Dette : «Nous sommes à l'heure des conséquences», prévient François-Xavier Bellamy
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse directe
Bonjour à vous.
- 0:18FerméeRéponse partielle
Pensez-vous qu'un seul de vos électeurs ne soit pas d'accord avec cela ?
- 0:46RelanceÉludée
Avec la même chose, abrogation de la loi SRU, expulsion des familles de délinquants, même programme ?
- 1:41OuverteRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas un peu la carte que tout le monde joue ?
- 1:46RelanceRéponse partielle
Vous pensez vraiment que tout l'État profond peut être réformé par référendum ?
- 2:39RelanceRéponse partielle
Mais tout le monde se rappelle de 2005, référendum, les Français disent non à la Constitution européenne et ils se la font infliger en 2008 avec le traité de Lisbonne.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55Invité politiqueFait
« Il y a cinq ans, elle proposait de construire 100 000 HLM. »
- 0:59Invité politiqueFait
« Il y a trois ans, deux ans même, en 2024, elle expliquait que la priorité nationale qu'elle développe aujourd'hui comme une obligation était en réalité impossible. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Et le point fondamental sur lequel je la rejoins, c'est qu'en effet, elle sera impossible sans une révision constitutionnelle. »
- 5:16Invité politiqueFait
« La Cour des comptes l'a montré. »
- 5:57Invité politiqueChiffre
« 20 % des Français qui mettent un mois de salaire dans les pleins d'essence qu'ils doivent faire, en particulier pour aller à leur travail. »
- 6:51Invité politiqueChiffre
« un tiers de Français aujourd'hui, qui disent qu'ils sont obligés de sauter régulièrement un repas parce qu'ils n'ont plus les moyens de s'alimenter à leur faim. »
- 7:06Invité politiqueFait
« les indicateurs que nous avons découverts la semaine dernière, qui montrent que la France décroche en Europe sur la croissance économique »
- 7:59Invité politiqueChiffre
« mille milliards de dettes qui ont été posées sur nos épaules par les gouvernements d'Emmanuel Macron. »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy81 %
- Présentateur16 %
- ?3 %
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Europe 1 Et
notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est François-Xavier Bélanmi. Bonjour à vous. Bonjour. Vice-président des Républicains et bien sûr soutien de Bruno Retailleau. Marine Le Pen a fait sa rentrée hier à Hénin-Beaumont en affirmant que la priorité nationale était un droit naturel et juste. Pensez-vous qu'un seul de vos électeurs ne soit pas d'accord avec cela
? Le
fait est que sur la question du logement, puisque c'est ce dont elle parlait, il y a aujourd'hui en effet une crise immense dans le pays. Donc vous êtes d'accord avec elle ? Il est parfaitement normal et d'ailleurs nous le défendons aussi. Bruno Retailleau, il a présenté ses propositions sur ce sujet vital en effet pour tant de familles en France en mai dernier. Et donc nous avons évidemment eu l'occasion de développer tout ce que nous voulons faire
de manière bien plus précise et détaillée. Avec la même chose, abrogation de
la loi SRU, expulsion des familles de délinquants, même programme ?
Le point qui me frappe dans la proposition de Marine Le Pen, c'est qu'elle ne cesse de varier. Il y a cinq ans, elle proposait de construire 100 000 HLM. Il y a trois ans, deux ans même, en 2024, elle expliquait que la priorité nationale qu'elle développe aujourd'hui comme une obligation était en réalité impossible. Et le point fondamental sur lequel je la rejoins, c'est qu'en effet, elle sera impossible sans une révision constitutionnelle. Et c'est la raison pour laquelle Bruno Retailleau propose cette révision constitutionnelle.
Il a commencé sa rentrée par là parce que c'est la condition pour rendre le pouvoir aux Français et pour déverrouiller tout ce qui aujourd'hui s'interpose entre leur propre volonté et la réalité politique.
Et
si nous ne faisons pas cette révision constitutionnelle, il est déjà certain que la promesse de Marine Le Pen en fait est impossible.
Et
donc les vôtres aussi,
c'est
le verrou de la réforme constitutionnelle. Est-ce que ce n
'est
pas un peu la carte que tout le monde joue ?
C
'est le référendum, on va tout régler par référendum. Vous pensez vraiment que tout l'État profond peut être réformé par référendum
?
