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interviewLCP (sur YouTube)· 9 février 2026 62 min

Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie | LCP, Lundi C'est Politique - 09/02/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'an dernier, il y a plus de fermetures d'entreprises que de création. L'automobile et la métallurgie sont particulièrement touchés. A un an de la fin du mandat d'Emmanuel Macron, un retournement est-il possible ?

C'est la tâche de Sébastien Martin, ministre de l'industrie. L'avenir de l'industrie est-il entre les mains du développement des énergies renouvelables ou non ? Sébastien Martin est notre invité.

Bonsoir et merci d'être avec nous. Bonsoir, Sébastien Martin, ministre de l'industrie. Je ne suis pas seul pour vous interroger, il y a en face de vous et avec moi Hervé Gattegno, Elsa Mondin-Gava, Laurent Fargues et Hugo Couturier, Hugo au Perchoir sur la chaîne Twitch LCP-Assemblée nationale.

Hugo vous remontera des questions. On parlera d'énergie, une énergie décarbonnée et d'avenir. Mais notre invité est beaucoup plus circonspect et ne partage pas forcément cet engouement à 100 % producteurs.

On va parler d'entreprises qui ont fait là une ces derniers temps à cause de leurs difficultés. On va parler de l'entreprise Marco Arc qui emploie 3500 personnes dans le Pas-de-Calais. Il y a deux offres pour reprendre cette entreprise.

Une qui envisage de garder tous les effectifs et une autre qui envisage de perdre un certain nombre d'emplois. - La réunion de cet après-midi n'évalue pas les deux offres car aujourd'hui, officiellement, il n'y a qu'une seule offre. A Bercy, nous avons lu la presse, comme vous, nous avons vu qu'il y avait une deuxième offre mais nous n'avons que l'offre initiale qui a été déposée par Monsieur Durand, une offre qui prévoit un certain nombre de suppressions de postes.

Ce qui compte aujourd'hui était de montrer aux élus locaux, aux organisation syndicale, que l'Etat, quoi qu'il advienne, était prêt et organisé pour accompagner ceux qui, dans le projet de reprise, ne retrouverait pas forcément un emploi. - Vous actez que ce dossier de reprise sera le bon ? - Non.

Ce n'est pas moi qui décide, c'est le tribunal des affaires économiques de Lille. Moi, j'étudierai toute offre sérieuse. - Jusqu'à quand ? - Jusqu'au 17 février, les repreneurs ont la possibilité de déposer amélioration des offres pour lesquels ils se sont... - Donc la deuxième offre relayée dans la presse n'existe pas ? - Elle n'a pas été travaillée avec les équipes de Bercy.

Ca n'empêche pas qu'elle existe, qu'elle soit déposée auprès du tribunal et étudiée par le tribunal. Il faut être clair. A condition qu'on nous la présente. - Si elle est présentée... - Alors, je l'étudierai.

S'il demande un soutien de l'Etat, cela s'étudie. Mais aujourd'hui, elle n'a pas été présentée. Elle existe, présentée au service de Bercy Je ne peux pas travailler dessus.

Ce que je sais qu'il y a l'offre de Monsieur Durand qui est une offre qui me semble sérieuse car elle a un business plan, des financements et parce qu'elle prévoir un avenir pour l'entreprise. Nous ne sommes pas dans une liquidation judiciaire. J'entends les habituels du RN dire que...

Il y a des offres déposées pour reprendre l'entreprise. C'est au tribunal des affaires économiques de décider quelle est l'offre la plus viable. - Une autre entreprise, Brandt, est liquidée et une nouvelle fois, la région qui avait critiqué si les banques se disent prêtes à aider financièrement.

Ca compte ? - Oui. Mais là encore, nous sommes dans un processus.

Cette fois-ci, il y a eu liquidation judiciaire qui était prononcé. Les administrateurs judiciaires regardent ce qui peut être repris dans l'entreprise par soit certain de vouloir reprendre les marques, d'autres qui voudront reprendre l'outil industriel et rebâtir le projet, d'autres qui voudront reprendre les marques et le service après-vente...

Je pense que différentes offres qui peuvent être complémentaires puissent se rapprocher pour avoir un projet solide et sérieux. Je pense que c'est quelque chose qui pourrait être intéressant car il y a des dossiers sérieux, car il y a des gens qui arrivent avec de l'argent ou qui arrivent en demandant aux collectivités, à l'Etat, beaucoup d'argent mais qui n'en ameènent pas beaucoup eux-mêmes. Il faut compter à nouveau une démarche sérieuse, c'est une démarche qui peut demander de l'argent collectivités mais qui doit d'abord emmener des fonds privés.

S'il n'y a pas, cela veut dire que les investisseurs n'y croient pas et donc que le projet n'est pas sérieux. Il faut pas que dans six mois nous nous retrouvions en disant que j'ai soutenu un projet alors que ça ne tenait pas le coup. - Vous avez décidé de porter plainte contre le fond d'avertissement Greybull qui ne s'est pas investi comme il s'était engagé.

Vous aviez donné des millions et le groupe devait faire la même chose mais il ne l'a pas fait. Greybull n'a pas accepté de se faire traiter de repreneurs voyous. Qu'attendez-vous de cette démarche en justice ? - A l'été 2024 Greybull s'engage donc ils vont mettre 90 millions d'euros pour remonter cette boîte.

