Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 19 avril 2024 19 min

"Nous ne nous tairons jamais": l'interview en intégralité de Jean-Luc Mélenchon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation de BFM TV. On va revenir évidemment avec vous sur cette conférence qui a été interdite à deux reprises, je le disais, sur les propositions également de Gabriel Attal sur la violence. D'abord l'actualité, Jean-Luc Mélenchon, la riposte d'Israël à l'Iran la nuit dernière. Elle était attendue, elle était redoutée. Était-elle légitime ?

0:25
Jean-Luc Mélenchon

Alors il y a une logique d'escalade. Et dans l'escalade, chacun des protagonistes, excusez ma voix qui est totalement cassée, chacun des protagonistes a toujours pour lui de bonnes raisons. Et invoque le fait qu'il ne peut pas faire autrement que de riposter.

Alors les Iraniens ont d'abord dit qu'ils ripostaient à l'attaque de leur ambassade, au titre de l'article 51 de la déclaration de l'ONU, qui permet la légitime défense, c'est ce qui avait permis aux Etats-Unis d'intervenir en Afghanistan, puis les Israéliens à riposte, et on voit bien qu'à ce rythme, on pourrait aller à la guerre totale, comme cela s'est produit dans le passé de l'histoire, où d'escalade en escalade, on est arrivé jusqu'à deux guerres mondiales. Par conséquent, je crois que l'essentiel pour les nations, et notamment pour la nôtre, la France, c'est de tout faire pour que cette escalade s'interrompe.

car au bout du compte, la violence guerrière ne produit jamais rien d'autre que de la violence guerrière. Dans ce type de situation, il n'y a pas d'autre résultat. Et je redoute que Iran, Israël, puis ensuite Israël-Liban, le Liban viennent à être menacés, d'autres pays, d'ailleurs, les ripostes où il les décrive avec ce mot de M. Netanyahou, ont porté aussi sur l'Irak, sur la Syrie, sur l'Iran, c'est-à-dire sur tout le monde. Non, il est temps d'interrompre cette escalade, parce qu'elle est extrêmement dangereuse, et que le point de départ, je veux qu'on s'en souvienne tout le temps, c'est le génocide en cours à Gaza.

Et à partir de là, les uns les autres se positionnent et entrent en guerre les uns contre les autres. C'est cela qu'il faut interrompre, donc la première mesure, c'est le cessez-le-feu à Gaza, car à partir de là, je pense qu'on sera en état de faire redescendre la température.

2:11
Présentateur

On va en venir à votre actualité, je précise que je suis avec Naïla Latrou, c'est évidemment la chef du service politique de BFM TV pour vous interroger. Jean-Luc Mélenchon, la conférence que vous deviez donc tenir à Lille, d'abord à l'université, a été interdite par le président de l'université, puis a été ensuite interdite dans le lieu privé, où vous aviez décidé de transférer cette conférence, interdite cette fois-ci par la préfecture du Nord. Est-ce que vous vous dites aujourd'hui qu'il y a une volonté politique de vous faire taire ?

2:38
Jean-Luc Mélenchon

A vrai dire, bon, que l'on souhaite que je me taise, cela a été dit à haute voix par le président du Sénat, dans le style qui est le sien, il a dit, parlons de moi, ferme ta gueule. Bon, mais je voudrais, comment dire, garder la mesure des choses. Hier, le préfet a pris une décision, il s'agissait d'une salle privée, et il a fait afficher sa décision, qui est sur deux pages, que je n'ai pas voulu lire devant le public qui s'était rassemblé autour de Rima Hassan et moi-même, ainsi que des différents dirigeants du mouvement assoumis, parlementaires, que ce soit Manon Aubry ou que ce soit Mathilde Panot et les autres militants. Pourquoi ?

Parce que le texte est tellement invraisemblable que c'eût été une façon d'attiser la colère, d'exaspérer tout le monde. Je ne l'ai pas fait, et je veux rester dans le même sens de la mesure. Le préfet du Nord, ou bien le préfet est un menteur, c'est-à-dire qu'il a pris une décision en faisant comme s'il avait un ordre sur le sujet, ou bien quelqu'un d'autre ment, par exemple le président de la République, qui a désavoué le préfet, par exemple le Premier ministre, qui a désavoué la décision du préfet.

