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interviewBFMTV· 16 juin 2024 46 min

L'interview en intégralité de Manuel Bompard dans BFM Politique

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

BFM TV, BFM Politique, Benjamin Duhamel. Bonjour, bonjour à tous. Vous regardez BFM Politique, votre grand intavou politique du dimanche. Nous recevons aujourd'hui le coordinateur de la France Insoumise, Manuel Bompard. Bonjour, Manuel Bompard. Bonjour. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce dimanche, une semaine après la dissolution de l'Assemblée nationale. Nous parlerons dans un instant de la décision d'Adrien Catenins de se retirer de ses élections législatives, mais aussi de votre décision, Manuel Bompard, de retirer leur investiture à certains députés. Députés, vous êtes coordinateur. C'est donc vous qui avez décidé tout cela. Pas moi directement, mais je t'en parlerai.

Notamment, et on vous posera la question avec moi pour vous interroger aujourd'hui, Amandine Natalaya. Bonjour. Merci d'être avec nous. Et Bruno Jeudy, éditorialiste BFM TV et directeur de la rédaction de la Tribune dimanche. Bonjour. Bruno, je signale à ceux qui nous regardent chez eux que vous pouvez interroger, interpeller directement Manuel Bompard. Il suffit pour cela de flasher le QR code qui apparaît comme par magie à la droite de l'écran. Manuel Bompard, je voudrais donc qu'on commence par l'information de la matinée. C'est la décision d'Adrien Quatennens de se retirer, de ne pas se présenter aux élections législatives dans le Nord.

Jean-Luc Mélenchon disait hier dans les colonnes de 20 minutes refuser pour lui, je cite, une peine d'inéligibilité. Qu'est-ce qui s'est passé entre-temps ?

1:11
Manuel Bompard

Non, mais comme Jean-Luc Mélenchon, je considère que quand on a fait une erreur, et c'est clairement le cas d'Adrien Quatennens, on a le droit dans notre société de manière générale à la réparation de son erreur et à la réinsertion. Maintenant, Adrien Quatennens a pris une décision ce matin, en accord avec la direction de la France Assoumise, qui est de renoncer à sa candidature aux élections législatives. Je crois qu'il le fait avec un sens des responsabilités.

Il considère que dans une période qui est une période extrêmement lourde, extrêmement sensible pour le pays, avec la menace de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite, je crois qu'il a considéré que rien ne devait en quelque sorte venir parasiter la campagne du nouveau Front populaire.

1:54
Présentateur

C'est une initiative personnelle de sa part ou vous avez essayé de le convaincre, de renoncer à se présenter ?

2:01
Manuel Bompard

Soyons honnêtes, c'est sa décision, et il nous en a informé bien évidemment en amont, mais c'est sa décision. Et personnellement, je salue son sens des responsabilités. Et je le remercie d'avoir considéré que la dynamique du nouveau Front populaire devait en quelque sorte passer au-dessus de sa situation personnelle. et je crois qu'il y a peu de gens qui sont capables de prendre de telles décisions dans de telles moments.

2:28
Présentateur

Juste avant de donner la parole à Bruno, pour que ceux qui nous regardent comprennent bien, pendant plusieurs mois, vous avez insisté sur la légitimité qu'avait Adrien Quatennens après avoir effectivement payé pour la faute qu'il avait commise, de revenir au sein du groupe de la France Insoumise, sa légitimité à exercer son mandat de député. Là, vous auriez pu aussi continuer à dire, il va vouloir être relégitimé par les électeurs ?

2:51
Manuel Bompard

Bien sûr, mais c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, initialement, nous avions envisagé son investiture.

2:57
Présentateur

Mais qu'est-ce qui a fait que vous avez changé d'avis ?

2:58
Manuel Bompard

C'est sa décision, M. Duhamel, il faut lui poser... Donc vous n'avez pas poussé ? À lui. Non, je vous l'ai déjà dit, je peux le redire si vous voulez plusieurs fois, c'est lui qui a pris cette décision en responsabilité, je la salue.

3:07
Invité

Mais Manuel Bompard, vos alliés, socialistes, communistes, écologistes, étaient unanimement contre cette réinvestiture d'Adrien Katnens. Vous avez cédé face à eux d'une certaine manière.

3:19
Manuel Bompard

Mais écoutez, nous avons discuté toute cette semaine d'un accord qui est un accord historique, qui s'est fait dans un délai qui était un délai extrêmement court. Et je veux dire d'abord, parce qu'on va parler des différents cas, etc., que le président de la République a perdu son pari. Le pari du président de la République, c'était qu'en dissolvant l'Assemblée nationale dimanche dernier... La gauche n'allait pas s'unir. ...dans des délais extrêmement courts, nous ne serions pas en mesure de nous allier.

Or, nous avons réussi, et je pense que c'est quand même l'information importante de cette semaine, nous avons réussi à nous mettre d'accord sur un programme commun et sur des candidatures dont toutes les circonscriptions... Je vais répondre à la question de Bruno Jeudy, si vous me laissez aller au bout de ma réponse. Dans cet accord sur les différentes circonscriptions, il est normal, comme dans tout accord électoral, que chacune des composantes qui participent de ce nouveau Front populaire choisissent librement ses candidats.

Et donc, le choix des candidats présentés par la France insoumise sous la bannière du nouveau Front populaire appartient à la France insoumise, de la même manière que le choix des candidats écologistes présentés sous la bannière du nouveau Front populaire appartient aux écologistes.

4:30
Présentateur

Les socialistes, les communistes, les écologistes n'étaient pas favorables à ce qu'Adrien 14 et cette investiture, à la fin, comme il se retire, vous avez cédé ?

4:37
Manuel Bompard

Mais je n'ai cédé à rien. Je vous ai dit, si vous voulez, je peux vous le redire une troisième fois parce que je crois, sur la faveur de ma part, que je vous l'ai déjà dit deux fois. Si je repose la question, c'est que la réponse peut-être n'était pas tout à fait correcte. Je crois qu'elle était très claire, c'est sa décision. Et je la salue et je la respecte.

4:52
Invité

Néanmoins, est-ce que vous n'êtes pas moins fort qu'avant en termes de poids par rapport aux autres au sein de la France insoumise ? On vous voit mal collectivement avoir cédé face aux pressions il y a de ça encore quelques mois.

5:03
Manuel Bompard

Mais enfin, vous pouvez répéter dix fois, vous avez cédé face aux pressions, vous avez cédé face aux pressions, etc. Et moi, je vous répéterai dix fois, si vous voulez, c'est sa décision et sa responsabilité.

5:11
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon a érigé comme règle en politique de ne jamais s'excuser, de ne jamais reculer, de ne jamais concéder le moindre centimètre. Comprenez qu'on pose la question quand on voit celui qui était soutenu à ce point par Jean-Luc Mélenchon et par vous, sur ses plateaux d'ailleurs, depuis maintenant près de deux ans, que là, on ne se satisfasse pas seulement de la réponse consistant à dire c'est sa décision et c'est comme ça.

5:32
Manuel Bompard

Je crois que vous posiez la question, mais moi, c'est ma réponse. Maintenant, si vous voulez m'interroger sur le rapport de force au sein de cette nouvelle coalition. Je crois que ce qui est très important, et ce qui a été réalisé cette semaine, c'est que le rassemblement des différentes formations politiques de gauche se fasse autour d'un programme qui est un programme de rupture. Et nous, c'était en quelque sorte notre ligne rouge dans cette discussion.

Pas pour nous faire plaisir, mais tout simplement parce qu'on considère que face aux difficultés que rencontre le pays aujourd'hui, face à la menace de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite, si vous voulez être en mesure de gagner, vous devez proposer une alternative qui soit une alternative sérieuse, crédible, mais en rupture avec les politiques qui ont été mises en place ces dernières années.

6:14
Présentateur

Et on va parler dans un instant de votre programme. Une toute dernière question sur Adrien Quatennens. C'est la fin de sa vie politique ?

