Discours de lancement de mon premier livre : Pour une politique de l'amitié
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:51Invité politiqueFait
« On s'est rendu compte qu'il y avait pas de d'évidence en matière légistique dans quelle direction aller, même si il y avait du déjà là parlementaire et je vais en reparler après. »
- 10:10Invité politiqueChiffre
« Quand je pense que six personnes sur 10 n'habitent pas dans le même département que celui dans lequel ils sont nés et dans lequel réside toujours leur famille, quand six enfants sur 10 aujourd'hui naissent hors mariage »
- 11:37Invité politiqueChiffre
« Il y a trois fois plus d'ouvriers, d'employés que de cadres qui trouvent un travail en parlant à leurs potes, à leurs amis, aux gens qu'ils connaissent. »
- 19:37Invité politiquePromesse
« J'ai voulu proposer d'ouvrir le droit au congé pour accompagner une amie dans son postpartum. »
- 20:20Invité politiqueChiffre
« C'est trois petits jours dans l'année jusqu'au 18 ans de l'enfant. »
- 21:01Invité politiquePromesse
« Je propose que le congé pour le deuil d'un ami soit reconnu au même titre que pour la famille biologique. »
Temps de parole
- Clémence Guetté99 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Euh merci d'être venu si nombreuses et nombreux aujourd'hui pour le lancement du premier ouvrage de Clémence Gueté pour une politique de l'amitié que nous publions aux éditions La découverte et merci à la Ronde de nous accueillir. Ça va comme ça ? C'est mieux ? Ah ouais ? OK. Euh je ne vais pas vous présenter Clément ce que vous connaissez tous et toutes ici. Pour ma part j'ai eu la chance d'être son éditrice et de l'accompagner dans ce travail. Donc je voulais vous dire deux mots avant de lui laisser la parole. Euh à la fin de cette présentation, vous aurez une séance de dédicace juste dans la petite salle à côté. Euh donc je voudrais revenir sur le processus de publication de l'ouvraage.
Au début de l'année, Clément a organisé à l'Assemblée nationale en lien avec une proposition de loi, un colloque sur l'amitié auquel elle a convié des historiens et historiennes, des militants, des militants, des intellectuels, des journalistes afin de réfléchir à la manière dont la puissance publique pourrait reconnaître les liens amicaux. Donc j'étais présente pour accompagner la journaliste Alice Rau avec laquelle j'avais travaillé sur son ouvrage nos puissantes amitiés que vous connaissez peut-être qui est paru en 2024. Donc dans ce livre, comme dans beaucoup d'essais qu'on publié à la découverte, on trouvait une interpellation à s'emparer enfin de la question de manière politique.
Et pour la première fois, depuis que je travaille la découverte, c'estàdire depuis une dizaine d'années, une responsable politique a dit OK et s'est proposé de répondre très directement à cette interpellation qui avait aussi été lancée par d'autres intellectuels ces dernières années dont Hélè Janimi et Geoffra de la Gamerie qui étaient aussi présent à ce colloque. Je vais me perdre dans mes notes. Voilà. Donc, j'ai pu voir se transformer très concrètement les réflexions, le travail intellectuel et militant de nombre d'autoristes en matière politique, programmatique, en proposition de loi.
Ce livre, c'est donc un livre d'action qui dépasse la simple analyse et le seul panorama de la situation actuelle. À la découverte, on a l'habitude depuis très longtemps de travailler, d'explorer la question des liens sociaux, des manières de faire famille, de vivre en dehors des normes les plus traditionnelles, notamment d'un point de vue féministe. Et il nous a semblé très évident et très cohérent avec le catalogue d'accueillir ce travail de Clémence Gué et je suis très heureuse qu'elle a accepté de nous rejoindre à la découverte de nous avoir confié ce livre très important dont la réception puis l'apparition fin route est assez exceptionnelle.
Euh Clément, il me semble, est vraiment parvenu à imposer cette question dans le débat politique et sur la scène médiatique et au vu des réactions outré des personnalités politiques et des éditorialistes de droite, je pense qu'elle a visé juste. Cela témoigne à mon avis de la puissance véritablement révolutionnaire de l'amitié, pourtant largement déconsidérée comme une thématique naïve et non politique. Voilà, donc Clément va vous parler de ça maintenant, bien mieux que moi. Et je lui laisse avec plaisir la parole et la remercie encore de ce travail.
[applaudissements]
[acclamation]
[applaudissements]
Bonjour tout le monde. Je me sens très petite derrière ce pupitre, mais je suis ravie d'être là. Merci beaucoup d'être venu aussi nombreux et nombreuses ce soir. Mes premiers mots, c'est des mots de remerciement parce que voilà, c'est la sortie de mon livre qui est donc sortie le 27 août aux éditions La Découverte. Mais pour qu'on arrive à un moment comme ça, il a fallu plein de monde. Donc d'abord, je remercie Valentine, mais aussi toutes les équipes de des éditions la découverte [applaudissements] qui m'ont accompagné là-dedans. Stéphanie Chevrier qui est peut-être arrivée, peut-être pas encore. Voilà, merci beaucoup Stéphanie pour bah ta confiance et pour voilà le travail avec vous.
J'en étais absolument ravie. Euh et puis je voulais remercier les autres, c'est-à-dire tous les volontaires qui assurent la soirée et plus largement la diffusion du livre parmi les autres livres de l'Institut Laboesi. Donc merci à tous les bénévoles et salariés de l'Institut Labesi.
