Défi 2027 : rien n'est écrit – Discours de Florence Portelli
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« En France, 11 magistrats pour 1 000 habitants. »
- 5:18Locuteur 1Chiffre
« Toutes les trois minutes, un enfant est victime d'inceste, de viol ou d'agression sexuelle. »
- 5:22Locuteur 1Chiffre
« Chaque semaine, un enfant meurt sous les coups de ses parents. »
- 5:24Locuteur 1Chiffre
« Et trois enfants sur dix sont touchés par l'inceste. »
- 10:45Locuteur 1Fait
« Ici, j'ai mis en place des congés menstruels. »
- 5:33Locuteur 1Fait
« L'aide sociale à l'enfance est à bout de souffle. »
Temps de parole
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Bonjour à toutes et à tous. Bonjour à toutes et à tous. C'est le débarquement à Tavernier puisqu'on est le 6 juin. Et je vous avoue, je suis soulagée qu'on soit au 6 juin parce que ça a été une aventure de mener à bien ce bel événement. Et en fait, j'espère que c'est le premier en effet d'une longue série parce qu'aujourd'hui, on a des compatriotes désabusés, mais en même temps, plein d'espoir encore. Ils ont envie de politique et au bon sens du terme. Et le bon sens du terme, justement, c'est pas les querelles de boutiquiers, c'est pas les querelles de partis. On s'en fout parce que si on continue comme ça, on aura les extrêmes au pouvoir. Et c'est l'objet de ce débat.
J'avais invité les candidats à la présidentielle du centre et de la droite. J'allais dire peut-être les meilleurs sont là. En tous les cas, ils ont accepté d'être présents et je les remercie très chaleureusement. Alors déjà, permettez-moi donc de saluer, cher Édouard Philippe, le premier ministre de la France sur plusieurs années, maire du Havre, qui a gagné d'ailleurs une ville difficile. Notre copain de Pierre-Léa qui a gagné la ville aux communistes, on sait quelque chose. Donc merci d'être là, président du parti Horizon et qui, dès le départ, m'avait dit qu'il serait présent et qui, chose rare, a tenu parole. Chose rare dans ce milieu. Donc vraiment, pas pour toi, un grand merci.
Je suis vraiment très heureuse que tu sois là. Autre bonheur partagé, David Lysnard, mon président de l'Association des maires de France, maire de Cannes, qui vient d'un peu plus loin, mais qui vient aussi avec bonheur et qui m'avait dit OK également parce que c'était un débat d'idées et que les deux sont friands du débat d'idées parce qu'ils savent que pour notre pays et pour nos compatriotes, c'est fondamental. Je remercie les parlementaires présents, députés et sénateurs. Merci de vous être déplacés. Merci à mes collègues maires, présidents d'agglomérations, conseillers municipaux, adjoints, conseillers régionaux, conseillers départementaux.
Mesdames et messieurs, en vos grades et qualités, permettez-moi déjà de remercier Ben qui a fait l'introduction. C'est un jeune qui a eu un prix au concours d'éloquence. Et permettez-moi aussi, comme il l'a fait, de remercier toutes celles et ceux qui ont travaillé parce que ça s'est monté en trois jours. Et il y a eu un travail même encore cette nuit pour monter la décoration. Et puis vous allez voir après défiler des victuailles parce qu'on est en France et en France, on aime manger, on aime boire. Enfin, si tout va bien en 2027, ça ne devrait pas changer. Donc voilà.
Et permettez-moi d'avoir aussi une pensée pour Bernadette Chirac qui nous a quittés aujourd'hui et qui pour moi marque un paradoxe peut-être bien français, féministe malgré elle, souvent victime de moqueries et qui finalement avait ce bon sens de comprendre ce que ressentaient nos compatriotes. On peut l'applaudir très fort. Alors cher Edouard, cher David, merci d'avoir accepté aussi de débattre sur des thèmes qui me tiennent à cœur. Vous n'entendrez peut-être pas des mots qui d'habitude sont les mots classiques d'un débat à droite. Je pense que la droite vaut mieux que ça.
