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interviewRTL — Le Grand Jury (sur Podcast)· 7 juin 2026 50 min

Le Grand Jury de Jean-Noël Barrot

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

On s'était promis quoi cet été ? Moins de travail. Et ? Moins de stress. Et ? Moins d'administratif. Alors pourquoi t'es sur ton ordinateur ? Parce que je m'inscris sur Collecto pour la facturation électronique. Ça prend combien de temps ? C'est fait. Inscrivez-vous à la Nuaire de l'État pour la facturation électronique en moins d'une minute avec Collecto. Centralisez devis, factures, paiements et trésorerie sur une plateforme connectée à votre expert comptable. Collecto, la seule promesse de l'été facile à tenir. Pour plus d'informations, rendez-vous sur collecto.fr. Présenté par Olivier Bost.

0:43
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans ce grand jury. Nous sommes en direct sur RTL et en direct sur Public Sénat. Bonjour Jean-Noël Barraud. Bonjour Olivier Bost. Vous êtes ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, également vice-président du Modem. Fiasco, naufrage, honte après la mort de la jeune Liana et plusieurs plaintes ignorées. Où sont les responsabilités ? Les politiques peuvent-ils totalement se dédouaner de ces errements de la justice ? Dans le monde, trois conflits et aucune perspective de paix en Iran, au Liban, en Ukraine. Que peuvent faire la France et l'Europe ? Et face à l'agressivité américaine et à la concurrence des loyales chinoises, quelles sont nos armes ?

Bienvenue dans ce grand jury, Jean-Noël Barraud. Merci. A mes côtés pour vous interroger, Claire Conruite du Fidiaro et Steve Jourdain de Public Sénat. Dans ce grand jury, Jean-Noël Barraud, nous aurons une séquence dédiée à 2027 à l'élection présidentielle. Comment ferez-vous le tri ou votre choix dans la profusion de candidats dans le bloc central ? Et puis vous répondrez également à nos questions express. Une marche blanche s'élancera cet après-midi dans le village de Florence. Comment qualifiez-vous ce qui s'est passé dans l'affaire de Liana ? 11 ans retrouvée morte cette semaine. Le suspect était visé par plusieurs plaintes sans jamais avoir été entendu.

Vous parlez de Jean-Noël Barraud, de quoi ? De fiasco, de naufrage, de honte ?

2:17
Jean-noël Barrot

D'abord, comme beaucoup de Français, je ressens ce matin profonde tristesse. En pensant à cette famille endeuillée qui traverse une épreuve inhumaine, inimaginable. Une profonde colère aussi, parce que ce drame aurait pu, aurait dû être évité. Il y a là, comme l'a dit le garde des Sceaux, une défaillance majeure et un échec immense des pouvoirs publics, dont il faudra tirer toutes les leçons. Mais je ressens aussi une forme de honte. Parce que collectivement, clairement, nous ne parvenons pas à donner toute l'importance qu'elle mérite à la parole des plus vulnérables dans notre société, celle des femmes, et en particulier celle des enfants.

Or, la grandeur d'une nation se mesure à la manière dont elle protège les plus vulnérables, à commencer par les enfants.

3:04
Présentateur

On peut être politique et avoir honte, parce que vous êtes aux responsabilités.

3:07
Jean-noël Barrot

Vous savez, je suis un responsable politique, mais je suis aussi un militant, et je suis un père de famille, et je suis un citoyen, comme les autres. Et ce drame nous enseigne, comme d'autres l'ont fait avant lui, qu'il est urgent que nous puissions accorder toute cette importance, toute cette attention à ce que nous disent les plus vulnérables en toutes circonstances, et singulièrement s'agissant des violences sexuelles et sexistes, des violences sexuelles à l'encontre des enfants.

3:33
Présentateur

Est-ce que vous pouvez comprendre des appels à la démission de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, lancé par exemple ce matin par Mathilde Panot, de la France ?

3:40
Jean-noël Barrot

Je ne peux pas me lancer dans une chasse aux responsabilités, puisque le garde des Sceaux, vous le savez, il avait déjà initié, depuis des semaines, un travail pour mieux protéger les enfants, qui doit être mis à son crédit. Et par ailleurs, une enquête a été lancée qui permettra d'établir très concrètement les responsabilités dans la chaîne, dans l'engrenage qui a conduit à ce que cet homme, pédocriminel, récidiviste, puisse ainsi commettre un crime.

4:11
Intervenant

Très clairement, Jean-Noël Barrault, des gens vont devoir démissionner. Quand on voit ces quatre plaintes pour viol, ces deux signalements, cette inaction générale, cette défaillance au niveau de l'État, enfin, dans l'ensemble de la chaîne étatique, des gens vont devoir partir, vont devoir quitter leur fonction ?

4:27
Jean-noël Barrot

Il y a une enquête qui a été diligentée. Elle conduira sans doute à ce que des sanctions soient prises. Mais une nouvelle fois, je crois que cet engrenage doit être précisément décortiqué. Mais au-delà, c'est la parole des enfants face aux prédateurs, face aux violences sexuelles, qui doit être mieux entendue. Et ça doit nous interpeller tous.

4:48
Intervenant

Ce serait quand même étonnant que tout le monde reste à son poste. C'est ça que j'ai envie de vous faire dire.

4:51
Jean-noël Barrot

J'ai parlé d'une défaillance majeure, d'un échec immense des pouvoirs publics. Il me semble que l'enquête établira les responsabilités et que sur cette base-là, les sanctions seront prises.

5:03
Présentateur

L'air qu'on vite.

5:04
Intervenant

Jean-Noël Barrault, 400 millions d'euros dans le budget de la justice viennent d'être gelés pour cette année, pour faire face au déficit. Est-ce que, vu le contexte, il ne faut pas revoir ce gel ?

5:14
Jean-noël Barrot

Sans doute faut-il, en tout cas, réfléchir aux choix budgétaires qui sont les nôtres et qui nous ont conduits, après des épisodes où nous avons dû protéger les Français pendant la Covid, après le démarrage de la guerre en Ukraine, où la flambée des prix de l'énergie ont eu un impact très dur sur le pouvoir d'achat et notamment sur celui des plus modestes, à faire des économies. Mais nous ne devons en aucun cas désarmer l'État dans sa dimension régalienne.

Et c'est vrai pour le ministère de la Justice, c'est vrai pour le ministère de l'Intérieur, celui des armées, et c'est vrai aussi pour mon ministère, le ministère des Affaires étrangères, parce que dans un monde qui se durcit, nous devons nous donner les moyens de protéger les Français et les Français.

5:55
Présentateur

Vous dites non à ce gel ? Vous pensez qu'il n'est pas opportun ?

5:57
Jean-noël Barrot

Je ne suis pas le mieux placé pour vous dire exactement ce qu'il convient de faire pour le ministère de la Justice. Ce que je dis simplement, c'est que nous devons et nous aurons à faire l'année prochaine puisque l'élection présidentielle est aussi le moment où ces débats doivent avoir lieu, des choix budgétaires importants sur la manière dont nous trouvons l'équilibre entre la préservation de notre modèle social, mais aussi le renforcement, le réarmement régalien de notre pays.

