L'invitée de Bourdin Direct : Agnès Pannier-Runacher - 01/10
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Agnès Pannier-Runacher, bonjour.
Bonjour Jean-Jacques Bourdin.
Vous êtes secrétaire d'État en charge de l'industrie, on va parler évidemment énergie. Avec ces prix de l'énergie, le gaz, l'électricité, le gaz 12,6%. Premier octobre, nous sommes le premier octobre. Là, nous ne couperons pas à cette augmentation.
Non, mais nous allons bloquer ensuite les prix. C'est ce que le Premier ministre a annoncé, parce que notre enjeu, c'est d'être très attentif à la facture que payent les Français. Et donc, à la différence peut-être d'autres pays, nous allons bloquer les prix pour que cet hiver, les prix n'augmentent pas sur la facture des Français.
Alors, cet hiver, les prix du gaz n'augmenteront pas jusqu'à quand ? Jusqu'en avril ?
Jusqu'en avril et jusqu'après, puisque l'enjeu, comme l'a dit le Premier ministre, c'est de faire en sorte que cette augmentation du prix du gaz, je rappelle qu'il a été multiplié par 3 depuis le 1er janvier. Et c'est une tendance de fond ancienne. Cette augmentation du prix, elle est liée au fait qu'il y a eu un certain nombre de décisions internationales qui bloquent l'accès au gaz. Mais aujourd'hui, rien ne dit que ça doit être une augmentation qui va durer.
Oui, enfin, aujourd'hui, il y a une augmentation des prix. Oui, nous verrons après janvier, après avril. Mais pourquoi avril, d'ailleurs ?
Mais parce qu'en fait, la consommation du gaz, elle augmente au moment où il fait froid, tout simplement. Et donc, on bloque la facture de gaz au moment où on utilise le plus de gaz, de façon à ce que les Français se retrouvent. C'est les mêmes dates qu'on utilise, vous savez, pour le chèque énergétique, etc.
Rien à voir avec l'élection présidentielle.
Je ne crois pas, parce qu'on va être très clair. Notre sujet, ça a toujours été de travailler sur le fait d'adapter nos décisions à la situation du Français. Jusqu'au dernier jour, on va travailler. Aujourd'hui, il y a eu une augmentation du prix du gaz. Cette augmentation, elle est mondiale. Et nous agissons pour baisser la facture des Français.
Bon, à propos du prix mondial du gaz et de ce que j'appellerais la souveraineté énergétique, je vais y revenir, Agnès Pannier-Runaché, mais je voudrais parler de l'électricité aussi. Plus 4% sur un an, au lieu de plus 12% sur un an. En janvier, au lieu de plus 12%. En janvier, là, vous contrôlez l'augmentation. Il y a d'autres solutions que vous n'appliquez pas. Par exemple, une baisse de la TVA. Et même, une suppression de la TVA sur les taxes appliquées sur l'électricité ou le gaz. Pourquoi ?
Alors, d'abord, parce que ces décisions, elles se négocieraient au niveau européen. Et nous, nous voulons agir vite.
L'Espagne l'a fait.
Nous voulons agir vite.
L'Espagne l'a fait.
Par ailleurs, ce que nous proposons avec l'électricité, c'est de donner une augmentation qui soit en phase avec l'évolution, je dirais, soutenable du marché. Je rappelle qu'on a augmenté le chèque énergie de 100 euros. Je rappelle que ce chèque énergie bénéficie maintenant à 6 millions de ménages. Ça n'existait pas en 2017. Je rappelle enfin que la France a un des prix de l'électricité les plus faibles. Pourquoi ? Parce que nous avons le nucléaire.
Oui, là, je vais y revenir.