Si donc le préfet a agi sans être couvert par son autorité, qu'il aurait pu consulter, ne serait-ce que par respect pour les parlementaires qui m'entouraient, ou pour moi-même, peut-être, pourquoi pas, parlementaires honoraires, eh bien je pense qu'il n'aurait pas fait ce qui apparaît dorénavant comme un abus de pouvoir. Nous ne pouvons faire mieux que de nous référer à la parole du Président ou du Premier ministre. Le préfet a fait un abus de pouvoir, et dès lors, il doit être sanctionné pour cela.

J'ajoute que l'autorité de l'État est fort mal respectée dans le Nord, car voyez-vous, le préfet avait envoyé des policiers qui s'étaient mis en rang devant la porte de la Réunion, que nous devions tenir dans cette salle privée. Et un des parlementaires du Nord a voulu les saluer. Et deux d'entre eux ont refusé de le saluer en disant « Nous ne vous saluons pas parce que votre organisation dit du mal de la police ». Ce sont des comportements inadmissibles. Et je tiens à rappeler aux fonctionnaires d'autorité, militaires ou policiers, qu'ils doivent un salut réglementaire aux parlementaires, à plus forte raison lorsqu'ils ont leur écharpe tricolore.

Je suis pour que l'on revienne à une certaine forme de normalité des pratiques républicaines. Interdire des conférences est absurde. Et je le dis d'autant plus durement que je me suis exprimé déjà plus d'une dizaine de fois sur les sujets qui nous occupaient pour ces conférences. Et personne n'a jamais rien trouvé à redire aux propos que j'ai tenus. Et de la même manière, nous avons fait des conférences qui ont été autorisées, d'autres interdites, mais sur cinq interdictions, trois venaient de l'État, c'est-à-dire des préfets. C'est insupportable. Comme l'a dit très bien Rima Hassan avant moi, ceux qui pensent censurer en réalité sont ceux qui ont déjà perdu.

Rien dans mes propos, ni dans les siens, ne justifie que nos réunions soient interdites. Et je termine d'un mot. Voyez-vous, il y a quelque chose d'insupportable. Chacune de ces conférences est l'objet d'une préparation, de dépenses que nous engageons pour sonoriser la salle, pour préparer, pour la sécuriser. Et nous sommes prévenus à la dernière minute. Nous ne pouvons même pas faire des référés libertés, c'est-à-dire demander à la justice de dire si oui ou non, nous avons la décision qui a été prise contre nous est abusive. Vous voyez, tout ça est très malsain.

Et je crois que l'idée de nous faire taire, nous, insoumis, est une idée qui n'aura jamais aucune fuite, car nous ne nous taierons jamais.

6:13
Auditeur

– Monsieur Mélenchon, donc finalement, la réunion d'hier a pu avoir lieu, alors effectivement pas dans les modalités initiales. J'ai écouté ce que vous aviez dit hier soir, lors de cette réunion publique. Vous avez notamment fustigé, je vous cite, les lâches, les faibles, les capitulards couchés comme des chiens gémissants devant l'envahisseur nazi, fin des guillemets, en faisant donc le lien avec les collaborationnistes de la Seconde Guerre mondiale, et en faisant le lien avec Adolphe Aichel, Aichman, logisticien de la solution finale, j'ai deux questions très simples.

Est-ce que vous faites un parallèle entre votre situation aujourd'hui et celle des juifs déportés pendant la Seconde Guerre mondiale, et en évoquant cette période sombre de l'histoire, est-ce à dire que vous faites aussi un parallèle entre la France d'aujourd'hui et ce que fut la France du maréchal Pétain ?

7:06
Jean-Luc Mélenchon

– Alors, l'exemple, d'abord ce n'est pas une réunion qui s'est tenue dans les conditions qui étaient prévues. J'attire votre attention sur la différence entre une conférence, qui se fait en général, en tout cas on essaye, dans le calme d'une salle, et une prise de parole publique qui ne portait pas sur le sujet, mais sur l'interdiction dont nous faisions l'objet. Alors ensuite, la comparaison. Je suis toujours frappé par l'inculture de notre époque. Voyez-vous, la même mésaventure m'est arrivée une fois, où j'avais parlé du bruit et la fureur, il y a plus de 15 ans, et voilà 15 ans qu'on me resserre cet argument.