6:24
Présentateur

Alors il y a aussi un débat, c'est sur la responsabilité des magistrats. Édouard Philippe a dit qu'il s'interrogeait très sérieusement sur le bien fondé, dans un domaine aussi sensible que la magistrature, d'un pouvoir syndical assez important et qui donne le sentiment d'être intouchable. Est-ce qu'il faut revoir la façon dont les magistrats sont défendus syndicalement ?

6:46
Jean-noël Barrot

La liberté syndicale est imprescriptible, mais de toute évidence, il y a dans cet engrenage que j'évoquais tout à l'heure, des responsabilités qui devront être établies et qui ne se limitent pas, à mon sens, à des responsabilités individuelles et personnelles, mais aussi à des responsabilités collectives, ou plus précisément à la manière dont les responsabilités sont réparties. Donc il faut interroger le système. Bien sûr qu'il faut interroger et réinterroger le système judiciaire, pour qu'il soit en capacité, disposant des moyens nécessaires, mais en capacité de traiter des plaintes lorsqu'elles sont déposées, et d'éviter ce type de...

7:25
Présentateur

Donc l'idée de revoir le pouvoir du syndicat de la magistrature ne vous choque pas ?

7:29
Jean-noël Barrot

Je vous l'ai dit, la liberté syndicale est imprescriptible. Ceci étant dit, je pense que dans l'organisation de la justice, il y a nécessairement des améliorations à apporter pour que les responsabilités soient mieux établies et que les comptes puissent être rendus.

7:43
Intervenant

Vous parliez de l'élection présidentielle, et sans doute ce sujet va devenir l'un des thèmes de la campagne, étant donné la gravité des faits. L'un des candidats, la présidentielle Bruno Retailleau, propose la création d'une cour disciplinaire de la magistrature pour sanctionner les procureurs et les juges fautifs. Qu'est-ce que vous pensez de cette mesure, de cette proposition ?

8:04
Jean-noël Barrot

Je vais suivre attentivement les travaux qui ont été lancés par le garde des Sceaux pour que l'enquête permette de faire toute la lumière sur ce qui s'est passé exactement et que les conséquences puissent être tirées, que les sanctions puissent être prises. Et nous verrons si en quelque sorte ces mécanismes qui sont à la main du gouvernement sont suffisants pour redresser les torts.

8:26
Présentateur

Jean-Noël Barraud, la cause, vous l'avez évoqué tout à l'heure, mais la cause des violences contre les femmes avait été érigée comme priorité sans que le nombre de féminicides baisse. La cause des violences sur les enfants a été érigée en priorité et l'affaire de l'IANA s'est produite. Ça pose quand même la question de l'efficacité des politiques.

8:46
Jean-noël Barrot

Bien sûr, mais beaucoup de choses ont été faites pour protéger les femmes et je le disais tout à l'heure, pour amorcer un travail en profondeur pour protéger les enfants. Mais ce sont des défis considérables. Vous savez, il faut admettre une forme de difficulté à embrasser des sujets qui ont des dimensions multiples. Bien sûr, la dimension répressive qui est importante, mais il y a... Est-ce qu'il y a des politiques qui ne suivent ?

9:09
Présentateur

Il y a un État qui ne suit pas aujourd'hui ?

9:10
Jean-noël Barrot

Justement, j'essaye simplement d'apporter une réponse qui ne soit pas simpliste à des problèmes qui sont compliqués, qui sont ancrés dans des réalités multiples, qui supposent que des dispositifs répressifs soient mis en place, mais qui supposent aussi une forme d'éducation de la société, d'une intégration dans la République, d'une forme de restauration du civisme plus généralement. Parce qu'on aurait tort de penser que seuls les magistrats dans cette affaire, dans le Gers ou à Toulouse, ont été inattentifs à la parole des enfants. C'est un problème qui touche en notre société tout entière.

Et on aurait tort de se focaliser exclusivement, comme certains le font, sur la dimension répressive ou exclusivement, comme d'autres le font,

9:52
Intervenant

sur la dimension éducative. La gauche demande une loi intégrale, globale, sur les violences sexistes et sexuelles. Est-ce que vous y êtes favorable ? Toutes les propositions méritent d'être examinées.

10:03
Jean-noël Barrot

Aurons-nous, avec l'Assemblée nationale telle qu'elle est composée politiquement, l'espace pour qu'un texte puisse être abordé,

10:13
Intervenant

examiné, examiné ? Le fond, c'est de dire, voilà, il faut que ça devienne une politique publique. Et plus seulement des propositions de loi, voilà, très, très... Mais ça l'est déjà. Que chacun, bien sûr que si, et que chacun... En Espagne, ils ont une loi intégrale avec des cours spéciales, etc. Nous, ce n'est pas encore le cas en France. Est-ce qu'on a besoin de légiférer et que cette politique contre les violences sexistes et sexuelles se décline dans tous les ministères ?

10:39
Jean-noël Barrot

Et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, comme Olivier Boste le rappelait, est une priorité de ce quinquennat, a fait l'objet d'un certain nombre de textes, de mesures également, sur le plan administratif. Ensuite, est-ce que d'autres propositions sont les bienvenues pour lutter contre ce fléau ? Et contre ces drames ? Sans doute que la réponse est oui. Vous me demandez si une loi intégrale peut être adoptée aujourd'hui au Parlement. Je ne suis pas certain. Et quant au contenu de cette loi, je l'examinerai. lorsqu'elle sera déposée. Et je vous donnerai mon avis... Elle a déjà été déposée.

11:12
Intervenant

Elle a déjà été déposée par une députée socialiste. Et pas encore inscrite à l'ordre du jour. Eh bien, il faut regarder,

11:18
Jean-noël Barrot

mesure par mesure, celles qui peuvent trouver un consensus aujourd'hui dans le Parlement tel qu'il existe, celles qui devront être débattues l'année prochaine, dans le courant de l'année présidentielle. Je crois que nous ne devons écarter aucune mesure, aucune idée pour protéger les plus vulnérables dans notre société. Je le disais, c'est la grandeur d'une nation que de protéger les plus vulnérables.

11:35
Invité

Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.

11:41
Présentateur

Jean-Noël Barraud, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, est notre invité. Demain, cela fera 100 jours que les États-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l'Iran. Chaque semaine, ou presque, il est question d'un accord imminent entre Washington et Téhéran. Est-ce que, d'abord, vous êtes tenu au courant de ces négociations ? Et qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?

11:59
Jean-noël Barrot

Oui, parce que la France est l'un des rares pays du monde et sans doute le seul pays occidental à parler avec les deux parties au conflit, ou en tout cas toutes les parties au conflit. Et dans les échanges que nous avons avec eux, nous les pressons de conclure cet accord parce que la situation est insoutenable, qu'elle a beaucoup trop duré et qu'elle ne fait que des perdants. Des perdants aux États-Unis, des perdants en Iran, en Israël, mais aussi partout ailleurs dans le monde puisque le prix des hydrocarbures est leur flambée liée au blocage du détroit d'Hormuz.

ont des conséquences majeures sur l'économie mondiale et donc sur le pouvoir d'achat qui est le nôtre, sur la vie de nos entreprises, bref, sur la vie économique et sociale de la nation.