Et c'est pour ça que je suis ravie que David et Edouard aient accepté de parler d'indépendance au sens très large du terme et de justice. Deux thématiques qui sont fondamentales pour l'élection présidentielle de 2027 parce qu'elles sont fondamentales parce qu'elles vont remettre l'humain au centre du jeu. L'humain dans une société, dans un monde où la course et la toute puissance est en train de finalement provoquer des ravages et remettre l'humain au centre est quelque chose de fondamental. Et pour ça, il faut respecter l'attente qui est gigantesque de nos compatriotes. Cette attente, elle passe déjà par une société plus juste.
Ils ont soif de justice et la question de la justice doit réellement être prise à bras le corps pour éviter, et ça nous pend au nez, une justice de rue et une justice d'opinion. Alors, je voudrais revenir sur le drame effrayant de la mort de la petite Liana. Je vous avoue qu'il y a un mois, quand j'avais évoqué la notion de justice, évidemment, on ne pouvait pas prévoir ce drame affreux. On ne pouvait pas, et hélas, on pouvait quand même un peu, parce que c'est dysfonctionnel, en fait, depuis très longtemps. Ça vient mettre en lumière deux scandales français. La première, chers amis, c'est qu'au XXIe siècle, et je pèse mes mots, en France, la parole d'un enfant ne vaut rien.
L'enfance ne vaut pas grand-chose. On n'est pas en guerre contre la chute d'iniveaux éducatifs. On n'est pas en guerre contre la violence sur les enfants. Toutes les trois minutes, un enfant est victime d'inceste, de viol ou d'agression sexuelle. Chaque semaine, un enfant meurt sous les coups de ses parents. Et trois enfants sur dix sont touchés par l'inceste. Trois enfants sur dix dans la France du XXIe siècle. L'aide sociale à l'enfance est à bout de souffle. Pénurie de professionnels qui sont affreusement mal payés. Magistrats qui ne leur donnent pas de mesures de placement, faute de place. Lieux d'accueil inadaptés pour la plupart d'entre eux.
Des responsabilisations et impunité de parents défaillants. Alors, je nous interpelle tous collectivement. Face à la négation de l'enfance, que faisons-nous ? Et l'on ne peut pas penser à ce qui s'est passé, sans penser également aux périscolaires à Paris. Ça aurait dû provoquer un tsunami. Deuxième scandale, l'état de notre justice. Notre justice souffre de deux mots. Le manque criant de moyens et une bureaucratisation déresponsabilisante. Le manque de moyens, tout d'abord. Alors là, je m'adresse à mes amis de droite. Oui, bien sûr, la dette est un fléau. Oui, à cause des problèmes de dette, on ne peut pas faire grand-chose dans notre pays.
Mais attention, je connais cette tentation dans notre camp. C'est pour réduire la dette, on réduit les services publics. On a fait un jour ce qu'on appelait les RGPP. Ça partait d'un bon sentiment. On les a peut-être fait de manière un peu trop comptable. Dans la justice, on ne pourra pas trouver des petites magouilles ou des tripatouillages pour réduire le train de vie de la justice. Nous sommes en deçà de ce qu'il faudrait par rapport à la moyenne des pays européens. Il faut des embauches massives. Je vais vous donner quelques chiffres très parlants. En France, 11 magistrats pour 1 000 habitants. 17 pour 1 000 en Europe. 25 pour 1 000 en Allemagne.
Et dans les 11 pour 1 000, vous avez très peu de procureurs. Alors qu'aujourd'hui, avec les procédures que nous avons créées, on en demande toujours davantage aux procureurs de la République. Alors comment voulez-vous qu'ils fassent ? Un manque d'effectifs qui rend le temps d'audiencement beaucoup trop long, parfois prenant des années. Et d'ailleurs, le rapport au temps et à la justice est très intéressant. On attend très longtemps pour un temps trop court. Parce que parfois, quand vous arrivez en audience, on vous dit pas de clédoirie, pas d'oralité. Et c'est de plus en plus une justice qui se fait à l'arrache. Et c'est ça aussi qui fait que notre justice ne se porte pas bien.
