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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 12 mai 2017 30 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalEnvironnement & énergieTravail & emploi

#RDLS27 : LÉGISLATIVES, MARSEILLE, INDUSTRIE, GM&S, TECHNIP, ÉCOLOGIE, NUCLÉAIRE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Jean-Luc MélenchonChiffre
    « On est déjà 365 000 abonnés. Donc je pense qu'on va arriver aux 400 000 d'ici peu, ce qui représente un média qu'on peut qualifier cette fois-ci "de masse". »
  • 0:45Jean-Luc MélenchonChiffre
    « On en est à 30 millions de vues ! »
  • 3:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Vous avez un Président de la République qui vient d'être élu, mais il n'a pas de majorité dans le pays, ni de majorité politique, ça il va essayer de la construire, c'est bien normal. »
  • 5:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le canton le plus pauvre de France – et peut-être d'Europe – il est là-bas ! À l'endroit où je me présente ! »
  • 7:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Ils ont commencé à découper les machines. Vous savez, quand un ouvrier ou une ouvrière, hautement qualifié(e), commence à découper une machine, c'est qu'il n'en peut plus ! »
  • 10:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Il y a des centaines de milliers d'heures de travail perdues dans les luttes. Des centaines d'actions, partout, partout ! »
  • 13:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Ils rentrent dans une entreprise. Au début, ils disent "Ah, eh bien on vient, on apporte un complément, c'est une fusion égalitaire, gagnant-gagnant, gnan-gnan-gnan !" »
  • 16:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Alstom / General Electric (GE). Quand même ! Ils produisaient des machines dont on a besoin : Des éoliennes et ainsi de suite... Tchouff !! C'est parti chez GE. »
  • 18:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Sanofi. Première boîte à produire des médicaments en France. Je vous signale que ça a quand même à voir avec la Sécurité sociale... la production des médicaments ; parce que c'est eux [laboratoires] qui fixent les prix. »
  • 21:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Là bas, ils ont un système d'enfouissement de déchets, de stockage – une unité de production – sous-terrain d'une surface grande comme 15 fois Paris. »
  • 23:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Dans les prochains jours quelles dispositions prend le nouveau président par rapport à ce sujet. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Alors bonjour les amis. C'est le numéro 27 de la revue de la semaine, et évidemment il y en avait parmi vous qui croyaient que c'était terminé avec l'élection présidentielle, mais comme la lutte continue - et que maintenant nous voilà dans les élections législatives, où j'espère bien que l'on arrive à concrétiser ce qu'on a manqué de si peu à l’élection présidentielle - eh bien la revue de la semaine elle continue. D'autant que c'est un bel outil, on est déjà 365 000 abonnés.

Donc je pense qu'on va arriver aux 400 000 d'ici peu, ce qui représente un média qu'on peut qualifier cette fois-ci "de masse". Pour vous donner une idée, on en est à 30 millions de vues ! Je dis cela pour tous ceux qui regardent ça un peu de haut, hum ?

YouTube, c'est aussi cette possibilité-là qu'on a de s'exprimer et moi j'ai besoin de pouvoir garder cette liberté. Je suis à nouveau engagé dans la suivante bataille, je vais vous en parler, et vous vous doutez bien que je n'arrive pas dans une endroit où la "presse" locale va faire autre chose qu'essayer de me tirer dans le dos, évidemment, comme d'habitude. Enfin !

Si jamais il y a une bonne surprise, je vous le mentionnerai, je vous le dirai. Mais ce n'est pas le cas. Bon, allons-y, générique !

Tout d'abord je vous parle de la bataille des élections législatives. D'abord pour que vous compreniez bien l'affaire, parce qu'elle a l'air assez embrouillée vue de l’extérieur. Vous avez un Président de la République qui vient d'être élu, mais il n'a pas de majorité dans le pays, ni de majorité politique, ça il va essayer de la construire, c'est bien normal.

Mais surtout, il n'a pas de majorité sociale, il n'a pas un groupe social en France, à part les très-riches et les très-puissants, qui se dit "Bon bah on attend quelque chose de ce pouvoir". Comme par exemple, pour ce qui nous concerne il y a un groupe très ample, très large de gens qui se disent que si Mélenchon est élu eh bien on aura la planification écologique, ils vont s'intéresser à ces questions. Bon.