Et parce que les Français bénéficient, heureusement, et par rapport à plein d'autres Européens, du nucléaire. Donc, notre situation n'est pas comparable à celle de l'Italie ou de l'Espagne, comme vous l'indiquez, qui subissent des augmentations beaucoup plus massives du prix de l'électricité. Dernier point, pas d'augmentation de l'électricité avant fin 2021. Et pour le moment, c'est une prévision. C'est-à-dire que nous tablons sur...
C'est-à-dire qu'il y aura une augmentation d'électricité de 4% au 1er janvier. Et ensuite, il n'y en aura plus sur toute l'année 2021.
Ce que nous disons, c'est que vous avez un calcul qui est automatique, qui est fait par une autorité.
Expliquez-moi, parce que là, je ne comprends rien.
Il y a un calcul qui est fait par une agence indépendante qui s'appelle La Creux.
Oui, ça je sais.
Et dont on pense qu'il va donner une augmentation de l'ordre de plus 10 à plus 12%. Et nous, ce que nous disons, c'est que nous n'accepterons pas cette augmentation, que nous caprons l'augmentation à 4%.
4% sur l'année 2021.
L'augmentation de février 2021.
De février 2022, pardon. De février 2022, sur l'année 2022, il n'y aura pas d'augmentation supérieure à 4%.
L'augmentation, ce sera celle de février 2022.
Et c'est la creux... Il n'y en aura pas en juillet, il n'y en aura pas, c'est tout.
Non, l'augmentation, elle vaut pour février 2022.
Uniquement février, d'accord. Non, parce qu'il faut qu'il soit précis.
Non, mais les choses sont très claires. Et vous savez que la fixation du prix de l'électricité, elle est faite par une agence indépendante.
C'est-à-dire que les prix du gaz sont gelés jusqu'au mois d'avril, après cette augmentation du 1er octobre, et que les prix d'électricité augmenteront de 4% au 1er février. Maximum. Maximum. Bon, ça, c'est clair. Le chèque énergie aussi. Le chèque énergie augmente. Même si ça représente 30% d'une facture, les 100 euros.
Oui, mais vous avez... Jean-Jacques Bourdeur, vous oubliez qu'il y a déjà 150 euros de chèque énergie. Que ça n'existait pas avant 2017. Que c'est ce gouvernement qui a mis en place et généralisé le chèque énergie. Qu'il a doublé le nombre de ménages qui bénéficient du chèque énergie, puisqu'aujourd'hui nous avons 6 millions de ménages qui bénéficient du chèque énergie.
Vous craignez un retour des gilets jaunes à N'Espagne-Renaché ?
Je vais vous dire, ce gouvernement est celui qui a fait le plus pour le pouvoir d'achat depuis 40 ans. Le plus. Suppression de la taxe d'habitation. Baisse massive de l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Ce que nous faisons, c'est deux choses. Faire en sorte que de plus en plus de Français aient accès à l'emploi. Je rappelle que nous avons créé plus de 500 000 emplois. Et ça, c'est la première façon d'améliorer le pouvoir d'achat des Français. Et la deuxième chose, c'est qu'il faut que ceux qui travaillent puissent boucler leur fin de mois. Qu'ils puissent vivre dignement de son travail. Et ça, c'est toutes les baisses que nous avons faites de la taxe d'habitation.
Enfin, la suppression de la taxe d'habitation. La suppression de la baisse de l'impôt sur le revenu pour les personnes physiques. Sur ceux qui gagnent un peu plus que le SMIC. Parce que c'est essentiel qu'ils puissent vivre correctement de leur travail.
Oui, ce n'est pas évident. En ce moment, avec les dépenses contraintes, de vivre correctement avec son travail quand on gagne 1 400, 1 500, 1 600 euros même net par mois, Agnès Pannier-Runacher.
Tout à fait. C'est pour ça que nous agissons. Et c'est pour ça que nous continuerons à agir jusqu'au dernier jour. Ce n'est pas parce qu'il y a une campagne présidentielle qu'il faut s'arrêter les bras croisés et ne pas prendre de décisions.