[applaudissements]
Et puis enfin, merci à mon équipe, à l'équipe des salariés de du siège de la France insoumise, aux équipes salariées de l'Institut Labo ici qui font partie de mes amis, des gens que j'aime et avec qui j'ai le plaisir de travailler au quotidien. Donc je suis absolument ravie que elle et eux soient là aussi ce soir. Et j'en j'en termine juste après, il y aura une séance de dédicace, c'est traditionnel dans ce type de moment et c'est la librairie Les mots à la bouche qui nous accompagne ce soir
[applaudissements]
qui est qui est une librairie LGBT emblématique de Paris et qui comme plein de librairies indépendantes est dans une situation financière très très compliquée. Et donc voilà, il faut pas hésiter à les soutenir ce soir mais aussi tous les jours qui suivent parce qu'on a besoin de ces lieux d'édition indépendante, de librairie indépendante, de diffusion indépendante face à l'extrême droitation de tout ce champ aussi du livre. Et donc voilà, merci à elle et eux et et on est à vos côtés évidemment. Je vous parle un petit peu du livre [applaudissements] euh qui est pour moi qui est venu d'un intérêt personnel.
Il y a d'ailleurs dans cette salle plein de mes amis euh ils se reconnaîtront, elles se reconnaîtront et puis qui a aussi été le fruit d'un intérêt politique. Donc Valentine l'a dit, en fait, on a fait un travail pendant plusieurs mois. On a commencé par essayer de faire une proposition de loi qui visait à réfléchir à la question des nouveaux droits, des nouveaux liens de solidarité matérielle et affective. On s'est rendu compte qu'il y avait pas de d'évidence en matière légistique dans quelle direction aller, même si il y avait du déjà là parlementaire et je vais en reparler après.
Et donc on s'est dit que il fallait faire un colloque et qu'il fallait inviter celles et ceux qui pensent ce sujet depuis déjà très longtemps et à qui je veux rendre hommage parce qu'ils l'ont pensé avant moi depuis les révolutionnaires mais plus de manière plus contemporaine Hélène Janekini Myrion Mal qui est peut-être arrivé aussi qui est une autrice de BD qui a travaillé sur le deuil amical notamment Geoffroid Laaganerie Alice Ra Johanna Sinatissa Bromovit je ne sais pas si elle est là si il elles sont là mais cette question de l'amiti métier, il y a beaucoup de sociologues, d'auteurs, d'autrices qui s'en sont emparés et qui ont ouvert la voix à la réflexion que moi j'ai proposé de poursuivre dans le champ politique.
Donc évidemment, je voulais en dire un mot et puis aussi un mot sur la suite de ce travail par le questionnaire qu'on l'a lancé sur mes réseaux sociaux où on a eu 7000 réponses en 24 heures qui venait pour moi confirmer l'intuition du fait que il y avait un sujet, il y avait quelque chose qui pouvait intéresser et surtout qui laissait la la parbelle au témoignage. Et donc on a 7000 magnifiques histoires parfois terribles de rupture amicale, de deuil amical mais aussi parfois des choses très belles de solidarité, de famille choisies, de gens pour qui leur existence est est conçue comme ça autour de ces amitiés, des gens qui chérissent.
Donc voilà, je voulais aussi remercier les 7000 personnes qui ont pris le temps de me donner leur récit d'amitié et qui m'ont permis d'écrire. Donc en gros, il y a des théoriciens, théoriciennes et puis il y a des artisans et artisanes de l'amitié, des gens qui l'ont expérimenté dans leur vie euh dans dans la façon dont ils ont construit leur vie. Et donc le but pour moi ce soir n'est pas de vous résumer le livre. Le but c'est quand même que vous le lisiez à un moment donné, mais c'est vous vous dire d'abord pourquoi j'ai décidé de me saisir de cette question là. Valentine l'a dit depuis qu'on a sorti le bouquin.
C'est alors on est content, ça marche bien, il y a plein de commentaires positifs et de gens qui accompagnent le projet. Et puis il y a aussi quand même une mobilisation tout à fait flagrante du camp réactionnaire. Je je voulais vous lire quelques petits titres. Par exemple, le JDD s'est demandé si politiser l'amitié visait à mieux dissoudre la famille. valeur actuelle dans un dans un genre tout à fait similaire, c'est demander si quand la gauche célèbre l'amitié, c'est pour mieux conspuer la famille. Cette fois-ci, vous noterez les petites variations synonymiques et de style. Et puis le point c'est tout simplement demander si la politique de l'amitié était un chemin vers le totalitarisme.
Et donc nous voilà avec ce sujet qui a permis évidemment de faire parler qui je pense a visé juste dans certains tabous notamment celui de la prépondérance absolue de la famille de ce qu'il peut représenter de carcan pour certaines personnes, de ce qu'il peut représenter de violence pour certaines personnes et puis aussi finalement de de pouvoir continuer à un combat progressiste qui est d'affirmer et de réaffirmer que on soit nos existences comme on le souhaite, que la liberté est absolue en cette matière et que l'amour n'a ni lien biologique prépondérant, ni choix par le code civil, ni choix par le système fiscal, mais que tout ça est bien plus complexe que ça et que donc à mon sens on doit l'accompagner nous comme parlementaire.
Je je je crois que le propos du livre est plus nuancé que ce qu'on voulu en dire les médias réactionnaires. Je pense d'ailleurs qu'ils ne l'ont pas lu, mais c'est pas grave, on s'y attend. Euh parce que je je critique en effet euh la famille mais je mets aussi en garde sur la question de l'amitié qui comme tout le reste fait partie euh d'un système dans lequel il y a des rapports de force, il y a des rapports genrés, il y a des rapports qui ne sont pas neutres sociologiquement et donc je n'en fais pas du tout un monde idéal pur et parfait.
