Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat· 27 février 2026 26 min

Fin de vie : faut-il créer un droit à l'aide à mourir ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous. Très heureux de vous retrouver pour un nouveau numéro de Parlement Hebdo, l'émission qui revient sur les temps forts de la semaine au Parlement. Comme chaque semaine, nous vous proposons donc un débat entre [musique] députés et sénateurs.

Aujourd'hui, on a le plaisir d'accueillir Sandrine Rousseau, député écologiste de Paris et Martin Lévrier, sénateur RDPI, Renaissance des iblines. Bonjour à vous. Vous débatterez tous les deux de la fin de vie.

L'Assemblée nationale a adopté cette semaine pour la deuxième fois les textes sur le droit à l'aide à mourir et sur les soins palliatif. Emmanuel Macron salue des débats je cite respectueux et un vote dans le sens d'un modèle humaniste. Quel avenir pour le projet de réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie.

Le texte a été adopté au Sénat, mais ça va se compliquer à l'Assemblée nationale et la réunion du Parlement en congrès semble compromise. Et c'était donc mercredi à l'Assemblée nationale. Les députés ont voté en faveur de la création d'un droit à l'aide à mourir.

Regardez les débats avec Marion Bécker. Chers collègues députés, je vous dire que je suis heureux que notre assemblée porte aujourd'hui la voix des Français qui attendent cette loi de façon très majoritaire. C'est un retour au texte d'origine.

La loi repose sur le principe du sucide assisté sans jamais le nommer. Le patient doit s'autoadministrer le produit sauf en cas d'incapacité. Les députés ont ensuite adopté un amendement qui exclut la souffrance psychologique seule de l'aide à mourir.

Ces points de friction ont marqué cette deuxième lecture bien plus électrique que prévu. Des doutes, des nuances sont apparues chez certains députés tiraillés entre le respect de la volonté des patients et la crainte de dérive. interdit de donner la mort est un principe absolu.

Et si nous acceptons des exceptions à un principe absolu, d'autres demain justifieront d'autres exceptions. Deux, quelle société voulons-nous ? Voulons-nous une société du soin ou une société où la compassion se résumerait à fournir la mort sur demande au nom de critères si peu solides que certains veulent déjà les élargir ?

Notre devoir est est d'empêcher toute dérive, pas d'empêcher toute liberté. Précisément, le texte que nous examinons pose des gardes fous stricts. Ce texte ne crée pas une obligation.

Il n'ouvre pas une facilité. Il reconnaît une possibilité exceptionnelle. Les partisans de la loi saluent un texte équilibré.

C'était donc une nouvelle lecture et on voit que pour le deuxème vote, l'éc l'écart a été plus serré entre les pour et les comptes. Je rappelle en mai dernier 305 voix pour 199 contre. Cette semaine 299 voix pour 226 comptes Sandrine Rousseau.

Pourquoi cet écart s'est-il réduit ? Est-ce qu'il y a plus de doute, plus d'inquiétude ? Je j'ai du mal à vous expliquer ça.

Faudrait de poser la question aux députés qui ont changé leur vote. Je pense aussi qu'il y a eu quelques partiels qui ont qui ont bougé à la marge les choses. Moi, je trouve que ce texte est finalement absolument identique à celui qui a été voté la dernière fois, mais absolument identique puisque nous on avait poussé pour que il y ait des évolutions notamment sur l'autoadministration et en fait ça a été voté à l'identique.

Donc je comprends pas cet écart de vote mais en tout cas je me réjouis du vote parce que ça fait quand même deux fois un vote. Martin Lévrier, le président de la République a salué un vote qui va dans le sens d'un modèle humaniste. Alors vous au Sénat personnellement, vous avez voté contre ce droit à l'aide à mourir.

Pourquoi ? Absolument j'ai voté contre. Alors droit humanisme humaniste, pourquoi pas ?

Moi, je n'ai pas la vérité sur un sujet aussi compliqué, aussi complexe qui dépend des valeurs qu'on peut qu'on acquire avec son éducation, des valeurs qu'on découvre en vivant et en travaillant. Pourquoi je suis plutôt contre ? Euh d'abord pour une première raison qui sort du cadre de de la fin de vie, c'est ce drame que nous vivons en France selon moi en tant que parlementaire qui est de loi successive et de loi jamais évaluée ou quasiment jamais évaluée.