Je ne crois pas que tout le monde le joue. Personne en réalité ne parle aujourd'hui de cette proposition fondamentale que nous sommes les seuls à porter. Personne n'est à la hauteur de la précision et de la force de la proposition qu'a formulée Bruno Retailleau. À travers les textes référendaires que nous avons écrits, que nous avons proposés aux Français qui sont déjà sur la table, nous avons les moyens de faire en sorte de leur rendre le pouvoir. Pas seulement sur les questions migratoires, le Rassemblement National propose un référendum sur l'immigration, mais nous proposons bien plus que cela.
Nous proposons une manière d'élargir le champ du référendum à tous les sujets qui concernent la vie de la société et à travers en particulier le référendum de rendre le dernier mot aux Français quand le juge suprême, la Cour constitutionnelle, décide
de consulter une loi votée par les parlementaires. Mais tout le monde se rappelle de 2005,
référendum, les Français disent non à la Constitution européenne et ils se la font infliger en 2008
avec le traité
de Lisbonne.
Donc le référendum c'est vraiment
le mystic gris en fait.
Ce n
'est
pas seulement 2005, vous savez moi je suis de l'Oire-Atlantique, ma famille vient de la région nantaise. Nous avons connu dans la région des Pays de la Loire un référendum régional sur la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes. L'aéroport Notre-Dame-des-Landes c'est des dizaines de décisions de collectivités locales qui vont toutes dans le même sens. Ce sont des dizaines de décisions de justice qui vont toutes dans le même sens. C'est un référendum régional et à la fin on a préféré donner raison à quelques zadistes plutôt qu'à la volonté populaire. Qui était aux responsabilités ? Edouard Philippe.
Et Edouard Philippe est très cohérent quand il explique aujourd'hui qu'il ne veut pas de la proposition de référendum de Bruno Retailleau. Vous voyez tout le monde en parle disiez-vous. La vérité c'est que personne ne veut le faire sauf Bruno Retailleau qui est prêt à s'engager dans cette voie fondamentale.
Ce
n
'est
pas une réforme parmi d'autres, c'est la condition de tout le reste. Et même si ça peut paraître technique, théorique ou abstrait, en réalité c'est par là que nous rendrons aux Français une démocratie vivante
et souveraine.
Que vous réservez votre première pic à Edouard Philippe, on n
'est
pas encore près de l'Union et on en reparlera
dans un instant.
C'est juste important de montrer les différences entre les projets. Vous savez, on ne fait pas de la politique pour les égaux, non. Edouard Philippe, il assume, je le disais, de manière très claire la manière dont il défend son projet. Et manifestement, il ne veut pas de ce référendum. Il l'a montré encore une fois, je le disais à Notre-Dame-des-Landes. Moi, je crois qu'un des grands malaises dans la vie démocratique du pays, c'est que les Français ont le sentiment, en effet, qu'on les écoute mais qu
'on
ne les entend jamais. Qu'on les laisse parler mais qu'ils ne décident plus de rien. Eh bien, c'est de cela qu'il faut sortir aujourd'hui, rendre le pouvoir aux Français. C'est la condition de tout le reste.
Et eux pensent d'abord pouvoir d'achat, pardon M. Bellamy. Eux, ils ont du mal à boucler leur fin de mois. Les taxes, évidemment, les étranglent. Là où se dépris des carburants et du gasoil, parce qu'il va falloir, et du fioul aussi, se chauffer pendant l'hiver. Qu'est-ce que vous proposez là, très concrètement ? Chacun a un éventail de mesures concrètes. Est-ce qu'il y a une mesure que vous prenez, vous, si Bruno Retailleau arrive à l'Élysée ?
D'abord, il faut agir maintenant. Ce n
'est
même pas la présidentielle qu'il faut attendre, même si elle sera la condition de tout le reste. Mais c'est l'urgence aujourd'hui pour les Français. Et vous l'avez dit, la question de l'explosion des prix de l'essence, c'est aussi la question de l'explosion des prix du gaz qui menace que beaucoup de Français soient confrontés au froid cet hiver. Je pense qu'on n'a pas le droit de laisser faire cela. Donc il y a bien sûr une urgence fondamentale qui est de faire en sorte de tout faire pour baisser la pression que représentent aujourd'hui
les
prix à la pompe. Par exemple, la suppression des certificats d'économie d'énergie. Aujourd'hui, ces certificats entretiennent une économie parallèle qui est parfaitement inefficace. La Cour des comptes l'a montré. Et ça représente plusieurs centimes par litre de carburant. C'est aussi sur la facture d'électricité. Et Bruno Retailleau l'a répété ce week-end. Il veut s'engager à supprimer ce surcoût qui est en réalité une taxe déguisée parfaitement.