Ce n'est pas le cas avec eux - surtout d'ailleurs, surtout pas avec la planification écologique ! Je sais pas si vous vous êtes rendus compte, mais le débat de l'entre-deux tours - qui était plus questions minables, plus plus - pas un mot ! Alors ils ne sont pas au courant, le changement climatique, tout ça, rien !

Enfin bref. Je reviens à mon affaire. L'élection législative, en réalité, elle va poser la question de savoir qui gouverne vraiment le pays.

Parce que la Constitution de la Vème République donne des pouvoirs très très importants au président de la République, mais aussi au Parlement. Lui aussi en a, des pouvoirs. Et s'il y a une majorité au parlement qui n'est pas celle qui a élu le Président de la République, ça donne quelque chose qu'un certain nombre d'entre vous ont déjà connu, c'est la cohabitation.

Le président est d'une couleur et l'Assemblée est d'une autre. Et évidemment le programme qui s'applique c'est le programme de l'Assemblée. Donc, pour nous, c'est une possibilité de voir mettre en œuvre notre programme.

Nous on s'est pas battus pour une personne, ou pour une personne et ses copains. On s'est battus autour d'une idée et d'une manière de faire qui est contenue dans le programme qui s'appelle ''L'Avenir en Commun''. Donc on va mener une campagne tambour battant.

Et évidemment, j'ai tenu, je veux, qu'on comprenne bien qu'il y a un lien avec l'élection présidentielle. Donc il ne s'agit pas de transformer le résultat du vote : si vous avez voté France Insoumise, vous avez voté FI pour le programme l'Avenir en Commun, vous avez pas voté pour autre chose - donc je vais pas venir vous voir : "Ah bah tiens, je me suis arrangé avec tel parti, tel autre, et les amis, vous avez plus qu'à faire ce que je vous dis : votez pour tel ou tel parti." Bon c'est pas possible ! 1 : c'est pas possible, 2 : c'est pas souhaitable.

Il faut que les gens ils votent pour un programme, parce que si vous me donnez une majorité parlementaire c'est le programme que je vais appliquer. Je ne vais pas me mettre, comme Macron, à faire du tripotage à peine élu, Parce qu'il a pas le choix, cet homme-là, alors forcément...

Il a reporté, au delà du raisonnable, les moyens de faire de la politique efficacement dans le pays. Bon. Donc, voilà pour les élections législatives.

Donc, on a décidé qu'il fallait que j'y aille. Je vous dis pas que c'était moi, le premier, qui a eu cette idée, loin de là. Pourquoi ?

Parce que tout le monde a dit : "Tu peux pas annoncer aux gens qu'on va faire campagne pour gagner aux élections législatives, et mettre en place un gouvernement qui applique le programme de la présidentielle, et le gars qui a porté cette idée pendant plus d'un an, tout d'un coup, il est pas là." Alors ça, je pense que personne n'aurait compris ça. Et donc, on a décidé après ça 1 : il fallait, que je sois, moi-même, candidat dans cette élection, parce que c'est le prix pour être crédible auprès de vous, même si ça doit me crever - parce qu'il faut faire une campagne locale, et puis il faut faire la campagne nationale.

On a décidé ensuite qu'évidemment on ferait le lien total entre les deux. C'est-à-dire l'élection présidentielle qui vient d'avoir lieu, et la législative. C'est pour ça que vous allez voir, partout, des affiches où on me voit moi en gros, on voit le phi qui est le symbole de notre campagne, et puis la photo des candidats titulaires ou suppléants.

Bon, pourquoi on fait ça? D'abord, pour la France Insoumise, le problème c'est pas les égos de Pierre, Paul ou Jacques, hein. C'est qu'on arrive bien à nous reconnaître au milieu de la confusion.

Si on fait un tel effort, c'est qu'évidemment il y a plein de gens qui entretiennent la confusion. Y'a plein de gens, les ralliés de la 25ème heure de la campagne, qui au dernier moment, bah, Mélenchon par ci, Mélenchon par là...

On croirait que j'ai passé mes vacances au camping avec eux, et qu'on ait été à l'école primaire ensemble. Non, c'est pas le cas du tout. Donc, il n'y a qu'une manière de continuer le combat que vous avez mené avec moi pendant l'élection présidentielle, c'est de prendre les bulletins de vote où il y a un "phi" dessus.

Les seules affiches qui me représentent – après, on a le droit de faire ce qu'on veut hein – c'est celles où je suis dessus, où il y a les suppléants. Bon, bref. Là dessus, où vais-je aller ?