Nous avions une très belle loi que laisse Leonetti que tout le monde a loué d'ailleurs à l'époque et que tout le monde loue encore aujourd'hui. On veut la faire évoluer de 2016. On veut la faire évoluer.

Ce que je comprends, la vie a évolué, la mort a l'approche de la mort a évolué avec les les progrès scientifique en particulier, mais on a toujours pas évalué, on n'est pas allé au bout la loi Cléonetti et c'est ça qui me pose le premier problème. Je crois énormément au soin palliatif. précise la sédation profonde et continue absolument mais qui est assis sur deux jambes enf qui est debout sur deux jambes sera plus plus tôt comme ça et qui avant tout les soins palliatifs et on sait aujourd'hui et on le sait tous que les soins palliatifs quand ils sont bien proposés tendent à faire changer d'avis les personnes qui auraient envie d'aller jusqu'au suicide ou à la mort assistée.

Mais il y a un texte sur les soins palliatifs. Sandrine Rousseau, c'est un argument que donne Martin Livrier qu'on a beaucoup entendu dans les débats. Si les soins palliatifs étaient correctement proposés, suffisamment proposés en France, il y aurait pas cette demande.

Vous faites pas ce constat là ? Pas du tout, pas du tout. Je pense que ce sont deux choses différentes.

Il faut qu'il y ait un accès aux soins palliatifs. Ça c'est c'est fondamental. Et d'ailleurs, je remarque que c'est parce que nous étudions une loi sur la fin de vie que aussi il y a une mobilisation sur les soins palliatifs parce que sinon ça passait quand même largement sous les radars de tous les PLFSS, de tous les budgets de la sécurité sociale successifs auquels en tous les cas moi j'ai pu assister.

Mais euh ça n'est pas la même chose. C'estàdire que on peut euh avoir en besoin de soins palliatifs et on peut aussi euh pour certaines personnes avoir envie d'une aide à mourir. Et en fait ce sont deux choses distinctes.

Moi je vais vous dire euh parce que je enfin je vais utiliser un un exemple évidemment très proche qui est celui de ma mère. Ma mère elle avait accès aux soins palliatifs. Elle a quand même décidé de d'avoir recours à à l'aide à mourir artisanal.

C'estd qu'elle s'est suicidée. Mais elle avait accès au soins palliatifs. Et pourquoi elle ne veut pas ? parce qu'elle ne voulait pas mourir dans une unité de soins palliatifs ou même chez elle avec des un accompagnement à domicile.

Elle ne voulait pas être déshydraté, elle ne voulait pas de ça. Et en fait, je je moi j'ai vraiment une question, c'est comment pouvez-vous juger les personnes qui sont comme ça ? En fait, c'est au nom de quoi juge-t-on ça ?

C'est il y a il y a des souffrances qui sont irréfragables, il y a des conditions qui encadrent les choses et moi, je voudrais juste qu'on respecte toutes les personnes avec toutes leur croyances et y compris celles qui n'ont pas de de de croyances religieuses ou quoi. C'estàd si les souffrances sont trop fortes et bien on peut demander à si vous me permettez, je porter aucun jugement sur qui que ce soit sur aucune valeur. Non mais vous empêchez leur liberté et j'ai même dit dès le départ euh que moi ce qui m'importait avant tout, j'étais j'étais un humaniste comme d'autres et que je n'avais pas la vérité.

Donc chaque choix est profondément individuel. Je pense que làdessus on est tous d'accord sur ce point de départ. On est d'accord sur les ce qui ce que l'on sait c'est que les personnes qui entrent en soins palliatif aujourd'hui dans des bonnes conditions pour la plupart de ceux qui envisageaient ou qui réclamaient de mourir de mourir de de se suicider ou d'être tanasié changer d'avis.

Donc c'est un sujet très intéressant. Le deuxième sujet et c'est pour ça que c'était mon premier point parce que j'ai pas tout développé. Le deuxième point là il est plus lié à mon expérience de vie.

J'ai j'ai dirigé une maison de retraite quand mon premier métier était deer une maison de retraite dont l'objet était d'accueillir des personnes pauvres. C'était une autre époque he c'était euh plus de 20 % des familles de ces de ces personnes qui étaient chez moi venaient presser de capter le peu d'héritage qu'il pouvait y avoir. J'ai vu des cas épouvantables.