Il prend cet engagement devant l'Etat. L'Etat dit alors qu'il mettra 87 millions d'euros pour accompagner la boîte. Le tribunal, sur la base de ces documents, désigne Greybull comme étant le repreneur de Novasco.

Nous avions même mis comme condition à ce que dans les 90 millions d'euros de Greybull, il y ait 15 millions qui soient du cash. Au final, ils ont mis 1,5 millions d'euros. Même pas les 15 millions d'euros en cash et très loin des 90 millions d'euros.

Il y a un moment, quand vous ne respectez pas votre engagement, les contrats que vous avez signés, en moins d'un an, j'ai estimé qu'au regard du préjudice causé à l'Etat et au territoire et aux centaines de personnes qui se retrouvent sur les carreaux, l'entreprise doit rendre des comptes. J'en attends une réparation... - Financière ? - 5 millions d'euros au titre de préjudices causés ainsi que les 90 millions d'euros qu'ils avaient engagés.

Oui, financière. - Nous ne savions pas quelles étaient vos ambitions. Maintenant, c'est clair.

Ces dossiers que nous avons évoqué illustrent bien les difficultés du secteur économique. - La réindustrialisation est l'une des grandes promesses d'Emmanuel Macron. Il y a eu des progrès mais, l'an passé il y a eu 116 sites ou usines ouvertes mais 179 qui ont fermé.

Comment inverser la tendance ? - Ce qui aurait été intéressant c'est de rappeler qu'entre 2018 2024, on a crée de l'emploi industriel dans ce pays. C'est bien de se focaliser sur une année mais il faut prendre les choses en perspective.

Depuis 2020, l'Allemagne a détruit 250 000 emplois industriels et je n'entends personne ici dire que l'Allemagne est l'échec de la réindustrialisation. Il se passe, depuis fin 2024, une situation qui a fondamentalement changé et qui doit nous inviter à changer et être en rupture avec ce que nous avons conduit comme politique industrielle au niveau européen. Depuis fin 2024 et l'arrivée de Trump, nous avons un phénomène qui fait que la Chine, qui produit massivement, à des surcapacités industrielles.

La Chine a construit un outil industriel ultra subventionné. Elle vous offre une usine. Le marché intérieur chinois a ralenti, la croissance chinoise n'est pas au niveau attendu.

Vous avez un marché qui se réduit. Vous ajoutez à cela les Etats-Unis qui se referment et vous avez des surcapacités chinoises qui arrivent chez nous, particulièrement dans la chimie...

Cela fait des fermetures de sites...

Vous parliez de l'Allemagne. - L'Allemagne connaît une profonde crise industrielle depuis le COVID. Ce n'est pas juste la France qui, depuis fin 2024, a des difficultés.

C'est un phénomène européen. Quand on dit qu'il faut des mesures de protection pour l'acier, mesures que nous avons obtenues, cela va bien dire qu'il faut réagir à ce qui nous arrive d'Asie. - Notamment pour l'automobile. - Qu'est-ce qu'il faut faire ?

Protéger, qu'au niveau européen ne soyons plus efficaces, plus nous mettions plus de moyens...

Aujourd'hui, ce n'est pas normal de mettre dedans à canaliser un dossier antidumping. Il faut soutenir notre production. Cela passe par la préférence européenne.

La Commission européenne vient de le confirmer. - Mais il faut que ça rentre concrètement dans les faits. - Je ne vous le fais pas dire.

Ce n'était pas gagné d'avance. Le président de la commission a confirmé - C'est une victoire pour vous ? - Oui.

Il n'y a pas longtemps que je suis ministre mais il y a quelque chose qui m'étonne, dans certaines régions que je passe avec mes homologues européens, il faut arriver à convaincre du bien-fondé de la préférence européenne. La France dit qu'il faut de la préférence européenne. Il faut que l'argent investi revienne à la France.

Maintenant, il faut que ce soit définitivement adoptée. Le fait que la présidente de la Commission européenne, alors qu'il y a un débat très fort sur le sujet, ait acté le principe de la préférence européenne, c'est une victoire. Il n'y a pas que l'Allemagne qui décide. -Sur ce sujet, il y a une divergence par rapport aux industriels.

Tous les industriels ne sont pas d'accord. - Mais il faut savoir ce qu'on veut, elle convoquera avoir une industrie en Europe ? Si oui, il faut que s'appliquent les mêmes règles que celles que s'appliquent les américains et chinois.

Ils imposent des contenus de préférence locale. Nous, on va imposer des contenus de préférence locale en Europe. Nous l'avons déjà fait avec les véhicules électriques. - Des problèmes des industriels, le coût de l'énergie, parfois supérieure à nos voisins, les Etats-Unis.

Un décret d'ici la fin de semaine sur la méthode. Un décret, pas de débat au Parlement ? - Lorsque j'étais député, il y a eu un débat avec une loi qui est allée au Sénat...

Il y a un moment...

J'aime cette expression : "Un chef, c'est fait pour cheffer." Le premier ministre l'a fait. La PPE est toujours sortie par décret.

Il faut absolument que ce soit un texte législatif. La parole du Rassemblement National vaut quelque chose, vous voyez. - Le RN pourrait censurer ? - Il veut censurer sur tout et n'importe quoi.

Il a déposé une motion de censure sur le Mercosur alors que le Gouvernement a dit qu'il était contre. Que voulez-vous que je fasse ? Il va déposer des motions de censure sur tout. - Vous pensez que le risque de censure n'est pas écarté ce soir ? - Est-ce qu'il y a une différence entre déposer une motion de censure...