Il faut assumer la nouvelle situation. Vous autres qui me regardez, réfléchissez-y. On a été en tête dans des dizaines de villes.

Et dans les très grandes villes. Donc on a fait un choix politique. On s'est demandés où ça valait la peine que j'aille, pour porter la parole de l'endroit où je vais.

Alors je sais bien, les petits notables locaux, quand ils me voient arriver, ils poussent des cris d'orfraie. "Mon dieu, catastrophe !" Tout leur petit système est ruiné par ma présence, parce que réellement j'en ai rien à faire d'eux, ni de ce qu'ils sont en train de tripoter pendant des années.

Où que j'aille, hein. Je vous le dis, c'est pas réservé seulement à là où je vais. Je m'en fiche.

Je viens pour mener un combat politique. C'est comme ça que j'ai choisi d'aller à Marseille. Parce que c''est une ville qui concentre tout ce qu'il se passe dans le pays, socialement.

Il y a extrême pauvreté. Extrême pauvreté ! Le canton le plus pauvre de France – et peut-être d'Europe – il est là-bas !

A l'endroit ou je me présente ! Extrême richesse, parce qu'il y a des gens très riches qui sont là. Les services public dégradés, tout ça, tout ce que vous connaissez, tout ça c'est dans Marseille.

Et Marseille n'a pas de représentation politique devant le pays. C'est une ville... quand je vous dis une ville, vous avez bien compris, il s'agit pas du territoire, il s'agit des gens, c'est la seule réalité qu'il y a dans une ville, c'est les gens.

Eh bien, ils parlent pas au pays. Si bien que le pays peut se donner l'illusion que tout ça n'existe pas. C'est raté, me voilà !

Maintenant, vous allez en entendre parler. Si les gens évidemment m'élisent. Mais vous en entendrez parler de cette réalité-là, vous allez la voir.

Bon. Alors, je vous passe les querelles secondaires, on s'en fout, pourquoi cette circonscription ou une autre, parce que certains sont tellement micro-localistes qu'ils n'arrivent même pas à comprendre qu'on puisse mener une bataille d'ensemble. Mais vous allez voir, parce que j'espère que ça booste un peu tous nos candidats, et vous allez voir la belle équipe qu'on va amener à l'Assemblée Nationale, de toutes les circonscriptions là-bas.

Vous allez voir, ça va être super bien. Bon. Donc, voilà pourquoi je suis entré en campagne, et voilà pourquoi je remets en route la revue de la semaine, pour qu'on puisse parler, à nouveau, que je puisse vous parler directement de ce que je suis en train de faire, de ce que je peux voir...

Evidemment, moi je préférerais ne pas parler tout le temps d'élections, j'ai d'autres sujets à traiter. D'ailleurs, là, je vais le faire, je vais vous parler d'un autre sujet. Il s'agit de l'industrie.

Donc...

Mais il n'empêche qu'on va quand même parler de cette campagne, parce que si on ne le fait pas nous, personne ne le fait. Personne ne le fait à notre place, en tous cas. Nous, il faut qu'on assume notre première place, notre importance, dans le paysage politique.

Et pour la suite, le programme "l'Avenir en Commun", un jour ou l'autre il va s'appliquer. Moi je souhaite que ce soit le plus tôt possible, et vous pouvez le faire, parce qu'il y a les élections législatives pour ça. Je vous demande de prendre ça au sérieux.

Parce que, si vous ne saisissez pas l'occasion des élections législatives, qu'est ce que vous allez faire après ? Il vous restera, évidemment, ce qu'on va faire, là : la lutte, tous les jours. Mais quand même, on pourrait s'épargner ça.

Il suffit de voter du bon côté, c'est-à-dire voter la France Insoumise, pour les candidats du "phi", et le programme s'applique ! Bon ! Alors voilà quoi.

J'espère que depuis la présidentielle, il y en a 2-3 qui ont réfléchi depuis, qui ont dû se dire : "Ah bon sang, si on avait donné un petit coup de main à la France Insoumise et à Mélenchon, on y serait arrivés". On serait arrivés au 2ème tour, et je permets de vous dire, n'importe lequel je le pliais. Parce que je n'aurais pas permis, moi, comme a fait Mme Le Pen – qui est quand même la complice absolue du système...

