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interviewSud Radio — L'invité politique· 9 juillet 2026 16 min

L'invité politique Sud Radio - Avec Jonas Haddad, porte-parole des Républicains et vice-président de la région Normandie

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze. 8h17 sur l'antenne de Sud Radio, l'invité politique c'est Jonas Haddad, il est porte-parole des Républicains et vice-président de la région Normandie. Bonjour Jonas Haddad, soyez le bienvenu au micro de Sud Radio. Alors l'actualité de la semaine et on commence par cela, c'est évidemment Marine Le Pen, premier jour de campagne pour elle hier après les épisodes judiciaires que l'on a connus, on ne va pas les rappeler, on les a tous en tête. Est-ce que vous pensez comme certains que Marine Le Pen, ça a été dit, prend la démocratie en otage ? Je cite là des phrases qui ont été entendues.

0:38
Benjamin Haddad

Je ne pense pas. Ce qui aurait pris la démocratie en otage, c'est qu'elle ne soit pas en capacité de se présenter. Moi ce que je considère, c'est que ce n'est pas au magistrat de décider qui est sur la ligne de départ. En revanche, ce que je veux dire à votre micro, c'est que depuis quelques jours, j'entends des analyses juridiques qui ne sont même pas dignes d'un étudiant en droit de première année. Elle n'est plus présumée innocente, étant donné qu'en France, il n'y a pas de troisième degré de juridiction. Donc quand vous déposez un pourvoi en cassation...

1:09
Présentateur

Je précise aux auditeurs que vous êtes un homme de droit, vous êtes avocat de formation.

1:13
Benjamin Haddad

J'essaie de ne pas trop creuser sur le juridique, mais si je dois vous le résumer en une phrase, la première instance et la cour d'appel ont jugé les faits. Ces faits-là, ils sont jugés définitivement.

1:27
Présentateur

Mais à partir du moment où elle se convoie en cassation ?

1:29
Benjamin Haddad

Elle n'est pas innocente. Ce qu'on va débattre, c'est l'application de la peine. Et donc je veux bien que nos auditeurs comprennent, lorsque l'on se lance dans une campagne présidentielle, mais qu'une cour d'appel a décidé que vous et tous vos lieutenants, parce que ce n'est pas qu'elle, moi j'ai lu la décision en intégralité, ces plusieurs personnes ont été condamnées, ça veut donc dire que l'intégralité de l'équipe dirigeante du RN a été condamnée sur des faits.

1:57
Présentateur

Alors j'entends aussi, elle fragilise les institutions. En quoi elle fragilise les institutions ? Vous êtes d'accord avec ça ou pas ? C'est notamment la phrase de Gabriel Attal ou de Haute-Mann Nassrou, votre collègue Les Républicains qui est également secrétaire d'État ?

2:09
Benjamin Haddad

Je pense qu'elle fragilise les institutions en disant qu'elle est complètement innocente. Ce n'est pas une réalité. Ce n'est pas une réalité ni juridique ni judiciaire.

2:20
Présentateur

Vous ne croyez pas que l'opinion a un peu évolué face à ça ? Je me fais l'avocat du diable. C'est arrivé à d'autres une condamnation avant une réélection. Il y en a eu des cas par le passé. Alain Juppé, Patrick Balkany, Arlem Désir, Henri Emmanueli par exemple. J'aurais pu en citer d'autres. Oui mais alors dans ce cas-là, c'est une injonction paradoxale.

2:35
Benjamin Haddad

C'est-à-dire que d'un côté, on nous dit toute la journée que les gens veulent plus de transparence, plus de probité que... Et je me souviens des phrases elles-mêmes de Marine Le Pen qui disaient « Ils sont tous pourris. Nous, on est les seuls au RN à ne pas avoir mis les mains dans le pot de confiture. Alors moi, je ne comprends plus. Est-ce que les Français, ils veulent plus d'exemplarité ? Ou est-ce qu'ils veulent donner la chance à des gens qui ont été condamnés ? »

2:59
Présentateur

C'est très intéressant ce que vous dites, Jonas Sadat, porte-parole des Républicains, parce que les premières enquêtes d'opinion sont en train de tomber. Et on a le sentiment que plus il y a d'affaires judiciaires, en tous les cas contre Marine Le Pen, et mieux c'est pour elle. Elle vient de progresser à nouveau dans les sondages. Comment vous réagissez à ça ?

