-ce qu'il faut qu'il y ait de nouveau par rapport à la politique française ou européenne actuelle vis-à-vis des Etats-Unis ?
Quel est votre positionnement sur ce que l'Europe appelle le global Europe c'est à dire la perspective de penser les valeurs européennes pas uniquement pour les Européens mais pour le reste du monde c'est à dire de porter une forme d'universalité oui quand comment dernier point la décision récente de l'Allemagne qui est un véritable changement de paradigme d'accepter d'augmenter de 2% de leur PIB en dépense militaire pour faire face à la crise et s'assurer qu'ils sont aussi partie prenante d'une forme de défense européenne est-ce que on est tous enfin voilà ce changement de paradigme on l'acte probablement c'est le plus raisonnable dans la situation actuelle mais il faut aussi que ça se fasse dans un cadre collectif dans un cadre cohérent qui sont déjà et qui se soient inclus dans les initiatives européennes en matière de défense le fonds européen de défense le PASCO etc donc pour conclure est-ce que vous discutez de ce dernier sujet avec le Grunen et si oui est-ce que vous êtes dans un même alignement de planète voilà je vous remercie merci merci infiniment de vos remarques il est évident qu'il y a un certain nombre de sujets qui n'ont pas été approfondis comme ils devraient l'être vous avez raison sur la recherche scientifique c'est vrai que le GIEC à bien des égards comme l'IPBS sont des exemples de coopération scientifique internationale particulièrement intéressants y compris dans leur interaction avec les décideurs politiques puisque ce sont des rapports qui sont validés par la politique c'est la force du rapport du GIEC c'est d'être validé par les gouvernements non seulement c'est les pairs entre eux qui sont mais ils sont validés par les gouvernements donc ils deviennent des outils de fait des politiques publiques c'est pas du droit dur donc ils n'ont pas d'obligation mais c'est des outils de politique publique et d'ailleurs dans l'accord de Paris il est mentionné explicitement qu'à chaque nouvelle étape de réhaussement des ambitions ils doivent se fonder sur la science ce qui était très important dans la rédaction de l'accord de Paris deuxièmement comment on crée de la démocratie scientifique on crée aussi de la démocratie scientifique en ayant des chercheurs et des enseignants chercheurs qui peuvent participer à cette démocratie scientifique et qui peuvent participer à la recherche scientifique nationale européenne internationale il y a des enjeux là de statut d'investissement qui sont pour moi essentiels y compris pour en avoir discuté avec la conférence des présidents d'universités et d'autres lieux on voit bien à quel point aujourd'hui au fond on a eu une évolution des universités notamment avec les appels à projets la réduction des dotations globales qui ont mis les universités en concurrence les unes avec les autres pour les appels à projets certaines s'en sortent très bien d'autres se paupérisent se précarisent ça précarise l'ensemble de la recherche ça précarise les enseignants les chercheurs et donc tout ça ne fonctionne pas donc il faut de la dotation il doit y avoir une part d'appel à projets et puis s'assurer que tout le monde puisse y travailler y compris moi je pense que les crédits impôts recherche doit être un élément beaucoup plus ciblé aujourd'hui sur la recherche publique qu'il ne l'est aujourd'hui mais encore une fois la question c'est aussi comment se construit la recherche comment la recherche a les moyens y compris sur des sujets où les lobbies sont extrêmement puissants comment la recherche a la moyenne de l'expertise et de la contre-expertise quand on travaille au niveau européen sur l'autorisation du glyphosate et bien les les comités d'experts qui sont censés faire les recommandations sur le glyphosate sont des comités d'experts qui associent des chercheurs évidemment mais des chercheurs qui sont très liés le plus souvent aux firmes parce que vous avez très peu de chercheurs aujourd'hui en recherche publique pure qui peuvent vivre simplement de l'argent public donc on a des conflits d'intérêts ça part ça pose la question de la démocratie scientifique au regard de qu'est-ce que porte la science comme recommandation pour la société et en quoi cette recommandation est garantie intérêt général donc il y a tout un tout un aspect qui est de ce point de vue là vous avez raison important et moi je suis surpris et positivement surpris de voir comment au fond avec le retard qu'ont pris les décisions publiques par rapport aux alertes scientifiques de plus en plus de scientifiques au fond assument un rôle politique ce qui n'est pas forcément évident assument un rôle politique qui est d'alerte et presque de recommandation politique donc c'est intéressant on parlait de Bruno Latour on pourrait parler de Gémen on pourrait parler même de de Valéry Delmotte Masson tout ça ils sont tous Jouzel est passé de l'autre côté mais son statut lui permet donc au fond le treu tout ça tous ces gens là ils bouent ils bouent dans leur l'expertise scientifique de voir aussi peu de débouchés politiques à leurs recommandations et de voir aussi peu le le le le le travail qui font trouver trouver une mise en oeuvre concrète donc c'est intéressant tout ce débat là est absolument passionnant sur le sud alors nous on a quand même pas mal de propositions mais qui sont au fond trop souvent le sud y compris dans les campagnes électorales françaises ça a été l'engagement à ce que 0,7% du