Il faut qu'elle soit adoptée...

Aujourd'hui, je crois qu'il est absolument indispensable, aussi pour les filières industrielles engagées dans l'énergie, que cette PPE3 soit publiée. - La filière de l'éolien et du photovoltaïque était inquiète. Il y a encore des énergies renouvelables mais on dit attention dans certains territoires pour les éoliennes.

Est-ce que vous rassurez ses filières ce soir en disant qu'on continuera à produire de l'éolien et du photovoltaïque ou on dit que dans certaines années ça ne se produira plus ? - Ces filières sont sorties plutôt rassurées de la réunion de vendredi. Tout le monde a compris qu'il y avait des enjeux d'acceptabilité d'un certain nombre de productions sur l'énergie éolienne notamment.

Le Premier ministre voulait monter en puissance des champs éoliens. En maintenant un cap sur les éoliennes en mer et on annonce qu'il y aura 6 EPR, 8 en option qui seront tranchées d'ici la fin de l'année et aussi de l'électrification. - Dire qu'on ira pas plus loin sur la question de l'éolienne, c'est aussi pour contenter la droite et le Rassemblement National qui sont souvent vents debout... - Vous savez, il y a ce qui est souhaitable et il y a ce qui est réalisable.

Il y a un certain nombre de territoires qui sont crispés face à cela. Vaut mieux avancer de manière pragmatique, essayer de faire en sorte que oui, la production d'énergie renouvelable continue de progresser. - C'est un gage que vous donnez... - Non car il y a une réalité, on marche sur 2 jambes.

Il y a le nucléaire et le renouvelable. On ne doit pas opposer l'un à l'autre. On a besoin des 2. - Il y a un endroit où on embauche... - Une industrie créatrice d'emploi et d'innovation en France, l'industrie de l'armement.

Est-ce qu'on peut dire, au risque d'être un peu provocateur, que l'un des principaux espoirs de l'industrie française aujourd'hui pour se moderniser et se relancer, c'est la guerre qui est parfois à nos portes ? - Le meilleur moyen d'éviter la guerre c'est de s'y préparer. On avait vraiment baissé la garde en matière de défense, le président de la République a décidé de rehausser le ton et le niveau de notre armement.

Pour être respecté, il faut être craint. Et pour cela, il faut une armée qui dispose d'équipements. Grâce à la loi de programmation militaire, nous allons pouvoir les acquérir, grâce aux députés qui ont été responsables, nous avons un budget des armées.

Ce sera aussi de l'emploi dans les territoires. Je suis allé dans une entreprise la semaine dernière qui embauchera...

Il ne faut pas se réjouir, mais à un moment, la France a la nécessité de se réarmer. - Il y a beaucoup d'industries qui ne trouvent pas de main-d'oeuvre. On n'a pas assez d'ingénieurs, d'ouvriers...

On est loin des premiers dans les classements internationaux. Comment peut-on faire pour rendre à nouveau l'industrie française attractive ? - C'est un sujet qui nécessite un engagement au long cours.

Quand on dit la réindustrialisation, c'est fini, ça n'a pas de sens. C'est un engagement à long terme. On sort d'une décennie, de plusieurs décennies, où on dit qu'il n'y aura plus d'usines en France. - On a perdu plus de 2 millions d'emplois industriels. - Avant, c'était une bonne nouvelle.

Il faut construire des parcours de formation autour, pas que des ingénieurs, Il faut qu'on s'appuie sur les territoires, et que l'on monte des académies industrielles sur les territoires qui peuvent s'appuyer sur un lycée professionnel et technique, comme le conservatoire national des arts et des métiers...

Ce sont des formations labellisées. Et aussi avec des partenariats avec les écoles d'ingénieurs. Ca permet de construire des parcours. - C'est 2 ou 3 ans. - Oui, mais ça fait appuyer sur les élus locaux. - Vous avez peut-être entendu cette déclaration, le président de BPI France a dit que pour relancer l'industrie dans notre pays, il faudrait une immigration qui serait indispensable.

Est-ce que c'est votre point de vue ? - On a un problème démographique dans notre pays. On sait très bien que dans l'industrie, ou dans les services, il y a une main-d'oeuvre étrangère qui arrive.

Je ne crois pas que l'immigration de travail pose un problème dans le pays. Le problème qui se pose parfois, c'est une activité qui n'est pas liée au travail. - Est-ce qu'il faudrait davantage d'immigration économique ? - Il en faudra peut-être un peu plus pour pallier dans certains secteurs où il n'y a pas de main-d'oeuvre.

Puis, s'appuyer dans les bassins d'emploi dans lesquels on a un taux de chômage parfois trop élevé. - On a parlé d'immigration du travail, il y a aussi eu ces derniers temps les fameux débats sur le budget. Il y a encore des débats autour de ce budget. - On sent une colère patronale, on pensait qu'elle se calmerait, mais elle prend des mouvements importants.

Dans le budget, il y a une forte augmentation du taux de l'impôt sur les sociétés, notamment pour les grands groupes, qui amènent le taux d'impôt sur les sociétés le plus élevé de tous les pays riches. Est-ce que c'est la fin de la priorité budgétaire ? - Les impôts de production ont baissé de 20 milliards ces dernières années.