Et sur les carburants
? Ça, ça concerne le carburant aussi. Et puis ensuite, il faut évidemment aider en priorité ceux qui travaillent. C'est la revalorisation du barème kilométrique qui est absolument urgente. Il n'a pas été revalorisé depuis trois ans. Aujourd'hui, de toute évidence, il faut que ceux qui travaillent puissent avoir accès au remboursement dont ils ont droit pour que personne n
'ait
besoin de payer pour travailler. Vous vous rendez compte qu'en France, aujourd'hui, il y a 20 %, c'est l'INSEE qui nous le dit il y a quelques jours, 20 % des Français qui mettent un mois de salaire dans les pleins d'essence qu'ils doivent faire, en particulier pour aller à leur travail. C'est évidemment une situation absolument intenable.
Est-ce
que vous redoutez un mouvement de révolte sociale
?
Il y a une vigilance particulière de la part des services de renseignement face à tout mouvement qui pourrait ressembler aux gilets jaunes. Il
y a
une date, le 17 octobre, qui est évoquée. Vous croyez à un mouvement de révolte ou pas
?
Mais moi, ce que je redoute d'abord, ça n'est pas la colère sociale. Ce que je redoute d'abord, c'est la détresse sociale.
Mais
elle est déjà
là.
Elle est là, bien sûr. Et ce que je redoute, c'est le fait qu'aujourd'hui, elle ne soit pas entendue. Il est absolument urgent, je le redis, que nous puissions agir pour tous ces Français qui sont asphyxiés, en particulier par la hausse des prix de l'énergie, par toutes les dépenses contraintes qu'il faut assumer et qui font que tant de Français, on a un tiers de Français aujourd'hui, qui disent qu'ils sont obligés de sauter régulièrement un repas parce qu'ils n'ont plus les moyens de s'alimenter à leur faim. Cette situation, elle est la conséquence de trop nombreuses années de choix catastrophiques pour notre économie.
Et les indicateurs que nous avons découverts la semaine dernière, qui montrent que la France décroche en Europe sur la croissance économique, ils appellent à une action urgente et rapide. Ce sera, là encore, l'un des grands enjeux de l'élection présidentielle.
Là encore, je vous renvoie à ce qu'a proposé Marine Le Pen. Elle veut une baisse de la TVA de 20 à 5,5, TVA 0 sur 100 produits de première nécessité, baisse des taxes sur le gaz,
le
fuel et le carburant. C'est réalisable pour vous ?
C
'est tangible
?
Cette baisse massive de la TVA, elle est une fausse promesse, d'abord, parce que je crois que les Français en sont conscients. Nous sommes aujourd'hui au bord de la falaise, au bord de la falaise budgétaire. Et la vérité, c'est que promettre de raser gratis, c'est toujours injuste en politique, mais dans un moment comme celui-là, c'est en plus extrêmement dangereux. Nous sommes en train de vivre l'heure des conséquences, conséquences
de ces mille
milliards de dettes
qui ont été
posées sur nos épaules par les gouvernements d'Emmanuel Macron. Et nous allons devoir affronter ces conséquences terribles, mais cela va supposer de faire des choix qui soient clairs. Et nous, ce que nous disons avec Bruno Retailleau, c'est que
parce
que l'argent va devenir tellement rare, il va falloir le mettre d'abord, non pas sur des produits que nous importons, mais sur le soutien à ce que nous produisons. Baisser massivement la TVA sur les carburants, massivement. Nous, nous disons qu'il faut supprimer les certificats d'économie d'énergie. Nous disons qu'il faut une TICPE flottante pour que l'État ne gagne rien, à minima, dans un moment comme celui-là. Mais en revanche, baisser massivement la TVA sur les carburants, ce serait en réalité, au moment où nous n'avons plus d'argent, faire un chèque énorme à l'Arabie Saoudite. Est-ce que c'est vraiment notre avenir ? Je ne le crois pas. Notre but,
c
'est de rendre du salaire à ceux qui travaillent. Notre but, c'est de rendre de l'oxygène à la production française. Notre but, c'est de faire en sorte de faire baisser les prix de ce qui est fabriqué en France. Pourquoi ? Parce que c'est comme ça qu'on rendra du travail aux Français et du salaire à ceux qui travaillent. Et promettre qu'on va rendre moins cher des produits qui sont entièrement importés, c'est en réalité, dans un moment où l'argent est si rare, c'est faire un choix contre-productif pour l'économie française, pour
les salaires des Français.
Et je ne crois pas du tout que ce soit, comme le dit Marine Le Pen, un choix social. C'est en réalité, malheureusement, un choix antisocial.
François-Xavier Bellamy