revenu national brut soit donné en aide publique au développement c'est ça promesse prise à chaque fois jamais tenue l'enjeu pour les pays du sud aujourd'hui c'est de commencer à ne pas nuire avant de donner de l'argent commençons à ne pas nuire sur la forêt sur les minerais sur nos firmes sur toute une série de choses qui leur ouvriraient davantage de portes de développement et puis il y a tous les mécanismes climat que nous mettons en place y compris sur l'ajustement carbone aux frontières je peux vous dire qu'en ce moment la bataille c'est de faire qu'une partie des recettes liées à la taxe carbone aux frontières soit reversée vers les pays du sud ce qui est loin d'être acquis de ce point de vue là j'arrive sur les allemands on a toujours une position au niveau européen des verts européens pour une politique de défense européenne évidemment pour nous une politique de défense européenne c'est pas une armée pour aller faire la guerre ailleurs c'est d'abord une armée au fond pour intervenir pour éviter les conflits au fond c'est presque souvent des casques bleus européens très largement mais ça peut vouloir dire aussi il n'y a qu'à voir au Mali ou ailleurs ça peut vouloir dire aussi une forme de projection qui est pas simple mais il y a déjà quelques corps qui existent mais ça peut vouloir dire une forme une forme de projection si l'union européenne était un pays en vrai avec l'invasion de la Russie en Ukraine il y aurait presque eu une mobilisation générale dans l'union européenne c'est une guerre à notre frontière on aurait été obligé donc il nous faut cette politique européenne de défense enfin sur armer la résistance bien sûr que c'est pas simple vous avez raison c'est pas simple de dire il faut envoyer des armes mais je pense que quand des femmes et des hommes se battent pour que ils maintiennent leur liberté pour qu'ils soient pas vassalisés ou intégrés totalement dans le giron russe poutinien qui quand même sinon un régime autocratique surtout une dictature à partir du moment où on a décidé parce que là le risque d'escalade serait majeur qu'on n'entrait pas en guerre contre la Russie qu'un pays que l'OTAN ou la France dotée de l'arme nucléaire n'entrait pas en guerre contre la Russie dotée de l'arme nucléaire il faut faire tout le reste en fait soit on accepte que finalement on dit on va pas participer à l'escalade mais on accepte qu'ils soient envahis et que la démocratie disparaisse en Ukraine ça peut être un choix certains le font au fond on acte ce qui serait un retour de l'histoire ce qui pour moi n'est pas jamais un retour de l'histoire quand vous avez un peuple souverain qui est libre qui veut vivre en démocratie qui ne rêve que d'une chose intégrer l'Union Européenne et ses libertés fondamentales et son état de droit je peux pas me dire ouais on regarde l'histoire les ukrainiens ça n'existe pas au fond ce sont des russes qui doivent appartenir à la Russie et être sous le régime de Poutine j'accepte pas ça donc je fais tout ce que je peux faire sans faire la guerre directement à la Russie donc c'est le régime de sanctions et c'est effectivement armer la résistance le front populaire pendant la guerre d'Espagne a décidé de ne pas soutenir les républicains et ben c'est les fachos qui ont gagné et ben moi j'aurais aimé que le front populaire soutienne les républicains on n'allait pas entrer en guerre en Espagne contre les allemands à l'époque parce qu'au fond ça serait fini comme ça déjà puisque les nazis soutenaient franco mais les nazis ont armé franco il y a eu les légions condor vous vous souvenez et nous on a laissé les républicains se battre tout seuls et ben j'aurais préféré qu'on les arme et je veux dire je suis content que ce que je dis au début que les anglais les américains pendant la seconde guerre mondiale ils armaient la résistance française c'était pas simple ça a fait des morts c'est incontestablement c'est la guerre mais aujourd'hui vous avez un dictateur qui tous les jours fait des crimes de guerre je veux dire on a des gamins qui sont morts dans un hôpital pédiatrique parce que vous avez un taré qui considère que les ukrainiens doivent disparaître et ben moi je les aime mais c'est pas héroïque c'est pas héroïque je veux dire ceux qui sont héroïques aujourd'hui sont en Ukraine je veux dire c'est une position politique c'est prendre ses responsabilités à un moment donné mais ceux qui sont héroïques aujourd'hui c'est ceux qui se battent en Ukraine ou qui sont sur les routes de l'exode et voilà j'espère que l'Europe et la France accepteront sans discrimination sans discrimination tous les réfugiés qui quittent le qui quittent l'Ukraine voilà et puis avoir une responsabilité politique c'est aussi porter comme vous le savez particulièrement ici le soutien aux otages et vous en avez une je sais pas non on est pas là l'affiche mais j'ai vu des affiches dans tout dans tout Sciences Po et vous avez tellement raison donc on pense à elle aussi
merci beaucoup madame merci beaucoup monsieur Jadot donc je vais me permettre de conclure merci aux équipes du parlement des étudiants de la conférence Olivin et de Sciences Po TV merci encore à vous monsieur Jadot donc là vous allez en studio avec deux médias étudiants qui sont la péniche et Radio Germaine et normalement alors vous avez soit Pauline ou Caroline qui est censée vous chercher à droite donc voilà merci beaucoup à toutes et à tous d'être venu donc c'est nouveau mardi avec madame Hidalgo en bout de nuit merci merci
Yannick Jadot