La fille elle arrive au 2ème tour, et elle est tellement caricaturale qu'en réalité sa seule présence est une invitation à voter pour l'autre ! Evidemment cela aurait été totalement différent si on était arrivés à un 2ème tour. Donc vous savez que vous pouvez tous y faire quelque chose, avec vos bulletins de vote.

Et vraiment – bon alors si ça marche pas, on verra bien, vous aurez toujours l'occasion de vous plaindre – mais la probabilité la plus grande c'est que ça marche. Parce que, à nouveau, les sondages montrent – bon, ils nous arrangent jamais les sondages hein, alors je sais pas pourquoi, on serait les seuls qui ne seraient pas exactement au niveau de la présidentielle. J'en crois pas un mot, parce que ce que me racontent tous mes amis de partout, c'est qu'il y a du monde dans toutes les réunions, que tout le monde veut donner des coups de main, que c'est reparti pour les coups de téléphone tous azimuts.

Il y a donc une grande force qui est en train de se remobiliser. Moi je suis très optimiste, mais il faut que tout le monde s'y mette. D'accord ?

Bon, maintenant je passe à l'autre sujet. Je vais vous parler de l'industrie. Parce que, quand on est écologiste, on sait que pour changer le mode de production on peut pas se contenter de formules en général : "y'a qu'a", "faut qu'on".

D'accord ? C'est pas possible. Il va falloir changer les machines.

Il va falloir changer les process de production. Evidemment il va falloir que la formation des producteurs, elle aussi, elle change. Mais, vous voyez, vous pouvez pas dire "Je vais faire une économie, un modèle économique écologiste" si vous ne maîtrisez pas les machines et les process de production, si vous savez pas le faire.

Concrètement. Techniquement. C'est pour ça que dans la culture écologique qui est la nôtre, il y a un goût pour la technique, pour les outils, pour "comment ça marche ? quel est leur fonctionnement ? comment on peut améliorer ?", pour le bilan énergétique, pour comment on peut créer des modèles circulaires, où on récupère des déchets pour les ré-injecter dans la production.

Tout ça c'est du travail humain, et c'est des machines. Bon. Vous avez peut-être vu, pendant la campagne, je suis allé dans une entreprise qui recyclait les déchets d'ordinateurs, frigos...

Toutes ces choses-là. D'accord ? Les sèche-cheveux... que sais-je encore.

Tous ces trucs où il y a des machines, où il y a de l'électricité. Ils récupèrent tous les matériaux. Le cuivre, l'or...

Bon. A un moment donné, il faut voir, il y a du travail humain, par la force des choses. On est obligés.

On met les mains dedans et on trie. Mais il y a des moments où il faut des machines super pointues. Par exemple, là où j'étais, il y avait une machine qui reconnait les plastiques d'après leur couleur, ou d'après leur densité.

Et elles trient. Ça c'est pas la main humaine qui peut le faire, parce que les êtres humains sont pas capables de repérer le contenu d'un plastique. Ça c'est pas possible.

Ça se voit pas. C'est donc la machine qui le fait. Et vous voyez que c'est le top quoi.

C'est des machines... c'est le maximum de ce qu'on sait faire dans la technique.

D'ailleurs, la dernière fois que j'étais là bas, la machine qui faisait le tri était allemande, mais tout le reste qu'il y avait autour c'était des machines fabriquées en France, pour organiser le tri lui-même. La machine allemande, elle repérait la nature des déchets. Ça on saurait le faire si on voulait.

Alors vous comprenez que cette affaire d'industrie elle est décisive pour le modèle économique que nous on va mettre en place. C'est pour ça que je fais attention à ce qu'il se passe dans notre pays. Alors, il y a les entreprises qui ferment.

Et chaque fois qu'elles ferment, vous perdez le savoir-faire. Par exemple, quand vous êtes dans des entreprises où les travailleurs utilisent des moules, pour l'industrie. Bon, alors vous pouvez vous dire, c'est des moules pour des voitures, on s'en fout.

Ben non, on s'en fout pas. Parce que si on sait faire fonctionner et produire à partir des moules : - il faut produire les moules eux-mêmes - ensuite il faut assurer la qualité, pile-poil, de la production Les moules qu'on fait aujourd'hui pour faire ceci, demain on en ferait d'autres pour faire autre chose. Donc c'est vital.

Et c'est ça qui m'amène à un des conflits qui a lieu en ce moment, dans le département de la Creuse. Pour être plus précis, la ville s'appelle La Souterraine. C'est là que passe le train qui vient de Paris, on peut descendre à la gare de La Souterraine.