3:15
Benjamin Haddad

Je pense que ça dépend aussi de la typologie de la population qui est interrogée. Ça vient de tomber. Donc il faut aussi un peu de pédagogie pour que les gens comprennent, et c'est ce que j'essaye de faire à votre micro ce matin, que ce n'est pas n'importe quoi que d'être condamné. En revanche, j'observe que chez des pans entiers de notre électorat, notamment l'électorat de droite, le fait d'avoir quelqu'un qui serait condamné, qui soit candidate, c'est gênant. Et deuxièmement, la ligne politique de Marine Le Pen n'est pas la même ligne politique que Jordan Bardella.

3:46
Présentateur

On va y venir sur cet aspect-là, mais en tous les cas, sur le fait que l'actualité judiciaire, elle est là, et elle va demeurer en toile de fond de l'élection jusqu'en avril, puisqu'on vient de l'apprendre, la cour de cassation dit qu'elle se prononcera au plus tard en avril. Mais en avril, c'est aussi la date du premier tour, fin avril.

4:02
Benjamin Haddad

Regardez, en 2022, l'élection a été « confisquée » par la guerre en Ukraine. On n'a pas eu vraiment de débat, on ne savait pas trop ce qui allait se passer, etc. Moi, je ne voudrais pas que 2027 soit confisquée par le fait de savoir si Marine Le Pen porte un bracelet ou pas. Ce n'est pas à la hauteur des enjeux de notre pays. Et c'est pour ça qu'on essaye de dérouler avec Bruno Retailleau un programme, des propositions. On va quoi ? On va attendre ? En gros, on va savoir qui va gagner l'élection présidentielle en sortant du bureau du juge d'application des peines ? Est-ce que c'est au niveau des enjeux du pays ? Je ne le crois pas.

4:37
Présentateur

Son premier déplacement hier à la flèche a dû être écourté, précisément. On voit bien qu'il y a un niveau de tension à cause d'un comité d'accueil hostile. Est-ce que ça augure du type de campagne que nous allons voir ? Vous faites référence à la sortie d'un bureau d'un juge, mais on a le sentiment que les protestations vont être permanentes et que cette campagne va être très difficile. Vous le redoutez ? On peut le redouter.

4:58
Benjamin Haddad

Après, c'est la petite bande d'agitateurs LFI qui ont fait la même chose à l'époque avec d'autres candidats de droite. Et je pense que ce sont des gens qui, de toute façon, tant que vous n'êtes pas de leur camp politique, ils continueront à vous ennuyer. Donc, ce n'est pas vraiment ça le débat. Moi, je pense qu'on a à avoir un débat de fond sur ce que veut Marine Le Pen, et non pas est-ce qu'elle va porter ou pas un bracelet.

5:17
Présentateur

Alors, allons-y justement à ce débat de fond. Bruno Retailleau a répété hier, il était l'invité du 20h de France 2, qu'il est le seul candidat de droite. En quoi il est plus à droite que Marine Le Pen ?

5:27
Benjamin Haddad

D'abord, il ne veut pas revenir sur la réforme des retraites. D'abord, il n'a pas varié sur le nucléaire, puisque je rappelle que Marine Le Pen voulait sortir du nucléaire. Et enfin, dernier point, il considère que l'assistana ne peut pas poursuivre. Je vous prends un exemple tout bête. Le Rassemblement National considère que les gens qui sont au RSA n'ont pas l'obligation de donner un peu de leur temps pour la collectivité. Il considère qu'ils peuvent toucher le RSA simplement, sans contrepartie. Et par ailleurs, le Rassemblement National, lors du dernier budget, a voté avec LFI. Vous m'entendez bien ? Avec LFI, 34 milliards d'impôts en plus. Dieu merci, ça n'est pas passé.

Mais 34 milliards d'euros d'impôts en plus. Et enfin, vous savez quoi ? Je ne vais pas être très compliqué. Je vais citer Marine Le Pen elle-même. Lorsqu'on lui donne des exemples qui réussissent à l'étranger. Des Mélonis, des Mileys. Elle dit non, ça je ne veux pas en entendre parler. Ce sont des trucs de droite. On ne va pas être plus droite que droite. Marine Le Pen n'est pas de droite. Elle est économiquement et foncièrement politiquement de gauche. Et je dirais avec un logiciel collectiviste. Et c'est ce logiciel collectiviste qui nous a placés dans la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.