L'impôt sur les sociétés, est à un niveau à peu près équivalent. Comparer avec l'Allemagne, il est sans doute un peu plus faible qu'en France mais il y a des couches fiscales qui font qu'on est dans les mêmes taux. Je comprends la colère et l'exaspération des chefs d'entreprise parce que depuis le mois de septembre, ils ont été accusés de tous les maux.

Avec Bayrou, on disait que c'était la faute des boomers. Tout ce qui arrive, n'est pas de leur faute. Ce n'est pas le Gouvernement de Sébastien Lecornu qui avait proposé la taxe Zucman.

Ce n'est pas le gouvernement de Sébastien Lecornu qui a proposé une taxe sur les multinationales. Un budget a été adopté par les députés. Je sais bien que c'est nous qui devons...

Il semblerait, vous êtes un fin observateur, la configuration politique de notre pays a légèrement changé. Il y a quelques mois en arrière, il y avait un truc simple : un Gouvernement avec une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Tout était de la responsabilité du Gouvernement.

Il semble qu'il n'y ait pas de majorité et donc il a fallu construire avec les députés un budget. - C'est ce que disent les patrons. Pour faire plaisir aux socialistes, ils sont taxés. - Tous ce qui donnent des leçons à Sébastien Lecornu, c'est ceux qui ont voté contre.

Nous avons un budget. On est sur le même niveau de fiscalité, la surtaxe d'IS, c'est la même que l'année dernière. Je veux bien entendre tout ce que l'on veut, les entrepreneurs en ont ras la casquette d'être ciblés en permanence.

Je tiens mon coup de chapeau, si la France a fait 0,9 % de croissance, si elle fait au moins 1 % de croissance l'année prochaine, c'est grâce a cela. - Le front patronal... - Je ne sais pas ce qui sera fait.

J'ai beaucoup de respect pour le président du MEDEF, et d'autres, qui font leur travail du mieux qu'ils peuvent. - Sur les crédits de France 2030, c'est le programme d'industrialisation qui était au coeur des politiques Emmanuel Macron, pourquoi il a fallu réduire ce budget ? - Vous savait, tout le monde est toujours d'accord pour faire des économies mais pour faire des propositions, personne n'est d'accord.

Effectivement, France 2030 n'est pas à l'arrêt, mais elle n'aura pas un milliard d'euros de plus cette année. Certains programmes auraient pu être lancés, mais non, on regardera les choses de manière plus précise. Pour voir quels sont les programmes qui peuvent être lancés.

Il y aura sans doute une priorisation dans les programmes. Mais il n'y a pas 1 milliard de plus cette année. - Une question pour vous, d'un internaute.

Pourquoi pénaliser si longuement la compétitivité de l'industrie française en ne mettant jamais en question le marché européen de l'énergie et son système de fixation de prix ? C'est un coût trop élevé pour les entreprises. - Excusez-moi, aujourd'hui, la France a une des électricités les moins chers de l'union européenne.

Je veux bien qu'on nous explique qu'à cause du système européen, l'électricité est trop chère, mais elle est moins chère qu'en Allemagne. Ce n'est pas le système européen qui a fait exploser le prix de l'électricité...

C'est quand Poutine a décidé d'envahir l'Ukraine. Je veux bien que le Rassemblement National nous explique que c'est de la faute du système européen mais c'est surtout parce que Monsieur Poutine a décidé d'envahir l'Ukraine. Grâce au nucléaire, on est en électricités compétitifs. - Comment l'Europe doit se défendre, est-ce qu'il faut faire comme Donald Trump en surtaxant les importations ? - Vous avait des coup chinois qui sont 30 à 40 % moins élevés que les coûts européens.

La nouveauté, c'est que les produits chinois sont souvent de meilleure qualité que des produits européens. Si on ne réagit pas par un bouclier commercial massif, c'est la fin de l'industrie européenne. Face a un danger systémique, il faut un bouclier commercial global.

Il faut mettre cette piste au niveau européen. C'est à peu près l'écart de coût aux produits, 30 %. Si on n'a pas ce sursaut européen, c'est l'industrie dans son ensemble qui est en danger de mort. - "Danger de mort ", est-ce que c'est une piste selon vous, 30 % ? - Il faut réagir très vite.

Je ne pense pas qu'il faille enfermer l'Europe derrière des droits de douane de 30 %. On sait ce que ça donne aux Etats-Unis. Je ne vois pas aux Etats-Unis, leur industrie se relever.

Il y a un certain nombre de secteurs industriels qu'il faut protéger. Je veux bien qu'on mette des droits de douane surtout. Mais... des droits de douane à 30 % ou 50 % sur des choses qu'on ne fait pas, ça n'a pas beaucoup de sens.

Mais sur la 6, on a obtenu 50 % de droits de douane qui vont être mises en place cette année. On l'avait obtenu sur les véhicules électriques. Aujourd'hui, en France, sur les 10 véhicules électriques les plus vendus en France, aucun n'est chinois.

Le véhicule électrique le plus vendu en France, c'est la R5 électrique fabriquée à Douai. On va peut être passés on va bientôt être à 30 % des véhicules qui sont vendus en France. Les mentalités évoluent.

Ne comptez pas sur moi pour jeter aux pertes et profits tous les investissements faits dans les régions des hauts de France qui retrouve de la croissance de l'emploi notamment autour de la filière du véhicule électrique. Il faut une approche plus pragmatique, peut-être, mais il ne faut pas abandonner les véhicules électriques pour des lubies. - Pour les droits de douane, vous dîtes aussi qu'il faut faire attention aux consommateurs ? - Il faut avoir une attitude un petit peu responsable.

