Donald Trump à Versailles: "La diplomatie, c'est aussi se parler quand les moments sont difficiles", assure Anne Genetet, députée EPR
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Je crois que d'abord il faut rappeler que Versailles c'est un outil diplomatique de rayonnement historique, ça n'a pas changé, et que les Américains ont la Maison Blanche, les Britanniques ont Windsor, nous on a Versailles.
François Mitterrand l'a utilisé d'ailleurs, puisque le premier sommet du G7 qu'il a accueilli c'était à Versailles, et c'était en 82, mais il y avait déjà des polémiques à gauche. La Maison Blanche c'est l'équivalent de l'Elysée, c'est pas Versailles.
L'Elysée n'est pas forcément le lieu propice pour des tas de raisons qu'on peut comprendre, opérationnelles, pour recevoir, ça ne s'est d'ailleurs jamais fait. Regardez l'histoire, ça ne s'est jamais fait. Donc c'est Versailles qui est traditionnellement l'outil de réception de toutes sortes de dirigeants, qu'on soit d'accord avec eux ou pas, c'est là que la diplomatie se met en route, et la diplomatie, je veux simplement souligner, c'est pas seulement se parler quand les moments sont faciles, ça serait trop facile, c'est aussi se parler quand les moments sont difficiles, et c'est justement faire pointer du doigt les intérêts qui peuvent être divergents.
J'ai appris ça que Mme Macron n'assume pas complètement, parce que maintenant il dit non, c'est pas un dîner de gala, c'est une réunion de travail, on n'a pas besoin de Versailles pour se réunir, pour travailler. C'est même, on promet un dîner de travail sobre, c'est la sobriété Versailles.
J'imagine qu'il y a des raisons par ailleurs habituelles, c'est un outil protocolaire.
C'est-à-dire qu'on est un peu gêné quand même à l'Élysée, on est obligé de préciser que ça sera sobre, c'est pas un dîner de gala.
Revenons à l'essentiel sur le fond, on a absolument besoin dans ce moment précis, où à nouveau Donald Trump émet des menaces contre nous, notamment en matière de droits de douane, on a plus que jamais besoin de l'arimer au camp occidental. Je rappelle que dans ces propos qui sont souvent difficiles à interpréter, à la fois une menace de droits de douane, et dans l'autre sens, il dit aussi qu'il est prêt à lever, à revenir aux sanctions sur le pétrole rusé. Il a deux approches qui sont l'une plutôt dans notre sens, l'une pas du tout dans notre sens, donc attendons aussi ce qu'il va faire. C'est pas la première fois d'ailleurs qu'il menace de droits de douane.
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Anne Genetet