La démission du gouvernement, les appels au rassemblement pour gouverner... Le "8h30 franceinfo" d'Aurélien Pradié
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Bonjour Aurélien Fradier. Bonjour. Hier soir Emmanuel Macron a finalement accepté la démission du gouvernement. Ça veut dire que pendant peut-être quelques jours, quelques semaines, on va avoir un gouvernement démissionnaire. Combien de temps peut tenir dans cette situation ?
Il faut que les français comprennent, le gouvernement tel qu'il est aujourd'hui n'existe plus pour gérer les grandes affaires du pays, mais il va devoir gérer les affaires courantes. C'est pas nouveau, ça a déjà existé par le passé. Attention néanmoins à ce qu'on ne prenne pas trop de liberté avec y compris nos institutions. Un gouvernement démissionnaire qui gérerait les affaires courantes pendant plusieurs mois, ça me paraît problématique. Et vous voyez, on s'est habitué petit à petit à, au fond, pas mal d'entorses, y compris constitutionnelles.
Moi ça m'interpelle que les membres du gouvernement aient pu participer à une élection interne au sein de l'Assemblée nationale il y a quelques jours.
Alors qu'ils n'étaient pas encore démissionnaires.
Alors que la démission n'avait pas encore été acceptée par le président de la République. Et je ne veux pas faire de polémique sur cela parce qu'au fond, c'est pas le fond de l'affaire. Ce qui compte, c'est que nous ayons demain une perspective nouvelle pour rebâtir ce pays. Mais tout de même, attention à ce qu'on ne passe pas trop de temps à s'arranger avec les réalités.
Pour vous, il faudrait accélérer, justement.
Mais on ne peut pas avoir un gouvernement démissionnaire éternellement.
C'est quoi le délai ?
Écoutez, on a les Jeux Olympiques qui arrivent. Est-ce qu'on peut avoir un gouvernement qui gère les affaires courantes durant les Jeux Olympiques ? Peut-être, j'en sais rien. Mais ce qui est certain, c'est qu'à la rentrée, il faudra que nous soyons passés à une autre ère politique.
Comment entendez-vous les appels au rassemblement, notamment d'Emmanuel Macron, Gabriel Attal qui parle d'un pacte d'action, Laurent Wauquiez qui parle d'un pacte législatif ? Est-ce que finalement, tout ça, ce n'est pas un peu la même chose ?
Peut-être. Mais vous voyez, ce qui m'interpelle beaucoup, c'est que depuis lundi, nous parlons de tout, de tout le monde, mais nous avons complètement oublié de parler de la France et des Français. Et le spectacle qui est donné par la classe politique, à laquelle j'appartiens évidemment, est un spectacle de grand marchandage. Un spectacle de la gauche que je trouve absolument consternant pour eux, mais au-delà pour la classe politique. Et puis cette idée, au fond, qu'on va continuer comme avant. Moi, ma conviction profonde, et elle est absolument sincère, c'est que nous sommes devant un moment politique historique.
Comment on fait la rupture, justement ?
En ayant des réponses que nous n'avons pas eues jusque-là.
C'est-à-dire ?
Je vais m'expliquer sur le moment politique historique. C'est un moment démocratique d'une grande puissance. Les Français ont voté à deux reprises après une dissolution, qui est un acte démocratique là aussi très puissant. On en pense ce qu'on en veut, mais c'est un acte qui est sur la table. Les Français ont eu un mouvement de participation comme nous ne l'avions pas connu depuis très longtemps. Et ils n'ont voulu confier le pouvoir à personne. Ils ont posé devant les responsables politiques une équation a priori insoluble, en disant « nous ne faisons confiance à aucun d'entre vous ». Maintenant, c'est à nous d'imaginer des solutions nouvelles.
Alors, quelles solutions nouvelles ?
Tous les pactes que nous évoquions ne sont pas des solutions nouvelles. Qu'est-ce qu'on va faire ? On va, texte par texte, continuer à bidouiller, continuer à négocier dans les couloirs, comme on a fait depuis deux ans, sur le texte d'immigration, pour ensuite, finalement, se faire avoir ? Aller chercher des coalitions, c'est relativement inédit, en France en tout cas. Oui, mais nous n'en sommes plus là. Ce moment est trop historique. Les Français ont dit aux responsables politiques, désormais, il faut que vous rebâtissiez ce pays.
Et puis, je le dis, nous sommes à un moment, pour notre nation, en matière économique, en matière budgétaire, en matière environnementale, comme dans le monde entier, à un moment de virage. La seule solution que je vois, c'est que nous soyons capables de mettre autour de la table des femmes et des hommes qui paraissent très éloignés les uns des autres aujourd'hui. Pas pour recomposer des partis politiques.