J'ai un souvenir très particulier d'une personne parce que vous parlez d'un cas individuel. J'en ai un en tête qui qui me revient d'une femme qui qui était assez jeune, qui avait 65 ans à peu près, qui était rentré que l'hôpital de de ma ville m'avait envoyé, qui était arrivé très fatigué, qui s'était retrouvé très bien chez moi, qui retrouvait une santé incroyable. Son fils est venu, n'a eu qu'une obsession.

C'est de la rentre folle. Et je dis alors le sujet juste pour finir là-dessus, c'est on ouvre un droit à mourir, on ouvre un droit à donner la mort et c'est ça m'inquiète énormément parce qu'on met dans la loi la possibilité de et on ouvre une porte dont je ne connais pas l'issue. Alors justement parce que certains on par plus important encore plus important de cette inquiétude justement sur la pression des proches.

Autre inquiétude c'est que ce soit voilà on ouvre la boîte de Pandore. C'est une expression qu'on a entendu. Est-ce que pour vous ce texte est une première étape ? et vous assumez de dire "Oui, nous ce qu'on souhaite ouvrir davantage, desserrer les critères dans les prochaines années." C'est une des inquiétudes de ceux qui s'opposaient à ce texte là.

Non, mais enfin déjà, je voudrais revenir sur des choses, c'est qu'en fait là, le texte ne n'offre cette possibilité qu'aux personnes qui sont en fin de vie. On a vu les cinq critères cumulatifs. Ça n'est pas une question d'héritage et de tuer des gens qui seraient en bonne santé.

C'est pas du tout ça. La question c'est pas ça que j'ai dit du tout. Non, mais la question c'est vraiment on est en fin de vie, on a des souffrances irréfragables, le pronostic vital est engagé, voilà, on a la possibilité de mettre fin à ces souffrances.

C'est vraiment ça le sujet. Et sur les critères, je vous réponds en fait toutes les lois, toutes les grandes lois sociétales qui sont passées en France, on peut prendre la loi sur l'IVG, on peut prendre la loi Couchner, on peut prendre la loi CL Leonetti, il n'y a pas eu de changement de critère. Jamais, jamais.

C'est-à-dire que la loi euh Kouchner par exemple qui pose l'arrêt des soins qui est quand même quelque chose de très fort aussi hein, et bien euh il n'y a pas eu aucun changement de critère. L'IVG, la seule fois où on a voulu changer les critères, c'est au moment du Covid parce que il y avait un confinement et donc la question c'était de prolonger un peu de 2 semaines. Bon, mais c'est tout.

Je donc il faut pas il faut pas se dire que on ouvre une porte de pendeur, ça ne s'est jamais produit et ça ne se produira pas davantage sur ce texteel que sur les autres. Nous n'allons pas déposer des textes de loi juste après demandant l'ouverture des critères. Et je redis que les la loi telle qu'elle est passée à l'Assemblée euh hier ou avant-hier est une loi qui est parmi les plus restrictives d'Europe et du monde.

Donc on n'est pas dans quelque chose de laxiste si vous permettez, je crois que vous m'avez mal compris. Euh je dis pas obligatoirement que c'est la loi qui ouvrira de nouveaux droits ou pas. D'ailleurs, je dis que c'est le comportement humain qui peut ouvrir un sujet inquiétant quand on donne dans la loi le droit de donner la mort ou le droit de tuer.

On ouvre une porte et c'est pour ça que je prenais l'exemple tout à l'heure, vous avez peut-être mal compris. C'est des personnes plus en fin de vie qu'on va culpabiliser et qu'on va pousser à demander à mourir. Et ça et ça vous l'avez moi je l'ai vu.

Croyez-moi, croyez-moi, malheureusement mon expérience me démontre que vous ne pourrez jamais démontrer ce délit d'incitation dans la plupart des cas. Et c'est là où j'ai une inquiétude terrible, c'est que la loi française et j'allais dire le serment d'Hippocrate pour les médecins va toujours dans le sens de la vie. Là on met une nouvelle pierre sur le droit à la mort. sur l'incitation à arrêter les soins sur l'incitation à prendre la sédation en fait évidemment c'est et par ailleurs vous négligez dans votre raisonnement permettez-moi de vous le dire toutes tous les gestes clandestins qui sont faits aujourd'hui qui sont absolument nombreux combien de médecins le font en réalité sans le dire et sans et dans l'intimité de la relation avec le patient et donc là on légalise quelque chose c'estàd qu'on rend officiel quelque chose et on rend cadré quelque chose.