Et voyez-vous, le bruit et la fureur, je citais le titre d'un des romans les plus célèbres du XXe siècle, qui est un roman de Faulkner. Et c'était lui-même un verre de Shakespeare. Alors admettons que tout le monde n'ait pas lu tout Shakespeare, et notamment pas les journalistes. Quant à la comparaison avec Adolf Eichmann, elle ne vise pas à faire un parallèle d'une exacte similitude entre le nazisme et aujourd'hui tout de même. J'ai le sens quand même de l'histoire, et je la connais bien, je crois en tout cas davantage que ceux qui me critiquent. Voilà pourquoi j'ai fait cette comparaison.

C'est par référence à un livre très célèbre, pour ceux qui lisent un peu, de Mme Hannah Arendt, philosophe qui se disait plutôt politologue, qui fit le commentaire du procès d'Adolf Eichmann. Et dans son livre, Les origines du totalitarisme, elle explique comment le mal, le mal absolu, tente toujours de se diluer en compartimentant les tâches. Chacun de ceux qui accomplit une tâche se dit je ne suis pas un criminel. C'est ce que disait Eichmann. Eichmann dit moi je ne suis pas un criminel, je n'ai pas de responsabilité personnelle, je ne fais qu'appliquer la loi.

Et dans cette confusion entre ce qui était légal, imaginez-vous ce qui était légal sous le Troisième Reich, et la légitimité morale d'une décision, il y a un élément d'appréciation. Madame, il vous suffit donc de dire à vos téléspectateurs qu'en ce référent en livre d'Anna Arendt, dont j'ai fait une citation dans le discours que j'ai fait au jour où je célébrais pour le gouvernement de la République en 2001, le refus par la République de la rafle du Veldiv, j'ai cité ce même état d'esprit. Là, comment dire, l'illégitimité de décisions qui paraissent légales.

9:26
Présentateur

Vous êtes assez cultivé pour pouvoir prendre d'autres images que celles d'un fonctionnaire du Troisième Reich pour parler du président de l'université et évoquer le climat de cette société.

9:39
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, monsieur, vous-même, vous êtes aussi assez respectueux des autres pour savoir que vous n'avez peut-être pas de leçons à donner sur la manière de s'exprimer. Et quand on vous interdit deux fois, et que, oui, oui, j'ai compris que c'était une question, mais moi aussi, je vous fais une réponse, et elle est, bien sûr, très onctueuse à votre égard.

Mais comprenez-moi bien, je pense que quand un président d'université, qui est une personne qui a en charge le respect de la liberté de conscience, et qui est même chargée d'éduquer les jeunes dans cette liberté d'appréciation, et qui s'adresse à des étudiants de Sciences Po, sciences politiques, qui s'attendaient à voir s'exprimer un point de vue de sciences politiques, à savoir, madame Rima Hassan, qui est une spécialiste du droit international, et moi-même, qui suis un praticien de l'action politique.

Lorsqu'un président d'université, parce qu'il a peur de ceux qui lui disent « vous devez maintenant interdire » après avoir décidé d'autoriser, eh bien, il se comporte dans cette logique de la propagation du mal. Il ne sait plus dire. Ce que vous dites peut être entendu, mais il n'a pas de légitimité à interdire une réunion.

De même que les journalistes n'auraient jamais dû accepter que sur la seule dénonciation d'un député socialiste qui mettait en cause le logo d'une association, que pour ma part je n'avais même pas vue, et dont la préfecture n'avait rien trouvé à dire, ni même l'université, sur cette carte de la Palestine, on ne voyait pas l'État d'Israël, et bien sûr, puisque ce qui est disputé, c'est la frontière entre l'État d'Israël et l'État à venir de Palestine. Et dès lors, les jeunes gens n'ont pas mis de frontière, parce qu'ils ne voulaient pas, en quelque sorte, prendre parti sur le débat à propos de cette frontière, et ils voulaient citer la zone géographique.

Voyez-vous, l'inculture, la sottise, la volonté de nuire, la calomnie, tout ça devrait, sur le plateau même de télévision, être rectifié. Et ça n'a pas été fait par le journaliste de CNews.