Mais contrairement au réactionnaires et c'est bientôt le but du livre, je veux en finir avec la hiérarchisation des liens qui sont importants dans nos existences. Je je considère que ce n'est pas notre rôle, celui des parlement parlementaires, celui de celles et ceux qui font la loi que d'opérer cette hiérarchie. Et pourtant aujourd'hui, elle est extrêmement affirmée de plein de manières. Alors que, et c'était la première raison principale, alors qu'il me semble que pour les Français aujourd'hui déjà les liens sont plus complexes que ce qu'on veut nous donner à voir ou à croire.
Euh quand je quand je pense que six personnes sur 10 n'habitent pas dans le même département que celui dans lequel ils sont nés et dans lequel réside toujours leur famille, quand six enfants sur 10 aujourd'hui naissent hors mariage, on peut se dire que les liens, tels qu'ils étaient conçus dans la norme dominante d'il y a 50 60 ans, sont déjà complètement pulvérisés. Ce n'est déjà plus la façon dont les gens conçoivent leur existence. Et c'est pour moi le prolongement de toute notre réflexion sur la Nouvelle-Fance. la Nouvelle-France et prendre acte du fait que les gens vivent déjà différemment de de ce qu'on peut en imaginer ou de ce qui est promu.
Et donc de fait cet éloignement à la fois de la famille biologique et le fait que le mariage n'est plus une institution centrale ou obligatoire dans un parcours conjugal ou pour faire famille témoigne pour moi du fait qu'il y a déjà beaucoup de place vraisemblablement dans nos liens pour l'amitié. Et ça m'intéressait aussi d'avoir un propos de classe sur ce sujet, c'est-à-dire que l'amitié, comme le reste n'est pas exent de rapport de force, je l'ai dit, mais ne peut pas non plus être extrait de toutes les contraintes financières qui pèsent sur elle dans un monde néolibéral et ne peut pas non plus être extrait de toute la question du temps libéré, du temps choisi.
C'est-à-dire une fois qu'on a fait le sommeil et le travail, il nous reste un peu de temps. Et ce temps, la façon dont on peut la louer, dont on peut choisir de la louer, il est évidemment situé socialement. Il n'est pas le même pour les cadres que pour les ouvriers et employés. Et puis par ailleurs, la dépendance qu'on peut avoir à des réseaux plus informels que ceux de la famille biologique n'est pas non plus la même. Par exemple, il y a trois fois plus d'ouvriers, d'employés que de cadres qui trouvent un travail en parlant à leurs potes, à leurs amis, aux gens qu'ils connaissent. Il y a une dépendance bien plus forte pour d'autres sphères.
Je pense aussi aux personnes migrantes qui dans les parcours de migration sont elles aussi extrêmement dépendantes des réseaux amicaux ou de sociabilité qu'elles peuvent avoir dans les dans les endroits où elles arrivent. Je pense aux maires isolé un/4 des familles aujourd'hui sont des familles monoparentales. 80 90 % ce sont des femmes. Ces femmes-là reposent très souvent sur tout un réseau de solidarité pour s'occuper de leurs enfants, les faire garder, essayer de de d'avoir une existence personnelle. Et donc c'est absolument massif.
Et puis je pense aussi aux seigors qui euh dans la fin de leur vie pour qui le couple ou la famille ne peut pas être un lieu toujours de de ressources et qui veulent pouvoir avoir des alternatives à un système privé d'PAD qui est bien souvent générateur de maltraitance. En bref, j'ai voulu penser dans ce livre celles et ceux qui sont déjà les premières victimes du système néolibéral dans lequel on évolue et qui ont encore plus besoin que les liens de solidarité matérielle et affective puissent être tous considérés à égalité et tous revalorisés et permis par la loi.
Parce que pour les personnes dont je viens de parler, l'amitié c'est un refuge et parce que on a des défis anthropologiques qui s'annoncent devant nous. D'abord la question du changement climatique et je parle dans le livre de tous les sociologues, de tous les chercheurs qui ont montré que des communautés résilientes, des communautés pardon dans lesquelles il y avait plus de lien entre les gens étaient plus résilientes face au changement climatique. Or le changement climatique est déjà là. On vient de vivre un été d'enfer et on sait que les catastrophes vont se multiplier.
Et donc ces liens dont parle par exemple Pablo Servigne mais d'autres avec lui sont indispensables et sont une alternative à une forme de survivalisme individuel qui ne rend pas fort face à ce qui nous attend.
Et puis la deuxième menace immense dont on ne parle pas qui est encore un peu tabou, qui peut faire honte, c'est celle de la solitude qui là aussi par le système économique, par l'atomisation des individus, par le fait que les collectifs de travail sont broyés, que les les les façons de faire collectif et de faire de la résistance dans les entreprises sont de moins en moins possibles, là aussi génère de la solitude, génère l'atomisation des individus, leur risolement aux uns vis-à-vis des autres.
autres et que donc l'amitié est une réponse à ça, à cette personne sur qu en France, une personne sur qu dit qu'elle se sentule quotidiennement ou régulièrement et a ces 7500 personnes qui dans le pays se disent en situation de mort sociale, c'est-à-dire sans aucun contact d'aucun jour de la semaine avec quiconque. Et donc je pense que ce sont des défis euh de notre temps éminemment politiques, dans lequel là aussi les liens peuvent être une forme d'abri, une forme de refuge.