6:39
Présentateur

Sauf que les grands thèmes pour les Français les plus importants, j'ai envie de dire les items les plus déterminants, c'est l'immigration, c'est la sécurité, c'est le pouvoir d'achat. Quelles sont les différences sur ces trois thèmes-là ? Parce que j'entends ce que vous dites, mais je n'ai pas l'impression que ça puisse être déterminant pour ceux qui nous écoutent. Je réponds.

7:00
Benjamin Haddad

Si le déterminant principal, c'est le pouvoir d'achat, il faut que nous baissions les impôts pour que les gens touchent plus. C'est tout simple en fait. Vous savez, nous, on est de la droite du bon sens.

7:09
Présentateur

Ils ont l'intention, ils ont fait un certain nombre d'annonces, notamment sur les factures énergétiques. Il y a d'autres propositions qui vont dans le sens du pouvoir d'achat. À la marge.

7:18
Benjamin Haddad

Mais nous, ce dont on parle, c'est le salaire. Comment on fait pour qu'on fasse en sorte que demain, votre brut soit plus proche de votre net ? Et eux, ils ne peuvent pas le proposer. Et ce serait quoi votre proposition ? La proposition serait assez simple. C'est de dire, lorsqu'on a le choix entre l'assistanat et le travail, le travail doit toujours payer plus. Et donc, nous, ce que nous proposons, c'est de limiter, plafonner à 70% n'importe qui d'aide sociale le montant du salaire. Donc, qui que vous soyez, sachez que si nous sommes élus, le montant maximal des aides que vous pourrez toucher, ce sera jamais au-dessus de 70% du montant du SMIC. Comme ça, on incite les gens à aller bosser.

Donc, c'est un plafond d'aide ? On pourrait le résumer comme ça ? Voilà, c'est un plafond d'aide à 70%.

8:04
Présentateur

Et c'est, évidemment, l'idée, c'est une incitation au retour au travail ?

8:08
Benjamin Haddad

Incitation de retour au travail, puisqu'aujourd'hui, nous avons encore du chômage, je dirais, de façon résiduelle. Et dernier point, ça permet aussi de régler le problème de l'immigration. Quand vous entendez aujourd'hui des gens, vous savez, les bobos de certaines villes, qui vous disent « Ah, mais on a besoin d'immigrés pour aller dans les restaurants, pour aller dans le BTP parce que personne ne veut y aller. » C'est pas vrai, d'abord, parce que dans les villes, moi, je viens de Normandie, ce ne sont pas que des immigrés dans les restaurants et dans le BTP. Et deuxièmement, pourquoi les gens ne veulent pas y aller ?

Parce qu'ils font le calcul et ils se disent « Si je reste au RSA, parfois, ça a plus d'intérêt que d'aller bosser. » Et donc, il ne va pas aller bosser. Vous savez, c'est très simple, en fait, la politique.

8:45
Présentateur

Mais pour aller dans votre sens, je ne sais pas si vous avez vu cette information qui est tombée hier. Il y a des chiffres qui sont tombés en Italie, avec une disposition qui a prise Georgia Meloni de supprimer le RSA, ou l'équivalent du RSA en Italie. Et on a constaté un retour à l'emploi assez fort. Et un non-appauvrissement. Les chiffres sont tombés hier, j'ai trouvé ça assez stupéfiant. Ça va dans le sens de ce que vous dites.

9:08
Benjamin Haddad

C'est contre-intuitif, en fait. Mais si à votre micro, il y avait eu Marine Le Pen et que vous avez cité Meloni, elle vous aurait dit « Ah, je ne veux pas en entendre parler, c'est un truc ! »

9:17
Présentateur

Elle vous obsède, Marine Le Pen ? Ce n'est pas votre principal adversaire, quand même, sur cette campagne électorale ? Si, parce que je pense que Bruno Rotailleau doit se retrouver au deuxième tour face à elle. C'est ça le risque. Oui, mais vous voyez les sondages, elle est à 30-36%, vous êtes à à peine 10%.

9:31
Benjamin Haddad

Oui, mais c'est pour ça qu'il faut que nous nous hissions en capacité d'être face à elle au deuxième tour pour avoir un match droite-gauche. Oui, et votre adversaire, ce n'est pas LFI ? Non, évidemment. Et moi, je ne mets pas de signe égal entre le RN et LFI. Non, mais si vous voulez, si je dois classer quelque chose, je vous dirais les choses comme ça, le RN est un adversaire, mais LFI est un ennemi. Vraiment, est un ennemi, parce que je pense que c'est un ennemi non seulement pour nous, la droite, mais c'est un ennemi pour la démocratie et la stabilité de ce pays. Et je l'ai beaucoup dit à ce micro précédemment.

10:04
Présentateur

Si le RN devait l'emporter, est-ce qu'au final, à la fin de l'histoire, vous accepteriez des ministères, vous pourriez faire équipe avec le Rassemblement National ? Mais dans quel intérêt ? Si c'est pour appliquer la politique qui n'est pas la nôtre ? Pour appliquer et pour influencer votre politique ? Ça s'est fait dans d'autres gouvernements ?

10:20
Benjamin Haddad

Mais regardez la tête de Jordan Bardella hier. Regardez dans quel état il était. Il n'a pas l'air très à l'aise, parce qu'il sait que finalement, il y avait deux lignes au RN. Moi, je le résume comme ça. Il y a la ligne RN-Hénin-Beaumont, et il y a le RN de Monaco. Et on voit bien que c'est le RN de Hénin-Beaumont qui a plutôt pris le pas, et tant mieux, avec une ligne économique et sociale plutôt de gauche. Et donc, je pense qu'on ne va pas se forcer à appliquer un programme économique de gauche. Moi, ça ne me va pas.

10:46
Présentateur

Donc, vous dites, jamais, jamais, jamais nous ferons équipe avec le RN, Jonas Haddad, porte-parole des Républicains ?

10:52
Benjamin Haddad

Vous savez, il y a Éric Ciotti qui a fait la tentative de partir en plein milieu d'une élection législative. On l'a tous exclu. Et je pense que d'ailleurs, les gens qui ont cru pendant un moment, qui ont cru à cette alliance potentielle, vous savez, ceux qui sont allés à ce qu'on appelle l'UDR, ils doivent être bien déçus ce matin, parce qu'eux qui se disent libéraux économiquement, ils doivent se dire, bon, finalement, on va avoir Marine Le Pen. Ils font des grands sommets des libertés avec Éric Ciotti, où ils parlent de libérer l'économie. Je ne vois pas comment ils vont faire.

11:18
Présentateur

Mais vous ne croyez pas qu'ensuite, dans l'exercice du pouvoir, il peut y avoir, au-delà de la campagne électorale, une influence de l'intérieur, parce qu'on participe à un gouvernement, parce qu'on influence avec ses idées ? Vous n'y croyez pas à ça ?

11:29
Benjamin Haddad

Moi, je n'y crois pas. Vous savez, ce sera la neuvième candidature d'un Le Pen à l'élection présidentielle.

11:35
Présentateur

Oui, mais pour les Français, c'est, en tous les cas, qu'on le veuille ou non, et qu'on soit pour ou contre, c'est le symbole d'un changement quand même.

11:42
Benjamin Haddad

Peut-être, mais ça veut dire que je ne vois pas comment, après une neuvième candidature, quelqu'un qui serait potentiellement en capacité de gagner, va changer sa ligne politique.

11:51
Présentateur

Alors l'actualité, c'est aussi une actualité heureuse ce soir, avec un match France-Maroc. Donc, on en parlait juste avant l'interview. Est-ce que vous avez un pronostic ? Jonas Haddad, porte-parole des Républicains. J'imagine que vous êtes, évidemment, totalement derrière l'équipe de France.

12:08
Benjamin Haddad

Oui, et je pense que ça va faire deux ans, parce que l'équipe marocaine est très belle. Notre équipe est exceptionnelle. Je regrette juste une petite chose. Qu'est-ce que vous pensez de toutes les polémiques qui entourent cette Coupe du Monde ? Surtout pour ce soir. J'imagine que le président de la FIFA n'en a rien à faire, de mon avis. Mais voir qu'il y a cinq arbitres argentins pour un France-Maroc, ça nous interroge un petit peu.