On ne peut pas vouloir dire qu'on veut une industrie de notre pays et ne pas savoir se protéger face à ce qui est un soudé mis sur certains secteurs industriels. Sur l'acier, vous avez l'équivalent de surproduction asiatique de cinq fois le marché européen qui se déferle sur le continent européen. Si nous ne mettons pas en place des mesures de protection sur l'acier, la chimie et les véhicules hybrides chinois, car les Chinois ne progressent pas sur les véhicules électriques mais bien les véhicules hybrides, forcément, nous aurons un impact sur l'industrie.

Peut-être qu'il faut accepter de payer un peu plus cher mais, en payant plus cher, il y a un niveau de vie qui est maintenue pour un employé européen. - Sur ce qui vient des Etats-Unis, que faisons-nous pour répondre aux menaces de Trump sur les taxes ? - Je pense qu'il aurait beaucoup de choses à redire sur la manière dont au final, cet accord entre l'union européenne et les Etats-Unis a été acceptés.

D'ailleurs, le Parlement européen la suspendue, au regard de l'attitude du président des Etats-Unis. Je remets en cause...

Cet accord et d'ailleurs, le Gouvernement français s'était exprimé dessus, ce n'est pas un bon accord. Pour les industriels, il y a eu le mérite de donner un cadre et de stabiliser un peu mais c'est sans doute quelque chose à revoir. - On va rester dans les Hauts-de-France, qui se révèle championne des gigas Factories.

Il y en a d'autres qui vont ouvrir. - Demain, Emmanuel Macron se déplacera à Dunkerque sur le site de cette giga Factory. Certains économistes disent que la France et même l'Europe ont beaucoup de retard par rapport à la Chine.

Est-ce qu'il faut continuer à subventionner, soutenir cette industrie quoi qu'il en coûte ? - Il faut absolument continuer dans le chemin de l'électrification des véhicules. Peut-être pas trop vite et trop fort mais il faut absolument continuer.

Si on ne maîtrise pas cette technologie, alors qu'on sait très bien que d'ici quelques années les véhicules électriques auront une autonomie de 600, 800...

D'ailleurs, l'usine pour laquelle nous allons poser une première pierre demain va développer les nouvelles autonomies de batterie qui va augmenter la capacité des véhicules. Cela permettra d'être plus compétitif et d'assurer une incitation à acheter un véhicule européen plutôt qu'un véhicule asiatique. - Fait par un groupe taïwanais.

L'Etat aidera ? - Oui mais par des séquences clairement prévues. Nous débouchons des moyens au fur et à mesure des vagues d'investissement. - Demain, le président de la République ira aussi dans un site d'ArcelorMittal pour l'inauguration d'un four électrique.

C'est la priorité aujourd'hui ? Compte tenu de tous les difficultés dont vous avez parlé ? Est-ce que la priorité ne devrait pas être plutôt d'aider les grands groupes à affronter la concurrence étrangère ? - Nous avons mis en place la taxe carbone aux frontières.

Si nous les mettons en place, c'est pour pénaliser ceux qui produisent en émettant du CO2. Si demain nous accompagnons ArcelorMittal vers la décarbonation de la production d'acier, nous le rendons beaucoup plus compétitif que ceux qui nous envoient de l'acier carbonné. Lorsqu'on décarbonnait de l'acier produit en Europe, et je crois que c'était souhaité par les peuples européens depuis huit ans, depuis longtemps, aux activité pas normales que les pays étrangers qui nous envoyaient des produits qui ne sont pas décarbonnés ne soient pas taxés... - Vous faites confiance à ArcelorMittal pour tenir leurs engagements ? - Je ne pense pas que le président de la République se déplace chez ArcelorMittal sur du vent. - Nous avons vu des présidents de la République faire confiance à ArcelorMittal et être déçu. - Ca peut arriver.

Nous verrons bien demain. Je ne vais pas faire des annonces du président de la République à sa place. Ce que je sais c'est que beaucoup pariaient que le Gouvernement et ArcelorMittal n'allaient pas tenir ses engagements. - Il n'y a pas d'acieries possible en France sans être français ou européenne ? - Si, il y a des acieries qui fonctionnent aujourd'hui sans être électriques. - L'avenir de la France peut exister sans subventions pour l'acier ? - C'est difficile d'être compétitive si nous ne sommes pas accompagnés.

Mais ce sont des normes que nous imposons aux industriels. - Reviendra au Sénat le 25 juillet le thème récurrent de la nationalisation des aciéries françaises. Quelle est votre position sur le sujet ? - Ce sont des vieilles une.

Au final, nationaliser ArcelorMittal veut dire racheter la aciérie et ça veut dire faire les investissements à la place, et qu'on fait un beau chèque à Monsieur Mittal ? Je ne pensais pas que c'était ça, la logique de LFI. - Si c'est si stratégique, pourquoi nous n'exproprions pas ? - J'ai l'impression d'être dans un débat en URSS.

Je crois pas. Je préfère avoir des acteurs privés qui mènent une politique industrielle. L'Etat n'est jamais un très bon gestionnaire d'usine. - On va parler d'un autre sujet, les terres rares. - Les terres rares qui sont très importants pour l'industrie des batteries.