12:37
Présentateur

Mais alors, comment vous pouvez expliquer que Washington nous reproche encore, à nous la France et d'une manière plus générale aux pays de l'OTAN, notre manque d'implication aux côtés des Américains dans ce conflit ?

12:48
Jean-noël Barrot

Tout au contraire, les États-Unis accueillent avec beaucoup d'intérêt l'initiative qui a été prise par le Président de la République et le Premier ministre britannique de rallier une cinquantaine de pays pour préparer une mission internationale visant, dès que les conditions le permettront, à créer les conditions d'une restauration très rapide du trafic maritime dans ce détroit pour que le plus rapidement possible les approvisionnements puissent se poursuivre et surtout que les prix commencent à baisser.

13:15
Intervenant

Mais très concrètement, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? Jean-Noël Barron, on a l'impression qu'on est un peu spectateur des négociations entre les États-Unis et l'Iran. Qu'est-ce qu'on fait au quotidien pour ne pas venir à cet accord ? Mais Olivier Boss l'a dit,

13:26
Jean-noël Barrot

c'est une guerre que nous n'avons pas approuvée, à laquelle nous n'avons pas participé, à laquelle nous ne sommes pas partis, qui nous impactent directement. C'est pourquoi nous avons veillé à conserver une ligne de contact avec chacune des parties au conflit, que nous les pressons de conclure cet accord et que sans attendre la conclusion de cet accord, nous avons pris cette initiative inédite de rassembler des dizaines de pays pour qu'ils soient prêts, en très peu de temps, à déployer des capacités militaires pour faciliter la restauration des trafic.

13:55
Intervenant

Je vous donne un exemple. L'Union européenne avait ouvert la voie à des sanctions contre des personnes ou des entités en Europe qui bloquent le détroit d'Hormuz. Où en est-on à ce niveau-là ?

14:04
Jean-noël Barrot

Des sanctions contre l'Iran, en particulier, nous en avons pris à de très nombreuses reprises et sans attendre le début de la guerre. Je vous rappelle que nous avons récemment, suite au massacre, on oublie l'horreur qu'a subie le peuple iranien au début de cette année, nous avons décidé d'inscrire le corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. Nous avons pris des sanctions à l'encontre des responsables des gardiens de la révolution et notamment ceux qui décident de ce blocage. Donc, aucune difficulté particulière à ce que des sanctions... Vous n'avez pas plus d'informations

14:40
Intervenant

à nous donner à ce niveau-là ? Vous ne savez pas si on avance dans ce nouveau train de sanctions contre des responsables iraniens ?

14:44
Jean-noël Barrot

Ce que je peux vous dire, c'est que nous avons fait un gros travail au ministère des Affaires étrangères français pour identifier ceux qui, en Iran, étaient responsables de la répression barbare contre le peuple d'Iran, le grand peuple d'Iran, mais aussi ceux qui, par leur décision, contribuaient à la situation telle que nous la connaissons aujourd'hui. En général, nous avons été suivis par nos partenaires européens et je m'en félicite.

15:13
Présentateur

Dans les analyses qu'on peut lire, on lit beaucoup que l'Iran pourrait ressortir finalement renforcée de ce conflit avec les Etats-Unis, avec le contrôle du détroit d'Ormuz, avec le dégel de ces fonds bloqués à l'étranger, avec aussi la reprise de l'exportation de pétrole et la poursuite de son programme nucléaire. Est-ce que ça peut être ça, l'issue de ce conflit ?

15:33
Jean-noël Barrot

En tout cas, la poursuite de la guerre ne fait que des perdants, y compris l'Iran. Et s'agissant de l'accord qui doit être trouvé, il doit permettre de mettre fin aux hostilités, de réouvrir ce détroit d'Ormuz pour qu'enfin, la situation sur les marchés des hydrocarbures puisse se détendre. Mais le plus dur reste à faire. Et ce sont des sujets que nous connaissons bien, puisque ça fait des années, voire des décennies que la France y travaille. L'encadrement strict du programme nucléaire de l'Iran, qui menace la sécurité de la région et la nôtre. Qu'est-ce que c'est ? L'encadrement strict ? L'encadrement de ses capacités de missiles, ce qu'on appelle les capacités balistiques.

Et puis, le soutien de l'Iran a des groupes terroristes qui déstabilisent la région depuis bien trop longtemps, à commencer par le Hezbollah, on peut également citer le Hamas ou les Houthis.

16:20
Intervenant

Mais comment la France peut-elle empêcher l'Iran d'acquérir à l'avenir la bombe atomique ?

16:24
Jean-noël Barrot

C'est ce que nous avons fait il y a dix ans, avec un accord sur le nucléaire iranien qui imposait à l'Iran des seuils extrêmement stricts sur l'enrichissement, les capacités d'enrichissement, les capacités de militarisation, pardonnez-moi pour le jargon, un accord qui a produit ses effets. Puisque notre renseignement national, de même que les rapports de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, ont démontré qu'à l'époque, il y a dix ans, on avait observé un vrai recul substantiel et vérifié du programme nucléaire.

16:56
Présentateur

Aujourd'hui, on ne contrôle plus rien.

16:58
Jean-noël Barrot

On aurait tort de le penser. Car tout processus de négociation conduisant à une levée des sanctions des Nations Unies à l'encontre de l'Iran, puisque vous savez, nous avons décidé, nous-mêmes, à la fin du mois de septembre dernier, de réappliquer toutes les sanctions qui avaient été levées il y a dix ans, puisque l'Iran, justement, ne se conformait pas à ces seuils que j'évoquais à l'instant. Donc aujourd'hui, l'Iran est soumise à un régime de sanctions sans doute le plus strict du monde.

Si, dans le cadre d'une négociation sur son programme nucléaire, sur ses missiles, ou encore sur son soutien à ses groupes terroristes, des levées de sanctions devaient être envisagées, alors la France devrait être nécessairement associée à ce processus, puisqu'elle devra donner son feu vert à de telles levées de sanctions.

17:42
Présentateur

Une toute petite parenthèse, l'artiste franco-iranienne, Marjan Satrapi, l'autrice de Persepolis, est morte cette semaine à l'âge de 56 ans. Est-ce que d'abord, un hommage est prévu ?

17:52
Jean-noël Barrot

Absolument. Un hommage lui sera rendu par le ministère des Affaires étrangères qui ouvrira à la fin du mois de juin un espace et une plateforme pour les artistes iraniens en exil. Et je veux dire à cette occasion combien nous reconnaissons dans Marjan Satrapi une immense artiste qui aura donné la parole au peuple iranien qui a traversé tant d'épreuves et au travers elle, rendre hommage à ces artistes courageux, cinéastes, écrivains qui sont les témoins de cette immense culture à laquelle nous voulons, je dirais, donner toutes les lettres de noblesse qui lui reviennent.