Et ça c'était la première raison, c'est qu'il me semble que l'amitié peut être une forme défensive dans euh un corps social, dans un peuple qui est victime du néolibéralisme et de toutes les attaques de l'extrême droite que nous pouvons vivre. Je voulais pas m'en tenir à ça. Je voulais aussi que ce soit un livre offensif qui fait une proposition, une proposition progressiste, il me semble parce que ça permet de résister au au néolibéralisme, à l'extrême droitisation de la société, mais ça permet, il me semble aussi, de contreattaquer dans le modèle de société qu'on veut promouvoir d'abord sur la dimension sociale.
Il me semble que l'amitié est un espace anticapitaliste parce que elle est pensée comme ça, comme un lien libre, gratuit, souple au niveau productif puisque elle est quand même basée sur la gratuité généralement, même s'il y a des tentatives de marchandiser nos amitiés, c'est quand même des gens qui troquent, qui échangent, qui se rendent des services parce qu'ils s'aiment, parce qu'ils s'apprécient et que donc en ça, ben ça vient menacer la marchandisation générale de tout au niveau reprodu productif aussi puisque la famille telle qu'elle est conçue dans son acception dominante est une institution qui reproduit les inégalités et notamment les inégalités de genre.
Je rappelle que c'est une femme sur c qui bascule dans la pauvreté au moment d'un divorce dans le cadre d'un couple hétérosexuel. Donc c'est absolument massif la façon dont le capital se produit et se reproduit au sein des familles et généralement à l'avantage du genre masculin évidemment. Et donc euh les amis, c'est pour ça que je le dis dans le livre, sont des révolutionnaires en puissance sur le plan de ce système capitaliste. Et le deuxième aspect, c'était vis-à-vis de l'extrême droitation de la société. Il me semble que l'amitié a toujours été un lieu de résistance pour celles et ceux que l'extrême droite menace dans leur chair par harcèlement, par agression jusqu'à la mort.
c'est-à-dire les personnes racisées, c'est-à-dire les personnes LGBT, c'est-à-dire les femmes. Euh elles se sont toujours organisées en communauté, y compris très fortement marqué par ces relations d'amitié, de sécurité affective, de sécurité euh de sécurité matérielle, pardon. Et je reprends notamment à mon compte la notion de famille choisie qui a été théorisée par plein de penseurs cuir et LGBT puisque les existences ont été conçues comme ça dans des moments d'adversité, d'offensive transphobe, LGbétophobe de manière très importante au cours de l'histoire.
Et puis euh un contemodèle aussi parce que face à cette extrême droitisation, on a des discours réactionnaires qui reviennent sur les politiques natalistes, généralement des politiques natalistes avec un fond xénophobe. C'est-à-dire que ce ne sont pas tous les enfants, mais en témoigne les amendements à l'Assemblée nationale sur la préférence pour les enfants pour allouer des aides sociales aux enfants quand les deux parents sont français nés en France et cetera et cetera.
Ce sont bien donc des politiques natalistes xénophobes qui sont promues jusqu'à jusqu'au président de la République actuelle depuis pour longtemps heureusement mais qui a parlé de réarmement démographique dans un contexte où un certain général pensaiit devoir nous préparer à ce que nos enfants aillent à la guerre donc dans un contexte extrêmement marqué par le militarisme, les vat en guerre et cetera. Et donc c'est un contremodèle aussi que de promouvoir des liens alternatifs, des liens choisis, des liens en dehors de ce qui est pensé à cet instant.
L'extrême droite hiérarchise et nous on essaie de proposer des alternatives et de rendre hommage aussi à celles et ceux qui ont déjà conçu leurs existences hors des chemins préétablis, parfois au prix de leur vie. Voilà, pour il y a plusieurs dizaines d'années, notamment dans les espaces LGBT, le nombre de gens qui étaient en rupture familiale, qui ont voulu concevoir leur vie autrement et qui ont pu le payer de diverses manières et très important. Et puis aussi, c'est enfin un pour moi un chemin féministe et progressiste de manière plus générale à continuer de mener.
C'est la suite du chemin pour l'égalité entre les femmes et les hommes puisque là aussi le couple et la famille, vu que nous vivons dans un système patriarcal, est marqué par les les inégalités de genre et puis parce qu'il vient déconstruire un ordre social qui nous est assaé comme une forme d'évidence mais que l'on est plein à subvertir au quotidien euh dans nos propres vies. Et donc à partir de tout ça, j'ai voulu essayer de faire un exercice de pensée puisque je suis député, que je suis parlementaire et que d'autres avaient écrit sur ce sujet avant moi.
J'ai voulu imaginer une loi, un début de proposition de ce que pourrai être des droits nouveaux accordés aux amis, à nos amitiés de manière plus générale. Et je suis partie des injustices dont ont témoigné les gens dans le questionnaire que j'ai pu recueillir. D'abord, je suis partie des injustices dans les moments très importants de l'existence comme la naissance ou la parentalité. Partant du principe que la PMA est désormais ouverte aux femmes seules, que il y a beaucoup de femmes qui se retrouvent seules pour faire des enfants. Et donc, j'ai voulu proposer d'ouvrir le droit au congé pour accompagner une amie dans son postpartum. J'ai voulu aussi ouvrir le congé pour enfant malade.
Vous savez, c'est trois petits jours dans l'année jusqu'au 18 ans de l'enfant. Donc tout le monde sait que quand on a un enfant, c'est quand même plus que trois petits jours dans l'année généralement. Mais donc pour les mères isolées, c'est la double peine. Elle est toute seule, elle n'a que les 3 jours. Il y a pas de conjoint ou de conjointes pour avoir 3 jours supplémentaires et donc je propose de les doubler et de pouvoir les transférer à une personne de son choix.