Des politiques et des gens de la société civile, des personnalités indépendantes.
Dès lors que vous vous engagez dans la conduite des affaires du pays, vous devenez un responsable politique. Moi, je ne fais pas de distinction entre la société civile et les responsables politiques. Quand vous entrez dans la gouvernance d'un pays, vous faites de la politique. Et c'est plutôt heureux de le faire.
Mais ce que je veux dire simplement, c'est que, pour moi, la seule solution, c'est qu'une fois qu'on aura assaini les choses, une fois que la gauche républicaine se sera séparée du poison qu'est Jean-Luc Mélenchon, une fois que la droite républicaine aura fait ce qu'elle a fait, c'est-à-dire ne jamais basculer du côté du Rassemblement National, il va falloir, comme à l'après-guerre, que des femmes et des hommes différents se mettent autour de la table et pendant quelques années rebâtissent le pays. Ça ne veut pas dire qu'on devienne les mêmes, mais ça veut dire qu'il faut désormais un gouvernement qui soit capable de rebâtir ce pays avec nos différends.
L'après-guerre, ça veut dire, comme le Conseil National de la Résistance, par exemple ? Oui, c'est un exemple historique que j'ai en tête. Alors évidemment... C'est pas un peu grandiloquent ? Est-ce que ce parallèle historique...
C'est pas très nouveau, on en parle tout le temps.
On en parle tout le temps, mais on ne l'a jamais refait depuis l'après-guerre. Et oui, vous avez raison, c'est grandiloquent. C'est vrai. Et moi-même, lorsque, depuis quelques jours, je me suis posé cette question, je me suis résolu au fait que le moment était trop important pour qu'on ait des petites réponses. J'ai plus envie de voir petit pour mon pays. Et je sais que je vais passer pour un énergumène, peut-être, pour un surambitieux, peut-être. Mais vous voyez bien que tout ce qu'on a essayé ne marche plus. Et que la seule solution, c'est de voir grand pour ce pays. Il y a des âmes gaullistes, autant à droite qu'à gauche.
Il faut que nous soyons capables de dire aux Français, voilà ce que nous allons faire en matière d'environnement, en matière d'éducation, de souveraineté énergétique, de flux migratoires. Que nous rebâtissions ce pays avec des personnalités qui, peut-être, a priori, sont différentes, mais qui ont quelque chose à faire en ça.
Mais dans quel cadre ? Parce que j'en reviens quand même aux propositions dont on a parlé juste avant. Le pacte d'action de Gabriel Attal, le pacte législatif de Wauquiez, votre pacte, quelle que soit la manière dont vous l'appelez. Est-ce qu'au fond, ce n'est pas tout ça finalement la même chose ? C'est que tout le monde dit, il faut qu'on arrive à se parler, il faut qu'on arrive à travailler ensemble. Et qu'au final, on ne sait pas vraiment dans quelle instance le faire.
Il y a quelques conditions qu'il faut tout de même avoir sur la table. La première, c'est que le président de la République acte le fait que désormais, il ne peut plus exercer seul le pouvoir. Moi, j'ai besoin de l'entendre dire que nous allons entrer dans une cohabitation. Moi, je ne vous parle pas de coalition, je vous parle de cohabitation. Avec qui ? Ce que les Français ont dit, clairement, c'est que le président de la République n'avait plus la majorité.
Mais on voit qu'on n'a pas la majorité, justement, qu'aucun bloc n'a la majorité. Avec qui, cette cohabitation ?
C'est précisément ce que je vous disais. Pour moi, la deuxième condition, au-delà du fait que le président de la République acte qu'il est en cohabitation, c'est que la gauche républicaine se sépare des griffes de Jean-Luc Mélenchon. Moi, je vous le dis comme je le pense, il y a à droite et à gauche des femmes et des hommes avec qui je pense que je peux parler d'immigration, que je peux parler de laïcité, que je peux parler de réindustrialisation du pays. Et c'est la condition de ce qui fera que l'on passera des petits arrangements, tous les pactes dont vous parlez, à la reconstruction nationale. Oui, vous avez raison, c'est grandiloquent.
Mais enfin, quand même, vous n'avez pas tous, au fond, un peu envie, au fond de vous-même, comme moi, qu'on passe à quelque chose d'un peu plus grand pour ce pays ? Et quitte à passer pour un demi-illuminé de temps en temps, je pense que dans cette époque-là, on a besoin d'aventuriers beaucoup plus que d'eurentiers.