12:36
Présentateur

On précise à tous ceux qui ne sont pas forcément experts en foot que si on dit ça, c'est parce qu'il y a un passif, je dirais, footballistique entre la France et l'Argentine, puisqu'on a perdu en finale de la Coupe du Monde. Autre sujet, ce soir, on pourrait à nouveau parler sécurité, malheureusement, parce qu'il y a des risques. La direction du ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique a été très claire. Et puis, il y a l'exemple du match du PSG en finale de la Ligue des Champions. On sait que tous les matchs, c'est dit comme ceci, contre le Maroc, l'Algérie et la Turquie, font l'objet d'une attention très particulière. Ce soir encore, il y a des risques.

Est-ce que vous trouvez que le ministre de l'Intérieur agit bien comparativement à ce que votre représentant, M. Rotaillot, a pu faire lorsqu'il était ministre de l'Intérieur ? Il a eu des soucis, lui aussi.

13:21
Benjamin Haddad

Non, je trouve que le ministre actuel est dans le déni. Et moi, je suis scandalé. Dans le déni, oui, parce qu'il a dit la dernière fois qu'il y a eu quelques événements, alors qu'il y a eu de la casse partout. Donc moi, ce que je veux dire, c'est que je suis scandalisé par ce qui se passe. Deuxièmement, je ne veux jamais m'y habituer. Et j'ai l'impression que maintenant, chaque instant de bonheur nous est volé. Chaque instant de joie. J'avais résumé ça la dernière fois. J'avais dit que la douce France est devenue la France aigrodousse. C'est-à-dire qu'à chaque fois, on se dit, c'est un instant de bonheur collectif.

Et puis, quelques minutes après, quelques heures après, on s'attend, comme si c'était une fatalité, à ce qui est de la casse. Eh bien, je peux vous assurer que si nous étions en responsabilité et que nous avions pour le coup une majorité avec les pleins pouvoirs, ça n'arriverait pas. Et il faudrait que la peur change de camp. Parce que finalement, le foot, ça doit être une joie et une fête,

14:10
Présentateur

et pas la fête de la casse. Dernière question. Bruno Retailleau, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, avait qualifié les émeutiers ainsi, en disant, certes, ce sont des Français, mais ce sont des Français par leur identité. Et malheureusement, pour la deuxième, la troisième génération, il y a comme une sorte de régression vers les origines ethniques. Vous reprenez ces propos ?

14:28
Benjamin Haddad

Il suffit de regarder les réseaux sociaux. Quand on pose la question à certaines personnes, elles disent, toi, t'es d'où ? Elles disent, moi, je suis de tel pays, de tel pays, de tel pays, alors que les personnes sont françaises. C'est hallucinant. Enfin, ne pas le voir, c'est ne pas être connecté à la réalité. Vous regardez les plus gros influenceurs, vous regardez quand ils font des interviews, ils disent, toi, tu es d'où ? Et les personnes disent, les pays d'origine, des parents des troisième génération.

14:53
Présentateur

Vous regrettez qu'il n'y ait pas cette assimilation et cette envie de porter, intégrer le drapeau français ?

15:00
Benjamin Haddad

Regardez, moi, mon grand-père est tunisien, d'accord ? Il s'est marié avec une femme, et puis après avec des familles qui viennent d'autres origines. Je ne viendrai jamais à l'idée, à votre micro, de dire, je suis tunisien, s'il y avait la Tunisie qui jouerait. Donc, il y a eu un effort d'assimilation qui a été réalisé. Et je pense que cet effort d'assimilation, c'est la garantie de faire en sorte qu'il n'y ait plus de différence. On ne peut pas, d'un côté, dire, il y a du rejet, il y a du ressentiment, sans faire en sorte également d'assimiler. On ne peut pas être en permanence dans la différence et demander l'indifférence.

15:33
Présentateur

Merci infiniment, Jonas Haddad, porte-parole des Républicains, d'avoir été l'invité de Sud Radio ce matin pour le grand entretien politique. Il est 8h32, soyez les bienvenus. Dans un instant, on va parler du grand, on va aborder le grand débrief et tous les thèmes qui sont dans l'actualité aujourd'hui. France-Maroc, bien entendu, avec ces risques dont on vient de parler ce soir. Vous nous appelez, 0826 300 300. On partage votre sentiment et vos réactions, vos coups de colère et vos coups de gueule. A tout de suite, il est 8h33.