Peine de mort : la France doit rester abolitionniste sans exception
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« En 2025, au moins 2707 personnes ont été exécutées. C'est en réalité une hausse de 78 % par rapport à 2024. »
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« Le régime iranien représente environ 80 % des exécutions recensées en 2025 avec au moins 2159 personnes tuées. »
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« Le 30 mars 2026, dans un autre pays voisin en Israël, la Knéette israélienne a adopté une loi instaurant la peine de mort contre des Palestiniens jugés pour des faits qualifiés de terrorisme. »
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« Les autorités israéliennes ont présenté des propositions de loi discriminatoires visant à instaurer et faciliter le recours à la peine capitale à l'encontre des Palestiniens. »
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« Les États-Unis demeurent le seul pays du continent américain à exécuter pour la 17e année consécutive. »
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« La peine de mort aux États-Unis a aussi un caractère raciste. »
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« En 81 seulement 27 pays avaient aboli la peine de mort. Aujourd'hui, 113 pays l'ont aboli totalement. »
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« La Gambie engage des réformes en ce sens. »
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Merci madame la maire. Dans son bilan annuel sur la peine de mort dans le monde publié le 17 mai, Amnistia International a recensé un nombre record d'exécution dans le monde. En 2025, au moins 2707 personnes ont été exécutées. C'est en réalité une hausse de 78 % par rapport à 2024. Le rapport d'Amnistia international montre clairement que l'explosion des exécutions est principalement liée à quelques régimes autoritaire ou ultra répressif. L'Iran d'abord à lui seul, le régime iranien représente environ 80 % des exécutions recensées en 2025 avec au moins 2159 personnes tuées. La peine de mort y est devenue une arme de terreur politique.
Ainsi, deux hommes ont été exécutés pour leur participation supposée au mouvement femme vie, liberté. Il faut désormais ajouter un autre fait extrêmement grave sur ce point-là de la peine de mort. Le 30 mars 2026, dans un autre pays voisin en Israël, la Knéette israélienne a adopté une loi instaurant la peine de mort contre des Palestiniens jugés pour des faits qualifiés de terrorisme. Amnistia Internationale souligne elle-même dans son rapport que les autorités israéliennes ont présenté des propositions de loi discriminatoires visant à instaurer et faciliter le recours à la peine capitale à l'encontre des Palestiniens.
Désormais, il faut donc ajouter à tous les crimes commis emprisonnement de masse, détention administrative arbitraire, il faut ajouter à leur arsenal répressif cette peine de mort raciste. Nous devons avoir le courage de le dire. On ne peut pas dénoncer la peine de mort en Iran ou ailleurs d'ailleurs et fermer les yeux lorsqu'un gouvernement allié des occidentaux institutionnalise une justice d'exception contre les Palestiniens. Ensuite, je vais parler de l'Arabie Saoudite qui a battu son propre record d'exécution. Les autorités recourent à la peine capitale contre des infractions liées au stupéfiants et surtout qui vise la minorité chiite. Il y a aussi les États-Unis.
On présente souvent les démocraties occidentales comme des modèles universels des droits de l'homme. Pourtant, les États-Unis demeurent le seul pays du continent américain à exécuter pour la 17e année consécutive. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a marqué l'accélération du recours à la peine de mort. Amnistye relève que le nombre d'exécutions y atteint son plus haut niveau depuis 2009. Les autorités américaines expérimentent même de nouvelles méthodes d'exécution comme l'asphyxie à l'azote. Le rapport rappelle une chose profondément révoltante, c'est que la peine de mort aux États-Unis a aussi un caractère raciste.
Et oui, et ce qu'il faut dire aussi c'est que la peine de mort dans le monde est de plus en plus appliquée pour des peines, disons, qui ne sont pas des crimes, des meurtres ou des assassinats, mais pour des raisons liées au stupéfiant par exemple, ou alors des accusations de blasphème, des relations homosexuelles ou encore la dissidence politique. Il y a donc aujourd'hui une vraie inquiétude. Il faut continuer de maintenir la position abolitionniste de la France et la défendre et la répandre partout.
Je ne veux pas terminer sur une note pessimiste parce qu'il y a aussi une réalité que soulligne Amnistien International dans son rapport qui est celle du recul de la peine de mort dans le monde puisqu'en 81 seulement 27 pays avaient aboli la peine de mort. Aujourd'hui, 113 pays l'ont aboli totalement et d'autres pays sont en voie de le faire. Le Vietnam, par exemple, a supprimé la peine de mort pour plusieurs infractions. La Gambie engage des réformes en ce sens. Le Liban et le Nigéria examinent aussi des projets de loi abolitionnistes.
En même temps, dans les pays qui sont traversés par des tensions sécuritaires majeures, des débats publics émergent sur l'impasse moral, judiciaire et politique que représente la peine de mort. Parce que au fond, on est tous d'accord ici, j'espère, pour dire que la peine de mort ne protège pas les sociétés, elle ne répare rien. Il ne faut pas pour nous les Français avoir une position qui soit géométrie variable. Il ne faut pas se taire face à ceux qui sont tentés de faire avancer de nouveau le débat sur la peine de mort, de l'ouvrir dans notre société.
Nous devons maintenir notre voie abolitionniste, comme je le disais, sans indulgence envers aucun régime quel qu'il soit, y compris quand c'est un régime occidental. Merci beaucoup. No.
Sophia Chikirou