18:38
Présentateur

Avec cet acte-là, vous ne répondez pas aussi à l'une de ses critiques. Elle avait soutenu Emmanuel Macron en 2017 avant de se montrer à ses critiques en estimant que vous donniez plus de visas aux enfants des oligarques iraniens qu'aux artistes, aux dissidents, etc.

18:53
Jean-noël Barrot

Non, la France est une terre d'accueil pour les scientifiques, les artistes, parfois les dissidents politiques qui cherchent ou qui sont persécutés dans leur pays d'origine, qu'ils viennent d'Iran, qu'ils viennent d'Afghanistan ou d'ailleurs. Elle était déçue. C'est un honneur pour notre pays que de le faire.

19:13
Intervenant

Elle était déçue par l'inaction de la France lors des répressions sanglantes en Iran. Qu'est-ce que vous pouvez lui répondre de manière posthume à ça ? Vous voyez ce que je veux dire ?

19:21
Jean-noël Barrot

Il y a plusieurs choses. D'abord, comme je le disais l'année dernière, nous avons pris des sanctions très lourdes à l'encontre du régime iranien et je n'ai pas hésité une seule seconde à le faire. Et puis, après les violences d'État qui se sont abattues aveuglément sur les manifestants, souvenons-nous des massacres du mois de janvier où les Iraniens ont été abattus à bout portant, où les corps se sont entassés dans les hôpitaux par milliers et peut-être par dizaines de milliers. Nous avons pris à nouveau des sanctions extrêmement lourdes. L'inscription des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes.

Il y a une forme de vérité dans ce reproche qui était formulé par Marjan Satrapi qui n'est pas adressé uniquement à la France mais à la communauté internationale. Pourquoi la communauté internationale ne parvient pas à mettre fin à des massacres comme celui auquel on a assisté en Iran ? Il y a une raison à cela et je vais vous dire ce que nous faisons. Il y a une raison à cela c'est l'usage abusif du droit de veto par certains membres du Conseil de sécurité des Nations Unies. Suivez mon regard et en particulier la Russie.

Et c'est pourquoi la France porte et je porte avec beaucoup de conviction une initiative qui vise à restreindre l'usage du droit de veto aux Nations Unies dans les cas d'atrocités de masse crimes de génocide crimes contre l'humanité crimes de guerre les plus graves.

20:36
Présentateur

Un accord de cessez-le-feu a été trouvé cette semaine entre Israël et le Liban un accord salué par la France mais aussitôt rejeté par le Hezbollah. Est-ce qu'un accord de cessez-le-feu qui conditionne qui est conditionné à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah a une chance d'être appliqué ?

20:54
Jean-noël Barrot

Il le faut. C'est d'ailleurs l'une des conditions pour que les hostilités s'arrêtent véritablement entre les Etats-Unis et l'Iran. Je veux saluer une nouvelle fois cet accord historique entre deux gouvernements il faut le dire de pays voisins qui ne s'étaient pas adressés la parole depuis des décennies. Cet accord

21:10
Présentateur

qu'est-ce qu'il dit ? Il n'y aura pas d'existence.

21:11
Jean-noël Barrot

Qu'est-ce qu'il dit cet accord ? Pardonnez-moi mais pour un gouvernement israélien de trouver un tel accord avec le gouvernement libanais c'est tout simplement historique et donc notre responsabilité celle de la France mais celle de tous les pays qui s'intéressent à la stabilité et à la paix au prochain Moyen-Orient c'est de presser toutes les parties et vous parlez du Hezbollah je veux donc penser à l'Iran de respecter les termes de cet accord qui dit quoi ?

Qui dit cessez le feu qui dit retrait du Hezbollah du sud du Liban zone à partir de laquelle le Hezbollah pilonne les villages du nord d'Israël depuis le 2 mars dernier et puis ensuite retrait de l'armée israélienne permettant aux forces armées libanaises de reprendre du terrain cet accord permet d'envisager le redressement du Liban la restauration de son intégrité territoriale et de sa souveraineté et puis la restauration de l'autorité de l'état sur l'ensemble de son territoire avec le monopole de la force

22:09
Présentateur

donc vous gardez espoir que ce cessez le feu soit appliqué à un moment ou à un autre mais est-ce que l'armée libanaise aurait les moyens de faire respecter un cessez le feu et de contrôler le Hezbollah

22:21
Jean-noël Barrot

elle a besoin de soutien c'est pourquoi vous vous en souvenez peut-être la France s'apprêtait à accueillir le 5 mars dernier 5 jours après le début de la guerre une conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises nous n'avons pas pu la tenir car la guerre a éclaté nous avons néanmoins apporté en plus du soutien humanitaire que nous avons été les premiers à annoncer pour le Liban un soutien militaire avec l'envoi d'une quarantaine de véhicules blindés et plusieurs délégations notamment la mienne qui sont rendues aux côtés des autorités libanaises pour recueillir ce que sont leurs attentes et nous préparons très activement d'ailleurs puisque vous savez que 700 militaires français dont deux ont consenti un sacrifice ultime sont présents dans le cadre du mandat des Nations Unies donné au Casque Bleu mandat qui va se terminer à la fin de l'année et qui doit être l'occasion de réinventer la façon dont la communauté internationale va soutenir les talibanais et ses forces

23:18
Intervenant

Jean-Noël Barraud la France reconnaît la branche politique du Hezbollah comme légitime et c'est cette même branche qui refuse de reconnaître cet accord de cesser le feu conclu cette semaine est-ce qu'il n'est pas temps pour la France de cesser de reconnaître le Hezbollah comme légitime

23:32
Jean-noël Barrot

la branche militaire du Hezbollah est considérée comme une organisation terroriste c'est pas une par la France mais l'Union Européenne mais la branche politique elle a des députés et elle a des membres du gouvernement donc ce sont des interlocuteurs et pour les autorités libanaises et donc par extension pour les partenaires du Liban maintenant je condamne les déclarations qui ont été faites par le Hezbollah rejetant cet accord historique entre gouvernement libanais et gouvernement israélien il faut ouvrir les yeux pour l'avenir du Liban pour sa prospérité sa souveraineté il n'y a pas d'autre chemin que celui d'un dialogue exigeant et franc avec ses voisins et c'est vrai pour Israël c'est vrai pour la Syrie c'est vrai pour l'environnement du Liban

24:12
Présentateur

est-ce que vous trouvez qu'Israël va trop loin sur le territoire libanais ?