Euh j'ai pris d'autres moments marquants de l'existence, la maladie, la mort, le deuil qui sont là aussi des moments où on peut vouloir accompagner un ami dans une maladie chronique, un cancer, une maladie de longue durée, vouloir que les gens ne soient pas seuls à ce moment-là. Et de la même façon, et ça a fait beaucoup parler là aussi les réactionnaires, je propose que le congé pour le deuil d'un ami soit reconnu au même titre que pour la famille biologique. On est parfois tout à fait incapable de retourner au boulot le lendemain du décès d'une personne qui compte énormément dans notre existence.
Et à ce stade-là, je voulais vous lire un SMS que j'ai reçu d'une amie justement, je ne sais pas si elle est là, euh c'était avant la sortie du livre. Elle m'a dit "Je n'ai pas encore lu ton livre, mais après de semaines de bataille contre la gendarmerie, les services funéraires et la terre entière qui ramène tout le temps la famille dans la gestion d'obseècle d'une amie qui était pourtant en rupture familiale, je lui je lui souhaite à ton livre tout le succès nécessaire pour les cuir. C'est une des luttes les plus révolutionnaires qui soi pour nos vies.
Et quand j'ai reçu ce SMS, je me suis dit que j'allais sans doute pas écrire ce livre pour rien et que sans doute dans dans les vies de plein de gens, ça pouvait compter et compter à un moment décis.
[applaudissements]
[acclamation] Il y a d'autres propositions dans le livre pour l'affiliation et la transmission.
Euh je vais pas en parler trop longuement parce que pour ces sujets-là, j'ai repris des propositions que Jean-Luc Mélenchon avait déposé à l'Assemblée nationale déjà en 2022, donc le mandat précédent, euh où il proposait la création d'une sorte, on va dire, je le dis très rapidement, mais d'une sorte de pax pour les amis, un partenariat social, pouvoir se lier avec quelqu'un matériellement, affectivement, témoigner de la solidarité et je pense que justement que des parlementaires comme lui et pu ouvrir la voix sur des sujets comme ça me permet et permet peut-être à d'autres gens qui arrivent derrière de pouvoir aller plus loin dans ce chemin qui à mon avis est inéluctable.
La seule raison pour laquelle on combat, c'est la vitesse à laquelle ces droits peuvent advenir. Donc moi, je j'y mets des forces parce que j'espère que ça puisse arriver plus rapidement. Mais je pense que c'est un chemin euh qu'on va parcourir parce que c'est une évidence que nos liens se reconfigurent, qu'ils évoluent et que les modèles dominants ne sont dominants qu'un temps généralement et que ensuite ça passe. Et puis je voulais terminer par vous dire que ce livre c'est aussi une déclaration d'amour à mes amis qui sont là euh qui se qui se reconnaissent.
Euh je suis ravie voilà de vous avoir dans mon existence et je pense que je me serais pas emparé de ce sujet si jamais euh vous ne comptiez pas à ce point pour moi dans ma vie, dans mes bonheurs, dans mes malheurs, dans ce qui a plus dur. Euh je te regarde pas euh sinon je vais pleurer. Et donc euh voilà, je chéris tous les moments que je partage avec vous et je pense que je vous dois beaucoup dans le fait que ce sujet soit important pour moi et soit important je pense pour plein d'autres gens. C'est un début, c'est pas du tout ce qu'on pourrait faire de mieux sur ce sujet.
Je pense que ça fait progresser le chemin et je pense par ailleurs que ça amène à ouvrir l'horizon sur plein d'autres politiques plus vastes. Des politiques sociales, des politiques urbaines, des politiques de gratuité dans nos espaces publics, des politiques sociales, le fait de repenser notre code civil, bref un horizon très vaste. Et donc, je voulais vous proposer de bien profiter de cette soirée qui est une soirée conviviale pour qu'on passe un beau moment toutes et tous ensemble parce que comme vous le savez, on est lancé dans une belle bataille qui va durer 8 mois mais que c'est que le début de la bataille, les 8 mois.
Mais donc on aura pas dans tant d'occasions comme ça de pouvoir se retrouver, se célébrer, passer du temps les uns et les unes avec les autres. Donc ce soir, je suis ravie de de pouvoir avoir créé cette occasion et euh et je vais laisser la parole à celui qui, j'espère dans quelques mois en 2027 pourra nous amener très loin sur ce chemin des droits nouveaux. Donc je laisse la parole à Jean-Luc Mélon.
[applaudissements]
[acclamation]
[applaudissements] [applaudissements] [applaudissements]
Je je mesure l'honneur qu'elle me fait en me donnant la parole. Je ne veux pas vous cacher mon émotion. Il y a entre nous tous quelque chose qui relève de ces liens dont l'amitié est une déformme par son intensité. Nous sommes unis, Clémence et moi, par la responsabilité partagée de l'Institut la Boessie qui s'est assigné une ambition absolument gigantesque, celle de reformuler dans la difficulté spécifique de l'action politique, pratique, concrète, électorale, démocratique, une pensée cohérente de gauche, c'est-à-dire une pensée anticapitaliste. Et je dis c'est une ambition terrible parce qu'il faut le faire en même temps que tout le reste.
Et Clémence a depuis l'origine du mouvement la France insoumise la charge du programme qui est le cœur rassembleur de ce que nous sommes et que nous proposons à tout un chacun. Naturellement, si je le précise, c'est pour rappeler qu'il n'y a pas de dogme, il n'y a pas de doctrine, il n'y a pas de je ne sais comment on peut le dire spécifique aux insoumis. Ils sont très divers et leurs insoumissions respectives sont également très diverses. Cependant, construire c'est proposer une pensée. La théorie de l'air du peuple et de la révolution citoyenne a proposé une vision, une théorie des conditions dans lesquelles la société capitaliste peut-être subverti.