Alors vous allez me dire, c'est vrai que le budget de la justice a un peu augmenté. Mais c'est pas en mettant des gouttes d'eau qu'on va remplir un océan. Alors en dehors des moyens, parce qu'il y a le problème des moyens, mais il y a aussi ce qui s'est passé pour l'IANA. C'est-à-dire une chaîne pénale qui semble défaillante. Et là, on touche aussi un état d'esprit. Et pas simplement un problème de moyens. Alors moi, je vous le dis très clairement, je suis de droite, mais j'ai une profonde admiration pour le personnel judiciaire. Je ne partage pas le discours parfois vindicatif qu'ont eu certains anciens leaders de la droite, voire anciens présidents de la République.
Néanmoins, notre justice, on la souhaiterait parfois moins orgueilleuse. Car quand on ne se remet pas en question, on ne peut pas évoluer. Les failles terribles qui ont fait que l'IANA est morte ne sont pas nouvelles. Et d'ailleurs, il est assez hypocrite de réagir comme si c'était nouveau. Il n'y a rien de nouveau. La lourdeur bureaucratique qui gangrène notre pays tue lentement toute empathie et tout sens des responsabilités. D'une inertie sclérosante découlent des mensonges collectifs. Et je vous le dis, le peuple français est en colère. Attention, car beaucoup de régimes se sont effondrés quand la machine administrative avait remplacé le bon sens et l'humanité.
C'est ce qui s'est passé en URSS. C'est ce qui s'est passé en 1789. Vous allez me dire, en URSS, c'était peut-être souhaitable. Ça dépend quand on voit ce qui s'est passé après. Mais chez nous, ce sont les extrêmes qui en profitent. Et pourtant, face à cela, je dirais qu'avant, on avait des bénis-oui-oui et maintenant, on a des bénis-dénis. Et ce n'est pas acceptable non plus. Alors, le dernier rempart face à cette impuissance publique, et c'est vrai qu'on le dit souvent à l'AMF, ce sont les maires. Et il y en a beaucoup ici. Et on essaye. Et c'est vrai qu'il y a eu un sondage au DOXA qui était intéressant parce qu'il disait que les maires, les Français, leur font encore confiance.
Mais si on continue à leur sabrer les finances publiques, si on continue à leur rajouter des normes complètement débiles, ce dernier ciment démocratique va disparaître. Et là, c'est le pays qui s'effondrera. Donc là aussi, je mets en garde, attention à la restriction des finances des maires, attention à la disparition programmée des collectivités territoriales parce que c'est la disparition de la France qui est en jeu si on continue à faire ça. L'autre révolte qui gronde, mesdames, c'est celle de la moitié de la population. Je suis ravie d'en être un exemple aujourd'hui. Les femmes. Alors, je précise, je suis de droite, je ne goûte pas dans le féminisme anti-hommes.
Ça me distingue de certaines. Mais j'interpelle la droite. Elle est où, la droite sur MeToo ? Comment ça se fait qu'on ne l'entend jamais ? Sur le fait que les femmes qui ne sont pas puissantes socialement ne soient jamais crues par la justice, malgré la sérialité de certains faits. Elle en dit quoi, la droite ? Sur l'émancipation des femmes, émancipation vitale même dans les familles, car une femme qui s'émancipe, c'est un enfant qui change de regard et brise la chaîne de l'asservissement. Sur cette émancipation, elle est où, la droite ? Ici, j'ai mis en place des congés menstruels. Et pourtant, même des femmes de droite ont jugé qu'une loi n'était pas bonne.
C'est vrai que les femmes sont nées pour souffrir. Et si on permet aux femmes des quartiers de passer le permis de conduire pour pouvoir aspirer à travailler, être libre, être fière ? Et je peux vous dire que pour lutter contre les problèmes de certains quartiers de banlieue, l'émancipation de ces femmes est une pierre fondamentale. Alors oui, je le porte en tant que femme, en tant que femme de droite, mais je pense que même les hommes de droite peuvent le porter largement. Mes chers amis, les Français aspirent aussi à une société plus belle, plus juste, mais plus belle. Anna Arendt disait combien la culture populaire était riche de sensibilité, d'innovation et d'éveil.