6:18
Manuel Bompard

Je ne le crois pas et je ne le souhaite pas, précisément pour la raison que je vous ai indiquée au début de ma réponse, c'est-à-dire que, bien sûr, il a commis une erreur, il a eu une sanction judiciaire, il a eu une sanction politique, puisque nous l'avions exclu pendant quatre mois de notre groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. Mais je crois, et nous avons besoin, il me semble, d'évoluer collectivement sur ce sujet. Mais qu'est-ce qu'il va faire concrètement à la France Insoumise désormais ? Je crois que quand on a fait une erreur, dans la vie comme dans le monde politique, on doit avoir le droit aussi de réparer son erreur.

6:49
Invité

Mais qu'est-ce qu'il va faire concrètement à la France Insoumise désormais ?

6:51
Manuel Bompard

On va voir. On va voir et puis lui-même, j'imagine, doit être dans une réflexion sur ce sujet. Mais je veux saluer quand même la hauteur de sa décision ce matin.

7:02
Présentateur

Question de Bruno Jeudy sur les décisions d'investiture que l'on a apprises vendredi soir.

7:06
Invité

Oui, Jean-Luc Mélenchon dans 20 minutes dit qu'il n'y a pas d'investiture à vie. Alors évidemment, il vise là, sans les nommer, les cas de Rachel Garrido, Alexis Corbière, Daniel Simonnet, deux ou trois autres qui n'ont pas été réinvestis, alors qu'ils sont députés sortants, dans leur circonscription par la France Insoumise, dont ils sont membres. Ça veut dire que c'est Jean-Luc Mélenchon qui vous a ordonné de ne pas les réinvestir ?

7:33
Manuel Bompard

Non, Jean-Luc Mélenchon ne m'a rien ordonné du tout. D'abord, je veux dire, et c'est pour ça que je vous reprenais dans votre question initialement, qu'à la France Insoumise, les investitures sont accordées par un comité électoral, composé de 15 personnes, et qui travaillent en lien avec les groupes locaux de la France Insoumise. C'est par exemple ce comité électoral qui avait construit notre liste pour les dernières élections européennes. Et puis cette liste avait été ensuite soumise au vote de l'ensemble des Insoumis. Elle avait été ratifiée à 92% de l'ensemble des Insoumis. Là, il y a eu un vote sur le fait qu'Alexis Corbert et Raquel Garrido souhaitaient carter ?

Non, mais pour une raison très simple, je ne veux pas... Vous n'aimez pas trop les votes dans votre partie. Non, mais je viens de vous dire que notre comité électoral aux élections européennes a proposé une liste, qu'elle a été soumise au vote et qu'elle a été adoptée par 92% des Insoumises et des Insoumis. Maintenant, personne n'ignore les conditions dans lesquelles se sont construits cette semaine l'accord électoral que nous avons constitué, et ensuite le délai que nous avions pour choisir de nos investitures, c'est-à-dire entre jeudi soir, moment du bouclage de l'accord du nouveau Front populaire, et vendredi soir qui était le moment limite pour pouvoir imprimer notre matériel électoral.

8:42
Présentateur

Je vais vous répondre à cette question. Le fait de vouloir écarter les députés que vient de citer Bruno, Alexis Corbert, Raquel Garrido, Daniel Simonnet notamment, dont on sait, et c'est une autorité publique, qu'ils avaient émis des critiques sur Jean-Luc Mélenchon, sur la façon dont fonctionnait la France Insoumise.

8:56
Manuel Bompard

Il y a deux éléments qui sont importants, et d'abord je veux vous dire que le terme que vous utilisez, là je vois que vous l'avez retiré du bandeau, mais qui était sur le bandeau pendant tout le début de l'émission, vous parlez de purge, je vais vous dire que ce terme n'est pas respectueux de mon point de vue.

9:10
Présentateur

Alors qui est utilisé, Emmanuel Bompard, par vos alliés et par des membres même de la France Insoumise ?

9:15
Manuel Bompard

Je veux dire que ce terme me paraît tout simplement pas respectueux, y compris des personnes dont l'investiture n'a pas été reconduite.

9:23
Invité

Il s'agit de quoi alors, Emmanuel Bompard ?

9:25
Manuel Bompard

Je vais répondre à cette question. Maintenant vous me dites pour quelle raison ce comité électoral, c'est lui qui prend cette décision, mais oui, vous m'avez posé la question, je l'approuve, je le soutiens pleinement dans son travail, que les choses soient claires, je ne fuis pas mes responsabilités. Ce comité électoral, il a considéré que si on voulait effectivement faire un nouveau Front populaire, il fallait être en mesure de présenter des candidats qui ne soient pas seulement des membres de nos différentes organisations politiques.

et je m'honore de savoir que dans le cadre du nouveau Front populaire, la France Insoumise va présenter des candidats qui sont porteurs d'un certain nombre d'engagements dans la société et qui ne sont pas issus de nos rangs. Que la France Insoumise va présenter une candidate comme Céline Verzeletti qui est une haute dirigeante. Je vais répondre à votre question jusqu'au bout, laissez-moi terminer. Une haute dirigeante syndicale. Parce que là, pardon, Emmanuel Bompard,

10:13
Présentateur

vous expliquez que vous écartez ces membres-là de la France Insoumise pour mettre en avant des profils différents. Je pense que là, ceux qui nous regardent doivent éclater de rire devant leur télévision.

10:21
Manuel Bompard

Pas seulement parce que vous ne me laissez pas aller juste au bout, M. Duhamel. Parce que je vais répondre en entier à votre question. Mais oui, j'assume de dire, et je suis fier de savoir que la France Insoumise présente dans ses candidats des profils de ce type. Et donc, comme par hasard, ce sont des députés qui... Et ensuite, M. Duhamel, je ne vais pas fuir ma responsabilité. J'espère. Et ensuite, M.

Duhamel, j'assume de dire que dans un moment aussi crucial de notre vie politique, avec la possibilité, soit que demain nous soyons au pouvoir, soit que demain nous soyons un groupe d'opposition à une majorité issue du Rassemblement National, j'assume que nous avons un devoir de cohérence et de loyauté. Et je pense que toutes les personnes qui nous écoutent peuvent comprendre qu'aucun responsable d'organisation politique n'attribuerait la meilleure circonscription du pays à une personne qui a déjà dit publiquement dans la presse qu'il s'apprêtait à siéger dans un autre groupe politique que celui de la France Insoumise, Alexis Corbière.

Alexis Corbière a dit publiquement qu'il ne souhaitait plus siéger dans un groupe de la France Insoumise. Vous pouvez consulter des articles qui ont été publiés pendant la campagne des élections européennes, puis des articles qui ont encore été publiés cette semaine. Franchement, M. Duhamel, je ne suis pas ici

11:28
Présentateur

ni l'avocat ni le porte-parole d'Alexis Corbière, je n'ai pas le souvenir d'avoir entendu de vive voix, comme on dit, Alexis Corbière, affirmer qu'il souhaitait s'éliminer ailleurs. Bien évidemment qu'il n'a pas fait une déclaration officielle.

11:38
Invité

Donc la critique est impossible à l'intérieur de votre parti. Vous liquidez vos opposants à l'intérieur.

11:43
Manuel Bompard

Je ne suis pas en train de vous dire que la critique est impossible. La critique... Non, monsieur, je dis...

11:47
Invité

Madame Garrido, effectivement, a émis des critiques sur la ligne de votre parti, mais elle a l'air de droit de...

11:52
Manuel Bompard

Est-ce que je vous ai répondu en évoquant les critiques des uns et des autres ? Ce n'est pas le sujet. Qu'on puisse se critiquer, qu'on puisse débattre, qu'on puisse avoir parfois des positions différentes dans un cadre collectif, c'est une évidence. Mais par contre, il me semble évident que n'importe quel responsable d'organisation politique ne va pas attribuer des circonscriptions à des candidats qui ont comme projet, au lendemain de ces élections,

12:15
Présentateur

de partir dans un autre groupe politique. Mais vous vous fondez sur quoi, Ménuel Bépar ? Je me fondais derrière. Je me fondais sur... On voit Daniel Simonnet, par exemple. Daniel Simonnet avait aussi le projet de quitter le groupe de la France Insouche.