24:16
Jean-noël Barrot

nous reconnaissons le droit d'Israël à la légitime défense à condition que cela se fasse dans le respect du droit international mais désormais rien ne justifie la poursuite des opérations militaires de l'occupation prolongée d'Israël au sud du Liban et en réalité c'est une erreur stratégique pour Israël parce que c'est contraire à la fois aux engagements qui ont été pris lors des discussions préalables à cet accord qui vient d'être trouvé c'est contraire au droit international et c'est surtout contraire aux intérêts de sécurité d'Israël parce que chaque village qui est évacué chaque village qui est bombardé et détruit chaque civil qui est tué et bien ça affaiblit le Liban et ça renforce le Hezbollah et donc souhaitons que cet accord qui a été trouvé produit ses pleins effets je veux souligner que Israël ou les forces armées israéliennes se sont retirées d'un premier village cette semaine je souhaite que cette première action soit suivie de nombreux autres pour que dans le dialogue et la coopération entre les autorités libanaises et les autorités israéliennes il y a un chemin qui puisse être trouvé pour la sécurité des deux peuples

25:24
Présentateur

Autre question sur Israël les colonies en Cisjordanie quelle est la position de la France sur ce sujet je suis extrêmement

25:32
Jean-noël Barrot

préoccupé par l'intensification de la colonisation illégale en Cisjordanie et l'explosion des violences des colons israéliens à l'encontre des palestiniens on n'a jamais vu ça depuis des années et peut-être des décennies c'est pourquoi j'ai poussé pour que des sanctions soient prises à l'encontre non seulement des responsables de ces violences mais également à l'encontre des entités des entreprises des organisations qui depuis Israël donnent les moyens à ces colons extrémistes et violents de chasser les palestiniens de leurs terres de brûler leurs récoltes de détruire leurs bâtiments publics nous avons pour la troisième fois le 28 mai dernier pris des sanctions européennes à l'encontre de ces colons manière également d'appeler le gouvernement israélien à ses responsabilités vis-à-vis de ces violences qui à mon sens fragilisent également en quelque sorte l'autorité de l'Etat

26:31
Présentateur

vous pourriez aller plus loin

26:32
Jean-noël Barrot

encore ? on pourra aller plus loin et dans les prochains jours de nouvelles sanctions pourraient être prises Claire Convite

26:38
Intervenant

le parquet national antiterroriste de Paris a ouvert une enquête pour torture je cite les crimes de guerre après l'arrestation par Israël des membres des flottis vers Gaza ça fait suite à votre signalement celui du ministère des affaires étrangères en tout cas après ce qui s'est passé qu'est-ce que vous dites à ceux qui envisagent tout de même de partir à bord de flottis

26:58
Jean-noël Barrot

je leur dis de ne pas le faire car nous avons recommandé formellement à tout ressortissant français de ne pas se rendre dans cette zone qui reste une zone de guerre puisque en y allant ils engagent leur propre sécurité s'agissant plus particulièrement des ressortissants français ayant participé à la dernière flottille lorsque j'ai pris connaissance des images de maltraitance et d'humiliation dont ils ont été victimes j'ai immédiatement convoqué l'ambassadeur israélien pour recueillir des éclaircissements sur la base des explications qui nous ont été données j'ai décidé de sanctionner le ministre de la sécurité intérieure monsieur Itamar Benvir en lui interdisant l'accès au territoire français puis sur la base du rapport qui m'a été fait par notre consul général en Turquie qui a accueilli et prêté assistance aux ressortissants français après leur arrestation par l'armée israélienne j'ai décidé de saisir la procureure de Paris tant les faits me paraissaient graves puisqu'on me parlait de privation de nourriture de violence sexuelle d'exposition répétée au froid d'humiliation et je constate que j'ai eu raison de le faire puisque je dirais la qualification que le parquet a retenue est d'une extrême gravité

28:10
Présentateur

Jean-Noël Barraud ministre de l'Europe et des Affaires étrangères est notre invité en seconde partie dans un instant dans ce grand jury nous parlerons de la guerre en Ukraine et nous parlerons également de l'élection présidentielle de 2027 à tout de suite

28:23
Invité

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29:06
Présentateur

Jean-Noël Barraud ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et notre invité Claire Conruite du Figaro et Steve Jourdain de Public Sénat sont à mes côtés pour vous interroger

29:17
Invité

Le Grand Jury l'actualité de la semaine

29:21
Présentateur

Jean-Noël Barraud voici les déclarations de l'ambassadeur israélien en France cette semaine cela fait 35 ans que je suis ambassadeur et je ne me souviens pas d'une telle crise dans les relations entre la France et Israël vous avez annoncé cette semaine une nouvelle initiative pour relancer la solution à deux états entre Israël et la Palestine est-ce que c'est comment est-ce possible avec des relations aussi dégradées ?

29:46
Jean-noël Barrot

La France a des relations historiques d'amitié avec le peuple israélien mais nous avons avec le gouvernement israélien actuel des divergences profondes et des désaccords radicaux ceci étant dit nous croyons que seule la solution à deux états peut ramener la paix et la stabilité aux proches et au Moyen-Orient et pour ces deux peuples et c'est la raison pour laquelle j'accueillerai vendredi prochain des centaines de militants de citoyens israéliens et palestiniens qui au quotidien travaillent à donner corps à cette perspective ce sera l'occasion pour eux de démontrer que la paix ne se trouve pas dans le rejet de l'autre et dans les discours de haine mais dans la reconnaissance mutuelle et le respect et ce sera l'occasion pour eux de remettre leurs propositions et leurs recommandations aux 15 ministres qui seront présents venus du monde entier et continuant comme la France

30:43
Présentateur

à plaider

30:44
Jean-noël Barrot

pour la solution à deux états il y aura des ministres israéliens je ne crois pas que les ministres israéliens seront présents car ça n'est pas l'orientation qui est la leur

30:53
Intervenant

vous les avez invités vous avez invité des ministres israéliens à votre conférence Israël comme la Palestine sont invités

31:00
Jean-noël Barrot

à participer à cette conférence

31:01
Intervenant

en effet vous savez combien il y a de colonies aujourd'hui en Cisjordanie Jean-Noël Barraud

31:04
Jean-noël Barrot

ce que je sais c'est que le projet qui est envisagé par le gouvernement actuel projet E1 avec 3400 logements permettant d'accueillir 15000 personnes représente une menace considérable sur la solution à deux états car il séparerait la Cisjordanie en deux qui séparait la Cisjordanie d'Israël d'une manière qui est tout à fait contraire au droit international et c'est la raison pour laquelle nous avons appelé de manière très formelle aux entreprises françaises et européennes à s'abstenir de participer d'une manière ou d'une autre à ce projet car elle s'exposerait

31:37
Intervenant

alors à des sanctions internationales très rapidement autre déclaration de l'ambassadeur d'Israël en France pour l'élection présidentielle de 2027 en France il dit tout sauf la France insoumise est-ce que c'est une ingérence est-ce que vous allez convoquer l'ambassadeur d'Israël en France exprimer un avis

31:50
Jean-noël Barrot

ce n'est pas une ingérence une ingérence c'est tenter de manipuler le débat public ou les processus électoraux donc vous n'allez pas le convoquer ce propos lui appartiennent donc ce ne sont pas tout à fait des propos diplomatiques ce sont des propos politiques ce ne sont pas tout à fait ce qu'on appellerait des propos élégants mais ils lui appartiennent et à mon avis ce sont des propos qui ne lui disons qui ne correspondent pas à la mission qui est la sienne dans notre pays c'est-à-dire d'être un diplomate

32:22
Présentateur

on va reparler de 2027 et de l'élection présidentielle dans un instant mais auparavant parlons de l'Ukraine Volodymyr Zelensky a adressé une lettre ouverte à Vladimir Poutine pour lui proposer de se voir en tête à tête et mettre fin à la guerre invitation refusée par le dirigeant russe comme d'habitude cette lettre est très sévère avec la Russie sur son incapacité notamment à gagner la guerre est-ce qu'elle était finalement destinée cette lettre à Vladimir Poutine ou faite plutôt pour le déstabiliser ?