C'est une situation très grave. On a là une entreprise, et, les gens qui sont là... vivent dans une angoisse mortelle.

Eux, ils fabriquent des pièces pour l'industrie automobile. Et on leur a dit que leur entreprise allait fermer, mais personne ne leur dit rien. Donc quand on leur annonce quelque chose, comme par hasard, c'est des mauvaises nouvelles qui font très peur.

Et le 23 mai prochain, il va y avoir un jugement du tribunal de commerce. Alors là...

Quand on commence à parler "tribunal de commerce", en général ça finit mal. Vous vous rappelez tous les dossiers dont on a déjà parlé ensemble dans cette revue de la semaine. Le tribunal de commerce, c'est pas des aigles, hein !

Donc ils regardent combien il y a de dettes, ils regardent ce qu'il y a à vendre dans l'entreprise, et si jamais il n'y a pas de repreneur qui offre de quoi régler les dettes... des fois... quand je dis la dette, je devrais pas parler comme ça, parce que dans "la dette" ils comptent ce que coûte le licenciement des travailleurs.

OK ? Bon. Et donc, ils regardent ce qu'il y a dedans, on vend tout, tchouff, dehors.

Le carnet de commandes, et les machines, quelqu'un les reprend, et se sauve. Ça c'est produit déjà à plusieurs reprises. Alors cette boîte elle s'appelle "GM&S".

Et les gens sont furieux. Je les comprends. Ils ont décidé de formes d'actions qui sont très rudes.

Qu'est-ce qu'ils ont fait ? D'abord ils ont fait des choses qu'ont fait quand on veut être "cool". L'opération escargot, la manifestation, la pétition... tout ça.

Les puissants, maintenant, regardent tout ça...

Ils s'en foutent. Genre "Allez, gesticulez, de toute façon, on sait bien que vous allez mourir." Sauf que là, les ouvriers de cette entreprise ont dit : "Non, pas question !" "Ça va coûter à tout le monde, cette affaire, pas qu'à nous" se disent-ils.

Et moi, je leur donne raison. Alors on va me dire "Ah mais, M. Mélenchon, vous défendez des gens qui ont des méthodes extrêmes !" Eh bien oui, je défends des gens qui ont des méthodes peut-être extrêmes.

C'est eux qui les décident. C'est eux qui prennent les risques. Mais les autres, de l'autre côté, ils n'ont pas des méthodes extrêmes ? en combattant, comme ça, de pauvres gens qui veulent juste vivre de leur travail, et qui le font bien !

C'est pas des méthodes extrêmes de laisser des gens comme ça, dans l'incertitude totale ? En se préparant à leur piquer leur boulot? à leur enlever leur paye ?

Vous y allez, vous, à La Souterraine, pour leur proposer un autre métier, un autre travail ? Vous savez que tout ces gens-là ont des maisons, là-bas ? Et les gosses sont à l'école, à côté ?

Vous croyez que c'est des pions qu'on peut bouger comme ça ? Pour allez où, d'abord, s'il-vous-plaît ? Donc le traitement qu'on fait à ces gens est terrifiant.

Alors oui, ils ont pris des mesures dures. Ils ont décidé de piéger leur entreprise. Il y a des bonbonnes de gaz et d'essence.

Comme ils connaissent la boîte comme personne...

Il y en a qui ont 20 ans, 25 ans là-dedans, personne ne connaît l'entreprise comme eux, et je mets en garde ceux qui s'amuseraient à avoir l'idée d'aller les déloger. ça va mal se passer. Ils ont piégé l'entreprise.

Et ils ont fait encore autre chose. Ils ont commencé à découper les machines. Vous savez, quand un ouvrier ou une ouvrière, hautement qualifié(e), commence à découper une machine, c'est qu'il n'en peut plus !

Il est à la limite ! Pourquoi ? Parce que les gens qui ont une haute qualification en général, ils aiment leur machine.

Ils la connaissent quasiment comme une personne. Au bruit, parfois, ils savent ce qu'il faut faire. Si elle va bien ou si elle ne va pas bien.

Et si par hasard, ça ne va pas bien, où est-ce que ça ne va pas bien. Il y a une relation très particulière entre le travailleur hautement qualifié et la machine. Les gens qui ne connaissent pas ça...