On reprend avec vous Aurélien Pradié, vous êtes député du Lot, mais député sans étiquette. Alors vous allez siéger dans quel groupe parlementaire ?
J'ai fait un choix il y a déjà plusieurs semaines qui est un choix de liberté. Ce n'est pas très confortable, c'est un peu difficile et je ne suis pas certain d'avoir raison. J'ai aussi mes propres doutes. Je pense que nous sommes à un moment où ce dont nous avons besoin à l'Assemblée nationale, c'est de parole libre. Au moment où Éric Ciotti a embarqué ma famille politique dans une aventure qui d'ailleurs a été un désastre, j'ai repris cette liberté.
Et vous ne voulez pas aller du côté de Laurent Wauquiez par exemple ?
J'ai toujours mes amis chez les Républicains et ils resteront mes amis. Mais je sais deux choses. D'abord, ma voix, elle peut compter si elle reste libre. Il va falloir que j'aille au bout de cette démarche. J'ai un désaccord avec Laurent Wauquiez qui reste pour moi un de nos meilleurs talents de notre famille politique. C'est que moi, je ne veux pas rester à observer l'effondrement de mon pays. Je ne peux pas me résoudre à ça. Il est trop dans les discours, pas assez dans l'action ? Ce n'est pas une critique personnelle, ce n'est pas le sujet. Simplement, nous sommes à une croisée de chemin. Il faut que chacun prenne ses responsabilités, y compris moi.
Je ne vais pas rester en permanence à hésiter. Et cette idée selon laquelle on puisse voir le pays s'effondrer et que peut-être après on en récupérer les miettes, mon âme de patriote est plus forte que mes réflexes tactiques. Donc je ne peux pas me résoudre à ça.
Et il n'y a aucun autre groupe où vous vous sentiriez à l'aise, en accord avec vos convictions ?
Tout ça, ce serait du bricolage. Et je ne veux pas bricoler. Alors quitte à paraître intransigeant, je pense qu'aujourd'hui, il faut avoir le courage de ses convictions. Nous allons voir, d'ici demain, il y a des choses qui peuvent bouger. Si je dois être député non inscrit, ce n'est pas grave, je serai député non inscrit. Et vous savez, dans ce moment-là, peut-être même que c'est de là que des clés peuvent se faire. Qu'il faut des femmes et des hommes qui créent des ponts, qui soient capables de porter la parole que je porte un peu librement. Ce risque-là, je suis prêt à l'assumer. Et d'ailleurs, je ne serai pas le seul à le faire, puisque nous sommes nombreux à se poser la même question.
Mais je veux ajouter un point. Ayez bien en tête que tout ce qui se passe aujourd'hui est absolument précaire. Que ça ne durera pas comme ça. Et qu'y compris à l'Assemblée nationale, on fonctionne encore sur des vieux réflexes. Qui n'est pas très rassurant pour les Français.
On a déjà perdu les repères et vous nous dites, finalement, on ne sait pas trop comment tout ça va se recomposer.
Ça peut être rassurant parce que les Français ne se satisfont pas de ce qui se passe aujourd'hui. Et moi-même, comme député, si je ne trouve pas exactement ma place, si je ne trouve pas le groupe gaulliste auquel je crois profondément, c'est qu'il y a besoin de le reconstruire. Et je vais prendre le temps pour ça. Et ce chemin sera sûrement difficile, sûrement inconfortable. Mais c'est mon boulot et c'est ma mission. Et donc, j'ai l'intention de le faire. Quand j'ai été élu dans le Lot, j'ai été élu sans le désistement de personne. C'est une de mes forces. J'ai bien l'intention de la mettre à profit. Et de faire en sorte que demain, je puisse reparler avec tout le monde.
Que nous puissions nous parler et créer ce qui n'existe pas encore aujourd'hui. Les Français, ils ont envie de cela.
Parce que notre pays a besoin de solutions nouvelles. Reparler avec tout le monde, trouver des solutions, vous mettez en avant votre liberté. Mais on a l'impression qu'il y a des étapes. Par exemple, j'ai l'impression qu'une des étapes, c'est qu'Emmanuel Macron reconnaisse d'une certaine manière qu'il n'a plus la main. Ça, c'est peut-être l'étape numéro un pour vous ? C'est l'étape première, évidemment.
L'acte démocratique, vous vous rendez compte à quel point aujourd'hui, nous faisons tout pour contourner le vote des électeurs. C'est quand même absolument fou. Emmanuel Macron a fait une dissolution. Les Français ont voté à deux reprises.
Créer une coalition, c'est contourner les électeurs ?