Alors, je voudrais qu'on je voudrais qu'on aborde un autre point qui était très important dans le débat sur cette question. Qui doit faire le geste létal dans ces situations ? Les députés ont voté faisant finalement de l'euthanasie une exception, c'est-à-dire que l'autoadministration et la règle, sauf en cas d'incapacité physique de la personne pour réaliser ce geste.

Martin Lévrier, pour vous c'est une sécurité ? Ben, je suis je suis un peu étonné parce que ce que vous disiez, madame Rousseau il y a 2 minutes, c'est que la loi n'avait absolument pas changé. Nous, on l'a pas reçu encore la loi.

Donc, j'ai pas lu la loi. Moi, j'ai entendu des débats et cetera, mais à l'heure qu'il est, j'ai pas fait le travail que je dois faire de parlementaire puisque je n'ai pas le support qui va avec. Ce que vous me dites, c'est qu'il y a eu une évolution.

Effectivement si vous alors voilà voyez vous madame là j'ai excusez-moi de de montrer mes limites mais alors les députés avaient voté le libre choix autoadministration administration par un/ tiers et puis ils sont revenus sur ce vote. dans le texte définitif, c'est bien l'autoadministration qui est la règle à part si le patient est en incapacité physique de le faire déjà dans ça ça n'a pas bougé changé par le Sénat. Donc voilà, pourquoi ne pas donner le libre choix à la personne de l'administration de du du produit ?

Parce que ce libre choix, j'y reviens, ce libre choix de donner le droit, le pouvoir entre guillemets au médecin de faire une ordonnance qui donne la mort. Voilà, le le médicament, il arrive pas tout seul. et qu'on aille l'acheter soi-même, qu'on aille l'acheter soi-même plutôt que de se le faire administrer.

C'est effectivement une strate un peu différente. Ça je je vous rejoins complètement. En revanche, l'acte de pouvoir avoir ce médicament, c'est l'acte d'une personne qui est un médecin dont le rôle dont la mission, c'est pas un métier, dont la mission est de d'aider à vivre et de soigner.

Est-ce que la mort est un soin ? Euh oui, vous vous étiez favorable à ce libre choix, mais est-ce que effectivement vous avez compris que pour garder peut-être une majorité ici à l'assemblée, il fallait garder l'autoadministration comme règle ? Euh je l'ai pas compris, je l'ai observé et bon voilà, c'est c'est le jeu de l'assemblée, hein.

C'estàd que la démocratie c'est la démocratie et je suis très attachée à ça. Donc il y a une majorité, moi j'aurais préféré qu'on laisse le libre choix. Pourquoi ?

Je vais vous je le me permets de le développer un petit peu, c'est que quand vous avez pris votre décision, que vous avez réitéré votre décision, donc que vous êtes absolument sûr de vouloir avoir accès à cette aide à mourir, si vous vous autoadministrez le produit, ce qui est aujourd'hui dans la loi la règle, et bien il y a deux possibilités. Soit vous vous injectez le produit vous-même, soit vous l'avalez. Mais pour l'avaler, il faut d'abord prendre des antivomitifs et cetera.

Ce qui fait que vos dernières pensées avant de quitter ce monde sont des pensées de crainte de ne pas réussir à faire le geste. Et ce ne sont pas des pensées qui vont à vos proches, qui vont à vos amours et vos amis, qui font que vous tenez les mains des personnes que vous aimez. Et en fait, c'est tout ce ces derniers moments que moi je voulais beaucoup plus serein et léger d'une certaine manière. et et le la possibilité donnée euh de demander au soignant qui n'a pas fait valoir sa clause de conscience, sinon il serait pas dans la pièce, euh de dire "Est-ce que vous pourriez faire le geste ?" Me semblait permettre cette cette sérénité des derniers instants.

Voilà, maintenant euh ça n'est pas ça n'a pas été voté. Euh c'est comme ça. Voilà.