Et puis on ne peut pas tout savoir ! Mais ils ne connaissent pas ce que c'est que la production, Et le rapport d'un travailleur à sa production. Donc ils ont commencé à découper, au chalumeau, les machines.

Voilà où on en est ! C'est pour ça que moi, je veux en parler. Je peux pas faire grand-chose, c'est pas moi qui suis sur place.

C'est pas moi qui prend les risques. C'est pas moi qui décide de l'action. Mais je veux profiter de cette occasion pour dire "Je suis solidaire !" Alors vous allez voir les cris que ça va pousser !

On va dire "Comment ! Vous défendez des gens qui mettent des bonbonnes de gaz, et tout ça !" Bien oui, j'assume !

Je les soutiens ! Et je demande à ceux qui me regardent : vous aussi, soutenez-les ! Envoyez un petit message d'amitié, et si vous êtes autour, si vous habitez là-bas, vers La Souterraine, dans la Creuse ou les départements autour, allez leur donner un coup de main !

Ramassez des sous pour aller les leur porter, pour qu'ils puissent tenir bon dans la lutte. Et puis faites connaître cette lutte. Aidez les gens à ne pas se faire étrangler dans leur coin.

Vous savez, en ce moment, il y a beaucoup de luttes dans le pays. Beaucoup, beaucoup ! Vous n'en entendez pas parler, hein !

Mais il y a des centaines de milliers d'heures de travail perdues dans les luttes. Des centaines d'actions, partout, partout ! Ne croyez pas que ce pays est en train de se laisser faire !

C'est pas parce qu'on a élu de manière imprévue un nouveau président qui est très libéral, que le pays est devenu résigné. Ce n'est pas vrai ! Pendant que j'y suis, je termine sur mon sujet.

Je vous demande de regarder un peu plus attentivement ce qui se passe autour de vous. En ce moment, dans l'Industrie, il se passe des choses, qui vont s'accélérer. Parce que le nouveau président, lui, il aime les privatisations.

Il envisage d'en mettre en oeuvre dans la téléphonie, dans d'autres domaines... dans l'énergie...

C'est-à-dire des secteurs clefs. Ceux à partir desquels on organise le reste. Vous imaginez la situation ? 1) On enlève les outils de production industrielle. 2) ensuite, on retire ou on affaiblit les outils qui produisent l'énergie dont on a besoin. 3) Ensuite, on affaiblit les réseaux par lesquels l'information circule pour mieux la contrôler soi-même.

Et depuis quelques temps, je trouve qu'il y a une offensive sur les grands moyens de production français. Par qui ? Pas par les Russes.

Par les Américains. Voilà comment ils font : ils rentrent dans une entreprise. Au début, ils disent "Ah, eh bien on vient, on apporte un complément, c'est une fusion égalitaire, gagnant-gagnant, gnan-gnan-gnan !" Tout le monde connaît ça.

Et puis à la fin, au bout de quelques temps, vous vous apercevez qu'il y en a partout, que les Américains contrôlent tout, ramènent les brevets aux USA. Ils ont fait ça pour Sanofi. Première boîte à produire des médicaments en France.

Je vous signale que ça a quand même à voir avec la Sécurité sociale... la production des médicaments; parce que c'est eux [laboratoires] qui fixent les prix.

Et c'est la Sécurité Sociale qui paye. Donc c'est la vache à lait pour eux ! Nous, on était partisans du fait qu'on renverse la situation.

C'est-à-dire la production des médicaments contrôlée par la Collectivité - et pas par le privé contrôlant le Collectif. Bon, ça a été le cas de Sanofi. Alstom /General Electric (GE).

Quand même ! Ils produisaient des machines dont on a besoin : Des éoliennes et ainsi de suite...

Tchouff !! C'est parti chez GE.

C'est chez les Américains. Alcatel-Lucent, pareil ! Une grosse boîte qui fait du câble, de tout ce qui est la basse tension, notamment une entreprise pour poser le câble sous-marin qui permet de faire transiter les données.

C'est pas rien d'avoir ça ! Le pouvoir de décider où on met un câble. Parce que sinon, vous demandez aux autres si vous avez le droit [d'utiliser leur] câble...

Quand les Américains mettent la main sur une entreprise, Après ils considèrent que cette entreprise est soumise à la Loi américaine ! Il n'y a même pas besoin d'être Américain pour qu'ils vous soumettent à leurs lois. Mais en tout cas, quand elle est américaine, c'est terminé !