Une question sur l'exploitation ou non de gisements en France. On peut dire où on en est de cette question ? Vous poussez l'exploitation des terres rares ? - Oui.

Il y a un projet qui avance. L'Etat rentre au capital d'une entreprise qui mène un projet... - A quelle hauteur ? - Je ne veux pas vous dire des bêtises.

Nous ne sommes pas majoritaires. Cela doit être 10 ou 15 % de l'entreprise. Tout ne peut pas se faire en France.

On ne va pas avoir dizaines de milliers de terres rares en France. Il y a une stratégie sur laquelle nous sommes en train de travailler qui sera présentée d'ici la fin du mois de février pour mieux s'organiser en amont, pour prendre un peu plus en amont sur des chaînes d'approvisionnement de ces terres rares. Et surtout, sur Laval, il est en train de se structurer une industrie en France de la transformation des terres rares.

Mais pour que cette industrie puisse vraiment avancer, il y a un site à la Rochelle, il faut aussi que nos entreprises françaises et européennes passent des commandes. Nous travaillons avec elles pour qu'elles passent plus de commande. - Combien de gisements sont repérés à l'heure actuelle ? - Il y a un permis pour faire des recherches dans la région de la Bretagne.

Il y a une dizaine de projets d'exploration. - S'il y a des mines, il faut donner l'accord tout de suite. Il n'y a pas de... - Il y a des procédures dans ce pays. - Bien sûr.

Est-ce qu'il faut accélérer sur ce sujet ? - Vous savez, il y a toujours la question de l'acceptabilité par les populations. Il faut prendre le temps nécessaire de la concertation sinon, tout le monde se braque et les projets ne sortent jamais.

J'aime bien perdre un peu de temps pour gagner. - Justement, pour concilier l'aspect écologique, car on se doute que ces exploitation vont créer de la pollution... - Il n'y en a pas des dizaines.

Il ne faut pas faire peur à la population. Il peut y avoir quelques projets qui pourront sortir en France, mais sont encore assez loin de l'exploitation massive de terre rare en France. - En tout cas, le projet est voté.

Maintenant, Sébastien Lecornu se projette plus loin. -Il se projette vers 2027 pour rester à Matignon jusqu'à cette date. Est-ce que, s'il restait Premier ministre jusqu'à l'élection présidentielle, vous considériez cela une bonne nouvelle ? - Oui.

Vous avez été très nombreux, sur différents plateaux de télévision, à dire que l'instabilité politique n'était pas une bonne chose pour la France. Au final, si Sébastien Lecornu reste Premier ministre jusqu'à l'élection présidentielle, nous sommes en février 2027, les élections présidentielles auront lieu en avril 2027, on ne parle pas de perspective extrêmement longue. Le Gouvernement tienne 18 mois ne me semble pas être une prouesse... - Ces derniers temps... - Qu'il y ait de la stabilité, que les ministres puissent avancer...

La valse des ministres n'est pas bon pour les affaires de l'Etat. La stabilité c'est le Premier ministre qui arrive à faire passer son budget sans avoir été censuré. Quand même !

Dans le contexte actuel, cela mérite d'être relevé. Il y a une situation politique qui a changé. Le premier à une méthode de Gouvernement qui a permis de faire de aboutir un budget. - Vous êtes vous-même ministre du Gouvernement de Sébastien Lecornu.

Vous faites partie des LR. Vous comprenez cette fonction ? - Non.

Au moment où la France a besoin d'être pour rassembler, ce genre de comportement est en décalage. Je sui suspendu, je ne l'ai donc pas dit groupe pour je trouve assez surprenant que ma famille politique et a été mis aussi peu de temps à suspendre des ministres de la République mais ne disent rien lorsqu'un député européen LR soutient Eric Ciotti. Je suis abasourdi. - Ca, vous ne l'avez pas dit aux dirigeants de votre parti. - Pour Rachida Dati, ou moi, il fallait qu'on soit exclu des Républicains sous 48 heures.

Mais quelqu'un élu sur la liste LR aux élection européenne qui va soutenir Eric Ciotti, fan de Marine Le Pen, pas un mot. Aucune cohérence. - Le message est transmis.

Vous êtes prêt à continuer dans ce Gouvernement, puisqu'un remaniement est annoncé pour les jours prochains. - Ce n'est pas moi qui décide. - Certains disent qu'ils ne veulent pas rester. - C'est un sujet sur lequel je me suis engagé il y a 11 ans, quand j'ai été élu président de mon agglomération à Chalon-sur-Saône.

On a relevé le défi avec une entreprise qui a fermé en 2 ans. J'ai aujourd'hui 9 usines...

Si le président de la République et le Premier ministre considèrent que je suis la bonne personne à la bonne place, je serais ravi de continuer à servir mon pays. - Les socialistes n'ont pas censuré le budget, grâce à eux, le goût budget a été voté. Certains socialistes pourraient avoir leur place dans le Gouvernement dans lequel vous souhaitez rester ? - Le PS a expliqué qu'il était dans l'opposition. - Mais vous, vous trouvez que ce serait bien que certains socialistes participent à ce gouvernement. - C'est toujours bien quand on a envie de servir son pays.

Quand vous m'avez interrogé tout à l'heure sur le LR et sa décision, aujourd'hui, les affaires de partis, c'est le cadet de mes soucis. Mes principaux soucis, c'est d'être à la hauteur de ce qu'attendent les entreprises. - Ca vous choquerait ? - Je ne serai pas choqué mais je ne suis pas sûr que c'est ce qui se passera. - Sébastien Lecornu ne va pas les chercher. - Les députés du PS ont expliqué qu'ils étaient dans l'opposition.