32:50
Jean-noël Barrot

je crois qu'il est déjà déstabilisé que le doute est très largement installé à Moscou et il y a de quoi douter puisqu'on s'aperçoit que 4 ans après le début de cette guerre d'agression guerre coloniale et impérialiste la Russie est en échec et notamment en échec militaire puisque pendant les 2 derniers mois l'Ukraine a repris du terrain sur la Russie que la Russie perd désormais 35 000 hommes par mois sur le front c'est-à-dire plus que ce qu'elle ne parvient à recruter et puis chacun s'en aperçoit l'Ukraine est en train de gagner la guerre des drones en étant capable de lancer des opérations dans toute la profondeur du territoire russe

33:25
Présentateur

qu'est-ce que vous savez sur cette déstabilisation à Moscou de Vladimir Poutine qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?

33:30
Jean-noël Barrot

ce que je peux vous en dire c'est qu'en plus de l'échec militaire il y a un échec économique évident l'économie russe est en train de s'enliser dans une forme de récession que tous les voyants sont au rouge les taux d'intérêt l'inflation en quelque sorte Vladimir Poutine par son choix colonial et impérialiste est en train de discréditer son pays de l'épuiser au risque de le faire sortir de l'histoire

33:54
Intervenant

Qu'en est-il de l'état du dialogue entre la France et Vladimir Poutine on pose la question parce qu'en février Emmanuel Macron avait dit que la reprise du dialogue avec Moscou était en train de se préparer on en est où concrètement aujourd'hui ?

34:08
Jean-noël Barrot

On n'a jamais exclu par principe le fait de dialoguer avec Vladimir Poutine comme vous l'avez dit des échanges ont eu à avoir lieu toujours de manière très coordonnée avec nos partenaires ukrainiens ce qui est un peu nouveau c'est que le président Zelensky a désormais exprimé son souhait que l'Europe qui est le premier soutien de l'Ukraine dans cette affaire puisse occuper une place jouer un rôle plus important c'est ce à quoi nous nous préparons et d'ailleurs c'est l'un des sujets qui sera abordé dans une réunion qui se tiendra aujourd'hui rassemblant le Royaume-Uni la France et l'Allemagne et l'Ukraine également

34:48
Présentateur

La Hongrie a mis fin à son blocage sur une adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne est-ce que ça veut dire que ce processus va s'accélérer ?

34:56
Jean-noël Barrot

Non ça veut dire que ce processus va commencer et c'est un processus qui est très exigeant puisque vous le savez pour rejoindre l'Union Européenne il y a un certain nombre de haies à franchir et il ne s'agit pas simplement d'un rattrapage économique et social ce qui est le plus exigeant pour les pays candidats c'est de mettre à jour si l'on peut dire ce qu'ils ont de plus intime leur constitution leur état de droit et c'est sur ce long chemin que désormais l'Ukraine va pouvoir avancer mais c'est un c'est un chantier exigeant ce qui est très important c'est que cette ouverture des discussions est un symbole du fait que nous Européens et l'Ukraine ne nous décourageons pas face aux intimidations répétées de Vladimir Poutine à quelle échéance ?

Il n'y a pas d'échéance parce qu'il faut avoir franchi toutes les haies donc tout dépend en quelque sorte de la capacité des pays candidats à le faire et des moyens qu'ils y consacrent

35:45
Présentateur

J'en arrive à une question un peu franco-française mais qui concerne l'Ukraine si le Rassemblement National accédait au pouvoir dans un an est-ce que vous craignez que la France cesse de soutenir l'Ukraine ?

35:56
Jean-noël Barrot

Si je me retourne sur l'historique du Rassemblement National sur les décisions qui ont été les siennes à la fois à Paris à l'Assemblée Nationale ou au Parlement Européen et bien je ne peux pas en conclure que le Rassemblement National est le premier soutien de l'Ukraine bien au contraire c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nous allons tout faire pour éviter que le Rassemblement National puisse accéder au pouvoir en 2027 car ce serait pour le projet européen auquel nous sommes si fondamentalement attachés un drame et même une catastrophe

36:27
Invité

Le Grand Jury 2027 c'est demain

36:33
Présentateur

Nous y voilà donc sur la présidentielle 2027 il y a donc Gabriel Attal Edouard Philippe Gérald Darmanin Bruno Retailleau et j'en oublie certainement est-ce que vous croyez comme Gabriel Attal et Edouard Philippe que les candidatures dans le bloc central les nombreuses candidatures vont quelque part se décanter naturellement ?

36:52
Jean-noël Barrot

Je le souhaite en tout cas je vois les candidatures fleurir c'est le printemps et elles sont légitimes s'agissant plus particulièrement de Gabriel Attal et Edouard Philippe ce sont des responsables politiques avec lesquels j'ai travaillé j'ai travaillé au sein du gouvernement de Gabriel Attal et donc ces candidatures sont légitimes maintenant je voudrais aussi voir fleurir les projets les visions les idées et après le printemps des candidatures doit venir le printemps des projets

37:19
Présentateur

On va y venir mais qu'est-ce que vous pensez du délai que se sont donnés à la fois Gabriel Attal et Edouard Philippe ensemble en se disant on regarde jusqu'à janvier et après on verra comment on fusionne ?

37:32
Jean-noël Barrot

Je crois que la condition nécessaire pour pouvoir rassembler et gagner c'est d'abord de passer par une phase d'affirmation des idées les candidats doivent le faire mais pas seulement les candidats d'ailleurs ma famille politique qui n'a aujourd'hui pas de candidats sur la ligne de départ a vocation à présenter une vision devant les français à dire ce que sont les questions qu'elles souhaitent voir abordées et tranchées

37:56
Présentateur

Justement Gabriel Attal et Edouard Philippe commencent à avancer des idées puisqu'ils sont tous les deux déjà candidats tout d'abord qu'est-ce que vous appréciez et vous redoutez peut-être chez Gabriel Attal ?

38:08
Jean-noël Barrot

Je ne vais pas commenter les traits de personnalité d'un candidat dont je dis qu'il est légitime dont je dis que je suis fier d'avoir participé au gouvernement qui a été le sien dans les responsabilités qu'il m'a confié avec le président de la République et je crois à nouveau qu'on aurait tort de s'attarder sur la personnalité des candidats et qu'on se concentre sur la manière dans un moment si important de notre histoire où nous sommes pris en tenaille entre la Chine et les Etats-Unis nous avons besoin de donner un souffle au pot

38:40
Présentateur

Parlons des idées alors Est-ce qu'il y a des idées chez Gabriel Attal ou chez Edouard Philippe qui aujourd'hui vous séduisent ou au contraire vous rebutent ?