C'est eux qui décident ! Si un jour ils décident que vous êtes sous embargo, terminé ! Plus personne ne peut vous vendre - si il a 1 centime à avoir avec les Etats-Unis, terminé !

Vous vous imaginez que les américains considèrent que les billets de banque leur donne des droits, c'est-à-dire, si vous faites une affaire qui ne leur plaît pas, et que vous avez utilisé des dollars, ils ont droit de vous mettre une amende comme si c'était à eux que vous aviez crée le tort. Donc faut pas rire avec eux, c'est une grande puissance, et une grande puissance exerce toute sa puissance, alors je vous ai dit, je vous ai donné l'exemple d'Alcatel-Lucent, de Sanofi, d'Alstom, et voilà Technip, vous ne savez pas ce que c'est vous, et Technip c'est une très grosse boîte de parapétrolier. Nous, on est pas sorti des énergies carbonées mais vaut mieux contrôler le processus.

Alors tout ce qui touche ce parapétrolier nous intéresse, au début pareil, on a dit : "C'est une entreprise conjointe, formidable avec nos amis américains, qu'on s'aime tellement, etc..." Et progressivement, les américains embarquent tout ce qu'il y a là-dedans et les centres de décision sont aux Etats-Unis, et il reste en France ceux qui sont là et qui dépriment, certains se suicident et les grands chefs eux, fichent le camp, ils vont dans d'autres entreprises, les plus jeunes, qui voient bien que leur entreprise est promise à être asphyxiée, à être tuée...

Bah ils cherchent un emploi ailleurs où ils auront un profil de carrière plus intéressant, c'est pas tout d'aller au boulot et d'avoir la paye, il faut aussi quand on sait faire, que ce qu'on fait ce soit intéressant ! Sinon c'est pas la peine ! Voilà ce qui est en train de se produire en ce moment dans cette entreprise Technip, et si je vous en parle c'est parce qu'il faut que j'en aie parlé une fois, comme ce que je suis en train de faire là, parce que je vous en reparlerai, parce que je pense que c'est une offensive, et vous allez voir le nouveau pouvoir va être extrêmement bienveillant à l'égard des acheteurs.

Et je veux que vous vous intéressiez à comment font les Etats-Unis pour nous braquer une après l'autre les entreprises. Soit ils viennent à l'amiable - ça dure rarement longtemps - soit ils ont un autre truc, comme ça été le cas pour Alstom, c'est-à-dire ils disent : "Là il y a eu un problème, vous n'avez pas suivi telle réglementation ou vous avez essayé de corrompre quelqu'un, blablabla" et BAM ! Ils vous mettent une amende d'enfer et ils vous mettent des poursuites juridiques contre les dirigeants.

Donc les dirigeants, couic, terminé, ils sont morts de trouille. Une fois qu'ils sont bien cuits, bien frits, bien préparés, l'Américain vient et dit : "Bon bah on va régler ça, vous avez qu'à vendre, on va régler ça entre nous, vous aurez une belle prime de sortie" et les traîtres - que sont les dirigeants de ces grandes entreprises - réapparaissent en France avec un sourire d'une oreille à l'autre, et disent : "Ah on a une idée formidable, on va s'étendre aux Etats-Unis, on va faire une entreprise commune, vous allez voir, ça va être magnifique, etc.." ils ramassent le fric, s'en vont, plantent tout, et il reste plus aux Nords-Américains qu'à s'approprier l'entreprise.

Bon, ça fait long comme explication, mais il faut que les gens qui participent à notre idée, notre programme, notre vision, il faut qu'ils s'intéressent à ces questions. Il faut s'intéresser aux questions de la production, vous pouvez pas être "écolo" si vous ne vous intéressez pas à la production, et si vous vous intéressez à la production, vous pouvez pas ne pas vous intéresser à la propriété. Parce que, clairement, si cette propriété relève du droit français, ou si elle relève du droit nord-américain, ben c'est pas pareil, le résultat.

Vous verrez que, le jour où nous on dira qu'on veut faire ceci, qu'on veut faire cela dans ce pays, que nos bons amis nord-américains diront "Tout ça, c'est tout des Bolcheviques, on veut rien qu'ils fassent", eh ben ils vous retireront tout ! Et vous aurez pas le câble, et vous aurez pas ceci, et vous aurez pas cela, et vous n'aurez plus accès à telle ou telle des productions que, jusque là, nous, on sait faire, les Français. OK ?