Ça, je suis certain que vous allez aider le maximum de Français jusqu'au mois d'avril. Ça, Agnès Pannier-Runacher, on est en électorale, on aide beaucoup les Français.
Mais Jean-Jacques Bourdin, comme nous l'avons fait depuis 4 ans maintenant, la baisse de la taxe d'habitation, on l'a fait en 3 temps, ça fait depuis 2017 que nous l'avons engagée. La baisse de l'impôt sur le revenu, c'est une décision de 2019 applicable en 2020. Donc tout cela est parfaitement organisé avec la volonté de redonner la possibilité aux gens de vivre dignement de leur travail.
Agnès Pannier-Runacher, EDF par exemple, a fait des profits importants en 2021 et va faire des profits considérables en 2022. Qu'allez-vous faire ? Vous allez récupérer évidemment une partie de ces profits. Évidemment l'État.
Mais surtout EDF, qu'est-ce que fait EDF ? Ils investissent dans l'avenir, ils sont les garants de notre souveraineté énergétique. Je crois que ce que nous traversons aujourd'hui, où on touche du doigt, que nous ne sommes pas maîtres de la production d'énergie fossile, rien de nouveau, c'est depuis des années que nous savons que pour le carburant, nous sommes dépendants de l'extérieur, que pour le gaz, nous sommes dépendants de l'extérieur. Lorsque nous sommes en train d'engager l'électrification de notre économie, nous sommes en train de faire en sorte de protéger les Français contre les aléas du marché mondial.
Vous ne toucherez pas ces super bénéfices ?
Ces super bénéfices, ils ont vocation à être réinvestis. EDF est une société qui appartient essentiellement aux Français.
L'État aide les Français, subventionne en quelque sorte la consommation, c'est ça. Et EDF de son côté fait des super profits auxquels vous ne toucherez pas.
Mais ce n'est pas ça, nous sommes tous propriétaires d'EDF. Lorsque EDF fait des profits, ça bénéficie à tous les Français. Et ces profits, qu'est-ce qu'ils deviennent ? Ils deviennent peut-être de futurs EPR, ils deviennent peut-être de futurs investissements dans les énergies renouvelables.
Alors, où est-ce qu'on en est ?
La transformation que nous sommes en train d'engager dans la transition énergétique, c'est une transformation massive que nous mettons à toute vitesse pour faire en sorte que, in fine, les Français n'aient pas à payer plus cher leur facture.
Agnès Panier-Runacher, vous venez de prononcer le mot EPR, le terme, le sigle EPR. Six EPR en construction, bientôt ou pas ?
Ça c'est une décision, et le Président de la République l'a dit très clairement, qui sera prise en fonction d'abord de la réalisation.
Quand sera-t-elle prise ?
Jean-Jacques Bourdin, lorsque l'EPR de Flamanville sera livré, nous devons prendre cette décision. Peut-être que nous la prendrons un peu en avance lorsque nous serons sûrs que l'EPR de Flamanville est sur la bonne voie. Et la réalisation, ça dépend, je dirais, de facteurs industriels.
Non mais ça oui, merci Agnès Panier-Runacher. Oui, j'ai compris que ça dépendait.
Le PR, il est en construction.
Oui, ça fait des années, il coûte une fortune. Et chaque fois, on voit la facture s'alourdir. Agnès Panier-Runacher, quand est-ce qu'on peut penser que cette EPR de Flamanville sera terminée et en activité ?
Moi, je vais vous dire très clairement, nous avons réinvesti dans le nucléaire, dans le plan de relance. 500 millions d'euros dans le nucléaire, dans le plan de relance. Dans le plan d'investissement, nous travaillons à construire notre souveraineté énergétique pour les 50 ans qu'il y a. Nous allons investir dans les énergies renouvelables, nous allons investir dans le nucléaire.
Non mais vous ne me répondez pas sur Flamanville.