Nous sommes assez profondément attachés à la formule qui fait procéder l'avènement de cette société, non pas de l'intervention d'une avantgarde révolutionnaire injectant de la conscience au masse, mais au contraire suivant la forme radicale classique de l'expression de Carl Marc, le mouvement réel qui abolit l'état actuel, virgule et sa conscience. Donc c'est dans la virgule que j'ai tout le problème car le mouvement réel qui abolit l'état actuel du point de vue des structures économiques, on le voit quant à sa conscience l'affaire devient un peu plus compliquée.
La ce que nous partageons, Clémence, moi Antoine Sal Papou qui est par là et qui est le grand surveillant général de la doctrine, euh nous partageons un primat qui est assez banal mais dont il faut mesurer toute la force de contagion. Nous croyons à l'individu socioulturel. Dans la gauche traditionnelle, imaginez l'individu socialement déterminé, ça va, nous sommes rodés, nous en avons la doctrine sous tous ces aspects, parfois au prix d'un réductionnisme qui peut être conernant à certains moments, comme si en quelque sorte la révélation de votre condition sociale vous transformereit en un instinct en révolutionnaire. Nous avons constaté depuis très longtemps que ce n'est pas le cas.
que ça n'est pas suffisant et que on meurt plus facilement pour une idée aussi confuse que la liberté ou l'égalité que pour un différentiel de taux d'inflation ou pour un point de baisse ou d'augmentation de son salaire. De ça, nous avons fait le point de départ d'une pensée. Et ce que je viens de dire à propos de la limite de l'identification de l'acteur révolutionnaire, et bien nous l'avons projeté sur la société elle-même.
Au fond, moi j'ai vécu, vous savez que j'ai beaucoup vécu, j'ai vécu la période où quand on parlait du socialisme et quand on décrivait les bienfaits, c'était en terme de nombre de kilomètres de voie ferrée, de kilomètres de route, de tonnes d'acier, de tonnes de béton, de quantité de ceci ou de cela. Le socialisme se présentait dans sa forme usuelle d'abord comme une quantité, une quantité d'objets, une quantité de choses, une quantité éventuellement de relation.
La question de la qualité était considérée comme un supplément d'âme souvent lié à la situation concernante de la petite bourgeoisie qui bon fait que l'on accepte qu'elle ait des états d'âme et des émotions qui parfois la submergent. Et nous avons fait nous de ce cheminlà un chemin d'exploration. Plusieurs d'entre nous avons été touchés par la grâce-à-dire par les circonstances lesquelles ? La décomposition de la société capitaliste est en phénomène cyclique. La société capitaliste a dissout la société féodale, ses valeurs, ses organisations. Puis comme elle-même elle est continuellement en mouvement, elle a continuellement dissous ce qu'elle avait elle-même mis en place.
Et comme chaque fois que des structures de relation sociales humaines se mettent en place, elles sont présentées comme l'état de nature qui va de soi. Ainsi, le couple, la famille ont été présenté comme des structures qui allaient de soi non obstant le fait que toutes les études anthropologique montre que les formes de la reproduction sociale sont extrêmement diverses dans le temps, dans les situations, dans les civilisations ainsi que les questions qui sont considérées comme centrales précieuses et indépassables de la possession du corps des femmes et des enfants qui en résultent. Et malgré cela, bon bah voilà, une forme de relation centrale est établie conforme à aux besoins du système.
Ce qui a explosé tout ça, c'est évidemment la dynamique du système lui-même. C'est le système qui a mis en contradiction la vie des êtres humains. On ne peut pas être à deux endroits en même temps. la contradiction des tâches de reproduction sociale et du cycle de la reproduction sociale avec le cycle de la production tout court du carnet de commande et du la production sans stock fluide où la main d'œuvre doit être disponible à mesure que le carnet de commande se remplit. C'est cela qui a tout explosé en convoquant les femmes à deux endroits en même temps pour deux types de travaux gratuits euh de nature différente.
L'un au travail pour produire de la plusvalue, l'autre dans la famille pour produire du travail gratuit au service euh des enfants et des personnes âgées. Tout ça étant considéré comme des attributs naturels et quasi génétiques liés à la condition genrée que j'ai bien débuté. Cette cette contradiction est celle qui est la plus violente et la plus visible et c'est celle qui va propager la nostalgie du passé telle qu'en soit la forme parce que il y a aussi des familles réussies. Il y a aussi des liens familiaux fait d'amour sans problème ou pas trop ou la dose raisonnable dépassable.
Et on a fait comme si tout au long de l'is de l'existence idéologique de la gauche, il n'y avait pas eu des textes terribles venant d'individus qui pour le reste se situait plutôt dans une logique plus tranquille de réformisme.
Tout le monde a oublié que Léon Bloom a écrit et manifeste contre le mariage en faveur de l'Union libre et que combien d'autres penseurs du socialisme, quel que soit leur positionnement dans l'arc des pensées socialistes hein dans l'histoire se sont déjà positionnés sur ces questions et par exemple sur le thème de l'amitié le précurseur absolu et Louis Antoine de Saint-Juste qui propose que chacun alors c'est sans juste hein, c'est le lyisme semi-romantique naissant du 18e siècle propose que chacun aille déclarer chaque année quels sont ses amis et puis que comme vous en avez un, vous passez dans la russe d'une écharpe bleue pour montrer que vous êtes dans des liens d'amitié.