11:33
Présentateur

Oui ? Jean-Luc Mélenchon, est-ce qu'utiliser cette image, avoir des propos, sortons de cette simple image, avoir des propos clivants, parfois choquants, ne crée pas un climat autour de vos conférences, qui suscite effectivement des inquiétudes, qui suscite des réactions fortes ?

11:49
Jean-Luc Mélenchon

Ah oui. Écoutez, je vois que, souvent, les réactions sont assez unilatérales. Il y a un double standard. Que pendant des heures, on nous insulte, à la télévision, à la radio, dans la presse, en nous accusant, nous soupçonnons d'antisémitisme, sans que personne soit capable de citer un seul mot, une seule parole, qui aille dans ce sens. Eh bien là, ça n'indigne personne, et surtout pas, les gens qui, sur le plateau de CNews, se délectent pendant des heures, de brasser ce genre de concept. Là, ça n'indigne pas. Or, ceux qui nous traitent de cette manière, nous mettent une cible dans le dos. Ils le savent.

J'ai déjà fait l'objet de deux tentatives d'assassinat, et dix d'entre nous, sont menacés de mort quotidiennement. Ainsi que Mme Rima Hassan, qui en plus fait l'objet d'un jure sexiste du matin au soir. Mais tout ça, ne vous impressionne pas, et ne vous dérange pas. Oui, il y a une très mauvaise ambiance en France. Oui, certains ont créé une sorte d'ostracisme contre un point de vue qui leur déplaît, et ils l'ont transformé, non pas en un point de vue politique qu'ils combattent, mais ils l'ont transformé en un point de vue délictueux. Et ça, c'est insupportable. Il n'y a plus de débat possible dans ces conditions en France. Oui, je suis pour le cesser le feu à Gaza.

Oui, je suis pour deux États, et rien ne me fera taire.

13:06
Auditeur

M. Mélenchon, est-ce que cette diabolisation dont vous êtes aujourd'hui la cible, je reprends le mot que vous avez prononcé, vous fait craindre, par exemple, de ne plus pouvoir faire de conférences dans des universités ?

13:22
Jean-Luc Mélenchon

Évidemment. Vous avez raison. C'est bien pourquoi nous protestons, et c'est bien pourquoi je parle d'un abus de pouvoir, et c'est bien pourquoi je m'adressant à quelqu'un de qui est par un journaliste du plateau de CNews, un président d'université, je pense que je veux absolument susciter en lui la réaction de dignité qui le conduise à dire « Eh bien, j'ai dû commettre une erreur, je me suis peut-être trompé. » Puisque vous me demandez si moi, je ne me suis pas trompé, est-ce que vous ne demanderiez pas au président de l'université s'il ne s'est pas trompé ? Ou est-ce qu'il a été trop sensible à la parole du bailleur de fonds qui est le président de la région, M.

Bertrand, qui tout d'un coup s'est réveillé pour me traiter d'antisémite ? Voilà ce que doivent se dire les universitaires. Ils doivent se demander si le jugement qu'ils ont inculé, la capacité de juger qu'eux-mêmes ont enseigné à leurs élèves n'est pas suffisante pour qu'eux-mêmes soient capables de faire le tri entre les opinions. Et croyez-moi, si j'avais tenu ce qui ne peut pas être mon cas compte tenu de mon histoire et de ma vie personnelle, des propos antisémites, soyez sûrs d'une chose, les jeunes gens de l'université de Lille ne l'auraient pas supporté car ils sont bien éduqués, ils sont bien formés et ils ne s'abandonnent pas à la vindicte, eux.

14:35
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, puisque vous citez Xavier Bertrand sur ce plateau même, il disait que vous n'étiez plus républicain. Est-ce que vous êtes sorti du champ des républicains ?

14:45
Jean-Luc Mélenchon

Est-ce que vous vous rendez compte de la nature de la question que vous êtes en train de me poser ? Est-ce que vous-même, vous n'êtes pas sorti du champ de la raison et du respect que vous devez ? Savez-vous qui je suis ? Pourquoi me dire sortir du champ républicain ? Parce que M. Bertrand l'a dit, vous avez peur à ce point de M. Bertrand ? Non, bien sûr que non. M. Bertrand a tenu un propos irresponsable. Quand le président du Sénat me dit, ferme ta gueule, est-ce que l'un quelconque d'entre vous lui a dit, M. le Président, n'allez-vous pas trop loin ? Non, vous avez baissé la tête et les yeux.