Je ne vous réponds pas sur Flamanville, parce que ce n'est pas l'unique manière d'investir dans le nucléaire. Mais non, mais j'ai compris. Et s'agissant de Flamanville, cela ne dépend pas de moi, cela dépend de la construction de Flamanville. Donc c'est une donnée qui est, je dirais, de rythme.
Vous n'avez aucun horizon.
Si, nous avons des horizons, bien sûr.
Quand entrera-t-il en service ?
Quand EDF aura terminé sa construction. Je ne peux pas mieux vous dire.
Et si la construction est terminée, les 6 EPR prévus seront construits.
Et si sa construction est terminée, nous serons en capacité de prendre cette décision de construire les EPR.
Vous la prendrez parce que...
Aujourd'hui, nous avons besoin de nucléaire.
Ah voilà, j'allais vous poser la question. Puisqu'on parle de souveraineté énergétique, est-ce que nous devons développer le nucléaire ? Oui ou non ?
Mais c'est ce que nous faisons, Jean-Jacques Bourdin, lorsque nous investissons 500 millions d'euros dans la filière nucléaire. Nous développons le nucléaire. Lorsque nous investissons dans les compétences du nucléaire, dans la sous-traitance nucléaire, dans le développement de la R&D, de la recherche et développement sur de nouveaux réacteurs. Lorsque nous travaillons sur la recherche et développement du recyclage du combustible, qui est un élément essentiel, de façon à ne pas développer des déchets, mais à pouvoir les réutiliser. Nous investissons dans le nucléaire. Donc le nucléaire est indispensable... Nous avons d'ores et déjà investi dans le nucléaire. Il n'y a pas d'ambiguïté.
C'est clair, le nucléaire est indispensable pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Tout à fait.
Indispensable.
Indispensable avec les énergies renouvelables, parce qu'il ne faut pas opposer l'un à l'autre. Ce que nous sommes en train de faire, c'est de construire une souveraineté énergétique où nous ne sommes plus dépendants du gaz, où nous ne sommes plus dépendants des carburants. Et pour ce faire, il faut du nucléaire, il faut des énergies renouvelables, et c'est une transformation à marche forcée. Et c'est pour ça que nous investissons massivement dans ces technologies.
Alors, Agnès Pagnol-Henaché, bouclier pour les Français, pour les ménages français, et pour les patrons de grandes entreprises ou les patrons de PME. Est-ce qu'il va y avoir un bouclier ?
Alors, aujourd'hui, vous savez qu'il y a des dispositifs pour les entreprises électro-intensives, comme on dit, ou hyper-électro-intensives, celles qui utilisent beaucoup d'énergie. Et nous avons aussi la capacité à les accompagner. Mais le grand enjeu pour ces entreprises, c'est la même chose que ce que nous faisons pour les particuliers en finançant le changement de leur chaudière à fioul ou en finançant leur rénovation thermique. C'est de baisser la facture. C'est de faire en sorte qu'ils puissent disposer d'une électricité qui est compétitive sans devoir dépenser de l'argent avec du gaz naturel pour fabriquer de la chaleur.
Donc là aussi, nous avons investi 1,2 milliard d'euros dans le plan de relance pour décarboner les processus industriels. Concrètement, ça veut dire remplacer des installations qui fonctionnent avec du gaz ou avec du fioul pour faire en sorte qu'elles aient accès à de l'électricité, que ça coûte moins cher.
Agnès Pannier-Runaché, la France doit devenir, être le leader mondial de l'hydrogène vert. C'est ce que dit Bruno Le Maire. D'ailleurs, j'ai vu ce matin une annonce importante Total Energy Air Liquide et Vinci qui s'allie dans l'hydrogène. Ça, c'est une filière que vous développez qui va être développée, évidemment.
C'est un plan massif que nous avons lancé depuis plus d'un an maintenant. 7 milliards d'euros pour l'hydrogène. Nous allons construire dans les prochains mois les premières usines à hydrogène.