Enfin bon, c'est s juste hein. Oui, on sait moi aussi que Saint juste a écrit un poème pornographique mais enfin bon la révolution est faite de tant de ruisseaux que pourquoi pas celui-là après avoir volé les bijoux de sa mère. Alors donc le le ce que fait Jeanvien à Clémence, vous trouverez que c'est un chemin un peu détourné mais non parce que cette école cette école de pensée c'estàdire la centralité du sujet socioc-culturel nécessite qu'on prenne en charge la pensée sur la rupture culturelle. Cette rupture est vécue suivant les générations d'une manière plus ou moins douloureuse.
Mais admettons que dans la génération actuelle et bien nous avons affaire à des jeunes hommes et des jeunes femmes pour qui tout ce que je raconte est une vieillerie du passé ou quelque chose de sympathique et respectable mais qui ne les concerne absolument pas ou à peu près autant que l'existence du Parti communiste ou du Parti socialiste dans la GRE. C'est-à-dire quelque chose de très relatif, respectable, hein, mais appartenant à un monde définitivement disparu. Et donc, les liens nouveaux dont parle euh Clémence sont pourtant là et il ne s'agit pas de les reléguer dans la catégorie des incidents de parcours ou des merveilles particulières de l'existence.
Ils sont structurants et parce qu'ils sont structurants, il faut accepter de les traiter comme tels et d'y penser politiquement alors que depuis toujours on ne pense pas politiquement les liens naturels parce que c'est la nature donc on va pas les discuter la nature et ça a toujours été comme ça mais ces liens nouveaux que sont-ils ? Ils surgissent donc et dans notre famille évidemment chacun d'entre nous a été atteint. Moi, je l'ai par le premier livre que j'ai lu de notre ami sur l'amitié. Évidemment, le nom. Voilà. Et puis euh arrive Clémence et Clémence est la première d'entre nous qui ouvre le chantier qualitatif de la relation qualitative.
De même que nous ne dirons plus jamais que le socialisme c'est la quantité de chemin de fer, de route, de béton et d'acier produits, nous ne dirons plus jamais que la réussite d'un projet social alternatif anticapitaliste se résumerait seulement au dénouement des liens de la production de plus-value et du travail gratuit. Parce que si c'est que ça, ça vaut pas la peine. Il faut que on accepte la profondeur du caractère révolutionnaire de la transformation des relation personnelles. Mais encore faut-il être capable de les nommer ? Encore faut-il être capable d'en dire quelque chose ?
Voilà comment l'un l'autre à deux générations honnêtement différentes, nous avons été atteints, percutés, interpellés. Pour ma part, homme d'un autre temps, c'est évidemment la structure étroite et fermée qu'il y avait du la place de l'homme, de la place de la femme. Et c'est par l'intermédiaire de mon contact avec les associations d'homosexuel que tout d'un coup, ça va vous paraître surprenant, mais c'est quand même comme ça que ça s'est passé. J'ai découvert à la fois un monde et son enfer sida a frappé, tuant un tour de bras, dispersant des amours, des familles et cetera et j'ai réalisé.
Donc ça m'a amené à penser et à proposer le hasard de la vie, la première loi, organisant la relation qu'on appelle mariage pour tous. Maintenant, je suis obligé de vous dire que j'ai déjà manifesté avec Clémence pour le mariage pour tous et on criait tous le mariage pour tous et moi je lui disait "Si vous voulez mais pas moi s'il vous plaît parce que c'est pas mon truc." Euh bon donc déjà vous voyez je portais la contradiction avec moi mais avec elle et avec les autres. C'est pour ça que c'est si nouveau et si important ce qu'elle fait.
De la même manière que je n'ai eu une compréhension radicale de ce qu'est l'humanisme dans sa nouveauté révolutionnaire, c'est-à-dire l'être humain et l'auteur de son histoire. Bah comment ? Par le contact des personnes transgenor. Parce que c'était je ne comprenais rien et il est certain que sans doute encore à cet instant je ne peux pas dire que j'ai tout compris mais il s'agit-il de comprendre prendre avec soi. Mais ce que j'ai compris c'est que c'était le sommet de ce que je racontais philosophiquement.
Quelqu'un qui décide de savoir qui il est non obstant son genre, non obstant son éducation, non obstance au propre corps, c'est la forme achevée de ce que l'humanisme réclame pour la dignité humaine. Je rappelle que le texte qui fonde l'humanisme, c'est de la dignité de l'être humain par pic de la mirandole. Voilà pourquoi le livre de Clémence est si important pour nous insoumis parce que c'est un des nouveaux rivages de l'insoumission mais ça va être un rivage positif.
Ce n'est pas seulement que nous nous soumettons pas à l'ordre établi genré à l'ordre culturel euh euh matrimonial et cetera, mais nous entrons dans un autre ordre qui a ses figures, qui a ses parcours et elle propose de le faire politiquement. Pour ma part, mon dernier texte, je voulais que ce soit ça que je propose comme proposition de doigt, c'était le thème de l'adoption sociale. Et je crois moi au caractère complet d'un processus révolutionnaire.
Peut-être parce que j'ai beaucoup lu les autres dans ma jeunesse et j'en ai beaucoup appris, mais qu'il ait ressenti le besoin d'écrire littérature et révolution dans un pays totalement tarriéré à la sortie d'une révolution absolument moderne, radicalement différente de tout ce qu'on avait connu me poussait à réfléchir à à ces aspects-là. Voilà pourquoi c'est notre entrée dans cette partie là de la réflexion. On va le prolonger de toutes les manières possibles. Elle a commencé, elle a proposé des solutions politiques et je m'amuse d'abord, je te félicite, peut-être immédiatement valu la haine des gens qui écrivent sans avoir lu.