Une cohabitation.
Vous vous appelez une cohabitation, mais...
Mais parce que c'est ce que les Français ont dit, enfin. Est-ce que les Français ont donné une majorité absolue à Emmanuel Macron ? La réponse est non. Est-ce qu'ils ont donné une majorité absolue au nouveau Front populaire ou au Rassemblement national ? La réponse est non.
Est-ce que vous pourriez participer à un gouvernement de cohabitation, si c'est le mot que vous souhaitez mettre dessus, qui rassemblerait des forces politiques qui iraient d'une partie de la droite gaulliste à une partie de la gauche jusqu'au communiste, peut-être ? C'est la proposition que j'ai mise sur la table. Mais la deuxième condition, c'est que...
Vous pourriez participer à ce type de gouvernement, par exemple ? C'est exactement la proposition que j'ai mise sur la table. Mais pas seule. La question, c'est pas moi. La question, c'est que chacun doit être l'assurance-vie de l'autre. Politique, je veux dire. Qu'est-ce qui faisait qu'à l'après-guerre, les gouvernements de reconstruction, le gouvernement de reconstruction avaient de la force ? C'est qu'il y avait autour de la table des femmes et des hommes différents qui ensuite sont repartis à la bataille électorale chacun de leur côté, mais qui pendant un temps défini s'étaient organisés pour rebâtir le pays. Et peut-être se respecter un peu plus ? Oui, se respecter beaucoup plus.
Et vous croyez que la classe politique aujourd'hui, quand on voit depuis l'élection, vous croyez que la classe politique aujourd'hui est prête à faire ce pas-là, à se respecter, à travailler tous ensemble ? Et qui, comme Premier ministre de ce gouvernement de cohabitation ? Xavier Bertrand ?
Si la classe politique n'est pas capable de ça, ça ne réussira pas. Et moi, je vais vous dire une chose telle que je la pense. « Tout ce qui sera bricolé, en dehors de cette grande cohabitation, ne tiendra pas. » Parce qu'aujourd'hui, vous ne pouvez pas, devant l'Assemblée nationale et devant les Français, rebâtir quelque chose de solide si vous n'avez pas toutes les pièces du puzzle.
C'est absolument fondamental. Alors, sur quel sujet, par exemple ? Typiquement, ce matin, sur France Info, Cyril Châtenin, qui est actuellement présidente du groupe écologiste à l'Assemblée, disait « Il y a des sujets sur lesquels on pourrait avancer, trouver des consensus sur la proportionnelle, sur une taxe dividende, sur les questions d'éducation. » Est-ce que, typiquement, sur ce type de sujet, vous pensez que, vous, vous pourriez participer à une cohabitation, ou en tout cas à un groupe ?
D'abord, il faut que la gauche dont vous parlez règle un petit problème. Ce petit problème qui est l'éléphant dans la maison s'appelle Jean-Luc Mélenchon. Moi, je ne discute pas. Mais d'ailleurs, les Français ne veulent pas non plus discuter avec des femmes et des hommes qui auraient compromis leurs convictions profondes pour des raisons électorales.
Donc la gauche, hors insoumis.
Mais c'est fondamental, et ça n'est pas encore fait. C'est la condition, seconde condition. Ensuite, il y a les sujets. Est-ce que nous sommes capables, demain, de reparler de la reconstruction de l'école ? Notamment de la laïcité à l'école. Je ne suis pas sûr de pouvoir le faire avec Mme Châtelain. Et ce qui est sûr, c'est qu'il va falloir que celles et ceux, peut-être à gauche, qui croient profondément à la laïcité, comme ce fut le cas quand on a fondé la grande loi sur la laïcité dans ce pays, que ceux qui avaient une âme de droite et une âme de gauche se mettent d'accord sur ce point-là.
Notre école, notre industrie, la réindustrialisation du pays, la souveraineté économique, est-ce que nous sommes capables de le faire ? La souveraineté énergétique. Sur la question du nucléaire, j'ai eu des points d'accord avec certains communistes. Oui, souvent. Et je n'ai pas de problème à le dire. Parce qu'à l'après-guerre, on a reconstruit notre souveraineté énergétique entre des gaullistes de droite et des gaullistes de gauche. Sur la question fondamentale de l'écologie, est-ce que nous sommes capables d'avoir une vision commune ?
Donc il faudrait lister une dizaine de points sur lesquels on se met d'accord ?