Et on précise que ce texte arrivera maintenant au printemps au Sénat pour pour une nouvelle lecture. On passe au deuxè thème de débat dans cette émission, la Nouvelle Calédonie. alors que la haute assemblée a adopté le projet de loi constitutionnel sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, mais son avenir reste quand même incertain, les précisions de Cécile Six pour 215 contre 41 le projet mardi, le Sénat a adopté le projet de loi constitutionnel pour la création d'un état de Nouvelle-Calédonie.

Le Premier ministre est venu lui-même défendre ce projet qui traduit l'accord de Bougival signé en 2025 et donne un statut pérenne au territoire. Il est tout simplement ce que nous avons fait émerger collectivement de mieux en 4 années de négociation. Voyez l'on de donc pour ce qu'il est, c'est-à-dire un point de départ et un bon point de départ.

Un point de départ mais un texte imparfait critiqué sur tous les bancs du Sénat. notamment car l'accord en Nouvelle-Calédonie n'a pas été signé par tous. Rien ne se fait en Nouvelle-Calédonie s'il y a pas de consensus.

Aujourd'hui, on sait très bien que les parti indépendantistes, que soit le FNLKS ou même une certaine partie du PAL Uni ne sont pas d'accord avec cette réforme. Donc il faut peut-être qu'on continue à discuter pour avoir un consensus au niveau de la Nouvelle-Calédonie. L'autre critique vient-elle du Parti socialiste qui s'est absten lors du vote car opposé à un nouveau report des élections provinciales déjà repoussé trois fois par le gouvernement qui souhaite maintenir en place les élus signataires de l'accord.

D'abord, cela est contraire à une décision du Conseil constitutionnel de septembre 2025 qui considérait que toute pration au-delà de 28 juin 2026 serait contraire à la Constitution. Ensuite, cela pose une véritable question de légitimité démocratique pour des élus en place depuis 2019 et sans cesse prolongé dans leur mandat. Après ce vote, le texte sera examiné à l'Assemblée nationale à partir du 31 mars où il est contesté par la gauche et le RN, mais la ministre des outres reste positive et moi, je continuerai à les convaincre, aller faire la pédagogie auprès des députés pour leur expliquer l'importance de ces accords.

Il n'y a pas d'accord politique qui puisse être consensuel. Il y a Bougival ou rien. Voilà pour ce reportage de Cécile Sixou.

Et puis si jamais l'Assemblée nationale adopte cette réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, et bien ce texte devra également récolter les 35e des voix des parlementaires réunis en Congrès à Versailles au printemps prochain. Sandrine Rousseau quand même parlons sur le fond de cet accord de Bougival qui est mis en place par cette réforme. Il crée dans la constitution française un état calédonien, une nationalité calédonienne.

Finalement, c'est une quasi indépendance pour la Nouvelle-Calédonie. Mais c'est quasi c'est tout est dans le quasi. C'estàd qu'en fait ça n'est pas une indépendance.

Les Canaques n'ont pas enfin les le parti indépendantiste n'a pas signé l'accord et en fait aujourd'hui on est dans un débat qui à mon avis dépasse même la Nouvelle-Calédonie en réalité qui est le débat de la colonisation et de l'évolution de cette colonisation. Et euh ce que l'on voit quand j'entends ces bougival ou rien, c'est qu'on est dans une tension et dans un moment de crispation et qu'en fait dans des territoires comme ça avec le passé que qu'on ces territoires et particulièrement la canaki qui a connu des violences dont on se souvient tous et toutes et bien doit faire l'objet d'un consensus et là il y a pas de consensus ni sur le corps électoral ni sur la date du scrutin. Et donc moi j'ai envie de dire au gouvernement retravailler la copie parce qu'on n'est pas complètement au bout du processus.

Martin Lévrier, est-ce qu'il faut prendre plus de temps ? On a entendu la ministre des outresemes, c'est Bougival ou rien et en même temps, on voit bien que le FLNKS, le parti indépendantiste ne veut pas de cet accord et de cette réforme. Alors, un petit point, il vous a pas échappé qu'au Sénat, on a décalé les dates dans dans ce que nous avons voté, nous avons reporté alors pas à des années à décal mais on a reporté quand même les dates justement pour essayer de de proposer un chemin qui nous permette de sortir.