Bon, il faut dire que tu es un peu exigeant demander à un journaliste virgule de droite, ce qui est quand même un cumul euh de lire un livre avant de le critiquer, c'est quand même bon. Clémence n'exagère pas. Donc j'ai adoré qu'ils aient commencé par dire qu'elle voulait détruire la famille. Il y avait pas manière plus stupide d'affirmer qu'on ne sait pas quoi dire et que on se raccroche comme une moule à un rocher euh sans bien le connaître. Euh pas forcément parce qu'on en est content soi-même. Donc c'est bien, il est honorable de de susciter un tel mépris. Euh et j'ai j'ai je j'admire qu'on est traité de robot humanoïde euh à cause de ta de ta position.
Bon alors je veux rassurer les réactionnaires qui sont dans cette salle, [raclement de gorge] ils doivent en avoir un ou deux, au moins dans les représentants de la presse pour leur dire non, nous n'avons rien contre nos pères et mères sauf complication particulières mais non tout va bien. Rien contre nos enfants. Nous avons des familles, nous des fois on en est content, d'autres fois non. Mais la différence avec vous, c'est que nous on le dit parce que notre amour est gratuit tandis que il arrive que dans beaucoup de classes sociales, l'amour soit directement connecté à l'héritage et que par conséquent il soit beaucoup moins gratuit. C'est pas notre cas. Donc on se sent assez libre au fond.
Qu'est-ce qu'on fait ? Juste on cherche le bonheur point final et c'est d'autant plus difficile queon sait pas le décrire. Alors donc on invente. Voilà ce que ce que fait Clémence pour nous. Alors après la méthode du livre euh vous la verrez, elle est très intéressante parce que elle est partie d'une intuition et elle l'a ensuite appliqué à plusieurs cas de figure. Elle a même été pas assez à mon goût mais bon l'éditrice ne lui ayant rien dit. C'est pas moi qui vais ramener ma science mais quand elle aborde la question de l'amitié avec les animaux je lui ai fait le reproche. C'est génial qu'elle y ait pensé parce que c'est tout à fait essentiel dans les temps qui courent.
Mais enfin enfin bon bref, on peut on peut continuer. Alors, il nous manque un livre sur Au lieu de rire, toi, tu pourrais prévoir ta ta propre rédaction d'un livre sur l'amitié, Antoine avec les animaux. Et je te recommande de lire Montigne qui décrit très bien pourquoi. C'est une certitude que ça existe puisque nous parlons aux animaux et tout le monde sait qu'on parle pas un chat comme un cheval, ce qui signifie qu'il y a plusieurs langues. C'est c'est lui qui le dit. Donc ça doit être vrai, mais elle a elle a fait par méthode une exploration thème par thème. Je trouve que c'est intéressant parce que on n'est pas forcément d'entrée de jeu préparé à chacun des thèmes.
Donc on est obligé de réfléchir. On dit "Ah bon, elle va parler de ça." Des fois on on sent chez elle que le terme familial est quand même un problème. Euh alors quand on est son ami comme je le suis, en tout cas, j'espère et je le je le souhaite, je me dis "Ou là là là là, qu'est-ce qu'elle va prendre ? n'a pas manqué a pris mais vous tous euh vous allez pouvoir participer à ce moment de notre histoire collective. Ce n'est donc pas un livre comme un autre, c'est le livre à la sur une frontière qui décrit un nouvel état de la condition humaine qui n'est pas un état résiduel anecdotique de niche. C'est un état central.
la liberté du choix euh du sentiment d'amitié, c'est-à-dire d'amour pour les autres. L'amour pouvant être parfaitement déconnecté et et en soi un sujet. Et c'est pourquoi c'est si Nouvelle-Fance, nous avons attrapé toute la réaction d'un seul coup comme on attrape toutes les guêpes qui passent avec une cuillère de miel avec la créolisation, vous vous en souvenez, et ensuite avec la Nouvelle-Fance. Donc ils sont là bombinants et bombissants autour de nous et c'est très bien parce que ça peut parler. Il y a dans l'amitié une force spontanée qui s'exprime de la condition humaine de la même manière que dans la créolisation.
Vous pouvez saisir des gens, les esclavagiser, les prendre partout sur un continent, les mettre ensemble en espérant qu'ils se taisent et travaillent et ils inventent une langue pour rester des êtres humains. Et bien de même, vous pouvez dissoudre tous les liens sociaux, plon léger les gens dans la précarité, dissoudre la valeur du mariage, du couple, de tout ce que vous voulez et les êtres humains reproduisent une structure qui est socioculturelle. Nous sommes des animaux sociaux et par conséquent ceci ressurgira continuellement dans nos existences et de manière spontanée. Et le livre de euh de Clémence, c'est ce moment Nouvelle-Fance. La Nouvelle-France, c'est aussi ça.
Elle a expliqué tout à l'heure pourquoi je je ne m'expose pas à à la répéter. Voilà. Donc, j'espère vous avoir présenté cette affaire dans toute son ambition. Je vous invite à acheter plusieurs exemplaires de ce livre de manière à pouvoir en donner autour de vous. Bon, je vous me donnerais pas le ridicule de vous dire de vous émerêler uns les autres, c'est déjà bien parti. Mais la détestation aussi. Alors, je ne me mêle pas de démêler l'un de l'autre et je vous remercie pour votre patience.
Clémence Guetté