Vous ne rentrez pas dans le Gouvernement quand vous êtes l'opposition. - Sur le besoin de clarification entre LR et le RN. - Est-ce que vous pensez qu'il faut une clarification, que Bruno Retailleau doit clarifier la position de LR par rapport aux Rassemblement National ? - Si vous n'êtes pas clair, vous ne pouvez pas avoir d'avenir.

Cette histoire d'union des droites n'a aucun sens pour moi. Elle a encore moins de sens quand on est dans la Ve République. Dans la Ve République, l'élection qui fixe tout, c'est l'élection présidentielle.

L'union des droites, dans un système parlementaire à l'allemande, où il faut faire des grandes coalitions, ça peut s'expliquer. Mais quand on a une élection qui est l'élection présidentielle, la rencontre d'un homme ou d'une femme avec les Français, qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire tous derrière Marine Le Pen ?

Je ne suis pas sûr que les militants LR aient envie d'être rangés derrière Marine Le Pen au Jordan Bardella pour les présidentielles. Ils veulent leur couleur. - Que doit dire Bruno Retailleau ? - Il doit être clair sur le positionnement de LR par rapport à cette union des droites.

Est-ce que c'est l'union de la droite et du centre ? Chirac, c'était la culture de l'union de la droite et du centre, pareil pour Sarkozy. Et on a gagné.

Avec l'union des droites, on fera marche pied pour Marine Le Pen et on ne gagnera rien. - Est-ce qu'il faut absolument un candidat LR aux prochaine présidentielle ? - Il faut un candidat en capacité de porter le destin de ce pays.

Qu'il soit LR ou pas, ce n'est pas le sujet. Mais qu'il porte les valeurs de rassemblement de la droite et du centre, en capacité de diriger un pays comme la France. Ce n'est pas rien.

Il faut quand même avoir une sacrée personnalité. C'est pas quelqu'un de 30 ans qui n'a jamais mis les pieds dans une entreprise, qui va être en face de Trump, ou alors qui va être dépendant de Monsieur Poutine. Il faut de l'autonomie. - Vous avez été élu dans une élection partielle contre l'extrême droite en mai dernier.

Il y a une semaine, dans la même configuration, le candidat de la droite Retailleau a perdu contre un candidat UDR. Est-ce que c'est le symbolisme de ce que vous disiez ? - Bruno Retailleau aurez dû rester au Gouvernement.

Voter LR aujourd'hui ça sert à quoi ? C'est ce que se demandent les gens. Ma collègue Stéphanie Rist a été réélu, parce qu'elle est au Gouvernement et elle agit.

Les gens de droite se disaient que ça servait à quelque chose, car ils agissent. On aboutit à ce genre de résultats. - Puisque vous êtes député également... - Non, je ne le suis plus. - Vous avez été député.

Vous êtes favorable à la généralisation du travail le 1er mai ? - Non, on était clair, cette extension du travail devait se faire. Certain nombre de commerces qui ont l'habitude de donner le 1er mai.

Certains sites industriels fonctionnent 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, y compris le 1er mai. Je ne suis pas pour. - Les propositions de loi sur la fin de vie reviennent, qu'est-ce que vous feriez si vous étiez député sur l'aide à mourir ? - Je la voterai.

D'abord, en première lecture, j'étais député et je l'ai voté. Je crois à un système à la française. Aujourd'hui, sur l'aide à mourir, on a un système où certains vont dans un pays étranger.

Je préfère quelque chose qui est encadré en France et où on respecte les convictions de tout le monde. Pareil pour les médecins. S'ils ne veulent pas le faire, ils peuvent ne pas le faire. - Est-ce que vous considérez comme François Hollande qu'il faut reparler de la proportionnelle ? - Non.

On est sur un système majoritaire est pas proportionnel. - On va accueillir dans un instant un invité sur le nucléaire. Son portrait. - Face à vous, Sébastien Martin, une voix critique et indépendante dans le débat sur le nucléaire.

Ingénieur de formation, porte-parole de Négawatt. Notre invité questionne les choix français dans un monde où le climat se réchauffe, où les ressources s'épuisent. Pas un militant antinucléaire mais opposé à la relance de l'atome. - Je souhaite que 6 EPR2 soient construits.

Et que nous lancions les études sur la construction de 8 EPR2 additionnels. - Pour notre invité, cette relance nucléaire est déconnectée de la réalité industrielle. Alors que le secteur fait face a une difficulté de maintenance de parcs vieillissants, au retard et autres,...

Notre expert alerte sur les dangers des réacteurs initialement prévus pour fonctionner 40 ans. Il appelle plus de renouvelable et de sobriété et moins de précarité énergétique. - De notre pays, pourtant parmi les premières puissances mondiales, le système énergétique n'est pas capable aujourd'hui d'approvisionner correctement l'ensemble de la population avec 12 millions de personnes concernées par la précarité énergétique. - Faut-il déjà préparer la décroissance nucléaire ?

Face à vous ce soir, Yves Marignac. - Nous accueillons Yves Marignac. Bonsoir.

Je vous laisse saluer le ministre. Vous êtes expert énergie nucléaire, porte-parole de Negawatt. Je vous laisse vous installer. - Merci.