Faut bien réfléchir à tout ça. Alors je vais pas finir ça sans parler d'un sujet aussi qui est d’intérêt... très ample.

Vous avez vu que dans le débat, entre les deux tours, pas un mot d'écologie. Donc rien sur les sujets qui sont directement des sujets liés à la pensée écologique. Notamment, le nucléaire.

Parce que, les deux, M. Macron et Mme Le Pen, c'est des fans du nucléaire. Ils adorent.

Ça, et le diesel, c'est leur truc. Je le dis avec un peu d'humour, hein, mais franchement, ça fait mal de voir un débat qui concerne notre pays où vous avez deux personnes qui n'ont pas l'air d'être au courant de ce qu'est le problème numéro 1 de l'espèce humaine à l'étape actuelle. Notamment, au moment ou je l'ai dit, la question du nucléaire n'a pas été évoquée.

Vous croyez que le problème est réglé ? Juste parce qu'on n'en a pas parlé ? Non.

Il est là. Et là, y'a des mauvaises nouvelles. La mauvaise nouvelle, elle vient de se produire aux Etats-Unis d'Amérique.

Là bas, ils ont un système d'enfouissement de déchets, de stockage - une unité de production - sous-terrain d'une surface grande comme 15 fois Paris. D'accord? C'est pas un petit trou dans un coin avec 4-5 cochonneries dedans. 15 fois Paris.

Et à l'intérieur de cette affaire, il y a eu un effondrement d'une des tranchées, et tout le monde là-bas dit que tout ça, c'est super dangereux, c'est super dangereux, l'installation est super vieille, et ça va super mal. Bon, je vous en parle pour que vous compreniez qu'on est déjà dans les problèmes qui résultent du passé nucléaire de nos pays. Et comme dans tous les pays du monde, on vous explique qu'il n'y a pas de sous pour la dépense publique, là-bas, ils ne font pas ce qu'il faut faire, et ils laissent vieillir, et donc se délabrer, des installations dangereuses.

Nous les Français, nous allons avoir des installations dangereuses d'ici peu. A l'intérieur du prochain mandat, de 5 ans, il y a toute une série de réacteurs nucléaires qui vont atteindre la limite des 40 ans pour lesquels ils étaient construits. Il va falloir prendre la décision, ou d'arrêter les réacteurs, ou de les prolonger.

Quand vous ne faites rien, ça veut dire que vous vous préparez à les prolonger. Parce que, fermer un réacteur, ça veut dire organiser une production équivalente, par d'autres moyens. Si vous ne décidez pas d'organiser ça, après vous avez beau jeu de dire "ah, ben on ne peut pas fermer, puisqu'on ne peut pas remplacer".

Donc, nous allons voir dans les prochains jours quelles dispositions prend le nouveau président par rapport à ce sujet. C'est la raison pour laquelle, si nous on a la majorité au parlement, le problème est réglé, parce qu'on fera ce qu'on a dit dans le programme. C'est à dire qu'on fermera tous ces réacteurs.

Pas question de remettre 100 milliards dans le commerce pour recaréner les vieilles centrales, les vieux réacteurs, et les remettre en route pour qu'ils marchent encore 20 ans. Cette opération-là, il ne faut pas qu'elle ait lieu. Alors, j'ai voulu en parler pour que vous y pensiez aussi.

Parce que moi j'y pense, et je trouve que le signal d'alerte qu'on vient de recevoir des Etats-Unis d'Amérique, il faut le prendre au sérieux. C'est pas parce que c'est loin que ça ne nous concerne pas. Bon, alors, vous avez compris : la chaîne YouTube, elle va continuer.

Donc je vous retrouve la semaine prochaine. Dans l'intervalle, le petit coup de main est bienvenu : c'est les petits pouces bleus, et puis les abonnements. Je pense qu'il faut qu'on arrive à avoir 500 000 abonnés aussi tôt que possible, parce qu'on aura fait la démonstration qu'on peut, comme ça, construire un outil d'expression et de communication sous-terrain, comparable à un circuit de média officiel.

A la rentrée, sans doute que je proposerai des tas de choses pour que l'on bâtisse du solide bien large, mais évidemment que cette chaîne est l'un des outils, une des pièces de l'outil à construire. Voilà. Merci de m'avoir écouté, les gens, et je vous dis à la semaine prochaine.

Je vous raconterai la suite de mes aventures à Marseille et dans le pays.