Quand les verra-t-on physiquement ?
On commencera à les voir à partir de 2023. Et ensuite, ce sont des montées en cadence en fonction du marché et des besoins. Et je veux faire une précision. Ce n'est pas de l'hydrogène vert, c'est de l'hydrogène bas carbone.
C'est Bruno Le Maire qui dit hydrogène vert.
Hydrogène bas carbone, c'est de l'hydrogène qui est fait à partir d'une énergie bas carbone. Ça peut être du nucléaire, ça peut être du renouvelable.
Mais vous êtes plus précise que lui, alors. Agnès Pannier-Runaché. Interruption de négociation commerciale entre l'Union Européenne et l'Australie après la crise des sous-marins ? Vous êtes au courant ?
Cette discussion avec l'Australie, elle s'inscrit effectivement dans un moment où...
Il y a interruption de négociation ?
Je ne saurais vous dire. Ce n'est pas un dossier que je suis.
Vous ne savez pas ? Non. Moi, je vous le dis, moi. Il y a interruption de négociation. Logique. Accord de libre-change. Logique, non ?
Alors...
C'est de la rétorsion. Logique.
Non, c'est une... À partir du moment où l'Australie a pris une décision sans nous en informer, alors que nous avions construit un partenariat stratégique sur une trentaine d'années, jusqu'en 2050, il est légitime qu'on réinterroge l'ensemble de nos relations avec l'Australie et que nous soyons très clairs sur la manière dont on doit faire des accords ou pas.
Nous signerons cet accord ou pas ?
Tout dépend de la manière dont on va dénouer les autres sujets qui nous relient.
Avec l'Australie. Bon, Agnès Pannier-Rinaché, je voulais vous parler de relocalisation. Les masques. Les fameux masques. Les fabricants de masques français. Moi, je me souviens, vous les avez appelés vous-même. Tout à fait. Ici ou ailleurs. Vous les avez appelés à la relocalisation. Faites des efforts, avez-vous dit à ces industriels français, pour fabriquer des masques français. Eh bien, aujourd'hui, aujourd'hui, je regardais les chiffres, attendez que je regarde, plus de 95% des masques achetés viennent d'Asie. 95% des masques achetés en France viennent d'Asie.
Jean-Jacques Bourdin.
Oui.
L'État a pris ses responsabilités. Nous avons passé une commande d'un milliard de masques l'année dernière auprès de huit entreprises françaises. Nous, nous avons acheté français.
Et pour l'année prochaine ?
Eh bien, nous, nous ne commandons plus de masques. Nous avons reconstitué notre stock stratégique. Aujourd'hui, c'est aux hôpitaux de commander des masques. Aux régions, aux départements,
aux entrepreneurs privés. Et vous savez où les hôpitaux, les collectivités locales
commandent leurs masques ? Eh bien, justement, moi, je trouve ça très choquant. Alors que l'État leur a donné les moyens, avec des clauses juridiques particulières, clauses sociales, clauses environnementales, de pouvoir acheter des marchandises qui sont produites au plus près de leur site où ils sont livrés en masques, que continuent à acheter massivement en Chine. C'est la responsabilité des présidents de région, des présidents de départements, des responsables des hôpitaux d'être capables aussi de se prémunir contre des ruptures d'approvisionnement. J'ai compris, mais dans les appels
d'offres publiques, dans les appels d'offres publiques, pourquoi ne pas obliger à acheter français ?
Alors, on ne peut pas obliger parce que sinon, on aurait un problème lorsque nous, nous vendons des marchandises en Europe, on pourrait mettre des clauses pour nous bloquer. Nous sommes pieds et points liés par l'Europe. Non, pas du tout, Jean-Jacques Bourdin.
Aucune préférence nationale ! Ben si !