Le problème, c'est que cette dernière, cette culture populaire a été supplantée par la culture de masse. Et je crois fondamentalement que nos concitoyens qui vivent dans un pays qui se définit aussi par son histoire et son patrimoine est attaché à la beauté. Parce que c'est la beauté qui rend l'homme digne. Et c'est la laideur qui accentue les fractures sociales. Et nous, on le voit dans nos banlieues, à Taverni particulièrement, parce qu'on a fait du beau, mais quand on va un peu plus loin dans ces villes défigurées par le communisme, je peux vous dire qu'on voit ce que c'est que la laideur et les conséquences que ça a sur un cadre de vie harmonieux.
Les idéaux esthétiques, c'est l'inverse de la tendance actuelle qui est au relativisme. Tout se vaut, non, tout ne se vaut pas. Et il faut tirer notre société vers le haut. Mais pour reconstruire cette esthétique, il faut une élite qui tire le peuple vers le haut. Pas une élite administrative qui a abandonné sa vocation d'intérêt général, à dire le beau pour s'ébrouer dans un consumérisme égotique. Et puis le beau, c'est remettre aussi l'homme à sa juste place et à sa juste humilité, et notamment sur les questions écologiques et face à la nature. Car au final, la destruction de la planète, c'est quoi ?
C'est la vanité de l'homme par rapport à ce qui est beaucoup plus grand que lui, par rapport à ce qui est plus beau que lui, par rapport à ce qu'il transcende. Chers amis, vous avez accepté de parler de l'indépendance. Une indépendance qui doit guider une Europe malade de ses divisions et de son manque d'ambition. Une indépendance militaire. Une indépendance aussi face à certains qui se pressent aux portes de l'Elysée et qui ont des amitiés soit avec Donald Trump, soit avec Vladimir Poutine, soit en même temps. Mais aussi une indépendance écologique. Il n'y a pas de souveraineté sans écologie. La question du nucléaire est fondamentale. La droite le défend. Ça contribue à nos indépendances.
Mais ne faisons pas les mêmes erreurs que ceux qui ont rogné sur le nucléaire. Il faut un mix énergétique. Hydroélectrique, solaire, éolien, avec évidemment le respect des collectivités et de leur volonté. La méthanisation, la géothermie, ça permet de limiter l'importation du gaz et du pétrole et de rendre notre nation moins vulnérable au niveau international. C'est aussi un pivot majeur de la reconquête industrielle française. Enfin, aujourd'hui, on a des milliers d'emplois qui vont disparaître avec l'IA. Et on propose quoi ? Justement, la transition écologique, c'est la reconquête industrielle française.
Et c'est une reconquête industrielle qui est souhaitable quand les verts, qui sont des faux écolos, proposent la décroissance. Alors, je ne vais pas être plus longue parce que vous êtes là pour écouter nos deux auditeurs, mais je voulais vous dire, mesdames et messieurs, moi, je suis navrée qu'aujourd'hui, il y a un discours narratif, c'est celui mortifère de Jean-Luc Mélenchon. On vit une période de basculement historique qui doit proposer une vision pour nos concitoyens. Et là, chers amis, je vous le dis sincèrement, une vision, pas un bulletin de communication ni un programme de gestion. On n'élit pas un Premier ministre, on élit le président qui porte nos destinées.
Finalement, je dirais aujourd'hui, pour moi, ce qui redonne du sens et de la perspective, ce sont nos papes. Le pape François, avec ça en encyclique, laudate aussi, et le pape Léon XIV avec Magnifica Humanitas qui, finalement, sont des réponses, peut-être, aux idéaux et aux questions que se pose l'humanité. À droite, on a connu quelques narratifs. Et puis, une fois que la porte de l'Elysée était franchie, fractures sociales, travailler plus pour gagner plus, etc., ça a été un petit peu oublié. Alors voilà, moi, humblement, je vous propose une vision, vous en ferez ce que vous voudrez, axée sur la beauté, la justice et l'émancipation. Finalement, c'est la vision d'une maman.
sa vision d'une mère. Ce que je veux pour mes enfants, je le veux pour mon pays, c'est aussi bête que ça. C'est peut-être du coup plus facile pour avoir une vision, je ne sais pas. Mais en tout cas, messieurs, vous avez votre feuille de route, c'est à vous et aux Français de la remplir. Je vous demande de leur faire un triomphe. Merci.
Merci. Merci.