Il faut cinq grands chantiers. Et peut-être d'autres. Et peut-être d'autres. Sur la question de la santé, vous voyez bien aujourd'hui que la solidarité entre les plus jeunes et les plus âgés, tout le champ de la santé dans ce pays a besoin d'être rebâti. En fait, ce que je suis en train de vous dire, c'est qu'il nous faut rebâtir un pacte national. Et qu'au terme de cette reconstruction-là, chacun reprendra ses habitudes électorales. Mais il faut que durant un temps donné, nous soyons capables de réunir des bâtisseurs. Si nous ne prenons pas cette option-là qui est la plus difficile, vous avez raison, je n'en prône pas le chemin le plus facile, alors ça ne fonctionnera pas.
Et si ça ne fonctionne pas, ce sera le désespoir pour le pays.
Et l'ERN se situe où ? Parce qu'on voit 10 millions d'électeurs dans votre pacte national. Où on situe l'ERN ? Il est exclu ?
Il y a deux sujets qu'il faut distinguer. D'abord, il y a le sujet que l'on va avoir jeudi à l'Assemblée nationale sur la répartition des postes de gouvernance de l'Assemblée nationale. Et je le dis très clairement, il n'est pas possible d'exclure le Rassemblement national de la répartition des postes.
Vous n'êtes pas pour un cordon sanitaire vis-à-vis du ERN ? Mais parce que ça ne tient pas.
Les Français ont envoyé des députés à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas moi qui les ai choisis. Comment est-ce que nous pourrions dire à 10 millions de Français, non, non, désolé, ça ne nous intéresse pas ? Donc l'Assemblée nationale demain doit être pilotée en représentation des différents groupes politiques. Mais c'est juste un respect de la démocratie. Ce n'est pas mon choix électoral, mais c'est le respect fondamental du vote des électeurs. Si on passe notre temps à le contourner, nous n'y arriverons pas.
Un dernier mot, en fait deux derniers mots. Il y a aussi ce qui se joue demain, c'est la présidence de l'Assemblée nationale. Est-ce que vous savez déjà pour qui vous pourriez éventuellement voter ? Non, je ne le sais pas à ce stade. La question se posera demain.
D'abord, je veux savoir qui sont les candidats. Et vous savez, il peut y avoir beaucoup de surprises. J'alerte juste sur une chose. Je ne voudrais pas que ce succède au grand marchandage de la gauche, le grand marchandage à l'Assemblée nationale. On a un pays à reconstruire. Et c'est beaucoup plus important que la répartition des postes à l'Assemblée.
Et cette deuxième question de reconstruction, justement, de ce pacte national dont vous parlez, est-ce que les discussions, elles ont déjà commencé ? Est-ce que vous-même, à travers vos connexions et vos échanges à l'Assemblée, vous avez déjà commencé à appeler les uns et les autres dans les différents groupes parlementaires en disant « Travaillons ensemble » ? Ou est-ce que pour l'instant, vous êtes, vous seul, Aurélien Pradié ? Est-ce que c'est déjà arrivé par le passé ? Oui.
Prenez l'exemple de la réforme des retraites. À l'époque, je menais une bataille sur les carrières longues pour faire en sorte que ceux qui avaient commencé à travailler tôt puissent finir tôt. Ce n'était pas un détail.
Ça a été très conflictuel, quand même.
Ça n'a pas été si conflictuel que ça, puisque, à l'époque, dans cette démarche-là, j'avais été soutenu par à peu près tous les bancs politiques, y compris une partie de l'ex-majorité. Et puis, j'observe que, d'ailleurs, ceux qui, à l'époque, s'y étaient opposés, notamment Eric Ciotti, il y a quelques semaines, ont dit qu'il fallait avancer sur ce sujet. Oui, ça nous est arrivé. Mais la question, ce n'est pas le bidouillage. Non, ce n'est pas du bidouillage.
Mais là, très concrètement, la proposition que vous mettez sur la table, est-ce que vous avez déjà commencé à en discuter ?
Oui, je le fais depuis 48 heures. Je le fais depuis des semaines, et je vais même être tout à fait honnête. Cette idée-là, elle me trotte dans la tête déjà depuis un petit bout de temps. Et je pense que le moment est suffisamment grand pour que nous ayons une réponse qui soit aussi à la hauteur. Et je le redis, dans ce moment-là, il faut que la politique redevienne un idéal, qu'elle soit capable de dépasser des choses qui paraissent indépassables. Et c'est la mission que je vais avoir, pas seule, avec d'autres, dans les semaines, les mois et peut-être les années qui viennent.
Et on suivra ça, évidemment, sur France Info. Merci beaucoup Aurélien Pradié, député du LOT. Merci d'avoir été l'invité du 830 France Info.
Aurélien Pradié