12:23
Manuel Bompard

Je le crois, oui. Mais vous vous fondez sur quoi ? Eh bien, sur un certain nombre de papiers qui ont été publiés, encore hier matin, qui racontent comment... Non, mais ils sont où ces papiers ? Non, mais attendez, Ménuel Bépar, franchement, le nom de fois... L'idée d'un papier de l'Express hier qui raconte, par exemple, l'épisode de la négociation de cette semaine et qui dit les choses de manière extrêmement précise.

12:40
Présentateur

Donc vous vous fondez, Ménuel Bépar, sur un papier de l'Express avec des confidences, entre guillemets, et des propos non tenus sur des plateaux de télévision pour dire qu'on décarte ces personnes.

12:49
Manuel Bompard

Mais pas seulement. Je vous ai donné un certain nombre d'arguments. Je me fonde sur la nécessité de donner et d'ouvrir nos listes à des candidats issus de la société civile. Et pourquoi eux, alors, et pas d'autres ? Parce que tout va en même temps. Mais votre comité électoral, je ne comprends pas, Ménuel Bépar, votre comité électoral qui ressemble... Franchement, j'assume ma responsabilité, donc laissez-moi terminer jusqu'au bout. Je me fonde sur la nécessité d'ouvrir nos listes à d'autres candidats. Je me fonde sur un devoir de loyauté et de cohérence. Je me fonde sur les retours des groupes d'action de la France Insoumise sur ces circonscriptions. C'est-à-dire ?

C'est qu'ils ne sont pas soutenus localement ? Pas partout. Pas partout le monde. Pas chacun d'entre eux. Il y a différents cas parmi les différentes... Mais ce que je ne comprends pas dans votre fonctionnement interne,

13:30
Invité

c'est que votre comité local qui ressemble à une espèce de comité robespierreiste ne reçoit pas les députés, les 10 députés pour les entendre pour savoir exactement ce qu'ils disent.

13:40
Manuel Bompard

On n'a pas l'impression. Mais attendez, M. Jeudy, pourquoi vous caricaturez les choses ? Ils disent qu'ils ont appelé

13:46
Invité

la décision par mail à 23h.

13:47
Manuel Bompard

Ils ont été informés avant que la décision ait été publiée. Mais M. Jeudy, dans toutes les organisations politiques, il y a des commissions d'investiture. Dans toutes les organisations politiques, je trouve quand même cette discussion... Il n'y a pas beaucoup de partis là qui n'est pas réinvesti, qui n'est pas réinvesti, il est sortant. Pas beaucoup. Et Gilles Le Gendre, ancien chef du groupe macroniste à l'Assemblée nationale, est-ce qu'il bénéficie de l'investiture de La République En Marche ? Je dis qu'il n'y en a pas beaucoup. Je n'ai pas dit qu'il n'y en avait aucun. Donc il y en a d'autres. Je n'ai pas dit qu'il n'y en avait aucun.

14:13
Invité

Il n'y en a pas beaucoup.

14:14
Manuel Bompard

Mais est-ce que vous leur faites un procès en purge ? Mais là, c'est quand même les compagnons de la première heure. Mais ce n'est pas le sujet, monsieur. Il n'y a pas d'investiture à vie à la France.

14:22
Présentateur

Non, mais attendez, Emmanuel Bopard. Juste, moi, j'ai entendu et je vous ai entendu pendant tout ce début de campagne législative expliquer qu'il fallait, je cite, jeter les recours à la rivière et qu'il fallait notamment dépasser des différences qui étaient apparues au grand jour. Donc c'est valable pour tous vos alliés de gauche avec lesquels vous avez échangé des noms d'oiseaux pendant cette campagne des européennes. Mais par contre, vous décidez le vendredi soir de dire à Alexis Corbière, à Raquel Garrido, qui, sauf erreur de ma part, sont des compagnons de route de Jean-Luc Mélenchon depuis plusieurs années, depuis le début de la France insoumise, vous leur dites, hop, c'est terminé.

Monsieur Duhamel, il y a... Sans même les appeler. Monsieur Duhamel, ce n'est pas vrai. Oui, vous leur avez posé la question.

15:02
Manuel Bompard

Moi, ce que je vous dis, c'est qu'il y a eu une réunion de groupe parlementaire de la France insoumise mardi cette semaine dans lequel l'idée que chacun des députés sortants n'était pas automatiquement investi comme candidat pour cette alliance a été indiqué. Et comme par hasard, c'est ceux qui émettent des critiques. Mais pas comme par hasard. Jean-Luc Mélenchon, c'est quand même étonnant. Pas comme par hasard. Je vous ai dit pourquoi et je l'assume. Donc sur la base, c'est un papier de l'express. Mais non, mais pas de... Ecoutez, ça fait deux ans que j'ai de pratiques parlementaires à leur côté. Je ne suis pas le seul. Je ne décide pas, moi.

Notre groupe, notre comité électoral a consulté, a écouté d'autres figures, d'autres personnalités. Et je revendique de dire que dans un moment où tout le monde sait que si nous sommes au pouvoir dans quelques semaines, il va y avoir une pression énorme sur nos épaules. Je pense que tout le monde peut comprendre... La date de limite du dépôt des candidatures, c'est 18h. Je pense qu'on a une certaine forme de cohérence et de loyauté à respecter entre nous.

15:55
Invité

Bruno, vous demandez si c'est irrévocable. La date limite de dépôt des candidatures, c'est 18h. Est-ce que c'est irrévocable ? Est-ce que vous ne trouverez pas pas la vie ?

16:01
Manuel Bompard

Moi, je leur demande tout simplement de retirer, puisque manifestement, ils ont l'intention de présenter des candidatures dissidentes. Je leur demande de les retirer, puisqu'il y a des candidats qui sont investis officiellement par la France Assoumise. Ah, qui retirent leur candidature. Bien évidemment. Il y a des candidats qui sont investis par la France Assoumise et ce seront les candidats du nouveau Front populaire.

16:21
Présentateur

Juste avant une question d'Amandie Natalaya, vous parlez au fond du critère de loyauté et de cohérence. On est d'accord ? Oui. Je vous ai parlé de ce critère et je vous ai donné aussi d'autres éléments. Si on prend ce critère-là, moi, j'ai pas mal entendu ces derniers mois Clémentine Autain et François Huitain émettre des critiques contre Jean-Luc Mélenchon contre le mode de fonctionnement de la France Insoumise. Ne vous inquiétez pas. Pour eux, ça passe ? Parce que quoi ? Ils ont trop d'influence ?

16:45
Manuel Bompard

Non, mais pas du tout. Mais c'est très simple. Je vous ai dit que nous avions une volonté d'ouverture dans nos investitures. Et je vous ai évoqué un certain nombre de figures, personnalités syndicales. Laissez-moi quand même en parler parce que c'est important. Mais on peut en parler tout à fait. Vous voulez parler des gens qui ne sont pas investis candidats. Moi, j'aimerais bien parler des gens qui sont investis candidats parce que je pense que ce sont des profils importants. Oui, mais moi, j'aimerais que vous répondiez à ma question pourquoi vous ciblez à l'équipe de Réaquel Garedo

17:10
Présentateur

alors que Clémentine Autain et François Huitain

17:11
Manuel Bompard

sont épargnés. Je vais répondre à votre question. Je vous dis que dans les profils de candidats que nous avons voulu investir, il y a aussi des responsables d'autres organisations politiques. Par exemple, nous avons accordé notre investiture à Philippe Poutou, porte-parole du NPA, ancien candidat à l'élection présidentielle. Et nous avons effectivement accordé aussi nos investitures à François Ruffin et Clémentine Autain pour une raison simple. C'est qu'il dirige aujourd'hui notre organisation politique. François Ruffin a une organisation politique. Elle s'appelle Picardie Debout. Clémentine Autain a annoncé il y a quelques semaines la constitution d'une organisation politique.

Je crois qu'elle s'appelle Émancipation. Et donc, nous avons un accord avec ces différentes organisations politiques. Donc en fait,

17:49
Présentateur

il aurait fallu qu'Alexis Combert et Raquel Garrido aient des investitures comme celle-là pour pouvoir avoir l'investiture.

17:53
Manuel Bompard

Écoutez, tout simplement, la France insoumise attribue les investitures de la France insoumise librement. Ça me semble à peu près normal qu'il s'agit comme ça dans toute organisation politique. Question d'Amandine.

18:05
Invité

Sur François Ruffin, puisque vous en parlez qu'il y a eu des mots dans un tweet d'une violence inouïe à votre rencontre, à l'encontre de la France insoumise. Tweet qui a été vu 13 millions de fois, donc c'est dire son importance. Il dit « Vous préférez un homme qui frappe sa femme auteur de violences conjugales à des camarades qui ont l'impudence d'avoir un désaccord avec le grand chef. Notre démocratie mérite mieux que vous. » Il dénonce votre bêtise et votre sectarisme. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

18:29
Manuel Bompard

Je lui réponds que dans un moment comme celui-ci, je pense qu'il faut se garder de toute formule, de tout mot qui vise à créer ou qui crée des formes de division. Je pense qu'on n'a pas le luxe aujourd'hui de ne pas être tous mobilisés. C'est-à-dire que lui

18:44
Invité

il trouve que vous avez aussi un drôle de sens des priorités dans la période actuelle qui exigerait à ses yeux un autre comportement.

18:50
Manuel Bompard

Il a le droit de le penser. Je ne vais pas rentrer en polémique avec lui. Je pense qu'il faut se garder de ce type de formule extrêmement violente et que ce qui doit être notre priorité aujourd'hui, c'est que dans trois semaines, il y ait un gouvernement du nouveau Front populaire à la tête du pays. Moi, c'est dans cette direction que je travaille et j'ai donc l'intention de ne polémiquer avec personne.

19:09
Présentateur

Mais le paradoxe, Manuel Bompard, c'est que précisément, vous ne cessez d'alerter contre la menace de l'accession au pouvoir de l'extrême droite, l'urgence du moment. En faisant ce choix d'écarter cinq personnalités qui étaient députées, vous prenez le risque d'une forme d'implosion de ce nouveau Front populaire parce que quand on écoute Olivier Faure, Marine Tondelet, la patronne des écolos, Fabien Roussel, ils se disent tous incroyablement choqués de votre décision. Est-ce que vraiment, le jeu en valait la chandelle ?

19:36
Manuel Bompard

Écoutez, je pense qu'il y a eu, hier matin, un certain nombre de réactions qui, de mon point de vue, étaient excessives. Mais comme je vous l'ai dit, je n'ai pas l'intention de polémiquer avec eux. Et ce que j'observe, c'est qu'hier, il y a eu dans la rue des centaines de milliers de gens pour s'opposer à la possible arrivée au pouvoir de l'extrême droite et que le nouveau Front populaire était uni. Et quand on entendait le micro, beaucoup des gens étaient plutôt choqués

19:59
Invité

de votre décision à l'endroit des cinq personnes dont parlait Benjamin à l'instant.

20:04
Manuel Bompard

Tout le monde était uni dans la rue hier. Oui, oui, je vous dis bien sûr. J'étais personnellement en manifestation. Oui, oui, mais pas content.

20:08
Invité

Quand on leur demandait, qu'est-ce que vous pensez de faire un peu ?

20:10
Manuel Bompard

J'ai entendu et je vous ai dit qu'à mon avis, certaines de leurs réactions étaient excessives. Mais je n'ai pas l'intention de polémiquer. Et ce que je retiens de la journée d'hier, c'est que nous étions tous unis dans la rue et que je pense qu'il y a de passer mon temps à commenter les déclarations des uns et des autres. Je veux dire aux gens qui nous écoutent, si à la fin du mois de juin, vous utilisez le bulletin de vote du nouveau Front populaire, vous pouvez mettre à la tête du pays un gouvernement qui va changer votre vie. Un gouvernement qui va répondre à vos problématiques de pouvoir d'achat. Un gouvernement qui va augmenter vos salaires.

Un gouvernement qui va s'attaquer enfin à la transition écologique. Et on va en parler dans un instant. Un gouvernement qui va défendre les services publics. Un gouvernement qui va rétablir la voie de la paix. La voie de la paix. Et on va parler de tous ces éléments programmatiques.

20:57
Présentateur

Juste à l'instant, Jean-Luc Mélenchon sur le cas de François Ruffin et précisément le tweet que vient d'évoquer Amandine, dit « Je ne sais pas à quoi joue François Ruffin. Il avait une attitude plutôt intelligente. Il est candidat à la présidentielle et tout le monde l'a compris. » C'est-à-dire, moi, je ne savais pas, c'est assumé alors qu'il est candidat à la présidentielle ? Mais il l'a dit, non. Ah, non ? Il ne faut pas avoir entendu une déclaration de ce qu'on appelle.

21:19
Manuel Bompard

Il a dit « Je suis en première division, je crois, et je dois me qualifier pour la Ligue des champions. » Bon, je pense qu'il a une intention très claire. Il l'a affichée. Il sait tout à fait son droit, d'ailleurs. Mais vous voyez bien que je pense que les gens qui nous écoutent, ils attendent de nous dans cette période. Et moi, je suis d'accord avec eux en tout cas. Ils attendent de nous qu'on ne commence pas, si vous voulez, à se diviser sur des questions de personnes alors que l'objectif, c'est de changer leur vie. Donc moi, je resterai fidèle à cette boussole.

21:51
Présentateur

C'est un diviseur, François Ruppin ?

21:53
Manuel Bompard

Mais je vous ai dit franchement, Benjamin Duhamel, que je n'avais pas l'intention de polémiquer avec qui que ce soit. Donc vous pouvez me poser la question quatre fois, cinq fois, six fois. Mes réponses resteront les mêmes. Je continuerai à poser les questions.

22:02
Présentateur

Vous avez tout à fait le droit. On fait une toute petite pause et on se retrouve dans un instant pour parler notamment de votre programme et de qui pour incarner cette alliance. Peut-être vous, Manuel Bompard. On se retrouve dans un instant. A tout de suite.

22:15
Locuteur non identifié

Benjamin Duhamel.

22:19
Présentateur

Bompard, coordinateur de la France Insoumise invité de BFM Politique avant de continuer cette interview. Manuel Bompard, une question d'un téléspectateur qui va apparaître dans un instant. Sébastien qui vous interroge sur la prise de parole de Serge Klarsfeld. La question qui va apparaître sans doute dans un instant et qui, je résume, a dit sur nos confrères d'Elsi qu'il n'aurait pas d'hésitation dans un second tour entre le Rassemblement National et la France Insoumise et qu'il ferait le choix du Rassemblement National. Je rappelle Serge Klarsfeld, chasseur de nazis. Qu'est-ce que ça vous dit ? Qu'est-ce que cela dit cette déclaration ?

22:57
Manuel Bompard

Une perte de valeur, une perte de repère. Je rappelle que le Rassemblement National est une organisation politique qui a été fondée par des personnes qui étaient engagées dans la collaboration. Et donc, je pense que considérer aujourd'hui qu'en quelque sorte, le Rassemblement National serait plus acceptable que le Nouveau Front Populaire me choque, tout simplement. Et je crois que c'est le résultat aussi d'une forme de dédiabolisation dont Emmanuel Macron, dans laquelle Emmanuel Macron porte une responsabilité très importante.

23:30
Présentateur

Quand Serge Klarsfeld, fils de déporté, dit entre un parti antisémite comme la France Insoumise et un parti pro-juif comme le RN, je choisirai le RN, est-ce que cela ne dit pas quelque chose de la façon dont vous avez été perçu ces dernières semaines, notamment pendant la campagne des Européens ?

23:48
Manuel Bompard

Ça dit quelque chose de la façon avec laquelle nous avons été diffamés pendant la campagne des élections européennes. Notre combat contre l'antisémitisme, contre le racisme, contre l'islamophobie, il est au cœur de nos engagements. Et aucun d'entre nous, heureusement d'ailleurs, n'a jamais été ni même poursuivi ni encore moins condamné pour propos ou actes antisémites. Par contre, il y a, dans le Rassemblement National, y compris parmi les députés qui siégeaient dans la mandature précédente à l'Assemblée Nationale. Des députés qui, par exemple, tenaient des librairies dans lesquelles on vendait des ouvrages négationnistes. Vous voyez ? Ça, ça n'existe pas à la France insoumise.

Donc, je veux dire, parce qu'il y a eu beaucoup de diffamation et de bashing sur la France insoumise pendant toute cette période, en nous faisant des procès en antisémite. Vous pouvez dire que Serge Pert-Fer, il ne fait pas de politique,

24:43
Présentateur

il a son histoire, chasseur de nazi,

24:46
Manuel Bompard

famille de déportés, et il dit ça. Eh bien, ça ne donne pas à ce qu'il dit par définition une vérité ultime. Et je lui dis qu'il se trompe et qu'il devrait se ressaisir que la France insoumise n'est pas un parti antisémite, que personne à la France insoumise n'est antisémite et que nous luttons contre l'antisémitisme. Voilà, tout simplement.

25:09
Présentateur

Il connaît quelque chose à la nécessité de lutter contre l'antisémitisme.

25:11
Manuel Bompard

Je ne le conteste bien évidemment pas, je ne le conteste bien évidemment pas, mais je pense qu'il se trompe en attribuant à la France insoumise cette caractérisation.

25:21
Présentateur

Je rappelle à ceux qui nous regardent que vous pouvez continuer à flasher ce QR code et que nous relérons vos questions à Manuel Bompard. Question de Bruno Jeudy sur une apparition.

25:30
Invité

Manuel Bompard, oui, c'est l'autre surprise du week-end. La candidature de François Hollande en Corrèze, soutien, nouveau soutien aussi du nouveau Front populaire, finalement investi par le PS, ça doit vous faire bizarre quand même de vous retrouver sous la même bannière que François Hollande, vous savez, celui que votre chef appelait le capitaine de Pédéo. Je me rappelle bien. Il y a quelques années,

25:53
Manuel Bompard

mais on n'a pas oublié. Mais oui, bien sûr, je vais vous dire franchement les choses. Je trouve sa candidature incongrue et absolument incohérente. Je vous ai dit tout à l'heure dans la première partie de notre émission que ce qui avait permis le rassemblement du nouveau Front populaire, c'était un programme qui était un programme de rupture. Et ce programme de rupture, c'est un programme de rupture avec le quinquennat d'Emmanuel Macron, mais plus largement avec les politiques qui ont été mises en place dans ce pays ces 30 dernières années.

Et clairement, il y a dans ce programme de rupture un certain nombre de décisions, de propositions qui reviennent en arrière par rapport à des choses qui ont été faites par François Hollande.

26:31
Invité

Donc, Manuel Pompard, vous ne souhaitez pas qu'il soit élu et vous ne vous voyez absolument pas siéger avec lui

26:36
Manuel Bompard

ni être dans un gouvernement avec lui. Je vous donne mon avis en toute transparence et en toute sincérité. Oui, justement, si on va... Maintenant, je vais vous dire quelque chose, Amandine Attalaya. Que les choses soient claires. Moi, je reste fidèle à un principe. Il y a un programme. Il y a un accord électoral et dans cet accord électoral, chaque formation politique choisit librement ses candidats. Et donc, je n'ai pas l'intention de venir protester le choix de telle ou telle formation politique dans le choix de ses candidats de la même manière que je demande aux autres composantes politiques ne contestent pas le choix de nos candidats.

27:06
Présentateur

Il ferait un bon Premier ministre, François Hollande ? Je ne le pense certainement pas. Ah bon ? Pourquoi ? Si, à un moment donné, il apparaissait comme la figure la plus à même de rassembler. Mais précisément,

27:15
Manuel Bompard

parce que vous ne pouvez pas prendre le sujet par des questions de personne. Or, François Hollande ne correspond pas, n'est pas cohérent avec le programme que nous défendons dans cette élection. Et donc, le Premier ministre qui doit gouverner à Matignon demain doit être porteur de ce programme et de cette orientation politique.

27:32
Invité

Je rebondis ce que vous dites tout à l'heure. Vous disiez les 30 dernières années. Donc, vous incluez aussi le quinquennat de Lionel Jospin qui, lui, par contre, est plus aimable avec vous et avec...

27:42
Manuel Bompard

Allez, 25 si vous voulez. Je ne sais pas,

27:44
Invité

c'est vous qui avez dit les 30 dernières années.

27:46
Manuel Bompard

30, nous sommes en 2024. En 2024. D'accord. Ça nous amène où ?

27:51
Invité

Donc, vous ne mettez pas Jospin sur le même pied que François Hollande ?

27:53
Manuel Bompard

On n'est pas là, je crois, pour faire un bilan critique du quinquennat de Lionel Jospin. Mais je pense qu'il y avait des choses positives et que, depuis, notre pays a beaucoup reculé.

28:03
Présentateur

Et le fait de siéger avec François Hollande, d'aller à la buvette avec lui ?

28:06
Manuel Bompard

Mais je n'ai pas l'intention de siéger dans le même groupe que François Hollande. Quant à aller à la buvette avec lui et M. Duhamel, vous savez, dans la buvette de l'Assemblée nationale, on croise des députés du Rassemblement national qui ne sont pas du tout fréquentables. C'est la même chose, François Hollande ? Je ne suis pas en train de vous dire ça, mais je crois que la proximité politique et le fait d'être dans un même lieu, heureusement, n'ont aucun rapport.

28:24
Présentateur

On va parler dans un instant de votre programme, juste avant, un tout dernier mot sur les investitures. Il y a deux profils, Manuel Bompard, qui font que certains s'interrogent sur ceux que vous avez choisis pour représenter vos couleurs. Le premier profil, c'est Raphaël Arnaud, candidat à la France Insoumise à Avignon, porte-parole de la Jeune Garde, mouvement d'extrême-gauche antifasciste, parfois violent, lui-même, Raphaël Arnaud, et selon les informations de Figaro, fiché S. Le 7 octobre, il parlait de, je cite, résistance palestinienne qui, disait-il, avait lancé une offensive sans précédent sans à aucun moment les condamner.

Autre investiture qui, de la même manière, interroge, dans la circonscription de Raquel Garrido, Ali Diwara, investi en Seine-Saint-Denis, ce candidat qui qualifiait Raphaël Glucksmann le 12 mai dernier de candidat sioniste. Voilà, on voit juste là ce tweet. est-ce que ces deux candidats, l'un à Avignon, l'autre en Seine-Saint-Denis, sont à même de rassembler ? Est-ce que ce sont

29:19
Manuel Bompard

des profils rassembleurs ? Monsieur Duhamel, vous nous avez fait pendant toute la campagne des élections européennes des procès sur des candidats. Quel procès ? C'est juste des questions assez simples. Vous dites des procès. Vous, pas à titre personnel. Je pense que tout le monde a vu le bashing médiatique, le cyberharcèlement sur les réseaux sociaux qui s'est acharné par exemple sur Rima Hassan qui aujourd'hui est député européen. Mais là, c'est des questions très factuelles. Et j'en suis très fier. Et on lui faisait en quelque sorte les mêmes reproches. Donc, mes questions à questions factuelles, je réponds factuellement.

Déjà en fiché S, aujourd'hui, dans ce pays, il y en a malheureusement beaucoup, par exemple des militants écolos, par exemple des syndicalistes. Donc, c'est un détail

29:58
Présentateur

de présenter un candidat qui est fiché S.

30:00
Manuel Bompard

Peut-être même que vous, vous ne le savez pas et que vous êtes fiché S pour militants en faveur de l'idéologie dominante. Et vous, dans ce cas-là, vous seriez fiché S. Pourquoi alors ? Peut-être, je ne le sais pas. Mais, sauf erreur de ma part, la fiche S n'est pas une condamnation. La fiche S n'est pas une décision. La fiche S n'est pas une sanction. Et il y a, vous le savez comme moi, des gens qui sont fichés S pour leurs engagements écologistes, syndicalistes. Ça décrit rarement des gens très violents. Ça décrit souvent des gens assez violents. Assez scandaleux d'ailleurs.

Et il n'y a aucune violence dans l'action qui a été l'action de la jeune garde qui a un mouvement de résistance contre l'extrême droite. Pacifique ? Bien sûr. Ah bon ? Bien sûr, de protection face aux agressions de l'extrême droite.

30:42
Présentateur

Et alors, sur Ali Douara qui parle de Raphaël Lucemann comme d'un candidat sioniste ?

30:46
Manuel Bompard

Mais vous savez très bien qu'il y a, dans l'utilisation de ces termes aujourd'hui en France, le fait de dénoncer le soutien au gouvernement de M. Netanyahou. Moi, je n'aurais pas utilisé cette caractérisation. Je ne l'ai pas fait non plus. Mais vous ne la condamnez pas ? De quoi ? Cette caractérisation. Mais elle date d'il y a combien de semaines ? 12 mai. Non, mais il est candidat aujourd'hui. Il est votre candidat. Oui, d'accord.

Mais si vous voulez que vous me dites, si vous voulez me dire que dans cette alliance du nouveau Front populaire, on va retrouver des candidats qui, dans la période précédente qui est celle des élections européennes, ont eu des mots très durs sur les uns ou sur les autres, vous allez en trouver beaucoup. Mais il me semble que ce qui a permis cet accord aujourd'hui, c'est de jeter la rancune à la rivière et de ne pas jeter la rancune à la rivière

31:31
Présentateur

et de la géométrie variable. Juste, pendant plusieurs années, et d'ailleurs, c'était un travail géométrie variable. Attendez, Emmanuel Bompard, c'était un travail journalistique, c'était aussi un travail que faisaient les oppositions. On allait scruter au scanner les investitures qui étaient données notamment par le Rassemblement national de la part de candidats qui posaient problème. Là, vous allez nous reprocher d'aller retrouver un tweet qui était bien voyant. C'était il y a un mois. Je répète ma question. Je ne vous reproche rien.

Est-ce que dire que Raphaël Glucksmann, juif, est un candidat sioniste, est-ce que ce n'est pas rédhibitoire pour obtenir une circonscription au nom de la France en civil ?

32:04
Manuel Bompard

Je vois bien derrière votre question le procès que vous êtes en train de faire à cette personne. Cette personne caractérise des prises de position politiques de M. Glucksmann comme il caractérise les prises de position politiques d'autres responsables. Mais c'est un candidat sioniste ? Non, mais les mots ont un sens quand même, M. Bompard. Moi, je dis que je n'utilisais pas cette caractérisation. Comment vous pouvez tolérer de la part des candidats que vous investissez ? Laissez-moi terminer ma phrase, s'il vous plaît. Les prises de caractérisation, les caractérisations font des caractérisations politiques.

Elles ne dépendent bien évidemment jamais pour aucun candidat de la France insoumise jamais de l'orientation religieuse de telle ou de la confession de telle ou telle personne. On parle de leur prise de position politique. Il faudra en parler à M. Aludira. Et on peut considérer qu'il y a eu des mots qui étaient par exemple des mots trop durs, mais il y en a eu effectivement dans la séquence précédente. Nous étions en compétition électorale dans les élections européennes et effectivement, il y a eu parfois des caractérisations qui sont allées sans doute trop loin. Notre responsabilité aujourd'hui dans cette période-là, c'est tout simplement de passer à autre chose.

Et c'est ce que nous faisons. Donc vous écartez Rengarido et à la place, vous mettez un candidat qui qualifie Rengarido de chioniste. Je mets un candidat qui est implanté sur ce territoire, qui est un militant associatif des quartiers populaires dans un département, la Seine-Saint-Denis, dans lequel il y a aussi des gens qui habitent en Seine-Saint-Denis et qui sont tout à fait en capacité de représenter demain une rameleur à l'Assemblée nationale. Une dernière question

33:26
Invité

sur ceux que vous n'avez pas investi. Rengarido, Alexis Corbière et Daniel Simonetti. On va peut-être pas... Non, mais pour finir, s'ils sont élus, est-ce qu'ils siégeront dans votre groupe de la France Insoumise ou pas ?

33:36
Manuel Bompard

Mais on verra. Mais la France Insoumise, elle soutient des candidats officiellement dans ces circonscriptions. Et j'ai dit tout à l'heure en ma demande, c'est qu'il n'y ait pas de candidature de dissidence face aux candidats qui sont des candidats. Non, je souhaite qu'ils ne soient pas candidats. Ce n'est pas pareil. D'accord ? Donc, je réponds comme ceci à cette question. Maintenant, je vous propose qu'on parle un petit peu si vous voulez bien du programme du Nouveau Front Populaire.

33:59
Présentateur

Et pour commencer de votre programme économique, je cite quelques mesures en vrac. Abrogation de la retraite à 64 ans, hausse de 10% du point d'indice. La majorité présidentielle a chiffré toutes ces mesures à près de 290 milliards d'euros. Alors, il faut en enlever 30 déjà parce qu'ils citent la sixième semaine de congés payés, ce qui ne fait pas partie pour le coût de votre programme. Donc, ça veut dire que si on enlève 30, il reste à peu près 260 milliards d'euros, un tout petit peu moins, hériteraient d'une situation financière difficile avec des taux d'intérêt qui d'ores et déjà commencent à augmenter. Il y a un risque de scénario à la grecque si vous arrivez au pouvoir, Manuel Bonpas ?

34:32
Manuel Bompard

Non, mais attendez, la catastrophe économique, elle est là déjà sous nos yeux. Celui qui en est responsable, c'est le président de la République qui est au pouvoir depuis 7 ans et qui a creusé comme jamais les caisses de l'État, notamment en raison de décisions en matière fiscale, de baisse d'impôt pour les plus riches, de suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune. Plus le Covid. Non, mais pas seulement, monsieur. Non, je dis plus. Pas seulement. Non, mais OK, mais une fois qu'on a dit ça, si vous arrivez au pouvoir et que vous dépensez 260 milliards d'euros...

Attendez, je vais répondre à votre question en entier, mais d'abord, je veux dire que c'est facile de dire si le nouveau Front Populaire arrive au pouvoir, ça va être le chaos en matière économique.

35:07
Présentateur

Non, pas du tout, c'est une question de responsabilité

35:09
Manuel Bompard

de comment vous faites face à cette situation financière. Je vais vous répondre, mais je dis qu'aujourd'hui, nous sommes déjà dans une situation économique difficile. Deuxième élément, je réponds quand même aux choses que vous avez évoquées dans votre question. Le chiffrage des macronistes est tout à fait fantaisiste. Le chiffrage n'est pas bon ? Leur chiffrage, celui qu'ils nous attribuent. Quand vous l'avez dit vous-même, il faut enlever 30 milliards d'euros parce qu'ils mettent la sixième semaine de congé payé qui n'est tout simplement pas dans le programme.

Ils considèrent que la CSG progressive va nous faire perdre 39 milliards d'euros de recettes, alors que ce n'est pas du tout le cas puisque par définition, si elle est progressive, c'est-à-dire que ceux qui sont dans les tranches les plus hautes vont compenser ceux qui sont dans les tranches les plus basses. Bref, ce chiffrage est totalement...

35:52
Présentateur

Alors vous l'avez chiffré, votre programme ?

35:53
Manuel Bompard

Nous présenterons notre chiffrage au cours de cette campagne. Maintenant, je réponds à votre question. J'assume de dire que dans ce pays, dans un certain nombre de domaines, il faut des dépenses publiques supplémentaires. Il faut des dépenses publiques supplémentaires pour l'école. Il faut des dépenses publiques pour la santé. Il faut redonner du pouvoir d'achat aux Français. Et la question qui nous est posée, c'est qu'ils payent...

36:15
Invité

Oui, vous voulez rendre l'école entièrement gratuite, y compris pour ceux qui ont des moyens aisés. Bien sûr. Il y a aussi un peu une contradiction dans votre projet.

36:23
Manuel Bompard

Il y a deux choses dans ce que vous dites. Pardon. Et j'assume, et je vous remercie de pouvoir présenter cette proposition. Je dis aux gens qui nous écoutent, si au mois de juillet, c'est un gouvernement du nouveau Fropopulaire qui dirige ce pays, la cantine, les fournitures scolaires seront gratuites à la rentrée scolaire. Mais Emmanuel Bompard, on entend ces propositions.

36:41
Présentateur

Mais laissez-moi répondre à une question avant de m'en poser. C'était l'esprit de la question que je posais. Il y a un programme et effectivement, les téléspectateurs, les Français jugeront. Et puis, il y a une situation d'accession au pouvoir dans un contexte où il coûte plus cher d'émettre de la dette sur les marchés financiers parce que les taux d'intérêt augmentent, où il y a un déficit public, une dette qui ont dérapé effectivement de la responsabilité du président de la République et de la majorité actuelle. Comment est-ce que vous gérez la possibilité que ces taux d'intérêt continuent d'augmenter et que vous n'ayez pas les moyens de mettre en œuvre votre politique ?

37:11
Manuel Bompard

Monsieur Duhamel, vous voulez des éléments de chiffrage de notre programme. Premier calcul, le chiffrage n'est pas terminé, on est en train de le finaliser. Premier calcul, 123 milliards d'euros de recettes supplémentaires, 60 milliards en supprimant les niches fiscales inefficaces, injustes et écologiquement néfastes, 17 milliards en rendant l'impôt sur l'héritage plus progressif et en instaurant un héritage maximum. 11 milliards d'euros en obligeant par la loi l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. 15 milliards d'euros en mettant en place une taxe sur les super profits. Autour de 10 milliards d'euros en introduisant un impôt de solidarité sur la fortune de renforcer.

Donc c'est les Français qui vont payer. Une avalanche d'impôts payés par les Français. Enfin écoutez, pardon, l'impôt de solidarité sur la fortune, ce n'est pas les Français qui le payent, c'est une certaine catégorie et de Français qui ont les moyens de le payer. Nous proposons dans le programme...

38:04
Invité

Mais ça inclut aussi les classes moyennes là ?

38:05
Manuel Bompard

Pas du tout.

38:06
Invité

Elles vont payer aussi ?

38:06
Manuel Bompard

Je vais vous dire, c'est précisément l'inverse. Puisque nous proposons dans notre programme une réforme fiscale avec davantage de progressivité en introduisant 14 tranches d'impôts. Si vous introduisez 14 tranches d'impôts aujourd'hui, vous êtes en capacité fiscalement de générer 10 milliards d'euros de recettes supplémentaires pour le budget de l'État et de faire en sorte que 92%, vous m'entendez bien, 92% des Françaises et des Français vont payer moins ou autant d'impôts qu'aujourd'hui. Mais c'est de la progressivité. Et je vous confie que les 7% restants

38:36
Présentateur

paieront davantage d'impôts. À partir de quel revenu mensuel

38:39
Manuel Bompard

les Français paieront davantage ? On avait donné le chiffre pendant la campagne des élections présidentielles. C'était autour de 4 000 euros par mois. D'accord. Donc en gros, à moins de 4 000, on ne paye pas plus et à partir de 4 000 par mois, on paye plus. C'est la progressivité de l'impôt. Et moi qui connais des gens qui payent plus de 4 000 euros par mois, je crois qu'ils sont eux-mêmes prêts à dire que c'est normal qu'ils contribuent à la solidarité de la nation. Transparence.

39:04
Présentateur

Autre point de programme important, et je ne vous ai pas entendu là-dessus depuis que ce programme a été conclu, la question de l'ABAIA. Quand Gabriel Attal a décidé comme ministre de l'Éducation nationale d'interdire l'ABAIA, vous aviez pris position de façon très forte à la France insoumise en disant que c'était une décision raciste, islamophobe. Je précise évidemment l'ABAIA dans les établissements scolaires. Là où vos partenaires, le Parti socialiste, le Parti communiste, avaient soutenu la décision du Premier ministre au nom du respect de la laïcité.

Si vous arrivez au pouvoir, s'il y a une majorité, un Premier ministre issu de ce nouveau Front populaire, quelle sera la décision prise sur l'interdiction de l'ABAIA ? Est-ce que vous l'annulerez ?

39:40
Manuel Bompard

Monsieur Djamal, je vais répondre en transparence à votre question. Nous avons beaucoup travaillé cette semaine pour élaborer un programme de gouvernement, un contrat de législature. Et ce contrat de gouvernement, il comprend près de 150 mesures. Il y a un certain nombre de sujets sur lesquels nous avons considéré à cette étape qu'il fallait que les discussions se poursuivent. et, en temps voulu, peut-être à l'Assemblée nationale dans la majorité. Ce n'est pas une loi.

40:04
Présentateur

Ça, pour le coup, c'est une décision réglementaire du ministre de l'Éducation nationale.

40:07
Manuel Bompard

J'entends bien. Je parle de manière générale sur un certain nombre de sujets. Parce que là, vous avez trouvé ce sujet. Mais vous avez... Parce que je vous fais confiance. Vous allez bien travailler. Vous allez sans doute trouver d'autres sujets qui ne sont pas évoqués dans le programme.

40:18
Présentateur

Oui, il y en a d'autres, nucléaires et autres. Mais là, c'est intéressant parce que, quand la décision a été prise, ce n'était pas un petit sujet pour vous. C'était, c'est raciste, c'est islamophobe. Ce n'était pas un petit sujet. Il faut immédiatement annuler cette interdiction. Comment comprendre que vos électeurs vous entendent dire bon, au fond, on n'en a pas parlé donc peut-être qu'on ne le fera pas si on arrive au pouvoir ?

40:35
Manuel Bompard

Mais attendez, moi, ma position personnelle et la position personnelle de la France Assoumise, elle n'a pas changé. C'est quoi la position personnelle ? C'est qu'il faut revivre

40:42
Présentateur

sur cette interdiction ?

40:43
Manuel Bompard

Mais je pense que, d'abord, on nous a dit que cette interdiction allait, si on ne le faisait pas, ça allait être la pagaille, etc. La vérité, c'est que, contrairement à ce qu'on nous a dit à ce moment-là, l'interdiction n'a produit aucun désordre parce que les gens sont responsables. Mais est-ce que vous ne seriez pas une concession, en fait ? Vous seriez pas une concession

41:02
Invité

vis-à-vis de vos partenaires ?

41:03
Manuel Bompard

C'est juste les proviseurs et les professeurs qui réclamaient. Ça a produit en quelque sorte une forme d'humiliation pour des jeunes femmes

41:09
Invité

qui, honnêtement,

41:11
Manuel Bompard

n'était pas du tout dans un défi à la République quand vous vous posez ça.

41:15
Invité

Est-ce que vous ne seriez pas une concession sur ce point-là vis-à-vis de vos partenaires et de dire, on laisse tomber, on ne revient pas sur l'interdiction de la paillère ?

41:23
Manuel Bompard

Je vais entendre juste... Enfin, je ne sais pas, il me semble que ma réponse est claire. Si elle l'est, parce qu'elle est honnête et transparente, la vérité, c'est que tous les gens qui nous écoutent peuvent comprendre que quand on a une dissolution de l'Assemblée nationale, le dimanche soir... Oui, mais vous pouvez dire

41:35
Invité

Je suis ouvert à une concession ou pas ?

41:37
Manuel Bompard

Moi, je suis toujours ouvert à des discussions, à des réactions, à des compromis. Ce n'est pas le sujet. Mais moi, ma position et la position de la France insoumise sur le sujet, elle est fidèle à celle que nous allons exprimer.

41:48
Présentateur

Il y a un instant, Manuel Bompard, Jean-Luc Mélenchon a affirmé la chose suivante. Si vous pensez que je ne dois pas être Premier ministre, je ne le serai pas. Ça veut donc dire que... C'est moi ? Comment ? C'est qui ? C'est vous ? À qui dit-il ça ? C'est un vous collectif ? C'est quand même

42:01
Manuel Bompard

un exercice un peu complexe.

42:02
Présentateur

Non, regardez, si vous pensez que je ne dois pas être Premier ministre, je ne le serai pas, je ne serai jamais le problème, je serai toujours du côté de la solution. C'est un vous collectif de la part de ces alliés qui effectivement considèrent qu'il n'est pas suffisamment rassembleur. Est-ce que ça veut donc dire que Jean-Luc Mélenchon n'est pas la bonne personne pour aller à Matignon si d'aventure vous gagnez ?

42:17
Manuel Bompard

Mais pas du tout. Ça ne veut pas du tout dire ça. D'ailleurs, c'est pour ça que je vous pose la question, c'est qui le vous ? Parce que vous, vous avez l'air de considérer que le vous pensez et forcément, il pense que non.

42:26
Invité

Il répondait à une question d'un journaliste qui a été sur un peu d'un confrère. Attendez,

42:29
Manuel Bompard

moi je vais répondre à la question sur le futur Premier ministre sans aucun problème mais comprenez que l'exercice qui consiste pour moi à commenter en direct des déclarations qui sont tenues sur un autre plateau de télévision est un exercice pas évident parce que les déclarations se font dans un contexte

42:41
Invité

et j'aimerais bien connaître le contexte. Manel Bompard, on va être plus sain. En 2022, il faisait campagne en disant élisez-moi Premier ministre. Il ne le fait pas en 2024. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il s'est mis en retrait ?

42:52
Manuel Bompard

Pas du tout. Ça veut dire que la décision que nous avons prise pour la même raison que celle que je vous ai indiquée à l'instant, c'est qu'aujourd'hui cette question-là n'a pas été discutée, réfléchie collectivement parmi les différentes composantes de notre alliance et que la règle que nous avons fixée sur laquelle nous nous sommes mis d'accord, Olivier Faure l'a dit lui-même. C'est le principal groupe. Le principal groupe qui fera une proposition. Si ce n'est pas lui, c'est vous. Mais on verra, il peut y avoir d'autres personnes. François Ruppard dit que Jean-Luc Mélenchon a raison de se mettre en retrait. Mais Jean-Luc Mélenchon ne se met pas en retrait.

Jean-Luc Mélenchon a dit les choses de manière très simple. Il l'a dit sur un plateau de télévision cette semaine. Il a dit « Je me sens capable d'être Premier ministre. Je suis d'accord avec lui. Je pense que Jean-Luc Mélenchon est tout à fait capable d'être Premier ministre. » Mais que ça devrait faire l'objet d'une discussion. Et il me semble que ça devrait vous intéresser. C'est une manière en quelque sorte de reparlementariser la vie politique que de dire au lendemain de l'élection. Il y aura parmi les différents groupes de la coalition une discussion et le groupe le plus nombreux fera une proposition.

43:52
Présentateur

Il nous reste peu de temps avant la question d'un téléspectateur. Je veux juste vous... Toujours sur cette question de l'incarnation, j'ai été étonné de lire de la part de Jean-Luc Mélenchon dans 20 minutes cette formule. Quand Léon Blum devient chef du gouvernement en 1936, il n'est pas au niveau de Manuel Bompard ni de Mathilde Panot ou de Clémence Guettet. Je rappelle pour ceux qui ne sont pas forcément familiers de la figure de Léon Blum, en 1936, il a 64 ans, il a été conseiller d'État pendant 25 ans, dirigeant de la SFIO, l'ancêtre du Parti Socialiste. Vous êtes au-dessus de Léon Blum en 1936 ? Vous poserez la question à Jean-Luc Mélenchon

44:19
Manuel Bompard

de pourquoi il a dit ça. Je ne suis certainement pas la bonne personne pour répondre à cette question. Franchement,

44:25
Présentateur

c'est un peu incongru.

44:26
Manuel Bompard

Mais j'ai l'impression que vous, par contre, vous pensez que je ne suis pas au niveau. Pour être tout à fait honnête, quand on voit

44:31
Présentateur

les réalisations de Léon Blum et son parcours, je pense que personne aujourd'hui de politique actif n'est au niveau de Léon Blum.

44:38
Manuel Bompard

Mais je n'ai pas du tout l'intention de considérer que je suis au niveau de qui que ce soit. Et il me semble que le sujet ne se pose pas en des termes personnels. Par contre, oui, j'assume de dire que je suis fier de militer à côté de personnalités aussi brillantes que Mathilde Panot qui est la présidente de notre groupe parlementaire ou que Clémence Guettet qui est la présidente de l'Institut Labo ici. Question de Martine.

44:58
Présentateur

Dans l'hypothèse où le Rassemblement national obtient la majorité absolue, est-ce que vous accepterez le choix des Français ? Est-ce que vous appellerez à résister par d'autres moyens ?

45:05
Manuel Bompard

Non, mais d'abord, je comprenais que moi, je ne travaillais pas sur la base des hypothèses. On est engagés dans une bataille, dans un combat. Bien sûr. Et moi, cette hypothèse, je veux d'abord faire tout pour qu'elle ne se réalise pas. Et donc, c'est pour ça qu'il y a une campagne électorale. Et j'invite tous les gens qui nous écoutent qui ne veulent pas de cette hypothèse à s'engager dans cette campagne et à rejoindre les comités du Nouveau Front Populaire.

45:24
Présentateur

Est-ce que vous accepterez le verdict des urnes si le Rassemblement national a une autorité pour gouverner ?

45:28
Manuel Bompard

Mais monsieur, dans toute élection, il y a un résultat, mais ça n'enlève pas le droit à l'opposition de contester la politique qui est mise en place. Vous en êtes d'accord ?

45:37
Présentateur

Bien sûr, mais par d'autres moyens. Est-ce que ça veut dire que certains agitent le spectre de manifestations monstres, voire d'une forme de résistance par d'autres moyens que dans les urnes et au Parlement ? Est-ce que ça, c'est une perspective pour vous ?

45:50
Manuel Bompard

Monsieur Duhamel, admettez que je fasse tout pour que cette situation ne se produise pas. Non, je ne veux pas répondre parce que je ne veux pas considérer que cette hypothèse est possible. Donc, je ne veux pas répondre à des questions de ne pas vouloir répondre. Moi, je veux me battre pour l'empêcher. Vous comprenez ? Et donc, je dis aux gens qui nous écoutent, rejoignez les comités du Nouveau Front Populaire, engagez-vous dans cette campagne et alors, non seulement on les empêchera de gagner, mais en plus, on mettra en place un programme qui va changer votre vie. Merci Emmanuel Bompard d'avoir été invité

46:17
Présentateur

de la Femme Poétique. Merci Amandine Atalaya. Merci Bruno Jeudy.