Je sais pas si c'est une impasse parce que en démocratie, c'est toujours compliqué de dire si je ne suis pas là et que je ne veux pas prendre enfin que je dis position à l'extérieur mais que je ne veux pas être à l'intérieur, je deviens la majorité, on peut pas s'en sortir. Le principe démocratique, c'est quand même qu'une majorité l'emporte. À Bougival, il y a eu un travail qui a été fait.

Le FLNKS'en est extrait à la fin. Si à chaque fois que je suis pas d'accord, je m'extrait. Vous vous le disiez tout à l'heure très clairement, la loi et la loi une fois qu'elle est votée, je l'applique.

Mais si à chaque fois je ne suis pas d'accord, je sors et j'empêche le vote parce que là on en c'est c'est un peu le sujet, ça n'est plus la démocratie non plus. Donc moi je suis convaincu qu'en Nouvelle-Calédonie, il y a la population qu'elle soit calédonienne ou ou moins calédonienne a envie de discuter, a envie de parler. Ils l'ont prouvé depuis 30 ans.

Donc il faut trouver le chemin mais on ne peut pas rester dans une impasse. Aujourd'hui, on est dans une impasse et cette impasse a duré trop longtemps. Le les socialistes l'ont dit au même en disant "Ça fait trop longtemps que les élus sont sont élus.

Là aussi, c'est un vrai sujet. Donc, il faut bien arriver à une élection." Et je trouve que la porte ouverte par les accords de Bougival permet de relancer cette discussion qui est indispensable aujourd'hui et j'apprécie énormément que le premier ministre se réinvestisse totalement dans ce sujet.

Malheureusement à une époque Malheureusement à une époque les premier ministres s'en sont moins mêlés. Je pense que c'est un des sujets Sandrine Rousseau, le FNKS reste en dehors de l'accord mais il y a quand même d'autres partis indépendantistes, l'un le PALC qui ont voté signé cet accord et puis on le rappelle, il y a eu trois référendums pour sur l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie où à chaque fois le oui pour le maintien en France à l'a emporté. Donc il y a un moment il faut avancer. le trisème ayant été boycotté et vous le savez très bien en fait oui mais donc on peut pas dire que c'était que c'est un oui dans la mesure où une partie importante de du paysage politique de Lille a s'est absten enfin ce n'est même pas venu aux urnes.

Donc je dire il faut mesurer aussi le le degré de colère qu'il y a. Moi, j'ai beaucoup discuté avec des représentants du FLNKS qui sont extrêmement remontés parce que il y a certes dans les accords de Bougival un état euh et une nationalité liée à la Nouvelle-Calédonie mais en fait qui ne donne aucune nouvelle compétence et qui ne modifie pas le rapport entre l'hexagone et la nouvelle Couré. Si vous me permettez, dans dans ce qui est discuté, il y aura des lois organiques qui suivront qui donneront des compétences complémentaires pour ne pas dire supplémentaires.

Demande de voter la loi constitutionnelle avant de connaître le concès. C'est la plupart du temps, c'est ainsi. La plupart du temps, quand la constitution de 58 a été faite, les organiques n'existaient [rires] pas.

Enfin, on peut pas, il faut bien commencer par le commencement. Non mais non je pardon mais je vous trouve de mauvaise fois parce qu'on pourrait très bien avoir sur la table les lois organiques déjà prêtes en disant on commence là mais on sait au moins quelles sont les lois organiques. Aujourd'hui nous ne les avons pas, nous ne les savons pas.

Donc en fait il y a quand même cette espèce de saut dans l'inconnu et une espèce de confiance qu'on doit avoir dans un un territoire où la confiance a été totalement rompue par l'histoire de cette colonisation. Donc voilà, tout ça explique les tensions. C'est pour ça que je dis au gouvernement, je pense que nous devrions vraiment apaiser les choses.

Et pour le coup, Manuel Vals, qui n'est quand même pas dans mes amis politiques les plus proches, [rires] avait réussi à nouer un dialogue, ce que manifestement Naï Mamou n'arrive pas du tout à faire. Martin Lévrier, il y a la question du report justement des élections. Vous en parliez, le gouvernement propose de les reporter en décembre.

Les socialistes par exemple disent non, ce qu'il faudrait c'est faire les élections et en fonction de ce résultat des élections rediscuter avec les Franç. Vous voyez comme c'est compliqué. C'est-à-dire que des deux côtés, chacun donne des limites qui sont parfaitement opposées l'une à l'autre.