38:48
Jean-noël Barrot

Eh bien nous le verrons au fur et à mesure qu'ils les développeront et qu'ils les présenteront devant les Français

38:54
Intervenant

Est-ce que ces deux hommes partagent de façon égale le même statut d'héritier du macronisme ? Si oui est-ce qu'un héritier du macronisme dont le bilan pourrait être jugé par une bonne partie critiquée des Français ne pourrait pas pâtir à leur candidature respective ?

39:13
Jean-noël Barrot

Vous savez je crois que on ne doit on ne doit pas rougir d'avoir participé aux majorités successives qui ont fait avancer un certain nombre de sujets on doit être aussi lucide sur le fait d'une part que tout n'a pas été nécessairement réussi mais surtout que depuis 2017 le monde a changé nous ne serons plus en 2027 dans le monde dans lequel nous étions en 2017 le monde s'est durci la compétition s'est aggravée nous avons vu les conflits autour de nous se multiplier les guerres commerciales la coercition économique et donc nous avons besoin d'un projet d'audace et de conquête pour notre pays et ce que je vois aujourd'hui se former vous m'interrogez sur les candidats de ce qu'on appelle l'espace central mais ce que je vois se produire c'est que l'extrême droite et l'extrême gauche sont en train de confisquer le débat présidentiel alors même qu'ils partagent au fond une même absence de confiance dans la capacité du pays à affronter ces défis une même vision très décliniste très pessimiste de ce que la France peut faire un même conservatisme au fond perpétuer un système qui est à bout de souffle et une même politique puisqu'ils ont perdu tout espoir dans notre pays qui consiste à dresser les français les uns contre les autres et à désigner des boucs émissaires les plus riches les médias les français de confession juive les français de confession musulmane et bien c'est pas avec ça c'est pas avec ce type de débat qu'on va réussir à donner l'impulsion nécessaire pour que la France se redresse qu'elle se projette avec enthousiasme vers l'avenir et qu'elle entraîne l'Europe avec elle

40:48
Intervenant

un second tour la France insoumise face au rassemblement national vous faites quoi est-ce que la question derrière c'est est-ce que vous mettez en termes de dangerosité un signe égal entre le parti de Marine Le Pen et celui de Jean-Luc Mélenchon

41:00
Jean-noël Barrot

nous rejetons les extrêmes et nous ferons tout à notre place et quand je dis nous c'est ma famille politique avec François Bayrou mais je crois avec toutes celles et ceux qui se reconnaissent du centre au sens historique dans notre pays pour nous pas nous retrouver dans cette situation

41:16
Présentateur

et vous dites que les extrêmes sont en train de préempter les sujets quelque part les thèmes de l'élection présidentielle mais quels sont les thèmes que vous voyez à travers Gabriel Attal à travers Edouard Philippe à travers même Bruno Retailleau qui sont aujourd'hui dans la campagne

41:31
Jean-noël Barrot

les questions que je voudrais voir traitées à l'occasion de ce débat présidentiel et tranchées par les français elles touchent au poids de la technocratie au sacrifice de la jeunesse dans notre pays au déclin du civilisme je ne citerai que le premier le poids de la technocratie la folie bureaucratique et l'hypersentalisation des responsabilités dans notre pays un pays qui a besoin de toute son énergie pour pouvoir faire face aux défis qui sont devant lui aujourd'hui dans notre pays les collectivités territoriales ont moins d'autonomie que les autres en Europe les salariés dans notre pays ont moins d'autonomie sur leur lieu de travail que dans les autres pays européens les directeurs d'hôpitaux n'ont aucune marge de manœuvre le directeur de l'hôpital de Versailles me disait cette semaine la ville où j'habite et où je suis élu qu'il est soumis au mois de juin à 17 contrôles administratifs les chefs d'établissement les directeurs d'école ne sont ni des directeurs ni des chefs ils n'ont aucune marge de manœuvre il faut cesser d'infantiliser les français et être prêt

42:35
Intervenant

vous êtes au manège Jean-Noël Barrault oui et je vous assure qu'on ne chôme pas

42:38
Jean-noël Barrot

je vous assure qu'on ne chôme pas et je vous assure qu'on fait tout ce qu'on peut en tout cas avec les 14 000 agents du ministère des affaires étrangères que je profite de votre question pour saluer pour tenter de défendre les intérêts des françaises et des français et les protéger je dis simplement 2027 n'est pas le monde de 2017 nous avons besoin si l'on peut dire de mobiliser toute l'énergie disponible donc il faut cesser d'infantiliser les français placer les responsabilités sans doute au bon niveau et permettre ainsi à chacun de reprendre le contrôle de sa vie voilà une question qui me semble essentielle et primordiale parler du sacrifice de la jeunesse puisque l'un des sujets sera sans doute celui de notre modèle social celui des retraites aujourd'hui quand on entre dans la vie active en France on y part avec un sac à dos de 50 000 euros de dette publique on accède désormais au logement 10 ans plus tard que ça a été le cas il y a quelques années ou quelques décennies il y a de quoi quand on est jeune en France aujourd'hui se décourager et perdre l'espoir avec les trois boulets au pied de la dette financière de la dette écologique de la dette technologique des sujets que François Bayrou a d'ailleurs mis sur la table lorsqu'il était à Matignon et qui me semble essentiel d'aborder et de trancher

43:54
Présentateur

François Bayrou ne sera pas candidat à l'élection présidentielle c'est à lui qu'il faut poser la question d'accord pour vous il y a un doute

44:00
Jean-noël Barrot

vous savez c'est une décision personnelle intime qui a qui a trait à la relation qu'un homme ou une femme entretient avec les françaises et les françaises donc invitez-le je suis sûr qu'il vous répondra

44:14
Présentateur

il y a un thème qui est apparu après l'abandon de la dernière réforme c'est la réforme des retraites vous l'avez évoqué d'un mot est-ce que c'est pas un piège pour les candidats du bloc central parce que finalement les extrêmes seront toujours quelque part un peu mieux disantes que que que que le reste du bloc central c'est-à-dire on proposera toujours un départ à la retraite plutôt que ce que vous pourriez proposer

44:40
Jean-noël Barrot

non je ne crois pas que ce soit un piège à condition que la question soit correctement posée qu'est-ce que nous voulons nous voulons éviter que la jeunesse de France s'avance dans la vie écrasée par le poids d'un modèle social qui a été conçu à une époque où la démographie était galopante et où la croissance était élevée je crois que personne ne peut être insensible à la situation de la jeunesse

45:03
Présentateur

et donc dans les solutions avancées un départ à 67 ans la suppression par exemple de l'âge de départ est-ce qu'il y a des choses qui vous intéressent

45:09
Jean-noël Barrot

mais ma position qui est aussi celle de ma formation politique le modem est bien connue nous la défendons depuis plus de 20 ans maintenant c'est un système par points qui rendent aux françaises et aux français la liberté du choix du moment où ils partent à la retraite et qui confie aux partenaires sociaux le soin de prendre les décisions nécessaires pour équilibrer ce système un système qui je le redis aujourd'hui fait peser une charge si lourde sur les travailleurs sur les jeunes qu'il conduit au découragement du pays plutôt qu'à l'enthousiasme et à l'esprit de conquête avec des réponses

45:45
Présentateur

extrêmement courtes c'est toujours le même principe tout d'abord est-ce que vous avez lu le livre de Boualem Sansal ? lequel ? le dernier pas encore est-ce qu'il peut par sa sévérité avec le régime algérien vous embarrasser sur le plan diplomatique ?