C'est un vrai plaisir de pouvoir échanger avec vous. Je vais commencer par un sujet qui est au coeur de différents propos que vous avez tenu tout à l'heure sur le besoin de compétitivité et le prix de l'électricité. Evidemment, il faut industrialiser, décarboner, et électrifier mais la situation actuelle fait que les industriels attendent une électricité à environ 50 EUR du mégawatt heure.

Le parc nucléaire actuel a un coût d'environ 60. Et ça augmente. EDF n'a réalisé qu'un tiers.

Les renouvelables sortent à 70, 80, et leur coût augmente la baisse. Les 6 EPR2 dont vous avez parlé...

Est-ce que la France a les moyens d'engager et d'immobiliser 72 milliards davantage dans ces nouveaux réacteurs qui ne verront pas le jour avant 2035, alors que l'urgence aujourd'hui est de fournir de l'électricité décarbonée aux industriels avec 50 EUR le mégawatt heure et les différents coûts... ?

L'Etat n'a pas forcément la capacité, les ménages ne sont pas prêts...

Les industriels non plus...

Comment on boucle cette équation économique qui semble impossible aujourd'hui ? - Aujourd'hui, le prix de marché est au-dessus de 50 EUR. Il faut aussi partir de cette base.

Nous voulons avoir une production de l'électricité beaucoup plus importante. Elle doit s'accompagner d'une électrification des usages. Aujourd'hui, vous savez bien qu'aujourd'hui, l'électricité ne couvre que 30 % de nos usages dans le mix énergétique total.

Notre ambition est de doubler cette part d'énergie décarbonnée. Aussi, par un mécanisme de plus de consommation électrique, et plus de volume électrique, il y a un rapport offre et demande. 2e point, on a une industrie au nucléaire aujourd'hui qui est en train de se reconfigurer.

On avait une industrie qui faisait de la maintenance. Elle était plus compétitive. Pourquoi on a tardé à sortir...

C'est quoi l'industrie nucléaire de ces 20 dernières années ? On avait un réseau de garages, on l'entretenait et on faisait des réparations. Aujourd'hui, on dit à l'industrie nucléaire : " Relancez, soyez plus compétitifs, sinon ça coûtera trop cher." Si on repasse aujourd'hui à une industrie nucléaire, le nucléaire redeviendra compétitif. - Les nouveaux réacteurs vont sortir un coût de production supérieure à 100 EUR le mégawatt heure.

Aucune chance d'être compétitifs. Il y a encore du temps pour débattre de ces questions. Les réacteurs ne sont pas encore décidés en termes d'investissement.

Ce sera un des débats cette année. Je voulais revenir sur un autre point, le parc existant. Je voulais attirer votre attention et vous faire réagir sur des propos passés inaperçus, le président a appelé à une décroissance du parc nucléaire.

On a aujourd'hui un parc qui a 40 ans de durée de vie en moyenne, avec 60 GW, en étant raisonnable du point de vue électrique, ça veut dire 30 ans pour fermer l'ensemble du parc. Une trajectoire qui doit être lissée du point de vue de la sécurité électrique, mais quand vous atteignez 40 ans et vous jetez 30 ans pour fermer tout le parc, ça mène à des durées de vie au-delà de ce qu'on peut raisonnablement anticiper du point de vue de la sûreté de l'Etat sur l'instruction de la durée de vie des réacteurs. Combien de temps on attend encore On fait la politique de l'autruche en disant qu'on peut prolonger tous les réacteurs et à quel moment on se décide enfin à poser une trajectoire de fermeture des réacteurs ? - Les plus vieux. - L'ensemble, ils devront tous être fermés un jour ou l'autre.

On a besoin de maîtriser cette trajectoire avec une double contrainte, la sécurité électrique du parc, et la sécurité nucléaire ? - Les réacteurs vont être prolongés qu'avec l'accord de l'ASN. Même si ce n'est pas dans mon portefeuille ministériel, c'est Roland Lescure, mais il n'est pas question de pouvoir rallonger sans les autorisations de l'autorité de sûreté nucléaire.

La France a un niveau d'exigence en termes de sûreté nucléaire, suivi de nos centrales, qui est le plus élevé au monde. Nous nous astreignons à un certain nombre de choses que d'autres pays ne font pas. Tant mieux.

C'est une garantie de sécurité. Cette question est fortement liée aux autorisations. - Elle alerte sur la nécessité de ne pas attendre à être au pied du mur pour... - Sur la base de la PPE3, on va pouvoir se mettre en perspective sur cette question.

Aussi, nous prévoyons 6 nouveaux EPR. Un EPR qui fait 1600, va remplacer des réacteurs qui ne faisaient que 900. On peut faire de 2 et 8 de plus... - C'est entre 2040 et 2050. - C'est pour ça d'ailleurs que le Gouvernement est favorable à un mixte entre le renouvelable et le nucléaire. - On attend avec impatience cette PPE3.

Tout signal de ralentissement sur les énergies renouvelables serait contre les intérêts de la France compte tenu des décarbonations. Aussi, du point de vue de notre souveraineté et notre compétitivité. - Il est évidemment question de souveraineté.

Le vrai débat, c'est la question de l'indépendance vis-à-vis de ceux qui fournissent le pétrole. Ils ne sont pas tous des amis. - Merci à vous d'être venus sur le plateau de LCP Lundi, c'est politique.

On se revoit lundi prochain. D'ici là, bonne soirée.