Eh bien, c'est cette mentalité de servilité à l'égard de tout ce qui ne va pas dans, comment dire, le flux du sens commun. Jeter des pierres à Jean-Luc Mélenchon, à Rima Hassan, à Manon Aubry et à tous les insoumis, c'est une habitude qui semble être prise dans les beaux milieux. Mais ce que vous ne savez pas, c'est que dans les milieux populaires et parmi les gens qui réfléchissent de tous côtés, quelles que soient leurs conditions sociales, quelles que soient leurs religions, quel que soient leurs niveaux d'instruction, eh bien, en France, les gens n'aiment pas la vindicte et n'aiment pas les interdictions de penser ou de parler.

Nous sommes, comme l'a dit, quelles que soient nos origines à tous, le président de la République des Gaulois réfractaires. Nous n'avons pas l'habitude de baisser les yeux quand on nous parle fort.

15:57
Présentateur

Et c'est bien que vous répondiez à Xavier Bertrand et merci de le faire, Jean-Luc Mélenchon. Venons-en à Gabriel Attal qui hier a proposé un plan de bataille pour lutter contre la violence des jeunes. Il veut notamment s'en prendre à l'entrisme islamique dans les écoles. Est-ce que c'est l'un des bons moyens pour attaquer ce sujet ?

16:16
Jean-Luc Mélenchon

Je crois que c'est une accusation islamophobe tout à fait gratuite. M. Attal a passé sa vie dans les écoles privées. Il ignore donc tout du service public d'éducation. Dans le service public d'éducation, les opinions religieuses ne sont pas autorisées à peser sur les cours. Mais il arrive que des gens de toutes opinions religieuses, je tiens à le dire, qu'ils soient musulmans ou bien catholiques ou bien, que sais-je encore, d'une autre religion, parfois sont indisposées par certains cours, notamment sur les séances de la vie.

Ils le disent aux enseignants et le rôle des enseignants et des directeurs d'établissements et des directrices, c'est d'expliquer aux parents pourquoi cet enseignement est fait, pourquoi il est au programme et en général, les gens sont de bonne volonté. Instruire, expliquer, ce n'est pas faire l'obligation de partager une opinion. Bien sûr, quand un enseignant enseigne que la Terre est ronde et que quelqu'un vient lui dire que pas du tout elle est plate, je pense que le rôle de l'enseignant est bien d'expliquer que la Terre est ronde, y compris aux parents, dans le but de les en convaincre. Ainsi en va-t-il de toute autre vérité scientifique, qu'elle soit biologique ou autre.

Voilà pourquoi, au lieu de tout transformer en guerre de religion, mieux vaut faire appel sans cesse et faire confiance à l'intelligence, au dialogue, à l'argumentation.

L'argument islamophobe qui vise à faire de l'islam la responsabilité de la violence abjecte qu'on a pu voir qui a abouti au meurtre de ce jeune homme hier qui nous soulève tous d'horreur parce que ce pourraient être nos enfants, je le rappelle, aussi bien la victime que les agresseurs et alors nous aurions le cœur rempli de tristesse et d'affliction en pensant à ce qu'il va advenir d'eux car ceux qui ont assassiné, contrairement à ce qu'on croit, ne sont pas hors justice, ils seront jugés et ils peuvent être condamnés à perpétuité et dans cette hypothèse ils feront la peine qui est prévue pour les mineurs c'est-à-dire la moitié du temps de la perpétuité ou supposée-t-elle.

Il ne faut pas faire croire que la loi permet tout et n'importe quoi mais c'est vrai qu'il y a une justice spécifique pour les mineurs. Bon, je ne sais pas si c'était ça la question mais en tout cas j'ai trouvé la remarque de M. Attal tout à fait inacceptable et bien digne d'un homme qui a peu d'expérience de l'existence et du rapport aux autres.

18:33
Présentateur

Merci beaucoup, merci Jean-Luc Mélenchon d'avoir forcé un peu votre voix pour être avec nous ce matin et répondre à nos questions. Merci. Et bien merci d'avoir été avec nous Jean-Luc Mélenchon.

"Nous ne nous tairons jamais": l'interview en intégralité de Jean-Luc Mélenchon — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote