Pharrell Williams, Pierre Garnier, Le Splendid : des destins fabuleux ! - C à vous - Best Of
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Applaudissements. Hello. Nice to see you.
Bienvenue. Je vous présente Bertrand et Mohamed. Je vous en prie.
On est très heureux de vous recevoir à l'occasion de ce biopic à la forme inédite, un documentaire animé. C'est vous qui avez eu l'idée et l'envie de devenir un personnage Lego qui s'anime au son de votre voix, mais aussi celles de vos proches et des grands artistes avec lesquels vous avez collaboré. C'est une idée un peu folle?
On vous a traité de fou quand vous avez eu cette idée? -Vous me demandez si Snoop estimait que j'étais fou d'avoir cette idée? Disons qu'on est tous un peu fous de s'être lancés dans cette aventure.
Mais c'est un rêve, un rêve que je ne pensais même pas avoir. Je ne pensais pas pouvoir m'exprimer de cette façon. J'adore faire de la musique, j'adore créer des vêtements, des chaussures, mais un film sur ma propre vie...
C'est quelque chose auquel je n'avais jamais rêvé. Je veux dire pourquoi. C'est parce que...
Quand on s'écoute soi-même, c'est un peu comme quand on écoute une autre voix. Vous aimez entendre votre voix sur un répondeur? On déteste ça.
Imaginez entendre votre voix pendant une heure sur un répondeur. Mais je me suis rendu compte qu'en faisant ce film, j'ai en quelque sorte "objectivisé" mon histoire. J'ai pu apprécier les aspects de mon histoire auxquels je ne réfléchissais pas. -A.-E.Lemoine: On vous accueille dans un environnement plus feutré et plus calme que celui auquel vous étiez habitué ces derniers mois.
Je crois que le journaliste du "Parisien" ne s'est pas remis de l'accueil que vous réservait Bercy. Dès qu'on voit un bout de costume blanc, il y a des hurlements, une hystérie totale. Vous qui êtes timide, comment vous vivez tout ça? -Bien.
Au début...
Au château, pendant 3 mois, on n'avait pas d'informations sur ce qui se passait. Quand je suis sorti, que j'ai appris toute cette folie...
Au début, ça fait un peu peur. C'est un vertige. Après, il a fallu quelques semaines, quelques mois d'acclimatation.
C'est la même vie d'avant, mais différemment. -A.-E.Lemoine: Avec tout le temps du public autour. -C'est ça.
Il faut apprendre à se construire avec ça. Mais ce n'est que du plaisir. -A.-E.Lemoine: A chaque fois, vous le dites, malgré les années et le succès, c'est un acte de foi de se présenter à nouveau, de raconter une nouvelle histoire.
On entend quelques notes de "Ta peine", qui fait partie de ce 16e album. -Que j'étais venue chanter chez vous. -A.-E.Lemoine: Il y a toujours la peur de ne pas trouver les mots?
Vous ne vous laissez jamais le droit à l'erreur. -Désormais, oui, beaucoup plus. Le goût de la vie est plus doux.
La peur de ne pas trouver les mots, c'était quelques mois avant. Je me demandais si ça pouvait faire sens. J'ai réuni une équipe extraordinaire sur cet album qui m'a permis de trouver des mots peut-être un peu plus simples au sens de leur transparence.
Je me suis embarrassée un peu moins de métaphores, d'hyperboles, de second agenda pendant que j'écrivais. J'avais la sensation qu'être un peu plus street talk, smart talk, parler directement, ça pouvait être plus juste, surtout pour servir les propos que j'avais envie de servir. -A.-E.Lemoine: Est-ce que vous repensez de temps en temps à la Fête de la musique de juin 2023? -Oui.
C'était il y a un an. -A.-E.Lemoine: A Caen.
Il y avait un peu moins de groupies qu'à Bercy. -Je n'ai rien vu passer du froid. Ca me plaît, ça me plaît, ça me plaît, ça me désespère. -A.-E.Lemoine: Il est complètement dingue, le chemin parcouru en si peu de temps. -C'est vrai que c'est assez fou.
Revoir ça...
C'est incroyable. -A.-E.Lemoine: Si vous alliez voir ce jeune homme avec la casquette et les cheveux détachés, si vous lui disiez: "Je t'explique, dans un an, tu vas lancer une tournée des Zénith en 2025..." -Je pense qu'il aurait vrillé. -A.-E.Lemoine: Il y aurait cru? -Même moi, je n'y crois peut-être pas encore. -A.-E.Lemoine: Votre vie est incroyable.
Vous n'étiez absolument pas destiné à faire la connaissance de R.Queneau, de Truffaut, de Godard ou de P.Eluard.
A 15 ans et demi, vous sautez par-dessus le mur de la pension. Vous vous installez à Montparnasse. Vous vivez de rien.
Comment avez-vous gravé vos premières oeuvres qui ont attiré l'oeil de P.Eluard? -Je me trouvais à Nice.
Je n'avais pas d'argent du tout. C'était la fin de la guerre. L'après-guerre était aussi dur.
On ne mangeait pas. J'étais avec un ami, mon frère, presque, J.Lanzmann.
On ne pouvait pas acheter de couleurs. A l'époque, il n'y avait pas de boîte à ordures. Il y avait des petits cageots en bois où les gens mettaient leurs ordures.
J'ai pris des planches et j'ai gravé des profils de femmes. Quand je suis rentré à Paris, quelqu'un les a montrées à P.Eluard qui a dit: "Il faut absolument qu'on fasse un livre." Il m'a donné l'un de ses plus beaux poèmes. -A.-E.Lemoine: Vous avez une singularité.
Votre grand-mère était persuadée que vous aviez un don, que vous étiez différent, mais que cette différence serait votre atout et non pas une faiblesse. Malgré tout, on le comprend dans le film, il a fallu vous battre pour imposer votre différence. Avant de conquérir le monde, vous avez essuyé beaucoup de refus.
Vous étiez même prêt, pour vous faire entendre, à monter littéralement sur le bureau des directeurs de label? -Oui. Quand j'étais gamin, j'avais une réelle détermination.
Pas du style à dire: "Je sais ce que je veux". En réalité...
Au lieu d'être déterminé, je souffrais d'illusions. Il faut un peu d'illusions pour réussir. Lorsqu'on a des illusions, ne serait-ce qu'un peu, on a une vision vraiment focalisée sur ce à quoi on croit.
Une obsession qu'on ne peut pas se sortir de la tête. On est convaincu que c'est vrai, que c'est ça qui doit se faire. On reste concentré là-dessus. -M.Bouhafsi: Serge, vous détestez le mot "touche-à-tout".
Vous gardez en mémoire une phrase terrible que vous a adressé l'écrivain A.Cossery: "Tu manges à tous les râteliers." Vous préférez le mot "pluridisciplinaire".
Pourquoi? -Je suis "pluri-indisciplinaire". Attention!
Pourquoi on reprocherait à L.de Vinci d'avoir été pluri-indisciplinaire? On a le droit, tous.
On a tous les talents en nous. On vous rétrécit, c'est tout. -M.Bouhafsi: Ca vous parle d'entendre ces mots de Serge.
Cet éclectisme, on le retrouve aussi dans votre carrière. Vous jouez la comédie, vous chantez, écrivez des livres. Vous refusez de choisir. -Exactement.
Ce point commun, tous ces points communs, je ne m'en suis rendu compte que le temps passant. Au départ, je ne sais pas pourquoi je suis attirée par cet écrivain, ce chanteur, ce monsieur. Quand j'écris, je n'ai pas du tout la conscience qu'en fait, il m'inspire.
C'est aussi parce que je ressemble...
Il légitime...
C'est ça? -A.-E.Lemoine: Légitimise. -Merci.
J'ai toujours un problème de vocabulaire chez vous. C'est terrible. Il y a toujours un mot qui s'en va.
Il y a quelque chose qui m'a plu, qui m'a rassurée. C'est comme un grand frère. -A.-E.Lemoine: L'histoire de la troupe, vous la racontez tous ensemble pour la 1re fois dans cet ouvrage avec des photos de cette grande époque, des commentaires de chacun des membres.
Ce livre est devenu par la force des choses le dernier projet que vous avez réalisé tous ensemble. Un livre parti à l'impression 3 jours seulement avant la disparition brutale de M.Blanc.
Mais, c'est une maigre consolation, ça vous a donné l'occasion d'échanger comme jamais les uns avec les autres, et en particulier avec Michel. -On se voyait régulièrement. Avec le bouquin, on a eu l'occasion de se voir plus et de découvrir ce que tout le monde avait marqué sur les commentaires.
En fait, on a fait nos commentaires chacun de son côté. On relisait que ce qu'on avait écrit pour ne pas dire de conneries. On a découvert après ce qu'avaient dit les autres.
C'est tellement sympa et chaleureux. -A.-E.Lemoine: Vous avez découvert ce qu'avait écrit Michel peu de temps avant... -La nuit de sa mort, j'ai lu ce qu'avait écrit Michel. -A.-E.Lemoine: Ce livre est évidemment dédié au président Blanc, président de la société du Splendid.
En réalité, vous l'étiez tous les 2, Thierry et Michel. Vous étiez les 2 seuls assez sérieux pour gérer le budget? On vient à vous dans une seconde! -Ils m'ont refilé l'affaire très vite. -Michel, sa mère était comptable.
Il était à bonne école. -A.-E.Lemoine: Vous vous êtes toujours occupé de tout, Bruno? -Très vite, quand je suis arrivé...
Au début, j'ai fait les travaux, je m'occupais de la technique. Et puis, ils ont senti que j'avais un truc. Ils m'ont refilé la gestion.
Depuis, je suis toujours là. -A.-E.Lemoine: Vous aviez fait des études d'ingénieur. -Je n'ai pas été au bout mais j'ai commencé. -A.-E.Lemoine: Ca vous ennuie mortellement.
Là, vous rencontrez J.Balasko qui vous embarque dans l'aventure. Vous avez été régisseur et du coup, acteur intermittent. -Voilà.
Comme j'étais dans la cabine de régie, je ne pouvais pas être tout le temps sur scène. Je rentrais par à-coups, comme dans "Le Père Noël", où je rentre et je sors. Derrière, j'envoyais le son, la lumière... -A.-E.Lemoine: Votre 1er rêve n'était pas vraiment d'être musicien mais d'être footballeur. -C'est vrai.
J'ai fait 10 ans de foot. Quand j'étais petit, un peu comme tous les petits enfants... -Rupture des ligaments. -Non.
Même pas. Je n'étais pas assez bon. Je dis la vérité.
Après, j'ai fait de la musique. J'ai fait beaucoup de foot et j'étais très fan du Real. -A.-E.Lemoine: La bascule du foot à la musique s'est faite comment? -Déjà parce que je n'étais pas très bon et j'avais une préférence pour la musique.
J'en faisais tous les jours, plus que le foot. Avec l'âge, c'est venu. -A.-E.Lemoine: Tout seul, dans votre chambre, en prenant une guitare? -J'ai commencé tout petit.
Mon père me faisait écouter Led Zeppelin, Guns N'Roses. J'ai commencé par la guitare électrique. Je voulais ressembler à J.Page.
Au fur et à mesure, j'ai écouté plus de pop américaine, anglaise, E.Sheeran, J.Bieber.
J'ai commencé à chanter à ce moment-là, vers mes 15 ans. -P.Lescure: Quand vous veniez avec les espoirs et les révélations, avant les Victoires, vous aviez évoqué toute l'amitié et la passion que vous aviez pour T.Odell, le chanteur britannique.
Sur votre compte Instagram, on voit aussi un chanteur américain. Vous écoutez son message et vous êtes assez ravie de ce qu'il est en train de raconter, Iggy Pop. ... -P.Lescure: "Elle sait chanter, écrire, et elle a beaucoup à dire." C'est une victoire en plus, ça. -C'est clair.
En plus, ça sonne bien. Il pourrait dire n'importe quoi. Quand tu l'entends, la 1re fois, u te dis que ce n'est pas possible.
Tu es obligée de réaliser parce que tu entends vraiment la voix d'Iggy Pop. Rien de tel que la voix d'Iggy Pop. -A.-E.Lemoine: Vous avez compté le nombre de Victoires que vous avez reçues, Vanessa? -Non. -A.-E.Lemoine: 7, dont 3 Victoires de l'artiste féminine de l'année.
La 1re fois, c'est le 3 février 1990. Au cours de cette cérémonie, vous rendiez hommage, aux côtés d'autres artistes, à S.Gainsbourg.
A ce moment-là, S.Gainsbourg était déjà en train de composer l'album? -Il a écrit...
C'est F.Langolff qui l'a composé. On n'était pas encore en studio, mais on avait déjà le projet de faire un disque ensemble. -A.-E.Lemoine: Ca devait être irréel. -C'était fou.
Quelle chance j'ai eu de vivre quelques mois à ses côtés, de partager le studio, de partager des moments chez lui...
Il était très paternel, très doux, très élégant...
Tellement élégant! C'était merveilleux. En fait, je crois que je ne réalisais pas, à l'époque, la chance que c'est de passer des mois à ses côtés et d'avoir un disque signé par lui.
Je réalisais, mais pas autant qu'aujourd'hui. -P.Lescure: J'adore ce que vous dites du plaisir de chanter sur scène.
Vous dites: "Le studio, tu prépares, tu fais à manger, tu mets les ingrédients. Sur scène, tu dégustes." C'est vachement bien! -C'est une métaphore que je dis souvent.
J'aime mêler l'utile à l'agréable. Quand on travaille, il faut apprendre tous les jours des partenaires, des gens qu'on rencontre et être curieuse. Je suis très curieuse.
Je ne pense pas avoir la science infuse sur tout. Ca me permet d'aimer chaque moment à chaque fois. -P.Lescure: Petite, vous ne pensiez pas être humoriste, même si vous aimiez jouer devant la caméra de votre papa.
Vous vouliez être chanteuse. -Ah bon? -Oui.
J'ai l'impression que c'était le rêve de toutes les petites filles. -Pas vendeuse chez Séphora? -Non... -P.Lescure: Bientôt, vous allez être dans une comédie musicale.
Non? -Si, bien sûr! -P.Lescure: Oui! -A.-E.Lemoine: "Joli joli". -P.Lescure: Signé Diastème. -Ouais.
C'est joli, ça. -P.Lescure: Sacré pied de nez pour les jurés de "La Nouvelle Star" qui vous avaient recalée. -C'était très intimidant mais c'était trop chouette. -P.Lescure: On a oublié les jurés mais on se souvient de vous. -C'était "La Nouvelle Star"? -C'est vrai. -A.-E.Lemoine: Que vous avait dit Manoeuvre? -Vous faites bien de revenir là-dessus, Anne-Elisabeth... -A.-E.Lemoine: Comptez sur moi. -"Vous êtes un peu comme le raisin quand il n'est pas encore mûr: il est un peu amer." J'étais mortifiée.
J'avais 17 ans. J'ai compris que quand j'étais stressée, j'avais l'air condescendante. Or, j'étais vraiment mortifiée.
Manoukian m'avait dit: "Tu as un côté Renaud, je m'en bats les couilles, je vous casse tous les..." "J'avais dit: "Ah bon?" J'étais avec ma maman, j'avais hyper peur.
Quand je suis stressée, j'ai l'air très pédante. -A.-E.Lemoine: Contrairement à ce qu'on pourrait penser, vous n'avez jamais travaillé au Club Med.
Vous y étiez invités en échange de quelques sketches mais vous vous êtes beaucoup inspirés de ce que vous avez vécu, notamment la scène de massage de G.Jugnot. -Celle-là, je l'ai vue de mes yeux. -A.-E.Lemoine: Et la scène de massage?
Racontez-nous. -Ce n'était pas dans le club même, c'était dans un hammam en Turquie. Jugnot traîne dans les vestiaires.
Christian et moi, on rentre et on voit un masseur énorme, un monstre qui martyrisait ses clients. On se dit qu'on ne va jamais y aller. Il faisait mal aux gens.
Jugnot arrive au moment où le masseur a fini avec son client. Le masseur fait "alors?" pour savoir qui va être le prochain.
Avec Christian, on fait: "Monsieur." Lui n'avait pas vu. On l'a vu se faire massacrer.
De l'eau bouillante, de l'eau glaciale... -A.-E.Lemoine: Il couinait? -Il couinait à la Jugnot. -A.-E.Lemoine: Vous vous êtes bien marré en relisant les commentaires des membres du Splendid? -C'était amusant de voir comment ils se prenaient au jeu au fur et à mesure.
Au début, c'était une idée de Thierry. C'était de voir comment les uns et les autres retrouvaient des photos et de les entendre parler les uns des autres...
Grosso modo, ils racontaient beaucoup les mêmes histoires, mais pas tout à fait pareil. C'est ça qui était amusant. -A.-E.Lemoine: "Amours, coquillages et crustacés", drôle de titre pour une pièce de théâtre.
Ca vous a valu des déconvenues quand les spectateurs appelaient pour réserver. -C'est ce que raconte Jugnot. Les gens ne retenaient jamais le titre.
Ca commençait toujours par "Amour" mais après, c'était un inventaire à la Prévert. -A.-E.Lemoine: "Fruits de mer et crustacés". -"Sur la plage abandonnée..." Ca venait de là. -P.Cohen: Ridicule, cette chanson de Bardot. -Elle est marrante. "Coquillages et crustacés..." C'est dingue! -P.Cohen: Jean-Max Rivière. -A.-E.Lemoine: Ca a donné "cruche cassée..." Vous avez tout entendu. -Balasko dit que c'est elle qui a trouvé beaucoup de titres.
Elle était douée pour les titres. -Elle suggérerait des titres qu'on ne retenait pas forcément. -A.-E.Lemoine: Notamment pour "Le père Noël est une ordure". -Oui. -A.-E.Lemoine: "Le père Noël s'est tiré une balle dans le cul." -C'était un titre intéressant.
Il faut être très habile ou très maladroit pour se tirer une balle dans le cul. -A.-E.Lemoine: Patrick fait partie du spectacle.
C'est pour ça qu'il a les références. -Il en a toujours fait partie. -A.-E.Lemoine: Il fait partie des voix qu'on vous réclame?
S'il n'y a pas Patrick... -Pas du tout! -Vous savez pourquoi?
Il faut que la voix fasse écho. Il faut que ce soit quelqu'un de populaire. Quand j'entends Patrick, et c'est aussi pour ça que je l'aime beaucoup...
Il aime le public, les tournées, il aime son métier. Ca se voit. Sur tout ce qu'on a vu avec le public, tu as le sourire parce que tu aimes ça.
On fait des tournées depuis des années. On se croise. On ne se voit pas trop parce qu'on est souvent en tournée en même temps. -A.-E.Lemoine: Vous éludez.
Vous me voyez venir avec mes gros sabots. On veut un petit "Casser la voix". S'il vous plaît!
Je fais partie du public. Je le réclame. Il imite P.Bruel. -Venez me voir! -A.-E.Lemoine: Voilà! -Ca ressemble? -A.-E.Lemoine: Oui!
Direct! -Je me dis... -Je suis trop haut? -Je me dis que ça ne ressemble pas, mais comme tous ceux qu'il fait sont géniaux, je me dis que je dois faire partie du lot. -A.-E.Lemoine: On identifie instantanément.
Ca s'appelle une parodie. Mais voilà! Dans cette pièce, Bruno, vous êtes ce voisin bulgare qui offre à tout bout de champ du kloug et des doubitchous roulés sous les aisselles.
Il s'appelait Radan Preskovic pour une seule et unique raison: faire une blague. -C'est lui, le responsable. -Pour pouvoir dire: "Vous prendrez bien un petit verre, Radan?" Rires. -A.-E.Lemoine: Vous avez quel âge? -Thierry adore ça.
Dans "Le Pot de terre", il y avait une réplique. "Les 3 lascars étaient de mèche". "De Maîche, dans le Haut-Doubs?" Ca ne faisait rire que lui et moi. -A.-E.Lemoine: "Je vous présente toutes mes confuses." C'est passé dans le langage courant. -Oui.
Je l'entends régulièrement. -Oui. -P.Cohen: Que vous avez inventée. -Oui.
Je fais des fautes de français parfois, mais là, j'ai fait exprès. -A.-E.Lemoine: En revanche, les pâtisseries, ça venait du fait que Josiane allait souvent voir sa grand-mère en Yougoslavie et rapportait des spécialités locales. -Des choses improbables. -Et aussi de la gardienne de Thierry. -Le sucré, c'était plus ta gardienne.
Josiane ramenait des morceaux de porc grillé, des trucs comme ça. -Ma gardienne avait des liqueurs, on aurait dit du vernis. Je me marrais.
A chaque fois que des gens venaient à la maison, je leur proposais de goûter. -A.-E.Lemoine: "Ca a du retour". -Une fois, J.Berroyer est venu à la maison.
Il est très gentil. Il a tout bu, lui! C'était juste par politesse. -A.-E.Lemoine: Il était extrêmement poli. ... -A.-E.Lemoine: C'est moi qui ai les verres!
Bienvenue à notre table. On va vous faire passer les verres. Salut, Naestro...
C'est la contraction de "Nabil" et de votre prénom...
Euh, non, de Nabil, votre prénom, et de "maestro". -Elle ne sait plus ce qu'elle dit! -A.-E.Lemoine: Vous m'avez toute chamboulée, Muriel.
On est ravis de vous accueillir à l'occasion de votre récital autobiographique, "De la prison à l'opéra", en tournée dans toute la France. On vient d'entendre R.Alagna, disciple de Pavarotti, expliquer sur scène que vous avez découvert votre voix de ténor par hasard.
C'était pour interpeller votre codétenu qui est italien. -C'est ça. -A.-E.Lemoine: Vous lui avez fait quoi? -O sole mio... -A.-E.Lemoine: Et là, le directeur de la détention s'est dit qu'il fallait faire quelque chose de votre voix.
C'est une histoire extraordinaire. Si on vous avait dit, dans votre ancienne vie, que vous deviendriez chanteur d'opéra, vous auriez fait quoi? -Je me serais vexé, méchamment. -A.-E.Lemoine: Vous auriez été prêt à vous battre? -Oui, non...
Je l'aurais vu comme une insulte. On est limités, dans les quartiers, à ce niveau-là. C'est compliqué.
A l'époque, j'étais limité. -A.-E.Lemoine: Vous vous êtes entraîné à chanter comme un dingue dans votre cellule.
A la sortie de prison, incroyable, vous participez à "La France a un incroyable talent". Vous enregistrez "Bella Ciao" avec Vitaa, Slimane et Maître Gims. Ca devient un disque de diamant.
C'est une histoire de dingue. -Le 1er titre que je fais. -A.-E.Lemoine: La 1re fois que vous avez voulu vous frotter à l'opéra, vous êtes carrément monté sur la scène.
Vous n'étiez pas invité. A la fin d'un récital, vous pensiez que c'était comme le rap, que vous pouviez monter sur scène. Vous êtes allé parler avec le ténor. -Parce que les applaudissements étaient trop longs.
Je ne savais pas qu'à l'opéra, les applaudissements duraient...
Parfois, ça peut durer 20 minutes. -C'est beaucoup trop! -Mais oui!
Du coup, ça durait. Je pensais que c'était une caméra cachée. -A.-E.Lemoine: Vous voulez bien nous chanter quelques notes a cappella, un extrait de votre choix? -Comme vous voulez.
Un petit "Caruso"? -C'est toujours bien en mangeant. -A.-E.Lemoine: On y va. ... -A.-E.Lemoine: Bravo! -P.Lescure: Monica, vous avez été meneuse de revue et vous avez joué les divas il n'y a pas si longtemps.
Vous avez joué M.Callas il n'y a pas si longtemps. Pour M.Satrapi, vous avez aussi été une forme de diva dans "Paris Paradis".
On vous voit un peu chanter dans "Ca, c'est Paris!", mais là où vous êtes épatante...
Je suis assez époustouflé par votre interprétation d'un grand classique de Cole Porter, telle que vous l'a demandé dans son dernier album le clarinettiste P.Génisson. ... -P.Lescure: Epatante, non? -Un album, non? -Non... -P.Lescure: Allez! -Vous avez entendu le trémolo? -P.Lescure: Bien sûr!
C'est dingue. -Je ne suis pas du tout une chanteuse. C'est un moment d'émotion.
J'étais accompagnée par des musiciens magnifiques. C'était une belle expérience. -La voix de Monica est iconique. -A.-E.Lemoine: Il n'y a pas que sa voix qui est iconique.
De la tête aux pieds, on peut le dire! -Merci. -A.-E.Lemoine: C'est une formidable idée.
On comprend mieux comment ce groupe qui s'est rencontré à l'adolescence est resté uni en faisant chacun une carrière de son côté. C'est formidablement expliqué. -C'est incroyable.
C'était un brillant dialoguiste. La plus belle image, la plus belle définition du Splendid, c'est M.Blanc qui l'a trouvée. "C'est comme un puzzle.
Les pièces ne se ressemblent pas mais elles s'assemblent très bien." Je trouve que c'est l'image la plus juste de ce groupe.
Laurence Garnier