Mais si, mais il suffit de mettre une clause sociale et une clause environnementale. Moi, je suis très choquée. Il s'agit de la Chine. Comment l'État a-t-il réussi à acheter un milliard de masques à huit entreprises françaises ? Les autres acheteurs publics n'y parviendraient pas ? Enfin ! Donc, il est parfaitement possible de l'utiliser. Nous avons mis dans les cahiers des charges administratives générales des clauses obligatoires environnementales. C'est nous qui l'avons fait. Maintenant, il y a la libre administration des collectivités locales. Ça veut dire que dans la démocratie, un président de région prend ses décisions indépendamment de l'État.
C'est très bien, mais que chacun assume ses responsabilités et que lorsqu'on dit qu'on doit acheter français ou qu'on doit acheter européen, on le fasse. Nous, nous avons donné les moyens juridiques de le faire. Nous mettons en application ces clauses dans nos propres cahiers des charges. Chacun doit prendre ses responsabilités et le faire.
combien de doses de vaccins allons-nous donner à COVAX ? COVAX qui s'occupe des pays les plus pauvres des pays du Sud. Combien ?
Nous avons annoncé une première cible de 60 millions de doses pour la fin d'année. Nous sommes en capacité d'aller plus loin et nous, effectivement, soutenons toute la démarche européenne qui consiste à être le premier fournisseur et de très loin de doses pour les pays en développement. Nous le faisons directement et puis, nos usines sont au service.
Toutes les doses iront à COVAX, c'est ça ?
Pas seulement. Pourquoi seulement des AstraZeneca ?
Non, parce qu'on ne l'utilise plus.
Mais nous donnons aussi des doses Pfizer, des doses Moderna. Je veux dire, les pays en développement doivent avoir accès à tout le portefeuille vaccinal, tout le portefeuille vaccinal qui fonctionne. AstraZeneca comme les autres.
J'ai une dernière question, Agnès Pannier-Laché, j'ai été marqué, enfin, nous n'exagérons rien, mais j'ai lu avec attention l'interview d'Edouard Philippe dans Challenge. Edouard Philippe nous dit qu'il va falloir porter à 65, 66 ou 67 ans l'âge de départ à la retraite. Il a raison ? Ou pas ?
Moi, je ne poserai pas le problème comme ça. Parce qu'aujourd'hui, la France a un problème. Les jeunes rentrent de plus en plus tard sur le marché du travail. Et les seigneurs et les seigneurs ont du mal à trouver du travail. Donc, si vous retardez l'âge de la retraite, ça ne va pas résoudre ce problème-là. Et si c'est pour avoir des seigneurs qui continuent à chercher, moi, je vais vous dire, le premier sujet, c'est de réduire la réforme de retraite à une question d'âge, oui, certainement. C'est une réforme qui est beaucoup plus profonde.
C'est une réforme qui suppose de regarder à quel âge on rentre sur le marché du travail, qui suppose de faire en sorte que les seigneurs puissent travailler jusqu'au bout et dignement et dans de bonnes conditions et qui, derrière, fassent en sorte qu'on rattrape les carrières hachées et qu'il y ait la plus grande égalité entre les Français. Il est surprenant encore aujourd'hui que, suivant votre statut, que vous ayez été commerçant, que vous ayez été agriculteur, que vous ayez été fonctionnaire ou que vous ayez été salarié dans différentes entreprises et que vous ayez travaillé de la même manière en ayant à peu près le même salaire, vous n'ayez pas la même retraite. C'est ça.
Il faut converger aujourd'hui vers une forme de retraite où, à chaque fois qu'on cotise un euro, on est à peu près la même retraite. Je pense que c'est ce qu'attendent les Français. Après, il nous faut une réforme. Il nous faut une réforme parce qu'un système de retraite qui n'est pas financé, c'est mentir aux jeunes. Ça veut dire que leur propre retraite est en danger.
Merci Agnès Pannier-Renaché. Il est 8h54. Vous êtes sur RMC et BFM TV.
Agnès Pannier-Runacher