Donc c'est comment trouver un chemin entre les deux pour avancer ? Et c'est pour ça que je crois beaucoup à cette réforme constitutionnelle parce qu'elle donnera du sens ou des valeurs, j'allais dire et de sens et de valeur. On est capable, enfin ils sont surtout, je crois c'est surtout au Caléoniens de le faire, ils sont capables de trouver les bons chemins.

Et quand vous parliez dans la loi organique, moi je trouve beaucoup plus intéressant que cette loi organique soit travailler avec l'ensemble des parties prenantes plutôt que imposer des aujourd'hui. Alors là, on nous dirait et a raison, vous fermez tout le débat tout de suite. Or le vrai sujet c'est de réouvrir un vrai débat parce que Bougival était un vrai débat.

Non mais oui mais le problème c'est que on on revient à un choix du FLNKS qui a un fonctionnement enfin qui a une action qui n'est pas démocratique. Quand on refuse d'aller voter qu'on donc on ne peut pas se compter c'est une forme de dénit de démocratie. Vous voyez c'est ça qui est embêtant et moi je regrette vraiment parce que d'autres partis l'ont fait tous les indépendantistes seraient contre.

Je dirais on a un vrai sujet quand même. Mais c'est pas le cas. C'est pas le cas.

Et donc on a une situation de blocage que j'entends mais que je ne peux pas comprendre et donc je demande à ce qu'on reprenne le débat, qu'on l'ouvre et je pense qu'une des portes ne rien faire, c'est ce qu'il y a de pire. Et donc une des belles portes, c'est celle qu'on propose par la constitution parce que vous le savez comme moi, la Constitution, c'est le fondement même de notre bien vivre ensemble. Je rappelle quand même que quand on est arrivé en ce qui on appelle Nouvelle-Calédonie qui s'appelait Kanaki, on n' pas de fait euh un processus démocratique extrême hein.

Et que quand il s'agit par exemple de gérer les ressources de nickel, on fait par décret, ce qui est pas non plus un processus démocratique extrêmement transparent. Donc je veux dire et je le redis sur la loi organique, je pense que nous aurions dû commencer presque par ça en fait. C'est-à-dire savoir parce que avoir un statut si nous n'en si nous ne savons pas quel en sera le contenu réel, c'estàdire les les personnes qui vivent en Canaqui et particulièrement les Canaques, n'attendent pas d'avoir une carte d'identité.

Ceux qui veulent, c'est avoir des droits. Ceux qui veulent, c'est avoir une réparation de leur histoire. Ceux qui veulent, c'est avoir une reconnaissance de de leur terre.

La modification de la Constitution, c'est quelque chose d'essentiel. On peut pas dire c'est un éphénomène deance c'est vu aussi c'est vu aussi de trois référendum qui ont été systématiquement majoritaires pour rester français. Martin Lévrier non mais attendez oui mais c'est pas démocratique le boycot.

Est-ce que vous convenez que dans tous les cas au final cette réforme constitutionnelle a très peu de chance de passer que ce soit à l'Assemblée ou alors au 35e des voies en congrès ? Je je réponds que j'attends de chaque élu qu'il ait sa liberté de vote et sa propre réflexion. Et je veux croire que dans ce regard, il y a un chemin pour la Nouvelle-Calédonie, pas pour moi personnellement.

Pour la Nouvelle-Calédonie, qu'est-ce que je veux ? Est-ce que je veux essayer d'apaiser ? Est-ce que je veux donner un chemin ? reconnaître dans la Constitution que la Nouvelle Calédonie pardon que la Nouvelle-Calédonie est à part mérite plus de liberté, d'autonomie, de responsabilité parce que voilà et moi je crois à ça et donc j'ai envie de donner un chemin que que Bougival a montré et que 80 % des gens qui étaient à Bouge d'Ival au départ ont accepté.

Et pour vous, faut mettre en pause la réforme constitutionnelle. Moi je pense qu'il faut enfin faut aborder ce territoire de manière différente comme on aborde les autres territoires ultramarins. C'est par le cas de la réparation et du respect des personnes qui vivent.

Juste pour information la moitié de notre groupe RDPI est ultra marin la moitié. Donc on on sait de quoi on parle. Merci à vous de d'avoir participé et on se retrouve après les élections municipales.

Merci beaucoup.