46:00
Jean-noël Barrot

je crois qu'il a la liberté qui est la sienne et quant au sort de notre compatriote Christophe Glaze nous mobilisons il y a les trois avec sa famille pour obtenir sa libération

46:09
Présentateur

la convite

46:10
Intervenant

êtes-vous pour ou contre la fin des accords de 68 qui lie l'Algérie avec la France ?

46:16
Jean-noël Barrot

on les réviser profondément pour qu'ils puissent correspondre aux besoins de la France et tels qu'ils sont aujourd'hui c'est-à-dire très différents de ce qu'ils étaient en 1968

46:26
Intervenant

il y a un jeu qui est très à la mode aujourd'hui Jean-Noël Barraud seriez-vous cité trois noms de chinois vivants ? je ne sais pas si vous avez vu passer ça

46:35
Jean-noël Barrot

trois noms de chinois vivants nécessairement le président Xi Jinping Wang Yi le ministre des affaires étrangères

46:48
Intervenant

et Li Chang le premier ministre bravo parce que c'est une question effectivement qui revient beaucoup dans le débat public sur notre méconnaissance de la Chine qui est aujourd'hui deuxième puissance économique mondiale et qui est appelée à devenir la première donc vous avez réussi le test appeler à devenir la première

47:01
Jean-noël Barrot

ça c'est votre avis mon avis à moi c'est que c'est l'Europe qui sera la superpuissance du 21ème siècle à condition qu'elle en ait le courage et la volonté

47:08
Présentateur

et bien on va en parler justement le PIB européen représentait 90% de celui des Etats-Unis il y a 15 à 20 ans aujourd'hui le PIB européen est tombé à 70% du PIB américain comment vous expliquez ce décrochage l'Europe puissance économique ça n'existe pas ?

47:31
Jean-noël Barrot

d'abord vous avez deux superpuissances celles du 20ème siècle les Etats-Unis et puis la superpuissance émergente la Chine qui sont lancées dans une course à la domination économique technologique commerciale et militaire si nous n'y prenons garde nous risquons effectivement d'être pris dans cette tenaille entre les deux géants de décrocher et même d'une certaine manière à être contraint de devoir faire un choix d'être peut-être entraîné dans des guerres qui ne seront pas les nôtres et dont nous devrons payer le prix

47:59
Présentateur

donc face à ça est-ce que l'Europe est aujourd'hui armée et construite pour répondre à cette agressivité américaine

48:04
Jean-noël Barrot

d'abord refusons de nous laisser intoxiquer par les discours déclinés sur l'Europe et rappelons que l'Europe est la coalition de nations la plus avancée du monde qu'elle est le plus grand marché économique la société la plus démocratique qu'on vit mieux en Europe on y vit plus longtemps en meilleure santé et plus libre ceci étant dit si nous voulons résister à la tenaille il nous faut prendre les bonnes décisions les bonnes décisions c'est suivre le cap de la souveraineté européenne que la France porte depuis 10 ans mais accélérer et on a vu ces dernières années ces derniers mois des décisions majeures ou en tout cas des décisions très nouvelles à être prises par l'Union Européenne dans le sens d'une plus grande souveraineté et dans le sens d'un réarmement à la fois militaire économique et d'une certaine manière démocratique et morale mais il faut aller beaucoup plus vite et c'est tout l'objet du travail de confection qui est réalisé par le Président de la République par le Quai d'Orsay dans toutes les capitales européennes pour dire que tout n'est pas perdu à condition justement d'avoir ce courage et cette volonté

49:02
Présentateur

à propos d'Europe le pacte européen sur l'asile et l'immigration entre en vigueur la semaine prochaine mais pas en France il n'a pas été retranscrit

49:10
Jean-noël Barrot

le gouvernement le gouvernement a pris les dispositions grâce au travail du ministre de l'Intérieur pour que l'essentiel puisse être retranscrit par décret il y a effectivement des dispositions qui devront être prises par la loi et je sais que le ministère de l'Intérieur y travaille il n'y a pas de risque

49:23
Présentateur

d'une vague de migration parce qu'on entre dans une forme de zone grise juridique puisque nous n'avons pas intégralement aucunement

49:30
Jean-noël Barrot

le pacte sur l'immigration et l'asile c'est la reprise du contrôle par l'Europe de ses frontières avec des filtrages à l'entrée des systèmes d'information qui enfin communiquent les uns avec les autres une prise de la demande d'asile à la frontière c'est tout cela qui va nous permettre de juguler l'immigration irrégulière beaucoup plus efficacement qu'auparavant ça a pris beaucoup de temps et je veux le redire ici parce que j'entends les polémiques sans l'impulsion décisive de la France en 2022 quand la France pendant 6 mois présidait l'Union Européenne nous n'aurions ni le pacte sur l'immigration et l'asile ni le règlement retour ce qui a été cette règle européenne qui a été adoptée ou qui a fait l'objet d'un accord cette semaine et qui va nous permettre de trouver des moyens beaucoup plus efficaces pour expulser les étrangers en situation irrégulière en France et dans le reste de l'Europe

50:14
Présentateur

une toute dernière question et très rapidement depuis l'année dernière le ministère des affaires étrangères a lancé French Réponse c'est un compte sur les réseaux sociaux qui répond à la guerre de l'information notamment par des forces étrangères la France insoumise vous accuse d'avoir embauché des influenceurs rémunérés par l'étranger

50:32
Jean-noël Barrot

oui la France insoumise nous accuse de beaucoup de choses moi-même personnellement les agents du Quai d'Orsay également dans French Response qui est ce compte que nous avons développé sur Twitter et maintenant sur TikTok pour riposter aux attaques qui viennent de l'étranger et bien nous l'avons fait avec les moyens du bord si je puis dire avec du jus de cerveau et avec de la créativité et c'est ce qui explique sans doute son immense succès mais qui sont les accusations

50:57
Présentateur

les accusations de la France insoumise sont donc fausses

50:59
Jean-noël Barrot

elles sont fausses

51:00
Présentateur

bien évidemment merci beaucoup Jean-Noël Barraud pour ce grand jury bon dimanche à tous et on se retrouve la semaine prochaine c'est terminé